Hier, lycéens et collégiens ont entamé la semaine bloquée des examens du troisième trimestre marquant le sprint final d’une longue et éprouvante année scolaire. Les petits écoliers, eux, se sont vus impliqués, dans un véritable marathon qui enchaine, pendant plus de trois semaines, épreuves orales et écrites.
C’est incontestablement la période de grande effervescence, du stress et des frissons dans les écoles et les foyers tunisiens qui atteindront leur apothéose, dans deux semaines, avec le coup d’envoi du baccalauréat. Un rendez-vous phare pour l’autorité de tutelle et pour des milliers de jeunes lycéens espérant décrocher leur sésame pour rejoindre les bancs de l’université.
Avant le jour J, les chiffres communiqués par le ministère de l’Education suscitent souvent, l’attention de l’opinion publique, d’autant plus qu’ils permettent de suivre les transformations, lentes mais confirmées, des profils des candidats et des bouleversements marquant petit à petit les parcours d’orientation en Tunisie. C’est sans conteste la désaffection pour les études scientifiques qui commence, semble-t-il à susciter beaucoup d’interrogations dans les rangs des spécialistes.
Les symptômes de ce désintéressement, qui du reste ne cesse d’être confirmé par les statistiques, sont constatés depuis plusieurs années à partir du cycle du secondaire qui a vu chuter le nombre d’élèves s’orientant vers les filières scientifiques, notamment les mathématiques.
Le phénomène n’est pas l’apanage de la Tunisie parce que la désaffection pour les études scientifiques a touché beaucoup de pays industrialisés depuis de longues années, avec la tendance des lycéens à se détourner des disciplines scientifiques pour voir moins en moins de bacheliers s’inscrire dans les cycles nécessitant une bonne maitrise des mathématiques.
Et le déficit qui se transmet d’année en année pour finir par toucher dramatiquement beaucoup d’universités et les classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques qui attirent de plus en plus de candidats étrangers.
Le spectre d’une chute drastique et irrémédiable du nombre d’élèves s’orientant vers la filière mathématique plane bel et bien sur le système éducatif tunisien. Le problème ne semble toutefois pas susciter l’intérêt qu’il faut de la part des autorités qui se contentent jusqu’ici de suivre, sans enthousiasme, le débat lancé ici et là sur les réseaux sociaux et dans certains médias, sur les conséquences futures de l’affaiblissement du système éducatif national.
Se mettre au diapason des transformations scientifiques et technologiques qui sont en passe de bouleverser de fond en comble l’ordre mondial dans toutes ses facettes, implique le changement des méthodes et les contenus de l’apprentissage et de la formation scolaire. ».
Une réforme qui tarde à se mettre sur les rails pour réadapter l’école et l’université tunisiennes aux grands bouleversements du marché du travail et de l’économie en Tunisie et dans le monde. De nombreux projets de réformes pompeusement annoncés par les différents gouvernements qui se sont succédés au cours des vingt dernières années, sont restés lettre morte.
Déjà s’écouleront bientôt trois ans depuis qu’avait été organisée la consultation nationale sur la réforme de l’éducation en Tunisie. Cette enquête de grande envergure menée fin 2023 et destinée à recueillir les opinions, les attentes et les critiques des différents intervenants dans l’opération éducative, garde mystérieusement encore tous ses secrets.
Ladite consultation à laquelle avaient pris part environ 600 mille personnes, selon les chiffres officiels, se vouait une feuille de route qui identifie les dysfonctionnements et ordonne les rectifications susceptibles de construire un modèle éducatif qui répond au mieux aux nouveaux besoins nationaux et qui revalorise les principes du mérite et de l’égalité des chances.
Il est grand temps que les résultats de cette consultation soient rendus publics et traduits en actes concrets. Car chaque année perdue creuse un peu plus le fossé qui sépare nos élèves des exigences d'un monde qui change à une vitesse vertigineuse.
H.G.

