Formation professionnelle : 2975 bonnes opportunités offertes aux bacheliers 2025
Par Hassan GHEDIRI
Hier ont démarré, à Tunis, les journées nationales sur l’orientation universitaire. Au menu, une large panoplie de formations dans les universités, mais également des milliers de postes d’apprentissage professionnel…
Petit à petit, la formation professionnelle commence à attirer de plus en plus de jeunes détenteurs du baccalauréat. Osons dire que c’est un changement de mentalité qui est en train de prendre forme après de longues années durant lesquelles l’apprentissage professionnel a été victime de préjugés et de stéréotypes négatifs entraînant une perception erronée de son importance et de ses débouchés. Ces stéréotypes ont été jusqu’à très récemment des obstacles privant des milliers de jeunes de faire le choix correspondant à leur profil et leur motivation, compromettant, en fin de compte, leur carrière professionnelle. Donc, aujourd’hui, la donne est en train de changer en faveur d’une nouvelle perception de la formation professionnelle avec comme toile de fond ces milliers de diplômés de l’enseignement supérieur déversés tous les ans par les universités du pays pour grossir, encore et encore, les rangs des chômeurs. Un destin rendu presque inéluctable que provoque l’inadéquation chronique et irrémédiable entre les formations académiques et le marché du travail en Tunisie.
Parmi les 76 178 candidats officiellement déclarés admis aux sessions principale et de rattrapage du baccalauréat 2025 en Tunisie, nombreux sont ceux qui devraient normalement envisager de postuler pour un poste de formation dans l’un des établissements publics répartis sur l’ensemble du territoire national. Depuis deux ans, le ministère de l’Enseignement supérieur publie la liste complète des centres de formation offrant des spécialités dédiées aux jeunes titulaires du bac. Cette année, les bacheliers tentés par un cursus de formation professionnelle débouchant sur un diplôme de technicien supérieur dans l’un des centres relevant de l’Agence tunisienne de la formation professionnelle (ATFP) auront l’embarras du choix.
Plus de 80 spécialités
Pour se renseigner davantage sur les offres et les spécialités, les intéressés ont les journées nationales sur l’orientation universitaire qui ont démarré hier à la Cité des Sciences à Tunis et s’étaleront sur trois jours, pour choisir le métier de leur rêve. Sur place, ils peuvent consulter les programmes de formation et les spécialités disponibles dans tous les centres. Selon la liste officielle publiée à cet effet par le ministère de l’Enseignement supérieur, un peu plus de 80 spécialités, réparties dans plus d’une trentaine de centres de formation sectorielle, sont mises à la disposition des bacheliers de 2025. En examinant le document, l’on a pu recenser 2975 postes de formation programmés pour les deux sessions de septembre 2025 et février 2026. Pour la seule session de septembre, le nombre de places programmées dans tous les centres est de 1201 places, soit environ 40% de la capacité d’accueil annuelle globale.
Il est aujourd’hui impératif que l’État tunisien investisse davantage dans le secteur de la formation professionnelle, parallèlement à l’intérêt soutenu accordé à la formation académique dans les universités. Dans de nombreux pays développés et émergents, l’apprentissage professionnel occupe une place de choix dans les politiques publiques d’emploi. Il est considéré comme un levier stratégique pour lutter contre le chômage des jeunes et répondre efficacement aux besoins du marché du travail. En Allemagne, aux Pays-Bas ou encore au Canada, les formations techniques et professionnelles sont valorisées au même titre que les cursus universitaires, car elles débouchent souvent sur des emplois stables et bien rémunérés. La Tunisie gagnerait à s’inspirer de ces modèles pour pallier une pénurie préoccupante dans beaucoup de métiers et en même temps bâtir une économie productive, inclusive et adaptée aux mutations technologiques et industrielles.
H.G.
Réforme du système éducatif : La séance unique est-elle envisageable ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Et si on optait pour le régime de la séance unique dans les établissements scolaires ? C’est du moins ce que propose ce projet de loi présenté à la Commission de la législation générale à l’ARP. Efficace ou non, qu’en pensent les spécialistes ?
La députée Rim Esseghir a annoncé récemment, lors d’une émission radiophonique, qu’une proposition de loi visant à adopter un système de séance unique dans les établissements d’enseignement public a été présentée à la Commission de la législation générale à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), « l’objectif est de mettre fin aux effets négatifs du système actuel à deux séances », a-t-elle indiqué. Selon toujours la députée Rim Esseghir, « ce projet de loi comprend sept chapitres et concerne les écoles primaires, les collèges et les lycées. Il vise principalement à réorganiser le temps scolaire pour garantir l’équilibre psychologique et physique des élèves, réduire la fatigue scolaire et améliorer la qualité de l’enseignement et les conditions éducatives ». L’un des principaux objectifs visés, également, par cette initiative porte sur une séance unique qui « se composerait de cinq heures, que ce soit le matin ou l’après-midi ». Qu’en pensent, alors, les premiers concernés, en l’occurrence les élèves, les parents et les enseignants ainsi que la cadre administratif et pédagogique ?
Selon, le président de la coalition éducative tunisienne, Kamel Missaoui : « Il est important tout d’abord d’avoir les moyens de sa politique. Et quand on propose un projet de loi, il faut prendre en compte la réalité de l’école publique tunisienne et celle de tout notre système scolaire. Du coup, plusieurs questions se présentent à nous comme le nombre des enseignants et s’il est adapté à ce nouveau régime. Idem pour les salles et pour le personnel administratif et pédagogique. Alors, il faut combler tout d’abord ces défaillances et ensuite penser à repenser le temps scolaire ».
Repenser le temps scolaire…
L’enseignant et pédagogue Hédi Bouhouch est lui aussi revenu sur ce projet en rappelant qu’il n’est pas nouveau. Une circulaire datant de 1992, concernant l'instauration de la séance unique dans les écoles primaires, évoquait pour la première fois d’introduire la séance unique dans les écoles primaires tunisiennes. Et d’ajouter : « Ce retour d’un projet maintes fois évoqué mais jamais réalisé soulève plusieurs questions : quels sont les véritables freins qui bloquent cette réforme ? Et, surtout, quelles leçons a-t-on tiré des tentatives précédentes ?
Au-delà des discours et des annonces, l’histoire récente de l’éducation en Tunisie montre que la réforme du temps scolaire reste un défi récurrent, oscillant entre volontés politiques et réalités du terrain. La séance unique, si elle devait être appliquée, elle ne pourrait réussir qu’en répondant à trois conditions essentielles : une infrastructure adaptée, une pédagogie repensée et une véritable adhésion des enseignants et des familles. Sans cela, elle risque encore une fois de rester un projet suspendu dans le temps, à l’image de bien d’autres réformes éducatives inabouties ».
Du côté des parents, Fethi Hdhiri, parent d’élèves, nous a confié : «Bien évidement qu’un emploi du temps scolaire trop chargé peut avoir des conséquences négatives sur le bien-être et les performances des élèves, notamment en provoquant fatigue, manque de concentration et stress. Il est crucial d'instaurer un équilibre entre les temps d'étude, de repos et de loisirs pour favoriser leur épanouissement. C’est ce que confirment toutes les études. En Tunisie, le temps scolaire est à l’origine de plusieurs problèmes aussi bien pour les parents que pour les élèves. Nos enfants sont presqu’à l’abandon durant une grande partie de la journée parce que les parents travaillent et les écoles ne disposent pas de salles de garde. Alors, ce régime de la séance unique est la solution idéale pour nous tous ».
M.B.S.M.
Editorial : Galère planétaire…
Par Chokri Baccouche
Qu’ils soient riches, émergents ou pauvres, l’écrasante majorité des pays dans le monde sont endettés jusqu’au cou. Pour combler leurs déficits budgétaires chroniques, ces Etats sont obligés de contracter des crédits auprès des institutions financières internationales et supporter ainsi les charges de plus en plus lourdes des services de la dette. Le dernier rapport du FMI nous apprend un bout à ce sujet et dresse un constat alarmant. L’alerte à la dette continue en effet de retentir pour toutes les puissances mondiales, y compris les pays émergents. La dette publique mondiale augmentera de 2,8% cette année, soit plus du double des estimations pour 2024, prédisent les experts du Fonds monétaire international. Si la tendance à la hausse continue de prévaloir, une dette équivalente à 100% du PIB est fort probable d’ici la fin de la décennie, estiment-ils.
Jamais depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la planète n’a connu une telle explosion de la dette. La récession qui frappe de plein fouet l’économie mondiale est certainement passée par-là. Celle-ci s’est davantage aggravée par la crise sanitaire du Covid-19 qui a mis à mal pratiquement toutes les économies à des degrés variables. Le classement 2025 actualisé des pays dont le ratio dette/PIB est le plus élevé présente un mélange d’Etats dits développés et de pays plus pauvres. Avec une dette colossale de 252%, le Soudan est largement en tête de ce hit-parade. Il est talonné par le Japon (234,9%), Singapour (174%), la Grèce (142,2%), Bahreïn (141,4%), les Maldives (140%), l’Italie (137,3%), les Etats-Unis (122,5%), la France (116,3%) et le Canada (112,5%). Avec une dette de 85% du PIB, la Tunisie occupe une place dans le ventre mou de ce classement et peut s’estimer par conséquent «heureuse» quoiqu’on le dise en comparaison avec les pays les plus endettés dans le monde.
On l’aura certainement compris, c’est la galère qui prévaut actuellement sur la planète. La dette mondiale est devenue encore plus obèse que le bonhomme Michelin. La plupart des pays vivent à crédit et consacrent plus d’argent au paiement des intérêts qu’à la santé ou l’éducation. Cette spirale infernale génère bien évidemment des tensions sociales dans la mesure où les gouvernants sont obligés de prendre des mesures antisociales dans l’espoir de maintenir la barque à flot, chose qui n’est pas du tout évidente. Le problème, c’est que les perspectives ne s’annoncent pas de tout repos et on peut même dire que la situation va de mal en pis. A la récession économique sévère qui perdure depuis des années, il faudrait ajouter en effet la guerre commerciale déclenchée récemment par l’Amérique de Trump qui risque de compliquer encore plus la situation. La politique hyper protectionniste du locataire de la Maison Blanche va inévitablement impacter les économies du village planétaire et provoquer des remous profonds et des bouleversements majeurs de la carte économique mondiale. Les pays les plus vulnérables vont malheureusement subir plus que les autres les effets pervers de ce tsunami commercial et seront obligés, par conséquent, de s’endetter encore plus pour se tirer d’affaire. Résultat des courses, ils ne sont pas près de sortir de sitôt de l’auberge et de quitter les bas fonds de la pauvreté et du sous-développement.
Lorsqu’il atteint des niveaux aussi élevés, comme c’est le cas actuellement, l’endettement public peut avoir des répercussions significatives sur la stabilité économique et potentiellement sur la paix mondiale. Une dette publique excessive peut entraîner, en effet, une instabilité financière, des crises économiques, des tensions sociales et même des conflits géopolitiques. La situation, pas du tout rassurante du reste, qui prévaut actuellement dans le monde confirme malheureusement ce constat. L’endettement pousse en effet les puissances prédatrices à trouver des solutions urgentes à leurs problèmes par tous les moyens, quitte en cela à inventer des guerres sous des prétextes fallacieux dans l’objectif inavoué mais clair de contrôler un pays ou une région riche en ressources énergétiques. La politique du fait accompli de Trump qui a réussi récemment à soutirer plusieurs billions de dollars des riches monarchies du Golfe s’inscrit dans ce même cadre. Quand les puissants ont un besoin vital d’argent pour sortir leur pays de la mauvaise passe ou pour servir leurs intérêts personnels, ils n’hésitent pas à racketter les plus faibles. Sans scrupule et sans aucun état d’âme. Surtout si leurs victimes sont plaines aux as. Ce qui était valable il y a des siècles, l’est certainement aujourd’hui et peut-être même davantage. Ça passe à la caisse, de gré si possible, par la force ou l’intimidation si nécessaire, ou ça casse. Les émirs ou les Raïs récalcitrants risquent de se retrouver sur un siège éjectable si d’aventure ils rechignent à se conformer aux ordres de leur maître à penser…
C.B.
Festival international de Siliana : Place aux artistes tunisiens
La 48ème édition du Festival international de Siliana aura lieu du 28 juillet au 4 août 2025, au Complexe de la jeunesse de la ville. Misant sur les artistes tunisiens, le festival s’ouvrira par un concert de Lotfi Bouchnak pour se clôturer avec Mohamed Ali Kammoun qui partagera avec le public les fruits de sa recherche musicale dans le patrimoine sonore et oral tunisien. Au total : huit spectacles rythmeront ce rendez-vous estival.
Le programme :
- Le 28 juillet : Lotfi Bouchnak
- Le 29 juillet : spectacle soufi « El Omra » de Chakib Bousafara
- Le 30 juillet : Nordo
- Le 31 juillet : A.L.A
- Le 01 août : Cheb Bechir
- Le 02 août : Mr Propre de Walid Zine
- Le 03 août : Si Lemhaf
Le 04 août : La Nouba Parfumée de Mohamed Ali Kamoun
Subvention du papier consacrée aux éditeurs tunisiens : Ouverture des candidatures
Le ministère des Affaires Culturelles a annoncé, mardi, l’ouverture des candidatures pour l’édition 2025 de la subvention du papier consacrée aux éditeurs tunisiens.
Un soutien unifié est attribué à tous les types de papier utilisés dans l’industrie du livre culturel, du livre pour enfants et du livre d’art de luxe.
Les éditeurs tunisiens qui souhaitent obtenir une subvention du papier sont appelés à retirer le formulaire de la subvention auprès du Département des Lettres et de le déposer auprès de son bureau d’ordre à Lafayette, Tunis.
Le dernier délai pour la soumission des dossiers est fixé au 15 août prochain.
Chaque dossier doit contenir une copie du contenu du Registre national de l’établissement, un résumé détaillé de chaque titre nominé et un rapport du Comité de lecture pour tous les titres proposés.
Le système de subvention du papier pour les éditeurs tunisiens est régi par le décret n° 2004-1847 du 02 Août 2004, portant création d’un comité consultatif pour l’octroi du taux unifié de la subvention applicable à toutes les catégories de papier utilisé dans l’industrie du livre culturel, du livre pour enfant et du livre d’art de luxe.
Ce dispositif vise à soutenir la production et la diffusion du livre tunisien, en particulier en aidant les éditeurs à faire face aux coûts d’impression.
L’éditeur bénéficie d’une subvention papier selon des critères et des mesures bien établis par le comité consultatif chargé d’examiner les demandes de subvention et d’attribuer les fonds. Les critères d’évaluation des projets éditoriaux éligibles à la subvention, concernent notamment la qualité du contenu, l’intérêt pour la lecture, et la contribution au patrimoine culturel.
La Tunisie à la recherche de son film pour les Oscars
Le Centre National du Cinéma et de l’Image (CNCI) a lancé un appel à films en vue de présenter la candidature de la Tunisie à l’Oscar du meilleur film international des 98èmes Academy Awards.
La date limite de dépôt des candidatures est fixée au vendredi 15 Août 2025 à 13h00, indique un communiqué publié, ce mercredi 16 juillet, sur le réseau social du CNCI.
Les producteurs dont les films correspondent aux critères définis par l’Académie des Oscars doivent déposer une demande écrite au bureau d’ordre du CNCI à la Cité de la culture à Tunis.
La demande doit être accompagnée des justificatifs confirmant l’éligibilité du film.
Le film représentant la Tunisie aux Oscars dans la catégorie de l’Oscar du meilleur film international est sélectionné par une commission organisée sous l’égide du CNCI.
Chaque année, tous les pays sont invités à déposer le film représentant au mieux leur cinématographie, selon les critères définis par l’Académie des Oscars.
Les candidatures, un film par pays, doivent être soumises à l’Académie au plus tard le mercredi 1er octobre 2025.
L’annonce des présélectionnés aux Oscars aura lieu le mardi 16 décembre 2025 alors que l’annonce des nominations aux Oscars est prévue le jeudi 22 janvier 2026.
Selon la procédure en vigueur, le film sélectionné sera déposé auprès du comité exécutif international. Ce dernier est chargé de choisir tous les films des pays candidats pour l’Oscar du meilleur film international.
Un film étranger définit tout long métrage (de plus de 40 minutes) en une langue dominante étrangère, autre que l’Anglais, qui est produit en dehors des Etats-Unis d’Amérique. La candidature concerne les films de fiction mais aussi d’animation ou documentaires.
Dans un changement de procédure, les membres de l’Académie doivent désormais regarder tous les films nominés dans chaque catégorie pour pouvoir voter lors de la finale des Oscars. Tous les candidats désignés seront également inclus dans le bulletin de vote final.
D’autres modifications importantes des règles d’attribution ont été introduites par l’ « Academy of Motion Picture Arts and Sciences ».
Dans les règles d’éligibilité des films, le langage suivant concernant l’intelligence artificielle générative (IA) a été introduit, comme recommandé par le Conseil des sciences et de la technologie de l’Académie : « En ce qui concerne l’intelligence artificielle générative et les autres outils numériques utilisés dans la réalisation du film, les outils n’aident ni ne nuisent aux chances d’obtenir une nomination. L’Académie et chaque branche jugeront la réalisation, en tenant compte du degré auquel un être humain était au cœur de la création lors du choix du film à récompenser ».
Dans la catégorie des longs métrages internationaux, les critères d’admissibilité concernant le contrôle de la création ont été mis à jour pour inclure les cinéastes ayant le statut de réfugié ou d’asile. « Le pays soumissionnaire doit confirmer que le contrôle créatif du film était en grande partie entre les mains de citoyens, de résidents ou de personnes ayant le statut de réfugié ou d’asile dans le pays soumissionnaire ».
La 98ème cérémonie des Oscars aura lieu à Los Angeles le 15 mars 2026.
Ons Jabeur marque une pause dans sa carrière : le repos du guerrier
Par Jamel Belhassen
Reculer pour mieux sauter. Telle est la décision prise par Ons Jabeur qui n'a fait qu'accumuler les déconvenues depuis deux ans dans les tournois grand Chelem et aussi dans les tournois de seconde zone. Blessures après blessures , flechissements physique et mental. Celle qui a occupé le second poste et qui nous a fait tant rêver méritant le titre de ministre du bonheur à travers les courts de Wimbledon, Rome, Madrid, Doha, Roland Garros, Open d'Australie etc , il y a trois ans, elle se trouve actuellement reléguée à la 71 place au classement WTA. C'est dire qu'il est grand temps pour elle de marquer une pause qui pourrait lui être salutaire. Tirer les enseignements nécessaires de cette chute vertigineuse et qui sait? elle pourrait revenir plus forte dans quelques mois. Repose toi, Ons, tu en as grand besoin. Tu as la sympathie que tous ceux qui t'ont soutenue dans les moments de gloire et dans les défaites les plus cuisantes. Bon courage au cours de ce repos du guerrier.
J.B.
Editorial : Recréer l’ADN de l’école
Par Hassan GHEDIRI
Eh oui, c’est déjà bientôt deux ans depuis qu’a été organisée la consultation nationale sur la réforme du système éducatif en Tunisie. Cette enquête de grande envergure, menée par voie électronique du 15 septembre au 15 décembre 2023 et destinée à recueillir les opinions, les attentes et les critiques des différents acteurs intervenant directement ou indirectement dans l’opération éducative, garde encore tous ses secrets. Il sera d’ailleurs difficile et complètement impensable de voir des éléments de réforme se mettre en œuvre à l’entame de la prochaine année scolaire.
Lors d’une très récente audition à l’ARP, le ministre de l’Education a fait avoir que les commissions qui se sont penchées durant tous ces deniers mois sur les résultats de la consultation ont parachevé leur mission. Un rapport récapitulant l’ensemble des recommandations a été, selon lui, édité et remis au Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, nouvellement créé par la présidence de la république, pour décider des orientations à engager. Ladite consultation à laquelle auraient participé un peu plus de 580 mille personnes, d’après les chiffres officiels, se veut, selon ses initiateurs, un outil d’identification des défaillances du système éducatif tunisien et en même temps une opportunité de rectification et de reconstruction selon une approche participative, ambitieuse et inclusive qui répond aux nouveaux besoins nationaux et qui revalorise les principes du mérite et de l’égalité des chances.
Après tous ces longs mois, l’on peut toutefois juger sans pour autant sous-estimer les efforts consentis, qu’il est quand même absurde de ne pas toujours voir l’autorité de tutelle dévoiler les principales évaluations sur lesquelles vont être bâties les réformes. S’agissant d’une question d’une importance capitale et hautement stratégique pour des millions d’élèves, étudiants et leurs familles ainsi que pour l’avenir de plusieurs générations futures, toute réforme de l’éducation se trouve désormais terriblement confrontée à une réalité sociale, économique et technologique en perpétuelle transformation. En fait, ce n’est ni l’expertise, ni les compétences qui ont manqué jusque-là, mais la volonté d’engager un processus transformateur capable de replacer l’école tunisienne au centre d’un modèle de développement tourné vers l’avenir. Tous les acteurs impliqués dans l’opération éducative en Tunisie attendent donc que soient dévoilées des orientations claires, cohérentes et futuristes qui ne risquent pas d’être aussitôt rendues désuètes par les progrès vertigineux que vit le monde.
La réforme de l’éduction que l’Etat compte bientôt mettre en œuvre doit absolument posséder les gènes du changement dans son ADN. C’est-à-dire doter l’Ecole tunisienne des atouts qui lui permettent de se métamorphoser pour s’adapter constamment à une réalité qui peut nous sembler, à première vue, familière, mais au sein de laquelle apparaissent, sans cesse, de nouveaux besoins et défis. Le hic c’est que plus de vingt ans après la dernière réforme d’envergure, l’on se trouve en face à un système éducatif qui marche à deux vitesses. D’un côté, un enseignement privé qui attire de plus en plus de familles en quête de qualité, malgré un coût parfois exorbitant. Et de l’autre côté, une école publique presque abandonnée, désorganisée et sous-équipée. Un déséquilibre flagrant qui menace directement le principe d’égalité des chances et creuse un fossé social aux conséquences incalculables. En même temps, l’école s’expose à des bouleversements majeurs qui transforment le monde. Ridicule sera alors la réforme si elle manque de s’intégrer dans les mutations générées par l’intelligence artificielle, la digitalisation, l’automatisation et les nouveaux métiers qui émergent. L’école tunisienne ne peut rester figée pendant que tout change autour d’elle. L’Etat doit anticiper et contribuer à ces transformations plutôt que les subir. Si la réforme qui se profile veut être à la hauteur de tous ces enjeux, elle doit impérativement corriger les inégalités en replaçant l’école publique au centre du projet de développement promis. En l’équipant, en la modernisant, en la connectant. C’est ainsi que l’Ecole tunisienne redeviendra un véritable levier d’ascension sociale, un moteur d’émancipation et une locomotive de progrès pour tout le pays.
H.G.
Émigration clandestine : La vérité sur le désengagement de l'Italie...
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
L’ancien député Majdi Karbai persiste et signe : l’Italie n’a pas tenu ses promesses dans le dossier de l’émigration et, pis encore, le gouvernement Melloni a réussi à exporter la crise migratoire vers la Tunisie.
Dans un statut publié hier sur sa page Facebook, l’ancien député Majdi Karbai a dénoncé la situation migratoire entre la Tunisie et l’Italie, chiffres officiels à l’appui, rapporte le site Business news. Se basant sur les données du ministère italien de l’Intérieur, la même source rapporte que le nombre de migrants tunisiens arrivés en Italie entre le 1ᵉʳ janvier et le 15 juillet 2025 a chuté de manière spectaculaire par rapport à la même période de 2024 : 3462 migrants en 2024 et seulement 648 migrants en 2025. Pour Majdi Karbai, ces chiffres prouvent que «l’Italie a réussi à exporter la crise migratoire vers la Tunisie, qui a accepté de devenir un simple gardien de frontières sans aucune contrepartie réelle».
L’ancien député pointe également du doigt les promesses non tenues, telles que les contrats de travail saisonniers : «La plupart sont frauduleux et beaucoup de bénéficiaires se retrouvent toujours en situation irrégulière ». En effet, l’Italie et la Tunisie sont liées depuis 2023 par un accord portant sur l’accueil de 4 000 travailleurs migrants de Tunisie. Les deux pays veulent ainsi établir des voies légales d'émigration pour les "travailleurs qualifiés" qui souhaiteraient se rendre en Italie. Selon ce même accord, Rome a toujours réaffirmé sa volonté d'aider Tunis à lutter contre l'émigration irrégulière.
Selon le député Majdi Karbai, les choses ne sont pas passées comme prévu et la Tunisie se trouve aujourd’hui face à une crise migratoire suite «au désengagement des autorités italiennes ». Justement, un document italien publié récemment a révélé que « la Tunisie est exposée à une forte pression migratoire, en particulier en provenance des pays subsahariens, et est le premier pays de rapatriement depuis l'Italie». Que faire, de fait, pour faire face à cette nouvelle donne ?
Coopération…
Interrogé à ce sujet, l'universitaire et activiste au sein de l'Association internationale de défense des droits de l'Homme et des médias, Salem Chérif, nous a confié : "La Tunisie dispose de plusieurs armes pour lutter seule contre les flux migratoires anarchiques, mais nous devons continuer à privilégier la coopération internationale et particulièrement avec nos partenaires directs dont l'Italie. Il faut aussi consolider notre coopération avec l'Organisation internationale de migration (OIM). Il faut savoir qu'en Tunisie, l’OIM met en œuvre divers programmes dans les secteurs du codéveloppement, de la migration de travail, du dialogue sur la migration, ainsi qu'en matière de protection des migrants et lutte contre la traite, et ce, en étroite collaboration avec le gouvernement tunisien ". Et d'ajouter : " Comme l'a rappelé le ministre de l'Intérieur, Khaled Nouri, lors du Sommet sur la sécurité frontalière consacré à la criminalité organisée liée à la migration, ce phénomène dépasse les capacités d'un seul pays, même doté de ressources suffisantes, et qu'une approche fondée sur le partenariat et le partage des responsabilités est indispensable pour y faire face, dans le respect des droits de l'Homme et des conventions internationales. Cette approche doit combiner la répression des crimes liés à la migration irrégulière – tels que les flux financiers illicites – et la lutte contre ses causes structurelles, notamment les disparités de développement entre pays d'origine et pays de destination ".
M.B.S.M.
A Dar Masrahi : Révélations artistiques des pionniers de « La Scène »
Par Imen Abderrahmani
Un bouquet d’œuvres théâtrales produites dans les différents ateliers de l’espace artistique « La Scène » sera présenté, à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 19 du même mois, sur la scène de Dar Masrahi (Bardo) avec comme mot d’ordre « Le théâtre passionnément ».
C’est la saison de la moisson pour nombreux passionnés du 4ème art qui ont choisi d’intégrer l’espace « La Scène », depuis quelques temps, pour affûter leurs talents et assouvir leur passion pour le 4ème art.
Dirigé par le metteur en scène Ezzeddine El Mabouj, l’espace propose tout au long de ces trois jours, à commencer d’aujourd’hui, une sélection de pièces de théâtre produites sous son toit. « Les créations des pionniers de l’espace » ainsi s’intitule ce programme spécial de représentations qui se veut un salut et un hommage vibrant aux jeunes talents du centre, passionnés par le théâtre, et qui, tout au long de l’année, ont bien œuvré pour donner le jour à leurs idées, prenant part à différentes expériences et participant à diverses formations.
Organisée en partenariat avec « Dar Masrahi » au Bardo, la manifestation offre à voir sept projets de fin de formation, dans différents genres théâtraux. Tant d’histoires seront racontées et jouées. Si les « Chroniques d’un autre monde » mettront en scène une drôle de rencontre entre le monde d’ailleurs (des extraterrestres) et le monde d’ici, soulevant des questions d’actualité sur l’art, la culture, les changements climatiques, « La révolution des fous » est une comédie satirique qui aborde, avec humour et légèreté, des questions sociales et morales d’aujourd’hui.
« Schizophrénie », « Famille », « Les Noces de sang », « Une soirée meurtrière » et « Peur », des œuvres qui rythmeront ces journées, explorant la condition humaine et cherchant dans les variations de l’âme humaine.
Fruit d’une année de rigueur, d’engagement et de passion, ces représentations reflètent l’audace d'une aventure théâtrale singulière, vécue par les jeunes de « La Scène », qui ont investi la scène avec liberté, spontanéité et créativité.
Les œuvres présentées s’inscrivent dans des esthétiques variées — du tragique au comique, en passant par le mime et l’art du clown — illustrant la richesse des approches pédagogiques et artistiques adoptées.
Il est à rappeler que le coup d’envoi de ce rendez-vous est pour aujourd’hui, à 19h00. Une cérémonie de présentation de l’espace précédera la première représentation, au programme de cette première journée, et prévue à 20h00 : « Schizophrénie ». Ecrite et mise en scène par Ezzeddine Mabouj, la pièce de théâtre aborde l’inconscient qui a fortement influencé le théâtre, à la fois comme métaphore de la scène et comme sujet d’exploration pour les dramaturges, notamment à travers les concepts freudiens. « Quand l’inconscient prend le dessus sur le conscient, lorsque ce qui est enfoui au plus profond de nous - nos pensées refoulées, nos émotions, nos expériences passées, nos peurs et désirs inconscients -façonne nos comportements et nos actions, souvent sans que nous en ayons conscience, ce n’est plus la pensée ni la volonté conscientes qui dirigent, mais bien l'inconscient qui prend les commandes », c’est l’histoire que cinq jeunes acteurs de l’espace « La Scène » partageront, ce soir, avec le grand public. A suivre !
I.A.
Festival du Film Arabe d’Al Qods : « Aicha » de Mhedi Barsaoui remporte le prix du meilleur film
« Aicha » de Mehdi M. Barsaoui a décroché le prix du meilleur film, lors de la 5ème édition du Festival du Film Arabe d’Al Qods (Jerusalem Arab Film Festival) dont le palmarès a été dévoilé, mardi soir.
Multiprimé, « Aicha » qui a été l’année dernière à l’affiche du Festival de Venise, dans la section Orizzonti qui est une compétition internationale dédiée aux films qui représentent les dernières tendances esthétiques et expressives, est le 2ème film de Mehdi Barsaoui.
Ce film est une coproduction entre la Tunisie (Cinétéléfilms), la France, l’Italie, l’Arabie Saoudite et le Qatar. Il est porté par un casting tunisien composé de Fatma Sfar, Nidhal Saadi, Yasmine Dimassi et Hela Ayed.
Synopsis : Aya est coincée dans une vie morne et sans perspective à Tozeur, au sud de la Tunisie. Seule survivante d’un accident, elle décide de disparaître pour se réinventer une nouvelle vie à Tunis. Mais sa nouvelle identité est compromise lorsqu’elle devient le principal témoin d’une bavure policière.
Ce soir, Mohamed Ali Kammoun présente ses « Etoiles symphoniques » à El Jem
Pour cette 2ème soirée du Festival international de musique symphonique d’El Jem « Les nocturnes d’El Jem », le pianiste et compositeur chevronné Mohamed Ali Kammoun présentera son nouveau projet artistique « 24 Parfums – Les Étoiles Symphoniques ». Inspirée du patrimoine des 24 régions tunisiennes, cette création musicale mêle orchestre symphonique, jazz, voix traditionnelles exceptionnelles et textures électroniques. Sur scène : solistes, choristes et musiciens issus de toutes les régions, dans une scénographie visuelle immersive se rencontrent pour célébrer la richesse musicale et sonore d’une Tunisie millénaire.
Cette œuvre orchestrale contemporaine propose une relecture sensible et novatrice des musiques traditionnelles tunisiennes, entre mémoire et modernité. « Les Etoiles Symphoniques » est une exploration des répertoires tunisiens traditionnels à travers une orchestration symphonique enrichie de jazz, d’électronique live, de voix populaires et de sons collectés sur le terrain. Née d’un long travail de recherche, cette création propose une immersion multi sensorielle entre mémoire vivante, transmission artistique et innovation sonore.
Accompagné par l’Orchestre symphonique dirigé par Achraf Bettibi, réunissant 120 artistes sur scène, le spectacle revisite autrement, avec une conception innovante, les traditions musicales de chaque région du pays, captant l’essence de la Tunisie.
Sécurité routière : Comment réduire de 50% le nombre des accidents de la route ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
C’est par le biais d’un plan national intégré de sécurité routière que le ministère de l’Intérieur entend diminuer de 50% les accidents de la route. A quoi consiste ce plan et qu’en pensent les spécialistes ?
S’étalant sur en trois phases, ce plan prévoit une baisse de 10 % des accidents de la voie publique entre 2025 et 2027. Un chiffre qui sera porté à 25 % à l’horizon 2030, puis à 50 % en 2034. C’est du moins ce qu’a annoncé le ministre de l’Intérieur, Khaled Ennouri, lors d’une séance de dialogue tenue lundi dernier au Conseil national des régions et des districts.
Le ministre a, par ailleurs, révélé que la Tunisie connaitra prochainement le lancement d’une stratégie nationale intégrée de sécurité routière visant à réduire de moitié les accidents de la route. Et d’ajouter : « Cette stratégie comporte une profonde révision du code de la route et des textes annexes, assortie d’une application rigoureuse ».
Ce plan prévoit, également, l’intensification des opérations de contrôle dans les zones les plus touchées par les accidents de la route ainsi que l’extension du réseau des radars intelligents. Une banque de données sera aussi installée en vue de mieux gérer les causes des accidents et aider les différents intervenants, particulièrement la police de la circulation et les unités routières de la Garde nationale à disposer de données statistiques afin d’ajuster les actions de prévention et de répression.
A noter que, selon les chiffres publiés dimanche dernier par l’Observatoire national de la sécurité routière, 598 personnes ont perdu la vie sur les routes tunisiennes, et ce, entre le 1er janvier et le 10 juillet 2025, soit une mortalité routière en hausse de 9,93%. A l’origine de ces drames de la route figurent l’inattention et la distraction au volant avec 40,3% des accidents, suivies par la vitesse excessive (15,3%) et le non-respect de la priorité (9%).
Prévention ou répression ?
Pour les spécialistes, il est dans la nature des choses que toute stratégie visant à réduire le nombre des accidents de la route doit impliquer tous les intervenants dans le trafic routier, «face à une infrastructure dégradée, des conducteurs irresponsables et une volonté parfois délibérée à ne pas respecter le Code de la route, il est important que toute stratégie mise en place doit prendre compte de ces facteurs», nous dira, l’instructeur Mokhtar Harrabi. Et d’ajouter : « Selon le site spécialisé dans la prévention routière-En voiture-, la sécurité sur les routes est un enjeu majeur. Pour minimiser les risques d’accident, le code de la route encadre strictement les comportements de tous les usagers. Encore faut-il que ceux-ci soient sensibilisés à l’importance de la sécurité routière. C’est là que la prévention routière entre en jeu. Les nombreuses notions du code de la route, telle la thématique « sécurité du passager et du véhicule », régissent la plupart des situations que les usagers peuvent rencontrer en circulation : ce sont les règles de sécurité routière. Elles concernent le comportement des automobilistes, des cyclistes, des piétons ou encore des conducteurs de deux roues, et sont fermement appliquées et régulées par les autorités nationales et locales. Pour sensibiliser les aspirants conducteurs, les récents titulaires du permis de conduire et les conducteurs expérimentés à ces règles essentielles, une solution : la prévention routière. C’est la raison pour laquelle la prévention routière entend réduire le nombre d’accidents causés par des comportements dangereux et inappropriés. Quant à la répression, elle ne peut être utile que dans des cas très précis comme le non-port de la ceinture de sécurité, la consommation d’alcool ou de produits stupéfiants au volant et les excès de vitesse qui multiplient les risques et compromettent la sûreté de tous les usagers ».
M.B.S.M.
La Tunisie s’attend à la meilleure récolte de blé depuis cinq ans : C’est bon, mais encore insuffisant !
Par Hassan GHEDIRI
Le ministère de l’Agriculture publie quasi-quotidiennement les résultats de la campagne de collecte des céréales qui bat son plein dans les champs partout en Tunisie…
En attendant l’actualisation des bilans, le dernier chiffre rendu public dimanche marque, officiellement, le franchissement de la barre des 10 millions de quintaux. Le chiffre exact communiqué par l’Offices des céréales est un peu plus de 10,8 millions de quintaux de céréales collectés depuis le début de la campagne sur l’ensemble du territoire national. Cela représente environ 60% de la récolte totale sur laquelle table la Tunisie pour la campagne 2024/2025 et qui devait être de l’ordre de 18 millions de quintaux, c’est-à-dire 1,8 million de tonnes. La récolte de cette année est de loin plus importante que les saisons écoulées durant lesquelles la filière de céréales, essentiellement pluviale avec seulement 2% de culture irriguée, a été durement affectée par la sécheresse. D’après le ministère de l’Agriculture, notre pays entend obtenir, cette année, la meilleure récolte de céréales depuis cinq ans. Il faut dire qu’après un automne et un hiver extraordinairement humides avec une pluviométrie dépassant la moyenne des dernières années, le rendement de la filière a été au-dessus des attentes promettant une production en hausse de 64% par rapport à l’année dernière.
Certes, 1,8 million de tonnes est une bonne moisson, mais reste très insuffisante quand on sait que les besoins de consommation de la Tunisie se situant généralement dans une moyenne de 3,5 millions de tonnes. Ceci dit, la nouvelle production ne va combler qu’une partie négligeable des besoins de consommation et sera incapable de changer grand-chose en ce qui concerne la dépendance à l’importation. Sur les 10,8 millions de quintaux collectés jusqu’à dimanche 13 juillet 2025, la quantité de blé tendre, qui reste la céréale la plus consommée en Tunisie, a été moins de 500 mille quintaux, soit moins de 0,5%.
Blé tendre
Bon an mal an, la Tunisie se trouve toujours obligée d’importer la quasi-totalité de ses besoins de consommation en blé tendre, produit essentiel pour la fabrication de la farine de pain et dans l’industrie agroalimentaire (biscuits, pâtisseries…). Il faut rappeler dans ce sens que le coût annuel de l’importation des céréales est estimé à 3,4 milliards de dinars, dont 98% sont dessinés à financer les achats du blé tendre, sachant qu’environ 3 milliards de dinars supplémentaires sont débloqués pour la compensation des céréales.
C’est dire qu’il ne suffit pas d’espérer une bonne saison pour sortir du cycle vicieux de la dépendance, mais il est devenu plus que jamais nécessaire de développer davantage la filière de céréaliculture, dans toutes ses composantes, afin de réduire cette vulnérabilité chronique. Conscient des défis, l’État s’est fixé des objectifs ambitieux comme celui visant à porter, à l’horizon de 2030, c’est-à-dire dans seulement cinq ans, la production nationale à 2,5 millions de tonnes, contre une moyenne actuelle dépassant à peine 1,2 million de tonnes. Pour ce faire, les spécialistes croient que de gros investissements sont indispensables pour la réhabilitation des terres agricoles abandonnées et le développement des superficies irriguées, notamment à travers l’usage de l’eau de dessalement et des eaux traitées. Il sera également question d’améliorer les rendements à l’hectare grâce à l’introduction de semences sélectionnées, à la mécanisation et à un meilleur encadrement technique. En 2023, l’Etat avait promis de débloquer une enveloppe de 500 millions de dinars pour la mise en œuvre de ces actions.
H.G.
Editorial : Cette vérité qui blesse …
Par Chokri Baccouche
Quand il s’agit de dire la vérité toute crue, sans détour ni ambages, Francesca Albanese n’y va pas par quatre chemins. Elle fonce tête baissée avec courage et détermination quitte en cela à défier tout le système international contrôlé de bout en bout par les puissants lobbies et les nababs de ce monde. Depuis sa prise de fonction comme rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires occupés, cette juriste d’origine italienne au courage massif et au verbe sincère mène un combat de tous les instants pour que la vérité sur ce qui se passe réellement dans les territoires palestiniens occupés éclate au grand jour. Ses dénonciations des exactions israéliennes à Gaza et en Cisjordanie ont fait d’elle une référence et la voix pro-palestinienne par excellence. La voix de la justice et du droit international, celui-là même sur lequel repose en principe tout l’édifice onusien mais qui est malheureusement sans cesse violé et bafoué impunément par l’entité sioniste avec le soutien actif de ses sponsors occidentaux.
Francesca Albanese est une véritable amazone dans le sens guerrier du terme. Elle ne mâche pas ses mots pour stigmatiser, depuis le début de la guerre à Gaza, les atrocités israéliennes. Son dernier rapport intitulé «De l’économie de l’occupation à l’économie du génocide» a fait l’effet d’une véritable bombe qui a éclaté au visage des dirigeants sionistes, éclaboussant au passage les pays ainsi que les entreprises occidentales impliqués dans ce pogrom moyen-oriental. Dans ce document accablant appuyé par des preuves formelles et présenté le 3 juillet devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Francesca Albanese dénonce les « mécanismes des entreprises qui soutiennent le projet colonial israélien de déplacement et de remplacement des Palestiniens ». Elle avance que l’entité sioniste est responsable à Gaza d’un "des génocides les plus cruels" de l’histoire moderne. Elle nomme 60 entreprises qui, d’après elle, sont impliquées dans le soutien de l’occupation israélienne et des actions militaires à Gaza. "Ce que je dénonce, ce n’est pas une liste, c’est un système et il faut s’y attaquer", assure-t-elle.
Elle appelle donc les pays à instaurer un embargo complet sur les armes, à cesser toutes les activités commerciales avec Israël et s’assurer que les entreprises soient poursuivies en justice pour leur implication dans les violations du droit international. Comme il fallait s’y attendre, ce rapport affligeant a provoqué l’ire des Israéliens et des Américains. Si les dirigeants hébreux ont accusé Francesca Albanese d’antisémitisme, l’administration Trump a fait monter encore plus les enchères. Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a annoncé en effet, mercredi dernier, une série de sanctions à l’encontre de Francesca Albanese au prétendu motif que ses «efforts illégitimes et honteux visent à inciter la Cour pénale internationale à prendre des mesures contre des responsables, des entreprises et des dirigeants américains et israéliens». Les arguments présentés par Marco Rubio pour justifier les mesures de rétorsion à l’encontre de la rapporteuse onusienne sont non seulement pathétiques mais également risibles. La raison en est que l’Administration Trump s’en fiche éperdument de la Cour pénale internationale. D’ailleurs, elle n’a pas hésité à sanctionner tous les membres de cette Cour, coupables à ses yeux d’avoir commis un crime de lèse majesté pour avoir émis un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Netanyahu et son ex-ministre de la Défense, Yoav Gallant, accusés de crimes de guerre. Ce qui a provoqué en fait la grande colère des Israéliens et des Américains, c’est que ce rapport met à nu le système militaro-politique directement impliqué dans ce macabre complot visant à éradiquer les Palestiniens pour s’approprier leurs terres ancestrales et en finir une bonne fois pour toutes avec leur cause légitime. Bref, le rapport de Francesca Albanese dérange au plus haut point et constitue à bien des égards un témoignage accablant que les scripts de l’histoire ne manqueront pas de souligner en gras pour que les citoyens du monde actuel ou les futures générations n’oublient pas ce qui s’est réellement passé dans les territoires palestiniens. Le rapport de Mme Albanese est tellement incriminant et embarrassant qu’il a mis sur le qui-vive de nombreux pays occidentaux. Dos au mur et complètement dénudés, ces derniers mènent actuellement contre la rapporteuse onusienne une campagne de dénigrement violente visant à la destituer. Pis encore, une armée de juristes en France, aux États-Unis, en Allemagne ont déposé plainte contre elle auprès du Conseil des droits de l’homme des Nations unies et les principaux groupes juifs américains (American Jewish Committee) se sont vivement opposés à la reconduction de son mandat qui a commencé en 2022, en raison de son "manque de neutralité", "d’intégrité", et de "ses longs antécédents de rhétorique offensante, inappropriée et antisémite".
Haïe par les dirigeants sionistes et leurs sponsors occidentaux, Francesca Albanese est en revanche portée au pinacle par de très nombreuses personnes aux quatre coins de la planète. Elle est devenue la coqueluche et l’icône de la liberté sur les réseaux sociaux où des millions d’internautes soutiennent à bras-le-corps sa candidature pour le Nobel de la paix 2025.
A qui reviendra le prestigieux prix ? A Francesca Albanese, la voix courageuse de la justice et la liberté, ou à Donald Trump, le belliqueux businessman porté sur la déportation forcée des Palestiniens ? C’est au comité Nobel que reviendra la charge de trancher sur la question et de faire le bon choix qui ne doit pas poser, en principe, un problème. A moins bien sûr que les gentils membres du « Club » n’aient un gros couteau politique sur la gorge…
C.B.
















