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La Route des Andalous : Zaghouan, dernière escale de ce voyage mémoriel

Ville charmante à l’architecture singulière et à la gastronomie authentique, Zaghouan constitue la dernière étape de « La Route des Andalous », un périple conçu comme une traversée mémorielle sur les traces des Morisques.

 

Située à soixante kilomètres de Tunis, Zaghouan, est une belle ville qui n’a pas encore livré tous ses secrets. Ancienne Cité romaine avec des sites majeurs comme le « Temple des Eaux » (IIe siècle), « Thuburbo Majus » et les vestiges de l’aqueduc, Zaghouan est également une ville au cachet andalou singulier, visible dans sa grande mosquée et ses fontaines disséminés ici et là. Chaque printemps et à cette même période de l’année, un doux parfum enveloppe les ruelles de la ville,  lors de la saison de la floraison de l’églantier (Nesri), cette fleur délicate que la tradition attribue aux andalous qui se sont installés à Zaghouan, comme d’ailleurs d’autres villes tunisiennes. Curieusement, plantée ailleurs aujourd’hui, elle ne donne ni les mêmes fleurs ni les mêmes arômes comme si par miracle, cette plante était intimement liés à la terre de Zaghouan.

Riche en traditions culinaires, la ville est célèbre pour son « Kaak Warka », une pâtisserie traditionnelle sous forme d’anneaux que la légende dit que ce succulent gâteau est d’origine andalouse et que les andalous ont utilisé ces anneaux pour faire transiter clandestinement leurs bijoux, en fuyant l’Espagne.

C’est cette profondeur historique et cet héritage pluriel que célèbre le programme spécial imaginé pour la clôture de la manifestation « La Route des Andalous », demain, le 16 mai, à partir de 11h. Ateliers de céramique d’art, de calligraphie et de mosaïque, expositions photographiques et présentations d’œuvres artisanales composent un parcours sensible, prolongé par une dégustation de plats du terroir qui viendra en rythmer les découvertes.

La manifestation constitue également une bonne occasion pour qu’habitants et visiteurs découvrent ou redécouvrent quelques lieux emblématiques, lieux de mémoire tels que la médina de Zaghouan, le mausolée de Sidi Ali Azzouz et le Centre des monuments et du patrimoine de Zaghouan qui accueillent, à cette occasion, quelques activités de cette journée spéciale.

Le programme de la journée comporte également la projection du documentaire « Zaghouan l’andalouse » de Feriel Ben Mahmoud et un spectacle alliant musique et théâtre qui explore la tradition orale de la ville.

… Une Route pour l’avenir

Il est à noter que « La Route des Andalous » a été lancée, dans le cadre de la célébration de la 35ème édition du « Mois du patrimoine », avec comme point de départ la mythique ville de Testour. Ce rendez-vous a permis de tirer de l’oubli la mémoire andalouse de plusieurs villes tunisiennes, à savoir Tébourba (Gouvernorat de la Manouba), Soliman (Gouvernorat de Nabeul), « Al Aliya » (Gouvernorat de Bizerte), « Kalaat Landaloss » (Gouvernorat de l’Ariana) et Tunis et de mettre en lumière l’impact économique, civilsationnel, architectural et esthétique de ces exilés andalous.

Plus qu’une Route, plus qu’une simple manifestation, l’initiative appelle à s’inscrire dans la durée et à s’élargir en véritable circuit culturel vivant. Elle esquisse les contours d’un itinéraire capable de relier patrimoine, création contemporaine et développement durable, en valorisant les savoir-faire locaux, les paysages et les mémoires partagées. Le projet est faisable puisque toutes ces villes se situent presqu’à une heure de la capitale.

Pensée ainsi, la Route pourrait devenir un levier structurant pour les régions qu’elle traverse : un espace où la mémoire se transforme en ressource, où les traditions nourrissent l’économie locale, et où l’artisanat, la gastronomie et le tourisme culturel participent à une dynamique respectueuse des territoires. Car préserver l’héritage andalou, c’est aussi préserver les gestes, les métiers et les récits qui continuent d’habiter ces villes. La superbe horloge de Testour qui tourne à l’envers, le malouf qui constitue une page essentielle de la mémoire musicale tunisienne,  la médina de Tébourba, avec sa mosquée et ses zaouïas, qui demeure l’unique médina de la région à se structurer selon un plan de damier, la médina de Zaghouan avec ses fontaines et la légende de Kaak El Warka et d’autres récits et « témoins » méritent d’être préservés et transmis.    

En s’ancrant dans les régions, cette démarche affirme que le développement ne se construit pas seulement dans les grands centres urbains, mais aussi dans ces villes et villages qui portent une part essentielle de l’identité du pays. La Route devient alors un fil conducteur reliant passé et avenir, mémoire et innovation, patrimoine et développement.

Imen.A.

 

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