L’Union des artistes plasticiens tunisiens: Un appel à participation pour les artistes pour les expos 2026
L’Union des artistes plasticiens tunisiens (UAPT) organise, en collaboration avec la Galerie des Arts de Ben Arous, la onzième édition de la série d’expositions collectives "Mahattat".
Dans ce cadre, le bureau directeur a, dans un communiqué, adressé un appel à participation à l’ensemble des membres adhérents pour participer à ce prochain rendez-vous artistique.
Chaque artiste peut se porter candidat avec une seule œuvre, de format et de technique au choix, à condition qu’elle soit récente, inédite et n’ait jamais été exposée auparavant. L’œuvre doit répondre aux conditions d’exposition et de sécurité, et ses dimensions ne doivent pas dépasser 1,80 mètre de largeur. Les œuvres doivent être déposées avant le 10 février 2026, exclusivement au siège de l’Union.
L’organisation de cette manifestation est assurée, selon la même source, par une commission indépendante composée de membres de l’Union, chargée de la sélection, du tri et de la répartition des œuvres dans l’ensemble des espaces réservés à l’exposition.
FIDMarseille: Ouverture des inscriptions
Le Festival International de Documentaire de Marseille (FIDMarseille) a annoncé l’ouverture des inscriptions pour sa 37e édition, prévue du 7 au 12 juillet 2026 dans la ville de Marseille, en France.
Les films produits en 2025 peuvent être inscrits jusqu’au 31 janvier 2026, tandis que ceux produits en 2026 ont jusqu’au 15 mars 2026 pour soumettre leurs candidatures. Les œuvres réalisées après le 1er janvier 2025 sont éligibles.
Le FIDMarseille, reconnu comme un festival majeur du cinéma indépendant, propose une programmation diversifiée, incluant des fictions et des documentaires, courts et longs métrages, en provenance du monde entier. Près de la moitié des films projetés sont en compétition.
Les réalisateurs intéressés doivent consulter le règlement et les instructions de soumission disponibles sur le site du festival. Pour toute information complémentaire, ils peuvent contacter l’équipe de programmation à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..
Entre pluies, érosion marine et glissements : Missions d’urgence pour sauvegarder le patrimoine
Par Imen Abderrahmani
Les pluies exceptionnelles et l’érosion marine ont mis à rude épreuve plusieurs sites archéologiques et patrimoniaux, en particulier sur le littoral. Face à l’urgence, l’Institut national du patrimoine (INP) intensifie les évaluations de terrain et les opérations de sauvegarde.
Les récents épisodes climatiques, marqués par de fortes précipitations et une intensification de l’érosion côtière, ont accentué la vulnérabilité de nombreux sites archéologiques à travers le pays. Affouillement des sols, instabilité géologique et mise au jour de vestiges enfouis figurent parmi les principaux impacts observés, notamment dans les zones littorales.
Dans ce contexte, le directeur général de l’Institut national du patrimoine (INP), Tarek Baccouche, a effectué, au début de la semaine, une visite de terrain dans le gouvernorat de Nabeul, ciblant notamment le site de Neapolis et la zone de Sidi El Mahressi.
Accompagné d’équipes scientifiques et techniques, il a précisé que cette mission s’inscrit dans une série d’opérations d’évaluation, de documentation et de fouilles de sauvetage menées sur les sites côtiers affectés par l’érosion marine, lit-on sur la page facebook du ministère des Affaires culturelles et de l’INP. Des équipes spécialisées ont également été déployées à Demna et Oued El Ksab, près de Kerkouane, ainsi que sur l’ensemble du littoral du Cap Bon, précisent ces mêmes sources.
Selon l’INP, les perturbations climatiques ont provoqué la réapparition de vestiges archéologiques déjà connus, notamment à Neapolis, Hammamet et Nabeul. Ces découvertes, si elles confirment la richesse du sous-sol archéologique, exposent les vestiges à des risques accrus de dégradation et de pillage, rendant indispensable une réévaluation scientifique rigoureuse et des interventions rapides.
Depuis quelques jours, un groupe de travail conjoint réunissant l’INP et l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (AMVPPC) s’active autour du musée archéologique de Salakta. Les équipes ont entamé des opérations préparatoires comprenant des prospections archéologiques et une première documentation scientifique des vestiges mis au jour à la suite des récentes intempéries. Ces travaux précèdent le lancement, la semaine prochaine, d’une fouille de sauvetage programmée, menée conformément aux normes scientifiques en vigueur en matière de recherche archéologique et de conservation du patrimoine.
Bilan lourd et appel à l’ordre
Parallèlement, l’INP prépare un plan d’intervention dédié à la protection des sites à forte valeur patrimoniale, en coordination avec plusieurs institutions, dont l’Agence de protection et d’aménagement du littoral. Le coût élevé et la complexité technique des opérations, en particulier dans les zones soumises à une érosion continue, constituent un défi majeur. Des projets intégrés, comme celui en cours à Hammamet, ainsi que des études menées avec des partenaires spécialisés, visent à garantir une préservation durable des sites menacés.
Au-delà des sites archéologiques, les récents glissements de terrain sur la colline de Sidi Bou Saïd soulèvent de sérieuses interrogations quant à l’avenir du Centre des musiques arabes et méditerranéennes Ennejma Ezzahra. Monument emblématique du patrimoine architectural et musical tunisien, le palais se trouve exposé à des risques géotechniques préoccupants. En l’absence d’annonces officielles sur les mesures à venir, le flou entourant son devenir met en lumière la fragilité des institutions patrimoniales face aux effets du changement climatique et l’urgence d’actions préventives structurées.
Dans ce contexte sensible, l’Institut national du patrimoine a récemment alerté sur la multiplication d’interventions médiatiques émanant de personnes non qualifiées, mettant en garde contre les risques de désinformation susceptibles de compromettre la protection du patrimoine national. Il rappelle que l’interprétation et la communication relatives aux vestiges archéologiques relèvent exclusivement des spécialistes habilités et appelle les professionnels des médias à faire preuve de rigueur et de discernement.
L’INP souligne, dans ce même communiqué, que la sauvegarde du patrimoine constitue une responsabilité collective. Les citoyens sont invités à adopter un comportement responsable et à signaler toute dégradation, fouille clandestine ou atteinte aux sites archéologiques, afin de permettre une intervention rapide. Dans un contexte de dérèglement climatique, la protection du patrimoine apparaît plus que jamais comme un enjeu majeur, appelant à une mobilisation concertée des institutions et de la société civile.
L’hiver 2026 s’annonce particulièrement difficile pour l’archéologie tunisienne. Face aux effets conjugués des pluies, des glissements et de l’érosion, un vaste chantier de restauration, de fouilles et d’évaluation attend les experts, dans l’espoir de préserver les sites en attendant un retour à une stabilité météorologique qui permettra d’agir de manière durable.
Imen.A.
Inclusion financière en Tunisie : Des inégalités à combattre par la digitalisation
Par Hassan GHEDIRI
De grandes disparités persistent en Tunisie en matière d’accès aux services bancaires que l’émergence d’un écosystème de technologies financières peine à y remédier…
Retirer ou transférer de l’argent, contracter un prêt ou tout simplement payer par carte… des gestes du quotidien, devenus presque indispensables pour tous les Tunisiens, et qui nécessitent un accès aux services financiers ne sont pas démocratisés. Beaucoup de disparités existent et qui privent des pans entiers de la population des services essentiels.
C’est une des anomalies repérées dans la nouvelle étude réalisée par l’Institut tunisien des études stratégiques publiée en ce mois de janvier et intitulée : « Quelle transformation pour un système financier équitable, inclusif et moderne ? ».
Les auteurs de cette étude constatent, entre autres, une concentration marquée des services financiers tant sur le plan géographique que sectoriel, au profit d’un nombre restreint d’acteurs. Les grandes entreprises situées dans les zones urbaines captent la majeure partie des financements confirmant une orientation prudente centrée sur les acteurs établis et fortement capitalisés.
L’ampleur de la disparité se manifeste notamment à travers la concertation de deux tiers des agences bancaires (67%) dans le Grand Tunis et le Sahel, renforçant par le même fait la dynamique négative d’exclusion financière des régions intérieures, malgré la présence de structures locales de microfinance.
De nombreuses zones situées généralement à l’intérieur du pays et qui affichent un fort potentiel entrepreneurial mais qui sont faiblement équipées en infrastructures financières peinent ainsi à attirer les capitaux nécessaires à leur développement.
Si dans beaucoup de pays l’innovation technologiques et la numérisation des services financiers ont pu proposer des réponses appropriées à la problématique des disparités et de l’exclusion financière, l’étude de l’ITES note que les Fintech et prestataires de services de paiement, bien que porteurs de modernisation et de numérisation, peinent à s’intégrer aux filières financières traditionnelles en Tunisie.
Contribution limitée
On souligne dans la même optique que les solutions fintech restent marginales et peu intégrées aux chaînes de valeur, avec une adoption encore principalement urbaine et une forte dépendance vis-à-vis des banques et de la BCT pour l’accès aux infrastructures et aux données. Sur un autre plan, la contribution des paiements électroniques reste limitée et ce malgré une augmentation de 30% au cours de 2025.
De plus, l’adoption des services numériques demeure inégale géographiquement. Les zones intérieures restent doublement pénalisées en raison du manque d’infrastructures digitales et de la forte dépendance au cash.
Il y a lieu de rappeler quand même que cela fait plus de sept ans que la Tunisie a affiché, pour la première fois, la volonté d’intégrer l’écosystème des technologies innovantes appliquées au domaine financier, appelées Fintech. En 2018, la BCT a annoncé la mise en œuvre d’une stratégie de développement du système financier dans laquelle la promotion des Fintech constitue une composante fondamentale.
Pour favoriser l’émergence des Fintech en tant que nouveaux acteurs sur le marché, contribuant à la diversification de l’offre des services financiers digitaux et à l’inclusion financière, la BCT, de par son rôle de régulation, a mis en place en 2020 un environnement informatique réglementant l’écosystème des Fintech. Le dispositif est censé faciliter la transformation digitale du système financier en Tunisie en accélérant l’intégration des acteurs innovants.
L’idée est aussi de créer une concurrence saine dans le marché financier à même d’inciter les banques à se remettre en question, à repenser leurs modèles et à revoir leur relation client et leurs services.
Se montrant pourtant assez prudente, la BCT est restée attachée à une approche équilibrée dans laquelle les risques sont appréhendées avec un souci grandissant de préserver le fonctionnement sain du système financier dans le pays. La démarche adoptée, qui consiste à ouvrir les portes aux nouvelles Fintech et start-up innovantes afin de développer les services de paiement, a maintenu certaines restrictions afin de limiter les risques.
H.G.
De lourdes peines contre des trafiquants de drogue : La justice peut-elle, à elle seule, lutter contre ce fléau ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Les lourdes peines prononcées mercredi dernier par la justice tunisienne à l’encontre de trafiquants de drogue sont-elles de nature à lutter contre le trafic des stupéfiants ?
La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a prononcé des peines de prison allant de 45 à 55 ans à l’encontre de seize personnes impliquées dans l’un des réseaux internationaux les plus dangereux de trafic de drogue et de blanchiment d’argent, opérant entre deux pays de l’Union européenne et la Tunisie. Selon Radio Mosaîque fm, parmi les condamnés figurent des agents d’un établissement public ainsi qu’un fonctionnaire.
Des drogues et des sommes d’argent d’une valeur dépassant les trois millions de dinars ont été saisies dans le cadre de l’enquête. Selon le dossier de l’affaire, les agents de la sous-direction de lutte contre les stupéfiants d’El Gorjani ont, après trois mois de travail de renseignement et de surveillance, réussi en novembre 2023 à démanteler ce réseau opérant via le port de La Goulette, après l’introduction de drogues en provenance de deux pays européens.
Les investigations ont conduit à l’arrestation de six agents d’un établissement public, d’un fonctionnaire, d’un chauffeur de taxi, de deux femmes et d’autres suspects, à la suite de plusieurs descentes simultanées. Cette affaire montre bien que la Tunisie n’est plus un pays de transit pour les réseaux de drogue, mais plutôt un marché à part entière pour écouler leurs poisons. Ces lourdes peines sont-elles de nature à lutter contre le trafic des stupéfiants ?
A ce sujet, l’actviste et juriste, Salem Chérif, estime que « certes, la justice doit sévir en condamnant sévèrement les trafiquants et prononcer des peines lourdes sans faire bénéficier les accusés d’aucun moyen de grâce, mais, il est également important de renforcer les moyens de lutte en amont sur les routes de la drogue ». La Tunisie a-t-elle justement les moyens pour mettre en place des stratégies efficaces dans sa lutte contre ce fléau ?
Briser la chaîne… Cannabis, cocaïne, héroïne, nouveaux produits de synthèse… la liste n’est pas exhaustive. Les consommateurs appartiennent à toutes les classes d’âge, « Il s’agit d’une chaîne meurtrière où les victimes se comptent par milliers. Alors, les autorités sont appelées à briser cette chaîne », nous dira notre interlocuteur du jour à savoir, le juriste, Salem Chérif. ET d’ajouter : « La consommation de cannabis a continué d’augmenter et comptait des milliers millions d’usagers.
Elle concerne plus la tranche d’âgé allant de 18 à 64 ans mais aussi les plus jeunes générations. En 2022, plus de 30 % des adolescents âgés de 17 ans en avaient déjà consommé. La drogue s’invite aussi dans les cours d’école notamment sous la forme du protoxyde d’azote ». Selon Chérif : « Le trafic des stupéfiants draine dans son sillage des victimes toujours plus nombreuses et plus jeunes.
Par exemple, les réseaux mafieux engagent aujourd’hui de plus en plus de mineurs parce qu’ils encourent des peines légères. Face à la menace, il est primordial d’agir, alors, de manière ferme et déterminée contre les trafiquants de drogue. Il est également nécessaire de renforcer l'arsenal législatif et humain et de lutter plus efficacement contre le trafic des stupéfiants, selon une stratégie globale.
En France, par exemple, la nouvelle loi sur la drogue comporte le renforcement de la possibilité de saisie des biens des trafiquants, de fermeture des commerces qui réalisent du blanchiment d’argent, de soumettre l’obligation aux loueurs de voiture de vérifier l’origine des fonds et la création d’une procédure administrative d’urgence de gel des avoirs afin d’agir directement sur le patrimoine des trafiquants.
En responsabilisant chaque citoyen, cette loi entend briser les chaînes du marché illégal et contribuer à la réduction de l'offre et de la demande. La Tunisie est appelée à faire de même si elle veut lutter efficacement contre les réseaux de drogue ».
M.B.S.M.
Forum Chokri Belaid des Arts : Pour que la mémoire reste vivace
La maison de la culture Chokri Belaid à Jbel Jloud, près de Tunis, organise la 9e édition du Forum Chokri Belaid des Arts, du 1er au 7 février 2026, sous le thème « Des arts qui luttent et une mémoire qui se renouvelle ».
Cet événement, dédié au martyr tunisien Chokri Belaid, assassiné le 6 février 2013, rend hommage à son héritage intellectuel et humain à travers une programmation diversifiée mêlant arts plastiques, littérature, musique, cinéma et réflexion.
Le forum débutera par l’inauguration d’une fresque de l’artiste Mohamed Ali Darouich et d’une exposition documentaire consacrée à Chokri Belaid, accompagnée d’une projection vidéo et d’une exposition caricaturale. Le programme se poursuivra le 2 février avec des ateliers créatifs ouverts aux jeunes et enfants, ainsi que des ateliers participatifs autour de la poésie et du dessin.
Les jours suivants, une table ronde, un atelier sur l’intelligence artificielle, une performance artistique et la projection d’un film pour enfants enrichiront le programme.
L’événement se clôturera le 7 février par une conférence intellectuelle, suivie de la présentation d’œuvres choisies du martyr et d’une lecture de son œuvre.
Sur les colonnes de la revue cinématographique « Notre Regard » : Le cinéma tunisien entre réforme attendue et rayonnement international
La revue « Notre Regard sur les cinémas arabes et africains » a salué dans son 4ème, numéro, paru en décembre 2025, une avancée législative majeure en Tunisie, tout en mettant en lumière la portée internationale du cinéma de la région.
Revue numérique semestrielle, éditée à Paris, « Notre Regard sur les cinémas arabes et africains », a consacré un éclairage appuyé à l’adoption par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) d’un fonds d’encouragement à l’investissement cinématographique et audiovisuel en Tunisie. Présentée comme une étape décisive, cette mesure est intégrée à la loi de finances 2026, précisément à l’article 61, et s’inscrit dans un processus de réforme de fond du secteur.
Dans son éditorial intitulé « Les bonnes nouvelles de fin d’année », la rédaction estime que ce fonds constitue l’un des piliers structurants d’un projet global de refonte du cadre cinématographique tunisien. Il marque, selon la revue, l’aboutissement d’années de mobilisation collective menées par les professionnels du cinéma, les producteurs, les réalisateurs et les associations spécialisées, en vue de moderniser un arsenal juridique longtemps jugé inadapté aux réalités contemporaines et hérité pour l’essentiel des années 1960.
La revue souligne cependant que cette avancée législative reste tributaire de sa mise en œuvre effective. L’activation du fonds dépend en effet de la signature d’une convention tripartite réunissant le ministère des Affaires culturelles, le ministère des Finances et le Centre national du cinéma et de l’image (CNCI). « Notre Regard » appelle ainsi à une vigilance accrue quant à la phase d’application, considérée comme déterminante pour la crédibilité de la réforme.
Parallèlement à cette analyse institutionnelle, le numéro met en exergue, en couverture, le film « La Voix de Hind Rajab », consacré au destin tragique d’une enfant palestinienne tuée à Gaza, alors qu’elle attendait les secouristes. Le film qui repose sur des enregistrements audio des communications entre la fille, Hind Rajab, et l’équipe du Croissant Rouge à Gaza a réussi à figurer dans les grands festivals de cinéma, faisant entendre la voix de cette fillette palestinienne et des milliers d’autres qui souffrent au quotidien de la barbarie sioniste.
Réalisé par Kaouther Ben Hania, le long- métrage a été officiellement sélectionné pour représenter la Tunisie à la prochaine cérémonie des Oscars. Il figure parmi les cinq finalistes en lice pour l’Oscar du Meilleur long- métrage international lors de la 98ᵉ cérémonie des Academy Awards, prévue le dimanche 15 mars 2026 au Dolby Theatre de l’Ovation Hollywood, à Los Angeles. Une reconnaissance que la revue interprète comme la confirmation de la capacité du cinéma tunisien et régional à porter des récits profondément politiques et humains sur la scène mondiale.
Ce quatrième numéro coïncide également avec le deuxième anniversaire de « Notre Regard », qui annonce l’élargissement de son comité de rédaction à des critiques et experts venus du Sénégal, du Burkina Faso et d’Algérie, renforçant ainsi son ancrage panafricain et arabe. Enfin, à travers un dossier central consacré à la sauvegarde des archives, intitulé Préserver notre patrimoine cinématographique, c’est donner un avenir à notre passé, la revue rappelle que la conservation des œuvres et de la mémoire filmique demeure un enjeu stratégique pour penser l’avenir du cinéma tunisien, entre transmission, identité et modernité.
Nouveau rendez-vous pour la conférence sur l’histoire de l’abolition de l’esclavage
L’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts Beit al-Hikma a annoncé une nouvelle date pour la rencontre consacrée à l’abolition de l’esclavage et à l’élan réformiste du XIXe siècle, initialement programmée le 23 janvier 2026.
Ce rendez-vous verra la tenue d’une conférence historique et la projection d’un film documentaire qui se tiendra le mercredi 04 février prochain.
La rencontre s’ouvrira par une conférence du professeur Abdelhamid Henia intitulée « L’exception tunisienne sous le règne d’Ahmed Bey (1837-1855) et son équipe réformiste (islahiste) ». L’intervention revient sur une période charnière de l’histoire tunisienne, marquée par des réformes politiques et sociales qui ont fait de la Tunisie un précurseur dans l’espace arabo-musulman.
La conférence sera suivie de la projection du film La Liberté en acte du réalisateur Hichem Ben Ammar. Le documentaire retrace l’abolition officielle de l’esclavage en Tunisie en 1846, faisant du pays le premier État du monde arabo-musulman à prendre une telle décision. À partir d’archives, de documents iconographiques et de témoignages contemporains, le film interroge les dimensions politiques, économiques et théologiques de cette abolition, ainsi que ses résonances dans le présent.
La manifestation se tiendra à 15h00 au Palais de l’Académie, à Carthage Hannibal.
Editorial : Le marécage de toutes les incertitudes …
Par Chokri Baccouche
Le président américain, Donald Trump, et son alter-ego israélien, Netanyahu, n’en finissent pas de magouiller contre le régime des mollahs en Iran qu’ils veulent abattre coûte que coûte, et ce, pour des raisons de convenances géostratégiques. Après la première manche d’une guerre qui leur a révélé bien des surprises désagréables, les deux larrons en folie reviennent ces derniers jours à la charge avec la ferme détermination d’aller, cette fois-ci, au bout de leurs macabres intentions.
La propagande bat actuellement son plein et les bruits de bottes résonnent comme le tocsin dans ce Moyen-Orient, perpétuel théâtre d’ineffables tragédies qui s’égrènent comme un long chapelet de heurts et de malheurs depuis des décennies. Américains et Israéliens aiguisent leurs armes selon les informations, assez orientées il faut le reconnaitre, qui parviennent des principales agences de presse occidentales.
Les premiers ont dépêché sur place, semble-t-il, une puissante force navale composée d’un gros porte-avions et plusieurs autres bâtiments de guerre armés jusqu’aux dents avec missiles de croisière et tout le tralala et les deuxièmes font comme les poissons pilotes collés au dos du squale : Ils haranguent la bête féroce pour l’inciter à attaquer la proie en promettant d’achever le travail et, partant, donner le coup de grâce à leur victime expiatoire.
Le scénario est donc fin prêt et le décor est planté. On n’attend plus que l’entrée en scène des acteurs et le déclenchement de cette énième et sordide guerre aux conséquences très incertaines. Tic, tac, tic, tac ! Les aiguilles de l’horloge censée donner le coup d’envoi de cette expédition guerrière américano-sioniste semblent s’être figées sans que personne ne sache pour quelle raison.
Au fil des jours et des heures, on apprend ainsi que d’autres acteurs, poids lourds, sont entrés en scène en catimini pour prêter main-forte à leur allié iranien, faussant ainsi les calculs des états-majors américains et israéliens.
Les bruits persistants qui courent à ce propos font état d’un pont aérien entre Pékin et Téhéran : des dizaines d’avions cargo chinois pleins à craquer d’équipements militaires dont notamment des systèmes de défense anti-aériens ultra-perfectionnés auraient atterri ces derniers jours en Iran. Voilà qui change la donne et tempère logiquement l’ardeur belliqueuse de nos deux larrons, contraints apparemment de prendre leur mal en patience en attendant d’y voir plus clair.
Aussi bien la CIA que le Mossad sont actuellement sur les dents pour résoudre cette nouvelle « énigme » et éviter ainsi aux bidasses des deux pays de foncer tête baissée dans un dangereux marécage où ils risquent de laisser des plumes.
Ils semblent d’autant plus déterminés à prendre au sérieux cette affaire que l’Iran s’est révélé être un ennemi coriace comme le prouve d’ailleurs la remarquable performance qu’il a réussi à réaliser avec brio lors de la première manche il y a quelques mois. Pour rappel, les missiles iraniens avaient transformé le fameux « Dôme de fer », le système de défense aérienne mobile israélien, en véritable passoire.
La suite, tout le monde la connait désormais : le mythe de l’invulnérabilité de l’entité sioniste a volé en éclats, en même temps que l’infrastructure, les bases militaires et les sites de production stratégiques du pays. Bref, tel est pris celui qui croyait prendre : habituée à guerroyer contre des populations palestiniennes ou libanaises vulnérables, l’armée israélienne « la plus morale du monde » est tombée sur un ennemi coriace et s’est cassé les dents.
L’hypothèse que la Chine ait livré des armes de dernière génération à l’Iran est fort plausible. Quand on sait que Téhéran fournit à Pékin 40% de ses besoins en énergie fossile, on comprend mieux l’enjeu particulièrement pour les dirigeants chinois et pour cause ! La Chine qui achetait 80% de la production pétrolière du Venezuela vient d’être privée comme on le sait de cette précieuse manne énergétique, après le récent coup d’Etat américain contre le régime de l’ancien président vénézuélien Maduro.
Un changement de régime en Iran risque, par conséquent, d’étouffer l’économie chinoise et casser net sa dynamique de croissance. Et c’est cela même, justement, le but recherché par la Maison Blanche qui veut neutraliser par tous les moyens ce rival coriace qui menace le leadership américain dans le monde. Bref, on peut dire qu’au regard des enjeux, cette nouvelle guerre qui se profile à l’horizon promet apparemment des rebondissements spectaculaires et des surprises en cascade.
Finalement, les Etats-Unis qui tentent aujourd’hui de vendre aux Iraniens le fils de l’ancien Shah, chassé du pouvoir comme un malpropre et mort dans la misère, comme une alternative au pouvoir des mollahs, sont peut-être allés trop vite en besogne.
Dans leur quête désespérée de mettre sous leur botte l’ensemble du Moyen-Orient, en venant à bout de la dernière poche de résistance iranienne, ils ont oublié qu’il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Encore moins sous-estimer les capacités et l’intelligence d’un peuple à la civilisation millénaire qui lutte pour sa survie. Et qui est certainement capable de tenir la dragée haute aux prédateurs qui lui cherchent noise pour des considérations bassement hégémoniques et expansionnistes…
C.B.
Ligue 1 : Programme de la 19e journée
La Ligue Nationale de Football Professionnel vient de rendre public le programme de la dix-neuvième journée de la Ligue 1 qui se jouera ce week -end. Une journée qui sera amputée de la rencontre entre l'ASSoliman et l'Espérance de Tunis car les Sang et Or, engagées en Ligue des champions, évolueront dimanche en Tanzanie où ils croiseront le fer avec Simba.
Le programme
Samedi 31 janvier 2026
14h00
CA -CAB
JSK -OB
USBG- ESZ
Dimanche 1er février 2026
JSO- CSS
USM- ASM
ASG- ESS
ESM- ST
J.B.
France : Un Tunisien, demandeur d'asile, tué dans l'Eure
Un homme âgé de 40 ans et de nationalité tunisienne, a été tué par une attaque à l’arme blanche devant un foyer de demandeurs d'asile à Vernon, dans l'Eure, en France et ce, dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 janvier. D’après des sources policières qui ont ouvert une enquête, l’auteur des faits est toujours en fuite. De ce fait, aucune interpellation n'avait été effectuée pour le moment.
Le décret 54 dans le collimateur du législateur : Quand l’amendement devient urgent et nécessaire...
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le président de la Commission de la législation générale, Faouzi Daas, a confirmé avant-hier que l’amendement du décret 54 figurera en tête de l’agenda de la session parlementaire en cours. Quels sont les changements attendus et que faire pour garantir le principe de la liberté d'expression ?
Alors que le débat bat plein en Tunisie concernant l'utilité du fameux décret 54 et alors que les appels se multiplient pour l'abolir, l'Assemblée des représentants du peuple a finalement réagi à ces revendications et c'est le président de la Commission de la législation générale, Faouzi Daas, qui a confirmé que l’amendement du décret 54 figurera en tête de l’agenda de la session parlementaire en cours.
Selon, le député Faouzi Daas : " La révision du décret-loi 54, relatif aux infractions liées aux systèmes d’information et à la communication numérique, s’impose désormais comme un chantier prioritaire au Parlement". Et d'ajouter : " Cette annonce relance officiellement un dossier hautement sensible, au cœur du débat public depuis plusieurs années ".
Dans une déclaration accordée à la radio, Diwan fm, et relayée par Web Faouzi Daas a reconnu que " l’application du décret 54 a conduit à un rétrécissement notable de l’espace politique et médiatique ", évoquant " les nombreuses poursuites judiciaires engagées contre des citoyens sur la base de ses dispositions.
Ce constat, largement partagé dans les milieux professionnels et associatifs, a renforcé la pression en faveur d’une révision en profondeur du texte ". Quels sont les changements attendus et que faire pour garantir le principe de la liberté d'expression ?
Un décret qui divise...
Interrogé à ce sujet, le juriste et universitaire, Salem Chérif, estime que " parmi les articles qui demande un amendement urgent est l'article 24 qui est dans le viseur du législateur ". Selon en effet la déclaration du député Daas donnée à Radio Diwan et relayée par Webdo, " L'application du décret 54 a conduit à un rétrécissement notable de l’espace politique et médiatique, évoquant les nombreuses poursuites judiciaires engagées contre des citoyens sur la base de ses dispositions.
Ce constat, largement partagé dans les milieux professionnels et associatifs, a renforcé la pression en faveur d’une révision en profondeur du texte. La commission prévoit d’ouvrir une série d’auditions élargies associant le gouvernement, le Syndicat national des journalistes tunisiens, l’Ordre national des avocats, l’Association des magistrats, ainsi que des experts et des représentants de la société civile.
L’un des points centraux du débat devrait porter sur l’article 24, dont les peines sont jugées particulièrement lourdes par de nombreux acteurs. L’objectif affiché est de réexaminer certaines dispositions devenues, selon leurs détracteurs, sources d’abus d’interprétation et de dérives dans l’application judiciaire".
« La révision annoncée du décret-loi 54 apparaît ainsi comme un test décisif pour le Parlement : saura-t-il transformer une pression sociale et professionnelle grandissante en une réforme équilibrée, protectrice à la fois de l’ordre public et des droits constitutionnels ?
Les auditions prévues pourraient marquer un tournant, à condition qu’elles ne se limitent pas à un exercice de forme, mais débouchent sur des amendements clairs, précis et conformes aux standards démocratiques », nous dira le journaliste Anderraouf Bali.
Au-delà du seul article 24, c’est toute la philosophie du texte qui est désormais interrogée. Entre sécurité juridique et liberté citoyenne, le législateur est face à un choix déterminant.
Car de cette révision dépend moins la correction d’un article que la crédibilité même de l’engagement de l’État à garantir un espace public libre, ouvert
et démocratique.
M.B.S.M.
Sous le chapiteau de « Paparouni » à Carthage : Laissez-vous émerveiller par ce « Jungle book » revisité
Le cirque tunisien « Paparouni » s’installe à Carthage à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 8 février 2026 pour y présenter son nouveau spectacle de cirque contemporain intitulé « Jungle Book ». Un rendez-vous où l’émerveillement semble être son mot clé.
Proposé sous un chapiteau de fabrication tunisienne spécialement aménagé pour accueillir cette production, le nouveau spectacle promet aux petits comme aux grands des moments inédits.
Inspirée de l’œuvre mondialement connue de l’écrivain britannique Rudyard Kipling, le spectacle « Jungle Book » repose sur une interprétation artistique contemporaine. Il s’appuie sur une narration visuelle fondée sur l’expression corporelle et les arts du cirque moderne. L’intrigue retrace le parcours d’une jeune fille au cœur de la jungle, où elle rencontre des personnages et des créatures symboliques qui l’accompagnent dans un cheminement interrogeant la relation entre l’être humain et la nature. La construction dramatique repose sur une succession de tableaux circassiens marqués par des numéros acrobatiques à haut niveau de technicité.
D’une durée d’environ une heure et demie, le spectacle réunit 16 artistes tunisiens, soutenus par une équipe de techniciens spécialisés dans les domaines de l’éclairage, du son et de la scénographie. Les performances proposées alternent notamment entre acrobaties aériennes et disciplines d’équilibre.
Le chapiteau, installé face à la mosquée Anas Ibn Malek à Carthage (anciennement mosquée Al Abidine), se distingue par une hauteur atteignant 12 mètres et un diamètre de 30 mètres, pour une capacité d’accueil estimée à 600 spectateurs. L’espace est équipé de technologies modernes en matière d’éclairage et de musique, ainsi que d’installations techniques répondant aux exigences du cirque contemporain. Le dispositif comprend également une salle d’accueil, une salle principale de spectacle, ainsi qu’un espace arrière réservé aux artistes.
Au Centre d’art B7L9 : Tunis, laboratoire politique et intellectuel de Frantz Fanon
Le Centre d’art B7L9 accueillera, demain, le vendredi 30 janvier à 19h00, une conversation avec le professeur et auteur tunisien Mohamed Kerrou consacrée au séjour tunisien de Frantz Fanon (1925-1961). Cette rencontre propose de revisiter une période déterminante de la vie de l’écrivain, psychiatre et militant anticolonialiste, qui a vécu et travaillé à Tunis durant les dernières années de sa trajectoire intellectuelle et politique.
Du printemps 1957 à l’automne 1961, Frantz Fanon s’installe en Tunisie, alors fraîchement indépendante, dans un contexte régional marqué par la guerre de libération algérienne.
À Tunis, il exerce la psychiatrie tout en jouant un rôle central au sein du Front de libération nationale (FLN). Ce double engagement, à la fois médical et politique, fait de son passage par la capitale tunisienne un moment charnière où s’entrelacent pensée théorique, action militante et pratique clinique.
S’appuyant sur des sources écrites et orales, la conférence-débat animée par Mohamed Kerrou entend interroger les conditions professionnelles et politiques dans lesquelles Fanon a évolué en Tunisie. Il s’agira également de comprendre comment cet espace, à la croisée des luttes africaines et maghrébines, a contribué à façonner une pensée radicale de la décolonisation, attentive aux mécanismes de domination, de racisme et de discrimination, notamment à l’égard des migrants.
Le parcours intellectuel de Frantz Fanon se déploie en trois grandes séquences. Entre 1951 et 1953, en France, il découvre la condition des travailleurs maghrébins, rencontre le psychiatre François Tosquelles et publie Peau noire, masques blancs, œuvre fondatrice sur l’aliénation raciale. De 1953 à 1957, en Algérie, à la tête du service psychiatrique de l’hôpital de Blida-Joinville, il analyse les effets psychiques de la colonisation sur les colonisés comme sur les colonisateurs. Enfin, de 1957 à 1961, à Tunis, il fonde le centre psychiatrique de jour à l’hôpital Charles Nicolle, enseigne à l’Université de Tunis et rédige Les Damnés de la terre, tout en documentant les formes d’oppression et d’aliénation au sein des sociétés postcoloniales.
En revisitant cette période tunisienne souvent méconnue, la rencontre au centre B7L9 invite à redécouvrir un Fanon profondément ancré dans les réalités africaines, à la fois théoricien et praticien, engagé dans une pensée en mouvement, indissociable des combats de son temps.
Editorial : Un non-sens économique et social - Par Hassan GHEDIRI
Le taux de chômage en Tunisie s’est établi à 40,1% de la population active âgée de 15 à 24 ans, selon les indicateurs du troisième trimestre de 2025 communiqués par l’Institut national de la statistique (INS).
Notre pays figure parmi les plus touchés dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) qui affiche, par ailleurs, le taux de chômage parmi les jeunes le plus élevé au monde. La Tunisie, le Liban, la Libye, le Yémen, l’Irak et la Jordanie déclarent en fait des taux de chômage des jeunes qui dépassent le double de la moyenne mondiale, et ce, selon les observations de l’Organisation internationale du travail.
D’ici 2050, près de 300 millions de jeunes dans la région MENA seront à la recherche d’emploi, avait alerté, à son tour, la Banque mondiale dans un rapport publié début 2025.
Sans une nouvelle approche de gestion de la problématique du chômage dans sa globalité et nouveaux mécanismes d’inclusion professionnelle des populations mises à l’écart des dynamiques de développement économique et social, la Tunisie doit s’attendre inéluctablement à un raz-de-marée de jeunes en quête d’opportunités d’emploi.
S’il ne change pas ses paradigmes pour adapter ses politiques d’emploi aux bouleversements de l’économie mondiale, l’Etat assistera, impuissant, à la destruction des dizaines de milliers d’emplois dans tous les secteurs, ce qui rendra la situation complètement ingérable.
Aujourd’hui, dans la matrice des priorités des départements chargés de l’emploi, le cap est résolument mis sur le développement des sociétés communautaires, également nommées «entreprises citoyennes».
Ces structures, érigées selon un modèle de management singulier qui promet une valorisation plus résilience des ressources et un partage équitable des richesses, accaparent la part du lion des aides à l’investissement et à l’entrepreneuriat telles qu’elles avaient été hiérarchisées les tâches des différents ministères et leurs urgences pour les cinq années à venir.
Jusqu’à preuve du contraire, les « sociétés communautaires » ou « entreprises citoyennes » ne sauront être la réponse magique au problème du chômage dans un pays où quatre jeunes sur 10 âgés de 15 à 24 ans cherchent aujourd’hui désespérément un emploi. Ce qui manque ce sont de nouvelles approches capables de valoriser des richesses exceptionnelles sous-exploitées.
Un récent rapport de la Banque mondiale sur le chômage des jeunes en Afrique du Nord met en exergue l’immensité des richesses patrimoniales, culturelles et historiques dont regorge la Tunisie et qui peuvent accélérer la transformation des modèles de développement économique et social et à répondre à la crise de l’emploi des jeunes.
Le constat est sans appel pour la Tunisie, parce que, étant une destination touristique phare de la Méditerranée, notre pays valorise très mal les potentiels qui existent dans plusieurs villes. C’est dans le tourisme urbain que la Banque mondiale croit que la Tunisie devrait investir massivement avec comme outil de résorption du chômage des jeunes.
S’agissant de la performance touristique, les derniers chiffres publiés le 20 janvier 2026 par l’Office du tourisme des Nations unies (UN Tourisme) montrent que la Tunisie affiche une croissance à deux chiffres (10%) en ce qui concerne l’affluence des touristes internationaux durant l’année écoulée.
Le tourisme, qui contribue à plus de 5% du PIB du pays, continue toujours à être concentré dans les enclaves des stations balnéaires et une petite poignée de sites archéologiques et culturels éparpillés ici et là dans des villes intérieures. Un modèle de promotion classique imitant la répartition des bénéfices et la création d’emplois durables.
Beaucoup de marchés d’artisanat et des quartiers historiques pouvant servir de moteurs économiques restent malheureusement sous-exploités. Un non-sens économique et social au regard du grand défi du chômage des jeunes auquel se confronte la Tunisie et face auquel elle risque d’être totalement vaincue dans les années à venir.
Pourtant, un énorme potentiel de transformation socioéconomique se présente dans la valorisation du patrimoine culturel et historique dont regorge le pays. Mieux valoriser le tourisme urbain, c’est générer des opportunités professionnelles formant un large spectre de métiers et de services qui s’étalent des services d’hébergement non-conventionnels jusqu’aux spécialités de marketing digital en passant par l’architecture, la gestion et l’entretien des installations.
Des start-up et des petites et moyennes entreprises spécialisées dans les domaines de l’hébergement touristique urbain, dans l’artisanat et les services culturels peuvent transformer le marché de l’emploi en Tunisie.
H.G.
















