contactez-nous au 71 331 000
Abonnement

Visite technique : Il suffit parfois d’un rien…

Par Hassan GHEDIRI 

Ceux qui sont arrivés, hier matin, au centre de la visite technique de véhicules à Ben Arous ont dû faire la queue. Un calvaire que l’on croyait révolu…

Il est neuf heures du matin, ce samedi 16 mai 2026. Devant le portail métallique du centre de visite technique de Ben Arous, situé au sud de Tunis, plusieurs dizaines de voitures patientent en une longue file indienne. La scène rappelle une époque révolue, celle d'avant la pandémie. Pourtant, la plupart de ces automobilistes ont bel et bien en poche un rendez-vous confirmé, fixé à la minute près.

Normalement, à 7h30, les cinq couloirs du centre s'animent et les opérations de contrôle débutent dans un ordre bien huilé. Depuis la crise du Covid-19 et les restrictions du confinement de 2020, l'Etat a en effet généralisé la prise de rendez-vous en ligne pour la visite technique des véhicules. Cette digitalisation avait mis fin aux interminables files d'attente qui faisaient la réputation cauchemaresque de ces centres à travers tout le pays.

Mais hier, la surprise a été grande. Tous ceux qui se sont présentés au centre de Ben Arous, confiants dans le bon fonctionnement du système numérique, ont eu la désagréable surprise d'être priés de faire la queue. Et pour cause, une coupure d'électricité avait mis le centre entièrement hors service pendant plus de quatre heures.

Comme tous les centres similaires gérés par l'Agence technique du transport terrestre (ATTT), cet établissement est dépourvu de groupe électrogène. Un équipement supposé pourtant être indispensable dans ce genre de structure de service public. Ce centre dépend néanmoins directement et exclusivement de l'électricité fournie par la Société tunisienne de l'électricité et du gaz (STEG).

Un black-out a suffi donc pour paralyser l'ensemble du dispositif, et agents comme usagers se sont trouvés obligés d’attendre qu’une équipe technique dépêchée sur les lieux par la STEG n’interviennent pour régler le problème. Une opération qui a duré plusieurs heures.  

Cet incident n’était point inévitable pour cette agence qui s’est toujours targuée d'avoir modernisé son service. Il risque désormais de se reproduire bien plus fréquemment comme peuvent le confirmer les spécialistes du climat qui ne cessent d’affirmer, argument scientifiques à l’appui, que la Tunisie s'engage dans une trajectoire de chaleurs extrêmes, conséquence direct du changement climatique.

Car, alors que les pics de consommation électrique tendent à être de plus en plus intenses, la STEG ne dispose, apparemment, que d'une seule arme pour éviter l'effondrement de son réseau, à savoir le délestage électrique. 

L'Etat, de son côté, multiplie les déclarations de bonne intention sur l'autonomie énergétique des bâtiments publics, en annonçant des projets qui n’attendent que le financement pour le déploiement à grande échelle des panneaux photovoltaïques. Des ambitions louables, mais dont la concrétisation se fait attendre. En attendant, l’ATTT, et plus exactement son autorité de tutelle qui est le ministère chargé du Transport, peut déjà tenter une solution simple et moins coûteuse consistant à doter les centres de visite technique de groupes électrogènes.

De quoi éviter qu'un nouveau black-out ne vienne, une fois de plus, paralyser tout le processus de contrôle et transformer en vrai calvaire la journée de centaines d'automobilistes. 

H.G.

Partage
  • 25 Avenue Jean Jaurès 1000 Tunis R.P - TUNIS
  • 71 331 000
  • 71 340 600 / 71 252 869