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Mouton de l’Aïd : La flambée des prix inquiète et indigne !

À l’approche de l’Aïd al-Adha, les prix des moutons atteignent des niveaux jugés excessifs, provoquant une vive inquiétude et une colère croissante chez de nombreux Tunisiens. Dans un contexte déjà marqué par la hausse généralisée du coût de la vie, cette flambée rend l’achat du sacrifice de plus en plus difficile pour une grande partie des ménages.

Cette situation, loin d’être nouvelle, résulte d’un déséquilibre profond entre l’offre et la demande. Elle s’explique notamment par la baisse continue du cheptel ovin et bovin en Tunisie, aggravée par les fuites vers les pays voisins, mais aussi par des années de sécheresse ayant fragilisé l’élevage et réduit les pâturages.

Le secteur souffre également de problèmes structurels persistants : faiblesse de la productivité, manque de soutien aux petits éleveurs, techniques d’élevage peu modernisées, vieillissement des acteurs du métier et désintérêt progressif pour cette activité. À cela s’ajoute une organisation jugée défaillante de la filière.

Chaque année, la situation se tend davantage à l’approche de l’Aïd. La demande explose mécaniquement, tandis que l’offre reste insuffisante. Ce déséquilibre est amplifié par la spéculation et le rôle des intermédiaires, appelés “gacharas”, accusés de profiter de la pression sociale et religieuse pour imposer des marges élevées.

Face à cette situation, les mesures prises en amont apparaissent insuffisantes. L’importation de bétail ou l’organisation de circuits de vente encadrés par l’État n’ont pas permis d’anticiper la crise actuelle. À court terme, les autorités misent principalement sur le renforcement des contrôles du marché pour limiter les abus. Mais pour de nombreux observateurs, ces actions restent temporaires. Une réforme en profondeur du secteur de l’élevage apparaît indispensable : modernisation des exploitations, soutien renforcé aux éleveurs, restructuration des circuits de distribution, lutte contre la contrebande du cheptel et recours ponctuel à l’importation pour stabiliser le marché en période de forte demande.

K.Z.

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