Par Chokri Baccouche
Il incarne la haine morbide et l’expression de son visage laisse transparaitre à chacune de ses sorties médiatiques une aversion malsaine, résolument obsessionnelle voire pathologique. Il est affranchi de tout sentiment de pitié et il ne rate d’ailleurs aucune occasion pour se délecter avec un vice inégalé des tourments et des souffrances infligées par l’armée de son pays à ses victimes.
En véritable tifosi du mal personnifié, il est toujours aux avant-postes quand il s’agit de haranguer les foules de colons déchainés pour les inciter à violenter et massacrer encore plus de Palestiniens du côté de Gaza ou de la Cisjordanie occupées. Quand il ouvre le bec, c’est seulement pour cracher son fiel et débiter des monstruosités dans une sorte de thriller délibérément théâtralisé pour mieux impressionner et épater ceux qui prêtent attention à ses délires racistes et suprémacistes.
Bref, la méchanceté extrême qui gravite autour de l’homme fait de lui une sorte de Voldémort, le sinistre sorcier haineux de la célèbre saga Harry Potter. Il ? C’est Itamar Ben Gvir le ministre extrémiste de la sécurité nationale israélien qui vient de se distinguer, encore une fois, par son comportement crapuleux et provocateur.
Avec un sadisme inégalé et dans un geste qui en dit long sur son mépris du droit international, Ben Gvir a, en effet, posté sur les réseaux sociaux, mercredi dernier, une vidéo de militants de la flotille pour Gaza agenouillés, face contre terre et les mains liées. « Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous », dit le ministre sur ces images publiées notamment sur sa chaîne Telegram.
Ben Gvir jubilait et éprouvait un plaisir sadique que ces militants de la liberté soient aussi maltraités et humiliés en sa présence. Il était aux anges et aussi heureux qu’un gamin qui vient de recevoir le cadeau de ses rêves. La scène était pathétique, brutale et choquante. Elle dégageait les miasmes putrides de la cruauté, l’inhumanité et l’impunité.
La vidéo en question, délibérément publiée sur les réseaux sociaux vise surtout à livrer un message sans ambages à l’adresse de l’ensemble de la communauté internationale à savoir qu’Israël, n’en déplaise à tous ses détracteurs et aux défenseurs des droits de l’homme, fait ce que bon lui semble.
Le « bienvenue en Israël, nous sommes chez nous » cristallise en effet le mépris absolu de l’entité sioniste envers la légalité internationale. Les propos éminemment provocateurs de Ben Gvir incarnent surtout un geste de défiance adressé à tous les pays dont sont originaires ces militants de la liberté qui se sont distingués par leur courage inouï et leur résilience face à la brutalité israélienne érigée en système.
Preuve en est et au moment où le psychopathe Ben Gvir faisait son cinéma avec l’hymne national israélien en musique de fond et où des dizaines de militants agenouillés les uns contre les autres, visages collés au sol et mains liées, une jeune femme parmi les intrépides otages n’a pas hésité à crier « Libérez la Palestine » au passage du ministre. La bravoure de cette Grande Dame qui a proféré les mots que Ben Gvir appréhende comme son pire cauchemar, a provoqué l’ire de ses bourreaux.
Elle s’est retrouvée en effet la tête encore plus pressée contre le sol par les services de sécurité israéliens qui cherchaient visiblement à étouffer cette phrase assassine perçue par les sionistes comme un crime de lèse-majesté impardonnable.
La publication de cette vidéo de la honte a suscité un tollé international et de vives critiques de la part de plusieurs pays européens dont la France, l’Espagne, la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas, la Nouvelle Zélande et le Canada qui sont allés jusqu’à convoquer leurs ambassadeurs d’Israël. La Turquie, d’où était partie la flottille, s’est montrée la plus virulente en dénonçant la « mentalité barbare » du gouvernement israélien et l’Italie qui a stigmatisé le traitement scandaleux réservé aux militants, parmi lesquels figurent de nombreux ressortissants italiens, a exigé des excuses.
Malgré la gravité du délit, l’Europe se contente du moins que le Smig. La réaction des pays du vieux continent qui disposent pourtant de nombreux atouts susceptibles de leur permettre d’exercer une plus grande pression sur l’entité sioniste, manque de vigueur. Sa mollesse évidente ne risque pas, en tout cas, d’empêcher les dirigeants israéliens de récidiver, encore moins de s’abstenir à commettre de tels forfaits à l’avenir.
Il faut reconnaitre à ce propos que l’ineptie de la communauté internationale et son manque d’entrain à imposer le respect du droit international est la principale cause de l’explosion des dérives israéliennes au Moyen-Orient. Des dérives sans fin, commises en toute impunité par une entité sioniste qui se croit au-dessus de toutes les lois et qui n’a de compte à ne rendre à personne.
Le spectacle barbare offert par Ben Gvir pour la postérité illustre de manière on ne peut plus évidente ce que beaucoup dénoncent depuis longtemps à savoir que la banalisation de la violence, la cruauté, l’impunité et le mépris systématique des droits humains fondamentaux sont la marque de fabrique d’Israël. Bienvenue dans l’Etat paria…
C.B.

