Location-accession : Et si la formule viendrait à bout de la crise du logement ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La formule location-accession est en phase de s’imposer comme une solution pour la crise du logement en Tunisie. Comment fonctionne cette formule et qui sont les bénéficiaires?
Le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Salah Zouari, a annoncé dans une déclaration accordée hier à la Radio Nationale en marge de l’ouverture de la 5ème édition du Salon National des Services Immobiliers et du Financement Bancaire, que le coup d’envoi de la construction de 1 200 logements via le mécanisme de la location-vente sera donné prochainement.
Ce projet, réparti sur 11 gouvernorats, dispose d’un budget estimé à 200 millions de dinars.
Le ministre a, en outre, précisé que les premières livraisons de ces logements débuteront en 2027. Zouari a également évoqué la stratégie récemment présentée lors d’un conseil ministériel. Celle-ci prévoit la programmation de 5 000 logements dans le cadre du plan de développement 2026-2030, soit une moyenne de 1 000 logements sociaux par an destinés aux salariés.
Justement, un conseil ministériel restreint consacré à la politique sociale de l’État dans le domaine du logement s’est tenu mardi dernier. « Présidé par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri. La réunion a porté sur le plan d’exécution des programmes de logements sociaux, destinés aux catégories à revenus faibles et moyens, à travers les mécanismes de location-accession, de vente avec facilités de paiement et l’aménagement de lotissements sociaux », rapporte l’agence dans une dépêche publiée le même jour.
L’État prévoit, dans le cadre du plan de développement 2026-2030, la construction d’environ 5 000 logements sociaux pour un coût global estimé à 750 millions de dinars. Une première tranche, prévue à partir de cette année 2026, concernera 1 213 logements répartis sur 11 gouvernorats, pour un investissement d’environ 212 millions de dinars. D’autres projets seront programmés ultérieurement afin de couvrir l’ensemble des régions.
La cheffe du gouvernement a rappelé lors du conseil que la politique de logement s’inscrit dans la consécration du droit constitutionnel à un logement décent, en mettant en place des mécanismes concrets adaptés aux capacités financières des ménages, notamment ceux à revenus faibles et moyens. Elle a toutefois insisté sur la nécessité de maîtriser les coûts de construction, d’élargir les interventions du Fonds de promotion des logements pour les salariés (FOPROLOS) et de renforcer le mécanisme de location-accession.
De son côté, le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Salah Zouari, a présenté le plan opérationnel qui sera mis en œuvre par les promoteurs immobiliers publics. Celui-ci prévoit la cession de terrains domaniaux au dinar symbolique à la Société nationale immobilière de Tunisie (SNIT) et à la Société de promotion des logements sociaux (SPROLS), afin de renforcer leur rôle social et de proposer des logements à des prix compatibles avec le pouvoir d’achat des citoyens.
Le plan inclut également l’aménagement de lotissements sociaux et la constitution d’une réserve foncière publique, acquise à des prix préférentiels par l’Agence foncière d’habitation (AFH). Une plateforme numérique sera mise en place pour l’enregistrement des demandes, garantissant une attribution transparente fondée sur des critères objectifs. Le ministre a, par ailleurs, annoncé que les promoteurs privés sont concernés par cette formule. Comment fonctionne cette formule et qui sont les bénéficiaires?
Éclairage...
Interrogé à ce sujet, l’entrepreneur en bâtiment et spécialiste en logement, Rached Ben Hcine, nous a confié : « La formule de la location-vente repose sur plusieurs mécanismes qui offrent à un citoyen la possibilité d’habiter un logement en location pendant une période convenue et fixée d’avance entre le promoteur et l’acquéreur tout en imputant les loyers payés sur le prix final du bien.
À l’issue de la période et après le paiement intégral, le logement devient sa propriété. Ce système, déjà appliqué en Tunisie auparavant, fait son retour sous une forme juridique organisée garantissant les droits des deux parties ».
Interrogé également par le site Tuniscope, le député, Salah Selmi, a précisé que l’autre mécanisme phare de la nouvelle loi est « la vente directe à tempérament, qui permet d’acheter un logement auprès des deux sociétés SNIT et SPROLS avec des facilités financières et des conditions de paiement adaptées. Ce dispositif prend en compte la capacité financière de l’acheteur afin de ne pas lui imposer un poids financier excessif ».
Et d’ajouter : « La nouvelle loi constitue une avancée significative dans la relation entre l’État et le citoyen, permettant à une large frange des salariés d’accéder à un logement décent assurant leur stabilité familiale et sociale ». Il a également souligné que cette approche contribuera à faire baisser les loyers et les prix de l’immobilier en général, ce qui profitera également aux catégories non directement concernées.
Les modifications apportées à la nouvelle touchent également l’article 3 de la loi n° 89 de 2025, en ajoutant une disposition qui autorise la Société Nationale Immobilière à vendre des logements sociaux, une possibilité jusque-là inexistante faute de cadre juridique adéquat. Une disposition similaire a été intégrée dans la loi relative à la Société de Promotion des Logements Sociaux, élargissant ainsi le cercle des bénéficiaires.
Pour l’expert, Rached Ben Hcine : « Ce projet de loi reflète une orientation officielle vers le renforcement de la justice sociale en matière de logement et l’allègement de la charge immobilière pesant sur les citoyens tunisiens, via des solutions pragmatiques conciliant droit au logement et souplesse des mécanismes financiers ».
Grandes lignes
De son côté, le Directeur du Pôle support et moyens à la BH Bank, Moez Ben Hafsia a fait savoir dans une déclaration à l’Agence TAP que son institution fournira des crédits directs aux citoyens et financera des promoteurs pour contribuer à la concrétisation du plan de développement. Il a, dans ce cadre, rappelé que la banque a contribué au financement de 600 mille logements, depuis le démarrage de son activité, en 1974.
L’organisatrice de Beity Expo, Lamia Kaabi a souligné que cette édition est marquée par la participation de 50 exposants (promoteurs immobiliers), outre les banques, les sociétés d’assurances et agences immobilières. Le salon se veut un rendez-vous annuel visant à dynamiser le secteur de promotion immobilière et à rapprocher les services du citoyen.
M.B.S.M.
Arts plastiques - Mohamed Akram Khouja : Peindre le mythe, repenser le monde
Par Imen ABDERRAHMANI
Des mythes anciens aux gestes spontanés des enfants, Mohamed Akram Khouja tisse une œuvre narrative où l’art devient un espace de mémoire, de liberté et de transmission, en témoigne sa dernière exposition « Elissa au pays des merveilles ».
Artiste plasticien, graphiste, enseignant et galeriste, il fait partie de ces figures essentielles qui œuvrent loin des effets de surface, mais dont l’impact structure durablement la scène artistique tunisienne, notamment à Mahdia et à Sousse. On le croise ici et là : exposant ses propres œuvres, initiant les enfants au monde des couleurs, accompagnant des artistes dans sa galerie, accueillant visiteurs avertis ou simples curieux venus découvrir une exposition…
Chez Mohamed Akram Khouja, l’art ne se pratique pas : il se vit, il se transmet, il se partage. C’est sa devise et c’est peut-être là que réside sa plus grande force.
L’esthétique naïf-expressionniste, narrative et symbolique, l’artiste puise son inspiration dans l’histoire, le patrimoine, les mythes tunisiens et également dans cet univers enfantin libre et spontané. Le résultat : une œuvre qui touche les petits comme les grands.
Une œuvre visuelle à libre interprétation où se côtoient en une étrange harmonie le capitole de Dougga avec les ksour de Tataouine et l’aqueduc de Zaghouan avec la tour de l’horloge de l’avenue Habib Bourguiba ou encore le symbole de Tanit avec ces poissons de toutes les couleurs et formes ou ces fleurs et tortues multicolores.
Tous au pays des merveilles !
Peuplant ses compositions par des créatures à l’allure étrange mais bienveillante, Mohamed Akram Khouja reconstruit le monde à sa manière, interrogeant le passé autant que le présent.
Cette démarche est au cœur de son projet artistique « Elissa au pays des merveilles » dont les œuvres ont été exposées en décembre dernier à l’Institut français de Sousse et au Salon des arts plastiques à Mahrès et qui seront bientôt visibles à Tunis, lors d’une exposition dont la date n’est pas encore définitivement fixée.
Inspiré du célèbre « Alice au pays des merveilles » de Lewis Carroll, cette œuvre centenaire qui continue d’émerveiller toutes les générations, l’artiste en propose une relecture singulière, nourrie par l’histoire et les mythes tunisiens.
Loin des adaptations classiques, Mohamed Akram Khouja affirme sa propre vision. En jouant sur la résonance entre Alice et Elissa (Didon), il déploie un récit visuel où l’imaginaire dialogue avec la mémoire collective et où le mythe devient matière vivante.
Loin de Carthage, la reine devient ici voyageuse, rêveuse, presque enfant, évoluant dans un univers inspiré d’ « Alice au pays des merveilles ». Mythe et conte s’y entremêlent, la douleur se métamorphose en poésie.
« À travers la technique du dessin narratif, je raconte les multiples visages d’Elissa : femme souveraine, exilée, mais aussi enfant curieuse perdue dans un monde foisonnant. Chaque image est une étape de sa métamorphose, un fragment de son histoire revisitée. Comme chez Jérôme Bosch, les scènes se déploient dans un univers dense et symbolique, peuplé de signes, de créatures et de paysages intérieurs où tout se transforme et se répond », explique l’artiste, dont le parcours conjugue formation académique, engagement pédagogique et passion créative.
Dynamique régionale
Formé à l’Institut Supérieur des Arts et Métiers de Kairouan puis à l’École des Beaux-Arts de Sousse, Mohamed Akram Khouja a enseigné à l’École des Beaux-Arts de Sousse de 2013 à 2023, puis à l’École des Arts et Métiers de Mahdia. Pour lui, l’enseignement n’est pas seulement un métier, mais un véritable laboratoire vivant et un espace d’échange privilégié.
Animé par la passion de la transmission et du partage, il fonde, en 2011, la Galerie d’Art « Alriwak Ali Khouja » à Mahdia, puis en 2023, « Alriwak Salon des Arts » à Sousse. Ces espaces accueillent et mettent en valeur des artistes venus de toute la Tunisie, tout en offrant des ateliers de peinture pour enfants, où l’apprentissage se mêle à la créativité et à la liberté d’expression.
Avec tant de projets déjà en cours, 2026 s’annonce comme une année où la passion de créer et de transmettre continuera de guider chaque geste de l’artiste qui sera à l’honneur au Festival international « Ilaf » des arts et de créativité, organisé les 23, 24 et 25 de ce mois à Mahdia.
I.A.
Editorial : Vent de sirocco au pays des glaces…
Par Chokri Baccouche
Au Groenland, l’île du Grand Nord connue pour son froid extrême, la température politique monte en flèche ces derniers jours et les vents venus du désert de l’Arizona aux Etats-Unis charrient dans leur sillage un sirocco brûlant. Comme il fallait s’y attendre, l’égocentrique président américain, qui n’aime pas du tout être contrarié, a menacé, vendredi dernier, de mesures de rétorsion les pays qui ne soutiendraient pas son plan visant à faire main basse sur le Groenland.
«Je vais peut-être imposer des droits de douane sur des pays s’ils ne jouent pas le jeu sur le Groenland, parce qu’on en a besoin pour la sécurité nationale», a déclaré Donald Trump lors d'une table ronde à la Maison Blanche, réitérant son intention d'acquérir ce territoire autonome de l'Arctique, de gré si possible, par la force si nécessaire, et ce, malgré la fin de non-recevoir du Danemark, pays allié des Etats-Unis en tant que membre de l'Otan.
Les déclarations fracassantes du chef de l’Exécutif étasunien interviennent après l'annonce d'un renfort de la présence militaire danoise au Groenland et de l'envoi d'une mission militaire européenne de reconnaissance. L’idée d’annexer cette île immense de l’arctique qui regorge d’innombrables ressources énergétiques et minérales est manifestement devenue une véritable obsession chez Donald Trump.
Sa hantise pour la concrétisation de ce projet expansionniste est si forte qu’il est prêt à croiser le fer avec tous ceux qui s’y opposent, fussent-ils les alliés de son pays. Business business, camarade après. Pour le président américain, il n’y a pas d’alliances qui vaillent mais des intérêts qui priment, par tout temps et en tout lieu. Les intérêts exclusifs des Etats-Unis s’entend. Ceux qui pensent le contraire sont de fieffés naïfs qui croient au Père Noël.
Autant dire que la partie chauffe entre un Donald Trump, plus que jamais déterminé à réaliser son projet arctique, et l’Union européenne qui semble faire de la résistance en engageant un timide bras de fer avec son puissant allié dans l’espoir hypothétique de l’en dissuader et le faire revenir à de meilleures intentions.
Au Groenland, on peut dire que les Européens marchent sur une glace fissurée qui menace de céder sous leurs pieds. Le dilemme est difficile à résoudre : ils doivent dissuader Donald Trump de faire main basse sur le Groenland. Mais sans le froisser, car ils ont besoin de lui pour rendre crédible leur soutien à l’Ukraine et pour maintenir unis les alliés du continent, dont beaucoup n’envisagent toujours pas la vie sans les Américains.
L’opération militaire européenne Arctic Endurance, qui se déroule depuis jeudi au Groenland, est un compromis intégrant ces deux impératifs. Ces exercices militaires sont une réponse aux menaces de Donald Trump et à l’humiliation qu’ont subie, mercredi à la Maison-Blanche, les ministres des Affaires étrangères du Danemark et du Groenland, malmenés par le vice-président, JD Vance, et par le secrétaire d’État, Marco Rubio.
Face à l’appétit gargantuesque du président américain, l’Europe tente de resserrer ses rangs en jouant sur la corde sensible des intérêts économiques. Le ministre français de l’Économie et des Finances Roland Lescure affirme avoir averti Washington qu’une tentative de saisie du Groenland constituerait une « ligne rouge » susceptible de fragiliser la relation économique UE-États-Unis.
Une prise de contrôle du Groenland mettrait ainsi en péril l’architecture économique qui relie Bruxelles et Washington dont le volume dépasse 1.600 milliards d’euros d’échanges de biens et services en 2024, selon les données européennes.
De ce qui précède, on peut déduire donc que l’Europe donne l’impression qu’elle est déterminée à ne pas se laisser faire et bien décidée à empêcher Donald Trump de réaliser ses ambitions arctiques démesurées. Cette fermeté, inhabituelle il faut l’avouer face à Washington, vise notamment à éviter un précédent qui, s’il se concrétisait, affaiblirait la capacité européenne à protéger ses frontières politiques, économiques et industrielles.
La question qui se pose est de savoir si cette fermeté va résister aux coups de boutoir que ne manquera pas d’infliger au vieux continent le fantasque Trump ou au contraire faire long feu. Pour faire plus simple, les Européens vont-ils tenir tête au président américain ou au contraire céder et finir par accepter le fait accompli imposé par le locataire de la Maison Blanche.
Le duel entre les alliés atlantistes s’annonce d’emblée assez épique dans le sens où on aura l’occasion de vérifier notamment si les Européens pouvaient dépasser leur complexe de subordination légendaire vis-à-vis des Etats-Unis ou au contraire s’ils sont réellement décidés et capables de défendre leurs intérêts face à une adversité aussi complexe et compliquée incarnée par l’imprévisible président américain, dont les frasques et les faits accomplis léonins ne sont pas près de connaitre de sitôt leur épilogue…
C.B.
CAN 2025 : Le Congolais Jean-Jacques Ndala arbitrera la finale Sénégal-Maroc
La Confédération africaine de football (CAF) a désigné l’arbitre qui officiera ce dimanche en finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc au Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat. Déjà au sifflet du match d’ouverture Maroc-Comores (2-0 le 21 décembre) et de Tanzanie-Tunisie (1-1) lors de l’ultime journée de poules, c’est le Congolais Jean-Jacques Ndala qui a trouvé grâce aux yeux de l’instance, et non pas le Soudanais Mahmood Ali Mahmood Ismail initialement pressenti.
L’expérimenté Ndala a déjà arbitré plusieurs finales, comme l’avant-dernière de la Ligue des champions CAF en 2024. À 38 ans, il dirigera sa toute première finale à la CAN. Il est adoubé pour son calme, son autorité et sa constance. Il sera épaulé par Guylain Bongele Ngila et Gradel Mwanya Mbilizi dans un trio 100 % congolais.
Pierre Atcho à la VAR
Le Gabonais Pierre Atcho sera à la VAR. Sa performance sera scrutée de très près. Et pour cause, sa prestation lors du quart de finale entre l’Algérie et le Nigeria (0-2 le 10 janvier) a laissé un mauvais arrière-goût.
L’officiel de 33 ans avait alors choisi de ne pas appeler le Sénégalais Issa Sy pour lui permettre de visionner les images d’un potentiel penalty après que le bras de Semi Ajayi avait bloqué la trajectoire d’un centre de Farès Chaïbi dans la surface.
CAN 2025 : Le Nigeria remporte la petite finale
Eliminés en demi-finales, l’Egypte et le Nigeria s’affrontaient ce samedi à l’occasion du match pour la troisième place de la CAN 2025 au Stade Mohammed V de Casablanca. Au bout de l’ennui, les Super Eagles ont décroché la médaille de bronze.
Après que Akor Adams en première période et Ademola Lookman en seconde se soient vu refuser un but, le Nigeria s’en est remis aux parades de son gardien Stanley Nwabali, qui a mis en échec les stars Mohamed Salah et Omar Marmoush durant la séance de tirs au but (0-0, 4-2 tab).
Ligue des Nations d’Afrique : la 1ère édition en 2029, Maroc et Sénégal candidats
Au moins quatre pays sont déjà candidats pour organiser la première édition de la Ligue des Nations d’Afrique. À commencer par le Maroc et le Sénégal.
Adversaires en finale de la CAN 2025, ce dimanche au Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, le Maroc et le Sénégal s’affronteront en dehors des terrains pour l’édition inaugurale de la Ligue des Nations d’Afrique (ANL).
En effet selon le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, les deux pays ont émis le souhait d’être nation hôte. Idem pour l’Ethiopie ou encore l’Angola.
La phase finale dans un pays tiré au sort
La nouvelle compétition verra le jour en 2029. Elle concernera 54 participants, comme affirmé par le dirigeant sud-africain. Les qualifications zonales se dérouleront dans un pays déterminé. Puis, la phase finale se tiendra dans un lieu à définir.
Le format sera zonal. Par exemple, le Nigeria accueillera tous les matches d’Afrique de l’Ouest. Les vainqueurs de chaque zone s’affronteront pour le titre suprême dans un lieu qui sera désigné après tirage au sort.
Pour rappel, l’ANL viendra combler le vide laissé par la CAN, qui se jouera tous les quatre ans à partir de 2028. À l’image du modèle européen, le tournoi aura lieu durant les trêves internationales.
Ligue 1 – 16e J. : Le CA recolle au leader, l’ESS de mieux en mieux
La troisième et dernière partie de cette seizième journée, caractérisée par une histoire de penalties, a été avare en buts puisque deux seules réalisations ont été au rendez-vous pour permettre au Club Africain et à l’Etoile du Sahel de s’imposer et de mieux se positionner au classement.
A La Marsa, les Clubistes de Tunis ont su être patients avant de frapper, en seconde mi-temps, suite à un penalty bien transformé par Mahmoud (66’). Une victoire qui permet au CA de recoller au leader et d’entamer la phase retour sous de bons auspices, alors que pour l’ASM, cette défaite ne doit pas décourager une équipe qui dispose d’un bon potentiel et qui a fourni une bonne prestation malgré la défaite.
A Sousse, l’Etoile a fait l’essentiel en première mi-temps en marquant sur penalty par Anane (17’), avant de préserver difficilement cette avance face à une Jeunesse omranienne dominatrice en seconde mi-temps sans parvenir à concrétiser plusieurs occasions propices pour égaliser. Pour les Saheliens, la remontée continue pour intégrer la première moitié du classement alors que la situation demeure difficile pour la JSO qui n’arrive pas encore à fuir la zone rouge.
A Bizerte, il y a eu également un penalty, en faveur de l’ES Métlaoui, mais il n’a pas été bien exploité par Ouled Behi (29’), privant les visiteurs d’une victoire à sa portée face à un CAB qui continue à perdre des points sur son terrain. Pour les Miniers, il s’agit d’une bonne confirmation en ce début de la phase retour alors que les Cabistes se doivent de bien réagir pour éviter d’éventuelles mauvaises surprises.
Résultats
ASM – CA (0-1)
CAB – ESM (0-0)
ESS – JSO (1-0)
Classement
1*Espérance de Tunis 37pts
2*Club Africain 34pts
3*Stade Tunisien 31pts
4*Club Sportif Sfaxien 29pts
5*US Monastirienne 27pts
6*Espérance de Zarzis 24pts
7*ES Métlaoui 24pts
8*Etoile du Sahel 22pts
9*AS Marsa 19pts
10*US Ben Guerdane 19pts
11*CA Bizertin 17pts
12*JS Omrane 16pts
13*JS Kairouanaise 14pts
14*AS Soliman 12pts
15*Olympique de Béja 12pts
16*AS Gabès 9pts
Kamel ZAIEM
Production pétrolière : Vers le forage de 10 nouveaux puits à El Borma
Un programme de développement et d’exploration énergétique sera lancé au champ pétrolier d’El Borma, avec la programmation du forage de dix nouveaux puits de pétrole et de gaz d’ici 2030, dans le but de renforcer la production nationale et de réduire le déficit énergétique.
Ce projet, mené par la société italo-tunisienne d’exploitation pétrolière (SITEP), a été évoqué à l’occasion d’une visite de terrain effectuée par le gouverneur de Tataouine, Amir Gabsi, aux installations du site.
La délégation a inspecté les infrastructures pétrolières, les unités de traitement, ainsi que la station de dessalement d’eau, saluant les efforts de modernisation engagés malgré l’ancienneté du champ exploité depuis les années 1960 et la baisse progressive de la production pour des raisons naturelles et géologiques.
La visite a également permis d’aborder les enjeux environnementaux liés aux eaux associées à l’extraction pétrolière, avec un appel à accélérer la mise à jour de l’étude technique de dépollution et à renforcer les mesures de protection de l’environnement.
La saison aurait mal démarré dans la filière des céréales : Et si une chute des cours internationaux venait réduire les dégâts ?
Par Hassan GHEDIRI
Après un début d’automne pénible pour les agriculteurs qui ont eu beaucoup de difficultés à se procurer les semences et les engrais, la future saison céréalière ne se déroulera peut-être pas comme l’espérait l’Etat…
En septembre, lorsqu’ont débuté les préparatifs des premiers semis pour la campagne céréalière 2025/2026, le ministère chargé de l’Agriculture avait dévoilé un programme très ambitieux d’emblaver 1,155 million d’hectares de céréales. Pour ce faire, il a été prévu de mettre à la disposition des agriculteurs dans toutes les régions quelque 573 mille quintaux de semences sélectionnées ainsi qu’un peu plus de 370 mille tonnes d’engrais chimiques.
Jusqu’au début de décembre, les quantités qui ont pu être fournies ne suffisaient à couvrir que moins de 40% de la superficie programmée. Beaucoup de céréaliculteurs ont été contraints de retarder leurs semis, ce qui est de nature à altérer le cycle de croissance des plantes et par ricochet compromettre la qualité et la quantité de la campagne.
Lors d’une journée nationale organisée par l’INRAT au mois de septembre pour l’évaluation de la campagne écoulée, y tirer les bons enseignements et préparer la nouvelle saison, le ministre de l’Agriculture, Ezzeddine ben Cheikh, avait considéré qu’avec une bonne coordination entre tous les intervenants dans la filière céréalière, la prochaine campagne pourrait être meilleure que la saison dernière.
Grâce à des conditions climatiques particulièrement favorables avec une très bonne pluviométrie, la Tunisie a en effet enchainé l’année dernière avec les bonnes récoltes de céréales se soldant par une production exceptionnelle de 20 millions de quintaux, la meilleure depuis 2020.
Mais cette année, il semble que les choses sont loin de se passer comme prévu, avec les difficultés qu’ont rencontrées les agriculteurs en ce qui concerne l’approvisionnement en semences et en intrants essentiels, en plus d’une météo pas très généreuse. Des conditions qui vont peut-être obliger les autorités à revoir leurs ambitions à la baisse. Quelle que soit la récolte, notre pays ne peut pas se passer des importations quand on sait que les besoins de consommation annuelle se situent généralement dans une moyenne de 3,5 millions de tonnes.
Economies
Ceci dit, la prochaine production ne va combler qu’une partie négligeable des besoins de consommation et sera incapable de changer grand-chose en ce qui concerne la dépendance à l’importation. Il faut aussi rappeler que bon an mal an, l’Etat consacre environ 3,5 milliards de dinars pour financer les achats de blé, sachant qu’environ 3 milliards de dinars supplémentaires sont débloqués pour la compensation des céréales.
Ce début 2026 laisse néanmoins augurer de bonnes perspectives pour la production céréalière mondiale, ce qui est de nature à se répercuter sur les prix et alléger par le même fait les dépenses des pays importateurs. La Tunisie peut d’ailleurs espérer économiser quelques millions de dinars et ainsi combler à moindre coût une partie du déficit de production.
C’est qu’à observer la tendance des marchés, les prix du blé sont en train de fléchir sur fond des prévisions d’un excédent céréalier mondial record. Une forte baisse des prix des céréales a été en effet constatée au cours de la semaine avec notamment le blé qui est établi à 190 dollars la tonne.
Aussi faut-il souligner les prévisions du Conseil International des Céréales qui a fait état dans son rapport de janvier 2026 d’une augmentation spectaculaire de la production céréalière dans le monde dépassant toutes les prévisions et qui devrait frôler 2,5 milliards de tonnes pour la campagne 2025/2026, soit une hausse de près de 6% par rapport à la campagne précédente.
Les prévisions de production des principaux bassins céréaliers dans le monde ont été toutes revues à la hausse, notamment en Argentine, au Canada mais surtout en Russie, premier exportateur mondial de blé et premier fournisseur de la Tunisie au cours des deux dernières années, ce qui devrait contribuer fortement à cet excédent.
H.G.
Après que Taboubi ait renoncé à démissionner : L’UGTT à la croisée des chemins et des scénarios
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Après Tabboubi, c’est au tour de Ben Gaddour de revenir sur sa démission du bureau exécutif de l’UGTT. Que cachent ces nouveaux rebondissements ?
Quarante-huit heures après la décision du secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) , Noureddine Tabboubi, de revenir sur sa démission, c’est au tour de son secrétaire général adjoint de faire de même et réintégrer le bureau exécutif.
Pour rappel, les deux hommes dirigent deux groupes opposés au sein de la Centrale syndicale surnommés le groupe des dix et le groupe des cinq. Les deux clans ont deux visions différentes concernant notamment la date du prochain congrès de l’UGTT.
Conjointement, le porte-parole de la Centrale syndicale, Sami Tahri, est monté au créneau soulignant que la réunion de la Commission administrative nationale tenue mercredi dernier est « illégale » et toutes les décisions qui ont été prises lors de cette réunion le sont aussi.
Dans une déclaration à l’agence TAP, Tahri a, en effet, indiqué : « L’appel lancé par la Commission nationale du règlement intérieur de l’UGTT à la tenue d’une commission administrative est «illégal» et constitue une violation du règlement intérieur, cette démarche ne relevant pas de ses prérogatives ». Or, c’est au cours de cette réunion que le secrétaire général, Noureddine Tabboubi, est revenu sur sa démission.
Que cachent justement ces nouveaux rebondissements d’autant que Sami Tahri fait partie du groupe des dix qui est le clan du secrétaire général, Noureddine Tabboubi ? S’agit-il aussi d’une nouvelle alliance de Tabboubi avec les adversaires d’hier, notamment le secrétaire général adjoint, Anouer Ben Gaddour, qui dirige le groupe des cinq ?Pour le dirigeant au sein de l’opposition syndicale, Habib Jerjir : « Tout ça, c’est du théâtre. Les deux démissions en question n’ont jamais été « vraies ».
Il s’agit d’une manœuvre pour détourner l’opinion publique syndicale de la vraie question qui la préoccupe, à savoir la date du prochain congrès ». A quoi, alors, faut-il s’attendre dans les prochains jours ?
Flou total …
Selon plus d’un observateur, nous nous dirigeons vers de nouvelles alliances au sein du bureau exécutif de la Centrale syndicale, « Le courant de Noureddine Tabboubi, excepté son porte-parole Sami Tahri et Ben Gaddour qui ont entamé durant ces dernières semaines des négociations en vue de rapprocher leurs points de vue. Il parait même que le point de discorde, à savoir la date du prochain congrès, lequel aura lieu au mois de mars prochain, qui oppose les deux clans est sur le point d’être réglé.
Le seul perdant dans toute cette affaire est le clan du secrétaire général adjoint chargé de l’information et porte-parole de l’UGTT, Sami Tahri, et ses partisans », nous dira le juriste et universitaire Salem Chérif. Et d’ajouter : « Décidément, le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail, Noureddine Tabboubi, est à la recherche de nouvelles alliances. En témoigne son approbation dès son retour à son bureau jeudi dernier des résultats du dernier congrès de l’Union générale régionale de Sfax.
Cette approbation met fin à une longue crise de confiance entre Tabboubi et Mohamed Abbas, qui vient d’être réélu en tant que secrétaire général régional de l’UGTT à Sfax. Cette démarche de réconciliation est soutenue, rappelons-le, par les Unions régionales de Tunis, de Ben Arous, de La Mannouba, Gafsa et de plusieurs autres syndicats qui ont leur poids comme le transport et les banques ».
A noter que la Commission administrative nationale de l’union générale tunisienne du travail a décidé, au cours d’une récente réunion, d’organiser le congrès national de la centrale syndicale les 25, 26 et 27 mars à Tunis. Ce congrès abordera la situation sociale du pays, les revendications salariales, les tensions persistantes entre syndicats sectoriels et pouvoir exécutif, ainsi que l’avenir des négociations tripartites (gouvernement, patronat, syndicat).
M.B.S.M.
Éditorial : Une nouvelle phase de recomposition stratégique - Par Jalel HAMROUNI
Sur fond de crispation croissante entre l’Iran et Washington, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud semblent entrer dans une nouvelle phase de recomposition stratégique. Les signaux de rapprochement entre la Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan alimentent les spéculations sur l’émergence possible d’une alliance militaire informelle, voire structurée.
Une telle dynamique, si elle se confirmait, pourrait-elle bouleverser les rapports de force établis dans la région, longtemps dominés par l’axe États-Unis–Israël et par la rivalité irano-saoudienne ?
La crise iranienne agit comme un catalyseur. Les sanctions américaines, les menaces militaires répétées, les tensions autour du nucléaire et les conflits indirects menés par procuration ont renforcé le sentiment, chez plusieurs puissances musulmanes sunnites, que la région est à la merci de décisions prises hors de ses frontières.
Face à un Iran perçu à la fois comme rival stratégique et comme cible prioritaire de Washington, certains États cherchent à diversifier leurs partenariats sécuritaires, voire à s’émanciper partiellement du parapluie américain.
La Turquie, d’abord, apparaît comme un acteur central de cette équation. Membre de l’OTAN mais en conflit récurrent avec Washington, Ankara poursuit depuis plusieurs années une politique étrangère plus autonome. Son industrie de défense en plein essor, ses interventions militaires en Syrie, en Libye et dans le Caucase, ainsi que sa capacité à dialoguer à la fois avec Moscou, Téhéran et Riyad, lui confèrent un rôle pivot.
Pour la Turquie, un rapprochement militaire avec l’Arabie saoudite et le Pakistan permettrait de consolider son ambition de puissance régionale indépendante.
L’Arabie saoudite, longtemps pilier de l’architecture sécuritaire américaine au Moyen-Orient, revoit-elle aussi ses certitudes. Les attaques contre ses installations pétrolières, la prudence américaine face à l’Iran et les fluctuations de l’engagement de Washington ont semé le doute à Riyad.
Dans ce contexte, le royaume cherche à multiplier ses options. Le rapprochement récent avec l’Iran sous médiation chinoise montre un pragmatisme nouveau, mais il n’exclut pas la recherche d’alliances militaires alternatives, notamment avec des pays musulmans disposant de capacités militaires crédibles.
Le Pakistan, enfin, occupe une place singulière. Puissance nucléaire, doté d’une armée expérimentée et historiquement proche de l’Arabie saoudite, Islamabad entretient également des relations étroites avec la Turquie.
Sa participation à une alliance tripartite offrirait une profondeur stratégique considérable, tout en renforçant son poids diplomatique dans un environnement international de plus en plus polarisé. Toutefois, le Pakistan reste contraint par ses propres défis internes et par la nécessité de préserver un équilibre délicat avec l’Iran voisin.
Peut-on pour autant parler d’une véritable alliance militaire capable de modifier les rapports de force régionaux ? À court terme, une alliance formelle, comparable à l’OTAN, paraît peu probable. Les divergences d’intérêts, les rivalités historiques et les priorités nationales demeurent fortes. Néanmoins, une coordination accrue, exercices conjoints, partage de renseignements, coopération industrielle et soutien politique mutuel, pourrait déjà avoir un impact significatif.
Une telle convergence affaiblirait la logique des blocs rigides imposés de l’extérieur et renforcerait l’idée d’un ordre régional plus autonome. Elle pourrait également limiter la capacité de Washington à imposer unilatéralement ses choix, tout en envoyant un message clair : les puissances régionales entendent désormais peser davantage sur leur propre sécurité.
Cependant, cette dynamique comporte des risques. Une alliance perçue comme hostile par l’Iran pourrait accentuer la militarisation de la région et nourrir une nouvelle course aux armements. Elle pourrait aussi provoquer des réactions de la part de l’entité sioniste et de ses alliés, accentuant l’instabilité plutôt que de la réduire.
En définitive, plus qu’une alliance militaire classique, c’est l’émergence d’un axe de coopération stratégique pragmatique qui se dessine. S’il se confirme, cet axe pourrait redéfinir les équilibres régionaux, non pas par la confrontation directe, mais par la multiplication des centres de décision et la remise en cause d’un ordre longtemps dominé par les grandes puissances extérieures. Dans une région marquée par les crises et les ingérences, ce tournant pourrait être aussi porteur d’opportunités que de dangers.
J.H.
Ligue 1- 16e j. : Belle victoire du CSS et parité équitable entre le ST et l'USM
Par Jamel Belhassen
La deuxième tranche de la seizième journée a a été marquée par la belle victoire du CSSfaxien à Tataouine face à l'ESZarzis et qui lui permet de coller au podium. Les deux autres rencontres n'ont pas connu de vainqueurs mais ont été très disputées, aucune équipe ne méritait de perdre, que ce soit au Bardo ou à Beja
ESZ- CSS (0-2): Des Noir et Blanc sereins
Jouée à Tataouine, le terrain de Zarzis étant suspendu, la rencontre entre l'ESZ et le CSSfaxien a connu en première période un scénario favorable aux Noir et Blanc. Ben Ali, de la tête, a ouvert le score pour les siens de la tête ( 19'). Puis, à la (34e) le Zarzissien Diallo se fait expulser par l'arbitre après l'intervention de la VAR avant de voir Belwafi rate une belle occasion pour doubler le score en tirant au dessus malgré sa position idéale.
En seconde période, le CSS, serein, contrôle le jeu et réussit à doubler le score par Ogbole ( 83e) (.0-2).
ST- USM (0-0): Une belle seconde période
Au Bardo et sous une pluie battante et sur une pelouse glissante, le match entre Stadistes et Monastiriens n'a pas réservé aux présents un spectacle de qualité en premièremi-temps. Haboubli, de la tête voit sa reprise passer de peu à côté ( 17e).
Dans l'autre camp, l'USM obtient un penalty mais le tir de Harzi est passé au dessus de la cage de Farhati( 34e). Après la pause, Farhati sauve un but tout fait en détournant le tir de Jebali en corner (56e).
Le ST reagit par Saafi qui tire en force mais Hlaoui sauve en corner (67e). Le rythme s'élève progressivement c'est que chaque équipe cherche les points de la victoire. Ndaw , de la tête rate de peu la cage ( 71e). Le ST réclame un penalty pour Ndaw mais l'arbitre laisse jouer ( 90+1e). Le score en reste là après une belle seconde période.
OB- USBG ( 2-2) Un chassé- croisé passionnant
A Beja, l'Olympique local, dos au mur, etait condamné à vaincre pour quitter l'avant dernière place du classement, a pris l'avantage face à l'USBGuerdane à la (11e) par Ragoubi. Avant la pause, le gardien bejaoia Smaoui repousse un penalty de Mchareg (45+10).
De retour des vestiaires, l'USBGuerdane réagit fortement en inscrivant deux buts par Hakimi (47e) et sur penalty ( 66e). ( 1-2). Mais les Cigognes n'ont pas baissé les bras et ont réussi à égaliser par Chalghoumi sur penalty ( 77e) ( 2-2). Ce fut un match plaisant même si la parité finale ne fait pas l'affaire des locaux.
J.B.
21.8 milliards de déficit : Cette balance commerciale tunisienne qui absorbe un tiers du budget…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le déficit de la balance commerciale tunisienne continue à se creuser d’année en année avec un solde négatif de 21,8 milliards de dinars contre 18,9 milliards de dinars en 2024. Que faire pour réduire ce déficit ?
Selon l'Institut National de la Statistique (INS) tunisien, le déficit commercial de la Tunisie s'est creusé en 2025 pour atteindre -21,8 milliards de dinars (MDT), contre -18,9 milliards de dinars en 2024, avec un taux de couverture baissant à 74,5%. Cette aggravation est due principalement aux importations énergétiques, matières premières et biens d'équipement, malgré un excédent alimentaire, tandis que le déficit hors énergie reste important à -10,6 milliards de dinars.
En détails, les échanges commerciaux ont atteint en 2025 le niveau de 63,69 milliards de dinars à l'exportation (en hausse de 2,6%) et 85,49 milliards de dinars à l'importation (en hausse de 5,5%).
Au niveau des exportations, les taux sont en hausse avec l'Allemagne (+10,7%), la France (+10,1%) et les Pays-Bas (+3,2%). En revanche, les exportations ont baissé avec certains partenaires européens, dont l'Italie (-9,5%) et l'Espagne (-4,1%).
Selon le groupement des produits, les importations ont enregistré, également, une hausse au niveau des biens d’équipement de 14,4 %, des matières premières et demi-produits de 6,8 %, mais aussi des biens de consommation qui ont cru de 11,7 %. Selon l’expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi : « L’énergie demeure le secteur le plus touché qui représente la moitié du déficit de la balance commerciale.
Pour rappel, le déficit de la balance commerciale hors énergie s'est réduit à -10 656,4 MD, tandis que le déficit énergétique s'est élevé à -11 143,9 MD, contre -10 869,5 MD en 2024. Et lorsqu’on sait que le déficit général de la balance commerciale représente plus de 30% du budget de l’Etat, il y a de quoi tirer la sonnette d’alarme ». Que faire justement pour réduire ce déficit ?
Diversification …
Pour notre expert Mohamed Salah Jennadi: « La diversification des exportations (notamment agroalimentaires), la réduction de la facture énergétique par des énergies renouvelables, la substitution des importations, le soutien à l'industrie locale (biens d'équipement) et l'amélioration de la compétitivité pour réduire la dépendance aux biens de consommation importés sont des mesures à prendre sur le court et moyen terme.
A long terme, il est recommandé de réduire la facture énergétique en investissant massivement dans les énergies renouvelables (solaire, éolien) pour diminuer la dépendance aux combustibles fossiles importés. Cela doit passer par la rationalisation énergétique en mettant en place des projets de transition vers les énergies renouvelables pour réduire le poids des hydrocarbures sur la balance commerciale.
L’autre volet porte sur la limitation des produits non essentiels avec une surveillance accrue des importations provenant de pays avec lesquels la Tunisie enregistre un déficit chronique (Chine, Turquie-Russie). Avec la Chine, il semble nécessaire d’établir de nouvelles relations dans la perspective d’attirer des investissements chinois en Tunisie pour développer des plateformes d’opérations sur l’Europe et l’Afrique.
Avec la Turquie, il paraît essentiel de revoir la convention d’échanges commerciaux entre les deux pays pour limiter les importations « improductives » et réduire les importations de luxe. Avec la Russie, il devient indispensable de développer et diversifier les exportations à destination de ce pays. Il est, en effet, urgent de rationaliser les importations de la Tunisie dans le respect de ses engagements internationaux.
Il en va de même de certaines des activités en Tunisie. L’urgence est aussi pour la mise à niveau et le développement de certains secteurs et les filières qui sont fortement exportatrices et qui ont encore un fort potentiel de croissance sont les suivantes. Pour la filière textile, habillement, cuir et chaussures, au niveau de laquelle le renforcement de la chaine de valeur et la diversification de la production sont à la fois nécessaires et possibles.
Ce secteur reste un domaine privilégié de coproduction avec les industriels européens. Concernant la filière mécanique et électrique, au niveau de laquelle la restauration et le renforcement de la compétitivité sont nécessaires, il est important d’attirer sur le marché local d’opérateurs d’envergure comme, à la fois, ci
M.B.S.M.
Sa croissance est appelée à fléchir en 2026/2027 d’après la Banque mondiale : Voilà comment la Tunisie pourrait démentir les prévisions…
Par Hassan GHEDIRI
C’est principalement à cause d’une dynamique entrepreneuriale limitée, freinée par des barrières administratives complexes, que la croissance tarde à rebondir en Tunisie…
Ce constat qui a été établi au mois de novembre dernier dans une note publiée par l’Institut tunisien des études stratégiques venait d’être validé dans le paragraphe consacré à la Tunisie dans le tout dernier rapport de la Banque Mondiale sur les perspectives économiques dans le monde. Publié mardi 13 janvier 2026, le document, qui se réjouit d’une économie mondiale montrant plusieurs signes de résilience dans un contexte marqué par la multiplication des tensions commerciales et des incertitudes politiques, classe toutefois la Tunisie parmi les pays qui devraient réaliser les taux de croissance les plus faibles en 2026-2027.
La Banque mondiale, qui actualise ses prévisions en fonction des données disponibles et de l’évolution de la conjoncture mondiale, a souligné dans son rapport qu’en Tunisie (et au Maroc) la croissance est appelée à fléchir en raison du ralentissement de l’activité agricole et manufacturière, et ce, contrairement aux autres pays importateurs de pétrole dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) qui devraient voir leur croissance augmenter légèrement.
La BM qui exclut dans ses nouvelles prévisions le Liban, la Syrie et le Yémen en raison des hautes incertitudes des données déclarées, table sur un taux de croissance de 2,5% en Tunisie au cours de l’année 2026 (contre 2,6% en 2025) et seulement 2,2% au cours de 2027. Durant l’année écoulée, « des conditions météorologiques favorables ont permis une reprise de la production agricole au Maroc et en Tunisie », souligne-t-on dans le rapport.
Dans la région MENA, les perspectives économiques laissent entrevoir une reprise progressive de la croissance pour se situer à 3,6% en 2026 et atteindre 3,9% courant 2027, grâce essentiellement à l’accélération attendue de l’activité dans les pays exportateurs de pétrole. Pour ce qui est des pays importateurs de pétrole, c’est notamment l’Egypte qui, selon la Banque Mondiale, est en passe de consolider sa croissance grâce à l’assouplissement des restrictions à l’importation et de change qui ont permis de dynamiser le secteur privé.
La Tunisie, en revanche, risque de ne pas pouvoir tirer sa croissance vers le haut tant qu’elle tarde à éliminer toutes les entraves auxquelles se heurte le secteur privé et qui freinent la dynamique des investissements. Attendu depuis plusieurs années, l’amendement du code de l’investissement constitue, dans ce sens, une des revendications majeures portées par tous les acteurs économiques dans le pays.
Examiné fin décembre par le Conseil des ministres, le projet du nouveau code est censé mettre en place un cadre législatif cohérent, souple et plus incitatif à l’investissement privé.
Selon la Cheffe du gouvernement, qui n’a cessé de réitérer ces derniers mois l’engagement de l’Etat à répondre aux attentes des investisseurs, la réforme du code de l’investissement aura pour objectif de simplifier les procédures, digitaliser le parcours investisseur via une plateforme unique et un guichet unique, harmoniser la législation, et réviser les incitations pour améliorer l'attractivité du pays et attirer des investissements nationaux et étrangers.
Pour démentir les prévisions les plus pessimistes, l’Etat doit donc éliminer l’un après l’autre les obstacles qui entravent la dynamique entrepreneuriale en accélérant l’adoption d’un code d’investissement attractif mais également la révision du code de change qui, lui aussi, est devenu caduc et dont la réforme traine depuis des années.
H.G.
Editorial : Nanurluk, Trump et les Européens…
Par Chokri Baccouche
La vie rude et hostile dans le Grand Nord aurait conduit les Inuits à craindre constamment les forces invisibles. L'une des créatures les plus terrifiantes des contes traditionnels de ce peuple qui vit dans l’Arctique, du détroit de Béring à l’Est du Groenland, est le nanurluk. Il s’agit d’un ours massif de la taille d'un iceberg qui vit sous la banquise.
Sa taille monstrueuse et sa fourrure recouverte de glace en font un ennemi très redouté. La réalité dépasse aujourd’hui le mythe. L’ours des anciennes croyances est une peluche comparée à l’ogre américain qui veut faire main basse sur le Groenland, la terre ancestrale des Inuits, par tous les moyens y compris militaires. Pourquoi ?
Officiellement parce que les « Etats-Unis en ont besoin pour leur sécurité nationale et pour contrer également les convoitises et l’avancée inexorable dans l’Arctique de la Russie et de la Chine ». En réalité, l’Amérique convoite le Groenland pour des considérations à la fois géopolitiques et stratégiques mais également et surtout pour s’approprier ses immenses richesses minérales et énergétiques.
Les Inuits auront beau implorer Kaïla, leur dieu du ciel, afin de les assister dans cette dure épreuve, leur sort semble définitivement scellé. Le trublion président américain Trump jure tous ses dieux qu’aucune force ne l’empêchera de s’approprier le Groenland. Ce projet expansionniste est devenu d’ailleurs une idée fixe depuis quelque temps chez le locataire de la Maison Blanche.
En businessman avisé qui flaire la bonne affaire, le milliardaire américain y voit une opportunité monstre de se mettre encore plus plein les poches. D’une superficie de 2,2 millions de km2, le Groenland, on le sait, est une île autonome dépendant du Royaume du Danemark. L’annexion de cette île projetée par Washington pose un sacré problème car aussi bien le Danemark que les Etats-Unis sont tous deux membres de l’Otan.
L’article 5 du traité de cette organisation à vocation initialement défensive créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale stipule qu’une agression armée contre un membre est considérée comme une attaque contre tous, obligeant les autres membres à venir en aide au pays attaqué, y compris par l'emploi de la force armée si nécessaire, pour rétablir la sécurité.
Voilà qui est dit et voilà qui est en réalité bigrement compliqué, car les ambitions annexionnistes des Etats-Unis mettent en fait à très rude épreuve aussi bien le Danemark que la défense européenne et l’Otan. Si les États-Unis vont au bout de leur projet, quelle sera justement la réaction de l’Union européenne et des pays membres de l’Alliance Atlantique Nord ?
Fermeront-ils les yeux sur cette invasion américaine en gestation ou seront-ils amenés à intervenir pour venir en aide aux Groenlandais ? Répondre à ces questions avec précision relève en fait de la gageure, car les choses ne sont pas aussi évidentes qu’elles n’en paraissent d’emblée.
Pour faire plus simple, des leviers existent en théorie pour porter assistance au Groenland. A l’instar de la charte de l’Otan, l’Union européenne a mis en place également une politique de sécurité et de défense commune. L’article 42 du traité européen prévoit que, "au cas où un État membre serait l'objet d'une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conformément à l'article 51 de la charte des Nations unies".
En théorie donc, les Groenlandais peuvent compter sur la protection militaire de l’Otan et de l’Union européenne si d’aventure l’ogre américain persistait dans son projet de les bouffer, corps et biens. Mais dans la pratique, il n’en sera rien et pour cause ! Les experts s’accordent en effet à penser que l’article 5 de l’Otan a peu de chance d’être activé. La raison en est que le recours à cet article supposerait de facto l'entrée en conflit de plusieurs pays contre le pilier militaire et financier de l'organisation, à savoir les États-Unis.
Il signifierait donc la fin de l'Alliance. Vu leur état de faiblesse et de vulnérabilité actuel, on imagine mal que les pays européens membres de l’Otan auront l’audace de tenter le diable en s’interposant pour empêcher le puissant allié américain d’aller jusqu’au bout de ses intentions concernant le Groenland. De la même manière et pour les mêmes raisons, les chances de voir les Européens activer leur charte de défense commune sont infimes voire inexistantes.
L'UE, qui s'est jusqu'ici montrée pour l'essentiel prudente dans ses réactions face aux démonstrations de force de Donald Trump, ne peut logiquement contraindre ce dernier à revenir à de meilleures intentions. Pourquoi ? Non seulement elle n’en a ni les moyens et peut-être aussi l’envie, contrairement aux fausses apparences, mais de plus parce que les pays européens redoutent plus que tout d’éventuelles représailles de l’imprévisible président américain sur le commerce ou l’Ukraine.
Bref, face aux menaces trumpistes, l’Otan a les mains liées et les Européens se contentent de palabrer : Emmanuel Macron a ainsi jugé qu’une violation de la souveraineté du Danemark entraînerait « des conséquences en cascade inédites ». De son côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé que les habitants du territoire autonome «peuvent compter sur nous».
De belles paroles de solidarité mais sans plus, qui ne risquent pas, en tout cas, d’intimider un Donald Trump bien placé pour savoir que le Vieux continent n’a pas les moyens de sa politique. Par conséquent, il ne lui opposera, logiquement, mathématiquement, encore moins militairement, aucune résistance. La bannière étoilée a de fortes chances de flotter sous peu sur la banquise…
C.B.
















