contactez-nous au 71 331 000
Abonnement

Le textile rapporte 9 milliards de dinars à l’exportation : Une relance qui demande d’être soutenue…

Par Myriam Ben Salem-Missaoui

Le textile a rapporté 9 milliards de dinars en 2025. Comment expliquer cette relance dans un secteur exposé à une grande concurrence internationale, notamment asiatique et turque ?

La Fédération tunisienne du textile et de l’habillement (FTTH) a révélé dans un communiqué rendu public au cours du weekend dernier que les exportations tunisiennes de textile et d’habillement (en dehors des entreprises textiles fournissant les secteurs automobile et aéronautique, estimées à plus de 2,2 milliards de dinars supplémentaires) ont dépassé les 9 milliards de dinars en 2025, « dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques, un ralentissement économique et une concurrence accrue de pays à faibles coûts de production, d’énergie et de main-d’œuvre, ce chiffre représente une grande performance sur laquelle il faut construire pour relancer tout le secteur », souligne la FTTH.

A noter que les segments du textile technique, des vêtements fonctionnels et de haute performance, des produits de mode premium et de luxe, ainsi que du vêtement professionnel et des uniformes techniques à forte valeur ajoutée ont enregistré une progression notable. En revanche, le denim, la lingerie et les maillots de bain ont été davantage affectés par l’intensification de la concurrence internationale et les fluctuations de la demande.

Dans une interview accordée à la Radio nationale et dont quelques extraits ont été relayés par Business News, l’enseignant universitaire en droit bancaire, Mohamed Nekhili, estime que «après une période de crise et la fermeture de nombreuses unités, le secteur du textile et de l’habillement montre aujourd’hui sa capacité à résister et à maintenir un niveau élevé de compétitivité sur les marchés internationaux ».

Et d’ajouter : « Cette performance s’explique par plusieurs facteurs; notamment la qualité et le savoir-faire de la main-d’œuvre qui attirent ainsi les marques et industriels internationaux pour produire en Tunisie leurs collections ». Comment alors maintenir ce cap et remettre le secteur sur les rails ?

Restructuration…

Pour l’expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi : « Si on veut sauver ce secteur, il faut écouter les professionnels. La filière demande, en effet, une révision du cadre législatif/fiscal, un meilleur accès au financement et des améliorations logistiques pour booster la compétitivité. Des mesures de relance et un plan d’émergence du secteur, qui permettront aux entreprises tunisiennes de développer leurs activités, s’imposent.

Si on se base sur les revendications de la Fédération tunisienne du textile et de l’habillement formulées lors du séminaire national organisé à Ksar Hellal en 2025 sur la «Réalité et perspectives du secteur textile et habillement en Tunisie», le secteur a besoin d’un nouveau cadre réglementaire et fiscal plus souple et plus stable, la restructuration et la modernisation de la formation professionnelle dans le secteur textile et l’instauration des incitations fiscales et financières pour l’innovation et la digitalisation.

Les recommandations de la FTTH portent également sur la création d’un fonds national dédié au textile durable, la régularisation des autorisations de classement des entreprises créées avant 2009, ainsi que des autorisations d’activité et la réforme du système de sécurité incendie.

Les professionnels soulignent aussi l’urgence de relancer les projets à fort impact social, économique et environnemental, tels que la station de recyclage textile de Monastir, la réduction des délais de création d’entreprises et d’octroi d’autorisations douanières, l’amélioration du transport public en zones industrielles pour alléger les charges des entreprises, la levée des obstacles juridiques et techniques au recyclage, à la transformation et à l’exportation des déchets textiles et la limitation des importations aux matières premières et produits réellement nécessaires au marché local.

Cela implique les acheteurs publics qui doivent être incités à l’approvisionnement en produits tunisiens. Et en cas de besoin de produits internationaux, l’entreprise étrangère doit faire appel à hauteur de 50% de son marché à des entreprises locales ».

Si la relance du textile tunisien est bien amorcée, le chemin reste semé d’obstacles. Pour transformer cette performance en croissance durable, il faudra conjuguer modernisation industrielle, accompagnement financier, innovation et incitations publiques. Le secteur a démontré sa résilience : reste désormais à lui donner les outils pour s’imposer durablement face à la concurrence mondiale et continuer à créer richesse et emplois pour la Tunisie.

M.B.S.M.

Partage
  • 25 Avenue Jean Jaurès 1000 Tunis R.P - TUNIS
  • 71 331 000
  • 71 340 600 / 71 252 869