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Inondations : Nécessité de revoir le système d’indemnisation des sinistres

 Par Hassan GHEDIRI

Après les inondations, c’est le moment pour répertorier les dommages et de rassurer les sinistrés qui ne savent plus à quel saint se vouer…

L’embelli a pris le dessus sur les intempéries, mais images impressionnantes de rues inondées circulent toujours sur les réseaux sociaux, montrant des quartiers complètements isolés et des voitures bloquées dans des torrents d'eau montant jusqu'aux portières.

En fait, les pluies enregistrées à Grand Tunis, au Cap Bon, à Bizerte et dans d’autres villes côtières depuis dimanche dernier, ont été d’une rare intensité. Le bilan pluviométrique cumulé aurait dépassé 50% de la moyenne annuelle dans certaines régions tandis que les services météorologiques évoquent des records jamais enregistrés depuis plus d’un demi-siècle.

Les dégâts matériels sont considérables avec des quartiers complètement inondés, des maisons submergées par la boue et des centaines de voitures gravement endommagées. Maintenant que l’heure des constats a sonné, les victimes des inondations ne savent plus à quel saint se vouer.

Sur ordre du Chef de l’Etat, les autorités compétentes avaient certes déployé tous les moyens en leur disposition en vue d’une prise en charge rapide et efficace des populations sinistrées, mais loin des interventions d’urgence destinées à minimiser les dommages et rétablir les services essentiels, un parcours de combattant attend les victimes de cette calamité dans l’espoir d’être indemnisées.    

Il s’agit en effet d’un processus long et très compliqué. D’ailleurs, plus de 60% des dossiers d’indemnisation relatifs aux inondations spectaculaires survenues en 2018 au Caps Bon sont toujours au stade de l’étude, apprend-t-on, Il faut noter également que d’après une estimation faite par le gouvernement tunisien, la Banque mondiale, les Nations Unies, et l’Union européenne, le coût des inondations de 2018 dépasserait les 100 millions de dollars. 

Contrats

Le gros de la facture incombe certes aux pouvoirs publics auxquelles revient la responsabilité de reconstruire les infrastructures endommagées, mais également les compagnies d’assurances. Tous les clients ne sont toutefois pas traités sur le même pied d’égalité parce que l’indemnisation dépend du contrat conclu avec l’assureur et de la nature des sinistres couverts.

Sur ce point, pour la Fédération tunisienne des sociétés d’assurances (FTUSA), les choses sont claires : seuls les clients possédant des contrats d’assurances comprenant une garantie complémentaire pour les catastrophes naturelles seront indemnisées. C'est-à-dire que les dégâts subis par les véhicules à cause des inondations de ces derniers jours sont couverts par une police complémentaire d’assurance désignée dans el régime des catastrophes naturelles (Cat-Nat) que les propriétaires des voitures paient à leur choix.

S’ils sont toujours peu nombreux en Tunisie les assurés qui supporte cette charge supplémentaire dans leurs frais d’assurances automobile souvent jugées prohibitive et inutile, il semble qu’il est temps pour réfléchir autrement. Pace que toutes les études montrent aujourd’hui que les catastrophes naturelles sont en passe de devenir de plus en plus fréquentes en Tunisie et tendent à causer énormément de dégâts.

Cette nouvelle donne doit d’ailleurs pousser les sociétés d’assurances pour repenser leur modèle d’indemnisation des sinistres et proposer un système global de couverture plus adapté aux besoins et exigences de leurs clients. Pour ce faire, les professionnels des assurances appellent à la réforme du code des assurances à même de permettre aux sociétés d’assurances de s’impliquer plus efficacement dans le dédommagement des sinistres liés aux catastrophes naturelles.

En 2017, une étude a montré que la Tunisie sera exposée, au cours des prochaines années, à hauteur de 46% aux risques des inondations. Les experts du secteur des assurances croient toutefois qu’il est primordial de développer un système de prévention contre les catastrophes naturelles qui permet d’alerter aux dangers et de prendre les mesures préventives adéquates.

Cette même étude avait par ailleurs révélé qu’à la date de sa publication, l’indemnisation des catastrophes naturelles en Tunisie ne dépasse pas 3% des sinistres pris en charge par les compagnies d’assurances. Ce taux s’approche de 50% dans certains pays développés, alors que dans des pays comme la Tunisie, les pertes causées par les catastrophes naturelles coûtent environ 7% de PIB.

H.G.

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