Par Imen Abderrahmani
Qui seront les lauréats de cette 30ᵉ édition des prestigieux Prix Comar d’Or, qui célèbrent chaque année la créativité littéraire en langues arabe et française ? La réponse sera connue dans quelques heures, lors d’une cérémonie que le Théâtre de l’Opéra accueillera.
C’est la moisson de la saison pour les éditeurs comme pour les auteurs. C’est aussi le couronnement d’un parcours, l’aboutissement d’une étape d’un projet qui accorde une place de choix à la littérature et à la lecture. Mais, c’est également le coup d’envoi d’un nouveau chapitre, toujours au service du livre et de ses chevaliers. Pour cette édition-anniversaire, qui porte ainsi une charge symbolique particulière, les organisateurs ont opté pour une soirée grandiose, au théâtre de l’Opéra à partir de 19h00.
Le programme de ce rendez-vous qui prendra les allures de grande célébration culturelle sera marqué par une exposition rétrospective qui retracera trois décennies d’histoire des Prix Comar d’Or, tandis qu’un hommage sera rendu aux figures qui ont marqué cette aventure littéraire. La soirée sera également ponctuée d’un prélude musical avant de se prolonger avec un concert de l’Orchestre Symphonique de Carthage dirigé par Hafedh Makni. Elle sera également une sorte de célébration du record enregistré cette année pour les candidatures. Au total : 92 romans concourent pour les différentes sections de cette compétition littéraire, dont 59 en langue arabe et 33 en langue française. Un chiffre qui témoigne d’une scène éditoriale en pleine effervescence. Il est à noter ainsi que depuis la création du prix en 1997, 1271 candidatures ont été reçues, dessinant en creux l’évolution d’un paysage littéraire de plus en plus riche et diversifié.
Une vie au service du live
Il y a des prix qui récompensent des livres. Et il y a également des prix qui finissent par écrire une histoire culturelle, par devenir l’un des rendez-vous tant attendus du calendrier. Depuis leur création en 1997 à l’initiative de Comar Assurances, les Prix Comar d’or appartiennent à cette seconde catégorie. En trente années d’existence, ils ont accompagné les mutations du roman tunisien, soutenu des générations d’écrivains et offert à la littérature nationale un espace rare de reconnaissance, de visibilité et de transmission.
Au fil des éditions, les Comar d’Or se sont imposés comme un véritable baromètre de la création romanesque tunisienne. En arabe comme en français, ils ont révélé de nouvelles plumes, consacré des auteurs devenus incontournables et permis à des œuvres marquantes de rencontrer un public plus large. À travers eux, c’est toute une mémoire littéraire qui s’est construite : celle d’une Tunisie racontée par ses écrivains, dans ses fractures, ses rêves, ses métamorphoses et ses élans.
Parmi les auteurs qui ont été primés lors des différentes éditions, nous citons : Ali Bécheur, Wafa Ghorbel, Mouha Harmel, Hassouna Mosbahi, Faouzia Zouari, Sofiène Rejab, Yamen Manaï, Emna Remili, Samy Mokaddem, Salma Yangui, Azza Filali, Walid Ahmed Ferchichi, Emna Bel Haj Yahia, Gilbert Naccache, Saber Mansouri, Sahbi Karaani, Hédi Timoumi, Hafidha Kara Bibane, Abdelkader Bel Haj Nacer et la liste est encore longue.
Qui seront les heureux lauréats de cette édition ? La réponse sera connue dans quelques heures. La concurrence est rude d’abord parce que le Comar d’Or est un prix prestigieux qui marque la carrière de tout auteur, ensuite parce que la valeur des prix ont été revalorisées, cette année, traduisant une volonté renouvelée de soutenir la création romanesque tunisienne. Ainsi, selon un communiqué de presse du comité d’organisation, Le prix Comar d’Or, qui récompense le meilleur roman en langue arabe et le meilleur roman en langue française, passe ainsi de 10 000 à 15 000 dinars. Quant au « Prix Spécial du Jury », décerné à deux romans en arabe et en françaispasse de 5 000 à 7 000 dinars, tandis que le « Prix Découverte » atteint désormais 3 000 dinars.
Au-delà des distinctions, les Prix Comar d’Or rappellent surtout qu’une littérature vivante demeure l’un des fondements essentiels d’une société qui pense, rêve et se raconte. Trente ans après leur naissance, ils continuent d’ouvrir un espace où les mots résistent au silence et où les romans deviennent, année après année, les témoins sensibles de leur époque. Bon vent à tous les candidats dont les cœurs certes battent sans doute la chamade, aujourd’hui, en attendant le verdict.
Imen. A.

