A la Selma Feriani Gallery : Trois expositions, trois récits
La Selma Feriani Gallery, installée à La Goulette, en banlieue nord de Tunis, ouvrira ses portes le 12 février 2026, de 18h à 21h, pour le vernissage simultané de trois expositions d’art contemporain réunissant Nadia Ayari, Nidhal Chamekh et Elyes Jeridi. Ce rendez-vous met en avant la pluralité des médiums et des regards qui traversent la scène artistique actuelle.
L’exposition de Nadia Ayari, « Oblivion Rains: Notations of Gravity, Light and Resistance », explore les thèmes de la mémoire et de la résistance à travers une peinture énergique, située entre figuration et abstraction. Les compositions, traversées de tensions et de rythmes, évoquent une lutte contre l’effacement et le passage du temps. Cette présentation coïncide avec la participation de l’artiste à la première édition d’Art Basel Qatar (5–7 février 2026), où elle dévoile « Views from the Observation Deck », une série inédite de cinq peintures inspirées de la flore nord-africaine, conçues comme des natures mortes futuristes en équilibre précaire.
Avec « Frictions », Nidhal Chamekh propose un ensemble de sculptures et de collages interrogeant l’hybridité culturelle et les récits de l’histoire de l’art. En associant figures gréco-romaines et masques africains, il crée des formes composites qui questionnent identités, héritages et rapports de pouvoir.
Elyes Jeridi présente « Chronicles of a Vagabond », une installation vidéo immersive suivant l’errance d’un personnage solitaire à travers des paysages anonymes. L’œuvre, à la dimension cinématographique affirmée, invite à une réflexion introspective sur le déplacement et la solitude.
Accessibles jusqu’au 9 mars 2026, ces expositions offrent un aperçu significatif de la vitalité de la création contemporaine. Fondée à Londres en 2013, la Selma Feriani Gallery, installée à La Goulette depuis 2024, soutient des artistes émergents et confirmés de la région MENA et au-delà, en leur offrant une visibilité internationale tout en contribuant activement à l’écosystème artistique en Tunisie et en Afrique du Nord.
Ligue 1 (19e J.) : la JSO renoue avec la victoire, l’USM se reprend
La seconde partie de la 19e journée a été avare en buts, mais elle a permis à la JSO de rebondir devant le CSS, et à l’USM de se reprendre à domicile, alors que le ST s’est contenté d’un point à Métlaoui.
Au Zouiten, la mission des Omraniens n’était guère aisée face à un CSS sur un nuage avec ses six victoires consécutives. Déterminés à quitter la zone rouge, la JSO a livré un excellent match pour, finalement, s’imposer (1-0) grâce à un penalty de Ouday Belhaj (80’) qui amis fin à la longue série positive des Sfaxiens et de leur keeper Aymen Dahmen.
A Métlaoui, il y a eu un peu de tout sauf des buts. L’Etoile locale n’a pas pu faire mieux qu’un nul blanc face à un Stade Tunisien qui a confirmé la solidité de sa défense (4 buts encaissés en 19 matches), mais qui a été muet en attaque. Ce nul permet aux Stadistes de gagner un point au classement et de profiter, en partie, de la défaite du CSS, relégué à trois points du ST.
A Monastir, l’Union locale a peiné avant de trouver la faille par Ibrahim Gadiaga (74’) devant une AS Marsa qui n’a pas démérité malgré sa prudence excessive.
Le dernier match au programme s’est terminé sans vainqueur (0-0) entre un AS Gabes en mauvaise posture et une Etoile du Sahel en difficulté depuis le début de saison. Une parité qui ne fait l’affaire d’aucune des deux équipes.
Kamel ZAIEM
Résultats
JSO - CSS (1-0)
USM - ASM (1-0)
ESM – ST (0-0)
ASG – ESS (0-0)
Classement
1*Club Africain 41pts
2*Espérance de Tunis 40pts
3*Stade Tunisien 38pts
4*Club Sportif Sfaxien 35pts
5*US Monastirienne 33pts
6*Espérance de Zarzis 26pts
7*ES Métlaoui 26pts
8*Etoile du Sahel 24pts
9*US Ben Guerdane 24pts
10*AS Marsa 22pts
11*JS Omrane 22pts
12*CA Bizertin 20pts
13*JS Kairouanaise 17pts
14*Olympique de Béja 15pts
15*AS Soliman 13pts
16*AS Gabés 13pts
Ligue des champions- Gr D- 4e J. / Simba SC- Espérance (2-2) : Une remontada extraordinaire ratée de peu
Fantomatique en première mi-temps, l'EST a réagi après la pause pour réussir à remonter deux buts et rater lamentablement un penalty à l'ultime minute du match. Un vrai gâchis.
La première période a été assez équilibrée dans ses débuts jusqu'à la (13e) quand Diarra file sur la gauche mais son tir final a été arrêté in-extremis par le gardien Kibu. Composée de Sasse, Diarra et Diakite.Riposte de Simba par Gueye dont le tir est sauvé en corner par Ben Hamida (21e). Au fil du temps, Simba devient plus menaçant pour arriver à marquer coup sur coup deux buts par Gueye (38e) et Kapombe ( 45e) devant une Espérance qui a curieusement baissé pavillon après le premier quart d'heure. Il était clair que physiquement, les joueurs étaient émoussés.
La tâche est devenue très compliquée pour les Sang et Or, mais une réaction a eu lieu après la pause. Diakite arrive à profiter d'une erreur défensive adverse pour réduire le score (2-1) à la (64e). Un but qui pousse l'EST à redoubler d'efforts. Et Boualia de trouver de nouveau le chemin des filets d'un tir splendide (2-2) à la (79e). Danoh obtient un penalty à la (90e). Mais Jelassi rate la cage et l'occasion d'une victoire inespérée.
Formation de l'EST: Ben Said, Keita, Laifi, Ben Hamida, Jelassi, Ogbelu ( Jebali 46e), Tka ( Msakni 68e) , Konate, Sasse ( Draguer 83e), Diarra ( Boualia 46e) et Diakite ( Danoh 68e).
Jamel BELHASSEN
Classement
1 Stade Malien 8 pts
2 Espérance 6 pts
3 Petro Atletico 5 pts
4 Simba SC 1 pt
Marché des télécoms en Tunisie : Les opérateurs à la quête de nouveaux services à forte valeur ajoutée
Par Hassan GHEDIRI
A l’ère de la 5G et de l’IA, la transformation des services de télécommunication s’avère une nécessité stratégique et une opportunité pour les opérateurs tunisiens pour innover et répondre à une clientèle branchée et plus exigeante…
L’Instance Nationale des Télécommunications (INT) a publié récemment les résultats de la consultation publique sur le développement des services à valeur ajoutée de télécommunications (SVA), lancée le 25 septembre 2025 et approuvée en novembre.
La démarche s’inscrit dans le cadre des politiques de réforme visant à améliorer le climat d’investissement et surtout à encourager les entreprises innovantes et les start-up à contribuer au développement des applications technologies qui répondent aux exigences d’un marché en constante évolution. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Et, surtout, qu’est-ce que cela peut changer concrètement pour les citoyens, les entreprises et l’emploi en Tunisie?
Selon les opérateurs de télécommunications ayant participé à la consultation, notre pays dispose d’infrastructures télécoms relativement solides, mais le marché des services à valeur ajoutée reste encore limité. Les offres disponibles sont souvent peu diversifiées, centrées sur des usages traditionnels et freinées par un cadre réglementaire jugé complexe et parfois peu adapté aux innovations rapides du numérique.
Les opérateurs soulignent que cette situation empêche l’émergence de nouveaux acteurs, notamment les start-up, et limite l’accès des usagers à des services modernes pourtant très répandus à l’étranger. Parmi les principales suggestions formulées par les opérateurs figure la nécessité d’ouvrir davantage le marché à de nouveaux services numériques à forte valeur ajoutée.
En effet, beaucoup de services largement utilisés aujourd’hui dans le monde pourraient être développés en Tunisie. Il y a d’abord le paiement mobile, demeurant à son stade embryonnaire, et qui se décline en de très nombreuses applications et qui permet par exemple de régler les factures, payer les tickets de transport ou bien encore acheter des billets d’entrée aux stades directement depuis un téléphone, sans passer par une carte bancaire.
Mais les opérateurs et les fournisseurs de services télécoms peuvent aussi proposer des services de santé numérique, comme les rappels médicaux automatisés, la prise de rendez-vous par SMS ou applications, ou encore le suivi à distance des patients.
Les autres usages numériques pouvant être développés à travers la diversification des offres plus innovantes s’appliquent par exemple au domaine de l’éducation sous forme de services éducatifs mobiles, proposant du contenu pédagogique interactif, des cours en ligne ou des plateformes d’apprentissage accessibles via mobile.
Nouveaux services, nouvelles règles du jeu
Ces services ne sont pas seulement pratiques pour les citoyens, mais ils constituent aussi un véritable levier de croissance économique. Les opérateurs estiment que le développement des SVA peut favoriser l’émergence d’un écosystème numérique dynamique.
En simplifiant les procédures d’accès au marché et en clarifiant les règles du jeu, de jeunes entreprises innovantes pourraient proposer de nouveaux services, créer de la valeur locale et générer des emplois qualifiés, notamment dans les domaines du développement logiciel, du marketing digital et de la cybersécurité.
Dans beaucoup de pays au monde, ce type de services a permis l’apparition de nombreux fournisseurs spécialisés, souvent de petite ou moyenne taille, qui travaillent en partenariat avec les opérateurs télécoms. Les acteurs tunisiens appellent donc à s’inspirer de ces modèles réussis.
Autre point clé mis en évidence par les opérateurs ayant participé à la consultation de l’INT, la nécessité de renforcer une concurrence saine, transparente et équitable entre tous les acteurs.
Une meilleure concurrence favorise le développement des services de meilleure qualité et des prix plus adaptés aux consommateurs. Les opérateurs insistent également sur l’importance de protéger les usagers contre les abus, notamment en matière de transparence tarifaire et d’information claire sur les services proposés.
La confiance du public est considérée comme une condition essentielle au succès des nouveaux services à valeur ajoutée. Pour les opérateurs, le développement de nouveaux services à forte valeur ajoutée s’impose aujourd’hui comme une nécessité. A l’ère de la 5G et de l’IA, la transformation des services de télécommunication est également une opportunité pour innover et répondre à une clientèle branchée et plus exigeante.
La consultation peut ainsi servir de feuille de route pour la création d’un environnement favorable à l’investissement, à l’innovation et à l’adoption des nouvelles technologies. Les opérateurs du marché estiment que si les recommandations issues de cette consultation sont mises en œuvre, les services à valeur ajoutée pourraient devenir un véritable moteur de développement économique et social.
H.G.
Musique - "Maghreb Jazz Days" : Ça va vibrer à la Maison de Tunisie à Paris
Organisée par la Fondation de la Maison de Tunisie à Paris, la 12è édition du festival "Maghreb Jazz Days" se tiendra les 7 et 8 février 2026 au pavillon Habib Bourguiba de la Maison de Tunisie, à la Cité internationale universitaire de Paris (CIUP).
Rendez-vous désormais bien installé dans le paysage culturel parisien, le "Maghreb Jazz Days" revient pour une nouvelle édition placée sous le signe de la création, du jazz et des musiques du Maghreb. Le programme proposera deux soirées de rencontres musicales, articulées autour de trois concerts explorant le groove, l’improvisation et les métissages sonores.
Cette édition réunira des artistes issus de différentes scènes du Maghreb et de la diaspora, en l’occurrence l’auteure-compositrice-interprète franco-algérienne Samira Brahmia, le batteur et chanteur algérien Karim Ziad, le violoniste tunisien Kays Siala, le bassiste et compositeur tunisien Slim Abida, ainsi que le luthiste et compositeur tunisien Zied Fatnassi.
Festival annuel, le "Maghreb Jazz Days" met à l’honneur le dialogue entre le jazz, les musiques maghrébines et les formes contemporaines de création, affirmant sa vocation de plateforme d’échanges artistiques et de laboratoire sonore ouvert sur les esthétiques musicales d’aujourd’hui.
Prolongement de l'état d'urgence : Quel impact sur l'économie...?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le prolongement de l'état d'urgence jusqu'au 31 décembre 2026 a suscité plusieurs réactions portant sur les raisons de cette mesure. Que pensent justement les observateurs ?
Le Journal officiel de la République tunisienne n°14 de l’année 2026 a publié le décret n°15 du 30 janvier 2026. Ce décret prolonge l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire du 31 janvier au 31 décembre 2026. Le 29 décembre dernier, les autorités avaient déjà prolongé l’état d’urgence pour un mois.
Depuis le 24 novembre 2015, elles reconduisent sans interruption cet état d’urgence sur tout le territoire, après l’attentat terroriste qui a visé un bus de la garde présidentielle au centre de la capitale. Cet attentat a tué 12 agents de sécurité et blessé 16 personnes parmi les forces de l’ordre et les civils.
Interrogé à ce sujet, Me Houssem Eddine Ben Atiya nous a confié : "Il faut savoir de prime abord que l’état d'urgence est un régime juridique d'exception décrété par le pouvoir exécutif (Conseil des ministres) face à des périls imminents ou des calamités publiques graves. Il vise à rétablir l'ordre public ou protéger la population en renforçant les pouvoirs de la police (perquisitions, assignations à résidence, fermetures de lieux...).
Depuis le décrètement de l'état d'urgence en Tunisie en 2015, cette mesure n'a pas été appliquée d'une manière stricte et sévère. Donc, la mesure de l'état d'urgence est, à mon avis, une procédure de dissuasion voire de protection.
Le seul impact et effet réel est l'endurcissement des peines prononcées par les tribunaux, notamment dans les affaires terroristes ou portant sur la sûreté de l'Etat ou celles relatives aux détournements de fonds". Quels sont les autres effets de cette mesure ?
Effet et impact ...
Même s'il est important de décréter l'état d'urgence dans des cas spécifiques comme des dangers éminents de nature à menacer l'ordre public, cette mesure a aussi d'autres conséquences. Selon l'avocat Me Houssem Eddine Ben Atiya : "Il faut savoir que l'état d'urgence a des conséquences sur l'économie, notamment sur le secteur touristique.
Selon l'expert en économie, Abdeljelil Bedoui, decréter l’état d’urgence confirme que les conditions sécuritaires ne sont pas sûres pour le tourisme, il s’agit d’une décision qui s’inscrit en porte à faux avec les mesures prises pour appuyer le secteur touristique dès lors que, d’une part, nous œuvrons à augmenter la capacité à polariser les touristes et, de l’autre, à prendre des décisions inappropriées.
A titre d'exemple, l’économie tunisienne a régressé suite au décrétement de l'état d'urgence. Le taux de croissance n’a pas dépassé au cours du premier trimestre de l’année 2015 les 1,7% et avait donné lieu à une croissance nulle durant le deuxième trimestre avec un risque de croissance négative. Du coup, l’état d’urgence pourrait aboutir à la réorganisation de l’état des lieux et constituer un signal fort au plan sécuritaire adressé aux investisseurs pour tenter de gagner leur confiance.
A noter que lors de la pandémie du Covid, les mesures de confinement et de distanciation sociale rendues nécessaires pour lutter contre la pandémie avaient mis un coup d’arrêt à la croissance mondiale, encore fragilisée par la dernière crise économique et financière de 2008. L’importance et le rythme des effets sur la croissance du PIB de chaque pays avaient affecté l'intégration et la dépendance aux chaines d’approvisionnement mondiales, la structure de l’économie et de la production".
M.B.S.M.
Ligue des champions - Groupe D- 4e journée - 14h00 - Simba SC- Espérance S T : Les Sang et Or en conquérants
Par Jamel Belhassen
En se déplaçant en Tanzanie pour y rencontrer Simba, l'Espérance est consciente de la difficulté de la tâche. C'est qu'en face, le club tanzanien joue sa dernière carte. Il occupe la dernière loge du groupe avec zéro point et seule une victoire le remettra en course. L'Espérance, de son côté, deuxième avec cinq points, se trouve dans l'obligation de réussir pour continuer à espérer se qualifier aux moins en tant que second du groupe.
C'est dire que le représentant tunisien qui ne casse pas la baraque ces derniers temps et qui s'est contenté d'une courte victoire , samedi dernier face à ce même adversaire tanzanien est appelé à s'imposer. Il est vrai que les Sang et Or sont habitués aux déplacements en Afrique et aux difficultés mais les joueurs devront se montrer efficaces devant et vigilants derrière pour aller au bout de leurs intentions.
Maher Kanzari, très contesté par le public esperantiste, est appelé à effectuer d'abord le bon casting au départ et à bien gérer le match car ces derniers temps, l'equipe a perdu certains repères avec une formation qui change d'une sortie à l'autre dans les trois compartiments du jeu.
Il est vrai que Blaili n'est pas là, que Meriah et Toughai sont indisponibles, que certains joueurs ont perdu quelque peu la forme mais cela n'empêche que l'équipe qui mise beaucoup sur cette joute continentale , n'a pas le droit de décevoir face à un Simba qui n'a obtenu aucun point en trois journées et qui n'a rien d'un foudre de guerre quand bien même il évolue à domicile.
Espérons enfin que le représentant tunisien arrivera à s'en sortir lors de ce déplacement et rentrer à Tunis avec une victoire qui lui sera très utile sur le double plan mathématique et mental en cette période délicate de la saison.
Formation probable
Ben Said, Keita, Ben Hamida, Jelassi, Laifi, Ogbelu, Tka, Jebali, Boualia, Diarra, Diakite
J.B.
Patrimoine - L’UNESCO lance le "Navigateur des sites" : Vaut mieux anticiper que réparer
Face aux menaces croissantes pesant sur les sites patrimoniaux, l’UNESCO déploie le "Navigateur des sites", une plateforme numérique fondée sur les données géospatiales et satellitaires, destinée à anticiper les risques, notamment dans des pays vulnérables comme la Tunisie.
L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a récemment lancé le "Navigateur des sites", une plateforme numérique conçue pour renforcer le suivi et la gestion des biens inscrits au Patrimoine mondial, des réserves de biosphère et des géoparcs.
Basé sur un système d’information géographique (SIG), cet outil marque une avancée majeure dans l’intégration des technologies numériques au service de la conservation patrimoniale.
Accessible via le site du Centre du patrimoine mondial, le "Navigateur des sites" offre une visualisation précise des limites officielles des sites reconnus par l’UNESCO. Il croise près d’une quarantaine de jeux de données satellitaires et géospatiales, permettant une lecture actualisée des dynamiques environnementales et territoriales.
À cela s’ajoute un dispositif d’alertes automatisées, diffusées quotidiennement et hebdomadairement, signalant les risques naturels et climatiques tels que les incendies de végétation, les séismes, les tsunamis ou les altérations de la couverture végétale.
Conçu comme un outil d’aide à la décision, il permet aux États parties d’anticiper les menaces, d’adapter les stratégies de protection et de renforcer la coordination des actions de gestion. Il répond à un besoin croissant de conservation anticipative, dans un contexte mondial marqué par l’accélération du changement climatique, l’urbanisation et la pression humaine sur les sites patrimoniaux.
Important pour la Tunisie
Pour la Tunisie, riche d’un patrimoine culturel et naturel exceptionnel, cette plateforme représente un levier stratégique. Le pays compte huit biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, comprenant des sites antiques emblématiques — Carthage, Dougga, Kerkouane et l’amphithéâtre d’El Jem — ainsi que les médinas historiques de Tunis, Sousse et Kairouan. Le Parc national de l’Ichkeul figure également parmi ces biens, tandis que l’île de Djerba constitue la plus récente inscription, obtenue en 2023.
Financé par des fonds multilatéraux, notamment de la Flandre et des Pays-Bas, le "Navigateur des sites" s’inscrit dans une stratégie globale de l’UNESCO visant à renforcer la gestion intégrée des sites à désignations multiples et à améliorer l’accès aux données géospatiales officielles. Il contribue ainsi à une gouvernance patrimoniale plus cohérente et mieux informée.
En Tunisie, le déploiement de cette plateforme intervient alors que plusieurs sites classés ou candidats à l’inscription sont confrontés à une vulnérabilité accrue. Le paysage culturel de Sidi Bou Saïd, en attente de classement au Patrimoine mondial, illustre ces enjeux, entre fragilité géologique et effets du dérèglement climatique. À travers cette initiative, l’UNESCO affirme le rôle central des outils numériques dans la sauvegarde durable du patrimoine mondial.
Editorial : Inévitable multipolarité…
Par Chokri Baccouche
Une rivalité féroce oppose ces dernières années les Etats-Unis à la Chine pour le leadership mondial. La confrontation entre les deux superpuissances est de plus en plus violente, comme le prouve d’ailleurs la publication, il y a quelques jours, de la Stratégie de défense nationale américaine pour 2026. Rendu public la semaine dernière, le document indique que Washington « dissuadera la Chine dans la région indopacifique par la force et non par la confrontation ».
Il s’agit d’un changement significatif par rapport à la politique passée du Pentagone qui adoptait un ton plus modéré à l’égard de la Chine et de la Russie. Les psys s’accordent à penser que l’agressivité cache très souvent une peur profonde qui agit comme un mécanisme de défense pour masquer la vulnérabilité, l’insécurité ou une menace ressentie.
Et de ce point de vue on peut vraiment dire que la montée en puissance de la Chine fait peur pour ne pas dire qu’elle est devenue un véritable cauchemar outre Atlantique. Un cauchemar d’autant plus durement ressenti que le développement spectaculaire que connait l’Empire du milieu dans tous les domaines le prédispose à devenir dans quelques années la première puissance mondiale.
Pour circonscrire cette « menace » et maintenir leur hégémonie, les Etats-Unis ont adopté une stratégie qui repose sur un endiguement multidimensionnel. Celle-ci combine une guerre commerciale fondée sur l’imposition de droits de douane de plus en plus prohibitifs, un renforcement militaire dans l’Indopacifique associant de nouveaux alliés dans la région.
Toutes ces manœuvres qui tendent à se multiplier depuis quelque temps visent à limiter l’influence de la Chine. C’est dans ce cadre que s’inscrit justement le récent coup d’Etat américain au Venezuela. Perpétré sous des prétextes fallacieux, ce putsch très controversé vise en réalité à priver la Chine d’une importante ressource énergétique, sachant que le pays de Xi Jiping importait pour près de 90% de la production pétrolière du Venezuela avant la chute du président Manuel Maduro.
La guerre en gestation que Washington s’apprête à lancer contre le régime des mollahs en Iran partage en réalité les mêmes objectifs et les mêmes visées à quelques menues différences près. En changeant par la force la nature du régime en place, les Américains cherchent en effet à asphyxier l’économie chinoise qui absorbe 80 à 90% des exportations iraniennes de pétrole.
Bref, on peut dire que les Américains n’y vont pas avec le dos de la cuillère pour saborder la montée en puissance de la Chine et l’empêcher de rafler le sceptre royal détenu par les Etats-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Réussiront-ils à atteindre leur objectif et garder indéfiniment leur leadership dans le monde ? La question est plus que jamais d’actualité et la plupart des experts répondent à cette question lancinante par la négative.
Non sans raison d’ailleurs, car ils estiment à l’unanimité, sur la base de données objectives, que la Chine est en train de rattraper les Etats-Unis sur de nombreux fronts, voire de les dépasser. Les capacités économiques, commerciales et industrielles du pays des Mandarins sont désormais comparables, sinon supérieures, à celles du géant américain. Ce rattrapage quantitatif se double d’un autre dans le domaine de la recherche et de l’innovation.
La Chine domine désormais la plupart des champs d’étude sur les technologies critiques, en particulier celles d’application militaire ; la majorité des articles significatifs sur le sujet sont le fait de chercheurs chinois.
Ce croisement de deux trajectoires intervient sur fond d’une dépendance croissante des États-Unis envers l’industrie chinoise, alors que Pékin arsenalise sa mainmise sur la production mondiale de terres rares. Dans les technologies de pointe, nombre d’entreprises américaines ont la plupart de leurs sites de production en Chine.
Le décollage économique chinois n’est pas qu’un effet de masse, lié notamment à la taille de la population chinoise : le niveau de vie de celle-ci s’améliore et l’espérance de vie en Chine a dépassé celle des États-Unis en 2020. L’État chinois développe en quelques années un réseau d’infrastructures qui prend des décennies à être déployé dans de nombreux pays dits développés, y compris d’ailleurs aux États-Unis. Cette capacité extraordinaire donne certainement une idée sur les potentialités impressionnantes de ce pays qui fait aujourd’hui trembler le monde.
Faute et lieu de recourir à la force à outrance pour préserver leur domination sur la planète, les Etats-Unis seraient certainement bien inspirés de se faire à l’idée d’un monde multipolaire et surtout d’accepter cette nouvelle réalité géopolitique qui s’impose. Rien ne sert donc de se dérober éternellement à ce qui semble être inévitable. Un monde multipolaire serait certainement la meilleure chose qui puisse arriver pour l’ensemble de l’humanité, particulièrement pour les pays vulnérables.
L’émergence de ce nouvel ordre mondial, ardemment souhaité du reste par l’écrasante majorité des peuples, permettra peut-être à la communauté internationale de repartir du bon pied et de mettre bon ordre dans le jardin planétaire, actuellement dans un état déplorable. Dans l’intérêt bien compris de tous les pays, ce changement salvateur doit intervenir. Le plus tôt serait d’ailleurs le mieux…
C.B.
CAN 2026 (Finale) / Tunisie – Egypte (24-37) : Un fiasco total !
Que dire de cette finale continentale qui a sacré une équipe égyptienne qui s’est, finalement, promenée devant un sept tunisien qui n’a même pas su limiter les dégâts et qui a subi une correction historique dans une finale africaine…
Que s’est-il passé pour voir les Tunisiens se contenter de faire de la figuration dans cette finale qui restera dans les esprits. Les poulains de Mohamed Ali Sghaier n’ont existé que pendant un quart d’heure environ (3-4), (5-6), (7-8) avant de se laisser dépasser par un sept égyptien qui n’en demandait pas tant pour asseoir sa domination à tous les niveaux. A la fin de la première mi-temps, le tableau d’affichage affichait déjà un retard de sept points pour les Tunisiens (10-17).
Verra-t-on un réveil tunisien en seconde mi-temps ? Malheureusement, le naufrage a continué de plus belle et l’écart a pris de l’ampleur pour atteindre des proportions historiques (15-28), (17-31), (20-34) et (24-37) au coup de sifflet final.
C’est dire que les détails techniques et tactiques ne s’imposent pas lorsqu’il s’agit d’un fiasco pareil. L’équipe tunisienne a été hors-service, sans repères et même sans individualités capables d’inverser la situation. La piètre prestation des Ben Abdallah, Toumi, Abdelli, Jebali et consorts traduit, aujourd’hui, le travail entrepris et fourni à tous les niveaux, à commencer par la préparation, en passant par la valeur et la compétence du staff technique et les balbutiements du bureau fédéral actuel qui peut « se targuer » d’avoir concédé une défaite historique en finale de la compétition africaine puisque l’ancien record se situait à dix points d’écart !
Tout est à revoir pour espérer faire mieux lors du prochain Mondial 2027 en Allemagne.
Kamel ZAIEM
Ligue 1- 19e journée : Le CA renoue avec la victoire, la JSK Retrouve le sourire
Par Jamel Belhassen
En venant à bout du CAB, le CA rebondit et occupe provisoirement la tête du classement au moment où la JSK a réussi à défendre son but précoce jusqu'au bout face à l'OB.
A Rades, par un temps pluvieux, le C.Africain appelé à rebondir après le semi-echec subi face à l'ESZarzis, a dominé la première période face au CABizertin qui a opté pour un bloc bas. De retour des vestiaires, le toujours présent, Chawatouvre le score suite à un centre de Bouabid (1-0) à la (51e).A la (82e), le même Chawat obtient un penalty qu'il rate en choisissant la panenka. Quant au CAB, sans solutions offensives ne peut que se résigner.
A Kairouan, la JSK, qui recevait l'O.Beja, a bien entamé les débats en arrivant à prendre l'avantage à la (15e) par Ramadhane sur un tir croisé avant de reculer quelque peu pour laisser l'iniative aux Bejaois. La suite n'a pas changé le scénario du match. La JSK respire.
A Ben Guerdane, l'Union locale recevait l'ESZarzis. Deux clubs en mal de points. Les mauvaises conditions atmosphériques ont compliqué la tâche des protagonistes La première période a été avare en émotions et en occasions nettes de buts. La musique ne changera pas après la pause et les deux équipes se quittent dos à dos sans laisser de souvenirs impérissables de ce match
Résultats
CA -CAB 1-0
JSK -OB 1- 0
USBG -ESZ 0- 0
J.B.
Lutte contre la pollution : Nouveau coup de main technique et financier européen
Par Hassan GHEDIRI
Un soutien financier mis à la disposition de la Tunisie dans le cadre d’un programme financé par l’UE destiné à renforcer les capacités de prévention et de réduction de la pollution…
100 mille euros, soit un peu plus de 340 mille dinars, devaient être débloqués pour la budgétisation des actions de lutte contre la pollution par les nutriments provenant des activités agricoles et du traitement inadéquat des eaux usées en Tunisie.
Ces financements constituent une opportunité pour les autorités publiques de notre pays qui trouvent, ces dernières années, beaucoup de difficultés à freiner la pollution des sols et des eaux et qui fait des ravages dans la biodiversité dans plusieurs régions du pays.
Le programme s’inscrit dans le cadre des activités du Centre régional d’activités pour la consommation et la production durables (MedWaves), partenaire stratégique du Centre international des technologies de l’environnement de Tunis (CITET).
Œuvrant pour le déploiement à grande échelle de solutions innovantes de prévention et de gestion des pollutions, MedWaves lance un appel à candidatures pour la mise en application des solutions adaptées aux pays bénéficiaires à travers la promotion des pratiques durables, des meilleures techniques de traitement des eaux et de restauration et préservation de la nature.
Baptisé SeaCure, le programme a été lancé pour la première fois en 2024 dans six régions reparties dans trois pays en Europe, en l’occurrence l’Espagne, l’Italie et la Grèce et il s’étend désormais au reste de la région méditerranéenne.
La Tunisie espère ainsi être parmi les sept régions qui bénéficieront des financements et d’assistance technique prévue dans le cadre du programme 2026/2028. L’appel à candidatures lancé à cet effet et qui est ouvert du 27 janvier 2026 au 28 février 2026 a pour objectif de permettre aux régions sélectionnées de reproduire, adapter et mettre en application les solutions qui ont été déjà développées et expérimentées avec succès en Espagne, en Italie et en Grèce, et ce, en tenant compte de leurs spécificités territoriales.
Le programme SeaCure pourrait donc apporter des réponses concrètes à plusieurs problématiques environnementales persistantes en Tunisie, notamment la pollution marine et côtière liée aux rejets d’eaux usées insuffisamment traitées, l’eutrophisation des zones humides et des lagunes, la dégradation des sols agricoles sous l’effet de l’usage excessif d’engrais chimiques, ainsi que l’appauvrissement progressif de la biodiversité marine et terrestre.
En favorisant des solutions intégrées de gestion des nutriments, l’amélioration des systèmes de traitement des eaux, la restauration des écosystèmes fragiles et la promotion de pratiques agricoles plus durables, SeaCure s’inscrit comme un levier stratégique pour réduire les pressions environnementales et renforcer la résilience écologique des territoires tunisiens, en particulier dans les régions côtières les plus exposées.
H.G.
Food Atlas: La harissa, ambassadrice de la Tunisie, sur la scène mondiale
Par Imen Abderrahmani
La Tunisie participe au projet international « Food Atlas », une plateforme numérique dédiée à la sauvegarde et à la promotion des traditions culinaires du monde, avec pour ambassadeur national la harissa.
La Tunisie franchit une nouvelle étape dans la valorisation de son patrimoine culinaire avec sa participation au projet international « Food Atlas », une initiative financée par l’Arabie saoudite qui rassemble plus de dix pays de tous les continents.
Une rencontre de présentation de ce projet a été organisée avant-hier au Centre des arts et des lettres Ksar Saïd au Bardo. La rencontre a vu le lancement d’une consultation nationale pour discuter des objectifs de ce projet et définir les éléments culinaires tunisiens à mettre en avant.
Cette session inaugurale a permis de rappeler que ce projet s’inscrit dans le cadre de la Convention de l’UNESCO de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, ratifiée par la Tunisie en 2006. Il vise à identifier, documenter et valoriser des traditions alimentaires à forte valeur culturelle, en les inscrivant sur une plateforme numérique interactive destinée à les préserver et à les transmettre aux jeunes générations. L’initiative met ainsi en lumière le rôle essentiel de la cuisine comme expression vivante de l’identité culturelle et moteur de développement durable.
Pour la Tunisie, le choix s’est porté sur la harissa, plat emblématique dont la préparation et les usages reflètent l’histoire, la société et le rôle des femmes dans la transmission des savoirs culinaires. Il est ainsi à rappeler que la harissa figure depuis 2022 sur la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO, dans la catégorie « Savoirs, savoir-faire et pratiques culinaires et sociales ».
La consultation a rassemblé experts, chercheurs, acteurs du patrimoine et représentants des ministères des Affaires culturelles et du Tourisme. Ensemble, ils ont discuté des meilleures pratiques pour documenter et valoriser les traditions culinaires tunisiennes, en intégrant les recettes, les techniques, mais aussi leur contexte social, économique et culturel.
Les prochaines étapes du projet incluent des ateliers de renforcement des capacités pour spécialistes et professionnels, qui permettront de consolider le cadre national de l’initiative. Au-delà de la harissa, la Tunisie dispose déjà de dix éléments inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, dont le couscous (2020), et continue de mettre à jour son inventaire national de traditions alimentaires. Tant d’autres éléments méritent l’inscription sur la liste de l’UNESCO tels que l’huile d’olive, l’eau de fleur d’orange, « kaak el warka » et l’eau de l’églantier…
Avec « Food Atlas », la Tunisie conjugue tradition et innovation numérique, offrant au monde un aperçu vivant de sa gastronomie et affirmant le rôle de ses pratiques culinaires dans la mémoire et l’identité culturelle nationale. Une plateforme qui promet de transformer chaque recette en véritable ambassadeur de la culture tunisienne.
Imen.A.
*Cartographie des festivals culinaires en Tunisie
Tout au long de l’année, la Tunisie célèbre son patrimoine gastronomique à travers une riche constellation de festivals régionaux qui mettent à l’honneur produits du terroir et savoir-faire locaux. De la Harissa de Nabeul aux dattes de Kébili, de la bsissa de Lamta aux figues de Djebba, en passant par l’huile d’olive, les agrumes, les pistaches, les grenades ou encore les produits de la mer à Mahdia et Kerkennah, chaque région valorise une spécialité ancrée dans son identité culturelle.
Répartis sur l’ensemble du territoire et échelonnés de janvier à décembre, ces rendez-vous, dont les dates varient selon les saisons et les récoltes, constituent de véritables espaces de transmission du patrimoine culinaire, de dynamisation touristique et de célébration des traditions vivantes, comme le souligne le livret du Centre des Arts, de la Culture et des Lettres – Ksar Saïd (CACL).
La page Facebook Ezzahrouni : Quand les réseaux sociaux deviennent utiles…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
L’une des pages Facebook les plus populaires en Tunisie est la page Ezzahrouni, consacrée à la dénonciation de tous les abus commis par les malfrats et aussi les prestataires de services malveillants. Comment justement rendre utiles les réseaux sociaux ? Il s’agit de la page la plus populaire en Tunisie, et pour cause…
La page Ezzahrouni s’est en effet spécialisée dans la dénonciation des abus en postant des vidéos et des photos des malfrats en train de commettre des vols ou des braquages ainsi que les dépassements des prestataires de services, notamment les commerçants spéculateurs. Face, justement, à la prolifération de la criminalité en Tunisie, les administrateurs de cette page prêtent une main forte aux auxiliaires de la justice en les aidant.
Rien qu’en 2025, la page a permis d’élucider plus de 500 affaires portant sur des vols et des braquages commis dans des magasins ou dans la rue. Dans les commentaires, les internautes n’hésitent pas périodiquement à saluer les efforts des administrateurs de cette page allant jusqu’à la qualifier de page d’utilité publique. « Nous sommes suivis par 700 mille internautes et certaines vidéos collectent plus de 3 millions de vues », nous dira l’un des administrateurs de cette page.
Comment justement rendre utiles les réseaux sociaux ? Pour l’ingénieur en informatique, Fakher Karouida : « Rendre les réseaux sociaux d'utilité publique implique de transformer ces plateformes en outils d'information vérifiée, d'engagement citoyen et de service, plutôt que de simples divertissements. Cela passe par la diffusion de contenus éducatifs, le relais d'informations officielles lors de crises, la promotion d'initiatives locales et la vérification systématique des sources ».
Et d’ajouter : « Les réseaux sociaux font désormais partie intégrante de notre vie quotidienne. Ils permettent de rester connecté avec le monde, d’échanger des idées et de découvrir des contenus inspirants. Cependant, pour en tirer le meilleur parti, il est important de savoir les utiliser de manière responsable et intelligente ». Qu’en est-il des réseaux sociaux en Tunisie ? Du bon et du mauvais…
L’on sait que la Tunisie affiche un taux de pénétration internet de 79 % (environ 10 millions d'utilisateurs), avec des réseaux sociaux ultra-dominés par Meta (Facebook, Instagram) et une croissance fulgurante de TikTok. Facebook reste le leader avec plus de 7 millions d'utilisateurs, tandis que la Génération Z privilégie Instagram et TikTok. Plusieurs de ces réseaux ne sont utilisés cependant que pour se divertir voire à mauvais escient.
Selon notre ingénieur : « Les abus sur les réseaux sociaux en Tunisie, principalement sur Facebook (91% des cas), connaissent une hausse alarmante, incluant cyberharcèlement, chantage, usurpation d'identité et diffusion de contenus violents. Les femmes sont particulièrement visées (4 sur 5), tandis que les mineurs sont exposés à des réseaux de détournement et de chantage numérique.
Plus de 50% des contenus sur les réseaux sociaux sont considérés comme violents, ciblant notamment les femmes, entraînant harcèlement sexuel et cyberharcèlement. L'usage des réseaux sociaux par les 13-17 ans a explosé (+88% entre 2019 et 2022). Des réseaux criminels utilisent le chantage, la pression psychologique et l'appâtage pour exploiter les mineurs.
Les menaces incluent le vol d'informations, l'escroquerie, la diffamation et la désinformation ». Et d’ajouter : « Pour contourner ces failles, il est alors important d’utiliser les plateformes pour des campagnes de sensibilisation, la promotion de projets culturels ou sociaux, et le développement de l'esprit critique.
Assurer également la cohérence visuelle et éditoriale des entités publiques et utiliser les outils de manière responsable pour limiter la dépendance ainsi que transformer les réseaux en espaces d'apprentissage et d'opportunités, plutôt qu'en outils passifs. En résumé, l'utilité publique repose sur une approche proactive et responsable, où le contenu prime sur la viralité superficielle ».
M.B.S.M.
Editorial : L'éveil du dragon - Par Jalel HAMROUNI
Face à l'imprévisibilité diplomatique et commerciale des États-Unis sous Donald Trump, de nombreux dirigeants occidentaux se tournent désormais vers la Chine. Ce mouvement, encore impensable il y a une décennie, révèle une recomposition profonde des équilibres internatio-naux et annonce l'émergence d'un nouvel ordre mondial, plus fragmenté, plus multipolaire et surtout moins centré sur Washington.
Depuis son retour sur le devant de la scène politique, Donald Trump a ravivé une diploma-tie transactionnelle fondée sur le rapport de force, les sanctions unilatérales et la remise en cause des accords multilatéraux. Droits de douane brandis comme arme politique, alliances traditionnelles fragilisées, menaces récurrentes de retrait d'organisations internationales: cette instabilité stratégique inquiète des partenaires historiques des États-Unis, en Europe comme ailleurs. Pour ces pays, la prévisibilité et la continuité sont devenues des denrées rares dans la relation transatlantique.
C'est dans ce contexte que la Chine apparaît, paradoxalement, comme un pôle de stabilité relative. Pékin se présente comme un défenseur du multilatéralisme, du libre-échange et de la coopération économique, un discours qui tranche avec le protectionnisme américain. Sans être dupe des intentions chinoises, nombre de dirigeants occidentaux estiment néanmoins néces-saire de diversifier leurs partenariats afin de réduire leur dépendance à l'égard des États-Unis. La multiplication des visites officielles en Chine, la relance de grands accords commerciaux et les discussions sur les chaînes d'approvisionnement illustrent cette stratégie d'équilibrage.
Ce rapprochement ne signifie pas une adhésion idéologique au modèle chinois. Il s'agit avant tout d'un calcul pragmatique. Dans un monde marqué par l'incertitude, les États cherchent à sécuriser leurs intérêts économiques et stratégiques. La Chine, deuxième puissance écono-mique mondiale, dispose d'un marché immense, d'une capacité industrielle considérable et d'une influence croissante dans les institutions internationales. L'ignorer ou la contenir exclusi-vement par la confrontation apparaît, pour beaucoup, comme une option coûteuse et risquée.
Ce basculement progressif traduit surtout l'effritement de l'ordre mondial unipolaire né après la guerre froide. Pendant des décennies, les États-Unis ont imposé leurs normes, leurs règles et leur vision de la mondialisation. Aujourd'hui, cette hégémonie est contestée non seulement par la Chine, mais aussi par d'autres puissances émergentes qui réclament une place plus importante dans la gouvernance mondiale. Le monde ne s'organise plus aviour d'un centre unique, mais autour de plusieurs pôles d'influence aux intérêts parfois convergents, souvent concurrents.
L'Europe, en particulier, se trouve à la croisée des chemins. Prise entre un allié américain devenu imprévisible et une Chine à la fois partenaire at rival systémique, elle tente de tracer une voie autonome. Cette quête de "souveraineté stratégique" passe par le dialogue avec Pékin, sans renoncer à ses valeurs ni à ses exigences en matière de droits humains. Un exercice d'équilibriste complexe, mais révélateur d'une volonté de ne plus subir les choix des grandes puissances.
Le nouvel ordre mondial qui se dessine n'est ni stable ni clairement défini. Il est fait de compromis, de rivalités et d'alliances à géométrie variable. La Chine y gagne en influence, profitant des errements américains pour étendre son réseau diplomatique et économique. Les États-Unis, eux, risquent de s'isoler s'ils persistent dans une politique fondée sur la contrainte plutôt que sur la coopération. Quant aux autres acteurs, ils apprennent à naviguer dans cet espace multipolaire, cherchant à maximiser leurs marges de manœuvre.
En définitive, le rapprochement des dirigeants occidentaux avec la Chine n'est pas un ren-versement d'alliances, mais le symptôme d'un monde en transition. L'imprévisibilité de Donald Trump agit comme un accélérateur historique, poussant les États à repenser leurs certitudes et leurs dépendances. Le nouvel ordre mondial qui érnerge sera sans doute plus complexe et moins idéalisé que l'ancien, mais il reflète une réalité incontournable: le centre de gravité du monde se déplace, et nul ne peut plus prétendre le contrôler seul.
J.H.
















