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A la galerie « Kalysté » : « Les indomptés », l’instinctif face au conventionnel

 

Par Imen Abderrahmani

 

C’est le clap de fin aujourd’hui pour « Les indomptés » de Malek Saadallah à la Galerie « Kalysté ». Une dernière occasion de se confronter à un univers sauvage qui dérange autant qu’il fascine.

 

Visiter l’exposition, c’est accepter de ne plus regarder le monde de la même manière  et de repenser nos certitudes sur l’humain. Malek Saadallah fait bousculer la quiétude des visiteurs par des couleurs et des formes qui fuient le classique, portées par des traits rappelant la spontanéité des gribouillis des enfants.

A la galerie « Kalysté », il propose depuis le 25 avril, « Les indomptés », une plongée intense dans un bestiaire hybride où l’humain se confond avec l’animal et la machine. Le titre résume à lui seul l’esprit de la série : rebelle, instinctif et profondément libre.

Dès les premières œuvres, la vision fantastique s’impose comme la signature majeure du peintre. Le visiteur se retrouve face à des figures mi- humaines, mi- animales, surgies d’un trait nerveux mais sûr. Étranges mais familières, ces créatures semblent interroger la part animale enfouie en chacun de nous. Ou peut-être c’est le contraire, ce qui reste de notre humanité. Mais ce qui est encore étrange dans cette exposition que ces créatures ne relèvent ni du pur imaginaire ni du réalisme : elles occupent cet espace trouble où se croisent pulsions, instincts et mémoire collective.

Interroger l’humain…

Diplômé en infographie et formé aux arts plastiques entre Tunis et Rome, Malek Saadallah a développé une identité visuelle immédiatement reconnaissable. Son univers, souvent qualifié de surréaliste, donne à voir une humanité en mutation. Ses personnages, à la frontière de l’insecte, de l’humain et de l’automate, évoluent dans des compositions saturées de lignes, de textures et de couleurs éclatantes.

Dans « Les indomptés », Malek Saadallah laisse son visiteur perplexe face à ces créatures et cette manière d’habiter la toile, construite en strates où couleurs et techniques dialoguent pour renforcer cette sensation de vitalité, de mouvement… et de rébellion. L’exposition est- -elle alors une dénonciation du chaos ? Une tentative de reconstruction du monde ? Un appel à libérer la part animale et instinctive de l’humain ?  L’artiste ne donne pas des réponses. Il laisse au visiteur la liberté d’interpréter ce langage visuel fondé d’un dosage subtil entre instinct et maîtrise, conscient et inconscient, toujours en rupture avec les conventions chromatiques et formelles.

« Les indomptés » apparaît ainsi comme une exploration de la résistance et peut-être de l’art lui-même face aux cadres établis. Une exposition qui, jusqu’à ses dernières heures, laisse résonner une énergie indisciplinée et profondément vivante.

N’hésitez pas à prendre part au finissage annoncé à 16h00. Une dernière chance pour plonger dans l’univers indocile d’un artiste non-conventionnel.

Imen. A. 

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