Par Chokri Baccouche
Le président américain, Donald Trump, et son alter-ego israélien, Netanyahu, n’en finissent pas de magouiller contre le régime des mollahs en Iran qu’ils veulent abattre coûte que coûte, et ce, pour des raisons de convenances géostratégiques. Après la première manche d’une guerre qui leur a révélé bien des surprises désagréables, les deux larrons en folie reviennent ces derniers jours à la charge avec la ferme détermination d’aller, cette fois-ci, au bout de leurs macabres intentions.
La propagande bat actuellement son plein et les bruits de bottes résonnent comme le tocsin dans ce Moyen-Orient, perpétuel théâtre d’ineffables tragédies qui s’égrènent comme un long chapelet de heurts et de malheurs depuis des décennies. Américains et Israéliens aiguisent leurs armes selon les informations, assez orientées il faut le reconnaitre, qui parviennent des principales agences de presse occidentales.
Les premiers ont dépêché sur place, semble-t-il, une puissante force navale composée d’un gros porte-avions et plusieurs autres bâtiments de guerre armés jusqu’aux dents avec missiles de croisière et tout le tralala et les deuxièmes font comme les poissons pilotes collés au dos du squale : Ils haranguent la bête féroce pour l’inciter à attaquer la proie en promettant d’achever le travail et, partant, donner le coup de grâce à leur victime expiatoire.
Le scénario est donc fin prêt et le décor est planté. On n’attend plus que l’entrée en scène des acteurs et le déclenchement de cette énième et sordide guerre aux conséquences très incertaines. Tic, tac, tic, tac ! Les aiguilles de l’horloge censée donner le coup d’envoi de cette expédition guerrière américano-sioniste semblent s’être figées sans que personne ne sache pour quelle raison.
Au fil des jours et des heures, on apprend ainsi que d’autres acteurs, poids lourds, sont entrés en scène en catimini pour prêter main-forte à leur allié iranien, faussant ainsi les calculs des états-majors américains et israéliens.
Les bruits persistants qui courent à ce propos font état d’un pont aérien entre Pékin et Téhéran : des dizaines d’avions cargo chinois pleins à craquer d’équipements militaires dont notamment des systèmes de défense anti-aériens ultra-perfectionnés auraient atterri ces derniers jours en Iran. Voilà qui change la donne et tempère logiquement l’ardeur belliqueuse de nos deux larrons, contraints apparemment de prendre leur mal en patience en attendant d’y voir plus clair.
Aussi bien la CIA que le Mossad sont actuellement sur les dents pour résoudre cette nouvelle « énigme » et éviter ainsi aux bidasses des deux pays de foncer tête baissée dans un dangereux marécage où ils risquent de laisser des plumes.
Ils semblent d’autant plus déterminés à prendre au sérieux cette affaire que l’Iran s’est révélé être un ennemi coriace comme le prouve d’ailleurs la remarquable performance qu’il a réussi à réaliser avec brio lors de la première manche il y a quelques mois. Pour rappel, les missiles iraniens avaient transformé le fameux « Dôme de fer », le système de défense aérienne mobile israélien, en véritable passoire.
La suite, tout le monde la connait désormais : le mythe de l’invulnérabilité de l’entité sioniste a volé en éclats, en même temps que l’infrastructure, les bases militaires et les sites de production stratégiques du pays. Bref, tel est pris celui qui croyait prendre : habituée à guerroyer contre des populations palestiniennes ou libanaises vulnérables, l’armée israélienne « la plus morale du monde » est tombée sur un ennemi coriace et s’est cassé les dents.
L’hypothèse que la Chine ait livré des armes de dernière génération à l’Iran est fort plausible. Quand on sait que Téhéran fournit à Pékin 40% de ses besoins en énergie fossile, on comprend mieux l’enjeu particulièrement pour les dirigeants chinois et pour cause ! La Chine qui achetait 80% de la production pétrolière du Venezuela vient d’être privée comme on le sait de cette précieuse manne énergétique, après le récent coup d’Etat américain contre le régime de l’ancien président vénézuélien Maduro.
Un changement de régime en Iran risque, par conséquent, d’étouffer l’économie chinoise et casser net sa dynamique de croissance. Et c’est cela même, justement, le but recherché par la Maison Blanche qui veut neutraliser par tous les moyens ce rival coriace qui menace le leadership américain dans le monde. Bref, on peut dire qu’au regard des enjeux, cette nouvelle guerre qui se profile à l’horizon promet apparemment des rebondissements spectaculaires et des surprises en cascade.
Finalement, les Etats-Unis qui tentent aujourd’hui de vendre aux Iraniens le fils de l’ancien Shah, chassé du pouvoir comme un malpropre et mort dans la misère, comme une alternative au pouvoir des mollahs, sont peut-être allés trop vite en besogne.
Dans leur quête désespérée de mettre sous leur botte l’ensemble du Moyen-Orient, en venant à bout de la dernière poche de résistance iranienne, ils ont oublié qu’il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Encore moins sous-estimer les capacités et l’intelligence d’un peuple à la civilisation millénaire qui lutte pour sa survie. Et qui est certainement capable de tenir la dragée haute aux prédateurs qui lui cherchent noise pour des considérations bassement hégémoniques et expansionnistes…
C.B.

