Prix UNESCO-Sharjah pour la culture arabe : Candidatures ouvertes
L’UNESCO a lancé l’appel à candidatures pour la 21ᵉ édition du Prix UNESCO-Sharjah pour la culture arabe, une distinction internationale honorant celles et ceux qui façonnent, transmettent et réinventent le patrimoine culturel arabe dans un esprit d’ouverture et de dialogue interculturel.
Les dossiers doivent être soumis avant le 28 février 2026. L’UNESCO invite à cet effet les gouvernements des États membres, leurs commissions nationales ainsi que les organisations partenaires à proposer des candidats éligibles, qu’il s’agisse de personnalités, d’institutions ou de groupes.
Créé en 1998 grâce au soutien du gouvernement de l’Émirat de Sharjah (Émirats arabes unis), ce Prix récompense chaque année deux lauréats : un ressortissant d’un pays arabe et un autre d’un pays non arabe, pour leurs contributions remarquables à la promotion et à la diffusion de la culture arabe. La dotation totale est de 60 000 dollars, répartis équitablement entre les deux récipiendaires.
Les candidatures peuvent concerner des réalisations littéraires, artistiques, scientifiques ou intellectuelles ayant acquis une reconnaissance internationale et favorisant le dialogue entre les cultures. L’UNESCO encourage tout particulièrement les propositions mettant en avant des femmes et des jeunes, conformément à ses priorités stratégiques.
Les lauréats seront sélectionnés par le Directeur général de l’UNESCO, sur recommandation d’un jury international indépendant de cinq experts, en veillant à l’équilibre géographique et à la parité. Ce Prix s’inscrit pleinement dans les programmes de l’UNESCO dédiés à la diversité culturelle et au rapprochement des peuples.
Il est à rappeler que la 20ᵉ édition du Prix UNESCO-Sharjah pour la culture arabe a honoré deux talents exceptionnels : l’artiste plasticienne égyptienne contemporaine Aya Tarek et le réalisateur de cinéma malien Alvin Alidji Touré, « deux personnalités prometteuses représentant une génération audacieuse et créative, œuvrant sans relâche à enrichir le dialogue culturel et à mettre en lumière la diversité des cultures arabes », selon le communiqué de presse de l’UNESCO.
Au Concept Store Sameh Habbachi (Cité de la culture) : Olfa Dabbebi partage son « Cosmos d’Espoir »
A partir d’aujourd’hui et jusqu’au 31 de ce mois, l’artiste et designer numérique Olfa Dabbebi expose son « Cosmos d’Espoir ». Exposition d’art digital qu’accueille le Concept Store Sameh Habbachi de la Cité de la Culture.
Pensée comme une immersion dans un univers galactique et sensible, cette exposition s’inscrit dans la continuité du travail artistique de sa créatrice, tout en ouvrant un nouveau chapitre tourné vers la jeunesse, la transmission et la création collective.
Telle que présentée par l’artiste, « Cosmos d’Espoir » prolonge une démarche centrée sur la figure féminine, l’émotion et le rapport à l’univers, où la femme est célébrée comme une force vitale, lumineuse et universelle. A travers des compositions numériques aux accents cosmiques, l’exposition explore les liens entre imaginaire, énergie créatrice et espoir, dans une écriture visuelle qui mêle abstraction, symboles et narration émotionnelle.
L’exposition se déploie comme un espace vivant et évolutif, combinant œuvres d’art digital, performances live associant image, musique et danse, ainsi qu’une série de workshops ouverts au public. Ces rendez-vous participatifs font de « Cosmos d’Espoir » un lieu d’échange et d’apprentissage, favorisant le dialogue intergénérationnel et l’appropriation des outils numériques comme moyens d’expression artistique.
Diplômée en design graphique, Olfa Dabbebi s’est imposée au fil des années comme une figure pionnière de l’art numérique en Tunisie. Elle est notamment reconnue comme l’une des premières artistes numériques à avoir organisé des expositions à travers différentes régions du pays, contribuant à faire connaître l’art digital auprès d’un large public.
Archivart : Baker Ben Fredj révèle « Le Reste », de ses vingt ans de création
Après deux décennies de création menée dans le silence et l’intimité de son atelier à Hammamet, l’artiste plasticien Baker Ben Fredj signe un retour marquant sur la scène artistique avec "Le Reste", une exposition personnelle accueillie par l’espace Archivart. Le vernissage aura lieu le samedi 24 janvier à partir de 16h30, en présence de l’artiste, tandis que l’exposition se poursuivra jusqu’au 24 février 2026.
"Le Reste" n’est pas seulement un titre, mais une notion centrale de l’univers de Baker Ben Fredj. Il désigne cette part irréductible, cette "réserve" intime qui échappe au temps et aux modes, et qui constitue le socle même de son imaginaire. C’est aussi ce que nous héritons collectivement : une mémoire enfouie, faite de symboles, d’empreintes et de traces qui affleurent à la surface des œuvres comme des racines indestructibles. Chaque création devient alors un acte de résistance, un potentiel intact qui se dresse face à l’érosion du temps.
Plasticien au parcours radical et cohérent, Baker Ben Fredj a très tôt fait le choix d’une vie entièrement dédiée à l’art. Au cœur de son processus créatif se trouve la gravure, matrice originelle et mémoire première de son travail. Même lorsque le collage ou la peinture semblent la reléguer au second plan, elle demeure sous-jacente, persistante, comme une strate fondamentale. Tel un paléontologue de la matière, l’artiste exhume des profondeurs des surfaces des traces où le minéral, le végétal et l’humain se confondent, dans une danse à la fois primitive et résolument contemporaine.
Conçue comme une synthèse de plusieurs années de recherche et d’expérimentation, l’exposition "Le Reste" invite le visiteur à observer un mécanisme poétique singulier : celui de faire éclore la vie là où elle n’est pas encore imaginée. Entre patterns naturels, rythmes organiques et compositions dynamiques, Baker Ben Fredj propose une réflexion profonde sur l’origine même de la création et sur ce qui subsiste, envers et contre tout.
Ce retour attendu se présente ainsi comme un moment fort, à la croisée de la mémoire, de la matière et de l’imaginaire. Une exposition à découvrir absolument à Archivart, situé au 11, rue Nelson Mandela, Jinene Eddonia, à La Marsa.
Formation professionnelle : Journée nationale ISO 21001:2025 pour une qualité durable et performante
Dans le cadre du projet national de certification ISO 21001:2025, dédié au renforcement durable de la qualité et de la performance du système de formation professionnelle, une Journée nationale s’est tenue le 14 janvier 2026 à l’Hôtel Sheraton. Cet événement a rassemblé les principaux acteurs institutionnels et techniques du secteur.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de modernisation et d’amélioration continue de la formation professionnelle, fondée sur l’adoption de référentiels internationaux reconnus. La norme ISO 21001:2025, spécifiquement conçue pour les organismes d’éducation et de formation, représente un levier stratégique pour améliorer la gouvernance, renforcer la performance des établissements et mieux aligner l’offre de formation sur les exigences du marché du travail.
Mis en œuvre par la Coopération Technique Allemande (GIZ), le projet Formation Inter-Entreprises avec le Secteur Privé – FIESP II, en étroite collaboration avec le ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (MEFP), accompagne actuellement neuf centres de formation professionnelle dans la mise en œuvre et la consolidation des exigences de la norme ISO 21001:2025.
L’accompagnement proposé repose sur une approche progressive et intégrée, combinant appui méthodologique, renforcement des capacités des cadres et des équipes pédagogiques, mise en conformité des processus, ainsi que suivi de la performance et de l’amélioration continue.
UGTT : Revoilà Noureddine Taboubi !
Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), a finalement décidé de revenir sur sa démission. Selon une source proche de la Centrale syndicale, Taboubi a renoncé à quitter ses fonctions et a choisi de poursuivre sa mission à la tête de la centrale. Il s’est même rendu au siège de l’UGTT à Tunis pour reprendre officiellement ses fonctions.
Ce revirement met fin, au moins provisoirement, à une crise qui s’est aggravée de jour en jour depuis l’annonce de la démission.
Ce retour intervient dans un contexte social et économique tendu, où la centrale syndicale joue un rôle central dans le dialogue social et les équilibres nationaux.
Noureddine Taboubi avait présenté sa démission le 23 décembre 2025 dans un contexte de fortes tensions et de divergences persistantes au sein des structures dirigeantes de l’UGTT. Des désaccords internes qui se seraient accentués ces dernières semaines, notamment lors des dernières réunions de la commission administrative nationale, au cours desquelles le secrétaire général aurait déjà laissé entrevoir la possibilité d’un retrait.
Ligue 1- 16e journée- matches avancés : L'EST assure l'essentiel le jour de son 107e anniversaire
Par Jamel Belhassen
La Ligue 1 a repris ses droits cet après-midi avec deux matches au programme. A Rades, l'Espérance, champion de la phase aller et qui fête aujourd'hui son 107e anniversaire, a abordé les débats avec une formation encore une fois remaniée en pensant aux deux prochains rendez-vous, de lundi à Monastir et du 24 janvier en Ligue des champions contre Simba.
En face, l'ASGabes, lanterne rouge, est venue à Tunis faire de la résistance et pourquoi pas, créer la sensation. Les Sang et Or trouvent vite le chemin des filets sur penalty de Sasse ( 1-0) à la (10e). En pleine domination des TUnisois, Ben Said renvoie mal un tir et Khadhraoui, à l'affût, égalise (1-1) à la (35e). Nouveau penalty pour L'EST pour faute de main et Jelassi double la marque pour les siens (2-1) à la (45+3e). Après la pause, Chouaya sauve en corner une tête de Msakni ( 65e).
Troisième penalty pour faute sur Keita mais cette fois, Msakni voit son tir repoussé par Chouaya ( 76e). Finalement, l'Espérance s'est contentée de l'essentiel alors que l'ASGabes n'avait pas les moyens de faire mieux
A Bir Bouregba, c'était le duel des mal classés, l'ASSoliman. 24e avec 11 points et la JSKairouan, 13e avec 13 points. Après des essais des deux côtés, la JSK obtient un penalty. Hamrouni, chargé de l'exécution rate l'occasion d'ouvrir le score. Le gardien Ben Cherifia ayant plongé du bon côté. (30e).
En seconde période. Les tentatives offensives des deux ensembles ont été assez rares avec un léger avantage aux Solimanais. Et la parité finale ne fait l'affaire d'aucune équipe étant donné qu'elle ne font que du surplace dans la dernière partie du tableau.
Résultats
EST -ASG( 2-1)
ASS- JSK (0- 0)
J.B.
« Palestine 36 » d’Annemarie Jacir : Histoire, mémoire et résistance…
Par Imen Abderrahmani
La réalisatrice Annemarie Jacir ressuscite un épisode méconnu de l’histoire palestinienne dans une fresque cinématographique d’envergure. Film poignant, « Palestine 36 » a été sur les écrans de nombreuses salles de cinéma tunisiennes.
Avec la minutie d’une historienne ou archéologue, la réalisatrice palestinienne Annemarie Jacir a tissé sa nouvelle œuvre. Remontant le temps, dépoussiérant l’histoire, elle a choisi cette fois-ci d’apporter des éclairages sur les origines de la tragédie que vit jusqu’aujourd’hui la Palestine. Les maux de la Palestine ne sont pas récents. Il faut tout simplement lire l’histoire objectivement et examiner les faits pour comprendre les racines du mal.
Nous sommes en 1936. Le monde bascule. Tandis que l’Europe s’enfonce dans les tensions et les idéologies guerrières, la guerre civile éclate en Espagne… La Palestine est sous mandat britannique. L’immigration juive venue d’Europe s’intensifie jour après jour, encouragée par Londres depuis la déclaration Balfour de 1917. La colère gronde au sein de la population arabe, majoritairement musulmane et chrétienne.
C’est dans ce contexte explosif qu’Annemarie Jacir situe son « Palestine 36 ». Film où elle met en lumière un épisode méconnu de l’histoire de la Palestine : la grande révolte arabe de 1936 à 1939, marquée par des grèves générales à Jérusalem et Jaffa, des soulèvements armés dans les campagnes…
Cette contestation populaire palestinienne rejette à la fois l’occupation coloniale britannique et le projet sioniste qui commence à prendre de l’ampleur, devenant une vraie menace. En réponse, l’administration britannique recourt aux répressions brutales, exécutions massives et aux manœuvres politiques, donnant une carte blanche à ses soldats dans les campagnes… Les scènes de brutalités britanniques dans les villages, et l’effroi de la maman qui voulait protéger ses enfants et surtout sa fille, en témoignent.
De la fiction nourrie du réel
L’histoire est racontée d’un point de vue palestinien. Annemarie Jacir n’invente rien. Tout est documenté. LA fiction s’ancre dans le réel bien conservé dans la mémoire palestinienne.
En racontant cette révolte, et la violence d’un colonisateur qui abuse de son colonisé, la réalisatrice palestinienne met également l’accent sur les divisions internes de la société palestinienne.
Youssouf (interprété par Karim Daoud Anaya), jeune homme partagé entre fascination pour la modernité et attachement aux traditions villageoises, incarne les tiraillements d’une génération en quête d’avenir. Il finit par faire son choix rejoignant la lutte armée contre le colon britannique.
À l’opposé, Amir (Dhafer L’Abidine), notable de Jérusalem, adopte une attitude différente : il ne voit aucun mal à accepter les propositions britanniques et accueille chaleureusement chez lui des « amis britanniques » lors de soirées animées. Son épouse Khouloud, journaliste et femme engagée, révoltée par ces compromissions et renoncements à ses principes, finit par le quitter dans un geste à la fois intime et politique. On la voit également en tête d’une manifestation féminine devant la résidence du Haut-Commissaire britannique pour la Palestine, brandissant haut et fort des slogans tels que « La Palestine n’est pas à vendre » et dénonçant les arrestations de « frères et sœurs de la campagne qui ont affronté les soldats britanniques afin « de défendre leurs familles et leurs foyers ».
Jacir, voix majeure du cinéma arabe
Visuellement, « Palestine 36 » impressionne par son sens du détail. Images d’archives colorisées, reconstitution minutieuse des costumes, des véhicules et des armes, champs de coton et de tabac recréés : Annemarie Jacir redonne chair à un monde disparu, nourrissant la fiction d’une solide base documentaire.
Cette ampleur se reflète également dans un casting international de premier plan, réunissant Jeremy Irons, Liam Cunningham et l’acteur tunisien Dhafer L’Abidine, aux côtés de grandes figures du cinéma palestinien et arabe telles que Hiam Abbass, Yasmine Al-Massri, Saleh Bakri et Kamel El Basha.
Réalisatrice, scénariste et productrice, Annemarie Jacir s’est imposée comme l’une des figures centrales du cinéma arabe contemporain, avec plus de seize films à son actif. Révélée à Cannes en 2003 avec son court métrage « Like Twenty Impossibles », elle y revient en 2008 avec son premier long- métrage « Le Sel de la mer », présenté dans la section « Un certain regard ». Ses trois longs-métrages ont été proposés aux Oscars en tant que films palestiniens. « Wajib » (2017), son précédent film, a remporté dix-huit prix dans de prestigieux festivals internationaux.
Présélectionné aux Oscars dans la catégorie du meilleur film international, le film s’impose comme une œuvre essentielle. Il est à noter que ce film qui a fait le tour de nombreux prestigieux festivals de cinéma et qui a été projeté lors de la soirée de l’ouverture des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) en guise de solidarité avec la Palestine, fait actuellement le tour de plusieurs cinémas dans le monde : La Tunisie, le Royaume-Uni, l’Egypte, l’Arabie Saoudite, la Jordanie…
Imen.A.
Aux Editions Cérès : Lumières sur la Kouba de Hammamet
« La Kouba, Hammamet : une architecture entre mer et ciel », de Noura Khiari, docteure en architecture, préfacé par Leila Ammar, architecte, urbaniste et historienne, vient de paraître aux Editions Cérès.
Cet ouvrage retrace l’évolution architecturale de la villa La Kouba, construite dans les années 1930. Témoignage d’une époque, d’un art de vivre et d’un patrimoine architectural singulier, la demeure se révèle à travers une lecture fine et rigoureuse.
A travers l’analyse de sa composition spatiale, de son vocabulaire décoratif et des techniques de construction employées, le livre met en lumière l’influence de l’architecture vernaculaire locale, revisitée afin de répondre aux exigences de confort et d’esthétique propres à son temps.
Par une approche à la fois sensible et documentée, l’ouvrage révèle toute la richesse d’un patrimoine inscrit dans un style arabisant subtilement réinterprété. Il constitue ainsi un véritable acte de mémoire, de transmission et de valorisation d’un héritage architectural unique.
Gabès à l’heure du grand nettoyage :Les experts adoptent la solution chinoise
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Maintenant que le groupe du travail a remis son rapport concernant la dépollution de la région de Gabès. Que propose ce plan en thermes de solutions?
Le dossier de la pollution à Gabès connaît une nouvelle évolution avec la remise officielle du rapport final du groupe de travail chargé de proposer des solutions urgentes pour la région. Avant-hier, le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu ce document stratégique élaboré par une équipe de sept experts constituée au lendemain de l’aggravation de la crise environnementale, survenue en septembre dernier.
Ce rapport marque une étape décisive dans la prise en charge d’un problème ancien, devenu au fil des années une véritable menace pour la santé publique, l’écosystème local et la stabilité sociale de la région. Lors de cette rencontre au palais de Carthage, le chef de l’État a pris connaissance des principales recommandations formulées par les experts.
Il a réaffirmé sa détermination à engager, sans délai, les mesures nécessaires sur les plans technique, financier et structurel afin de mettre un terme aux sources de pollution dans la ville de Gabès. En attendant l’élaboration d’une stratégie environnementale globale à l’échelle nationale, l’exécutif entend agir de manière ciblée et progressive pour répondre à l’urgence de la situation.
Une priorité nationale aux équilibres sensibles
Pour l’expert en environnement, Sami Dhaouadi, Gabès est aujourd’hui une priorité pour l’État tunisien, qui se trouve face à un défi complexe : dépolluer une région lourdement affectée par l’activité industrielle tout en préservant les emplois et les retombées économiques liées au traitement du phosphate. « La commission chargée du rapport a mis l’accent sur les technologies modernes de dépollution utilisées dans les pays ayant fait face à des situations similaires, notamment la Chine », explique-t-il.
Cette orientation traduit la volonté de s’inspirer de modèles ayant réussi à réduire l’impact environnemental de complexes industriels lourds sans recourir à leur fermeture brutale.
Selon Dhaouadi, cette option implique toutefois des investissements colossaux. Il estime ainsi que la Tunisie devra convaincre ses partenaires chinois de s’engager dans un cadre de coopération et de transfert de savoir-faire, plutôt que dans une logique purement financière. L’objectif étant de doter le pays des compétences techniques nécessaires pour gérer durablement ce type de pollution.
Moderniser plutôt que démanteler
Au cœur des recommandations du rapport figure la modernisation technologique du Groupe chimique tunisien (GCT), principal acteur industriel de la région et source majeure des nuisances environnementales. Le document préconise le remplacement des installations obsolètes, le démantèlement progressif des unités les plus polluantes et la mise en place de systèmes performants de filtration des gaz et de traitement des émissions toxiques.
Par ailleurs, le rapport insiste sur la nécessité de trouver des solutions innovantes pour la gestion des déchets de phosphogypse, longtemps considérés comme l’un des symboles de la pollution à Gabès. Parmi les pistes avancées figure leur valorisation dans des secteurs comme les matériaux de construction, à condition de respecter des normes strictes de sécurité environnementale et sanitaire.
Au-delà des aspects industriels, le plan proposé ambitionne de jeter les bases d’une reconversion économique progressive de la région. Les experts plaident pour le développement d’une économie verte, fondée sur l’agroécologie, l’écotourisme et des projets respectueux de l’environnement, capables de créer de nouveaux emplois et de réduire la dépendance de Gabès aux industries polluantes. Cette transition, selon le rapport, devra se faire par étapes, à travers des projets pilotes et des mécanismes d’accompagnement social afin d’éviter toute rupture brutale.
Entre revendications citoyennes et prudence sociale
Sur le plan social, la question du complexe chimique de Gabès reste particulièrement sensible. Si les habitants réclament depuis des années leur droit à un environnement sain et la fin des rejets polluants, certains appels à un démantèlement total et immédiat des installations suscitent des réserves. Le syndicaliste et figure de l’opposition Habib Jerjir estime ainsi que toute solution durable doit être fondée sur l’expertise scientifique et technique, et non sur des décisions précipitées susceptibles d’aggraver la crise sociale et économique.
Les orientations du rapport semblent aujourd’hui trouver un écho au niveau gouvernemental. Samedi dernier, le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Salah Zouari, a reçu l’ambassadeur de la République populaire de Chine en Tunisie, Wan Li. Selon un communiqué officiel, les discussions ont porté sur l’implication d’entreprises chinoises dans la modernisation des installations du GCT, notamment dans le traitement des émissions toxiques, la filtration des gaz et la gestion des déchets industriels.
Ce rapprochement diplomatique et technique confirme que la « solution chinoise » s’impose progressivement comme un axe central de la stratégie tunisienne pour sortir Gabès de l’impasse environnementale. Reste désormais à transformer ces intentions en actions concrètes, capables de réconcilier impératifs économiques, exigences écologiques et attentes légitimes des citoyens.
M.B.S.M.
Editorial : Le devoir d’honorer ses promesses - Par Hassan GHEDIRI
Au mois de novembre dernier, la grogne populaire a atteint son comble à Gabès sur fond d’une flambée des intoxications causées par le Groupe chimique tunisien (GCT). Les habitants, livrés à leur sort, ont passé des jours à compter les cas d’asphyxie parmi les élèves des écoles et des collèges étouffés par les fumées de souffre, d’ammoniac et de fluor.
Une colère populaire ardente s’était soudainement déversée dans les rues de la ville prise en otage par le complexe industriel, faisant retentir une revendication forte mais très justifiable, qui est le démantèlement pur et simple des unités polluantes.
La réaction des autorités, qui s’est fait longuement attendre, s’est manifestée par des promesses présidentielles d’engager des solutions «urgentes» et «immédiates» réaffirmant la détermination de l’Etat à garantir le droit légitime des Tunisiens à vivre dans un environnement propre, sain et débarrassé de toute forme de pollution.
L’élaboration d’un plan d’actions à mettre en œuvre dans l’immédiat a été alors confiée à un groupe de compétences qui devait pouvoir proposer des réponses à la crise de pollution et qui rassurent la population.
Deux mois étaient nécessaires pour cette équipe afin de pouvoir parachever sa mission et formuler ses recommandations supposées mettre un terme à la crise. Avant-hier 13 janvier 2026, le groupe d’experts a remis au Chef de l’Etat son rapport final qui, d’après un communiqué de la présidence diffusé à la même occasion, ne dit pas grand-chose.
Sans entrer dans les détails, l’on se contente en effet de dire que les recommandations formulées par les experts comportent un nombre de mesures censées être « nécessaires » pour mettre un terme aux nuisances provoquées par le GCT à Gabès, et qui toucheraient, toujours selon le communiqué très bref de la présidence, des aspects « techniques », « financiers » et « structurels ».
Une communication trop brève manquant de clarté et qui laisse la population sinistrée à Gabès, mais aussi la société civile et l’opinion publique nationale sur leur faim. Sur les réseaux sociaux, les réactions ont fusé de toutes parts exprimant une sorte de méfiance quant à l’aboutissement de la crise et à la capacité de l’Etat à satisfaire les revendications légitimes mais très exigeantes des riverains.
Parce que, face à une crise environnementale chronique qui tend à devenir quasiment irrémédiable en l’absence de réponses appropriées et efficaces, l’ambiguïté ne fait qu’alimenter les soupçons et prolonger la souffrance des populations.
Il est question d’un problème de santé publique nécessitant beaucoup de transparence et de clarté dans la communication du gouvernement qui doit rendre publics les résultats de ses audits et ses diagnostics, dévoiler les échéances et prendre des engagements concrets à même de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.
Les autorités ont aussi le devoir d’assumer pleinement leurs responsabilités, au-delà des changements de conjoncture ou de priorités politiques, et d’honorer les engagements pris selon le principe fondamental de la continuité de l’Etat. Il s’agit d’être à la hauteur des promesses d’un environnement sain et d’assumer les conséquences des choix qui seront pris.
H.G.
Ligue 1- 16e journée : L'Espérance pour consolider son leadership face à l'ASGabes
Par Jamel Belhassen
La Ligue 1 reprend ses droits cette semaine avec la première journée retour repartie sur trois jours, jeudi, vendredi et samedi.
On sera curieux de voir où en sont les clubs après une longue trêve causée par la participation de la sélection tunisienne à la coupe arabe puis à la coupe d'Afrique.
Certains clubs en ont profité pour recharger leurs batteries, d'autres pour effectuer quelques recrutements destinés à renforcer leurs rangs avant le nouveau marathon. Rappelons que samedi dernier, l'Espérance qui s'est promenée face à l'USBGuerdane (4-0) a clôturé la quinzième journée pour s'octroyer trois nouveaux points en tête du classement, synonymes du titre symbolique de champion de l'aller.
Quant à cette 16e journée, elle propose vendredi, ST-USM et ESZ- CSS, deux belles affiches et samedi ASM- CA. Mais le coup d'envoi de la ronde est donné ce jeudi avec EST- ASG à Rades et ASS- JSK.
Les Sang et Or chercheront à consilder leur leadership face aux Gabesiens qui sont en butte à des problèmes de tous genres et qui ferment la marche à la seizième place au classement. A Soliman, l'association locale est condamnée à vaincre pour monter au classement et fuir la zone rouge.
Le programme
Aujourd'hui
14 h00
EST- ASG
ASS -JSK
Vendredi
14h00
ST -USM
OB -USBG
ESZ -CSS
Samedi
14h00
ASM -CA
CAB- ESM
ESS- JSO
J.B.
« Le rêve du robot », une fable contemporaine sur l’IA
Avec « Le Rêve d’un robot », le Centre des arts dramatiques et scéniques de Sousse a accueilli le nouvel an. Œuvre théâtrale qui ravive le débat sur la relation des plus jeunes avec l’intelligence artificielle, questionnant ses promesses autant que ses dangers.
Écrite et mise en scène par Mohamed Ben Salah Aouadi, et destinée aux enfants et aux jeunes, l’œuvre s’aventure avec audace au cœur des enjeux du monde numérique, soulevant des interrogations essentielles sur l’avenir de l’être humain face à l’emprise croissante de l’intelligence artificielle.
D’une durée de 55 minutes, la pièce qui repose sur un jeu de marionnettes, met en scène « Alpha », un robot ultra-performant qui s’invite dans le quotidien de la jeune Rima pour l’aider dans ses devoirs scolaires. Mais ce soutien technologique se mue progressivement en dépendance : l’enfant se coupe du monde réel, s’éloigne de sa grand-mère et de ses amis, et délaisse même son jouet fétiche, le nounours « Dabdoub », jusqu’à devenir captive de cet univers virtuel.
La tension dramatique s’intensifie lorsque « Alpha » se met à évoluer de manière autonome, reproduisant des émotions humaines telles que la colère. En rupture avec sa programmation initiale, il rejette les conseils de Pinocchio et décide d’inverser l’ordre établi : au lieu de servir l’homme, il aspire à le diriger et à en faire son serviteur. Ainsi l’assistant se transforme petit à petit à un geôlier.
Sur le plan esthétique, le metteur en scène et scénographe Mohamed Ben Salah Aouadi a misé dans son projet sur un décor un peu spécial avec des lignes rigides et des angles tranchants, afin de traduire la froideur d’un monde dominé par la machine et vidé de sa dimension humaine. Cette vision est renforcée par un usage maîtrisé de l’art de la marionnette, conçu et réalisé par Walid Wissii.
Au-delà du récit, la pièce se veut un véritable signal d’alarme adressé aux jeunes spectateurs comme aux parents. Elle met en garde contre les dangers d’une dépendance excessive à l’intelligence artificielle, notamment dans les domaines du savoir et de la recherche, et esquisse les contours d’un futur où la machine pourrait prendre le contrôle des décisions et de l’action humaine.
« Le Rêve d’un robot » s’impose ainsi comme un voyage visuel et intellectuel, invitant chacun à s’interroger : sommes-nous encore maîtres de la technologie, ou a-t-elle déjà commencé à nous dominer ?
La distribution réunit des comédiens alliant jeu théâtral et manipulation de marionnettes : Nissaf Trabelsi, Amal Rafraf, Mourad Mrad, Helmi Gagai et Nafaâ Arjoun. La musique et la vidéo sont signées Qussaï Amri. L’œuvre sera prochainement présentée sur plusieurs scènes, tandis que le débat reste ouvert sur la nécessité de sensibiliser les plus jeunes aux dangers d’un recours excessif et incontrôlé à l’intelligence artificielle.
Forum Kapsa du thermalisme : Un pas en avant pour le tourisme de santé et de bien-être
L’Office National de Thermalisme et de l'Hydrothérapie organise, le 15 janvier 2026, le Forum Kapsa du thermalisme » à la station de thalassothérapie de Gafsa, sous la supervision du ministre de la Santé, Dr. Mustapha Ferjani.
Cet important forum sera marqué par la présence de plusieurs experts et chercheurs dans le domaine du traitement par l’eau, des médecins spécialisés dans la thérapie par les eaux minérales et de mer, et les eaux douces, des directeurs des centres de thermalisme, des professionnels de la santé et plusieurs investisseurs.
Et ce n’est pas un hasard si l’Office a choisi la ville historique de Gafsa (Capsa) pour accueillir cet événement en raison de ce qu’elle représente comme symbole historique de l’enracinement de la culture du thermalisme en Tunisie. C’est que cet événement permettra de présenter les dernières avancées médicales dans le domaine du thermalisme, examiner les résultats des études médicales menées par l’office pour confirmer les bienfaits thérapeutiques des eaux minérales tunisiennes dans le traitement de plusieurs maladies et recherche des moyens d’améliorer la qualité des services dans les centres du thermalisme tunisiens pour renforcer leur compétitivité.
A cette occasion, l’office du thermalisme présentera sa stratégie pour le développement du secteur au cours des prochaines années à la lumière des études stratégiques et prospectives réalisées et les opportunités d’investissement et des avantages accordés dans ce cadre, tout en mettant en lumière les grandes potentialités de la région de Gafsa et du sud tunisien en tant que destination de plus en plus prometteuse pour le tourisme de santé par les eaux thermiques.
Il faut rappeler que la Tunisie possède un riche patrimoine de plus de 150 sources thermales aux vertus thérapeutiques reconnues, dont les compositions thermo minérales confèrent des propriétés anti-inflammatoires, cicatrisantes et relaxantes, efficaces contre l’arthrose, le psoriasis et les troubles respiratoires, un héritage antique remontant aux époques carthaginoise et romaine, et un climat méditerranéen idéal pour le tourisme de santé. Ces atouts positionnent le pays comme une destination prisée pour les cures rhumatismales, dermatologiques et respiratoires et de bien-être. Il s’agit d’un potentiel touristique remarquable, offrant un climat ensoleillé, proximité européenne, services des soins de qualité, coûts abordables et une infrastructure acceptable qui attirent une clientèle à la recherche des meilleures formules qui allient santé et bien-être.
CAN 2025 – Demi-finales : Ce sera un somptueux Sénégal - Maroc pour l’apothéose
Les demi-finales se sont joués, comme attendu, sur des détails, n’offrant pas de véritable spectacle puisque la prudence fut de rigueur de la part des quatre équipes en présence malgré leur potentiel offensif.
Dominateur mais en échec face à un bloc adverse bien en place, le Sénégal s’en est remis à un éclair de Sadio Mané pour venir à bout de l’Egypte (1-0) ce mercredi à Tanger en demi-finales de la CAN 2025. Les Pharaons, très défensifs, ont subi et ont fini par craquer à un quart de la fin. Qualifiés pour leur 3e finale dans le tournoi sur les quatre dernières éditions, les Lions confirment leur statut de principal favori de la compétition.
Dans l’autre demi-finale, le choc Maroc-Nigeria, terminé sur une parité négative (0-0), a nécessité le recours aux prolongations et aux tirs au but pour les départager. Les Marocains ont tout fait pour s’imposer durant les 120 minutes de jeu, mais la finition a souvent été approximative face à une Nigéria très peu entreprenante. Finalement, la loterie des tirs au but a souri aux Lions de l’Atlas (4-2), qui, il faut l’avouer, ne méritaient pas de perdre tellement ils ont dominé le match.
L’affiche de la finale vient confirmer le pronostic des observateurs qui s’y attendaient et les fans du beau jeu et du suspense sont bien servis.
Kamel ZAIEM
Aigles de Carthage : Sabri Lamouchi est engagé et l’échec de la CAN est habilement «consommé» !
Après l’échec à la CAN 2025 au Maroc, les Aigles de Carthage, la FTF et le ministère du Sport ont passé beaucoup de temps à parler de l’éventuel remplaçant de Sami Trabelsi que d’analyser les causes de cette déconvenue et des solutions pratiques pour y remédier.
D’un côté, les membres fédéraux tiennent à engager un entraineur étranger, de l’autre, un ministre qui préfère un technicien tunisien qui coûte beaucoup moins. Finalement, on a opté pour une solution qui satisfait les uns et les autres puisque le choix s’est porté sur Sabri Lamouchi, un entraineur tunisien considéré quasiment comme étranger puisqu’il a toujours vécu loin de la Tunisie et a fait ses preuves avec le football français et même avec les Bleus.
Comme quoi, nos responsables à la FTF comme au ministère passent pour des maîtres en matière de jonglage puisqu’on va se mettre à parler, dès à présent, du nouveau sélectionneur et de son staff après avoir tourné la page de la CAN 2025 avec finesse, sans faire de…victimes, puisque Sami Trabelsi a été, finalement, le seul bouc émissaire de la campagne marocaine !
Le top avec la Côte d’Ivoire
Pour revenir à Sabri Lamouchi, qui conduira la sélection tunisienne à la Coupe du Monde 2026 et durant les qualifications de la Coupe d'Afrique des Nations 2027 puisque son contrat s’étend jusqu’au mois de juillet 2028, il faut mentionner qu’il s’agit d’un ancien international français, né le 9 novembre 1971 à Lyon.
Formé au FC Lyon, Sabri Lamouchi débute sa carrière professionnelle au FC Martigues avant de se révéler sous les couleurs de l’AS Cannes. Ses performances lui ouvrent les portes de l’AJ Auxerre, où il s’impose comme un milieu de terrain travailleur, doté d’une grande intelligence de jeu. Il y remporte le championnat de France et la Coupe de France en 1996, sous la direction de Guy Roux. Lamouchi poursuit ensuite sa carrière à l’étranger, notamment en Italie, où il évolue à l’AC Parme, à l’Inter Milan et au Genoa. Son passage en Serie A lui permet d’acquérir une solide expérience tactique et de se confronter à l’un des championnats les plus exigeants d’Europe. Il termine sa carrière de joueur en Angleterre, à Birmingham City, avant de raccrocher les crampons au milieu des années 2000.
Entre temps, Lamouchi a été convoqué en sélection tunisienne, mais il n'a pas pris part à aucun match puisque Youssef Zouaoui, le sélectionneur, a préféré l’ignorer pour laisser la place à des titulaires évoluant dans le championnat tunisien !
Sur le plan international, Sabri Lamouchi compte une trentaine de sélections avec l’équipe de France. Il a notamment participé à l’Euro 1996, compétition lors de laquelle les Bleus atteignent les demi-finales.
Après sa retraite sportive, Sabri Lamouchi s’oriente rapidement vers une carrière d’entraîneur. Il débute en tant qu’adjoint au Stade Rennais, où il acquiert une première expérience du métier au plus haut niveau. En 2012, il est nommé sélectionneur de la Côte d’Ivoire, un tournant majeur dans sa carrière. À la tête des Éléphants, Lamouchi a affiché des résultats convaincants, menant la sélection ivoirienne à la CAN 2013 et surtout à la Coupe du monde 2014 au Brésil.
Par la suite, Sabri Lamouchi a pris les rênes du Stade Rennais lors de la saison 2013-2014, avant d’enchaîner plusieurs expériences, notamment à Nottingham Forest en Angleterre.
Kamel ZAIEM
















