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Le virus Ebola est de retour : La Tunisie est-elle concernée ?

Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

Face à l'épidémie d'Ebola en RDC et en Ouganda, les observateurs s’interrogent sur les causes de ce retour du virus et si nos systèmes de surveillance suffiront-ils ?

L’Organisation mondiale de la santé a annoncé que l’épidémie du virus Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda constitue une urgence de santé publique de portée internationale, après l’enregistrement de plus de 300 cas suspects et de 88 décès.

Selon les rapports, l’épidémie actuelle n’est pas encore classée comme une « pandémie mondiale », mais elle représente une « urgence de santé publique de portée internationale », soit le plus haut niveau d’alerte que l’Organisation mondiale de la santé puisse déclarer avant d’atteindre le stade de pandémie mondiale.

Le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a expliqué dans une publication sur les réseaux sociaux ce dimanche que la situation n’atteint pas encore le niveau d’une pandémie, tout en avertissant du risque élevé de propagation de l’infection vers les pays voisins et de son extension à plus grande échelle.

L’organisation a également signalé un cas confirmé en laboratoire à Kinshasa, la capitale du Congo, située à environ 1 000 kilomètres (620 miles) du foyer de l’épidémie dans la province orientale de l’Ituri, ce qui indique une possible propagation plus large du virus. Pourquoi justement ce retour du virus et si un pays comme la Tunisie est concernée par cette épidémie ?

Interrogé à ce sujet, Dr Ahmed Fouad Rekik, nous a expliqué : « Non, la Tunisie n’est pas actuellement concernée par le virus Ebola. En effet, les autorités sanitaires nationales et internationales ayant confirmé que le pays est totalement exempt de la maladie.

Bien, en outre, que l’Organisation mondiale de la santé ait déclaré une urgence sanitaire dans certaines régions d’Afrique centrale, la situation épidémiologique en Tunisie reste sûre et stable pour les raisons suivantes : Absence de risque direct : la Tunisie n’a pas de liaisons aériennes directes avec les pays où les foyers récents ont été détectés. Vigilance sanitaire : les autorités continuent de renforcer les mesures de surveillance épidémiologique aux points frontaliers dans le cadre de plans d’urgence préventifs mis en place depuis plusieurs années ».

Ebola, c’est quoi ?

Selon Dr Ahmed Fouad Rekik : « Le virus Ebola est une affection grave qui touche l’être humain et qui est souvent mortelle si elle n’est pas traitée. Le virus Ebola appartient au genre des Ebolavirus, de la famille des filovirus, qui comprend également les genres Cuevavirus et Marburgvirus. Il existe cinq espèces d’Ebola : Zaire, Bundibugyo, Soudan, Reston et Taï.

Les premiers symptômes se manifestent par une apparition soudaine de fièvre, de fatigue, de douleurs musculaires, de maux de tête et de maux de gorge. Ils sont suivis de vomissements, de diarrhée, d’éruptions cutanées et de signes de dysfonctionnement rénal et hépatique. Dans certains cas, des hémorragies internes et externes peuvent survenir (par exemple saignements des gencives ou présence de sang dans les selles). Les résultats de laboratoire montrent souvent une diminution des globules blancs et des plaquettes, ainsi qu’une élévation des enzymes hépatiques.

Le virus se transmet à l’homme à partir d’animaux sauvages et se propage entre humains par contact direct avec le sang, les sécrétions, les organes ou d’autres fluides corporels des personnes infectées, ainsi que par les surfaces et objets contaminés par ces fluides (comme la literie ou les vêtements).

Les travailleurs de la santé sont souvent exposés au virus lorsqu’ils soignent des patients suspects ou confirmés, en raison d’un contact rapproché et d’un respect insuffisant des précautions de lutte contre l’infection. Les rites funéraires impliquant un contact direct avec le corps du défunt peuvent également contribuer à la transmission.

Il est nécessaire de disposer davantage de données de surveillance et de recherches concernant le risque de transmission sexuelle, notamment lorsque le virus reste viable et transmissible dans le sperme au fil du temps.

La maladie à virus Ebola tue en moyenne la moitié des personnes infectées, bien que le taux de mortalité ait varié entre 25 % et 90 % lors des épidémies précédentes. Le virus est apparu pour la première fois en 1976 lors de deux épidémies simultanées dans ce qui est aujourd’hui le Sud-Soudan et la République démocratique du Congo, près de la rivière Ebola, qui a donné son nom à la maladie.

L’épidémie survenue entre 2014 et 2016 en Sierra Leone, au Liberia et en Guinée, causée par le type Zaire, a été la plus grande et la plus complexe jamais enregistrée, avec plus de 28 000 cas et plus de 11 000 décès.

Au-delà de l’impact sanitaire direct, cette épidémie et les peurs qu’elle a engendrées ont causé d’importants dommages aux économies locales et perturbé la vie quotidienne.

Le même type de virus est réapparu en République démocratique du Congo en 2017, puis en mai et août 2018 ».
Bien que la Tunisie soit géographiquement et logistiquement épargnée par la résurgence d'Ebola en Afrique centrale, la situation rappelle la nécessité d'une vigilance stricte aux frontières et du renforcement des systèmes de santé publique. Pour le pays, l'anticipation demeure l'unique rempart durable face à une menace sanitaire internationale, selon les experts.

M.B.S.M.

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