ST- EST (0-1) : Les Sang et Or remportent leur huitième super coupe de Tunisie
Par Jamel Belhassen
Un "faux" penalty en faveur des Esperantistes, qui se sont créés les meilleures opportunités, a décidé du sort de la super coupe après une empoignade ouverte et disputée.
Entre un Stade Tunisien qui cherche une revanche et une Espérance qui vise la confirmation de ses dernières victoires face à ce même adversaire, la super coupe 2025 a été ouverte et intéressante à suivre. Les Bardolais ont récupéré Khalfa derrière tout en alignant la nouvelle recrue, Khemissi, à gauche de la défense. En attaque, le jeune Ayari est là pour créer le danger. Les Sang et Or, privés de quatre titulaires habituels , ont aligné les nouvelles recrues, Keita et Rached. La première alerte à été à l'actif de L'Espérance qui a raté un but tout fait par Konate devant une cage béante (11e). La riposte est venue du Stadiste Ayari, bien servi par Smaali, qui a tiré au dessus (23e). Sahraoui, sauve une situation dangereuse devant Blaili ( 26e). Dans l'autre camp, Toure lève trop son tir qui raté la cage de Memmiche ( 30e). A la (38e) une bevue de Farhati est exploitée par Blaili qui tire et Arous repousse involontairement la balle du bras , après avoir joué du pied, sur la ligne. L'arbitre, en l'absence de la VAR, décrète le penalty pour l'EST et Blaili transforme la sentence en but. (0 -1) à la (39e). Après les citrons. Le ST avance d'un cran et cherche l'égalisation avec beaucoup de détermination. Kanzari remplace Rached par Dhaou pour revenir au 4-3-3. A la (71e) le ST réclame un penalty pour Ayari à l'orée des seize mètres et l'arbitre n'accorde pas laisse jouer. Farhati va sauver le but devant Tka ( 80e) avant que Diakite ne rate encore un but pour L'Espérance. Légèrement supérieure à son adversaire, le champion sortant a remporté sa huitième super coupe et son quatrième trophée en sept mois.
Formations :
S.T. : Farhati, Khalfa, Arous, Sahraoui, Khemissi, Bonheur, Toure, Ndaw ( Gezmir 46e), Ayari, Smaali ( Ouerghemmi 73e), Jaouadi ( Atoui 82e)
E.S.T. : Memmiche, Keita, Ben Hamida, Meriah, Toughai, Derbali ( Laifi 90e) Guennichi, Rached ( Dhaou 56e), Konate ( Diakite 79e), Blaili ( Bouassida 90e) , Jabri ( Tka 73e)
J.B.
Festival international de Hammamet : Ghazi Ayadi, une voie, une vie, une émotion
"Habbit Zamani", tel est le titre du spectacle de Ghazi Ayadi, monument incontournable de la musique tunisienne, qui se produisait pourtant pour la première fois à l’amphithéâtre de la ville de Hammamet, le 1er août 2025.
Plus de trente ans de carrière ont façonné le parcours prolifique de ce compositeur, chanteur et interprète. Cette performance tant attendue représente un événement aussi bien pour son public que pour lui-même.
"Habbit Zamani" reflète l’éclectisme d’une carrière riche, une signature artistique affirmée, une présence scénique indéniable, un talent unique, une voix reconnaissable entre toutes et une vie jalonnée de succès. Ce spectacle est à la fois une consécration pour l’artiste et un cadeau pour son large public tunisien, venu en nombre écouter celui qui a marqué de son empreinte la scène musicale nationale.
Ghazi Ayadi a ouvert son concert avec "Sidi Habibi", adressant ainsi des salutations chaleureuses à son public, avant d’enchaîner avec d'autres titres emblématiques tels que "W el Nabi Law Jani", "Cheyfine Ouyounou" ou encore "Al Ain". L’artiste chante le spirituel, l’amour, les valeurs humaines qui s’effacent dans un monde incertain, mais aussi l’appartenance et le patriotisme.
L’un des moments les plus émouvants de la soirée fut l’apparition de Moez Ayadi, frère de l’artiste, venu le rejoindre sur scène pour un hommage touchant à leur mère. Surprise et émotion ont alors atteint leur paroxysme. C’était une manière de rendre hommage à la famille, à ces mères et pères qui consacrent leur vie à leurs enfants, et un appel à l’unité et à la solidarité entre les membres d’une même famille. L’artiste a également tenu à saluer la femme tunisienne, dans toute sa force et sa dignité.
Au total, une douzaine de morceaux ont composé ce spectacle très attendu, portant le sceau de Ghazi Ayadi, dont la rencontre avec le public de Hammamet fut pour lui une véritable "renaissance", une "reconnexion", une "consécration".
Ce soir encore, un nouveau voyage musical s’annonce, tout aussi prometteur. Le public aura rendez-vous avec Robyn Bennett, chanteuse américaine originaire de La Nouvelle-Orléans, installée en France depuis 2006, où elle mène une carrière à la croisée des cultures.
Dans la lignée des grandes voix américaines, l’artiste propose une musique marquante, aux mélodies envoûtantes et à la poésie simple et touchante. Sa voix exceptionnelle, au timbre puissant et sensuel, transporte. Cette soirée sera l’occasion pour elle de partager avec les mélomanes des extraits de son triptyque musical : "Move" (2021), "Feel" (2022) et "Love" (2024).
Super coupe de Tunisie 2025 : EST-ST : un plateau de choix
Par Jamel Belhassen
Quand un match oppose le détenteur du doublé et le finaliste de la coupe, le public ne peur s'attendre qu'à un spectacle de qualité .
Entre l'Espérance de Tunis et le Stade Tunisien La rivalité n''est plus à démontrer. De tous temps, leurs rencontres ont été passionnantes et indécises. Aujourd'hui, il en sera de même, sûrement. Les gars du Bardo ont une revanche à prendre après la super coupe 2024 et la finale de la coupe 2025 perdues contre leurs voisins de Bab Souika. Ces derniers au palmarès éloquent et à l'appétit gargantuesque cherchent toujours à collectionner les trophées qu'elle que soit leur situation. Aujourd'hui, l'équipe n'est pas totalement au point après une préparation tardive et tronquée avec des joueurs encore loin de leur forme optimale ou en retard sur le plan physique. Maher Kanzari devra composer sans Ben Said, Ogbelu, Jebali et Sasse. Rodrigues est parti et les nouvelles recrues ont encore besoin de temps d'adaptation. Les Meriah, Toughai, Ben Hamida, Blaili, Jabri ou encore Keita ont assez de métier pour aspirer à la victoire. Dans le camp des stadistes, les matches de préparation ont donné à voir une équipe équilibrée et capable de sortir le grand jeu. Des gars comme Ayari, Khemissi, Bonheur, Sahraoui, Arous, Kadida et le gardien Farhati sauront tirer leur épingle du jeu et lutter jusqu'au bout pour remporter cette super coupe à valeur symbolique, certes, mais oh combien importante sur le plan mental à l'orée de la nouvelle saison. Que cette super coupe 2025 constitue le coup d'envoi d'une saison attachante et spectaculaire.
Formations probables
Espérance : Memmiche, Keita, Ben Hamida, Meriah, Toughai, Guennichi, Derbali, Konate. Blaili, Maacha et Jabri.
Stade Tunisien : Farhati, Ouerghemmi, Sahraoui, Arous, Khemissi, Bonheur. Toure, Ndaw, Ayari, Kadida et Smaali.
J.B.
Ahmed Jaouadi champion du monde des 1500 m nage libre
Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années. Après avoir remporté la médaille d'or aux 800m nage libre, le jeune Tunisien de vingt ans, AhmedJaouadi vient de récidiver dans cette coupe du monde des jeux aquatiques à Singapour en remportant une nouvelle médaille d'or dans la course des 1500 m nage libre devancant l'Allemand Shwarz.
J.B.
Soldes d’été 2025 : Un nouveau fiasco en perspective ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Alors que la saison des soldes d’été débutera le 7 août, rien n’indique que cet événement suscite toujours l’enthousiasme des commerçants. Que faire pour rendre à ce rendez-vous son rayonnement ?
Dans un communiqué rendu public vendredi dernier, le ministère du Commerce a annoncé que les soldes d’été commenceront le 7 août 2025. Le ministère a précisé que cette date a été choisie suite à un commun accord avec les professionnels du secteur du prêt-à-porter. Pourtant, rien n’indique que cet événement suscite toujours l’enthousiasme des commerçants.
Attendue aussi bien par les consommateurs que par les professionnels, la saison des soldes d’été représente, en effet, une bonne occasion pour les commerçants pour écouler leurs marchandises et pour aider les Tunisiens à faire des bonnes affaires par ces temps de crises. Or, à voir les préparatifs, on constate une faible adhésion, notamment de la part des commerçants du prêt-à-porter. Comment, justement, expliquer cette réticence ?-
A cet, effet, Amira, gérante d’un magasin de chaussure, nous a confié : « Déjà que nous baissons régulièrement nos marges à cause de la dégradation du pouvoir d’achat des Tunisiens, et pourtant notre chiffre d’affaires est en baisse. Les clients se font rares et nous nous comptons plus sur cette saison des soldes pour booster nos ventes. C’est la crise et il est inutile de faire des réductions ».
Justement, face à cette crise économique et à la détérioration de son pouvoir d’achat, le Tunisien est obligé de bien gérer ses dépenses en consacrant son budget aux produits de première nécessité comme la nourriture, les soins, les médicaments, le loyer et les charges comme l’eau et l’électricité. Quant aux vêtements, une grande majorité des Tunisiens s’approvisionne aujourd’hui dans la friperie, «Bien que le taux d’inflation ait connu une légère baisse en juin, atteignant 5,4%, la hausse des prix de certains produits de première nécessité continue de peser sur le budget des ménages », nous dira l’expert en économie et en finance, Mohamed Salah Jennadi
Une loi archaïque…
En plus de l’inflation, la loi qui régit les soldes en Tunisie est jugée par les professionnels «archaïque et obsolète», « il s’agit de la Loi n°40 de 1998 qui ne répond plus aux attentes aussi bien des consommateurs que des professionnels », explique l’expert Mohamed Salah Jennadi. Et d’ajouter : « Le cadre juridique fixant des règles claires et strictes en matière de rédactions des prix et des soldes ainsi que les promotions est tellement flou que les arnaques sont monnaie courante. La plupart du temps, le consommateur se voit proposer des produits soi-disant soldés, alors que certains commerçants avaient déjà procédé à une augmentation des prix avant la saison des soldes. Il est alors urgent de mettre en place un cadre réglementaire en Tunisie spécifique organisant le traitement des réclamations (fixant les procédures, les issues à donner aux réclamations, la marge de manœuvre de l’administration dans le traitement des réclamations, la relation de l’administration avec les ONG réclamant les litiges des consommateurs ».
En effet, les soldes, bien que synonymes de bonnes affaires pour certains, peuvent aussi être synonymes d’arnaques pour d’autres. L’une des arnaques les plus courantes concernent les faux rabais. Les commerçants augmentent, justement, artificiellement le prix de référence d’un article quelques semaines avant les soldes, puis appliquent une réduction importante pour donner l’impression d’une bonne affaire, alors que le prix final reste le même que le prix initial. Il faut, également, se méfier des collections spécial soldes. Certaines marques produisent des collections de qualité inférieure spécialement pour les soldes, afin de profiter de l’engouement des consommateurs.
M.B.S.M.
Supercoupe : Pour une saison en floraison
Wahid SMAOUI
Après les funambulesques péripéties d’un match barrage totalement indu, l’apothéose originelle s’invite le plus sensément. Dans la parure d’un remake de la dernière édition oscillant entre confirmation pour les Sang et Or et amende honorable pour les Beylicaux.
Etre pris à son propre jeu, voilà une situation qui va comme un gant à une instance fédérale n’ayant pas trouvé mieux que de nous «tirer un lapin de son chapeau de magicien», entendons cette histoire de demi-finale entre le finaliste de la coupe et le dauphin du championnat de l’exercice écoulé. Ayant déjà assez épilogué sur ce sujet, contentons-nous de rappeler que la FTF doit avoir nourri moult regrets, après le cruel sentiment d’avoir été «mal récompensée», subséquemment à la pantalonnade effectuée par l’USM qui, «en guise de gratitude», a posé un lapin (rébarbative histoire de lapins décidément) à tout le monde. Maintenant que l’affiche canonique a été rétablie, abandonnons-nous au soulas d’une fiesta au rutilant taffetas.
Pour la deuxième fois consécutive, les puristes auront droit au même panonceau, ST-EST, de la dernière édition de la Supercoupe, avec un état d’esprit foncièrement dissemblable, une propension à la confirmation pour les Sang et Or, une irrésistible appétence de rétorsion pour des Stadistes un chouia revanchistes. Et ce, après les quatre duels de la saison écoulée, une parité à l’aller du championnat (2-2) au goût de défaite si l’on tient compte des péripéties farfelues du match, et trois revers étriqués, soit le retour, la supercoupe et la finale de la coupe, sur lesquels les Bardolais n’ont toujours pas de cesse de gloser.
Le gros bout du bâton pour les Beylicaux ?
Tout étant question de situationnalité, le contexte actuel a de quoi rééquilibrer la donne générale. En rang serré depuis le démarrage de la saison, le ST, tiré au sort comme le club hôte, raison pour laquelle on l’évoque en premier, a effectué une pré-saison des plus estimables, Chokri Khatoui, son timonier à la barre technique, ayant pu compter sur la totalité de son effectif. Il y a d’abord les habituels Khalfa, Ouerghemmi, Sahraoui, Arous, Mugisha, Touré, Ndaw, Smaâli et ce diable de Ayari qui ne fait que captiver l’attention et sur lequel reposent les espoirs des inconditionnels stadistes pour un dénouement heureux cet après-midi. A ce beau monde est venue s’adjoindre une brochette de nouveaux enrôlés, certes puisés dans des clubs qualifiés de second rang mais promis à un riant avenir, au premier rang desquels l’ex sociétaire de la JS de la Manouba, un certain Mohamed Amine Khemissi qui fera certainement vite de parler de lui et qui a déjà fait oublier son prédécesseur au poste, Laifa, le transfuge stadiste qui portera justement la casaque rivale tout à l’heure. Outre les Guezmir, Jaouadi, Hanchi qui s’échineront, en cas de participation à la fête, à prouver tout le bien qu’on pense d’eux. Ne dit-on pas qu’ «il y a des trésors cachés dans les petits ruisseaux qui ne se révèlent pas dans l’océan» ? Cela dit, les matchs amicaux, dont le petit camouflet essuyé face au malabar Ahly du Caire, riche en enseignements en dernier ressort, ponctués par le match barrage, certes à ne pas appréhender comme un baromètre fiable face aux doublures monastiriennes, mais toujours bon à prendre, devraient avoir permis à Khatoui de présenter ce soir un ensemble aguerri et endurci, à la hauteur de l’événement. Alors, le gros bout du bâton pour les Stadistes cette fois-ci ?
Les tintouins pour Kanzari ?
Côté espérantiste, l’inter-saison n’a pas été un «fleuve tranquille», allusion aux fracassantes frasques de certains joueurs qui ont pris un air de vedette et qui, après l’expédition mondialiste, ont fait preuve d’irresponsabilité éhontée, s’offrant de folâtres rallonges de vacances, en totale incompatibilité avec leur statut de professionnel. Entendons les Sasse, Rodrigues, Mokwana et surtout un Belaïli qui passe maître dans l’art de la désinvolture. En attendant d’y voir plus clair en ce qui concerne les deux Brésiliens et le Sud-Africain, les informations filtrant de ce véritable carcan de glace qu’est le parc B étant chiches à l’envi, l’Algérien a repris du service, comme si de rien n’était en dehors, ébruite-t-on, d’une… sanction financière. Heureux qui comme le Fennec… Outre l’absence d’Ogbelu, en voie de succomber à l’appel d’aguichantes sirènes, et celle de Ben Saïd et Jebali, blessés. Tous ces désagréments n’empêcheront pas toutefois le coach sang et or de présenter un Onze le plus compétitif possible, tous les autres joueurs, Tougaï et Konaté en tête, ainsi que le latéral droit Bouzaïene, l’avant de pointe Diakité, et les nouvelles recrues comme Younes Rached et Ibrahima Keïta, en ont mis un bon coup pour honorer comme à l’accoutumée le rang lustré de leurs couleurs. Cela dit, il est réjouissant de s’attendre à admirer un stade diapré des drapeaux flamboyants des deux équipes. Espérons que les fans «vert et rouge» emboîteront le pas à leurs pendants «sang et or» au sein desquels les billets sont partis comme de petits pains. Un 2e sacre en supercoupe après celui de… 1966 et deux finales vendangées en 1960 et… 2024, en vaut bien la chandelle, contre 7 sacres de l’EST, le premier en 1960, le dernier en date lors de l’édition passée, tous deux face, prémonitoire coïncidence ou pure fortuité, à son émule de ce soir, un ST plus conquérant que jamais.
W.S.
Editorial : Soulèvement planétaire...
Par Chokri BACCOUCHE
Les souffrances et les exactions inhumaines infligées par l’entité sioniste au peuple palestinien sont si fréquentes et nombreuses qu’elles peuvent meubler sans problème un ouvrage encore plus épais que le Livre de la jungle. Au cours des 15 dernières années, les dirigeants hébreux ont lancé pas moins de cinq offensives dans la bande de Gaza. Ces expéditions punitives rivalisent de brutalité et de cruauté, causant la mort de milliers de civils en représailles aux tirs de roquettes et aux prises d’otages du Hamas. Mais la dernière en date, l’opération «Glaive de fer», lancée le 7 octobre 2023 en réponse au raid mené par le mouvement islamiste palestinien dans le sud d’Israël, a pulvérisé tous les records de l’horreur. En effet, l’armée sioniste «la plus morale du monde » a tué depuis le déclenchement de cette sordide guerre plus de 60 mille Palestiniens dont de très nombreux enfants et femmes. Un nombre incalculable d’entre eux gisent encore sous les décombres au moment où des milliers d’autres sont voués à une mort lente pour cause de famine et de maladies. Plus de 150 mille Palestiniens ont été également blessés dont beaucoup sont mutilés à vie. Entre 15 à 20 mille enfants ont été par ailleurs massacrés et ceux qui ont la chance de survivre sont devenus pour la plupart orphelins de leurs parents voire privés de toute leur famille.
En même temps qu’elle fait carburer à plein régime ce que ses dirigeants appellent cyniquement la « tondeuse à gazon » pour désigner ces tueries de masse, l’entité sioniste a détruit toutes les infrastructures de Gaza, n’épargnant ni les hôpitaux, ni les écoles, les crèches et les universités. La plupart des 2,3 millions de Gazaouis ont été déplacés, certains à plusieurs reprises. Beaucoup ont fui vers des « zones sûres » pour y être à nouveau bombardés. Pratiquement personne n’a échappé à l’enfer des bombardements sauvages et les tirs des snippers qui prennent délibérément pour cibles aussi bien les travailleurs humanitaires que les journalistes, les médecins, les infirmiers et les ambulanciers. Alors que la famine gagne du terrain, utilisée comme arme de guerre, les soldats israéliens n’hésitent pas à tirer à vue sur les civils palestiniens qui viennent chercher un modeste sac de farine pour survivre quand ils en trouvent dans les centres de distribution de l’aide humanitaire, contrôlés par l’occupant israélien et transformés par ses soins en piège mortel.
L’ampleur des destructions dans l’enclave palestinienne sinistrée est si effroyable et inhumaine qu’il a permis l’éclosion d’une nouvelle terminologie désormais employée par certains médias pour décrire cet holocauste palestinien. On parle en effet de « domicide » pour la destruction du parc immobilier et des habitations, « scholasticide » en référence au système éducatif qui déplore le massacre de plus d’une centaine d’enseignants universitaires et de très nombreux étudiants, « écocide » pour la dévastation des terres agricoles à Gaza. A cela s’ajoute bien évidemment le génocide délibérément orchestré par le gouvernement hébreu et qui a valu au Premier ministre Netanyahu et à son ex-ministre de la Défense, Gallant, un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
De ce qui précède on peut affirmer sans le moindre risque de se hasarder que l’entité sioniste a perdu sa guerre morale. Israël incarne, désormais, aux yeux de l’écrasante majorité des peuples de la planète le prototype de l’Etat voyou dont la brutalité, la cruauté et l’inhumanité sont devenues désormais légendaires. Cette bestialité indicible unique dans les annales de l’histoire lui vaut d’ailleurs aujourd’hui l’opprobre d’une très large frange de la communauté internationale. Israël a, en fait, perdu sur tous les fronts au point de devenir aujourd’hui un Etat paria qui incarne le mal érigé en système.
Les conséquences politiques de cet état de fait sont incalculables. Au moment où certains pays, d’Amérique latine notamment, ont décidé de rompre leurs relations diplomatique avec Israël pour protester contre le génocide en cours à Gaza, d’autres, et pour la même raison, ont pris la décision de reconnaitre l’Etat de Palestine. Le dernier en date, le Brésil en l’occurrence, a annoncé hier son retrait de l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste (IHRA), où il occupait un poste d’observateur, invoquant des “contraintes juridiques” et le génocide à Gaza.
Dans une note diplomatique adressée au secrétariat de l’organisation à Berlin, Brasilia fait référence à un avis du ministère des Affaires étrangères et à une recommandation de la rapporteuse spéciale de l’ONU, Francesca Albanese. Si les motifs précis ne sont pas détaillés, le retrait intervient quelques mois après la décision du Brésil de soutenir la plainte pour génocide contre Israël devant la Cour internationale de justice. Désormais isolée du reste du monde, l’entité sioniste vogue comme un radeau de la méduse dans un océan déchainé de colère, de condamnations et de critiques acerbes annonciatrices d’un véritable soulèvement planétaire contre la barbarie sioniste. En un mot comme en cent, le martyre des Palestiniens fait désormais de l’ombre à la Shoah. Il ne s’agit ni de révisionnisme ni de négativisme mais tout simplement de faits concrets qui crèvent les yeux et l’écran du côté de Gaza et des territoires occupés depuis voilà plus de 70 ans…
C.B.
Journées cinématographiques de Carthage : Un hommage à Ziad Rahbani à travers ses films
Les Journées cinématographiques de Carthage, dans leur 36e édition, du 13 au 20 décembre 2025, rendront hommage au musicien, dramaturge, acteur et journaliste libanais Ziad Rahbani.
Le nom de Ziad Rahbani est associé aux grandes figures du nouveau cinéma arabe, que ce soit en tant qu’acteur ou compositeur, parmi lesquels Farouk Beloufa, Randa Chahhal, Kassem Hawal et Maroun Bagdadi.
La présence de Ziad Rahbani à cette édition ne sera pas marquée par son "Long métrage américain" (Pièce de théâtre qui a marqué la carrière de l'artiste", mais bien par son sens artistique unique et son intelligence musicale.
La programmation du festival inclura une sélection de films auxquels il a participé, ainsi que des activités spéciales mettant en lumière son parcours créatif.
Parmi les films auxquels il a participé, nous citons: "Nahla", 1979, film algérien de Farouk Beloufa, "Les faits de l'année prochaine", 1985, film syrien de Samir Zikra, "Beirut: The Last Home Movie", 1987, documentaire fiction libano-américain de Jennifer Fox, "Civilisées", 1999, film libanais de Randa Chahal Sabbag, 'Le Cerf-volant', 2003, film libanais de Randa Chahal Sabbag où Ziad Rahbani joue le rôle d'un lieutenant druze dans l'armée israélienne et "Dhilal as-samt", 2006, film saoudien d'Abdallah Al-Muhsein.
"Palestine 36" de Annemarie Jacir à l'affiche de Toronto : De l'histoire, pour ne pas oublier ...
Par Imen ABDERRAHMANI
Signée par la réalisatrice palestinienne Annemarie Jacir, "Palestine 36"; est un drame historique grandiose attendu pour une première mondiale au Festival international du film de Toronto (TIFF), qui se déroule du 5 au 15 septembre 2025.
Voilà un autre film qui raconte la Palestine et ses maux qui durent depuis des décennies. Après "La voix de Hind Rajab" de Kaouther Ben Hania, à l'affiche du prestigieux festival de Venise, Toronto accueille à bras ouverts la réalisatrice palestinienne Annemarie Jacir et toute son équipe qui présentera à l'occasion son nouveau film "Palestine 36". Un film qui résonne bien avec l'actualité et qui lève le voile sur certains faits historiques.
Le film revient sur l’une des révoltes majeures du 20ᵉ siècle en Palestine mandataire — l’insurrection paysanne de 1936 contre la domination britannique — et projette ses personnages dans une époque charnière placée sous haute tension politique et sociale. L'arrivée des juifs fuyant plusieurs pays de l'Europe complique de plus en plus la situation...
On y suit Yusuf, un jeune homme partagé entre les traditions de son village rural et l’effervescence d'Al Qods, où il aspire à un avenir plus vaste. À travers son parcours et ceux de personnages comme Rabab (jeune veuve), Khalid (chef rebelle), Afra (sa fille), Khouloud (citadine engagée), Dhafer L'Abidine (Amir) et Kareem (cordonnier fils du pope), Jacir tisse une fresque intime et collective au cœur d’un moment critique de l’histoire palestinienne.
Le casting international contribue à donner une nouvelle dimension au récit : on y retrouve Jeremy Irons, Liam Cunningham, et l’acteur tunisien Dhafer L’Abidine, aux côtés de figures emblématiques du cinéma palestinien comme Hiam Abbass, Yasmine Al-Massri, Saleh Bakri ou Kamel El Basha.
La musique originale, confiée à Ben Frost, et la photographie signée Hélène Louvart (entre autres), renforcent l’atmosphère à la fois poétique et tendue du récit, construit comme un carrefour de destins humains face à tant d'évènements politiques et également tant de récits personnels, intimes.
Avec ce casting international, "Palestine 36" s’annonce comme un film majeur du cinéma mondial, proposant une fresque historique émotionnelle et politique, qui n'est jamais en rupture avec le quotidien et l'actualité.
Récit à la fois profondément enraciné puisqu'il met en lumière des faits historiques qui ont marqué l'histoire de la Palestine, pays de la réalisatrice, universel puisqu'il raconte l'humain au cœur des guerres, des conflits et sous l'occupation, "Palestine 36" est un film prometteur sur plusieurs plans. Un film qui rejette à sa façon les récits de l'entité sioniste et apporte des éclairages artistiques sur des faits historiques, politiques.
Réalisatrice, scénariste et productrice, Annemarie Jacir s'est imposée sur la scène cinématographique arabe avec plus de 16 films. Elle a réussi en 2003 à projeter son court-métrage "Like twenty impossibles" à Cannes. Son premier long-métrage "Le sel de la mer" a été projeté, en 2008, à Cannes, dans le cadre de la compétition "Un certain regard". Ses trois longs-métrages ont été proposés aux oscars en tant que films palestiniens. Son dernier long-métrage "Wajib" (2017) a remporté 18 prix dans de nombreux prestigieux festivals internationaux.
I.A.
Ahmed Jaouadi décroche une place en finale des 1500m
Après avoir remporté la médaille d'or aux 800m nage libre au cours des championnats du monde des sports aquatiques à Singapour,le jeune Tunisien Ahmed Jaouadi a réussi aujourd'hui à décrocher une place en finale des 1500 m.
Il a obtenu la première place de la 3e série des qualifications avec un temps de 15 minutes, 44 secondes et 95 centièmes devant l'Allemand Sven Shwarz et l'Américain Bobby Fink.
J.B.
Du renfort au CSS: Mhadhebi et Mathlouthi de retour
Le CSS vient de conclure deux belles affaires pour renforcer son équipe. Libre depuis la fin de son expérience avec le club irakien Al Qowa Al Jawia, le latéral droit Mohamed Salah Mhadhebi est officiellement de retour au Club sportif sfaxien. D’ailleurs, il vient de signer un contrat de deux saisons au profit du CSS et devrait reprendre les entraînements collectifs à partir de mardi prochain.
D'autre part, un autre joli coup vient d’être réalisé par les dirigeants sfaxiens. Un accord définitif vient d'être trouvé entre le comité directeur et Hamza Mathlouthi qui a signé un contrat d'une saison renouvelable. Rappelons que ce joueur est libre depuis la résiliation de son contrat avec le Zamalek.
Ces deux joueurs et d’autres nouvelles recrues seront au rendez-vous le lundi 4 août lors d’une cérémonie de présentation du nouveau maillot de l'équipe séniors de football ainsi que les joueurs récemment engagés.
K.Z.
Grèves dans le secteur des transports : Un simple mouvement social ou une escalade choisie par l’UGTT ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Les deux secteurs des transports publics et celui du phosphate ont été paralysés par une grève qui a duré trois jours. S’agit-il d’un simple mouvement social ou d’une escalade choisie par l’UGTT ?
En déclarant hier que « la grève est un moyen légal garanti par la Constitution, et nous ne souhaitions pas y recourir. C’est pourquoi nous avons accordé au ministère des Transports suffisamment de temps pour négocier et discuter, mais aucune réunion n’a été fixée », le secrétaire général adjoint de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), Slaheddine Selmi, impute la responsabilité de l’échec des négociations au gouvernement. Ce dernier a réagi à son tour à cette grève observée durant les trois derniers jours dans le secteur des transports en affirmant que « les revendications sociales, essentiellement financières et jugées excessives, ne pourront être satisfaites que si les entreprises de transport améliorent leurs revenus et stabilisent leurs équilibres financiers ». Le ministère des Transports a, en outre, réaffirmé sa détermination à poursuivre ses efforts pour offrir aux citoyens des services de qualité dans les meilleures conditions. Pour certains observateurs, il s’agit là d’un bras de fer beaucoup plus que d’un simple mouvement social d’autant que cette grève a été accompagnée par une autre action syndicale qui a affecté lourdement le secteur du transport du phosphate. S’agit-il, alors, d’une nouvelle escalade choisie par la Centrale syndicale pour mettre la pression sur le gouvernement et retrouver par la même occasion une certaine notoriété perdue ?
A cet effet, l’universitaire et activiste Salem Chérif nous a indiqué : « Ce qui m’interpelle personnellement est la durée de cette grève. A mon avis, la Centrale syndicale aurait opté pour une grève d’un jour et laisser ainsi la porte ouverte pour les négociations avec le gouvernement. Donc, pour moi, il s’agit d’une escalade qui pourrait envenimer davantage les rapports entre l’exécutif et l’Union générale tunisienne du travail ».
A la recherche d’une notoriété perdue…
Il n’est un secret pour personne que le contexte économique actuel est assez tendu pour supporter une nouvelle crise sociale, « Les négociations sont le seul moyen pour assurer la paix sociale. En effet, la grève comme moyen de pression ne peut être utilisée que comme dernier recours », nous dira l’universitaire et activiste Salem Chérif. Et si, alors, la crise interne au sein de l’actuel bureau exécutif était pour quelque chose dans cette escalade ?
Pour notre interlocuteur, Salem Chérif : « Il faut se rappeler ce qu’a déclaré Anouar Ben Gaddour, membre du Bureau exécutif de la Centrale syndicale, en affirmant que les conditions minimales d'un travail collectif, telles que la cohésion, la confiance et le respect mutuel entre les membres du Bureau exécutif, ne sont plus réunies pour garantir l’unité et la continuité de l’action syndicale. Ce constat est confirmé par Mehdi Mabrouk, professeur de sociologie à l’Université de Tunis, lequel estime que l’appel de Ben Gaddour montre à quel point la crise interne est grave, touchant toutes les structures dirigeantes de l'Organisation, du Bureau exécutif au Conseil national. Idem pour Rachid Najjar, ancien membre de l’Union Régionale de Tunis, avertit que la crise actuelle est dangereuse parce qu’elle se joue à l’intérieur de l’Union générale tunisienne du travail elle-même ». Et d’ajouter : « Paradoxalement, l’organisation syndicale qui a toujours lutté contre la précarité de l’emploi se trouve aujourd’hui piégée par ses propres syndicats qui revendiquent la création de sociétés de sous-traitance à l’image de cette grève observée actuellement par les travailleurs et les cadres de la Société tunisienne de transport des matériaux miniers (STTPM). Ces derniers revendiquent, entre autres, la création d’une unité de sous-traitance pour le transport du phosphate ».
M.B.S.M.
Erreurs d’orientation universitaire : 12 cas similaires et une enquête ouverte !
L’affaire du nouveau bachelier Mohamed Abidi fait encore du bruit puisqu’il s’est avéré qu’il ne s’agit pas du seul cas d’erreur. D’ailleurs, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a donné des instructions immédiates pour l’ouverture d’une enquête, afin de déterminer les responsabilités et prendre les mesures nécessaires pour lever l’injustice subie par, tenez-vous bien, douze élèves, concernant leur orientation universitaire.
Il a déclaré qu’ils seront rétablis dans leurs droits, après avoir été orientés vers des filières qu’ils n’avaient pas choisies dans leur fiche d’orientation et ce, malgré l’obtention de la moyenne requise.
A ce propos, Rim Maachaoui, la députée à l’ARP, a évoqué au micro d’une radio privée des soupçons de falsification des fiches d’orientation d’élèves brillants, originaires du gouvernorat du Kef. Ils auraient été dirigés vers des filières qu’ils n’avaient ni choisies ni mentionnées dans leurs fiches d’orientation universitaire.
K.Z.
Malgré une moyenne de 18 au bac : un bachelier a été orienté vers le patrimoine au lieu de la médecine !
Mohamed Abidi est un lauréat du baccalauréat 2025 au lycée Mongi Slim du Kef. Il s’agit de l’un des élèves les plus brillants du lycée et il l’a prouvé à l’examen national avec une brillante réussite et une forte moyenne (18,00 /20) dans la filière des sciences expérimentales.
Et comme tout bachelier qui décroche le bac avec une telle moyenne dans une branche scientifique, Mohamed a pensé avoir fait le plus difficile pour réaliser son rêve de devenir médecin, et il n’a pas hésité à énumérer les différentes facultés de médecine sur la fiche d’orientation puisque sa moyenne lui permet largement d’y aller.
C’est dire que Mohamed a passé quelques jours à rêver et à attendre la bonne nouvelle avec l’annonce des résultats de l’orientation. Toutefois, c’est la stupeur qui a succédé à l’espoir lorsqu’il a découvert que l’ordinateur l’a orienté vers la discipline Patrimoine à Kairouan. Il a vite fait de revoir sa fiche d’orientation et tout y était clair : il n’a inscrit que les facultés de médecine de Monastir, de Sousse, de Tunis, de Sfax ainsi que les facultés de médecine dentaire et de pharmacie à Monastir.
C’est dire qu’à son niveau, il n’a commis aucune erreur et ses choix étaient clairs et nets. Ce n’était pas l’avis de l’ordinateur qui y a vu un étudiant « idéal » pour aller étudier le patrimoine à Kairouan ! Car ce même ordinateur a examiné les choix mentionnés dans une autre fiche d’orientation qui n’avait aucun lien avec l’étudiant cité.
Ne sachant quoi faire face à cette orientation qu’il n’a pas mentionnée et qui ne sied ni avec ses compétences ni avec sa forte moyenne, il vient de lancer un appel à la Présidence de la République et au ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique pour réexaminer son cas.
Espérons, seulement, que son appel ne tombe pas dans les oreilles d’un sourd…
K.Z.
Éditorial : Face aux taxes de Trump, l’heure de la riposte stratégique est venue - Par Jalel Hamrouni
Donald Trump ne perd pas de temps pour redéployer ses méthodes unilatérales et brutales. L’instauration de nouvelles taxes douanières visant des dizaines de pays, sous prétexte de protéger l’industrie américaine, est une démonstration de force qui ressemble davantage à une guerre commerciale déguisée qu’à une politique économique visionnaire. En réalité, cette offensive tarifaire révèle, une fois de plus, l’égoïsme structurel d’un système dominé par une superpuissance obsédée par le contrôle des flux commerciaux mondiaux.
Jeudi, Trump a signé le décret imposant une hausse des taxes douanières à la plupart des partenaires commerciaux des Etats-Unis. Si plusieurs accords, dont celui avec l’Union européenne, ont été trouvés jusque-là, le Canada, la Suisse, le Brésil et l’Inde ont été sanctionnés par une forte hausse de taux.
Ces taxes, souvent imposées sans négociation ni consultation, affectent autant les économies émergentes que les alliés traditionnels des États-Unis. Elles provoquent une flambée des prix, freinent les chaînes d’approvisionnement mondiales et renforcent l’instabilité des marchés. L’économie mondiale, déjà fragilisée par les crises successives, pandémie, conflits géopolitiques, inflation, n’a pas besoin d’un nouvel ouragan protectionniste, mais d’un vent de coopération et de solidarité. Pourtant, Trump agit comme si le monde était encore figé dans l’ère post-guerre froide, où Washington dictait les règles du jeu.
Les pays européens, longtemps alliés économiques et politiques des États-Unis, doivent abandonner l’illusion d’une relation transatlantique équilibrée. Les mesures protectionnistes américaines ne sont pas seulement économiques : elles traduisent une vision du monde où les rapports de force priment sur le respect des règles du commerce international. Il serait donc irresponsable de continuer à espérer que Washington reviendra à la raison. L’Union européenne doit se doter d’une réponse commune, cohérente et résolue.
En somme, les taxes de Trump sont une provocation. Y répondre par des actes forts et solidaires est non seulement possible, mais nécessaire. Ce n’est pas une guerre commerciale que le monde doit engager, mais une bataille pour la souveraineté, la justice économique et le respect mutuel. Le monde n’est pas une succursale de Washington. Il est temps de le prouver.
En fait, les cartes sont en train de se redistribuer. Le Sud global, autrefois relégué à la périphérie des décisions économiques, se réveille. Des groupements comme les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), auxquels s’ajoutent d’autres puissances émergentes, contestent de plus en plus ouvertement l’hégémonie du dollar et les diktats du FMI ou de la Banque mondiale. Ce mouvement traduit une volonté collective de bâtir un nouvel ordre économique fondé sur la multipolarité, l’équité et la souveraineté. Les taxes douanières de Trump, loin de faire reculer ses adversaires, ne font que galvaniser cette aspiration à l’émancipation.
Il est donc temps que la communauté internationale, au lieu de plier sous la pression américaine, ose inventer un autre modèle. Un modèle qui protège les économies locales sans isoler les nations. Un modèle où les règles commerciales sont décidées dans un cadre multilatéral, équitable et respectueux des intérêts de chacun. Il ne s'agit pas d'ostraciser les États-Unis, mais de leur rappeler qu’aucune puissance, aussi grande soit-elle, n’a le droit de s’ériger en gendarme économique du monde.
L’instauration d’un nouvel ordre mondial est aujourd’hui une urgence. Il s'agit de rééquilibrer les rapports Nord-Sud, de favoriser une gouvernance économique plus inclusive, et de bâtir des mécanismes de régulation capables de prévenir les abus, les sanctions arbitraires et les crises à répétition. Face à la montée des nationalismes économiques, la solution ne réside pas dans la soumission, mais dans la coopération. Car un monde plus juste ne naîtra pas d’une taxe de plus, mais d’un sursaut collectif.
J.H.















