Editorial : L’anticipation est le socle de la prévention - Par Hassan GHEDIRI
Une semaine après les inondations qui ont frappé plusieurs villes du nord de Tunisie, les crues continuent à handicaper la circulation automobile et à compliquer la mobilité des piétons dans beaucoup de quartiers.
Au Grand Tunis, durement touché par les intempéries, des routes transformées en pistes boueuses sont toujours impraticables alors que beaucoup d’habitants tentent de réparer les dégâts avec les moyens de bord en attendant de voir la Protection civile venir à leur rescousse.
Dans des reportages réalisés par certains journaux, des habitants peinent à nettoyer leurs maisons envahies par les crues et n’hésitent pas à exprimer leur désillusion face à un manque cruel d’entraide.
Au début, la réaction des autorités n’a pas été exemplaire mais, ensuite, toutes les structures compétentes se sont mobilisées et essaient avec les ressources disponibles de soulager les victimes des inondations.
L’accalmie relative observée ses derniers jours pourrait toutefois ne pas suffire pour remettre de l’ordre dans les zones sinistrées, d’autant plus qu’avec un climat de plus en plus imprévisible un nouvel épisode de crue pourrait intervenir à tout moment, ce qui risque de compliquer les choses pour tout le monde.
Ce sont, en effet, le manque d’anticipation et l’absence de stratégies de prévention en bonne et due forme contre les risques climatiques et les catastrophes naturelles qui inquiètent le plus.
Agir après coup est souvent perçu comme un signe d’échec et de faiblesse des politiques publiques, traduisant l’incapacité à anticiper les dangers et entrainant des pertes colossales. Une action publique efficace nécessite une vision stratégique et implique beaucoup de travail au niveau de la planification et de l’anticipation.
Très nombreux sont aujourd’hui les pays qui se trouvent exposés aux menaces climatiques et qui ont pu amortir leurs effets et réduire considérablement leurs dégâts grâce à l’anticipation. Les Pays-Bas est l’exemple le plus édifiant qui doit inspirer tous les pays confrontés aux inondations. Ce pays situé au nord-ouest de l’Europe a la particularité d’avoir près d’un tiers de son territoire situé sous le niveau de la mer.
Depuis de longues décennies, il a axé sa politique de gestion sur des infrastructures de pointe, une cartographie fine des zones à risque et des plans d’évacuation régulièrement mis à jour. Ses plans d’aménagement consistent à redonner de l’espace aux fleuves pour éviter des crues catastrophiques. Ce pays est aujourd’hui cité comme un modèle mondial de prévention contre les inondations.
L’autre exemple qui peut également inspirer la Tunisie pour rectifier ses plans de prévention contre les catastrophes est le Japon. Il y a certes tout un monde qui nous sépare du pays du Soleil levant côté développement et progrès technologique, mais la Tunisie peut toujours tirer beaucoup d’enseignements de son modèle de prévention et de gestion des catastrophes naturelles.
Régulièrement frappé par des typhons, des séismes et des inondations, le Japon a, lui, choisi d’investir massivement dans les systèmes d’alerte précoce, l’éducation des citoyens aux risques naturels et la construction d’infrastructures résilientes.
Des exercices d’évacuation sont organisés à grande échelle et la population est formée dès le plus jeune âge aux bons réflexes en cas de catastrophe, ce qui permet de limiter les pertes humaines malgré la violence des phénomènes.
Même des pays aux ressources limitées ont su tirer les leçons du passé. Le Bangladesh, longtemps considéré comme l’un des pays les plus vulnérables aux inondations et aux cyclones, a considérablement réduit le nombre de victimes grâce à des systèmes d’alerte, à la construction d’abris et à une meilleure planification de l’occupation des sols.
Résultat : ce pays, où les catastrophes naturelles comme les inondations faisaient dans le passé des dizaines de milliers de morts, déclare aujourd’hui des pertes humains et économiques beaucoup moins lourdes.
La résilience face aux effets du changement climatique n’est autre que le fruit de choix politiques courageux, d’investissements durables et d’une volonté réelle d’anticiper plutôt que de subir. La Tunisie, confrontée à des épisodes climatiques extrêmes de plus en plus fréquents, doit adopter une véritable culture de la prévention.
H.G.
JAMC 2026 : Quand la marionnette se libère pour célébrer cinquante ans de la création de sa « maison »
Par Imen Abderrahmani
Les Journées de Carthage des Arts de la Marionnette (JAMC) reviennent, pour une septième édition placée sous le signe de la transmission, de l’audace et de la liberté créative. Une édition anniversaire qui célèbre le cinquantenaire du Centre National des Arts de la Marionnette, de cette maison pour les marionnettes.
Organisé par ce centre spécialisé dans l’art de la marionnette, une vraie référence en la matière, sous l’égide du ministère des Affaires culturelles, le festival investira Tunis et plusieurs régions du pays durant les vacances scolaires de février, confirmant la volonté des organisateurs de s’adresser à un public large, familial et intergénérationnel.
Le festival, comme d’ailleurs tous les rendez-vous assurés au fil des saisons par le centre, dans plusieurs villes et villages, s’inscrit dans la continuité avec cette approche de vulgarisation et de la promotion de l’art de la marionnette auprès du jeune public et également des grands.
Lors du point de presse, tenu hier, à la Cité de la culture, le programme de la 7ème édition a été révélé dans les détails.
L’un des moments forts de cette édition est la célébration des cinquante ans du Centre National des Arts de la Marionnette. Une célébration qui vient rappeler le rôle fondateur de cette institution dans l’histoire du théâtre de marionnettes en Tunisie. Un demi-siècle de créations, de transmission, de passion et d’expérimentations, que le directeur du Centre, Imed Mediouni, a résumé comme « une capacité constante à résister, se réinventer et imaginer de nouvelles formes », faisant du Centre un véritable laboratoire artistique.
38 pays au rendez-vous
S’agissant de la programmation, les organisateurs ont souligné que plus de 38 spectacles tunisiens, arabes et internationaux, portés par 17 compagnies venues de 16 pays, seront présentés dans plusieurs espaces culturels de la capitale, dans la Cité de la Culture comme à Dar El Masrahi au Bardo, mais aussi dans des espaces ouverts. Fidèle à sa mission de décentralisation culturelle, le festival rayonnera également dans cinq gouvernorats : l’Ariana, Jendouba, Béja, Mahdia et Monastir, offrant aux petits comme aux grands l’occasion de découvrir un bouquet d’œuvres récentes.
Au-delà des scènes, les JAMC affirment une vision inclusive de l’art. Des représentations seront organisées au profit de l’Association tunisienne des Villages d’Enfants SOS Gammarth ainsi qu’à destination des personnes à besoins spécifiques, soulignant le rôle social et éducatif de la marionnette.
La formation et la réflexion occupent une place centrale dans cette édition. Ateliers de fabrication, de manipulation, de ventriloquie, de masques, de théâtre à lumière noire ou encore de marionnettes traditionnelles « Rouh Ennakhl » viendront nourrir les pratiques des artistes et des amateurs. Cinq master-classes et deux tables rondes accompagneront cette dynamique, abordant les enjeux de la marionnette entre patrimoine immatériel, économie créative et reconfiguration des territoires culturels.
Sur le plan symbolique, l’édition 2026 rend hommage à plusieurs figures marquantes de l’histoire du Centre, dont Kacem Ismaïl Chermiti, Habiba Jendoubi et Mounia Abid El Messadi, saluées pour leur contribution artistique et institutionnelle. Le festival s’ouvrira avec « Le Manteau », mise en scène par Amine Ayouni, tandis qu’une résidence artistique dédiée au théâtre d’ombres contemporain, « Les ombres, du réel à l’imaginaire », dirigée par Hedi Krissane, accompagne cette édition en amont.
L’affiche officielle, pensée comme un manifeste visuel, résume à elle seule l’esprit des JAMC. Une marionnette sculptée dans un bois d’olivier ancestral y brise les fils qui la retenaient pour avancer librement. Une métaphore puissante d’un art qui, tout en puisant dans ses racines, affirme sa capacité à se libérer, à se renouveler et à inventer ses propres horizons.
Imen.A.
Le festival en chiffres
- Participation de 16 pays
- Plus de 100 marionnettistes tunisiens et étrangers
- 17 compagnies internationales et arabes
- Plus de 38 spectacles
- 21 spectacles étrangers et arabes
- 12 spectacles tunisiens
- 3 spectacles dédiés aux amateurs
- 30 spectacles pour enfants et familles
- 6 spectacles pour adultes
- 3 spectacles musicaux
- 15 ateliers de fabrication et de manipulation de marionnettes
- Présence dans 5 gouvernorats
- 5 master-classes
- 2 colloques intellectuels et scientifiques
- Une exposition promotionnelle de marionnettes
Etats-Unis / Iran : Le porte-avions Abraham Lincoln arrive au Moyen-Orient
Le porte-avions nucléaire USS Abraham Lincoln et son escorte sont arrivés au Moyen-Orient, a annoncé, ce lundi, l'armée américaine, qui renforce ainsi sa présence dans la région à une période de fortes tensions avec l'Iran.
Le groupe naval est "actuellement déployé au Moyen-Orient pour promouvoir la sécurité et la stabilité régionales", a déclaré sur X le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) pour justifier cette mobilisation.
Tunisie-France : un partenariat stratégique qui se renforce d’une année à l’autre
Fidèle à ses habitudes, l’ambassadrice de France en Tunisie, Mme Anne Guéguen, a adressé ses vœux à la presse à l’occasion de la nouvelle année 2026 lors d’une réception organisée à la Résidence de France à La Marsa en l’honneur des journalistes tunisiens. L’occasion était propice pour évoquer les liens forts qui unissent les deux pays.
Ainsi, l’ambassadrice a dressé un bilan dense et chiffré des relations tuniso-françaises, mettant en lumière la solidité d’un partenariat qu’elle a qualifié de « fiable et mutuellement bénéfique » dans un contexte international marqué par les crises et les tensions. Elle a souligné que l’année 2025 a illustré la robustesse de l’engagement français en Tunisie, tant sur les plans politique, économique que culturel. Elle a insisté sur la volonté de Paris de maintenir un dialogue de haut niveau avec Tunis et de renforcer la coopération opérationnelle, notamment dans les domaines de la sécurité et de la défense.
Sur le plan économique, Mme Guéguen a rappelé que les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint près de 40 milliards de dinars en 2025, avec un excédent en faveur de la Tunisie. La France demeure ainsi le premier partenaire commercial et le premier client du pays. L’investissement français en Tunisie poursuit également sa progression, frôlant le milliard de dinars et générant près de 2 900 emplois, selon les chiffres de la FIPA. En retour, la Tunisie confirme son statut de premier investisseur africain en France en nombre de projets.
La mobilité humaine a également été abordée, notamment la question sensible des visas. L’ambassadrice a reconnu les frustrations existantes, tout en soulignant une amélioration notable des indicateurs, avec plus de 116 000 visas délivrés en 2025 et un taux de refus en nette baisse. La mobilité étudiante connaît elle aussi une dynamique positive, avec près de 15 000 étudiants tunisiens actuellement inscrits dans l’enseignement supérieur français.
Il y a lieu de signaler qu’au début de son allocution, l’ambassadrice a réitéré ses condoléances aux familles des victimes des dernières inondations qui ont frappé la Tunisie, et a loué le travail accompli par les médias qui ont largement couvert ces intempéries sur le terrain, dans des conditions parfois difficiles.
K.Z.
Présence tunisienne à la Foire internationale du livre du Caire
La Tunisie prend part à la 57ème édition de la Foire internationale du livre du Caire, qui se tient depuis le 21 janvier et se poursuivra jusqu’au 3 février 2026, au Centre égyptien des expositions et des conférences internationales.
La participation tunisienne consiste en un pavillon officiel du ministère des Affaires culturelles et un pavillon de l’Union des éditeurs tunisiens. Le premier met en avant une sélection des principales publications et parutions tunisiennes, dans l’objectif de faire connaître le livre tunisien et d’en assurer la promotion à l’international. Le second réunit les ouvrages d’environ cinquante maisons d’édition tunisiennes, couvrant différentes langues et domaines de spécialisation.
Participent à cette 57ème édition, 1 457 maisons d’édition en provenance de 83 pays, avec un total de 6 637 exposants ainsi que de nombreux créateurs et intellectuels venus de divers horizons, qui prennent part à un riche programme culturel comprenant des colloques et des rencontres autour de thématiques liées à la production intellectuelle et littéraire.
L’édition 2026 de la Foire internationale du livre du Caire, qui a choisi la Roumanie comme invitée d’honneur, a désigné le grand écrivain égyptien feu Najib Mahfoudh « personnalité de l’édition », en reconnaissance de ses éminentes contributions à l’enrichissement de la scène littéraire arabe. L’illustrateur et graphiste de renom feu Mohieddine Ellabbad a été choisi comme personnalité du pavillon du livre pour enfants, en hommage à son parcours de premier plan dans l’univers de l’illustration jeunesse.
Les Bergers de Semmama à l’ouverture de l’Année internationale des pâturages et des pasteurs
À l’initiative d’organisations, de pasteurs et d’activistes mongols, l’Organisation des Nations unies a proclamé l’année 2026 Année internationale des pâturages et des pasteurs. L’ouverture régionale pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient est pour aujourd’hui, le 26 janvier, sous l’égide de la Direction générale des forêts et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Cette manifestation, qui se poursuivra jusqu’au 29 janvier, sera inaugurée par Les Bergers de Semmama, porteurs des préoccupations et des joies de la montagne à travers des performances vivantes qui ont rayonné au-delà des frontières.
Les Bergers de Semmama participent également avec un pavillon artisanal. Adnen Helali y présentera une intervention intitulée : « La Fête des Bergers de Djebel Semmama : des pâturages aux plateaux, les pasteurs du monde en écho ».
Par ailleurs, le Centre culturel de Djebel Semmama présentera une collection de supports écologiques- réalisés à partir de peaux de mouton, de canne, d’argile, de fibres de halfa et de bois sauvages- intitulée Green IYRP, invitant à réduire l’usage du plastique dans le cadre de l’Année internationale des pâturages et des pasteurs.
Patrimoine : Appel à notes conceptuelles pour le programme de subventions GPAIG 2026 pour la protection des biens culturels
L’ambassade des Etats-Unis à Tunis a annoncé l’ouverture d’un appel à notes conceptuelles dans le cadre du programme de subventions pour la mise en œuvre de l’accord sur les biens culturels 2026 (CPAIG). Ce programme soutient des projets et des initiatives collaboratives dans le cadre de l’accord bilatéral entre les Etats-Unis et la Tunisie visant à protéger et à préserver le patrimoine culturel tunisien, selon le site officiel de l’ambassade américaine en Tunisie.
Le CPAIG est financé par l’inter-agence américaine « Cultural Antiquities Task Force » et soutient la mise en œuvre des accords sur les biens culturels entre les Etats-Unis et les gouvernements étrangers, dont la Tunisie, selon la même source.
Les subventions accordées varient entre 25 000 et 150 000 dollars américains. La durée de mise en œuvre des projets peut aller d’un à trois ans. La date limite de soumission des notes conceptuelles est fixée au dimanche 8 février 2026 à 23h59 (heure de Tunis). Les propositions reçues après ce délai ne seront pas prises en compte.
L’opportunité de financement CPAIG est ouverte aux établissements d’enseignement supérieur tunisiens et américains, aux ONG et entités publiques tunisiennes, aux organisations internationales publiques, aux institutions gouvernementales, ainsi qu’aux organisations américaines à but non lucratif.
Tous les détails sur le programme CPAIG 2026, y compris les conditions de candidature, sont disponibles sur le site suivant: https://tn.usembassy.gov/freedom-250-call-for-concept-notes-for-cultural-property-agreement-implementation-grants-cpaig/
Le programme de subventions pour la mise en œuvre des accords de propriété culturelle (CPAIG), créé en 2020 en consultation avec le Groupe de travail inter-agences sur les antiquités culturelles (Cultural Antiquities Task Force-CATF), fournit un financement destiné à soutenir la mise en œuvre des accords de propriété culturelle ou des restrictions d’importation d’urgence. Les accords bilatéraux sur la propriété culturelle protègent les collectionneurs américains contre l’acquisition d’objets culturels pillés ou issus du trafic illicite et contribuent à perturber les réseaux de financement des groupes terroristes, des organisations criminelles et des cartels. Ils encouragent également le partage légal des biens culturels à des fins scientifiques, culturelles et éducatives. Les projets doivent être conçus pour protéger le patrimoine culturel contre le pillage, le vol et le trafic illicite, tout en répondant à des besoins clairement identifiés dans le pays concerné.
Voyager avec Leïla Ammar dans ses « Terres, Mers, Couleurs »
L’Espace d’Art Imagin’ à Carthage accueille, jusqu’au 18 février, une exposition de l’artiste Leïla Ammar intitulée « Terres, Mers, Couleurs ». L’expo réunit une quarantaine d’œuvres composées d’ aquarelles, de peintures, de collages et de créations mixtes inspirées des paysages, des villes et des lumières de la Tunisie et d’ailleurs.
Née à Tunis en 1959, Leïla Ammar est architecte, urbaniste et historienne, docteure en architecture. Très tôt immergée dans l’univers du dessin et de couleur, elle a construit son regard au fil de nombreux voyages et lieux de résidence. Sensible aux paysages méditerranéens et atlantiques, aux jardins, aux silhouettes humaines et animales, elle développe une approche libre et instinctive où lignes franches et aplats de couleurs composent des atmosphères singulières soulignent les organisateurs.
Elyssa, un tremplin pour la création contemporaine tunisienne
L’Institut français de Tunisie (IFT) a clôturé, le vendredi 23 janvier 2026 au Palais Ahmed Bey de La Marsa, le projet Elyssa, marquant l’aboutissement de dix-huit mois d’accompagnement dédié à la création contemporaine tunisienne dans les domaines des arts visuels et de la musique.
Conçue comme un temps de restitution et de réflexion, la soirée a réuni artistes, partenaires et professionnels de la culture autour d’une exposition rétrospective, de performances musicales, de témoignages et de prises de parole. Pour Fabrice Rousseau, directeur de l’IFT, « Elyssa n’est pas une fin, mais une ouverture sur l’après, où la création est pensée comme un processus ». Saima Samoud, cheffe de projet, a rappelé l’ambition d’un programme « à 360 degrés », accompagnant les artistes de l’émergence de l’idée jusqu’à sa diffusion auprès des publics.
Porté par l’IFT avec le soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (Fonds Équipe France), Elyssa a accompagné 32 artistes lauréats (20 en arts visuels et 12 en musique) sélectionnés parmi 360 candidatures, grâce à un dispositif structurant mêlant résidences, mentorat, formations professionnelles et bourses de production, en partenariat avec plusieurs acteurs culturels tunisiens et internationaux.
Dans le volet arts visuels, vingt artistes ont bénéficié de résidences de création à « Tilal Utique », avant de présenter leurs œuvres dans l’exposition « Parcours I – مسارات », accueillant près de 1 300 visiteurs à l’IFT et au Palais Kheireddine. Le parcours musical, quant à lui, s’est conclu par le festival « Elyssa fête la musique » au Centre Culturel International de Hammamet, révélant la vitalité de la scène musicale tunisienne contemporaine.
La circulation des œuvres, en Tunisie et en France, constitue l’un des acquis majeurs du projet, avec des perspectives de diffusion prévues en 2026, notamment dans le cadre de la Saison France-Méditerranée. Plus qu’un programme, Elyssa aura permis de structurer un véritable réseau réunissant artistes, professionnels de la culture et lieux de diffusion, au service d’une création tunisienne en mouvement.
Hergla: Des entrepôts romains émergent après les dernières pluies
Les dernières intempéries ont également réservé des surprises. En effet, les récentes pluies qu’a connues le gouvernorat de Sousse ont permis de révéler des entrepôts datant de l’époque romaine au niveau de la plage d’El Kortine, à proximité de l’espace balnéaire numéro 1 dans la ville de Hergla.
Selon des sources concordantes citées par Mosaïque FM, ces entrepôts auraient servi au stockage de provisions et de marchandises durant la période romaine, en attendant la visite d’une équipe de l’Institut national du patrimoine afin de déterminer leur valeur historique.
La météo de ce lundi 26 janvier : Pluies éparses et températures en légère hausse
L'Institut national de la météorologie a indiqué que le temps sera passagèrement nuageux, ce lundi 26 janvier, avec des pluies éparses et temporairement orageuses sur l'extrême nord-ouest.
Les températures seront en légère hausse et se situeront entre 8 et 13 degrés dans le Nord et entre 14 et 19 dans le reste des régions.
D’après le bulletin de l’INM, le vent soufflera fort dans l'ensemble des gouvernorats et la mer sera très agitée.
Réunion trilatérale Tunisie-Egypte-Algérie sur la Libye : Le Gouvernement d'union nationale exprime ses réserves
Tunis accueillera, ce lundi 26 janvier 2026, la réunion du mécanisme de concertation tripartite sur la Libye, avec la participation de Mohamed Ali Nafti, ministre des Affaires Etrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Etranger, de Ahmed Attaf, ministre d’État, ministre des Affaires Etrangères, de la Communauté Nationale à l’Etranger et des Affaires Africaines de la République Algérienne Démocratique et Populaire, ainsi que de Badr Abdel Ati, ministre des Affaires Etrangères, de la Migration et des Affaires des Égyptiens à l’Etranger de la République Arabe d’Égypte, en présence de Mme Hanna Tetteh, Représentante spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies en Libye et cheffe de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye.
La Libye est en proie à un conflit entre deux gouvernements. Le premier est le Gouvernement d'union nationale sortant, dirigé par Abdul Hamid Dbeibah, basé à Tripoli (ouest), la capitale, d'où il administre la partie ouest du pays. Quant au second, il a été nommé par la Chambre des représentants début 2022 et est actuellement dirigé par Osama Hammad. Basé à Benghazi (est), il administre toute la partie est du pays et la plupart des villes du sud.
Compte tenu des profondes divisions politiques qui traversent le pays, la réunion des trois pays vise à soutenir une solution politique et un dialogue interlibyen, à mettre fin à la division et à organiser des élections sous l'égide des Nations Unies.
Toutefois, le ministère libyen des Affaires étrangères, affilié au Gouvernement d'union nationale sortant, a exprimé ses réserves quant à la réunion trilatérale des ministres des Affaires étrangères de la Tunisie, de l’Égypte, et l'Algérie à Tunis pour discuter des derniers développements en Libye, sans sa participation.
Le ministère libyen des Affaires étrangères a déclaré sur sa page officielle qu'il apprécie profondément les relations historiques qu'il entretient avec ses voisins, mais a souligné que toute discussion ou tout accord concernant la Libye doit se dérouler avec la participation directe de l'État libyen, par l'intermédiaire de son ministère des Affaires étrangères.
Les ministères des Affaires étrangères de Tunisie, d’Egypte et d’Algérie n’ont pas réagi aux «réserves» du gouvernement de Tripoli.
Festival International des Journées des Arts de la Marionnette de Carthage (JAMC) : Jongler avec les ombres
Dans le cadre de la 7è édition du Festival International des Journées des Arts de la Marionnette de Carthage (JAMC), prévue du 1er au 8 février 2026, le Centre National des Arts de la Marionnette organise depuis le 19 et jusqu’au 31 janvier 2026 une résidence artistique autour du thème « Les ombres, du réel au fantastique ».
Mené sous la direction de Hédi Krissaane, metteur en scène, marionnettiste et formateur spécialisé dans le théâtre d’ombres contemporain, ce projet consacré au théâtre d’ombre, l’une des plus anciennes formes de spectacle populaire, s’inspire des ombres de notre quotidien et explore leurs formes, leurs transformations et leur potentiel dramatique.
L’atelier propose une approche technique et théâtrale de l’écriture avec les ombres et ce par l‘étude des relations entre lumière, corps et ombre et des bases techniques et linguistiques du théâtre d’ombre contemporain.
Hédi Krissaane est marionnettiste, metteur en scène d’origine tunisienne résidant en France. Après des études d’arts dramatiques à Tunis, il a obtenu son DEA en arts du spectacle en France. Il est membre fondateur de l’association « Pars-Cours de marionnettes ».
Alors qu'une armada navale américaine est en route pour le Golfe persique : Quelles seraient les retombées d'une attaque contre l'Iran ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Et si les USA avaient décidé de frapper l'Iran, quelles seraient, alors, les retombées de cette attaque sur la région voire le monde entier ?
Donald Trump a affirmé jeudi dernièr q’une « armada » navale américaine était en route pour le Golfe persique, maintenant la pression sur Téhéran, alors que la perspective d’une intervention militaire semblait s’être éloignée, rapporte le Time dans son édition électronique,"Nous avons beaucoup de navires qui se dirigent dans cette direction, au cas où», a-t-il toutefois déclaré à des journalistes à bord de l’avion présidentiel Air Force One, qui le ramène du Forum économique mondial de Davos, en Suisse.
Ces déclarations interviennent après que le chef des Gardiens de la révolution, bras idéologique du guide suprême iranien et force armée extrêmement organisée, a jeté de l’huile sur le feu en menaçant jeudi Israël et les Etats-Unis d’un « sort douloureux » et en déclarant que ses forces avaient « le doigt sur la gâchette ».
C'est, en effet, l'ONU qui a été la première à réagir à cette menace en dénonçant les «rhétoriques et menaces agressives» contre l'Iran, sans nommer le président américain Donald Trump. Vendredi dernier à Genève, elle s'est aussi dite «très inquiète» par les contradictions des autorités iraniennes sur la peine capitale contre les manifestants, "
Les responsabilités pour des violations des droits humains ne peuvent être établies par la force militaire venant de l'intérieur ou de l'extérieur de l'Iran», a, justement, affirmé le Haut commissaire aux droits de l'homme Volker Türk. Au début d'une session spéciale du Conseil des droits de l'homme, il a considéré comme «très contreproductives» les menaces contre Téhéran.
Pour l'avocat Me Houssem Eddine Ben Atiya, : " Cette mise en garde de l'ONU montre bien.que toute attaque contre l'Iran aura des répercussions très graves non seulement sur la région, mais aussi sur le monde entier à commencer par les représailles de l'Iran contre les pays alliés des USA notamment l'entité sioniste et les pays du Golfe". Quelles seraient, alors, les retombées de cette attaque sur la région voire le monde entier ?
Embrasement total ...
Selon l'avocat Me Houssem Eddine Ben Atiya, : " Les appels occidentaux en faveur d’un changement de régime en Iran recyclent la propagande de guerre habituelle pour masquer la réalité : à savoir que toute attaque déclencherait un conflit régional dévastateur, et non un effondrement rapide du pays. Il faut savoir que l'Etat hébreu n'est pas loin de ce jeu.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, rendait visite au mois de décembre dernier au président américain Donald Trump à Mar-a-Lago, où, selon l'analyste Tobert Linkalech, il réclamait une attaque américaine contre l’Iran et l’obtenait. Début janvier 2026, des éléments violents ont soudainement fait leur apparition et des manifestations appelant à la chute du gouvernement ont commencé.
Donc, on s'approche de la guerre beaucoup plus qu'une désescalade. Selon le même analyste, une guerre avec l’Iran pourrait prendre de nombreuses directions différentes, en fonction des nombreux évènements et données qui influencent nécessairement la prise de décision de toutes les parties. L’Iran n’est, en effet, ni le Venezuela, ni la Syrie.
La République islamique d’Iran, pour commencer, possède des capacités militaires qui dépassent celles de tous les autres acteurs d’Asie occidentale, à l’exception des armées israélienne et turque. Même ces dernières ne possèdent pas le volume de missiles balistiques, de missiles de croisière ou de drones que l’Iran a fabriqués en série. Il ne faut pas croire que les ailes de l'Iran ont été coupées. Outre les forces iraniennes, il y a aussi les alliés régionaux de l’Iran.
Il s’agit notamment d’Ansarallah au Yémen, du Hashd al-Shaabi irakien, du Fatimeyoun afghan, du Zeinabiyoun pakistanais, de l’ensemble de la résistance palestinienne et du Hezbollah au Liban. Ce sont les principaux acteurs, mais il existe également divers autres groupes avec lesquels l’Iran a établi des partenariats. Il faut, alors, s’attendre à une guerre sans merci qui pourrait même s’étendre au-delà de la région.
Mais, avant que cela ne se produise et ne devienne une réalité, une attaque contre l’Iran aurait des conséquences dévastatrices. Elle déclencherait une guerre régionale totale de l’est de la Méditerranée à l’Asie centrale, conduisant peut-être l’humanité à un scénario de Troisième Guerre mondiale.
M.B.S.M.
A Mad’art-Carthage : Le stambeli en partage
Voilà un rendez-vous bien rythmé et différent pour les passionnés des fusions et des découvertes où le stambeli tunisien se réinvente au contact du jazz autrichien et des rythmes africains.
La scène de l’espace culturel Mad’art Carthage accueillera, demain, le 26 janvier à 19h30, un concert singulier porté par The Tunisian Stambeli Collective, formation engagée dans la réinvention d’un art musical ancestral.
À leurs côtés, le jazzman autrichien Nikolaus Holler, invité dans le cadre d’une coopération culturelle avec l’ambassade d’Autriche en Tunisie, apportera les sonorités du saxophone et de la flûte traversière à cet univers rituel.
La soirée s’enrichit également de la présence de l’artiste guinéen Abdoulay Traoré, maître du djembéfola, tandis que Mohamed El Hedi et Adel accompagnent le groupe aux chqacheq et au chant, dessinant un espace de dialogue entre traditions africaines, improvisation jazz et patrimoine tunisien.
Fondé par Yenna Salah Ouergli (gombri/gambra, chant) et Habib Samandi (percussions afro-latines), The Tunisian Stambeli Collective explore le stambeli, musique spirituelle tunisienne issue des traditions africaines subsahariennes. Rite mêlant musique, danse et transe, le stambeli est encore pratiqué à Tunis et dans le sud du pays, notamment à Tozeur sous la forme du « banga », où il conserve une forte dimension thérapeutique et symbolique.
Sans rompre avec ses fondements (gombri, chqachiq, chant et suites rituelles ‘nuba’), le collectif ouvre cet art à d’autres instruments et esthétiques, affirmant une démarche contemporaine fidèle à l’esprit du rite et nourrie par la rencontre interculturelle.
















