Suite aux dernières intempéries : Le patrimoine tunisien sous forte pression
Par Imen Abderrahmani
Les récentes pluies intenses ont révélé des vestiges archéologiques en Tunisie tout en exposant le patrimoine à de nouveaux risques. Découvertes, dégradations naturelles et tentatives de pillage soulignent l’urgence de renforcer la protection des sites face aux aléas climatiques et humains.
Les épisodes climatiques exceptionnels qui ont frappé la Tunisie, ces dernières semaines, notamment sur le littoral, ont eu des effets contrastés sur le patrimoine archéologique. La fortes vagues et le recul temporaire du niveau de la mer ont permis la mise au jour de vestiges jusque-là enfouis, notamment dans les gouvernorats de Nabeul et de Mahdia, révélant l’ampleur de richesses encore largement méconnues.
À Nabeul, des structures d’une grande valeur scientifique ont été observées sur les sites de « Sidi El Mahersi », de la plage « El Ouediane », ainsi que sur le site antique de Neapolis et ses environs.
Selon une déclaration du chercheur et archéologue Riadh Mrabet sur les ondes de la radio « Diwan FM », l’apparition de grottes doubles à Sidi El Mahersi conforte d’anciennes hypothèses sur des occupations humaines remontant à l’époque libyque, dite « aube de l’histoire ». Ces découvertes, bien que prometteuses, demeurent extrêmement vulnérables à l’érosion marine et à l’absence de dispositifs de protection adaptés.
Selon un communiqué de presse du ministère des Affaires culturelles, une équipe scientifique s’est rendue sur le site de Neapolis pour effectuer des constats de terrain, documenter les vestiges et évaluer l’état général des lieux. Le directeur du département d’archéologie sous-marine, Ahmed Gadhoum, souligne que ces interventions nécessitent prudence et rigueur, en raison de la persistance des conditions climatiques exceptionnelles et du fort mouvement des vagues, qui compliquent les observations et imposent de renouveler les constats lorsque les conditions seront plus stables.
Le spécialiste a également indiqué qu’une équipe relevant de l’Inspection régionale du patrimoine du Sahel s’est déplacée le 20 janvier pour inspecter plusieurs sites archéologiques dans le gouvernorat de Mahdia, notamment « Borj Er-Ras » et « Salakta », afin de prendre les mesures et dispositions nécessaires.
Concernant les mécanismes de protection des sites archéologiques en bord de mer, Ahmed Gadhoum a souligné que cette protection demeure relative, en raison de leur exposition directe à l’érosion marine. Toutefois, certains projets, à l’instar de celui de l’aménagement du littoral qui devrait prochainement démarrer dans le gouvernorat de Nabeul sous la supervision du ministère de l’Environnement, constituent des pistes concrètes pour atténuer ces risques.
Tentative de fouilles clandestines
Les intempéries ont par ailleurs accentué les dangers pesant sur les sites archéologiques. Les pluies abondantes et les inondations fragilisent les structures anciennes, accélèrent l’érosion des sols et provoquent parfois des effondrements partiels. À ces risques naturels s’ajoutent les atteintes humaines, notamment le pillage et les fouilles clandestines, facilités par la baisse de fréquentation et les difficultés de surveillance en période de crise climatique.
La vulnérabilité du patrimoine a été illustrée de manière préoccupante à Kerkouane et dans ses environs. Des informations circulant sur les médias et les réseaux sociaux faisaient état d’une tentative d’intrusion sur des vestiges archéologiques situés dans la zone de « Oued El Kassab », proche du site punique classé au patrimoine mondial.
Dans un communiqué de presse, le ministère des Affaires culturelles a précisé que cette infraction avait été rapidement détectée par les agents de l’Institut national du patrimoine (INP), en coordination avec la Garde nationale, et que les mesures nécessaires avaient été prises pour sécuriser le site. Le ministère a également appelé les citoyens à faire preuve de vigilance et à signaler tout acte susceptible de porter atteinte à l’histoire et à la civilisation tunisienne.
Face à l’ensemble de ces constats, un bilan global et approfondi s’impose. Les spécialistes recommandent une évaluation précise des dégâts causés par les intempéries, tant sur les sites nouvellement révélés que sur ceux déjà connus. Un tel état des lieux permettrait de hiérarchiser les interventions, de renforcer la surveillance, d’engager des actions de consolidation et d’adapter les stratégies de gestion du patrimoine pour limiter les pertes futures.
Entre découvertes archéologiques et menaces croissantes, ces événements rappellent que la protection du patrimoine tunisien nécessite une approche globale, intégrant les enjeux climatiques, scientifiques, sécuritaires et citoyens, afin de préserver durablement ces témoins irremplaçables de l’histoire nationale.
Imen.A.
Commémoration du 180ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage : « La danse de la libération 1846 », ce soir, au Centre des Arts, de la Culture et des Lettres Ksar Saïd
« La danse de la libération 1846 » ainsi s’intitule la manifestation artistique et intellectuelle qu’organise l’Association de la Culture du Stambali de Tunisie « Sidi Lasmar » aujourd’hui à 19h au Centre des Arts, de la Culture et des Lettres – Ksar Saïd au Bardo.
Cet événement commémore le 180ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage en Tunisie proclamée par Ahmed Bey le 23 janvier 1846.
Le programme comprend la projection d’un documentaire sur l’abolition de l’esclavage, réalisé par Mahmoud Saidi, un spectacle de Stambali de la troupe Sidi Ali Lasmar, suivie d’un débat sur l’histoire de l’esclavage, son abolition et ses liens avec le Stambali.
Outre la commémoration du 180ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage, cet événement vise à promouvoir et à préserver le patrimoine du Stambali, à sensibiliser le public à l’histoire de l’esclavage et de la libération, à soutenir la diversité culturelle, à renforcer la mémoire nationale et à encourager le dialogue interculturel et intergénérationnel, indiquent les organisateurs.
Le Stambali fait partie du patrimoine culturel immatériel né et développé en Tunisie. Il s’est maintenu pendant des siècles comme forme d’expression culturelle et spirituelle et comme mémoire collective liée à l’histoire de l’esclavage et de la libération. Il constitue également un élément fondamental de la diversité culturelle en Tunisie.
Pour rappel, le 23 janvier 1846, Ahmed Bey a promulgué un décret historique abolissant l’esclavage en Tunisie et interdisant toute forme de traite humaine, faisant ainsi de la Tunisie un pays pionnier en la matière, tant au niveau arabe qu’africain. Cet événement constitue un tournant majeur dans l’histoire sociale et politique de la Tunisie.
Au Théâtre des Régions : Nouvelle représentation de « Résidence Chahira »
Adaptée et mise en scène par Abdelaziz Meherzi, la pièce « Résidence Chahira », adaptée sera jouée, ce soir, à 19h30, au Théâtre des Régions, à la Cité de la culture, dans une production conjointe du Théâtre de l’Opéra de Tunis et de la Télévision tunisienne.
Présentée en avant-première le 28 novembre 2025 au Théâtre municipal de Tunis, dans le cadre des Journées théâtrales de Carthage (JTC), la pièce est une comédie en dialecte tunisien librement adaptée de « La Locandiera » (La Belle Aubergiste), œuvre emblématique du dramaturge italien Carlo Goldoni, écrite en 1752 et créée en janvier 1753, parmi les premières à rompre avec l’usage du masque au profit d’un jeu réaliste.
Transposant l’intrigue dans un contexte tunisien contemporain, « Résidence Chahira » met en scène Chahira, femme d’autorité et de finesse, à la tête d’une résidence fréquentée par une galerie d’hommes que l’argent, le statut social ou l’héritage persuadent de tout pouvoir acheter. La pièce bascule avec l’arrivée d’un personnage misogyne, hostile aux femmes, que l’héroïne conduit, par la ruse et l’élégance, de la défiance à l’obsession amoureuse.
Fidèle à l’esprit de la comédie classique, l’adaptation interroge la place de la femme dans une société encore largement dominée par les codes masculins, tout en livrant une satire mordante d’une classe sociale fascinée par l’ostentation et l’argent facile.
La distribution réunit Ibaa Hemli, Farhat Jdidi, Jaleleddine Saâdi, Chakib Ghanmi, Lotfi Ennajeh, Oumaima Meherzi, Yosra Trabelsi et Sabri Bouhali, avec la participation du violoniste Radhi Chaouali, également auteur de la musique. La création lumière est signée Sabri Atrous, les tableaux scéniques Mourad Harbaoui, la chorégraphie Kais Bou Laârass, les costumes Ines Bouzayane et le décor Sami Mejri.
Rendez-vous demain avec la romancière-artiste Wafa Ghorbel
Une rencontre musicale avec la romancière-artiste Wafa Ghorbel autour de son dernier roman « Fleurir », est prévue demain, le samedi 24 janvier à 16H00 à l’auditorium d l’Institut français de Sousse.
« Traversée » ainsi s’intitule cette rencontre-performance qui prendra la forme d’une lecture musicale où la voix de l’autrice dialoguera avec les notes d’un oud avec le virtuose luthiste Hichem Ktari, pour un moment où littérature et musique se répondent au fil d’une expérience qui met en lumière la force émotionnelle d’un roman traversé par la musique, la mémoire et les fragments de vie qui nourrissent les résiliences de chacun.
Romancière, universitaire et chanteuse franco-tunisienne, Wafa Ghorbel est membre du Parlement des Ecrivaines Francophones. Elle est l’autrice de trois romans en langue française : « Le Jasmin noir », Prix Comar d’Or, Découverte 2016, « Le Tango de la déesse des dunes », Prix du roman de la FILT 2018 / Prix du CREDIF 2018 et « Fleurir », Prix Spécial du Jury Comar d’Or 2024.
Inondations : Nécessité de revoir le système d’indemnisation des sinistres
Par Hassan GHEDIRI
Après les inondations, c’est le moment pour répertorier les dommages et de rassurer les sinistrés qui ne savent plus à quel saint se vouer…
L’embelli a pris le dessus sur les intempéries, mais images impressionnantes de rues inondées circulent toujours sur les réseaux sociaux, montrant des quartiers complètements isolés et des voitures bloquées dans des torrents d'eau montant jusqu'aux portières.
En fait, les pluies enregistrées à Grand Tunis, au Cap Bon, à Bizerte et dans d’autres villes côtières depuis dimanche dernier, ont été d’une rare intensité. Le bilan pluviométrique cumulé aurait dépassé 50% de la moyenne annuelle dans certaines régions tandis que les services météorologiques évoquent des records jamais enregistrés depuis plus d’un demi-siècle.
Les dégâts matériels sont considérables avec des quartiers complètement inondés, des maisons submergées par la boue et des centaines de voitures gravement endommagées. Maintenant que l’heure des constats a sonné, les victimes des inondations ne savent plus à quel saint se vouer.
Sur ordre du Chef de l’Etat, les autorités compétentes avaient certes déployé tous les moyens en leur disposition en vue d’une prise en charge rapide et efficace des populations sinistrées, mais loin des interventions d’urgence destinées à minimiser les dommages et rétablir les services essentiels, un parcours de combattant attend les victimes de cette calamité dans l’espoir d’être indemnisées.
Il s’agit en effet d’un processus long et très compliqué. D’ailleurs, plus de 60% des dossiers d’indemnisation relatifs aux inondations spectaculaires survenues en 2018 au Caps Bon sont toujours au stade de l’étude, apprend-t-on, Il faut noter également que d’après une estimation faite par le gouvernement tunisien, la Banque mondiale, les Nations Unies, et l’Union européenne, le coût des inondations de 2018 dépasserait les 100 millions de dollars.
Contrats
Le gros de la facture incombe certes aux pouvoirs publics auxquelles revient la responsabilité de reconstruire les infrastructures endommagées, mais également les compagnies d’assurances. Tous les clients ne sont toutefois pas traités sur le même pied d’égalité parce que l’indemnisation dépend du contrat conclu avec l’assureur et de la nature des sinistres couverts.
Sur ce point, pour la Fédération tunisienne des sociétés d’assurances (FTUSA), les choses sont claires : seuls les clients possédant des contrats d’assurances comprenant une garantie complémentaire pour les catastrophes naturelles seront indemnisées. C'est-à-dire que les dégâts subis par les véhicules à cause des inondations de ces derniers jours sont couverts par une police complémentaire d’assurance désignée dans el régime des catastrophes naturelles (Cat-Nat) que les propriétaires des voitures paient à leur choix.
S’ils sont toujours peu nombreux en Tunisie les assurés qui supporte cette charge supplémentaire dans leurs frais d’assurances automobile souvent jugées prohibitive et inutile, il semble qu’il est temps pour réfléchir autrement. Pace que toutes les études montrent aujourd’hui que les catastrophes naturelles sont en passe de devenir de plus en plus fréquentes en Tunisie et tendent à causer énormément de dégâts.
Cette nouvelle donne doit d’ailleurs pousser les sociétés d’assurances pour repenser leur modèle d’indemnisation des sinistres et proposer un système global de couverture plus adapté aux besoins et exigences de leurs clients. Pour ce faire, les professionnels des assurances appellent à la réforme du code des assurances à même de permettre aux sociétés d’assurances de s’impliquer plus efficacement dans le dédommagement des sinistres liés aux catastrophes naturelles.
En 2017, une étude a montré que la Tunisie sera exposée, au cours des prochaines années, à hauteur de 46% aux risques des inondations. Les experts du secteur des assurances croient toutefois qu’il est primordial de développer un système de prévention contre les catastrophes naturelles qui permet d’alerter aux dangers et de prendre les mesures préventives adéquates.
Cette même étude avait par ailleurs révélé qu’à la date de sa publication, l’indemnisation des catastrophes naturelles en Tunisie ne dépasse pas 3% des sinistres pris en charge par les compagnies d’assurances. Ce taux s’approche de 50% dans certains pays développés, alors que dans des pays comme la Tunisie, les pertes causées par les catastrophes naturelles coûtent environ 7% de PIB.
H.G.
Sidi Bou Saïd : fermeture provisoire du palais « Ennejma Ezzahra »
Le Centre des musiques arabes et méditerranéennes a décidé de fermer exceptionnellement au public le musée du palais « Ennejma Ezzahra », et ce jusqu’au 26 janvier 2026.
Dans un communiqué publié sur sa page officielle sur le réseau social Facebook, le Centre a expliqué que cette décision a été prise par souci de sécurité des visiteurs et afin de préserver l’intégrité du monument et de son environnement, à la suite des récentes perturbations météorologiques et des conditions climatiques défavorables qui les ont accompagnées.
Festival international « Ilaf » des arts et de la création : Edition dédiée à l’artiste palsticien Ahmed El-Jassem
La ville de Mahdia accueille à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 25 janvier 2026, la 12ème édition du Festival international « Ilaf » des arts et de la création. Placée sous le signe du dialogue entre arts visuels, poésie et musique, cette édition rend hommage au peintre et poète irakien disparu Ahmed Al-Jassem, tout en célébrant de grandes figures de la scène artistique arabe, dont le chanteur tunisien Lotfi Bouchnaq et le poète tunisien Adam Fathi.
Organisée par l’Association Rawafed pour les arts et les cultures, en partenariat avec l’Association « Al-Nashi’a Al-Adabiya » (La jeunesse littraire), la manifestation réunira des artistes, écrivains et intellectuels venus de Tunisie, d’Irak, d’Égypte, de Libye, du Yémen et du Sultanat d’Oman.
Cette édition est dédiée à la mémoire du peintre et poète irakien Ahmed Al-Jassem, figure emblématique dont l’œuvre a su tisser des liens profonds entre l’image et le verbe. Placé sous le slogan « Le dessin est une autre manière d’écrire la vie », le festival explore les croisements entre arts plastiques, poésie, musique et réflexion critique.
Le programme, dense et pluriel, comprend des expositions d’arts plastiques, dont une rétrospective des œuvres d’Ahmed Al-Jassem, des lectures poétiques internationales, des communications scientifiques consacrées aux relations entre création artistique et identité culturelle, ainsi que des soirées musicales et performatives. Une place particulière est également accordée aux industries culturelles et artisanales, à travers des expositions et des ateliers de formation dédiés à l’usage des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle dans la valorisation de l’artisanat.
Parmi les moments forts figurent les hommages rendus à des personnalités majeures de la scène artistique arabe, au premier rang desquelles le grand artiste tunisien Lotfi Bouchnaq, dont la carrière incarne l’excellence et l’engagement, la romancière tunisienne Amira Ghénim, lauréate de nombreux prix internationaux et figure marquante de la scène littéraire arabe, l’artiste plasticien et le galeriste Mohamed Akram Khouja ainsi que le poète et journaliste Adam Fathi, invité d’honneur du festival. D’autres créateurs- poètes, romanciers, musiciens, artistes plasticiens et stylistes- seront également distingués au fil des journées.
Au-delà de sa dimension festive, le Festival Ilaf se veut un espace de dialogue et de réflexion, interrogeant le rôle de l’art dans la transmission de la mémoire, la construction de l’imaginaire collectif et l’adaptation aux mutations contemporaines. La manifestation s’achèvera par la lecture du communiqué littéraire du festival, accompagnée de recommandations culturelles, confirmant la vocation de ce rendez-vous comme plateforme arabe de création, de rencontre et de pensée.
Imen.A.
PNB en hausse : la STB consolide sa trajectoire de performance en 2025
À fin décembre 2025, la Société Tunisienne de Banque (STB) a affiché une progression significative de son Produit Net Bancaire (PNB), qui s’est établi à 687,9 millions de dinars, en hausse de 5,89 % par rapport à fin décembre 2024. Cette évolution constitue l’un des principaux marqueurs de la performance réalisée au cours de l’exercice.
La croissance du PNB s’explique avant tout par un différentiel favorable entre produits et charges d’exploitation bancaire. Les produits ont progressé de 3,3 %, tandis que les charges associées ont évolué à un rythme plus modéré (+1,08 %), permettant une amélioration sensible de la rentabilité opérationnelle.
Dans le détail, les produits d’exploitation bancaire ont atteint 1 454,4 millions de dinars. Ils sont restés majoritairement issus des produits d’intérêts (60,8 %), complétés par les revenus du portefeuille titres (29,9 %) et les commissions nettes (9,4 %), traduisant un modèle d’activité reposant à la fois sur le financement de l’économie et la gestion financière.
L’activité de crédit demeure la principale source des produits d’intérêts, avec une contribution de 91,6 %, soit 809,6 millions de dinars. Dans le même temps, l’encours des créances nettes sur la clientèle s’est établi à 8 645 millions de dinars, en recul de 1 126 millions de dinars par rapport à fin 2024, traduisant la poursuite de la politique d’optimisation d’octroi de crédit avec le maintien du financement des acteurs économiques et les établissements publics.
Parallèlement, la Banque a renforcé sa présence sur le marché financier. L’encours du portefeuille titres a progressé de 1 012 millions de dinars (+26,1 %) pour atteindre 4 886 millions de dinars, principalement sous l’effet de l’augmentation des Bons du Trésor Assimilables (BTA) détenus en portefeuille d’investissement.
Sur le passif, les charges d’exploitation bancaire se sont élevées à 766,4 millions de dinars, composées quasi exclusivement de charges d’intérêts. Celles-ci restent majoritairement liées aux dépôts de la clientèle, tandis que le recours aux ressources de marché à court terme est nul à fin décembre 2025.
Les dépôts de la clientèle ont poursuivi d’ailleurs leur progression, atteignant 12 508 millions de dinars, en hausse de 9,7 %. Leur structure, dominée par les dépôts à vue et d’épargne, constitue un socle de financement stable pour la Banque.
Cette configuration s’est traduite par des indicateurs de liquidité confortables. Le Loan to Deposit Ratio (LTD) s’est établi à 81,7 %, bien en deçà du seuil réglementaire, tandis que le ratio de liquidité à court terme (LCR) demeure supérieur à la norme de 100 %.
Enfin, l’évolution du PNB, conjuguée à la maîtrise des charges, se sont reflétées dans l’amélioration du coefficient d’exploitation, qui est passé de 50,08 % à 48,47 %. Les charges opératoires n’ont augmenté que de 2,48 % sur la période.
Editorial : La résignation est un suicide…
Par Chokri Baccouche
Le 23 février 1945, quatre jours après le débarquement sanglant des troupes américaines à Iwo Jima, le photographe de l'Associated Press, Joe Rosenthal, immortalisa un groupe de six Marines hissant le drapeau américain sur le mont Suribachi et utilisant leur corps pour redresser le mât et symboliser la domination alliée sur cette île stratégique située à environ 1.060 kilomètres au sud de Tokyo.
Ce cliché remporta le prix Pulitzer et devint l'image emblématique du théâtre d'opérations du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale. 80 ans après, Donald Trump s’est approprié l’esprit et la puissante symbolique de cet événement marquant de l’histoire pour l’exploiter à des fins de propagande strictement personnelle.
Il y a quelques jours en effet, le fantasque président américain a publié sur son réseau social Truth Social plusieurs images générées par l’Intelligence artificielle mettant en scène une prise de contrôle américaine du Groenland. Sur l’une d’elles, il apparaît aux côtés du vice-président, J.D. Vance, et du ministre des Affaires étrangères, Marco Rubio, en train de planter un drapeau américain dans un paysage arctique. Un panneau y indique : « Groenland, territoire américain depuis 2026 ».
Dans un autre montage, Donald Trump est représenté dans le Bureau ovale avec des dirigeants européens, devant une carte où le drapeau américain recouvre non seulement le territoire des Etats-Unis, mais aussi le Canada, le Groenland et le Venezuela. Un montage le montre même sur une barque se dirigeant vers le Groenland.
Ces publications qui transpirent le nombrilisme à tout crin interviennent dans un contexte de vives tensions entre l’administration américaine et les pays de l’Union européenne. Les divergences entre les deux alliés à propos du Groenland sont telles qu’elles ont viré ces derniers jours à la guerre des mots et aux menaces ouvertement déclarées.
Les charges verbales du président américain sont d’ailleurs de plus en plus violentes : les Européens doivent céder, Je ne pense pas qu'ils vont trop résister. Il faut qu'on l'ait, il faut qu'ils le fassent. Ils ne peuvent pas le protéger", a-t-il récemment déclaré.
Visiblement contrarié par le niet catégorique affiché par le président français Macron qui lui oppose une farouche résistance, Donald Trump a placé l’hexagone dans son viseur, menaçant de taxer à 200 % les vins et champagnes français, si la France n'intègre pas son Conseil de la paix.
Il s’était fait même moqueur en apprenant que le président français avait rejeté sa proposition : « "Oh il a dit ça ? Eh bien personne ne veut de lui parce qu'il va bientôt quitter ses fonctions, donc vous savez ce n'est pas grave », a affirmé Trump devant des journalistes.
"Nous préférons le respect plutôt que les brutes. Nous préférons la science au complotisme. Nous préférons l'Etat de droit à la brutalité", a déclaré pour sa part le président français en riposte aux menaces et aux insinuations le moins qu’on puisse dire humiliantes de Trump. Une riposte mordante mais inhabituelle il faut le reconnaitre qui incite à croire que la relation entre les deux hommes a atteint un degré de détérioration irréversible.
Bref, on peut dire qu’entre Américains et Européens, les relations passent de la lune de miel il y a quelque temps à la lune de fiel actuellement. Autrement dit, rien ne va plus Madame La Marquise dans un monde plus que jamais aux abois.
Les premiers veulent s’approprier par tous les moyens le Groenland, l’île stratégique de l’Arctique qui regorge d’immenses richesses énergétiques et minérales, et les deuxièmes refusent mordicus cette annexion forcée qui porte atteinte à leur dignité et surtout à l’intégrité territoriale d’un pays membre de l’Union européen et partant celle du Vieux continent dans son ensemble. Dans ces turbulences qui ne prédisent rien de bon, que peuvent et doivent faire les Européens face à Trump?
Est-il dans leur intérêt de céder aux caprices du lunatique président américain ou mieux vaut-il, au contraire, qu’ils résistent par tous les moyens ? Gavin Newsom a peut-être la bonne réponse à ces questions d’une extrême importance. Interrogé en marge du Forum économique de Davos, le gouverneur de Californie a mis en garde, en effet, les Européens déclarant que « Trump se nourrit de la faiblesse ».
Quand des dirigeants jouent sur tous les tableaux, quand certains distribuent des prix Nobel de la paix, quand ils sont là à remettre des couronnes et ce genre de choses, eh bien c’est de la faiblesse. Et Donald Trump exploite cette faiblesse et continuera à l’exploiter », a expliqué Gavin Newsom, l’un des principaux opposants démocrates au président américain. « Vous avez vu les messages que Donald Trump publie à propos des dirigeants du monde entier… Il n’a aucune civilité, aucune décence.
Il ne respecte aucune règle… La règle de Donald Trump, c’est la loi de la jungle. J’espère donc que l’adversité à laquelle vous faites face est bien comprise. Aux États-Unis, en tout cas, nous la comprenons parfaitement », ajoute-t-il.
Avec Donald Trump, un président égocentrique, dominateur et imbu de sa personne, les laudateurs et autres thuriféraires commettent en réalité une grave erreur, car leur soumission et leur résignation donnent l’effet contraire. Et sur ce point on peut dire que Gavin Newson a mille fois raison. L’exemple de la Chine qui a tenu tête aux oukases trumpiens sur le commerce, et obtenu gain de cause, confirme de manière éloquente cette évidence.
Dans le domaine des relations internationales, la soumission renforce le pouvoir arbitraire. Pis encore, la résignation est un suicide comme disait Honoré de Balzac et la servilité face à un dictateur… planétaire en puissance est non seulement un vilain défaut mais fait peser également et surtout une lourde menace sur la paix et la stabilité fragiles dans le monde. Pourquoi ?
Pour la pure et simple raison que rien ne pourra plus arrêter les exigences de ce dictateur vorace ni freiner ses extravagances. Les dirigeants européens tout comme d’ailleurs l’ensemble des dirigeants de la planète, arabes notamment, gagneraient à en prendre bonne note et réagir en conséquence.
En exorcisant les démons de leur peur pour mettre un terme aux appétits gargantuesques du président américain, ils baliseront ainsi le terrain à un monde meilleur. Du Moyen-Orient au Groenland en passant par l’Amérique latine, la planète ne s’en porterait que mieux. Le jeu et l’enjeu en valent bien la chandelle…
C.B.
La cinéaste tunisienne Kaouther Ben Hania parmi les cinq finalistes pour l’Oscar du meilleur film étranger
Le film tunisien « The Voice of Hind Rajab », réalisé par Kaouther Ben Hania, figure parmi les cinq finalistes en lice pour l’Oscar du Meilleur long métrage international à l’occasion de la 98e cérémonie des Academy Awards, a annoncé jeudi l’Académie des arts et des sciences du cinéma.
Dans cette catégorie prestigieuse, l’œuvre tunisienne figure aux côtés de « The Secret Agent » (Brésil), « Sirât » (Espagne), « It Was Just an Accident » (France) et « Sentimental Value » (Norvège).
Le vote pour les nominations s’est déroulé du lundi 12 janvier au vendredi 16 janvier 2026, tandis que les nominations officielles de la 98e cérémonie ont été annoncées, hier, le jeudi 22 janvier.
Au total, 24 catégories seront récompensées lors de cette édition. Chacune compte cinq nommés, à l’exception de celle du Meilleur film, qui en réunit dix.
La 98e cérémonie des Oscars se tiendra le dimanche 15 mars 2026 au Dolby Theatre de l’Ovation Hollywood, à Los Angeles. L’événement sera retransmis en direct sur la chaîne ABC et diffusé dans plus de 200 territoires à travers le monde.
Justice : Mourad Zghidi et Borhene Bsaies condamnés à trois ans et demi de prison
La Chambre criminelle près le Tribunal de première instance de Tunis a condamné les journalistes Mourad Zghidi et Borhene Bsaies à trois ans et demi de prison ainsi qu'à des amendes pour des accusations d'évasion fiscale et à caractère financier.
Majel Bel Abbès: Quatre terroristes neutralisés
Les forces de sécurité ont réussi, ce jeudi 22 janvier, à neutraliser une cellule terroriste composée de quatre individus, dans une zone avoisinant la délégation de Majel Bel Abbès (gouvernorat de Kasserine), après l’avoir traquée, au cours des derniers jours.
Le ministère de l’Intérieur affirme que les opérations se poursuivent sans interruption sur l’ensemble du territoire de la République, afin de déjouer toute tentative visant la sécurité de la Tunisie et de son peuple, selon le communiqué du ministère.
Venezuela: Nomination d'une chargée d'affaires US !
Les Etats-Unis ont nommé, ce jeudi, une nouvelle chargée d'affaires pour le Venezuela, a déclaré une source diplomatique à l'AFP, symbole des nouvelles relations entre Caracas et Washington depuis la capture du président Nicolas Maduro, remplacé par son ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez.
La page de l'ambassade américaine au Venezuela fait désormais apparaître comme chargée d'affaires Laura F. Dogu, ancienne ambassadrice au Nicaragua.
Les relations diplomatiques entre le Venezuela et les Etats-Unis sont rompues depuis 2019, mais les deux pays ont entamé des discussions "exploratoires" sur leur rétablissement, en janvier après la chute de Maduro.
Ligue 1 – 17e J. / CA-ESS (3-0) : Chawat est passé par là !
Le choc de cette 17e journée s’est finalement joué à sens unique en faveur du Club Africain qui s’est nettement imposé face à une Etoile très pâle et incapable de tenir le rythme. Auteur d’un triplé, Chawat a été incontestablement l’homme du match qui a permis aux siens de rejoindre les Sang et Or en tête du classement.
Sous un ciel gris et menaçant, clubistes et Etoilés ont abordé ce choc avec des intentions différentes mais une même envie de bien faire et de s’imposer. D’entrée, les Clubistes ont imposé leur manière de jouer face à une Etoile qui a donné la priorité à la prudence, une tactique qui ne leur a permis de tenir que l’espace de quarante minutes avant de céder et de sombrer.
Cette première mi-temps s’est terminée en faveur des Clubistes, grâce au but de Chawat (42’), avant de voir les poulains de Faouzi Benzarti passer la vitesse supérieure à la reprise dans un match totalement dominé par les locaux. Chawat, très inspiré, va doubler la marque (74’) avant de la tripler deux minutes plus tard (76’) sur un service de Khadhraoui.
Ce fut, au bout du compte, un cavalier seul de la part d’un CA nettement plus fort, notamment au milieu du terrain ou en attaque alors que du côté de l’Etoile, le coach Mohamed Mkacher a du pain sur la planche pour mettre en place une équipe capable de tenir son rang.
Chawat, auteur d’un triplé, a confirmé son statut de buteur patenté. Avec un attaquant aussi efficace et opportuniste, le CA, qui a rejoint l’EST en tête du classement, peut voir la suite avec beaucoup d’optimisme, d’autant plus que Benzarti dispose, après les derniers coups au mercato hivernal, d’un effectif très garni capable d’aller très loin et de viser très haut, dans l’attente de futures confirmations.
Kamel ZAIEM
Classement
1*Espérance de Tunis 37pts
2*Club Africain 37pts
3*Stade Tunisien 34pts
4*Club Sportif Sfaxien 32pts
5*US Monastirienne 30pts
6*Espérance de Zarzis 24pts (-1)
7*ES Métlaoui 24pts (-1)
8*Etoile du Sahel 22pts
9*AS Marsa 19pts (-1)
10*US Ben Guerdane 19pts (-1)
11*CA Bizertin 17pts
12*JS Omrane 16pts (-1)
13*JS Kairouanaise 14pts
14*AS Soliman 12pts (-1)
15*AS Gabés 12pts
16*Olympique de Béja 12pts
Tunisie Telecom remporte pour la 7ᵉ année consécutive le trophée nPerf de la meilleure performance Internet mobile en Tunisie
Tunisie Telecom confirme une nouvelle fois son leadership sur le marché des télécommunications en Tunisie en remportant, pour la septième année consécutive, le prestigieux trophée nPerf qui récompense la meilleure performance de l’Internet mobile à l’échelle nationale.
Pour l’année 2025, l’opérateur national a été couronné gagnant global, enregistrant une amélioration significative de ses performances par rapport à l’année précédente. Son score global atteint 77 847 points, contre 66 512 points en 2024, soit une progression annuelle de 17 %, dans un contexte marqué par une forte sollicitation des réseaux mobiles et une croissance soutenue des usages numériques.
Tunisie Telecom se distingue particulièrement par :
Les meilleurs débits descendants du marché, avec une moyenne de 77,2 Mb/s, garantissant une expérience de navigation fluide et rapide ;
Les meilleurs débits montants, atteignant 17,5 Mb/s, un indicateur clé pour les usages collaboratifs, le cloud, le télétravail et la visioconférence ;
La meilleure performance en navigation web, confirmant une qualité de service équilibrée et constante pour l’ensemble des utilisateurs.
Cette nouvelle distinction vient récompenser les investissements continus de Tunisie Telecom dans la modernisation et l’optimisation de ses infrastructures réseau, ainsi que son engagement à offrir à ses clients une connectivité fiable, performante et accessible sur l’ensemble du territoire.
À cette occasion, le Président-Directeur Général de Tunisie Telecom, Monsieur Lassâad Ben Dhiab a déclaré : « L’obtention du trophée nPerf pour la septième année consécutive est une immense fierté pour Tunisie Telecom. Cette reconnaissance internationale reflète le travail soutenu de nos équipes et notre engagement permanent à investir dans des réseaux de nouvelle génération afin d’offrir à nos clients une expérience Internet mobile toujours plus performante, fiable et innovante. »
Ce leadership s’inscrit dans une dynamique amorcée depuis 2019, année où Tunisie Telecom a remporté pour la première fois le trophée nPerf, marquant le début d’une série ininterrompue de distinctions grâce à des investissements continus dans la modernisation du réseau.
Avec ce nouveau trophée, Tunisie Telecom réaffirme sa position de référence nationale en matière de performance Internet mobile et poursuit sa mission d’accompagnement de la transformation numérique de la Tunisie.
















