Par Chokri Baccouche
Une semaine est passée déjà depuis le déclenchement par la coalition américano-sioniste de la guerre contre l’Iran. Une petite semaine à peine et pourtant le monde a déjà basculé dans l’horreur et l’inconnu. L’horreur des destructions, des morts et de la désolation. La question se pose et s’impose : en lançant cette sordide guerre, Donald Trump et son alter ego israélien, Benjamin Netanyahu, qu’ont-ils gagné au juste ? Sans exagération aucune, on peut dire qu’ils ont remporté un cocotier.
C’est-à-dire rien, nothing et pour tout dire que dalle ! Certes, leurs avions de chasse ont bombardé, jour et nuit, les villes iraniennes mais sans obtenir le moindre succès sur le terrain, ni réaliser le moindre objectif fixé. Le régime iranien est plus que jamais solide au poste, prêt à en découdre avec ses ennemis.
Les Gardiens de la révolution rendent coup par coup et l’assassinat crapuleux du Guide suprême, Ali Khamenei, loin de démoraliser les Iraniens, a renforcé l’unité du pays. Donald Trump et Netanyahu, qui avaient tablé sur une guerre courte et une victoire rapide, se sont gourés donc sur toute la ligne.
Pis encore, en sous-estimant les Iraniens ils sont tombés tête baissée dans leur propre piège. Un traquenard que leurs stratèges militaires et leurs services de renseignement respectifs avaient pourtant tissé jusqu’au moindre détail, mais qui est retourné apparemment aux envoyeurs. Avec fracas, beaucoup de douleur et des pertes colossales. Selon les premières estimations, Washington a déboursé, en une semaine d’opérations militaires en Iran, plus de 1 milliard de dollars.
Une montagne d’argent appelée de toute évidence à prendre de la hauteur au fil des heures, payée par les contribuables américains pour satisfaire les délires faussement messianiques des fanatiques sionistes au pouvoir du côté de Tel-Aviv. Au-delà de l’argent, c’est un piège stratégique qui semble se refermer.
La coalition américano-sioniste, qui avait misé au départ sur une frappe chirurgicale pour reverser le régime des mollahs et une démonstration de force pour rétablir la dissuasion et soumettre l’Iran à ses bottes, est vraisemblablement confrontée à une guerre d’usure longue, harassante et à l’issue très incertaine. Pourquoi une guerre longue ? Parce que l’Iran s’est révélé être un os dur et un adversaire redoutable.
Loin d’être un Etat faible, l’ancienne Perse est géographiquement une forteresse montagneuse, dotée d’une profondeur stratégique énorme et une population soudée par plusieurs décennies de résistance aux pressions occidentales. Le pays des mollahs dispose également d’un réseau étoffé d’alliés et de proxies s’étendant du Liban au Yémen en passant par l’Irak et la Syrie. S’attaquer à l’Iran revient par conséquent à toucher à tout un écosystème de forces militaires et paramilitaires.
Le piège de cette guerre, devenue de toute évidence un véritable gouffre sans fond pour Washington, n’est pas seulement financier. Il est également politique et surtout mondial en raison des dommages collatéraux qu’il implique et son impact planétaire. Les images de destruction et de morts, aussi bien civiles que militaires, ne risquent certainement pas de laisser indifférente l’opinion publique aussi bien aux Etats-Unis que partout ailleurs à travers le monde.
D’ores et déjà des millions d’internautes qui livrent leur impression dans des forums de discussion pensent qu’Israël, sous la conduite du génocidaire Netanyahu, est « l’Etat le plus violent dans le monde » et Donald Trump le président le plus imprévisible et dangereux.
Le piège a également et bien évidemment une dimension économique qui se vérifie à l’aune de la flambée des prix du pétrole sur le marché international, la grande perturbation qui affecte d’ores et déjà les chaines d’approvisionnement mondiales ainsi que l’inflation qui repart tous azimuts à la hausse dans pratiquement tous les pays.
Pour avoir été entrainé et peut-être même forcé à s’engager dans cette guerre par Netanyahu qui le tient, dit-on, en otage le couteau sous la gorge en raison du scandale Epstein, le président Trump se retrouve finalement dans une véritable galère, face à un effroyable dilemme : étendre la guerre encore plus, avec des coûts et des risques exponentiels, ou accepter une forme de statu quo humiliant après avoir engagé des frappes massives.
L’enjeu est colossal aussi bien pour l’Amérique que pour le monde dans son ensemble. Le président américain serait bien inspiré d’enterrer au plus vite la hache de guerre, avant que la situation ne dégénère et devienne totalement incontrôlable, avec à la clef une probable vietnamisation du conflit en plein cœur du Moyen-Orient. On ose espérer que le bon sens et la raison l’emportent, cette fois-ci, sur les velléités hégémoniques débridées et les délires faussement messianiques des principaux architectes de cette sordide guerre…
C.B.

