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Après que Taboubi ait renoncé à démissionner : L’UGTT à la croisée des chemins et des scénarios

Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

Après Tabboubi, c’est au tour de Ben Gaddour de revenir sur sa démission du bureau exécutif de l’UGTT. Que cachent ces nouveaux rebondissements ?

Quarante-huit heures après la décision du secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) , Noureddine Tabboubi, de revenir sur sa démission, c’est au tour de son secrétaire général adjoint de faire de même et réintégrer le bureau exécutif.

Pour rappel, les deux hommes dirigent deux groupes opposés au sein de la Centrale syndicale surnommés le groupe des dix et le groupe des cinq. Les deux clans ont deux visions différentes concernant notamment la date du prochain congrès de l’UGTT.

Conjointement, le porte-parole de la Centrale syndicale, Sami Tahri, est monté au créneau soulignant que la réunion de la Commission administrative nationale tenue mercredi dernier est « illégale » et toutes les décisions qui ont été prises lors de cette réunion le sont aussi.

Dans une déclaration à l’agence TAP, Tahri a, en effet, indiqué : « L’appel lancé par la Commission nationale du règlement intérieur de l’UGTT à la tenue d’une commission administrative est «illégal» et constitue une violation du règlement intérieur, cette démarche ne relevant pas de ses prérogatives ». Or, c’est au cours de cette réunion que le secrétaire général, Noureddine Tabboubi, est revenu sur sa démission.

Que cachent justement ces nouveaux rebondissements d’autant que Sami Tahri fait partie du groupe des dix qui est le clan du secrétaire général, Noureddine Tabboubi ? S’agit-il aussi d’une nouvelle alliance de Tabboubi avec les adversaires d’hier, notamment le secrétaire général adjoint, Anouer Ben Gaddour, qui dirige le groupe des cinq ?Pour le dirigeant au sein de l’opposition syndicale, Habib Jerjir : « Tout ça, c’est du théâtre. Les deux démissions en question n’ont jamais été « vraies ».

Il s’agit d’une manœuvre pour détourner l’opinion publique syndicale de la vraie question qui la préoccupe, à savoir la date du prochain congrès ». A quoi, alors, faut-il s’attendre dans les prochains jours ?

Flou total …

Selon plus d’un observateur, nous nous dirigeons vers de nouvelles alliances au sein du bureau exécutif de la Centrale syndicale, « Le courant de Noureddine Tabboubi, excepté son porte-parole Sami Tahri et Ben Gaddour qui ont entamé durant ces dernières semaines des négociations en vue de rapprocher leurs points de vue. Il parait même que le point de discorde, à savoir la date du prochain congrès, lequel aura lieu au mois de mars prochain, qui oppose les deux clans est sur le point d’être réglé.

Le seul perdant dans toute cette affaire est le clan du secrétaire général adjoint chargé de l’information et porte-parole de l’UGTT, Sami Tahri, et ses partisans », nous dira le juriste et universitaire Salem Chérif. Et d’ajouter : « Décidément, le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail, Noureddine Tabboubi, est à la recherche de nouvelles alliances. En témoigne son approbation dès son retour à son bureau jeudi dernier des résultats du dernier congrès de l’Union générale régionale de Sfax.

Cette approbation met fin à une longue crise de confiance entre Tabboubi et Mohamed Abbas, qui vient d’être réélu en tant que secrétaire général régional de l’UGTT à Sfax. Cette démarche de réconciliation est soutenue, rappelons-le, par les Unions régionales de Tunis, de Ben Arous, de La Mannouba, Gafsa et de plusieurs autres syndicats qui ont leur poids comme le transport et les banques ».

A noter que la Commission administrative nationale de l’union générale tunisienne du travail a décidé, au cours d’une récente réunion, d’organiser le congrès national de la centrale syndicale les 25, 26 et 27 mars à Tunis. Ce congrès abordera la situation sociale du pays, les revendications salariales, les tensions persistantes entre syndicats sectoriels et pouvoir exécutif, ainsi que l’avenir des négociations tripartites (gouvernement, patronat, syndicat).

M.B.S.M.

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