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Santé reproductive : Et si le SOPK expliquait de nombreux cas d’infertilité ?

Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

Longtemps sous-diagnostiqué en Tunisie, le Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK) est aujourd’hui reconnu comme un enjeu majeur de santé féminine. Pourquoi ce syndrome touche-t-il autant de femmes ?

Face à l’augmentation des cas de baisse de la fertilité au sein des couples, la médecine moderne parvient désormais à lever le voile sur un syndrome complexe qui touche pourtant une part importante de la population. Ancien Professeur à la Faculté de Médecine de Tunis et spécialiste renommé en gynécologie-obstétrique au Cabinet du Pr Mohamed Basly, le Dr Mohamed Basly apporte un éclairage clinique essentiel sur ce phénomène : « Le syndrome des ovaires polykystiques est un fléau à la fois nouveau et ancien.

Grâce au développement de la science et des techniques d’imagerie, nous posons un diagnostic précis, alors qu’auparavant il passait inaperçu. Aujourd’hui, c’est très souvent à l’occasion d’un bilan pour des problèmes de stérilité que nous le découvrons rapidement ».

Le spécialiste tient d’emblée à rassurer les patientes sur la nature de ce trouble : « Au fond, le SOPK n’est pas une maladie au vrai sens du terme, mais plutôt une anomalie qui se rapproche de la physiologie humaine. Elle existe d’ailleurs chez 5 à 15 % des femmes à travers le monde ».

Un syndrome polymorphe à traiter dès la puberté…

La grande complexité du SOPK réside dans sa diversité clinique. Il ne s’exprime pas de la même manière chez toutes les femmes, mais s’organise autour d’un polymorphisme marqué par trois grands types de profils symptomatiques. Le premier profil est d’ordre purement métabolique.

Dans ce cas précis, le syndrome s’accompagne de complications systémiques qui dépassent le cadre gynécologique, telles que l’obésité viscérale, le diabète de type 2, un taux de cholestérol élevé ou encore de l’hypertension artérielle.

Le deuxième profil, plus classique, se manifeste par un dysfonctionnement ovarien direct ou une dysovulation, qui entraîne une anarchie complète dans l’organisation et la régularité des règles. Enfin, le troisième profil est de nature hyperandrogénique, caractérisé par un excès d’hormones mâles comme la testostérone dans le sang, ce qui provoque une pilosité excessive (hirsutisme) chez les jeunes filles.

Le Dr Mohamed Basly insiste sur l’importance cruciale d’une prise en charge précoce, bien avant le projet de maternité : « C’est dès l’âge de la puberté que nous découvrons généralement ce syndrome. Il est tout à fait possible, et même fortement préférentiel, de le traiter bien avant l’âge du mariage». Malheureusement, le constat sur le terrain en Tunisie révèle un biais culturel persistant.

L’accès aux soins reste trop souvent conditionné par l’urgence de concevoir. « La majorité des femmes tunisiennes viennent consulter et ne reçoivent leur diagnostic que très tardivement, uniquement pour assouvir le besoin profond d’avoir un enfant », regrette le gynécologue.

Le message des spécialistes est clair : Plus le SOPK est diagnostiqué tôt, plus ses conséquences peuvent être limitées. En Tunisie, faire connaître ce syndrome est désormais une priorité pour préserver la fertilité et la santé des générations futures.

M.B.S.M.

Légende : Un diagnostic encore trop tardif…

Photo : Dr Mohamed Basly

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