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Trois trésors tunisiens recherchés dans le Musée virtuel de l’UNESCO

 

À l’occasion de la Journée internationale des musées, célébrée cette année sous le thème « Les musées pour unir un monde divisé », trois biens culturels tunisiens figurent parmi les œuvres signalées dans le Musée virtuel des biens culturels volés de l’UNESCO. Entre patrimoine antique et héritage islamique, ces pièces aujourd’hui disparues des inventaires nationaux font l’objet d’avis de recherche internationaux, illustrant l’ampleur du défi posé par le trafic illicite d’objets culturels.

Développée par l’UNESCO en partenariat avec INTERPOL, cette plateforme numérique rassemble des œuvres officiellement signalées comme volées afin de faciliter leur identification et leur restitution grâce aux technologies de modélisation numérique.

Ces œuvres emblématiques disparues

Parmi les pièces tunisiennes recherchées figure la statuette romaine « Cupidon assis sur un dauphin » (réf. VM-TN-24-003), découverte lors de fouilles officielles menées entre 2002 et 2004 sur le site archéologique de Dougga. Haute de neuf centimètres et sculptée dans le marbre blanc, l’œuvre représente un enfant nu assis sur un dauphin. Bien que la tête du personnage et la queue de l’animal soient manquantes, la statuette demeure un témoignage précieux de l’art romain en Afrique du Nord, daté entre 146 av. J.-C. et 439 apr. J.-C.

Une seconde pièce issue du même site antique, la « Tête de déesse » (réf. VM-TN-24-001), attire également l’attention. Mise au jour en 1998 à proximité du Capitole de Dougga, cette sculpture en marbre blanc d’environ vingt centimètres appartient à la tradition sculpturale romaine régionale. Malgré un nez endommagé, elle conserve une grande valeur historique et artistique.

À ces vestiges antiques s’ajoute un témoignage majeur du patrimoine islamique : un feuillet de Coran enluminé du Xe siècle (réf. VM-TN-24-004), provenant de la bibliothèque de la Grande Mosquée de Kairouan. La page, écrite en coufique et ornée d’encres polychromes ainsi que de macarons dorés séparant les versets, illustre la richesse de la tradition calligraphique et manuscrite en Ifriqiya.

Le numérique au service de la restitution

Lancée lors de la conférence mondiale MONDIACULT en septembre 2025 à Barcelone, la plateforme du Musée virtuel des biens culturels volés vise à mobiliser experts, institutions et grand public autour de la lutte contre le trafic illicite. Les œuvres figurant dans la galerie principale correspondent à des biens officiellement recherchés à l’échelle internationale ; celles qui sont localisées sont ensuite transférées vers un espace numérique consacré aux restitutions réussies.

 L’UNESCO a par ailleurs annoncé le lancement de la version espagnole du site, élargissant son accessibilité à l’Amérique latine et aux Caraïbes. Depuis son ouverture, la plateforme revendique plus de 1,6 million de pages consultées, signe d’un intérêt croissant pour ces enjeux patrimoniaux.

Engagement tunisien renouvelé

En marge des célébrations du 80e anniversaire du Conseil international des musées (ICOM), la Délégation permanente de la Tunisie auprès de l’UNESCO a réaffirmé son soutien aux mécanismes internationaux de restitution des biens culturels illicitement déplacés. L’accent est notamment mis sur l’utilisation des outils numériques comme levier essentiel pour identifier, tracer et récupérer les œuvres disparues.

À travers la mise en lumière de ces trois trésors, la Tunisie rappelle que la protection du patrimoine dépasse les frontières et s’inscrit dans une responsabilité collective. Chaque objet retrouvé constitue ainsi une victoire symbolique pour la mémoire et l’histoire partagées.

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