Les 98èmes Academy Awards : La Tunisie à la recherche de son candidat pour les Oscars
Par Imen ABDERRAHMANI
Encore une vingtaine de jours pour que nos cinéastes déposent leurs candidatures. Qui représentera la Tunisie dans la catégorie du meilleur film étranger, section où la concurrence est très rude ? le dernier mot est au CNCI.
Comme chaque année, presque à cette même période, le Centre National du Cinéma et de l’Image (CNCI) lance son appel à films, pour trouver son représentant à l’Oscar du meilleur film international des 98èmes Academy Awards.
Prenant part depuis quelques années à ce rendez-vous international, la Tunisie comme d’ailleurs de nombreux pays, cherche encore son chemin pour cette prestigieuse consécration cinématographique mondiale.
Le communiqué de presse du CNCI a précisé que la date limite de dépôt des candidatures est le vendredi 15 Août 2025 à 13h00, appelant les producteurs dont les films répondent aux
exigences de l’Académie des Oscars à se manifester, en déposant une demande écrite au bureau d’ordre du CNCI (Cité de la culture) comportant les justificatifs nécessaires confirmant l’éligibilité. Une fois, la demande déposée, c’est à une commission spéciale nommée par le CNCI d’examiner les demandes et d’annoncer le film qui représentera la Tunisie, le film qui sera dans la course pour les Oscars qui doit à son tour affranchir trois étapes de sélection. L’examen des dossiers de candidatures et également l’annonce du choix définitif doit se faire entre la mi-août et la fin du mois de septembre puisque l’Académie a fixé la date du mercredi, le 1 er octobre, comme dernier délai, pour que chaque pays dépose sa candidature.
La 98ème cérémonie des Oscars aura lieu à Los Angeles le 15 mars 2026. Quelles sont les exigences ?
Selon toujours les règlements de l’Académie, les films candidats seront examinés. Une première annonce des films présélectionnés aux Oscars aura lieu le mardi 16 décembre 2025 alors que l’annonce des nominations aux Oscars est prévue le jeudi 22 janvier 2026. « Un film étranger définit tout long métrage (de plus de 40 minutes) en une langue dominante étrangère, autre que l’Anglais, qui est produit en dehors des Etats-Unis d’Amérique. La candidature concerne les films de fiction mais aussi d’animation ou documentaires » exige l’Académie.
Et comme les règlements évoluent et suivent les mutations que connaît le secteur cinématographique, l’Académie a annoncé un changement de procédure. « Les membres de l’Académie doivent désormais regarder tous les films nominés dans chaque catégorie pour pouvoir voter lors de la finale des Oscars. Tous les candidats désignés seront également inclus dans le bulletin de vote final ».
D’autres modifications importantes des règles d’attribution ont été introduites par l’ « Academy of Motion Picture Arts and Sciences ». Dans les règles d’éligibilité des films, le langage suivant concernant l’intelligence artificielle générative (IA) a été introduit, comme recommandé par le Conseil des sciences et de la technologie de l’Académie : « En ce qui concerne l’intelligence artificielle générative et les autres outils numériques utilisés dans la réalisation du film, les outils n’aident ni ne nuisent aux chances d’obtenir une nomination. L’Académie et chaque branche jugeront la réalisation, en tenant compte du degré auquel un être humain était au cœur de la création lors du choix du film à récompenser ».
Dans la catégorie des longs métrages internationaux, les critères d’admissibilité concernant le contrôle de la création ont été mis à jour pour inclure les cinéastes ayant le statut de réfugié ou d’asile. « Le pays soumissionnaire doit confirmer que le contrôle créatif du film était en grande partie entre les mains de citoyens, de résidents ou de personnes ayant le statut de réfugié ou d’asile dans le pays soumissionnaire ».
La Tunisie aux Oscars
« Take my breath » de Nada Mezni Hfaiedh a été le film qui a représenté la Tunisie aux Oscars 2025. Mais la réalisatrice tunisienne la plus présente dans cette course pour cette prestigieuse consécration est Kaouther Ben Hania dont le dernier film « Les filles d’Olfa » est arrivée à la short-liste du meilleur long-métrage documentaire. Il est à rappeler également que son film « L’homme qui a vendu sa peau » a atteint également la short-liste des 93èmes Academy Awards. La cinéaste tunisienne a été aussi en 2019 dans la présélection des Oscars avec son film « La belle et la meute ».
La liste des films qui ont été sélectionnés pour présenter la Tunisie ces dernières années comporte « Papillon d’or » de Abdelhamdi Bouchnaq, « Brotherhood » de Meryem Joobeur et une bonne sélection de films qui malheureusement n’ont pas réussi à franchir la première étape, celle de la présélection.
Qui représentera la Tunisie ? Quelles sont les critères sur lesquelles la commission du CNCI jugera-t-elle les films ? La réponse sera officielle dans quelques jours.
I.A.
Editorial : Quand la justice gagne son « Paris »…
Par Chokri Baccouche
Au moment où la crise à Gaza atteint son paroxysme et où la famine, utilisée par les dirigeants sionistes comme arme de destruction massive, tue des enfants par dizaines chaque jour, le président français Emmanuel Macron a annoncé, jeudi dernier au soir, que son pays se préparait à reconnaître un Etat palestinien lors de la prochaine assemblée générale des Nations unies prévue courant septembre prochain. Reportée après les attaques israéliennes sur Téhéran, cette conférence multilatérale organisée par la France et l'Arabie saoudite en faveur de la solution à deux Etats a dû revoir ses prétentions à la baisse. Les organisateurs espéraient notamment obtenir des reconnaissances croisées. Plus précisément, ils soutiennent qu'en échange de la reconnaissance d'un Etat palestinien par de nouveaux pays, certains Etats musulmans reconnaîtraient Israël, ou donneraient au moins des signaux dans le sens d'une normalisation des relations. L’annonce d’Emmanuel Macron a fait réagir autant la classe politique française que de nombreux dirigeants, notamment occidentaux. Si La France Insoumise, la mouvance politique du remuant Jean-Luc Mélenchon, a salué une « victoire morale », le Rassemblement National de Marine Le Pen, en revanche, a dénoncé une « décision précipitée ». Comme il fallait s’y attendre, cette annonce a suscité la colère des dirigeants sionistes. Elle a été dénoncée avec la » plus grande fermeté » par le Premier ministre Benyamin Nétanyahou. "Dans ces conditions, un État palestinien serait un tremplin pour anéantir Israël, et non pour vivre en paix à ses côtés", a-t-il écrit sur X. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a pour sa part qualifié la décision française de "honteuse" et de "capitulation face au terrorisme". La même position critique se vérifie, également et sans surprise, chez l’inamovible allié américain d’Israël. Toujours porté sur les déclarations à l’emporte-pièce qui transpirent l’arrogance, le président américain n’a pas hésité à tacler son homologue français. "Ce qu'il dit importe peu. C'est quelqu'un de très bien, je l'apprécie, mais cette déclaration n'a pas beaucoup de poids. Cela ne changera rien", a affirmé le locataire de la Maison Blanche, en marge de sa récente visite en Ecosse. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a dénoncé, pour sa part, une décision "imprudente" et un "camouflet pour les victimes du 7 octobre". Les déclarations du chef de la diplomatie U.S semblent tout droit puisées d’une interview de Benjamin, réalisée par Netanyahu. Une façon de dire qu’elles sont conformes en tout point à la position du gouvernement sioniste qui porte en horreur, bien évidemment, la perspective visant la création d’un Etat palestinien, et ce, quels qu’en soient les mobiles ou les raisons.
Tous les peuples épris de liberté et de justice ne peuvent, bien sûr, qu’applaudir la décision de la France, même si beaucoup auraient aimé et souhaité que cette reconnaissance par l’Hexagone de l’Etat palestinien ait un effet immédiat. Mais bon, il ne faut pas cracher dans la soupe tout de même surtout que la décision courageuse d’Emmanuel Macron, et contrairement à ce que pense le président américain, pèse lourd politiquement parlant. Premier pays du G7 en passe de reconnaitre l’Etat palestinien, la France se joindra alors aux 142 nations, au moins, ayant déjà franchi le pas, soit près de 75% des 193 États membres de l'Organisation des Nations unies (ONU). Ces statistiques qui se passent de tout commentaire démontrent que l’écrasante majorité des pays soutiennent avec force la cause palestinienne et le droit inaliénable du peuple palestinien à recouvrer sa liberté et vivre dans un Etat viable et indépendant, conformément aux résolutions onusiennes. A l’exception de quelques micro-Etats, menés à la baguette par l’administration américaine sous la pression du lobby juif et d’un nombre infime de pays encore hésitants, par opportunisme ou par peur de représailles, le monde dans sa majorité plaide donc en faveur de la justice et de la légalité internationale dans l’objectif de mettre un terme à ce sempiternel drame palestinien qui perdure depuis voilà plus de 70 ans.
La France s’apprête ainsi à se joindre à la cohorte des voix qui ne cessent de résonner depuis des mois dans de nombreuses capitales aux quatre coins de la planète pour réclamer la fin de l’effroyable guerre à Gaza et la liberté pour la Palestine.
Après des mois de tergiversations marqués par des positions le moins qu’on puisse dire ambiguës, la France, berceau de la Déclaration universelle des droits de l’homme, retrouve peu à peu ses esprits et agit dans le bon sens. Le sens de l’histoire s’entend et du respect des valeurs universelles communément admises…
C.B.
Amendement des articles 96 et 98 Les juristes rassurés, les fonctionnaires sur leur garde …
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
L'ARP a adopté, jeudi dernier, la proposition de loi modifiant certaines dispositions du Code pénal des articles 96 et 98 tout en allégeant les peines encourues. Quel est l'impact de cette réforme sur la performance des fonctionnaires ?
Au lieu de dix dans l'ancien texte, le nouveau article 96 stipule : "Est puni de six ans d’emprisonnement et d’une amende égale à l’avantage reçu ou au préjudice subi par l’administration, tout fonctionnaire public ou assimilé, tout employé d’un établissement économique ou social dans lequel l’État participe au capital, chargé, par sa fonction, de la vente, de l’achat, de la fabrication, de l’administration ou de la garde de biens quelconques, qui use de sa qualité pour causer un préjudice matériel à l’administration en échange d’un avantage indu pour lui-même ou pour autrui. Si le préjudice est causé à une institution dont l’État participe au capital, l’amende est calculée proportionnellement au pourcentage de sa participation dans cette institution".
Pour l'avocat Me Houssem Eddine Ben Atiya : " Le nouveau texte apporte à mon avis plus de clarté juridique en plus d'une nouvelle approche au niveau de la qualification des délits qui sont deux notions fondamentales en droit pénal. Il faut savoir également que la clarté juridique implique que les lois définissant les infractions soient précises et accessibles, tandis que la qualification des délits est le processus par lequel on détermine quelle infraction spécifique a été commise, en fonction des faits. Ces deux notions sont liées car une loi imprécise peut rendre difficile la qualification correcte des délits. Ces ambiguïtés ont été, en effet, constatées avec l'ancien texte. Ces mêmes ambiguïtés avaient été utilisées justement par les décideurs et les différents régimes avant et après la révolution à des fins politiques que pénales pour se débarrasser de leurs adversaires. Il fallait alors apporter cette clarté juridique qui servira dorénavant de base pour la qualification des délits. Cela va certainement rassurer les fonctionnaires et les agents publics ainsi que les décideurs, leur donner une marge de manœuvre dans la prise des décisions et rendre l'administration plus efficace". Qu'en est-il de fait des concernés eux-mêmes ?
A la recherche d'une confiance perdue ?
En approchant certains hauts fonctionnaires et cadres, nous avons constaté une certaine méfiance et réticence à répondre à nos questions, " Certes, il s'agit là d'un bon pas en vue de lever cette épée suspendue sur les têtes des fonctionnaires, mais il faut attendre et voir comment ça va passer dans la réalité pour juger de la fiabilité de cet amendement de l'article 96", nous a confié ce directeur central à la Société tunisienne d'électricité et du gaz.
Pour l'avocat Me Houssem Eddine Ben Atiya : " On doit voir les nouvelles dispositions de l'article 98 pour se rassurer et rétablir la confiance entre la loi et les commis de l'état. En effet, même si dans tous les cas visés à l’article 96 (nouveau), le tribunal devra, outre les peines prévues par cet article, prononcer la restitution des choses détournées ou soustraites, ou de la valeur de l’intérêt ou du gain obtenus, même si ces biens ont été transmis aux ascendants, descendants, collatéraux, conjoint et alliés du coupable, qu’ils soient restés en l’état ou transformés en un autre bien, les personnes qui prouvent l’origine légale de ces bénéfices peuvent échapper à la condamnation, tout en respectant le deuxième paragraphe de l’article 96 (nouveau). Dans les cas mentionnés dans cet article, le tribunal peut également infliger l’une des peines complémentaires prévues par l’article 5 du Code pénal à toute personne reconnue coupable. Ainsi, le législateur a cherché à protéger les fonctionnaires et les hauts cadres contre toute confusion entre leurs biens personnels et ceux qui sont mis sous leur autorité et pouvoir en tant que commis de l'Etat".
M.B.S.M.
Latifa Arfaoui chante la République à Carthage
Pour la quatrième soirée du Festival international de Carthage, la star tunisienne Latifa a chanté devant un théâtre archicomble, lors de cette date ô combien symbolique, celle de la République.
Le concert a été transmis en direct sur la chaine de télévision nationale « Watania » et a été marqué par la présence de la ministre des Affaires culturelles Amina Serarfi.
Pour ce concert et ce rendez-vous spécial à une date emblématiques dans l’histoire du pays, Latifa a alterné chansons d’amour et chansons patriotiques, en privilégiant le dialecte tunisien.
Sous la baguette de Youssef Belheni, la soirée a démarré par « El houma el arbi », une ode à la médina tunisienne avec une chorégraphie en tenues traditionnelles conçue par Sihem Belkhoudja.
Le programme s’est poursuivi avec « Ye Sidi messi alina », un tube sorti il y a 22 ans, comme l’a indiqué Latifa, puis « Bel arabi ».
Entre les titres, la star s’est adressée en continu au public pour partager ses émotions, des anecdotes et surtout souligner le contexte particulier de cette soirée sous le signe de l’amour du pays. « Nhebek », une chanson patriotique, a été interprétée avec Latifa et les danseurs portant le drapeau tunisien.
Une pensée spéciale à la Palestine a figuré dans la chorégraphie avec le drapeau Palestinien porté par la chanteuse elle-même qui a clôturé sa performance avec une prière pour ce peuple en détresse.
Une chanson sur l’exil « Yally mrawah » sortie il y a deux mois a évoqué le thème de l’immigration clandestine, illustrée avec la chorégraphie d’un danseur en bouée.
Latifa a été à l’écoute des propositions du public pour le programme du concert. Bien qu’elle vienne de sortir son nouvel album « Albi rteh » en 2025, elle est revenue à des titres plus anciens qui ont été réclamés par les spectateurs. Ainsi, « Lama yguibo sirtak », « Ya layali », « Baheb f gharamek », «Hobbak Hadi », « Inchallah » et d’autres chansons bien célèbres de son répertoire ont été reprises en chœur par le public et suivies d’applaudissements et de youyous.
Parmi les chansons de son dernier album paru au cours de ce mois, « Sorry », un titre léger et dansant a été interprété sur scène pour la première fois.
La soirée a été clôturée avec « Ahimou bi Tounes l Khadhraa ».
De nombreux spectateurs ont ramené des drapeaux et les ont remués en chantant haut et fort ce tube emblématique de Latifa. Vêtus de blanc, les danseurs brandissaient fièrement les drapeaux tunisiens, tandis qu’en arrière-plan, le drapeau national flottait sur l’écran géant.
Lors de la conférence de presse, Latifa a indiqué que ce spectacle a nécessité deux mois de préparation. C’est un show musical qui sera exporté pour une tournée en Europe et dans de nombreux pays arabes avec la même chorégraphie. Concernant ses chansons engagées, elle a répondu qu’on ne peut pas vivre à l’écart des maux du monde. Latifa a également souligné l’importance de suivre les tendances musicales en y apportant sa propre touche.
Editorial : Qu’attend l’ONU pour déclarer la famine de masse dans la bande de Gaza ? - Jalel HAMROUNI
Il y a des questions qui, par leur simple énoncé, témoignent de l’ampleur d’une tragédie. Celle qui s’impose aujourd’hui avec une urgence glaçante est celle-ci : qu’attend l’ONU pour déclarer officiellement la famine de masse dans la bande de Gaza ? Les faits sont là, insoutenables, documentés, criants. Des enfants meurent de faim. Des mères réduisent leur ration à une bouchée par jour pour tenter, en vain, de nourrir les leurs. Les champs sont détruits, les pêcheurs empêchés de sortir, l’aide humanitaire bloquée ou bombardée. Et pourtant, le mot "famine", ce mot qui devrait alerter la conscience du monde, reste obstinément absent des déclarations onusiennes.
Selon toutes les définitions en usage, y compris celles de l’ONU elle-même, les conditions actuelles à Gaza relèvent bel et bien d’une famine. Le système de santé est anéanti, les marchés sont vides, les prix des denrées ont explosé, et les données recueillies par des ONG comme Médecins Sans Frontières, l’UNRWA, ou le Programme alimentaire mondial sont alarmantes. Des centaines de milliers de civils, en majorité des enfants, sont désormais exposés à un risque mortel de malnutrition aiguë. Mais tant que le mot "famine" ne sera pas officiellement prononcé par les grandes institutions internationales, les mécanismes d’urgence ne pourront être pleinement activés, et les responsabilités resteront floues.
Alors, pourquoi ce silence ? Pourquoi cette frilosité sémantique face à une tragédie humanitaire d’une telle ampleur ? Il ne faut pas se voiler la face : le mutisme de l’ONU n’est pas seulement une question de lenteur bureaucratique. Il est le fruit d’un calcul politique, d’un équilibre diplomatique malsain, d’une crainte d'accuser ouvertement l’entité sioniste de mener une guerre qui ne fait plus seulement des morts par les bombes, mais aussi par la faim.
Car oui, la famine à Gaza n’est pas une catastrophe naturelle, ni même le résultat d’un effondrement économique. C’est une politique délibérée. Une stratégie militaire d’asphyxie d’un peuple tout entier, mise en œuvre méthodiquement : destruction des infrastructures agricoles, bouclage total des frontières, restriction de l’entrée des denrées alimentaires, attaques ciblées contre les convois humanitaires, et harcèlement systématique des ONG présentes sur le terrain. Tout cela forme un tableau accablant qui, dans d’autres contextes, aurait suffi à justifier une enquête internationale pour crime contre l’humanité.
Mais Gaza n’est pas n’importe où et les victimes ne sont pas n’importe qui. Elles sont Palestiniennes, et cela semble suffire à certains pour les reléguer à une indignité silencieuse. Les appels désespérés de l’UNICEF, du CICR, des hôpitaux gazaouis, résonnent dans le vide diplomatique d’un Conseil de sécurité paralysé par le droit de veto et la lâcheté morale des grandes puissances. Et pendant ce temps, les enfants meurent — non pas par manque de ressources mondiales, mais par manque de courage politique.
Ce qui rend cette situation encore plus insoutenable, c’est l’hypocrisie flagrante de la communauté internationale. L’ONU sait. Les diplomates savent. Les données sont disponibles, les images insupportables circulent, les témoignages s’accumulent. Et pourtant, rien. On tergiverse, on temporise, on "s'inquiète profondément", on appelle à "une désescalade", mais on évite le mot clé : famine. Parce que le prononcer obligerait à agir. Et agir, dans le cas de Gaza, impliquerait de dénoncer frontalement la responsabilité de l’occupant et de ses alliés.
Mais combien d’enfants doivent encore mourir pour que les mots soient dits ? Combien de ventres creux, de cris étouffés, de bébés émaciés faudra-t-il avant que l’ONU sorte de son inertie ? L’Histoire jugera, et elle sera sévère. Elle se souviendra de ceux qui, par leur silence, auront permis que la faim devienne une arme. Elle se souviendra que, face à une famine fabriquée de toutes pièces, les grandes institutions ont préféré le confort du langage diplomatique à l’exigence de l’humanité.
Il est temps de briser ce silence complice. Il est temps de nommer les choses. Il est temps que l’ONU reconnaisse ce que tous les témoins de terrain constatent : la bande de Gaza est en proie à une famine de masse, orchestrée sciemment. Le monde ne peut plus détourner les yeux. Le mot "famine" ne sauvera pas à lui seul des vies, mais il pourrait enfin enclencher une réaction à la hauteur du drame. Chaque jour d’attente est un jour de trop. Chaque minute de silence est une minute de honte.
Gaza meurt de faim. Et l’ONU que fait-elle ? Elle attend. Mais le monde, lui, ne devrait plus attendre pour exiger qu’enfin justice et humanité soient rendues à un peuple affamé sous les bombes.
J.H.
L’Orchestre de chambre de Madrid, ce soir au Colisée d’El Jem
Fondé en 1984 par la directrice Mercedes Padilla, l’Orquesta de Cámara Villa de Madrid a donné nombreux concerts depuis sa présentation au Teatro Real de Madrid le 5 novembre 1985. Du baroque aux grandes œuvres du 20ème siècle, il couvre un vaste répertoire, en accordant une attention prioritaire à la musique espagnole (Montsalvatge, Falla, Turina, Sorozábal, Rodrigo, Del Barco, Cano, Marco, Prieto, García Abril, etc.) et à la diffusion de la musique classique à travers des cycles pédagogiques destinés aux jeunes et à la formation des enseignants.
Il s’est produit fréquemment au Théâtre Royal de Madrid, dans le Cycle de Caméra et Polyphonie de l’Auditorium National – organisé par le Ministère de la Culture et diffusé par RNE et TVE -, dans toutes les Communautés Autonomes et dans les Festivals Nationaux et Internationaux les plus importants.
L’Orchestre de la Villa de Madrid est composé d’éminents professeurs et solistes au prestige reconnu et à la carrière de concertiste accréditée, atteignant un niveau artistique extraordinaire reconnu à l’unanimité par la critique spécialisée.
Cet ensemble est présenté au public avec d’excellents instruments de grande valeur artistique et historique.
Décès du grand artiste libanais Ziad Rahbani
Le grand artiste libanais Ziad Rahbani est décédé samedi matin, à l’âge de 69 ans, ont rapporté plusieurs médias locaux.
Figure emblématique de la musique et du théâtre au Liban, héritier de l’école Rahbani — du nom de son père —, Ziad Rahbani (1956-2025), a laissé derrière lui une œuvre riche et profondément marquante.
Compositeur, metteur en scène, comédien et pianiste, Ziad Rahbani est le fils de la célèbre chanteuse libanaise Fayrouz et du compositeur libanais Assy Rahbani.
Le style musical unique de Ziad Rahbani mêle musique orientale, jazz et influences classiques, reflétant une créativité sans frontières.
Il a écrit et composé plusieurs chansons inoubliables pour sa mère. Parmi celles-ci, Kifak Inta (Comment vas-tu, 1991), un savant mélange de musique orientale, de jazz, de funk et d’influences brésiliennes, et Bala Wala chi (Sans rien), sont devenues des classiques du répertoire arabe contemporain.
Ziad Rahbani s’est imposé dès les années 1970 en révolutionnant la chanson libanaise et le théâtre par son ton acerbe et son regard lucide sur la société libanaise.
Sa première pièce, Sahriyé (Veillée), l’a rapidement propulsé sur le devant de la scène, inaugurant une carrière ponctuée de succès artistiques et d’engagement critique.
S’en sont suivies ses pièces musicales cultes créées en pleine guerre civile. Nazl e'ssourour (L’Auberge du bonheur, 1974), Binnisbi la boukra shou ? (Et pour demain ?, 1978), Film amerki tawil (Long métrage américain, 1981) et Chi fechil (Fiasco, 1983) dénoncent avec humour et profondeur les absurdités de la guerre, de la politique et des inégalités sociales.
Agences
STB Bank : Le PNB bondit de 11 % à mi-2025 malgré un contexte exigeant
Au cours du premier semestre 2025, la Banque a poursuivi le renforcement de sa performance financière, portée par un effet ciseau favorable entre les produits et les charges d’exploitation bancaires. En effet, les produits d’exploitation ont enregistré une progression de 4,81 %, tandis que les charges ont légèrement reculé de 0,53 %. Cette dynamique a permis une hausse significative du Produit Net Bancaire (PNB), qui s’est établi à 351 millions de dinars, contre 315 millions de dinars à fin juin 2024, soit une progression de 11,22 %. Ce rythme de croissance marque une nette accélération par rapport à celui observé au premier trimestre (+2,66 %), traduisant une amélioration continue de la rentabilité opérationnelle.
Les produits d’exploitation bancaires ont atteint un total de 728 millions de dinars, répartis comme suit :
- 451 millions de dinars (62 %) issus des produits d’intérêts,
- 210 millions de dinars (29 %) provenant du portefeuille titres,
- 66 millions de dinars (9 %) au titre des commissions perçues.
92,3% des produits d’intérêts ou 416 millions de dinars sont générés par l’activité de crédit. A ce titre, l’encours des créances nettes sur la clientèle s’est établi à 9 216 millions de dinars à fin juin 2025, en baisse de 556 millions de dinars par rapport à décembre 2024. Ce repli résulte d’une politique volontairement sélective et prudente en matière d’octroi de crédits, inscrite dans une logique d’assainissement du portefeuille engagements et de renforcement de la qualité des actifs.
En parallèle, la Banque a accentué sa présence sur le marché financier avec une hausse de 712 millions de dinars ou 18,4 %, de l’encours du portefeuille titres, qui s’est élevé à 4,5 milliards de dinars. L’essentiel de cette augmentation est constitué de Bons du Trésor Assimilables (BTA), classés en portefeuille investissement, confirmant le rôle stratégique de la Banque dans le financement de la dette publique.
Quant aux charges d’exploitation bancaires, elles ont totalisé 376 millions de dinars, dont 369 millions (98 %) représentant des charges d’intérêts. Celles-ci se répartissent comme suit :
- 320 millions de dinars, soit une part de 87 % au titre des dépôts de la clientèle, contre 297 millions une année auparavant,
- 32 millions de dinars ou une part de 8,5 % pour les opérations interbancaires, en forte baisse par rapport aux 52 millions enregistrés à fin juin 2024,
- 18 millions de dinars et une part de 4,9 % au titre des emprunts et ressources spéciales, contre 22 millions l’an passé.
Cette évolution favorable s’explique par une réduction progressive du recours aux ressources de courte durée sur le marché monétaire, ainsi qu’une meilleure maîtrise du coût des dépôts. Il en résulte une optimisation globale du coût des ressources, en ligne avec la stratégie de renforcement de l’efficience financière.
Cette maîtrise du coût des ressources s’est accompagnée d’une gestion proactive du passif. L’encours des dépôts de la clientèle s’est établi, ainsi, à 11 757 millions de dinars, en progression de 3,1 % par rapport à fin décembre 2024. La structure des dépôts reste majoritairement composée de dépôts à vue et d’épargne, avec une attention particulière portée à la maîtrise du coût moyen. Cette dynamique a permis de maintenir un équilibre prudentiel entre la croissance du bilan et la gestion du coût des ressources.
Sur le plan réglementaire, les indicateurs de liquidité affichent des niveaux très confortables. Le ratio Loan to Deposit (LTD) s’est établi, en effet, à 91,0 % à fin juin 2025, pour une limite réglementaire maximale de 120%. De même, le ratio de liquidité à court terme (LCR) est resté largement supérieur à la limite réglementaire minimale de 100%.
L’augmentation du Produit Net Bancaire a permis une amélioration notable du coefficient d’exploitation, qui s’est établi à 47,1 % au terme du premier semestre 2025, contre 51 % une année plus tôt, soit un gain de près de 4 points de pourcentage. Cette performance traduit une maîtrise efficace des charges opératoires, dont la progression est restée modérée à 4,3 MD (+2,66 %), notamment grâce à un encadrement rigoureux des frais de personnel, limités à une hausse de seulement 1,61 %
Rendez-vous avec le festival « Brises de la Méditerranée »- la Goulette
La 4ème édition du Festival Brises de la Méditerranée, la Goulette, se tiendra du 30 juillet au 13 août 2025 dans divers espaces de la ville portière de la Goulette dans la banlieue de Tunis.
Le programme complet :
- Le 29 juillet : Les marionnettistes Ayed ben Maakel & Adam Jebali
- Le 30 juillet : Mohamed Jebali
- Le 31 juillet : Manifestations de divertissement et de sensibilisation
- Le 02 août : Film « Sahbek Rajel »
- Le 03 août : Spectacle « ksar Ethara » de Hafedh Khlifa
- Le 05 août : Groupe « Good vibes » du Sénégal
- Le 06 août : Moncef Abla
- Le 07 août : Troupe de chant d’Alep
- Le 0 8 août : Abdellatif Ghozzi
- Le 10 août : Cirque Paparouni
- Le 11 août : Ahmed Mejri
- Le 12 août : Hassen Doss
- Le 13 août : Lamia Riahi
Matches de préparation : Al Ahly cartonne face au CAB, L'Espérance fait match nul contre la sélection de Mauritanie
En matches de préparation à la nouvelle saison , à Tabarka, Al Ahly d'Égypte a battu le CABizertin par 5 buts à 0. Il s'agit là de la seconde victoire des Cairotes après celle remportée contre le Stade Tunisien par 4 à 1. De son côté, L'Espérance a fait match nul 1 à 1 contre la sélection mauritannienne des joueurs locaux. Le but des Sang et Or a été inscrit par Jelassi en première période. Lors de ce match, Kanzari a aligné surtout les nouvelles recrues telles que Laifi, Kaita, Diarra, Bouasida ou Rached. De retour à Tunis, L'Espérance rencontrera le club égyptien d'Al Masri, en stage en Tunisie.
J.B.
L’artiste Hamadi Ben Saad n’est plus
La Tunisie vient de perdre l’un de ses grands artistes contemporains, l’artiste Hamadi Ben Saad qui s’est éteint aujourd’hui, après une vie riche en couleurs, en expositions et consécrations.
Né en 1948 à Tunis, Hamadi Ben Saad est un artiste autodidacte, grande figure de l’art brut en Tunisie. Actif depuis 1966, il a commencé à exposer en 1976. Artiste figuratif mais aussi abstrait, Hamadi Ben Saad multiplie les expériences.
Hammadi Ben Saad puise son inspiration dans le grouillement de la Médina de Tunis, les tons des saisons ou les lumières et les mouvements de la nature. Ses séjours à l’étranger (France, Suisse, Hollande, Belgique, Pays-Bas, États-Unis etc.) au gré de ses résidences d’artistes et de ses expositions lui ont permis de développer une pratique artistique très personnelle, se façonnant un univers puissant et charnel, dégagé des contraintes qui peuvent être imposées par le contexte artistique d’un lieu ou d’une époque.
Le travail de Hammadi Ben Saad a été montré lors d’expositions personnelles et collectives, à Tunis (Galerie Selma Feriani, Aisha Gorgi, Jaou Tunis, TGM Gallery ) et à l’étranger.
Festival international des arts populaires à Oudhna : Une première édition et de nombreuses ambitions
Par Imen ABDERRAHMANI
Le rideau se lèvera demain, 26 juillet, sur la première édition du Festival international des arts populaires avec au programme la Troupe nationale des arts populaires.
A la carte des festivals spécialisés s’ajoute ce nouveau festival lancé par le ministère des Affaires culturelles et qui focalisera sur les arts populaires. Dans un communiqué de presse, sur son site, le ministère a mis l’accent sur ces ambitions de faire de ce festival une plateforme de présentation, de valorisation et de promotion des arts populaires. Le ministère a également souligné que le lancement de ce festival s’inscrit dans le cadre d’une vision voulant que tous les styles artistiques soient représentés et présents.
A vocation internationale, le festival accueille à sa première édition des troupes de l’Egypte et de la Palestine. Organisée du 26 juillet au 5 août dans l’amphithéâtre du site archéologique d’Oudhna (Ben Arous), à une trentaine de kilomètres de Tunisie, la manifestation offre à voir au total onze spectacles.
Au programme
Avec le spectacle «Assael» de la Troupe nationale des arts populaires s’ouvrira demain soir ce festival. Produit par le Théâtre de l’Opéra, chorégraphie et mise en scène de Imed Amara, le spectacle propose une série de tableaux chorégraphiques qui célèbrent le patrimoine immatériel et musical de la Tunisie. Créée en 1962, la Troupe nationale des arts populaires a réussi, malgré des hauts et des bas, à préserver le patrimoine chorégraphique et vestimentaire tunisien, jouant un rôle crucial dans la transmission de la tradition et de l’identité culturelle tunisienne, maintenant vivantes les traditions artistiques de la Tunisie. Lui réserver l’ouverture de ce festival international se veut un hommage à des générations des danseurs qui sont passés par cette troupe et une reconnaissance de son rôle majeur dans la préservation du patrimoine immatériel.
Le catalogue tunisien des spectacles propose également des spectacles innovants comme «Tunisia Latina» deux artistes chevronnées IKbal Hamzaoui et Myriam Labidi et qui comporte un bouquet de chansons où dialoguent la musique et les paroles tunisiennes avec également d’autres notes et sonorités de l’Amérique Latine. Le public de ce festival également des bribes du projet musical de Nidhal Yahyaoui, reposant sur l’exploration de la mémoire artistique et agricole tunisienne et où l’artiste est allé sur les pas de ceux qui prennent la route du sud vers le nord-ouest pour travailler la terre surtout pendant la moisson. Un chemin qui a vu naître tant de chansons et de poèmes racontant ces petites histoires humaines.
Sous le charme d’Uthina
Outre son aspect artistique qu’on espère qu’il sera de plus en plus développé dans les prochaines éditions en incluant des soirées de poésie populaire et d’autres formes d’expression artistique et culturelle, le festival se veut également une occasion pour faire la promotion de ce somptueux site archéologique l’un des plus grands et importants sites archéologiques de la Tunisie et qui compte des dizaines de monuments dont seulement quelques-uns ont été mis au jour. «Parmi les plus importants, on trouve le capitole, le principal temple de la ville qui fut consacré à la triade capitoline : Jupiter, Junon et Minerve. Cet édifice est constitué de trois temples distincts : le principal, dédié à Jupiter, accosté de deux secondaires, ceux de Junon et de Minerve, et ouvrent tous sur le forum. En plus du temple, disposé à l’étage et considéré parmi les plus grands temples de l’Afrique du Nord, il existe aussi deux autres niveaux », lit-on sur le site de l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (AMVPCC) qui précise aussi que l’amphithéâtre d’Uthina (Oudhna) est le troisième en Tunisie après ceux de Carthage et de Thysdrus (El Jem), avec une capacité d’environ 16 mille spectateurs.
Le programme
-Le 26 juillet : La Troupe nationale des arts populaires
- Le 27 juillet : Hedi Donia
-Le 28 juillet : Abderrahmane Chikhaoui/ Nidhal Yahaoui
-Le 29 juillet : Mahmoud Ellithy (Egypte)
- Le 30 juillet : Ikbal Hamzaoui & Mariem Abidi
- Le 31 juillet : Samir Loussif
- Le 1er août: Zina el Gasrinia
- Le 2 août : Walid Ettounsi
- Le août : Nour Chiba
- Le 4 août: Troupe de la Koufie du patrimoine palestinien (Palestine)
- Le 5 août: Noureddine Kahlaoui & Mariem Noureddine
I.A.
Editorial : Y a pas photo…
Par Chokri Baccouche
La question palestinienne est très certainement l’un des sujets qui fâchent les responsables de l’administration américaine, particulièrement lorsque ces derniers effectuent une visite dans tel ou tel pays arabe. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs la plupart des dirigeants arabes évitent généralement d’évoquer ce sujet, se contentant dans le meilleur des cas de glisser quelques doléances juste pour marquer le coup et ne pas froisser le tempo de leur hôte. Au palais de Carthage en revanche, comme ce fut le cas mercredi dernier, l’émissaire du président américain, qui a été reçu en audience par Kaïs Saïed, a dû boire, à contre cœur, la coupe du drame palestinien jusqu’à la lie. Le président tunisien a tenu, en effet, entre deux propos protocolaires, à montrer à son hôte une série de photos d’enfants gazaouis crevant de faim. Les clichés racontent la tragédie palestinienne et ont valeur de message sans ambages. Un message politico-humanitaire ayant pour objectif de choquer délibérément l’hôte américain et de mettre les Etats-Unis face à leurs responsabilités en tant que superpuissance qui se veut la gardienne du temple des libertés et de la démocratie, mais qui se distingue en réalité par sa politique inique des deux poids deux mesures et son inamovible parti pris en faveur de l’occupant sioniste.
En montrant ces photos, le chef de l’Etat a tenu à rappeler aux bons soins de l’émissaire américain les constantes de la politique étrangère de la Tunisie ainsi que les principes sur lesquels repose la diplomatie tunisienne depuis l’aube de l’indépendance du pays. Des principes immuables ayant pour noms droit des peuples à l’autodétermination, résolution des conflits et des différends entre les pays par la voie politique, cohabitation pacifique entre les peuples, les cultures et les religions et, surtout, surtout le strict respect de la légalité, des conventions et du droit international. Bref, tous les grands principes communément admis par la communauté internationale tels que codifiés par la Charte des Nations unies. Kaïs Saïed a également mis l’accent lors de cette rencontre sur la question de la souveraineté des Etats qui implique le refus catégorique de toute ingérence étrangère et le respect de la volonté des peuples et de leurs libres choix.
Quel est le but de cette visite officielle effectuée dans nos murs par M. Massad Boulos, conseiller spécial du président Trump pour l’Afrique, le monde arabe et le Moyen-Orient ? Qu’attendent au juste les Américains de Kaïs Saïed ? La question portant sur la normalisation des relations avec Israël, un sujet qui tient à cœur le président américain, est-elle à l’ordre du jour de cette mission ? Rien d’officiel n’a filtré à ce sujet. L’envoyé spécial du locataire de la Maison Blanche s’est d’ailleurs contenté d’une déclaration laconique à portée générale en s’empêchant d’évoquer les sujets réellement discutés au Palais de Carthage. A l’issue de cette rencontre et ce qui est sûr en tout cas, c’est que M. Massad Boulos dispose de toutes les informations nécessaires lui permettant d’établir un rapport édifiant et exhaustif qu’il va certainement soumettre à l’attention de son mandataire. Si ce rapport est rédigé avec objectivité, il mettra en exergue la disposition de la Tunisie à renforcer ses relations avec les Etats-Unis et à élargir les domaines de coopération bilatérale dans le cadre du respect mutuel et dans l’intérêt bien compris des deux pays. Les images montrées par Kaïs Saïed à son hôte parlent d’elles-mêmes en revanche et reflètent à bien des égards la position immuable de la Tunisie concernant la cause palestinienne. Une position fondée sur la légalité internationale qui résonne avec une force particulière au sein de la nation tunisienne tout entière. Plus qu’une simple solidarité, c’est un engagement profond et constant qui a marqué l’histoire du pays, se manifestant à travers des actions politiques, diplomatiques et populaires. Bref, la Tunisie ne pourra, en aucun cas, se départir de son engagement historique et inébranlable envers la cause des Palestiniens qu’elle considère, à juste titre, non seulement comme une cause juste et centrale pour le monde arabe, mais aussi pour la justice et la liberté à l’échelle internationale. La Tunisie maintient une position ferme en faveur de la solution à deux États, basée sur les frontières de 1967, et s’oppose à toute tentative de normalisation ou de marginalisation de la question palestinienne. L’histoire retiendra cette position courageuse et responsable de la Tunisie qui défend ses principes avec dignité au moment où d’autres dirigeants arabes, par crainte de représailles politiques ou tout simplement par opportunisme et petits calculs mesquins, font profil bas et tournent le dos aux souffrances du peuple palestinien. La reconnaissance du droit inaliénable des Palestiniens à un Etat indépendant et souverain sur la base des résolutions onusiennes est un impératif incontournable et indiscutable en vue d’une résolution durable du conflit israélo-palestinien. La position de la Tunisie n’est, en définitive, que l’écho des voix libres qui résonnent avec force et vigueur aux quatre coins de la planète appelant à un arrêt immédiat de la sordide et effroyable guerre à Gaza dont les victimes civiles, principalement des enfants, se comptent par milliers…
C.B.
BASKETBALL - Championnat arabe des nations : Tout pour un départ prometteur
Par Wahid Smaoui
Tunisie-Algérie (Salle Khalifa Sports Hall de Manama à 14h00)
C’est aujourd’hui que s’engagera la 26e édition du Championnat arabe des nations, à Manama la capitale bahreïnie. Avec comme adversaire inaugural pour le Cinq national une Algérie à apprivoiser pour se mettre d’entrée dans une dynamique gratifiante.
Cette impérieuse obligation de résultat sera propre à tous les matches que les Tunisiens auront à disputer pour le compte de la 26e édition de cette joute arabe. Et ce, eu égard à la formule de mise pour cette compétition, à savoir un mini-championnat attendu que sept équipes seulement y prendront part, le Bahreïn en tant que pays organisateur, l’Egypte dont on dit qu’elle sera représentée par son équipe B, l’Algérie, le Koweït, le Qatar, également aves ses réservistes, les Emirats arabes unis et la Tunisie. Le tout en l’absence de quelques ténors de la scène arabe de la balle orange, à l’instar du Liban, de la Jordanie, de la Libye, du Maroc et bien entendu, du Cinq fanion égyptien. C’est dire donc que contrairement à la formule donnant à voir une phase de poules initiale suivie d’une seconde phase comportant des matches à élimination directe, généralement à partir des quarts de finale, le présent tournoi propose des duels en aller simple, six pour chaque équipe, et le premier à l’arrivée décrochera la couronne arabe. Raison pour laquelle chaque empoignade aura l’allure d’un match de coupe où chaque antagoniste s’échinera à frapper à chaque fois d’estoc et de taille afin d’assurer un parcours immaculé, un sans-faute synonyme de sacre final ou à défaut, le moins de faux pas possible tout en espérant un concours de circonstances général favorable.
Le dada de Manama
Cela dit, et quoi qu’il en soit, le Cinq national foulera le parquet de la salle Khalifa Sports Hall en conquérant et ce, avant les 3 coups de chacune des rencontres qu’il aura à honorer, au regard du statut reluisant dont il se prévaut à l’échelle arabe. Allusion à la place de dauphin qu’il occupe au palmarès, certes loin derrière l’Egypte qui caracole en tête avec pas moins de 13 trophées, mais fort de 4 consécrations moissonnées en 1981, 1983, 2008 et 2009 qui permettent aux nôtres de devancer assez nettement l’Arabie saoudite (2) et une belle foultitude de nations avec chacune un seul sacre dans son escarcelle. Volet effectif, il serait loisible de ne plus parler de rajeunissement et de passage de flambeau vu que d’abord, il est question de loi naturelle qui impose un renouvellement régulier de cycles et qu’ensuite, il serait tout indiqué de faire sentir à la nouvelle génération le poids flatteur des responsabilités à assumer pleinement en tant qu’acteurs principaux et non à la remorque de leurs illustres prédécesseurs. La page Mejri, Roll et Ben Romdhane tournée depuis belle lurette, celle des El Mabrouk, Hammoudi, dans la foulée et tout récemment celle des Sekka, Chennoufi, Ghayaza, voire Lahiani… place aux Marnaoui, Jaouadi, Gannouni, Berrached, Ben Yahia, Ochi, Addami et autres Methnani, bien encadrés par les Sayeh, Abassi et Abada pour écrire de nouveaux pans dorés de l’histoire de notre basket. A commencer, pourquoi pas, par un cinquième sacre au soir du 2 août prochain et à l’issue du 6e et dernier match à disputer face au Qatar. Mais d’ici là, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts, beaucoup de sueur aura été versée sur le parquet pour réaliser un sans-faute salutaire dont le tempo est à donner tout à l’heure à l’occasion de l’entrée en matière fracassante face à l’Algérie. Des fennecs qui, d’après les échos, ont effectué une excellente préparation ponctuée par 4 victoires en autant de matches lors de leur dernier stage effectué en Turquie, avec à la clé pour leur infortune la blessure de l’un de leurs atouts majeurs, Mohamed Harat, forfait donc, du moins cet après-midi contre les nôtres. C’est également en Turquie que les fantassins de Mehdy Mary ont peaufiné leur veillée d’armes à la faveur de trois tests très instructifs disputés contre l’Arabie saoudite, le Koweït et l’Irak, résultats non pris en considération. Tout pour des débuts victorieux, tel est l’aiguillon qui fera pousser des ailes aux Sayeh et consorts dans l’optique d’abord d’un sacre final demeurant dans nos cordes, ensuite d’un capital-confiance à exalter avant le démarrage de l’Afrobasket, quasi immédiatement après le baisser de rideau de cette fiesta arabe, soit le 12 août prochain en Angola. Chaque échéance en son temps toutefois et pour l’heure, focalisation azimutale sur l’odyssée de Manama, là où Tunisiens s’escrimeront à bien enfourcher leur dada.
W.S.
Baisse de la fréquentation des hôtels : La nouvelle réglementation sur les chèques est-elle en cause ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Un hôtelier exerçant à l'île de Djerba a lancé un cri d'alarme citant une baisse de fréquentation due apparemment à la dégradation du pouvoir d'achat, notamment de la clientèle locale. Et si la nouvelle loi des chèques y était aussi pour quelque chose ?
Le cri d'alarme lancé récemment par un hôtelier exerçant sur l'Ile de Djerba dit long sur la déception des professionnels du tourisme qui espéraient une saison prometteuse au vu des prévisions annoncées par le ministère du Tourisme. Selon cet hôtelier, la fréquentation des unités hôtelière est en chute libre, notamment au niveau de la clientèle locale, "la dégradation du pouvoir d'achat a accusé un coup dur à cause notamment de la nouvelle loi des chèques et l'échec des institutions bancaires et financières à trouver des alternatives au niveau du système de paiement à échéances. Cette crise que vit actuellement le secteur du tourisme est due justement à l'incapacité des Tunisiens à payer leurs vacances cash", nous a indiqué l'expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi.
Selon, en effet, les données récentes de la Fédération interprofessionnelle du tourisme tunisien, " le marché local a généré six millions de nuitées en 2024 sur un total de 26 millions, soit près d’un quart de la fréquentation globale". Certains observateurs rappellent que, dans plusieurs pays, le client passe à l'achat d’un service ou d’une marchandise et choisit de payer par carte bancaire en plusieurs fois (le vendeur doit proposer ce service sur son site web ou en point de vente). Le client saisit ses informations bancaires et choisit la formule de règlement adaptée à ses besoins (les échéances sont fixées lors de l'achat). Il est ainsi recommandé de généraliser cette méthode de paiement pour venir en aide aux clients bloqués par cette nouvelle loi des chèques. Que faire, de fait, pour aider cette clientèle locale à faire face aux répercussions de la nouvelle loi des chèques et opter pour de nouveaux modes de paiement à échéances ?
Cartes de crédit...
Interrogé à ce sujet, notre interlocuteur du jour, en l'occurrence l'expert en économie et en finance, Mohamed Salah Jennadi, nous a rappelé : " Depuis la promulgation de cette nouvelle loi sur les chèques, le cash a explosé en Tunisie. Seulement, il faut avoir de l’argent liquide pour continuer à vivre normalement, «30% des achats se font à crédit en Tunisie et le chèque était le mode de paiement le plus sûr. De fait, avec cette nouvelle loi, le volume des grandes transactions va baisser automatiquement de 30%. Ainsi, les entreprises et l’économie nationale risquent de connaître un coup de frein» ".
Intervenant également sur les ondes de radio Mosaïque fm, Ahmed Karam, expert financier et président d'honneur de l'Association professionnelle tunisienne des banques et des établissements financiers, a estimé que " l'amendement du Code de commerce est bénéfique pour les banques parce qu'il va contribuer à la rationalisation de l'emploi des chèques, comme moyen de paiement".
Il a ajouté, en revanche, que des mesures complémentaires doivent être prises dans l'immédiat pour limiter le recours à l'argent liquide. Ahmed Karam a, ainsi, proposé trois solutions pour remplacer le chèque comme moyen de paiement. "La première est le virement bancaire immédiat qui assure le paiement en quelques secondes. La deuxième est la carte de paiement qui est souvent utilisée pour le retrait de l'argent, alors que la troisième est l'usage des moyens de paiement électronique sur Internet ou par Smartphone", a-t-il expliqué.
Ainsi, ces trois modes de paiement doivent être repensés afin de répondre aux besoins des Tunisiens, notamment lors de l'achat à crédit. Pour l'expert en économie et en finance, Mohamed Salah Jennadi : " Les banques doivent faire un effort afin d'aider leurs clients à financer leurs achats et leurs besoins différents. A cet effet, les cartes bancaires doivent être de vraies cartes de crédit et non pas uniquement de retrait".
M.B.S.M.
















