Par Chokri Baccouche
Les prisons israéliennes sont un véritable enfer sur terre pour les détenus palestiniens qui y subissent toutes sortes de mauvais traitements. Depuis plusieurs années, des organisations internationales comme Human Rights Watch ou B’Tselem rapportent des récits atroces qui donnent des hauts-le cœur sur les pratiques inhumaines et les crimes perpétrés par les geôliers israéliens sur leurs victimes des territoires occupés.
Dans l’univers carcéral sioniste les prisonniers palestiniens endurent les pires vices et sévices. Isolés, affamés, battus, soumis à des fouilles humiliantes, hommes, femmes et enfants sont souvent victimes d’agressions sexuelles. Dans l’entité sioniste qui se veut – comble de l’ignominie- la seule démocratie au Moyen-Orient l’horreur est poussée à son paroxysme et tous les moyens sont bons pour casser le moral des Palestiniens.
Après leur avoir spolié leur liberté et la terre de leurs ancêtres, Israël s’attache à leur voler leur dignité. Méthodiquement et systématiquement dans le cadre d’une politique fasciste et raciste qui en dit long sur l’incroyable propension de ses auteurs à perpétrer l’indicible pour assouvir leurs instincts bestiaux et étouffer dans l’œuf toute tentative de résistance.
Le dernier média en date à dénoncer le thriller des prisons israéliennes qui prend les allures d’un interminable feuilleton n’est autre que le New York Times. Le célèbre quotidien américain a publié, en effet, lundi passé, une enquête très instructive sous forme de tribune, réalisée par le chroniqueur Nicholas Kristof.
Ce dernier s’est appuyé dans son travail sur des témoignages recueillis en Cisjordanie occupée auprès de 14 hommes et femmes. Tous affirment avoir subi des agressions sexuelles commises par des colons israéliens ou des membres des forces de sécurité.
Le reportage décrit «un schéma de violences sexuelles israéliennes généralisées contre des hommes, des femmes et même des enfants — commises par des soldats, des colons, des enquêteurs du service de sécurité intérieure Shin Bet et surtout des gardiens de prison».
Véritable bombe médiatique qui rajoute une bonne couche aux interminables atrocités perpétrées par l’État hébreu à l’encontre des Palestiniens, l’article en question a suscité, comme il fallait s’y attendre l’ire des dirigeants israéliens.
Visiblement très embarrassés par ce scandale rapporté de surcroît par un média américain de renom et dont l’onde de choc s’est répercuté aux quatre coins de la planète, le Premier ministre israélien Netanyahu et son ministre des Affaires étrangères, Gidéon Saar, ont donné instruction de «lancer une action en diffamation contre le New York Times», selon un communiqué conjoint publié par leurs bureaux.
Le communiqué affirme que cette procédure est engagée «à la suite de la publication par Nicholas Kristof dans le New York Times de l’un des mensonges les plus odieux et falsifiés jamais publiés contre l’État d’Israël dans la presse moderne, avec en plus le soutien du journal».
Dans une tentative désespérée de brouiller les pistes et disculper son pays, Gidéon Saar s’en est allé jusqu’à affirmer, pince sans rire, que Nicholas Kristof s’était appuyé «sur des sources non vérifiées liées à des réseaux affiliés au Hamas», et accusant le journal d’avoir «délibérément» choisi la date de publication afin de «discréditer» un rapport israélien indépendant sur les violences sexuelles commises par le Hamas lors de son attaque du 7 octobre 2023 contre Israël, publié le même jour.
Le New York Times a répondu, de son côté, que toute action en justice concernant cette «chronique d’opinion fruit d’un travail d’enquête approfondi» serait dépourvue de fondement. «Cette menace, semblable à celle proférée l’an dernier, s’inscrit dans une stratégie politique bien rodée qui vise à discréditer l’information indépendante et à étouffer le journalisme qui ne correspond pas à un certain discours», a réagi dans un communiqué Danielle Rhoades Ha, porte-parole du journal.
Encore heureux les responsables du New York Times qu’ils n’aient pas été accusés d’antisémitisme pour avoir commis un crime de lèse-majesté, comme cela se fait régulièrement dans pareille affaire incriminant des soldats, des colons ou des dirigeants israéliens. C’est que dans « l’oasis de la démocratie moyen-orientale » la vérité, fut-elle fondée sur des preuves formelles et irrévocables, donne des démangeaisons et est rejetée de facto.
Pour Benjamin Netanyahu et les acolytes extrémistes de son gouvernement, Human Rights Watch, B’Tselem, le New York Times ou n’importe quelle ONG qui s’avise à dénoncer les pratiques inhumaines et les atrocités commises par les sbires et les nervis sionistes contre les Palestiniens, ne sont que des magouilleurs, des colporteurs de fausses informations et des fieffés menteurs, dont le seul but est de nuire à l’image d’Israël.
Dernier récipiendaire de l’Oscar du plus grand criminel de guerre décerné par la Cour Pénale Internationale, Benjamin Netanyahu s’obstine en fait à défendre l’indéfendable car cette vérité embarrassante qu’il cherche désespérément à étouffer est si évidente, qu’elle est perçue aujourd’hui à travers le monde comme une marque de fabrique 100% israélienne…
C.B.

