contactez-nous au 71 331 000
Abonnement

Editorial : Il faut apprendre de ses erreurs - Par Hassan GHEDIRI

A suivre l’actualité ces derniers temps l’on a la sensation de déjà vu avec ces images et vidéos montrant des soignants avec leurs blouses blanches, leurs gants et leurs masques FFP2. Ce ne sont pourtant pas des clichés tirés des archives de fin 2019 lorsque la Chine a signalé son premier mort d’une « mystérieuse maladie » avant que l’OMS ne déclare quelques semaines plus tard, la pandémie mondiale du coronavirus. Aujourd’hui, c’est un autre « mystérieux » virus qui émerge de nulle part pour raviver de vieux.

Mystérieux ? Pas vraiment, en fait, parce qu’il s’agit bel et bien d’un virus connu par les scientifiques depuis plus de soixante-dix ans. L’hantavirus qui angoisse la communauté sanitaire mondiale depuis le découverte, début mai, d’un foyer de contamination dans un bateau de croisière dans l’océan Atlantique, commence à susciter les interrogations et les craintes parmi les populations dans le monde entier.

Certes l’OMS a d’emblée adopté une position de vigilance rigoureuse mais très mesurée face au foyer de la maladie qui a fait trois décès, considérant qu’il n’y a rien à voir avec une pandémie. Sauf qu’en même temps, en Europe, tous les passagers du bateau croisière MV Hondius à bord duquel avaient été détectées les premiers cas, sont classés comme des « contacts à haut risque ».

La France, l’Espagne, les Pays-Bas, le Royaume-Unis, les Etats-Unis et le Canada desquels ressortaient ces contacts à haut risque ont mis en place des protocoles strictes de rapatriement et d’isolement. En dépit des déclarations se voulant rassurantes de l’OMS et des médecins qui s’efforcent de prévenir la psychose générale, l’hantavirus a fini par agiter une atmosphère hantée par les tristes souvenirs de la pandémie du covid-19. Le virus a déclenché une vaste opération sanitaire internationale mettant sur le qui-vive beaucoup de gouvernements dans le monde.

En Tunisie, les autorités sanitaires devaient suivre de très près l’évolution de la situation en se référant aux recommandations de l’OMS. Du côté du ministère de la Santé, néanmoins, le silence radio règne. Car aucune déclaration n’y a émané sur le sujet. Sauf si l’on doit estimer que l’avis de certains médecins à propos des menaces de l’hantavirus pour la Tunisie, exprimait la position officielle.

La communication officielle demeure néanmoins essentielle et d’une importance capitale dans pareille conjoncture d’autant plus que l’expérience a montré que la communication directe et transparente rassure la population et éviter la panique. Cette nouvelle crise sanitaire qui suscite de vives inquiétudes à travers le monde et ravive les souvenirs de la pandémie du covid-19 doit inciter les autorités en Tunisie à apprendre de erreurs commis en 2020.

La Tunisie qui a été lourdement frappée par l’épidémie du coronavirus a enregistré l’un des taux de mortalités les plus élevés en Afrique, sans compter les pertes économiques colossales liées au confinement.

Au fond, la leçon à retenir est simple. C’est que les crises sanitaires mondiale se déclarent brusquement, sans prévenir, pour franchir les frontières et punir sévèrement ceux qui croient être à l’abri. L'hantavirus, qu'il débouche ou non sur une pandémie, exige une communication claire, transparente et crédible. Apprendre de ses erreurs, est un impératif de bonne gouvernance sanitaire.

H.G.

Partage
  • 25 Avenue Jean Jaurès 1000 Tunis R.P - TUNIS
  • 71 331 000
  • 71 340 600 / 71 252 869