contactez-nous au 71 331 000
Abonnement

Investissement dans l’intelligence artificielle en Tunisie : Une exception qui ne confirme pas la règle…

Par Hassan GHEDIRI

La Tunisie se positionne deuxième du top 5 africain concentrant plus de 90% des financements levés par les startups IA dans le continent, mais…

Le résultat est extraordinaire sauf qu’il ne reflète toujours pas une orientation politique vers l’investissement massif dans l’écosystème des jeunes entreprises innovantes et les technologies de l’IA. La Tunisie s’est imposée comme deuxième pays en termes de levée des fonds par les startups en Afrique au cours de l’année 2025, et ce grâce à neuf startups spécialisées dans les technologies de l’intelligence artificielle (IA).

Talonnant le Kenya qui domine le classement avec 143 millions de dollars levés par 19 entreprises, la Tunisie a occupé la deuxième du top 5 africain suivie respectivement par l’Afrique du Sud, l’Egypte et le Nigeria. Neuf startups tunisiennes ont pu lever des fonds globaux d’un peu plus de 124 millions de dollars.

La Tunisie et le Kenya se sont ainsi vus tailler la part du lion des fonds globaux levés l’année dernière par tous les startups africaines dédiées à l’IA. Les pays formant le top5 africain sont représentés par les 159 startups spécialisées en intelligence artificielle ayant levé, courant 2025, des fonds étrangers d’un montant global de 803,2 millions de dollars.

Le classement de la Tunisie peut toutefois tromper du fait qu’il était tributaire de la percée exceptionnelle d’une startup qui a beaucoup fait parler d’elle au cours de ces dernières années, en l’occurrence InstaDeep.

Cette startup tunisienne spécialisé en IA a fait la une du monde des startups en 2023 lorsqu’elle a été rachetée par le géant allemand de la biotechnologie BioNTech pour une transaction record de près de 700 millions de dollars. InstaDeep à côté de la startup kényane Sama ont accaparé 25% de tous les fonds levés en 2025 par les startups africaines spécialisées en IA.

InstaDeep qui demeure jusqu’ici une exception dans l’écosystème des startups tunisiens de par la taille des fonds levés confirme en même temps la concentration extrême à l’échelle du continent des financements alloués à l’IA qui suscitent beaucoup d’interrogations quant à la durabilité et la résilience de l’ensemble des écosystèmes dédiés à l’IA dans le contient. Une concentration illustrée par la répartition géographique des fonds alloués à l’IA en Afrique puisque les cinq pays précités (Le Kenya, la Tunisie, l'Égypte, l'Afrique du Sud et le Nigeria) représentent plus de 90% des financements.

Le défi auquel se confronte l’Afrique sub-saharienne, et le même auquel s’expose la Tunisie. Il est question de l’implication de l’Etat à travers les investissements pour développer les infrastructures et les ressources technologies et pour soutenir des compétences en quête des opportunités et d’un écosystème mieux financé.

Car, comme l’affirment tous les spécialistes, les pays qui ne mettent pas rapidement en place des capacités de recherche en IA et qui ne déploient pas les ressources nécessaires pour rattraper leur retard technologique, risquent de se retrouver durablement dépendants des solutions développées à l’étranger ce qui compromet de facto leur souveraineté.

H.G.

Partage
  • 25 Avenue Jean Jaurès 1000 Tunis R.P - TUNIS
  • 71 331 000
  • 71 340 600 / 71 252 869