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UGTT-Gouvernement : Est-ce la fin du bras de fer ?

Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

La lettre de la ministre des Finances à l’UGTT sur le projet de loi de finances 2027 relance les interrogations sur un éventuel apaisement social ou simple routine institutionnelle ?

Après des mois de tensions et de gel quasi total des échanges entre le gouvernement et l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), un léger mouvement semble s’opérer entre les deux parties. La récente correspondance adressée par la ministre des Finances au secrétaire général de l’UGTT, Slaheddine Selmi, autour du projet de loi de finances 2027, apparaît comme un signal politique susceptible d’ouvrir la voie à une reprise du dialogue social.

Pour le juriste et activiste de la société civile, Salem Chérif : " Comme le veut la tradition dans le cadre des négociations sociales entre le gouvernement et la centrale syndicale, l’élection d’un nouveau bureau exécutif de l’UGTT semble ouvrir la voie à une reprise des contacts entre les deux parties. Une initiative qui intervient dans un contexte où l’apaisement apparaît dans l’intérêt de tous, notamment face aux défis économiques et sociaux auxquels le pays est confronté.

Du coup, cette reprise de contact est perçue comme un premier signal politique susceptible de déboucher sur une nouvelle phase de dialogue entre le gouvernement et la Centrale syndicale. Si la présidence de la République semble aujourd’hui favorable à l’enterrement de la hache de guerre, c’est sans doute parce qu’un climat moins tendu signifie aussi moins de blocages et davantage de marge pour traiter les dossiers sensibles par la voie des négociations.

Alors, dans une conjoncture régionale et économique difficile, la Tunisie a plus que jamais besoin d’un front intérieur apaisé afin de mieux affronter les épreuves à venir ". Est-ce pour autant la fin de la crise ?

Front intérieur...

Même si les observateurs sont unanimes quant à l'importance de l'apaisement de la crise entre le gouvernement et l'UGTT, plusieurs facteurs doivent être pris en compte. Selon notre interlocuteur : " Tout d'abord, l'UGTT doit retrouver sa puissance et sa crédibilité auprès de l'opinion publique et de ses partisans. En effet, le nouveau secrétaire général, Slah Eddine Salmi, qui a mené sa campagne sous le slogan « Stabilité et défi », fait face aux enjeux de la réforme de la maison syndicale et de la relance du dialogue social, dans un contexte de fortes pressions économiques et de tensions croissantes autour des droits syndicaux et des salaires.

Au niveau politique et bien que l’UGTT n’ait pas adopté au départ une position opposée aux mesures exceptionnelles prises par Kaïs Saïed le 25 juillet 2021, l’organisation syndicale a fini par entrer en rupture avec le pouvoir, qui a œuvré à marginaliser l’Union et à réduire son rôle sur la scène nationale.

Cela s’est traduit par plusieurs mesures, notamment des poursuites judiciaires contre des dirigeants syndicaux, la fermeture des négociations sociales, l’octroi d’augmentations salariales sans consultation des partenaires sociaux, et enfin la suspension du prélèvement automatique des cotisations syndicales. Alors, la nouvelle direction doit faire des concessions de nature à rassurer le pouvoir politique quant à son rôle en tant que partenaire et non pas un opposant ". Et d'ajouter: " La Tunisie a besoin aujourd’hui de toutes ses forces vives qui doivent constituer un front intérieur uni et solide afin de faire face à une conjoncture mondiale assez complexe ".

M.B.S.M.

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