Par Hassan GHEDIRI
La guerre au Moyen-Orient, qui suscitent les inquiétudes et amplifie les incertitudes liées à l’envolée des prix du pétrole, pourrait offrir une opportunité inespérée à Tunisie.
C’est incontestablement le prix du pétrole qui suscite le débat dans le monde depuis le début de la guerre américano-sioniste contre l’Iran. Et ce sont des pays comme la Tunisie, qui importent la quasi-totalité de leurs hydrocarbures qui s’inquiètent le plus. Mais, le paradoxe, c’est que l’embrasement du Moyen-Orient est en passe de bouleverser le marché du tourisme international poussant les professionnels et les vacanciers à revoir leurs choix.
C’est ce que peuvent déjà confirmer les changements constatés par les tour-opérateurs européens qui évoquent déjà un phénomène d’annulations massives des réservations vers l’Egypte et les pays du Golfe au profit des pays jugés plus stables.
En France, par exemple, jusqu’à 1,3 million de voyageurs potentiels pourraient renoncer à leurs vacances à l’étranger au printemps et à l’été prochains en raison des inquiétudes liées à la sécurité dans plusieurs destinations traditionnelles du Proche et du Moyen-Orient.
C’est ce que vient de révéler une enquête réalisée par un cabinet spécialisé qui estime, dans le même contexte, que les arrivées touristiques dans la région pourraient reculer de 11 à 27 % en 2026, après plusieurs années de forte croissance.
Ce déplacement probable des flux touristiques représente une opportunité pour certaines destinations méditerranéennes, en particulier celles qui combinent proximité géographique, sécurité et prix compétitifs. La Tunisie apparaît, à cet égard, comme l’un des pays les mieux placés pour capter une partie de cette demande.
Située à moins de trois heures de vol de la plupart des capitales européennes, éloignée des zones de conflit et disposant d’une offre touristique diversifiée, notre pays peut se présenter comme une option sûre et abordable pour les vacanciers européens qui vont certainement renoncer à leurs vacances au Moyen-Orient.
La Tunisie peut s’estimer capable de s’imposer comme un choix incontournable pour ceux qui comptaient voyager dans le Golfe et qui cherchent aujourd’hui une destination de rechange. Le secteur touristique tunisien est déjà engagé dans une dynamique de reprise confirmée en 2025.
Il faut noter que cette dynamique n'est point conjoncturelle.
Notre pays a franchi le cap des 10 millions de visiteurs en 2024, puis atteint 10,033 millions en 2025 (+10,3 %), avec des recettes touristiques dépassant les 3 milliards de dinars. Les réservations des touristes français ont progressé de 13 % selon les chiffres du plus grand syndicat français des entreprises du tourisme et de voyage (SETO).
Un résultat qui positionne la Tunisie parmi les destinations moyen-courrier les plus demandées de la Méditerranée. Notre pays figure par exemple dans le Top 25 mondial «Best in Travel 2026 » de Lonely Planet, le premier éditeur de guides de voyage dans le monde.
Ce regain de confiance confirme que la Tunisie retrouve progressivement sa place parmi les destinations privilégiées des voyageurs européens, grâce à un bon rapport qualité-prix et à une perception sécuritaire nettement améliorée.
La guerre au Moyen-Orient, si elle devait se prolonger, les destinations situées dans la Méditerranée occidentale, telles que la Tunisie, devraient en tirer profit en cette saison 2026.
L’enjeu pour notre pays qui s’expose à une conjoncture économique internationale incertaine consiste donc à saisir l’opportunité qui s’offre dans le tourisme en renforçant sa promotion sur les marchés européens et en mettant en avant les atouts de la proximité, la stabilité et diversité de l’offre touristique.
Dans un contexte où de nombreux voyageurs chercheront avant tout la tranquillité, le pays pourrait se positionner comme l’une des principales alternatives aux destinations devenues trop risquées.
H.G.

