Par Chokri Baccouche
Comme il fallait s’y attendre, les Etats-Unis et Israël ont lancé, hier, une offensive militaire conjointe contre l’Iran. Les médias rapportent que deux fortes détonations ont été entendues à Téhéran, quelque temps après que deux panaches d’une épaisse fumée ont commencé à s’élever dans le centre et l’est de la capitale iranienne. Des explosions ont été également signalées dans d’autres villes, notamment Tabriz, Ispahan et Qom.
Fidèles à leur coutumière stratégie militaire, les Américains ont apparemment entamé les hostilités par une attaque aux missiles sur des cibles triées sur le volet. Nullement surprenante, cette nouvelle agression américano-sioniste était tout à fait prévisible.
Ses signes avant-coureurs se sont multipliés ces dernières semaines à la faveur du déploiement militaire américain massif dans la région. Pas moins de trois porte-avions, de nombreux destroyers et plusieurs milliers de GI’S ont été en effet dépêchés et tout porte à croire que la date du déclenchement des hostilités avait été déjà fixée depuis plusieurs semaines.
Les déclarations de la Maison Blanche selon lesquelles Washington cherche à résoudre la crise qui l’oppose au régime des mollahs au sujet du nucléaire par la voie pacifique et le marathon des négociations, qui ont réuni à ce propos ces derniers jours des responsables américains et iraniens, n’étaient finalement que de la poudre aux yeux.
En plaçant très, très haut la barre de leurs exigences au sujet, non pas seulement du nucléaire mais également du programme des missiles balistiques, les Américains savaient pertinemment que les Iraniens ne pouvaient logiquement accepter l’oukase washingtonien au risque de compromettre leur sécurité nationale. La manœuvre dilatoire des dirigeants américains, usée du reste à la corde, visait tout simplement à gagner du temps.
Le temps d’ameuter la cavalerie, mettre en place toutes les composantes de la machine de guerre et préparer l’opinion publique américaine et internationale à coups de propagande fondée sur des prétextes fallacieux devant justifier cette nouvelle et énième agression léonine et illicite contre un pays souverain.
La réaction des Iraniens contre cette énième agression américano-sioniste menée en parfaite violation du droit international et de la charte des Nations unies ne s’est pas faite attendre. Plusieurs bases militaires américaines établies dans de nombreux pays du Golfe ont ainsi fait l’objet d’attaques aux missiles et aux drones menées par les Gardiens de la révolution qui ont affiché leur détermination à rendre aux agresseurs la monnaie de leur pièce.
Les sirènes d’alerte ont retenti dans de nombreuses villes israéliennes dans l’éventualité d’une telle riposte et l’espace aérien sioniste a été également fermé jusqu’à nouvel ordre.
La guerre en cours contre l’Iran sera-t-elle limitée dans le temps ou a-t-on affaire, cette fois-ci, à un conflit longue durée ? Difficile dans l’état actuel des choses de répondre à cette question avec précision. Plus exactement, cela dépend des intentions réelles de Washington et de son allié israélien.
L’une des hypothèses plausibles est que le duo américano-sioniste cherche à travers cette agression à affaiblir des capacités militaires spécifiques incluant les défenses anti-aériennes, les missiles balistiques et les infrastructures nucléaires mais sans pour autant viser le renversement du régime. Dans ce cas, l’Iran pourrait répondre par des attaques ciblées contre des bases américaines dans le Golfe, sans nécessairement déclencher une guerre régionale ouverte.
Mais si d’aventure les Américains veulent le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière, c’est-à-dire la chute du régime des mollahs et la neutralisation totale des capacités nucléaires et militaires de l’Iran, l’affaire prend une tout autre dimension et pourrait déboucher sur une guerre plus longue, plus large et aux retombées potentiellement catastrophiques sur la région voire bien au-delà.
Les experts s’accordent en effet à penser qu’une guerre prolongée va inévitablement générer de sombres perspectives avec l’entrée en lice dans le conflit, de manière directe ou indirecte, d’autres acteurs et protagonistes.
Dans cette région moyen-orientale à gros enjeux géopolitiques et stratégiques et qui fait l’objet de toutes les convoitises, une guerre longue durée pourrait se répandre comme une trainée de poudre et ouvrir la voie à une confrontation régionale plus large voire déboucher sur un conflit mondialisé.
On imagine mal en effet que les pays amis de l’Iran, qui représente un véritable poumon énergétique pour des pays comme la Chine, vont rester les bras croisés et assister en spectateurs passifs à la mise à mort programmée de leur allié et partant… de leur propre économie. Bien évidemment, l’Iran n’est pas le Venezuela dont le président, Manuel Maduro, a été enlevé et transféré aux Etats-Unis pour y être jugé comme un vulgaire malfrat.
Disposant d’un potentiel militaire non négligeable qui a donné la preuve formelle de son efficacité lors de la dernière guerre de 12 jours l’ayant opposé à Israël, l’Iran est capable de tenir la dragée haute à ses agresseurs. Les prochains jours nous éclaireront certainement un peu plus sur les véritables visées de cette expédition guerrière américano-sioniste qui menace de plonger le monde dans affres du chaos et de l’incertitude…
C.B.

