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Sa croissance est appelée à fléchir en 2026/2027 d’après la Banque mondiale : Voilà comment la Tunisie pourrait démentir les prévisions…

Par Hassan GHEDIRI

C’est principalement à cause d’une dynamique entrepreneuriale limitée, freinée par des barrières administratives complexes, que la croissance tarde à rebondir en Tunisie…

Ce constat qui a été établi au mois de novembre dernier dans une note publiée par l’Institut tunisien des études stratégiques venait d’être validé dans le paragraphe consacré à la Tunisie dans le tout dernier rapport de la Banque Mondiale sur les perspectives économiques dans le monde. Publié mardi 13 janvier 2026, le document, qui se réjouit d’une économie mondiale montrant plusieurs signes de résilience dans un contexte marqué par la multiplication des tensions commerciales et des incertitudes politiques, classe toutefois la Tunisie parmi les pays qui devraient réaliser les taux de croissance les plus faibles en 2026-2027.

La Banque mondiale, qui actualise ses prévisions en fonction des données disponibles et de l’évolution de la conjoncture mondiale, a souligné dans son rapport qu’en Tunisie (et au Maroc) la croissance est appelée à fléchir en raison du ralentissement de l’activité agricole et manufacturière, et ce, contrairement aux autres pays importateurs de pétrole dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) qui devraient voir leur croissance augmenter légèrement.

La BM qui exclut dans ses nouvelles prévisions le Liban, la Syrie et le Yémen en raison des hautes incertitudes des données déclarées, table sur un taux de croissance de 2,5% en Tunisie au cours de l’année 2026 (contre 2,6% en 2025) et seulement 2,2% au cours de 2027. Durant l’année écoulée, « des conditions météorologiques favorables ont permis une reprise de la production agricole au Maroc et en Tunisie », souligne-t-on dans le rapport.

Dans la région MENA, les perspectives économiques laissent entrevoir une reprise progressive de la croissance pour se situer à 3,6% en 2026 et atteindre 3,9% courant 2027, grâce essentiellement à l’accélération attendue de l’activité dans les pays exportateurs de pétrole. Pour ce qui est des pays importateurs de pétrole, c’est notamment l’Egypte qui, selon la Banque Mondiale, est en passe de consolider sa croissance grâce à l’assouplissement des restrictions à l’importation et de change qui ont permis de dynamiser le secteur privé.

La Tunisie, en revanche, risque de ne pas pouvoir tirer sa croissance vers le haut tant qu’elle tarde à éliminer toutes les entraves auxquelles se heurte le secteur privé et qui freinent la dynamique des investissements. Attendu depuis plusieurs années, l’amendement du code de l’investissement constitue, dans ce sens, une des revendications majeures portées par tous les acteurs économiques dans le pays.

Examiné fin décembre par le Conseil des ministres, le projet du nouveau code est censé mettre en place un cadre législatif cohérent, souple et plus incitatif à l’investissement privé.

Selon la Cheffe du gouvernement, qui n’a cessé de réitérer ces derniers mois l’engagement de l’Etat à répondre aux attentes des investisseurs, la réforme du code de l’investissement aura pour objectif de simplifier les procédures, digitaliser le parcours investisseur via une plateforme unique et un guichet unique, harmoniser la législation, et réviser les incitations pour améliorer l'attractivité du pays et attirer des investissements nationaux et étrangers.

Pour démentir les prévisions les plus pessimistes, l’Etat doit donc éliminer l’un après l’autre les obstacles qui entravent la dynamique entrepreneuriale en accélérant l’adoption d’un code d’investissement attractif mais également la révision du code de change qui, lui aussi, est devenu caduc et dont la réforme traine depuis des années.

H.G. 

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