« Mère des pays » de Hafedh Khalifa : Une ode d’amour à la Tunisie
Exploration de quelques pages de l’histoire de la Tunisie, « Mère des pays » de Hafedh Khalifa est, ce soir, à l’affiche du Festival international de Hammamet… Ces leçons à tirer de l’histoire !
Elle a été au programme de l’édition 2024 des Journées théâtrales de Carthage (JTC) et à l’affiche de quelques manifestations. « Mère des pays », une nouvelle ode d’amour à la Tunisie, et un nouveau voyage dans son histoire riche et inspirante. L’œuvre est le fruit de la collaboration entre l’un des éminents dramaturges arabes, le Tunisien Ezzeddine Madani et le metteur en scène Hafedh Khalifa. Cette collaboration n’est pas la première. Elle est la 3ème et Hafedh Khalifa semble trouver dans les beaux textes de Madani qui questionnent l’histoire et qui sont écrits dans la langue arabe de quoi nourrir son projet théâtral focalisant sur le patrimoine et sur les figures marquantes de l’histoire de la Tunisie.
Ainsi après avoir présenté « Lettres de liberté » et « Aziza Othmana », deux œuvres à vocation historique, le duo a choisi cette fois-ci d’explorer la période Hafside, sous le règne d’Abou Zakaria El Hafsi. Durant une partie de leur règne, les Hafsides ont connu une période de prospérité et de développement.
Le spectacle où se croise le théâtre, la musique, la danse et également le vidéomapping (pour la construction de certains monuments de cette période) est un hymne d’amour à la Tunisie.
La pièce réunit de nombreux acteurs chevronnés et des figures marquantes de la scène artistiques tunisiennes, parmi lesquelles nous citons : Aziza Boulabiar, Jalel Saadi, Mohamed Toufik El Khalfaoui, Noureddine Ayari, Abderrahman Mahmoud, Jamila Kamara, Nouzha Hosni, Chihab Chbail, Kamel Zahyou, Adam Jebali, Abdelkader Dheridi, Fatma Zahra Marouani, Abdelatif Boualleg, Abeer Ben Smaida, Ahmed Rouine, Chaima Sammari, Mejdi Mahjoubi, Mohamed Youssef Ben Azziz et Seifeddine Oujihi.
Enseignant de percussion à l’Institut supérieur de musique de Tunis, compositeur et également photographe, connu également par ses recherches d’ethnomusicologie apporte sa touche à cette création qui s’interroge sur plusieurs concepts tels que le « pouvoir », « l’État » et « la religion ». Bien qu’elle tire ses origines de l’histoire et des réalisations des Hafsides (commerce, architecture, art, politique…), l’œuvre ne manque pas de fraîcheur et surtout d’actualité.
Il est à rappeler que « Mère des pays » est la première pièce de théâtre sur le catalogue théâtral du Festival international de Hammamet qui comporte trois d’autres pièces tunisiennes : Ad Vitam » de Leila Toubel, « Au violon » de Fadhel Jaziri et « La Dame de Kerkoine » de Houssem Sahli et Wajdi Gaidi.
Imen ABDERRAHMANI
Sur les écrans du Pathé-Tunisie : Le grand retour des Schtroumpfs
Avec eux la vie n’est jamais en rose, elle est toujours en bleu. Les petites créateurs préférées des enfants (et même des grands) sont de retour sur le grand écran, à partir d’aujourd’hui, le 16 juillet. Nouvelle aventure toute en musique à ne pas manquer !
Ils ont bercé notre enfance. Ils ont également accompagné nos enfants et ont fait très souvent le bonheur de nos parents. Les Schtroumpfs, ces créatures magiques ont traversé des décennies, réussissant toujours à capter l’attention des petits et des grands par leurs aventures. Toutes les générations semblent les connaître, admirant leur petit village perdu et caché dans la forêt. Nostalgiques, rappelez-vous de votre Schtroumpf préféré: le Grognon pour les uns, le maladroit pour les autres, le farceur, le moralisateur… ou encore l’unique et belle Schtroumpfette sans oublier le Grand Schtroumpf qui possède à la fois l’autorité et la sagesse.
Série de bande dessinée belge, « Les Schtroumpfs » ont été créés en 1958 par le dessinateur belge Peyo (Pierre Culliford). Leur première apparition eut lieu dans les pages du Journal de Spirou, à la planche 37 d’un épisode de sa série Johan et Pirlouit, intitulé « La Flûte à six trous ». Et depuis, ces créatures en bleu ont réussi à s’imposer, poursuivant leur chemin, dépassant les frontières, résistant aux guerres et aux conflits qui ont déchiré et déchirent encore le monde.
Plus qu’une soixantaine d’années, ces héros préférés des enfants n’ont pas pris une ride, continuant à inspirer les artistes et à faire fortune aux industriels et aux designers, créant tant d’objets et d’articles rappelant l’univers magique des Schtroumfs.
Déjà 67 ans depuis la première apparition, un nouveau film racontant une nouvelle aventure de ces créatures magiques sortira demain en salles. Le film-évènement est au programme également du réseau Pathé en Tunisie et à l’Institut français de Tunisie (IFT), le 18 juillet.
Pour ce nouveau film Les Schtroumpfs, tout droit sorti des studios Paramount Pictures, la Schtroumpfette joue un rôle principal pour sauver le Grand Chef kidnappé. Qui est derrière ce kidnapping ? Le sorcier Gargamel qui n’a jamais perdu l’espoir pour attraper ces créatures et retrouver leur village ?
Dans cette nouvelle une version totalement repensée qui s’éloigne des précédents films, et présentée en comédie musicale, « Les Schtroumpfs » ambitionne de séduire un public de 3 au 99 ans, avec de l’humour mais aussi un bouquet de chansons entraînantes. La bande d’annonce fait rêver les petits comme les grands. Pleine de magie et d’émotion, cette nouvelle version réussira-t-elle comme les précédentes éditions à drainer le grand public aux salles de cinéma ? En attendant les chiffres du Box-office, laissez- vous porter par ces créatures en bleu !
Imen.A.
Festival international de Sousse : rendez-vous du 18 juillet au 15 août 2025
Vingt-cinq spectacles dont trois étrangers sont à l’affiche de la 66ème édition du Festival international de Sousse qui aura lieu du 18 juillet jusqu’au 15 août 2025. Organisé comme à l’accoutumée au Théâtre de plein air de Sidi Dhaher de Sousse, le festival propose un programme alliant musique, théâtre et cinéma.
Organisé par l’association du festival international de Sousse, ce festival est soutenu par le ministère des Affaires culturelles et la municipalité de Sousse.
Le programme
- Le 18 juillet : Spectacle musical « Maqam el ochak » de Khaled Slama & Mouldi Hassine
- Le 19 juillet : « La musique tunisienne authentique » d’Anis Letaief
- Le 20 juillet : Spectacle de chansons BD par « Ocelosia »
- Le 21 juillet : «Big Bossa » One woman show de Wajiha Jendoubi
- Le 22 juillet : Le groupe « YUMA »
- Le 24 juillet : Soirée musicale tunisienne en partenariat avec la Radio Jawhara FM (Sousse)
- Le 28 juillet : Le chanteur Mohamed Jebali
- Le 29 juillet : Troupe Maqam el Malouf de Tripoli (Libye)
- Le 30 juillet : Film « Sahbek Rajel »
- Le 31 juillet : Spectacle de musique soufie « Ettakhmira » de Mourad Bacha
- Le 1er août : Pièce « Tounssi w noss « de Nabil Kleb
- Le 02 août : « Ma’homch ashabi » du trio Hamouda Fallah, Afef Salem & Aymen Ghezal
- Le 03 août : Spectacle « Yalla Soussa Tghanni » sous la direction du maestro Qotaiba Rahali
- Le 04 août : Pièce « Rakset Sama » (Danse céleste), mise en scène par Taher Issa Belarbi (production du Théâtre National Tunisien)
- Le 05 août : Soirée des « Qodoud d’Alep» (Syrie)
- Le 06 août : « Ochak Ettarab » d’Abdelkrim Basti
- Le 07 août : « El Maestro » de Bassem Hamraoui
- Le 08 août : Troupe « Haezz » (Autriche)
- Le 09 août : L’artiste Zied Garsa
- Le 10 août : L’artiste Hassan Doss
- Le 11 août : Le chanteur Lotfi Bouchnak
- Le 2 août : Pièce « S’hayyen Tounsi» de Jaco
- Le 13 août : « Centifolia, Ghnaya Lik » avec la participation de Rafik Gharbi, Lilia Ben Chikha & Maysoun Fatnassi
- Le 14 août : Le chanteur Mostatha Fetiti
Le 15 août : La Troupe de la Rachidia de Sousse avec la participation de Hamdi Chalghmi
Festival du film de Locarno : Abdellatif Kéchiche de retour, concourant pour le Léopard d’or
Trois nouveaux films de réalisateurs franco-tunisiens, « Mektoub, my love : Canto due » d’Abdellatif Kechiche, « La petite dernière » de Hafsia Herzi et « Exile » de Mehdi Hmili, figurent dans la sélection officielle de la 78ème édition du Festival du film de Locarno qui aura lieu du 6 au 16 août 2025 dans la ville de Locarno en Suisse.
■ «Mektoub, my love: Canto due » d’Abdellatif Kechiche dans la compétition
Sélectionné dans la compétition « Concorso Internazionale », Mektoub, my love: Canto due, est dans la course pour le Pardo d’Oro (Léopard d’or). « Exile » et « La petite dernière » figurent dans des sections non compétitives.
Le festival présente deux autres sections compétitives : Concorso Cineasti del Présente » et « Pardi di Domani ».
« Mektoub, my love: Canto due » (134′ 2025) sera projeté en version originale (Français, anglais, arabe). Coécrit par Abdellatif Kechiche et Ghalya Lacroix, ce film est une adaptation libre du roman « La Blessure, la vraie » de François Bégaudeau (paru chez Verticales en 2011).
Aucune information n’a été publiée sur ce film porté par un casting composé de Shaïn Boumedine, Ophélie Bau, Jessica Pennington, Salim Kechiouche et Andre Jacobs.
Abdellatif Kechiche est de retour avec le nouveau volet de sa trilogie « Mektoub My Love », après « Mektoub My Love : Intermezzo », un film controversé de 4 Heures se déroulant dans une discothèque jamais sorti en salles depuis sa première au Festival de Cannes en 20219.
Le réalisateur tunisien lauréat de la Palme d’or 2013 présentera son nouveau film au festival du film Locarno. Composé de premières mondiales ou internationales, le Concorso Internazionale rassemble des films majeurs du monde entier pour concourir pour le Pardo d’Oro.
Mettant en vedette à la fois des auteurs établis et des talents émergents, la forme classique et l’expérimentation, le Concorso Internazionale, est une compétition présentant le meilleur du cinéma contemporain qui met en jeu de nouveaux territoires pour le 7ème art.
■ « Exile » et « La petite dernière » dans les sections non-compétitives
Produit avec le soutien du Centre national du cinéma et de l’image (CNCI), « Exile » (Exil) figure dans la section non compétitive « Fuori Concorso » qui sert notamment de « laboratoire pour le mélange de tous les genres imaginables et de diverses formes de narration », indique le site du festival.
Cette fiction (127′) en arabe est une coproduction entre la Tunisie, le Luxembourg, la France, le Qatar et l’Arabie saoudite. Ce film est produit par « Yolf Film House » de Moufida Fedhila, Mehdi Hmili, et plusieurs partenaires (CNCI- Tunisie, Fonds du film Luxembourg, Institut du film de Doha, CNC-France, Fonds de la mer Rouge, Fonds AFAC, OIF, France TV).
Ghanem Zrelli, Maram Ben Aziza, Younes Ferhi, Slim Baccar, Mourad Gharsalli et Mohamed Kolsi sont au casting de ce film réalisé et écrit par Mehdi Hmili sous une musique d’Amélie Legrand, avec Farouk Laaridh à la Direction photo.
« La petite dernière » figure dans «Piazza Grande » section dédiée aux projections outdoor sur la place Piazza Grande avec des milliers de sièges. La programmation de « Piazza Grande » se compose de certains des films les plus attendus de l’année, à Locarno principalement lors de leurs premières mondiales ou internationales.
Ce film lauréat du prix de l’interprétation féminine attribué à Nadia Melliti, à la 78ème édition du Festival de Cannes (13-24 mai 2025), sera projeté à la « Piazza Grande » avec d’autres films primés à Cannes 2025 notamment le lauréat de la Palme d’or, « Un simple accident » de l’Iranien Jafar Panahi.
« La petite dernière » (1 h 46 min), troisième long- métrage de Hafsia Herzi est adapté du roman éponyme (192 pages, 2020), premier livre de l’autrice française d’origine algérienne Fatima Daas.
Révélée en 2007 par « La Graine et le mulet » d’Abdellatif Kechiche, Hafsia Herzi fait ses premiers pas au cinéma en tant qu’actrice avec notamment des rôles dans de films de Abdellatif Kechiche, « Mektoub, my love : canto uno » (2017) et « Mektoub, my love : intermezzo » (2019).
Le Quotidien avec TAP
L'Espérance engage Ibrahima Keita pour deux saisons
A la recherche de renforts en défense, l'Espérance de Tunis vient d'engager officiellement Ibrahima Keita, un latéral droit mauritanien de 23 ans qui évoluait au club Congolais de TPMazembe. Le contrat signé couvre une période de deux ans. Cet international mauritanien est connu pour être un latéral droit robuste capable d'évoluer dans l'axe central et comme joueur de couloir droit. Pour les Sang et Or, ce recrutement est considéré comme un joli coup de filet.
J.B.
Éditorial : Ce mauvais record sonnant et trébuchant… - Par Hassan GHEDIRI
À la date du vendredi 11 juillet 2025, la quantité de billets et monnaies en circulation en Tunisie a été de l’ordre de 25,090 milliards de dinars, selon le décompte publié par la Banque centrale de Tunisie (BCT). Le cash, qui tend à disparaître progressivement dans beaucoup de pays du monde sur fond d’une dématérialisation accélérée des transactions et d’une démocratisation massive des paiements sans contact, garde paradoxalement son règne en Tunisie, ravitaillant sans répit une «informalité» généralisée.
25 milliards de dinars est un très mauvais record «sonnant et trébuchant» que notre pays bat dans cette «indiscipline» monétaire. C’est aussi le reflet éclatant d’une véritable et profonde crise de confiance envers tout ce qui matérialise la régularité financière, fiscale, économique et politique. 25 milliards de dinars d’argent liquide qui circulent dans l’économie, c’est du jamais vu, et c’est quatre fois le volume du cash d’avant 2011. C’est, surtout, une immense économie noire qui carbure au cash sans aucune trace et sans aucun bénéfice pour la fiscalité publique. Et donc, un manque à gagner terrible pour un État incapable d’enclencher la dynamique de croissance et de développement tant espérée, et qui ne sait plus jusqu’à quand il va continuer à s’endetter pour rembourser ses créanciers.
Entre-temps, le décashing annoncé sans cesse durant plus d’une décennie comme étant un antidote à l’informalité de l’économie reste un slogan creux, malgré les bonnes volontés et les multiples réformes... restées sur le papier. En l’absence de véritables ruptures avec les pratiques anciennes, l’argent continue de fuir les circuits réglementaires du financement de l’économie pour se réfugier dans les coffres-forts des contrebandiers et les matelas des particuliers. Si, dans le monde, l’on constate la montée en puissance des modes de paiement électronique, le règne du cash est, lui, loin de s’achever en Tunisie.
Ce recours excessif à l’argent liquide n’est pas seulement le symptôme d’une économie malade, il en est aussi l’un des principaux agents infectieux. Il entretient un cercle vicieux où l’opacité des flux financiers alimente l’évasion fiscale, encourage la corruption, dissuade l’investissement formel et prive l’État de marges budgétaires vitales. Ce sont des milliards de dinars qui échappent chaque année au Trésor public, compromettant la capacité du pays à financer ses services de base, à investir dans ses infrastructures et à honorer ses engagements sociaux. Le problème ne se limite donc pas à une anomalie monétaire. Il traduit un déséquilibre systémique, où la perte de contrôle sur les flux d’argent alimente le désordre macroéconomique. Ce sont aussi les règles du jeu qui se retrouvent faussées : le commerçant qui déclare ses revenus et paie ses impôts est désavantagé par rapport à celui qui travaille exclusivement au noir. L’artisan ou l’industriel qui respecte la légalité subit une concurrence déloyale face à des réseaux informels dopés par le cash, qui ne paient ni impôts ni charges sociales. Résultat : le tissu économique national s’érode, les incitations à la conformité s’effondrent et la confiance dans l’État s’amenuise.
Le coût de cette anarchie monétaire ne se mesure pas uniquement en milliards manquants dans les caisses publiques. Il se mesure aussi en opportunités perdues. Chaque dinar qui échappe à la traçabilité est un dinar qui n’alimente pas le crédit, qui ne soutient pas l’investissement productif, qui ne participe pas à l’effort collectif de redressement. C’est un dinar stérile, souvent utilisé dans des circuits spéculatifs, informels ou illicites, au lieu de circuler dans les artères de l’économie réelle.
H.G.
Etat social et emploi : Le secteur public a-t-il les moyens de recruter ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le chef de l’Etat appelle à ancrer les bases de l’Etat social dont le premier objectif est de réduire le taux du chômage. Le secteur public a-t-il justement les moyens de recruter?
«L’État social n’est pas qu’un simple slogan, mais il doit se concrétiser dans tous les secteurs et toutes les régions. Il s’agit d’une véritable révolution de libération nationale jusqu’à la victoire», a affirmé le président de la République, Kais Saied, lors du Conseil des ministres tenu vendredi dernier. Et c’est le chômage qui est dans le collimateur du chef de l’Etat. «Le plus grand défi auquel nous sommes confrontés est d'ouvrir la voie aux chômeurs, dont notamment les jeunes. Ils sont les victimes de plusieurs décennies de corruption et de mauvais choix économiques. Il faut d'abord se débarrasser des concepts caducs et trouver de nouvelles solutions pour créer la richesse», a-t-il indiqué. En effet, Kaïs Saied a ordonné au cours de ce Conseil des ministres l’élaboration d’un projet de loi relatif aux personnes au chômage depuis de longues années. Ce projet de loi vise à ouvrir la voix vers des perspectives de recrutement, notamment dans la fonction publique.
De fait, plusieurs observateurs s’interrogent si réellement l’Etat a les moyens de sa politique d’autant que le secteur public engloutit pas moins de 60% du PIB et le nombre d’employés dépasse largement les normes internationales. Pis encore, les recrutements massifs survenus après la révolution de 2011 ont lourdement affecté ce secteur devenu un lourd fardeau pour l‘Etat. «La masse salariale a atteint environ 23,7 milliards de dinars en 2024, en hausse par rapport aux 22,7 milliards de dinars en 2023, ce qui soulève des préoccupations quant à la lourdeur pour l’Etat de financer d’autres dépenses essentielles, telles que les infrastructures et les équipements publics», nous apprend l’expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi. Que faire, de fait, pour rendre le secteur public plus compétitif aussi bien au niveau social qu’économique ?
Réformes tous azimuts…
Tous les spécialistes s’accordent à dire que l’Etat social doit rompre avec le concept de l’Etat providence, «l’ambition est de placer la gestion des ressources humaines des administrations publiques au cœur de la performance du service public», affirme l’expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi. Et d’ajouter : «Il faut éviter l’erreur commise par les différents gouvernements ayant siégé après la révolution en recrutant sur la base du militantisme et pour des raisons partisanes. L’impact de cette politique a lourdement affecté les grandes entreprises publiques qui sont aujourd’hui les plus importantes en termes de masse salariale. Je cite la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG), Tunisie Télécom, la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) et le Groupe Chimique et TRANSTU. Ces entreprises représentent 66% de la masse salariale totale des 88 établissements publics concernés par le dernier rapport du ministère des Finances sur les entreprises publiques. De fait, il faut repenser notre politique en matière de gestion des ressources humaines. Tous les experts vous le diront : la gestion des ressources humaines doit, en effet, s’articuler autour de quatre points principaux, à savoir le recrutement qui vise à cibler les besoins présents de l’entreprise et rechercher des talents individuels capables de les satisfaire et de s’adapter aux besoins futurs de l’entreprise, la maîtrise des rémunérations qui comprend entre autres la motivation par le salaire, c'est-à-dire récompenser les plus motivés, la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences afin de prévoir et adapter le personnel selon les besoins de l’entreprise dans un environnement fluctuant et instable et l’amélioration des conditions de travail, car la productivité du capital humain assure la performance de l’entreprise en gérant bien le facteur motivation et stress du personnel ».
M.B.S.M.
Ligue 1: Date du tirage au sort du calendrier du championnat
C'est maintenant officiel. Le tirage au sort du calendrier du championnat de la Ligue 1 pour la saison 2025-2026 sera effectué ce samedi 19 juillet au siège de la Fédération Tunisienne de Football. Le format sera le même que celui de la saison dernière et que celui de toutes les grandes nations de football, en poule unique. Pour rappel, la première journée de la Ligue 1 est programmée pour les 9 et 10 août prochains.
J.B.
UNESCO lance une résidence au Maroc pour 10 jeunes réalisatrices africaines, dont une candidate tunisienne
Avec le soutien financier de la République populaire de Chine et en partenariat avec la Fondation Tamayouz Cinéma, l’UNESCO lance une résidence de création cinématographique de six semaines au Maroc à destination de 10 jeunes réalisatrices africaines âgées de 21 à 35 ans.
Dans le cadre de la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, ce programme unique offre une plateforme pour renforcer les compétences, amplifier les voix et connecter les participantes avec des acteurs clés de l’industrie cinématographique à l’échelle du continent, a annoncé l’Unesco.
Deux participantes seront sélectionnées dans chacune des cinq sous-régions africaines. Elles doivent parler et comprendre couramment l’anglais et/ou le français.
L’Institut français de Tunisie a annoncé qu’il accompagnera la candidature d’une jeune réalisatrice tunisienne.
Chaque candidate doit justifier d’au moins 2 ans d’expérience professionnelle dans le domaine du cinéma ou de l’audiovisuel. Elle doit avoir écrit et réalisé au moins un film de fiction (court, moyen ou long-métrage), de préférence présenté en festival et/ou diffusé.
La prise en charge des candidates est complète (transport, hébergement, per diem).
La soumission des dossiers de candidatures doit parvenir avant le 31 juillet 2025 par mail à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Toutes les informations nécessaires sont consultables à partir du site de l’Unesco à l’adresse suivante : https://urlz.fr/uEZg
Il est également possible de consulter le site de la Fondation partenaire « Tamayouz Cinéma » : https://fondationtamayouz.ma/residences-africaines.
Les candidates retenues entameront une résidence immersive de 6 semaines qui se déroulera du 15 septembre au 27 octobre 2025, au Maroc, entre Rabat et Marrakech. La résidence se déroulera en format hybride (en ligne et en présentiel).
Sous le mentorat des réalisateurs de renom Abderrahmane Sissako et Hicham Lasri, les participantes bénéficieront d’une formation professionnelle encadrée, réaliseront leur propre court-métrage et collaboreront avec leurs pairs venant de l’ensemble du Continent.
Thème de la résidence
La Fondation Tamayouz Cinéma est une initiative marocaine visant à construire une industrie cinématographique créative, durable et compétitive. Elle œuvre à l’autonomisation des femmes professionnelles du secteur, soutient une nouvelle génération de réalisatrices à travers des formations, des réseaux professionnels et des incubateurs de projets. Forte d’une communauté en pleine croissance, la Fondation agit pour représenter les voix du secteur, promouvoir l’égalité de genre et influencer les politiques publiques au Maroc, en Afrique et dans le monde arabe.
Hicham Lasri a accepté de mettre à profit son idée originale : une série sur les centres d’appels de Casablanca, a annoncé la Faondation Tamayouz Cinéma.
Ce thème imposé présente l’avantage de structurer l’exercice, mais surtout de maximiser l’apprentissage collaboratif et de favoriser la créativité collective, tout en respectant la voix artistique de chaque participant. Ainsi, ce sujet offre à chaque cinéaste l’occasion d’exprimer sa singularité nationale et créative tout en contribuant au projet.
Selon le site de la Fondation, « le Maroc compte aujourd’hui plus de 1 200 centres d’appels, représentant environ 90 000 emplois directs, dont Casablanca est l’épicentre. Ces dernières années, la présence de jeunes travailleurs subsahariens dans ces structures a considérablement augmenté : plus de 20 000 étudiants et jeunes professionnels subsahariens vivent désormais au Maroc, souvent attirés par les opportunités offertes par les métiers de la relation client. Ces centres d’appels sont devenus des lieux de vie et d’échanges culturels, où convergent les accents, les références, les aspirations et les luttes de tout un continent »
Le programme de résidence offre aux cinéastes sélectionnés de multiples opportunités de réseautage pour tisser des liens durables.
Les participantes collaboreront étroitement avec leurs pairs sous la direction de l’équipe de résidence, bénéficiant d’un important soutien artistique, technique et logistique de la Fondation Tamayouz Cinéma et de ses partenaires.
Cette résidence cinématographique et artistique offrira aux résidentes une plateforme pour développer leurs compétences, amplifier leur voix et rencontrer des acteurs.rices influent.e.s de l’industrie cinématographique. Il s’agit d’une opportunité unique de collaboration, d’échanges artistiques et de développement professionnel, accompagnée par un groupe d’expert.e.s en cinéma, de l’écriture de scénario à la réalisation, en passant par la postproduction et la distribution.
Le Quotidien avec TAP
Prix littéraire arabe « Sheikh Zayed Book Award » : Ouverture des candidatures
L’appel à candidatures pour participer à la 20ème édition du prestigieux prix littéraire arabe « Sheikh Zayed Book Award » (SZBA), organisé par le Centre de langue arabe d’Abu Dhabi (ALC), est ouvert jusqu’au 1er septembre 2025.
Le SZBA accepte les soumissions dans 10 catégories : Littérature, Traduction, Contribution au développement des nations, Culture arabe dans d’autres langues, Littérature pour enfants, Édition de manuscrits arabes, Critique littéraire et d’art, Jeune auteur, Personnalité culturelle de l’année et Édition et technologie.
Les conditions de candidature pour le Sheikh Zayed Book Award stipulent que chaque candidat peut nommer une œuvre à une catégorie, et l’œuvre ne doit pas avoir été nominée pour un autre prix la même année, que ce soit directement ou par l’intermédiaire d’un représentant. Les œuvres soumises doivent également porter un numéro de livre standard international (ISBN) valide pour garantir la protection des droits de propriété intellectuelle de l’auteur.
De plus, le prix ne sera décerné à aucune œuvre qui a déjà remporté un prix arabe ou international majeur, cependant, la nouvelle soumission est autorisée, à condition que le délai imparti ait été atteint et que de nouvelles copies de l’œuvre soient soumises.
Les conditions permettent également aux auteurs de se nommer eux-mêmes ou d’être nommés par les éditeurs – qui ne peuvent soumettre une demande que pour les œuvres qu’ils ont publiées-, avec le consentement écrit de l’auteur.
Les livres nominés doivent avoir été publiés au cours des deux dernières années au plus tard et ne devraient pas avoir remporté de prix internationaux majeurs.
Les œuvres originales soumises doivent être écrites en arabe, à l’exception de celles soumises dans la catégorie « Édition de manuscrits arabes », qui peuvent être dans d’autres langues, ainsi que dans la catégorie « Traduction » (qu’elle soit traduite en ou à partir de l’arabe) et de la catégorie « Culture arabe dans d’autres langues » où les œuvres publiées en anglais, allemand, français, italien, espagnol et russe sont acceptées.
En ce qui concerne le prix « Personnalité culturelle de l’année », les candidats doivent être nommés par des institutions universitaires, de recherche ou culturelles ; des organismes littéraires et des universités ; ou par trois personnalités intellectuelles et/ou culturelles de premier plan.
Les candidats pour toutes les autres catégories doivent remplir personnellement les formulaires de nomination sur le site officiel de SZBA.
De plus amples informations sur les critères d’éligibilité et le processus et le formulaire de soumission sont consultables sur le site officiel de SZBA : www.zayedaward.ae
Coïncidant avec le 20ème anniversaire de la création du Prix, cette édition spéciale reflète son parcours pionnier dans l’enrichissement des paysages culturels et littéraires et renforce sa présence en tant que plateforme internationale soutenant l’excellence intellectuelle et créative.
Depuis son lancement initial en 2006, le Sheikh Zayed Book Award a servi de plateforme internationale de premier plan pour la créativité, la promotion de l’édition arabe et la promotion du dialogue intercivilisationnel. Le prix poursuit sa mission d’autonomiser les esprits créatifs, d’alimenter la production intellectuelle et d’élever la réputation mondiale de la langue arabe.
Le SZBA offre de nouvelles opportunités aux écrivains arabophones et récompense les auteurs qui écrivent sur la culture et la civilisation arabes en anglais, français, allemand, italien, espagnol et russe. Il est décerné aux créateurs et aux penseurs distingués dans les domaines de la littérature, des arts et des sciences humaines en Langue arabe, ainsi qu’à d’autres langues. Cette récompense soutient également le mouvement de traduction.
Ouverture des candidatures pour le Prix Jeunes Artistes « 90’s Reloaded »
L’Institut français de Tunisie a annoncé l’ouverture des candidatures pour le Prix Jeunes Artistes « 90’s Reloaded ».
Ce concours d’arts visuels est ouvert, sur dossier, à tous les jeunes artistes et passionnés d’art. Le dossier de candidature doit être envoyé par mail, avant le dimanche 24 août 2025, à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Pour cette nouvelle édition, TGM Gallery invite les artistes émergents à explorer les années 1990, une décennie charnière, prise entre la fin d’un siècle et l’aube de l’ère numérique. C’est l’époque des premiers ordinateurs personnels, de la culture pop mondialisée, du grunge, des cassettes VHS, des jeux vidéo en 2D, des cybercafés, mais aussi des luttes sociales et identitaires qui commencent à prendre de nouvelles formes.
Chaque candidat peut soumettre une, deux ou trois œuvres en lien avec le thème « 90’s Reloaded ». Les œuvres proposées peuvent relever de toute discipline des arts visuels, incluant (sans s’y limiter) : peinture, sculpture, dessin, installation, photographie, vidéo, arts numériques, ou techniques mixtes.
L’œuvre proposée doit être adaptée à une exposition en galerie.
Le dossier de candidature devra comprendre : les coordonnées complètes du candidat (CV, adresse e-mail, numéro de téléphone) ; un portfolio de 5 à 10 œuvres récentes ; une note d’intention d’une page en lien avec le thème ; une fiche contenant les visuels, une description du projet proposé, les spécifications techniques et les détails complets de l’œuvre.
Les artistes émergents n’ayant jamais exposé sont éligibles à ce concours. Les artistes ayant participé aux éditions précédentes ne sont pas éligibles.
Un atelier d’initiation au tambour japonais à Beni Mtir
Le charmant village de Beni Mtir (Jendouba) a accueilli les 12 et 13 juillet un atelier d’initiation au tambour japonais « Wadaiko », organisé par le groupe musical «Wako» a l’intention des jeunes amateurs de culture japonaise en Tunisie. Les séances de pratique du tambour suivies d’un mini-concert ont eu lieu dans un établissement hôtelier équipé d’« roten-buro », le bain thermal en plein air, tirant l’eau chaude de la source tout près.
L’ambassadeur du Japon en Tunisie Osuga a été au rendez-vous, assistant à cette rencontre musicale tuniso-nippone.
Il est à rappeler que le Pavillon tunisien à l’Expo 2025 Osaka-Kansai a organisé, le 25 juin, un événement intitulé « Onsen(source thermale) tourism in Tunisia » pour présenter la richesse et le potentiel de tourisme thermale et thérapeutique en Tunisie, y compris à Beni a Mtir.
Festival international de Monastir : vingt spectacles à l’affiche
Organisée du 19 juillet au 14 août au Ribat de Monastir, la 52ème édition du Festival international de Monastir a livré ses secrets. Alliant musique, cinéma et théâtre, le programme propose vingt spectacles. Il est à noter que toutes les soirées démarrent à 21h30.
• 19 Juillet : Spectacle musical tuniso-marocain « Fi rihab al Andalus » sous la direction de Mahmoud Frih et Ibrahim Cherif (production du festival)
• 21 Juillet : Spectacle de l’artiste Moncef Frini
• 22 Juillet: Zied Gharsa
• 24 Juillet : Spectacle de musique soufie « al gaouala » sous la direction du maestro Hatem Ferchichi (production du festival)
• 25 Juillet : Cinéma : « La bague d’Elissa » un film pour enfants de Mohamed Khlili Bahri (2023) et « Sahbek Rajel » de Kais Chekir (2024)
• 26 Juillet : Spectacle « Ribat Youghanni », saison 2
• 29 Juillet : Hichem Sallam
• 30 juillet : « Visa » one-man-show de Karim Garbi
• 31 Juillet: Spectacle musical « Flash- back »
• 01 Août: « Naama fi el kalb » de Mohamed Madhioub, spectacle de l’association des jeunes de la musique arabe à Monastir
• 02 Août : Balti
• 03 Août : « Fawka al mouaddal 24/20 » one-woman-show de Wajiha Jendoubi
• 05 Août: Lotfi Bouchnak
• 06 Août : le groupe Yuma
• 07 Août : Concert symphonique de Hassen Doss
• 08 Août: Spectacle de la « Chorale du Patrimoine oriental au Canada » sous la direction du maestro syrien Spiro Elias Damian
• 09 Août : Pièce « Tounsi w noss » de Nabil Kollab
• 10 Août : Sanfara et Blingos
• 11 Août : « Ziara » de Sami Lajmi
• 14 Aout : Saber Rebai
Chelsea atomise Paris Saint Germain (3-0) et remporte la coupe du monde haut la main
Par Jamel Belhassen
Le dernier chapitre de cette joute mondiale a choisi le camp des Blues qui ont balayé allègrement les Parisiens leur passant trois buts dans la seule première mi-temps. Au Metlife stadium à New-York plein à.craque, les Parisiens, champions d'Europe veulent remporter la coupe du monde pour couronner une saison exceptionnelle. Les Blues comptent beaucoup sur cette finale pour réussir un grand coup historique. Les deux équipes ne manquent pas d'arguments, le PSG qui a battu le Bayern et le Réal ne compte pas s'arrêter en si bon chemin, Chelsea se base sur un jeu collectif impressionnant. Avec deux styles différents, le 4-2-3--1 pour les Anglais et le 4-1-2-3 pour les Français, le match commence par une domination anglaise et un tir de Palmer qui a failli faire mouche (8e). C'est que Chelsea a bien contourné le pressing de PSG. Les espaces jouables sont limités. Le jeu au chat et à la souris se poursuit . A la (15e) Doué rate une belle opportunité. Le même Doué sollicite Sanchez qui sauve le but (18e).
Palmer refroidit les Parisiens
Mais c'est Chelsea qui trouve la faille en premier sur un beau but de Palmer (22e) après un contre de Pedro( 1-0). Le même Palmer récidive et double la marque de la même manière en mettant le cuir hors de portée du gardien Donnaruma ( 2-0) à la (30e). Un scénario cauchemardesque pour les Parisiens et parfait pour les Londoniens. Doué, Dembele et Vitinha tardent à trouver la faille. Et ce n'est pas fini. Pedro, avec une aisance et une finesse étonnantes, triple la marque (3-0) à la ( 43e). Le PSG est pris à son propre jeu. Chelsea brille sur le plan tactique fait preuve d'efficacité desarmante.
Après la pause, les équipiers de Hakimi cherchent un sursaut d'orgueil sans grande conviction vu la difficulté de la mission face à des Blues bien organisés. Donnaruma sauve un autre but en détournant un tir de Delap en corner ( 68e). Le rythme baisse d'un cran au gilet du temps. Chelsea gère son avance calmement et le PSG lutte avec la rage du désespoir. Donnaruma sauve un autre but et évite le waterloo à son équipe, puis Nevez se fait exclure (85e). C'est la débandade dans les rangs Parisiens. Les Blues sont champions du monde. Le rêve d'un doublé coupe d'Europe et coupe du monde s'évapore pour le club de la capitale française.
J.B.
Éditorial : Trump, les tarifs douaniers et le déclin de l’Occident - Par Jalel HAMROUNI
La décision de Donald Trump d’imposer 30 % de droits de douane sur les produits européens n’est pas simplement une mesure économique protectionniste, elle est l’expression arrogante d’une vision obsolète des rapports internationaux. En un seul geste, l’ancien président américain, redevenu figure dominante du camp républicain, s’en prend à l’Union européenne. Cette posture unilatérale, brutale et provocatrice trahit non seulement un mépris profond pour l’alliance transatlantique, mais révèle aussi le malaise grandissant des puissances occidentales face à un monde en mutation rapide.
D’abord, sur le plan économique, cette décision traduit un repli américain agressif qui risque d’aggraver les tensions commerciales, déjà fragilisées par le précédent mandat Trump. En taxant massivement les produits européens, qu’il s’agisse d’automobiles allemandes, de produits agricoles français ou de technologies scandinaves, Trump tente de protéger une industrie américaine qui peine à se réinventer face à la concurrence asiatique. Mais cette méthode relève davantage du chantage que d’une stratégie industrielle cohérente. En réalité, elle risque de déclencher des mesures de rétorsion de l’UE, relançant une guerre commerciale stérile entre alliés historiques.
Plus grave encore, Trump ne se contente pas d’imposer ses tarifs. Il enrobe son action d’un discours culpabilisateur envers les Européens, les accusant de « faiblesse », d’« attentisme », et d’« inefficacité stratégique » dans un monde dominé par la Chine et la Russie. Ce ton condescendant illustre parfaitement le populisme géopolitique qui alimente sa rhétorique: les alliés ne sont plus des partenaires, mais des fardeaux à surveiller, à tancer, voire à punir. L'Europe, affaiblie par ses divisions internes, son manque d'autonomie militaire, et sa dépendance énergétique, devient une cible facile dans la narrative trumpienne.
Mais Trump ignore, ou feint d’ignorer, que le monde de 2025 n’est plus celui de l’après-guerre froide. Le système mondial est en recomposition. Le Sud global revendique sa place, les BRICS s’organisent, et la multipolarité devient la norme. Face à ces mutations, l’Occident a besoin d’unité, de coopération, de diplomatie. Or Trump, avec ses politiques unilatérales, mine cette cohésion et affaiblit davantage l’influence occidentale. En tournant le dos à l’Europe, il scie la branche sur laquelle repose encore une partie de la puissance américaine : son réseau d’alliés, sa crédibilité internationale, sa capacité à créer des coalitions.
L’Union européenne, quant à elle, se trouve à la croisée des chemins. Les insultes répétées de Trump, ses décisions unilatérales et ses menaces économiques devraient servir d’électrochoc. L’UE ne peut plus se permettre d’être la variable d’ajustement de la politique américaine. Elle doit affirmer son autonomie stratégique, renforcer ses industries clés, investir massivement dans la recherche, la défense et les technologies vertes. Plus que jamais, elle doit se libérer de la tutelle atlantiste qui l’empêche de parler d’une seule voix sur la scène mondiale.
La décision de Trump est aussi révélatrice d’un malaise plus profond : celui du leadership occidental face à l’émergence de nouveaux pôles de puissance. Plutôt que d’adapter ses institutions, de renforcer ses alliances, et de renouveler ses modèles économiques, l’Occident, en particulier sous Trump, préfère le repli, la confrontation et le court-termisme électoral. C’est un aveu d’impuissance déguisé en posture de force. Et c’est là que réside le vrai danger : à force de se croire dominants, les dirigeants occidentaux se retrouvent isolés, dépassés et désavoués.
En fin de compte, l’imposition de ces 30 % de droits de douane à l’Europe n’est pas un simple geste économique. C’est un acte politique, idéologique et civilisationnel. Il traduit le refus obstiné de certains dirigeants de reconnaître que le monde change, que la puissance ne se décrète plus, qu’elle se construit dans l’écoute, le respect et la coopération. Il met en lumière l’essoufflement d’un modèle basé sur la domination et le mépris des autres. L’Europe, si elle veut encore compter, doit répondre avec fermeté, unité et vision. Et non en courbant l’échine face aux coups de menton d’un président nostalgique d’un ordre mondial révolu.
J.H.
















