Par Imen Abderrahmani
La Tunisie participe au projet international « Food Atlas », une plateforme numérique dédiée à la sauvegarde et à la promotion des traditions culinaires du monde, avec pour ambassadeur national la harissa.
La Tunisie franchit une nouvelle étape dans la valorisation de son patrimoine culinaire avec sa participation au projet international « Food Atlas », une initiative financée par l’Arabie saoudite qui rassemble plus de dix pays de tous les continents.
Une rencontre de présentation de ce projet a été organisée avant-hier au Centre des arts et des lettres Ksar Saïd au Bardo. La rencontre a vu le lancement d’une consultation nationale pour discuter des objectifs de ce projet et définir les éléments culinaires tunisiens à mettre en avant.
Cette session inaugurale a permis de rappeler que ce projet s’inscrit dans le cadre de la Convention de l’UNESCO de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, ratifiée par la Tunisie en 2006. Il vise à identifier, documenter et valoriser des traditions alimentaires à forte valeur culturelle, en les inscrivant sur une plateforme numérique interactive destinée à les préserver et à les transmettre aux jeunes générations. L’initiative met ainsi en lumière le rôle essentiel de la cuisine comme expression vivante de l’identité culturelle et moteur de développement durable.
Pour la Tunisie, le choix s’est porté sur la harissa, plat emblématique dont la préparation et les usages reflètent l’histoire, la société et le rôle des femmes dans la transmission des savoirs culinaires. Il est ainsi à rappeler que la harissa figure depuis 2022 sur la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO, dans la catégorie « Savoirs, savoir-faire et pratiques culinaires et sociales ».
La consultation a rassemblé experts, chercheurs, acteurs du patrimoine et représentants des ministères des Affaires culturelles et du Tourisme. Ensemble, ils ont discuté des meilleures pratiques pour documenter et valoriser les traditions culinaires tunisiennes, en intégrant les recettes, les techniques, mais aussi leur contexte social, économique et culturel.
Les prochaines étapes du projet incluent des ateliers de renforcement des capacités pour spécialistes et professionnels, qui permettront de consolider le cadre national de l’initiative. Au-delà de la harissa, la Tunisie dispose déjà de dix éléments inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, dont le couscous (2020), et continue de mettre à jour son inventaire national de traditions alimentaires. Tant d’autres éléments méritent l’inscription sur la liste de l’UNESCO tels que l’huile d’olive, l’eau de fleur d’orange, « kaak el warka » et l’eau de l’églantier…
Avec « Food Atlas », la Tunisie conjugue tradition et innovation numérique, offrant au monde un aperçu vivant de sa gastronomie et affirmant le rôle de ses pratiques culinaires dans la mémoire et l’identité culturelle nationale. Une plateforme qui promet de transformer chaque recette en véritable ambassadeur de la culture tunisienne.
Imen.A.
*Cartographie des festivals culinaires en Tunisie
Tout au long de l’année, la Tunisie célèbre son patrimoine gastronomique à travers une riche constellation de festivals régionaux qui mettent à l’honneur produits du terroir et savoir-faire locaux. De la Harissa de Nabeul aux dattes de Kébili, de la bsissa de Lamta aux figues de Djebba, en passant par l’huile d’olive, les agrumes, les pistaches, les grenades ou encore les produits de la mer à Mahdia et Kerkennah, chaque région valorise une spécialité ancrée dans son identité culturelle.
Répartis sur l’ensemble du territoire et échelonnés de janvier à décembre, ces rendez-vous, dont les dates varient selon les saisons et les récoltes, constituent de véritables espaces de transmission du patrimoine culinaire, de dynamisation touristique et de célébration des traditions vivantes, comme le souligne le livret du Centre des Arts, de la Culture et des Lettres – Ksar Saïd (CACL).

