Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le déficit de la balance commerciale tunisienne continue à se creuser d’année en année avec un solde négatif de 21,8 milliards de dinars contre 18,9 milliards de dinars en 2024. Que faire pour réduire ce déficit ?
Selon l'Institut National de la Statistique (INS) tunisien, le déficit commercial de la Tunisie s'est creusé en 2025 pour atteindre -21,8 milliards de dinars (MDT), contre -18,9 milliards de dinars en 2024, avec un taux de couverture baissant à 74,5%. Cette aggravation est due principalement aux importations énergétiques, matières premières et biens d'équipement, malgré un excédent alimentaire, tandis que le déficit hors énergie reste important à -10,6 milliards de dinars.
En détails, les échanges commerciaux ont atteint en 2025 le niveau de 63,69 milliards de dinars à l'exportation (en hausse de 2,6%) et 85,49 milliards de dinars à l'importation (en hausse de 5,5%).
Au niveau des exportations, les taux sont en hausse avec l'Allemagne (+10,7%), la France (+10,1%) et les Pays-Bas (+3,2%). En revanche, les exportations ont baissé avec certains partenaires européens, dont l'Italie (-9,5%) et l'Espagne (-4,1%).
Selon le groupement des produits, les importations ont enregistré, également, une hausse au niveau des biens d’équipement de 14,4 %, des matières premières et demi-produits de 6,8 %, mais aussi des biens de consommation qui ont cru de 11,7 %. Selon l’expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi : « L’énergie demeure le secteur le plus touché qui représente la moitié du déficit de la balance commerciale.
Pour rappel, le déficit de la balance commerciale hors énergie s'est réduit à -10 656,4 MD, tandis que le déficit énergétique s'est élevé à -11 143,9 MD, contre -10 869,5 MD en 2024. Et lorsqu’on sait que le déficit général de la balance commerciale représente plus de 30% du budget de l’Etat, il y a de quoi tirer la sonnette d’alarme ». Que faire justement pour réduire ce déficit ?
Diversification …
Pour notre expert Mohamed Salah Jennadi: « La diversification des exportations (notamment agroalimentaires), la réduction de la facture énergétique par des énergies renouvelables, la substitution des importations, le soutien à l'industrie locale (biens d'équipement) et l'amélioration de la compétitivité pour réduire la dépendance aux biens de consommation importés sont des mesures à prendre sur le court et moyen terme.
A long terme, il est recommandé de réduire la facture énergétique en investissant massivement dans les énergies renouvelables (solaire, éolien) pour diminuer la dépendance aux combustibles fossiles importés. Cela doit passer par la rationalisation énergétique en mettant en place des projets de transition vers les énergies renouvelables pour réduire le poids des hydrocarbures sur la balance commerciale.
L’autre volet porte sur la limitation des produits non essentiels avec une surveillance accrue des importations provenant de pays avec lesquels la Tunisie enregistre un déficit chronique (Chine, Turquie-Russie). Avec la Chine, il semble nécessaire d’établir de nouvelles relations dans la perspective d’attirer des investissements chinois en Tunisie pour développer des plateformes d’opérations sur l’Europe et l’Afrique.
Avec la Turquie, il paraît essentiel de revoir la convention d’échanges commerciaux entre les deux pays pour limiter les importations « improductives » et réduire les importations de luxe. Avec la Russie, il devient indispensable de développer et diversifier les exportations à destination de ce pays. Il est, en effet, urgent de rationaliser les importations de la Tunisie dans le respect de ses engagements internationaux.
Il en va de même de certaines des activités en Tunisie. L’urgence est aussi pour la mise à niveau et le développement de certains secteurs et les filières qui sont fortement exportatrices et qui ont encore un fort potentiel de croissance sont les suivantes. Pour la filière textile, habillement, cuir et chaussures, au niveau de laquelle le renforcement de la chaine de valeur et la diversification de la production sont à la fois nécessaires et possibles.
Ce secteur reste un domaine privilégié de coproduction avec les industriels européens. Concernant la filière mécanique et électrique, au niveau de laquelle la restauration et le renforcement de la compétitivité sont nécessaires, il est important d’attirer sur le marché local d’opérateurs d’envergure comme, à la fois, ci
M.B.S.M.

