contactez-nous au 71 331 000
Abonnement

Flambée du prix du pétrole : Quel impact sur le tourisme et les TRE ?


Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

La hausse du pétrole en 2026 frappe à la fois le tourisme et les transferts des TRE en renchérissant les transports. Comment la Tunisie peut-elle amortir ce choc ?

Selon certains experts, même si la Tunisie pourrait bénéficier du redéploiement des flux touristiques dans le contexte de la fermeture de l’espace aérien dans les pays du Golfe, des effets négatifs pourraient apparaître par la suite, notamment à travers l’impact sur les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger.

De manière indirecte, ces transferts pourraient également être affectés par la situation en Europe, confrontée à la hausse des prix de l’énergie et au retour du risque inflationniste. Qu’en est-il, alors, de la situation actuelle ?
A cette question, le directeur général de l’Office national du tourisme, Mohamed Mehdi Helloui, a déclaré que les tensions mondiales liées à la guerre en cours au Moyen-Orient n’ont pas eu d’impact significatif sur le tourisme tunisien.

Il a précisé que la baisse du nombre d’arrivées ne dépasse pas 0,8 % jusqu’à la fin du mois d’avril.
Helloui a également souligné l’absence d’annulations de réservations, tout en indiquant que le rythme des réservations reste légèrement ralenti.

Il a expliqué qu’il existe des disparités dans les réservations entre les marchés d’Europe de l’Est et ceux d’Europe de l’Ouest, dans un contexte de vigilance accrue des autorités de tutelle, qui poursuivent leurs efforts de promotion de la destination tunisienne afin d’attirer davantage de touristes étrangers.

Par ailleurs, il a indiqué que les touristes libyens et algériens représentent plus de 50 % des arrivées en Tunisie, insistant sur le fait que les marchés des pays voisins constituent un pilier essentiel de l’activité touristique du pays. Idem pour les transferts des Tunisiens résidents à l’étranger dont les montants envoyés au pays ont dépassé jusqu’à fin mars les 2 milliards dinars.


Un avenir flou…

Même si la Tunisie arrive jusqu’à maintenant à bien s’en sortir, c’est la durée de la guerre en Iran qui va peser lourd à long terme, « L’avenir reste flou et si le conflit va durer plus longtemps, les prix du pétrole vont encore grimper et le déficit lié à l’importation du carburant va se creuser davantage.

Au même la hausse des prix des billets d’avions va contraindre les touristes aux bourses moyennes et les Tunisiens résidents à l’étranger à ne pas voyager d’autant que le tourisme tunisien est un tourisme de masse », nous dira l’expert, Mohamed Salah Jennadi.

Et d’ajouter : « Face à cette réalité, les compagnies aériennes se retrouvent confrontées à deux choix complexes : soit absorber la hausse des coûts au détriment des profits, soit répercuter cette charge sur les passagers.

Des estimations indiquent que de nombreuses compagnies ont déjà commencé à imposer des suppléments carburant ou à revoir les tarifs des vols, en particulier sur les liaisons long-courriers les plus consommatrices de carburant. La réponse ne s’est pas limitée à l’aspect tarifaire, mais s’est étendue à la structure opérationnelle.

Plusieurs compagnies ont ainsi eu recours à la réduction des vols sur les lignes les moins rentables, à la suppression de certaines liaisons, ainsi qu’à la diminution de la capacité opérationnelle et à la reprogrammation des vols afin de réduire la consommation de carburant.

Par ailleurs, certaines compagnies se sont orientées vers l’exploitation d’avions plus économes en énergie, une démarche que les analystes jugent d’effet limité à court terme, mais qui reflète une orientation stratégique à long terme. La campagne Tunisair et la CTN doivent alors s’adapter à cette donne ce qui impactera les prix de leurs billets et donc moins de voyageurs et un chiffre d’affaires en baisse ».

À court terme, la Tunisie tient le cap, portée par la solidité de ses marchés de proximité et une demande touristique encore présente. Mais si la flambée des prix du pétrole devait s’inscrire dans la durée, l’équilibre resterait fragile : entre hausse des coûts, ralentissement des flux et pression sur les transferts, c’est toute la dynamique économique qui pourrait être mise à l’épreuve.

M.B.S.M.

Partage
  • 25 Avenue Jean Jaurès 1000 Tunis R.P - TUNIS
  • 71 331 000
  • 71 340 600 / 71 252 869