Editorial : La Tunisie a mal aux côtes
Par Chokri Baccouche
Un mot revient sur toutes les lèvres depuis quelque temps chez la plupart de nos marins pêcheurs : le poisson se fait de plus en plus rare. Pour en trouver, il faut aller de plus en plus loin au large et supporter des dépenses supplémentaires dues notamment à une consommation de carburant plus importante mais sans pour autant que le résultat ne soit forcément garanti. La plupart du temps, en effet, les chalutiers et autres embarcations de pêche artisanale rentrent à leur port d’attache les cales vides ou presque. Pourquoi le poisson, qui fait vivre des milliers de familles, a-t-il déserté nos côtes ? A cause de la surexploitation des ressources halieutiques qui s’épuisent bien sûr. Le recours fréquent à des techniques de pêche, pourtant strictement interdites, qui ravagent les fonds marins et empêchent la régénération des stocks de poisson, est souvent pointé du doigt. Le problème ou plutôt ce mal insidieux est récurrent. Il a été diagnostiqué depuis belle lurette mais le remède n’est toujours pas au rendez-vous. Un peu à cause du laxisme de l’administration et beaucoup parce qu’on a pris l’habitude dans nos murs de laisser pourrir les choses conformément à la logique absurde : après moi, le déluge. Moins de poissons donc à cause de la surpêche et des pratiques irresponsables et peu orthodoxes de certains chalutiers. Et puis quoi encore ? Il y a bien sûr la pollution qui fait, elle aussi, des ravages et provoque de sacrés dégâts au double plan économique et environnemental. Dans la pratique, le constat est alarmant : chaque jour que Dieu fait, plusieurs milliers de m3 d’eaux extrêmement polluées et toxiques sont déversées directement dans la mer. Ces eaux souillées et déversées directement non traitées comportent une multitude de composants chimiques qui sont non seulement très nocifs pour la santé mais ravagent également et surtout la faune et la flore marine. Les déboires que connait ces derniers temps le Golfe de Monastir coulent ainsi de source. Le déversement massif d’eaux polluées est à l’origine des odeurs nauséabondes et du phénomène des poissons morts et des marées de boue constatées ces derniers temps dans cette zone côtière. Autrefois connu pour ses activités piscicoles florissantes, le golfe de Monastir est devenu malheureusement une véritable poubelle à ciel ouvert pour les entreprises de textile. La plupart des 500 entreprises installées dans cette zone, spécialisées dans le traitement du jeans, se débarrassent de leurs eaux usées dans les rivières adjacentes ou dans les canalisations de l’Office national de l’assainissement. Le problème – un sacré problème en fait- c’est que les quantités d’eaux usées reçues par les stations d’assainissement de la région dépassent largement leur capacité de traitement, si bien que le surplus estimé à des milliers de m3 est directement déversé dans la mer.
Aussi paradoxal voire loufoque que cela puisse paraitre, les entreprises de fabrication de textile doivent disposer d’une station de prétraitement conformément au texte de loi qui régit cette activité. Mais en raison du coût élevé de cette structure, les industriels font entorse à la réglementation en vigueur et préfèrent largement payer des amendes. La rentabilité et les considérations économiques l’emportent ainsi sur les préoccupations environnementales. On produit des jeans bon marché et compétitifs mais on tue ailleurs d’autres activités qui nourrissent des milliers de familles dont notamment la pêche mais également le tourisme. Preuve en est, une étude bactériologique de l’eau effectuée en 2011 dans la région de Monastir a révélé la présence d’une quantité non négligeable de bactéries et de parasites dans l’eau de la mer à Ksibet El Médiouni et à Soukrine. Les catastrophes écologiques les plus importantes de 2006 et 2011 ont réellement été la goutte qui a fait déborder le vase pour les résidents et les pêcheurs. La mer était devenue rouge et l’air irrespirable selon les citoyens de la région à cause d’un dégagement dangereux de sulfure d’hydrogène.
Bref, Monastir et pour tout dire de nombreuses autres régions situées sur le littoral ont terriblement mal aux côtes. Un mal insidieux et très dangereux ayant pour nom pollution qui tue à petit feu la faune et la flore marine et porte gravement préjudice à la santé publique. On comprend mieux ainsi pourquoi le poisson fuit nos côtes et pourquoi le nombre des plages déclarées impropres à la baignade va crescendo chaque année. Face à cette hécatombe environnementale, nul besoin de rappeler l’urgence de prendre les mesures nécessaires pour sauver les meubles avant qu’il ne soit trop tard. A défaut on sera contraint de payer une lourde facture économique et sociale qui se traduira par la perte de milliers d’emplois et une détérioration inévitable de la qualité de la vie. L’heure est grave et l’enjeu est bien trop grand pour qu’on se permette le luxe de tergiverser et continuer à fermer les yeux sur le danger rampant de la pollution qui fait peser une lourde menace sur le présent et l’avenir du pays…
C.B.
Firas Chawat quitte l'Etoile et rejoint le Club Africain
Voilà un transfert de taille. Le buteur de l'Etoile du Sahel la saison écoulée et l'international tunisien , l'avant-centre Firas Chawat a donné son accord pour rejoindre les rangs du Club Africain contre la somme de 600 mille dinars. La transaction a été effectuée et ce transfert important pour les Clubistes sera officialisé incessamment. Chawat sera l'attaquant en pointe de l'attaque des Rouge et Blanc après le départ de Hamdi Labidi en fin de contrat le 30 juin dernier et qui n'a pas été retenu pour la nouvelle saison par le staff technique dirigé par Mohamed Sahli.
J.B.
Dégradation de l’environnement : La cote d’alerte
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
* La Tunisie se classe au 37ᵉ rang mondial sur 113 pays inclus dans l’indice de pollution…
La pollution dans le Golfe de Monastir est dans le collimateur du chef de l’Etat qui, lors d’une visite inopinée effectuée récemment dans la région, a qualifié la situation de «catastrophe écologique ».
Le gouvernorat de Monastir, notamment son Golfe, est l’une des régions les plus frappées par la pollution en Tunisie, mais la dernière marée rouge causée par la prolifération des algues marines toxiques a suscité aussi bien la colère des citoyens que des interrogations sur la situation environnementale sur nos côtes et dans le reste du pays.
Dans une déclaration datant du mois de juin dernier et relayée par Business news, l’ingénieur en halieutique et environnement, Hamdi Hached, avait justement mis en garde contre « une résurgence possible des proliférations des algues rouges si les sources de pollution — notamment les rejets domestiques, agricoles et industriels — ne faisaient pas l’objet de traitements structurels ».
Pour l’activiste Anis Hlel, que nous avons interrogé sur la question : « L’augmentation exponentielle des quantités des déchets solides produites par l’Homme et la lenteur de leur dégradation ainsi que leur mauvaise gestion sont les causes de cette catastrophe écologique. Les déchets et les plastiques sont désormais omniprésents, que ce soit dans la colonne d’eau, les fonds marins, les estomacs des animaux ou le long des côtes. La Tunisie, comme l’atteste le rapport élaboré par la fondation Heinrich-Böll-Stiftung - Tunis, est fortement concernée et impactée par la pollution marine par les débris et les plastiques. Elle doit par conséquent contribuer aux efforts de lutte à travers des actions et des programmes ciblés et ce par le biais de l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre la pollution marine, et d’une manière plus spécifique contre le plastique et les microplastiques, tout en impliquant les différents acteurs et institutions concernés par le sujet. De plus, il importe de mettre en place des lois strictes et des mesures de contrôle régulier accompagnées par des activités de collecte et de recyclage intensifiées intégrant les municipalités et leurs systèmes de gestion des déchets ». La Tunisie dispose-t-elle justement d’une politique pour lutter convenablement contre la pollution ?
Agir avant qu’il ne soit trop tard…
Selon le rapport 2025 du site de référence “Numbeo”, spécialisé dans la collecte et l’analyse de données mondiales, la Tunisie se classe au 37ᵉ rang mondial sur 113 pays inclus dans l’indice de pollution, avec un score de 70,1. Ces chiffres disent long sur la dégradation catastrophique de la situation écologique dans le pays. Pour l’activiste Anis Hlel : « Aujourd’hui, 70 % des plages tunisiennes souffrent de niveaux de pollution plus ou moins élevés. A titre d’exemple, la mer de Gabès contient des teneurs en ‘cadmium’ (métal lourd) huit cents fois supérieures aux réglementations. Des quantités de zinc et d’arsenic dépassent, d’une centaine de fois, les normes. En cause, le phosphogypse qui est rejeté directement dans la mer Méditerranée, polluant ainsi, gravement, la mer. La présence constamment des cadavres de tortues marines, de poissons, mais aussi de nombreux oiseaux marins victimes de pollution sur la plage témoigne de ce drame environnemental ».
Face à cette situation alarmante, la Tunisie tente tant bien que mal de répondre aux question liées aux problèmes environnementaux en optant pour une politique environnementale qui s'articule autour de la Stratégie Nationale de Transition Écologique (SNTE), laquelle vise à instaurer une gouvernance environnementale solide, à renforcer la résilience face aux changements climatiques et à promouvoir une économie verte et circulaire. Cette stratégie s'appuie sur plusieurs axes, dont la gestion rationnelle des ressources naturelles, la préservation des écosystèmes et le développement d'une culture environnementale. Et pourtant…
M.B.S.M.
Le Musée national du Bardo fait appel aux étudiants pour l’inventaire de ses réserves
Dans le cadre du renforcement des travaux de conservation, de documentation et de valorisation des collections archéologiques, le Musée National du Bardo lance un appel à candidature pour le recrutement de 15 étudiants inscrits en Master ou en Doctorat dans les domaines suivants : Archéologie, Histoire de l’art, Muséologie et Patrimoine
Les candidats retenus auront pour mission : Participer à l’inventaire, au classement, à la documentation et à la numérisation des objets archéologiques conservés dans les réserves du Musée National du Bardo.
Durée de la mission : 3 mois (avec possibilité de prolongation selon les besoins du projet). Le dossier de candidature doit comporter une attestation d’inscription universitaire, Curriculum vitae détaillé, lettre de motivation.
La date limite de candidature est le 16 Juillet 2025
Modalités d’envoi : Les dossiers doivent être envoyés par voie électronique à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Festival International de Carthage (FIC) : un budget à 3 millions de dinars et une édition sans directeur
Le Festival International de Carthage (FIC) se tient cette année dans sa 59ème édition sans directeur, une première dans l’histoire du festival. Sa programmation dévoilée cette semaine est gérée par « un comité d'organisation » dont la composition n’a pas été dévoilée.
Après les villas romaines en 2024, la Conférence de presse du Festival International de Carthage, a été organisée, jeudi soir, dans les jardins menant à l'amphithéâtre romain de Carthage où se déroule le festival chaque année.
Organisé sous l'égide du ministère des Affaires Culturelles, ce prestigieux rendez-vous artistique annuel fête cette année son 61ème anniversaire avec une sélection de 20 spectacles interprétés par des artistes et groupes artistiques représentant la Tunisie, l’Egypte, le Liban, les Emirats arabes Unis, la Palestine, la France et la Jamaïque.
Organisé par l’Etablissement National pour la Promotion des Festivals et des Manifestations Culturelles et Artistiques (ENPFMCA), ce rendez-vous artistique annuel propose une programmation axée sur la musique et ouverte sur le théâtre, le cinéma, le ballet et les arts de la scène. Notons que le festival a connu une interruption de deux ans en raison des restrictions en lien avec la crise sanitaire mondiale de 2020 et 2021.
La polémique autour du spectacle annulé
Le ministère des Affaires Culturelles a décidé cette année d’organiser ce prestigieux festival sans président et en désignant un comité d'organisation le même comité des trois dernières éditions, comme l'a indiqué Hend Mokrani, directrice générale de l'ENPFMCA qui chapeaute le comité.
Entourée par le chanteur Mohsen Erraies et l’artiste Riadh Fehri, la responsable a dû faire face aux questions des journalistes assez critiques de certains choix dans la programmation qui a fait couler beaucoup d'ancre dans les médias et une grande polémique sur les réseaux sociaux.
Aussitôt le programme dévoilé et les affiches publiées sur la page facebook du festival, deux affiches ont été retirées et un spectacle déprogrammé le lendemain. Les organisateurs ont dû retirer l’affiche du spectacle du Palestinien Marwan Abdelhamid alias Saint Levant. Le lendemain, une autre affiche a été également retirée, celle du spectacle de la chanteuse française Hélène Ségara déprogrammée.
A ce sujet, Mokrani a expliqué qu’il s’agit bien d’ « un spectacle programmé mais qui a été retiré en raison de la pression médiatique et de l’opinion publique en lien avec le soutien de l’artiste pour l’entité sioniste ».
Suite à la déclaration de l’artiste française, mercredi à l’AFP, dans laquelle elle affirme qu’elle n’a pas prévue de se produire à Carthage, la représentante du ministère a assuré que « l’administration du festival dispose de tous les documents prouvant l’engagement de l’artiste française avec le festival de Carthage ».
Selon la représentante du ministère, « le festival présente une vision artistique contemporaine traduisant la richesse de la diversité culturelle et s’inscrit dans le cadre des orientation nationales visant à promouvoir l’action culturelle. Elle a annoncé un rendez-vous renouvelé avec la qualité artistique, l’engagement culturel et l’ouverture sur l’autre tout en demeurant authentique. »
A la lumière des changements actuels dans le monde, le festival demeure fidèle à la cause palestinienne en consacrant une partie de sa programmation aux artistes palestiniens, a encore dit Mokrani.
Les spectacles arabes ont la part du lion
Après la déprogrammation, mercredi, du spectacle d’Hélène Ségara, vingt spectacles sont actuellement au line-up du Festival de Carthage qui se déroulera du 19 juillet au 21 août 2025.
La conférence de presse annuelle du FIC a permis de présenter les grandes lignes de cette édition dominée par les spectacles du Monde arabe avec 8 spectacles tunisiens (Mohamed Garfi, Aziz Jebali, Karim Thlibi, Latifa Arfaoui, Sophia Sadok, Soirée Tunisienne, la Nuit des Chefs) et 9 autres du reste de la région arabe : Liban (Nassif Zeytoun, Adam, Nancy Ajram, Najwa Karam, Ibrahim Maalouf), la Palestine (Mohamed Assaf et Saint Levant),l'Egypte (May Farouk) et les Emirats arabes Unis (Ahlam).
Les spectacles internationaux se limitent à trois spectacles dont Folklore représentant divers pays, l’artiste française Chantal Goya et l’artiste KY-Mani Marley venant de la Jamaïque (Amérique du Nord).
La conférence de presse était marquée par la présence du grand compositeur Mohamed Garfi qui fera l’ouverture avec son spectacle « Men kaa el khabia » et promet une soirée avec « de la musique savante ». Son fils le Maestro Shadi Garfi a présenté « La Nuit des Chefs », un spectacle qui réunira plusieurs artistes dont une artiste venant de Turquie.
L’artiste Riad Fehri est de retour à Carthage pour la 7ème fois avec « Tapis Rouge 2 » après « Tapis Rouge 1 » présenté en 2009.
L’Afrique est le grand absent du Festival international de Carthage dont la scène a souvent été ouverte aux artistes du Continents. La direction de l’Etablissement des festivals a justifié l'absence de l'Afrique par « le manque de spectacles africains qui peuvent être programmés à Carthage cette année ».
Notons que l’Afrique offre une grande richesse dans les genres artistiques ce qui constitue un vecteur de dialogue culturel et artistique entre les peuples du Continent.
Côté financements, « le budget estimé à 3 millions de dinars demeure insuffisant, a assuré la directrice générale d’Etablissement des festivals qui cherche à couvrir une grande partie des dépenses à travers la billetterie et la contribution des partenaires ».
La billetterie en ligne est ouverte depuis le jeudi soir, alors que la vente des billets dans les guichets a débuté, hier, le vendredi 11 juillet, à la Cité de la culture et au siège du festival à Carthage.
Le Quotidien avec TAP
« Amman Film Industry Days »: Une nouvelle consécration pour Ager Oueslati
« You Don’t Die Two Times », un projet de film coproduit entre l’Algérie, la Tunisie, l’Allemagne et la France, est parmi les lauréats des plateformes « Amman Film Industry Days » (AFID) du Festival international du film d’Amman – Awal Film (AIFF).
Dans sa newsletter du mardi 8 juillet, le festival a annoncé l’attribution de 18 prix, en espèces et en nature, pour 13 projets aux Journées de l’industrie cinématographique d’Amman (AFID), la branche professionnelle et industrielle du Festival international du Film d’Amman-Awal Film dont le palmarès a été dévoilé ce soir.
« You Don’t Die Two Times » (On ne meurt pas deux fois), 80′, a été doublement primé en remportant le prix IEFTA, doté de 6 000 euros en espèces, pour un projet arabe en post-production, et un prix en espèces de 5 000 dollars du Fonds de la Mer Rouge pour le premier projet de film en post-production.
Ce projet de film documentaire est réalisé par Ager Oueslati et produit par Raouf Oueslati, Thomas Kaske et Dhia Jerbi. « Une nuit, un rêve étrange réveille Gift : est-ce le signe avant-coureur d’une fin, et qu’est-ce que c’est ? Lancée dans la périlleuse odyssée de la recherche de l’Europe, Gift raconte les souvenirs qui l’ont poussée à partir. Gift raconte les souvenirs qui l’ont poussée à partir» (Synopsis).
Figure incontournable du 7e art en Afrique et dans le monde arabe, Dorra Bouchoucha était parmi les membres du jury international composé également de Joseph Bitamba (cinéaste burundais), Eduardo Guillot (programmateur et critique de cinéma espagnol), Linda Mutawi (productrice jordanienne) et Abdulaziz Alshlahei (réalisateur saoudien).
Le jury a commenté « Nous avons vraiment aimé lire, regarder et écouter une sélection diversifiée de projets jordaniens et régionaux. Il y avait beaucoup de projets solides, et nous avons dû prendre des décisions difficiles. Cela dit, nous voulons vraiment encourager tous les cinéastes à continuer à développer et à présenter vos projets car il y avait un grand potentiel dans ce que nous avons vu pendant ces deux jours », indique le communiqué du festival.
« Les plateformes de pitching et les événements de l’industrie du Festival sont conçus pour soutenir les cinéastes. Nos prix contribuent à un financement essentiel, aidant les histoires à refléter les voix authentiques de la communauté, libérées des pressions extérieures. Les cinéastes arabes doivent d’abord être enracinés dans leur région pour ensuite atteindre le monde » a déclaré la directrice du Festival Nada Doumani, lors de la cérémonie de remise des prix.
Organisé sous l’égide de la Royal Film Commission (RFC, Jordanie), le Festival international du film d’Amman, Awal Film, constitue une vitrine pour les premiers films arabes et internationaux. Cette sixième édition placée sous le thème « A World Unscripted » (Un Monde non Scénarisé), se déroule du 2 au 10 juillet 2025, dans la Capitale jordanienne Amman.
Editorial : Franchir le stade des bonnes intentions - Par Hassan GHEDIRI
Les données personnelles comprenant des photos de carte d’identité nationale, des diplômes de baccalauréat ainsi que des dizaines de milliers de fichiers officiels avaient été dérobés par un groupe de hackers informatiques qui a réussi à pirater ce qui est supposé former le réseau universitaire national unifié en Tunisie. L’attaque avait, semble-t-il, permis aux cybercriminels, de prendre contrôle des bases de données, des informations de connexions et de gigantesques quantités de données estudiantines. L’incident, qui n’a été ni démenti ni confirmé par les autorités concernées, plus de vingt-quatre heures après la divulgation sur le web de milliers de données personnelles d’étudiants tunisiens, suscite, depuis mardi 8 juillet, l’étonnement des milliers d’internautes sur les réseaux sociaux. La page Facebook du ministère de l’Enseignement supérieur qui, entre temps, a continué à communiquer des informations routinières, s’est fait carrément bombarder par les commentaires des internautes indignés par la vulnérabilité des données des étudiants et le manque de réaction de l’autorité de tutelle. D’après un message publié sur son canal Telegram, les hackers, opérant au sein d’un groupe dénommé ‘Dark07x’ et qui ont revendiqué l’attaque, ont pris possession d’un fichier contenant plus de 150 mille documents officiels.
Cette cyberattaque orchestrée par des hackers étrangers contre des sites web officiels tunisiens est loin d’être un cas isolé. Dans un article publié le 3 juin 2025 sur le site web de la chaine qatarie Al Jazeera, l’on peut lire que ce groupe de pirates se faisant appeler Dark07x avait mené de nombreuses cyberattaques contre des cibles formées, entre autres, de sites gouvernementaux et de systèmes informatiques des institutions financières. Un spécialiste de cybersécurité cité par Al Jazeera a estimé à plus de 80 sites tunisiens à avoir été piratés par le hackers de Dark07x au cours de ces derniers mois. Les autorités, qui tardent toujours à se prononcer sur ce très grave incident cybernétique et de justifier les failles ayant facilité cette offensive, doivent admettre les anomalies parce que déjà les données de milliers d’étudiants tunisiens sont étalées gratuitement sur le web.
Cet incident met à nu la nonchalance et la maladresse avec laquelle sont gérées les systèmes informatiques dans la quasi majorité des institutions publiques. Il est en effet absurde que l’Etat continue à sous-investir dans la cybersécurité malgré l’adoption, depuis cinq ans, de ce qui est censé être une stratégie nationale de cybersécurité. Dans le monde, aujourd’hui, les attaques contre les systèmes informatiques sont devenues une menace qui pèse lourdement sur la souveraineté et la sécurité des pays. L’ampleur de cette menace est telle qu’on fait de la cyberdéfense et la protection des systèmes d’information une priorité nationale portée au plus haut niveau de l’Etat. Une approche dans laquelle les politiques de défense prévoient des actions et allouent des financements qui permettent une meilleure protection des systèmes d’information dans toutes les structures publiques et des ministères. Ceci implique le renforcement de la sensibilisation à tous les niveaux et le développement des capacités de veille et d'analyse pour une détection efficace des attaques en dotant les spécialistes de la cybersécurité par les moyens et les prérogatives appropriés. Mais pour le cas de la Tunisie, et selon le témoignage de plusieurs experts du domaine qui se confrontent tous les jours au manque flagrant et alarmant de conscience quant aux enjeux que représente la cybersécurité pour la souveraineté du pays, le pire reste à venir. Parce que, comme il nous l’a confié un expert, l’Etat qui prétend posséder une stratégie nationale de cybersécurité, n’a pas dépassé le stade de l’expression des bonnes intentions. Dans ladite stratégie, on a en effet omis de fixer des objectifs chiffrés, de prévoir les ressources matérielles, c’est-à-dire les financements, et humaines, c’est-à-dire la formation des ingénieurs spécialisés et la mise à leur disposition des moyens nécessaires pour accomplir leur tâche. Les bonnes intentions, seules, peuvent parfois conduire aux pires résultats.
H.G.
Hergla lance son premier festival international
Le « Hergla International Festival » tiendra sa toute première édition du 17 juillet au 15 août 2025, dans le cadre enchanteur de Hergla Park, situé dans la ville côtière de Hergla, à proximité de Sousse.
Cette édition inaugurale propose une programmation riche et variée avec 11 spectacles couvrant différents genres artistiques. La soirée d’ouverture sera marquée par le spectacle musical emblématique « Ziara » de Sami Lajmi, tandis que la clôture du festival sera assurée par le célèbre rappeur Balti.
Organisé par Hergla Park, un espace de détente et de divertissement niché au cœur d’un champ d’oliviers entre verdure et mer, le festival ambitionne de devenir un rendez-vous incontournable de la scène artistique estivale tunisienne. Le parc comprend des salles de jeux, des manèges ainsi que des pistes de karting, créant un cadre familial et festif pour l’événement.
Programme officiel du Hergla International Festival 2025 :
-17 juillet : Ziara – Sami Lajmi
- 18 juillet : Kaso & Si Lemhaf
- 25 juillet : Kolna Ngham
- 26 juillet : Imen Cherif
- 28 juillet : Wael Jassar
- 30 juillet : Al Shami
- 2 août : Nour Chiba
- 7 août : Nordo
- 10 août : Erkez Hip-Hop
- 13 août : Raouf Maher
- 15 août : Balti
Festival national d’été du livre : du 15 juillet au 15 août dans toutes les villes tunisiennes
La 32ème édition du Festival national d’été du livre « Massif Alkiteb » sera organisée du 15 juillet au 15 août 2025, dans divers espaces publics dans les différentes régions de la République.
Ce rendez-vous estival se tiendra à l’initiative du Département de la lecture publique de la Direction générale du livre à travers le réseau des bibliothèques publiques permanentes et mobiles, indique un communiqué publié sur la page facebook du ministère des Affaires culturelles.
Bénéficiant du soutien de nombreuses structures régionales et locales de la société civile et des institutions publiques, ce festival s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale d’incitation à la lecture à travers la mise en œuvre de programmes d’animation pour les enfants et les familles.
Cet évènement vise à étendre les services offerts par les bibliothèques publiques au-delà des espaces fermés en les introduisant dans les espaces publics, notamment ceux assez fréquentés pendant la saison estivale tels que les plages et les parcs d’attraction.
La programmation prévoit des ateliers d’écriture créative, des compétitions de lecture orale et des espaces de lecture gratuits. Des activités d’animation, éducatives et pédagogiques, sont également au menu. Le festival vise à renforcer la créativité et l’innovation chez les enfants en les sensibilisant à différentes questions dont les risques de la cyber-violence à l’égard des enfants et la nécessite de préserver l’environnement.
Les participants distingués participants aux divers ateliers prévus dans le cadre de Massif Alkiteb seront quotidiennement à l’honneur.
La Tunisie 5ème pays africain où le trafic des véhicules est le plus élevé Comment désengorger l’enfer des embouteillages ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La Tunisie est mal classée en matière d'embouteillage et de problèmes de pollution et drames de la route. Que faire pour résoudre la question de la circulation ?
Selon les dernières données publiées mi-2025 par le “Traffic Index by Country” de la plateforme Numbeo, la Tunisie figure parmi les pays africains où le trafic est le plus élevé. Elle se classe 5ᵉ sur l'ensemble des pays analysés, avec un indice global de 133,9, un score qui traduit clairement la saturation croissante des routes tunisiennes, notamment dans les grandes villes comme Tunis, rapporte le site Il Boursa.
Le phénomène ne concerne pas désormais uniquement la capitale, mais aussi les autres villes du pays comme Sfax, Bizerte et Sousse. Pis encore, tous les plans mis en place pour résoudre cette question ont malheureusement montré leurs limites. Que faire de fait pour mettre fin au problème des embouteillages ?
Selon le spécialiste Rached Ben Hcine : «Il faut repenser notre réseau routier qui s'étend sur environ 19750 km de routes avec plus de 640 km d'autoroutes. Ce réseau couvre, certes, l'ensemble des régions tunisiennes, mais il est mal géré. Aussi, ce réseau routier n'est pas adapté à l'évolution du parc automobile. Estimé, en effet, à 2.3 millions de véhicules, le parc automobile augmente chaque année de 30 mille alors que l'infrastructure routière ne suit pas cette évolution, ce qui est de nature à aggraver encore la situation et rend la circulation automobile l'une des plus intenses dans la région, d'où l'urgence d'adopter une nouvelle approche et mettre en place une nouvelle stratégie en matière de circulation automobile ".
Désengorger les villes ...
L'une des stratégies que préconisent les spécialistes consiste à désengorger les villes, "A cet effet, plusieurs approches peuvent être envisagées, allant de l'amélioration des transports en commun à la densification urbaine, en passant par la promotion des modes de transport plus durables et la gestion du stationnement ", nous dira le spécialiste Rached Ben Hcine. Ce dernier nous a indiqué : "Pour offrir, alors, des alternatives fiables et attractives à la voiture individuelle, il est crucial de multiplier les investissements dans les transports en commun. Même si, par ailleurs, les transports collectifs se sont plus ou moins développés en milieu urbain, beaucoup reste à faire au niveau territorial. En soi, la gestion des trafics routiers et le développement des transports collectifs permettent d’améliorer l’accessibilité des villes tout en apaisant les centres urbains.
Cependant, en milieu urbain, la part modale des transports collectifs urbains atteint seulement 7 % des déplacements réalisés quotidiennement, tandis que celle de la voiture couvre 65 % des déplacements ". Et d'ajouter : " Pour améliorer le transport en commun en Tunisie, plusieurs axes d'amélioration sont, en effet, envisagés, notamment l'augmentation de la flotte de bus et de rames de métro, l'amélioration de la fréquence et des correspondances et la modernisation des infrastructures ".
M.B.S.M.
Coupe du monde des clubs : PSG humilie le Réal (4-0) et rejoint Chelsea en finale
Par Jamel Belhassen
Super Paris Saint Germain qui a battu à plate couture un Réal Madrid hors du coup.
Entre un Paris -Saint -Germain, champion d'Europe en titre et qui marque beaucoup de buts et un Réal Madrid en pleine reconstruction mais qui est habitué aux grands rendez-vous, la seconde demi-finale s'annonce spectaculaire . Dès la 5e mn Fabien sollicite Courtois avant de voir le même Fabien ouvrir la marque à la 6e ( 1-0). Dans la foulée, Dembele double le score sur un contre (2-0) la 9e.Un Exorde en trombe des Parisiens avec en face une amorce cauchemardesque des Madrilènes. Et ce n'est pas fini. Une attaque rapide à la 23e se termine par un autre but de Fabian (3-0). Un scénario hallucinant. Le PSG pousse encore et le Réal continue à prendre eau,méconnaissable comme il l'était. A la reprise, le rythme baisse d'un cran et les Merengues n'arrivent toujours pas à développer leur jeu offensif alors que les Parisiens continuent à gérer les débats à leur guise. Mbappe, Valverde ou encore Garcia redoublent d'efforts, multiplient les essais devant une défense parisienne qui tient bon. Et la réussite est encore du côté parisien. Un quatrième but marqué par Ramos à la 88e reflète bien la physionomie du match. Un vrai massacre pour le Réal Madrid.Le PSG à fait honneur à son statut de champion d'Europe.
J.B.
Critiquée pour ses prises de position sionistes, Hélène Ségara déprogrammée
Le spectacle de la chanteuse française Hélène Ségara à la soirée du 31 juillet 2025 au Festival International de Carthage (FIC), a été déprogrammé, ce mercredi, par la direction de la 59ème édition du FIC.
« La direction du Festival International de Carthage informe qu'il a été décidé de retirer de la programmation le spectacle de Hélène Ségara initialement prévu dans le cadre de la 59ème édition du festival », indique un communiqué publié, cet après-midi, sur la page facebook du FIC.
La direction du festival réaffirme l’engagement constant de la Tunisie en faveur du peuple palestinien pour la restitution de l’ensemble de ses droits et l’établissement de son État indépendant avec pour capitale Al-Qods, peut-on lire de même source.
A cet égard, la direction du Festival « exprime sa reconnaissance envers son fidèle public pour son engagement en faveur de la cause palestinienne et son rejet de toute forme de normalisation ce qui fait de la Tunisie et de son peuple une fierté parmi les nations. »
Il est à rappeler que la programmation de l’artiste française Hélène Ségara a suscité une vive polémique sur la toile. Il y a de quoi ! La présence de cette chanteuse sur la scène internationale s’oppose avec l’engagement de la Tunisie en faveur de la cause palestinienne et des Palestiniens. Et pur cause! l’artiste a « participé deux fois au concert de la solidarité « Tsédaka' » organisé par « Fonds Social Juif Unifié » et dont les fonds collectés durant ces soirées sont utilisés pour financer, promouvoir et faciliter des actions humanitaires et sociales, en France et à l’état d'apartheid », lit-on dans une lettre de pétition de la« Campagne de Boycott des partisans d’«Israël» au Liban ». La même source rappelle que l’artiste a chanté avec l’israélien Amir Haddad un poème écrit par la poète sioniste Naomi Shemer, intitulé « Jérusalem d’Or » qui célèbre l’occupation israélienne d’ « Al-Qudsash-Sharqiya » (Jérusalem-Est) en 1967 et que cette chanson a été considérée pendant un moment par la Knesset comme un possible nouvel hymne national à la place de « Hatikvah ».
Profession influenceur : Un job lucratif mais attention à la marche
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Certes on peut gagner beaucoup d’argent en diffusant des contenus sur les réseaux sociaux, mais certaines méthodes utilisées laissent à désirer. Comment joindre l’utile à l’agréable en gagnant de l’argent avec des contenus attrayants et efficaces ?
Avec un ratio de 79% soit 10 millions d’utilisateurs d’internet, la Tunisie se classe en 3ème position par rapport aux pays de l’Afrique et en 10ème position par rapport aux pays de la région MENA en nombre de population connectée. Cet engouement pour Internet profite bien évidemment aux réseaux sociaux et bien que Facebook enregistre une variation de seulement 5% de plus, il demeure toujours la plateforme qui regroupe le plus grand nombre d'utilisateurs en Tunisie avec 7.5 millions d’abonnés. Facebook est suivi d’Instagram avec 3.512 millions d’utilisateurs et Tik Tok avec 5.888 million d’inscrits.
Il va de soi, de fait, que ces plateformes ont des avantages et des inconvénients pour les utilisateurs tunisiens, « il faut savoir que le commerce social est estimé actuellement à 200 milliards de dollar et ce chiffre pourrait atteindre les 600 milliards de dollar en 2026 », nous dira, l’activiste, Salem Chérif. Et d’ajouter : « Ce marché suscite, au fait, toutes les convoitises ce qui explique la prolifération du fléau des influenceurs et autres créateurs de contenus sur les réseaux sociaux. La Tunisie est, également, concernée par ce phénomène et compte même des milliers de youtubeurs et créateurs de contenu qui à tort et à raison, veulent gagner coute que coute de l’argent quitte à commettre des dérives voire des arnaques. De fait, les autorités ont décidé d’agir en mettant en garde ces influenceurs. Toute personne qui se livre intentionnellement à la production, à la diffusion ou à la publication d’informations, images ou vidéos de nature à porter atteinte aux valeurs morales peut-être, en effet, poursuivie en justice ». Comment, alors, joindre l’utile à l’agréable en gagnant de l’argent avec des contenus attrayants et efficaces ?
Une approche lus consciente...
A ce sujet, notre interlocuteur du jour, l’universitaire, Salem Chérif, nous a indiqué : « Face aux dérapages qui peuvent même prendre des tournures graves comme porter atteinte à son pays, certains spécialistes et même l’intelligence artificielle préconisent qu’il est essentiel de privilégier la qualité du contenu, d'encourager l'interaction authentique, de promouvoir la bienveillance et de limiter la diffusion de fake news et de discours haineux. En somme, adopter une approche plus consciente et responsable de ces plateformes peut transformer leur impact de négatif à positif. D’ailleurs, une étude récente publiée sur le site sencampus, a montré que les réseaux sociaux peuvent parfois être un lieu de négativité. Alors, pour en tirer profit, il est essentiel de cultiver un environnement en ligne sain et suivre des comptes qui vous inspirent, vous motivent ou qui vous aident à grandir. Que ce soit des pages d’entrepreneurs, d’artistes ou des personnalités qui partagent des contenus enrichissants, ces interactions peuvent avoir un impact positif sur votre quotidien. Aussi, au lieu de se concentrer uniquement sur des publications personnelles ou superficielles, pourquoi ne pas partager des informations ou des ressources qui peuvent aider les autres. En effet, les réseaux sociaux sont un excellent moyen de promouvoir des causes qui vous tiennent à cœur, de partager des astuces professionnelles ou encore des contenus éducatifs. Ainsi, vous contribuez à rendre les réseaux sociaux plus constructifs. Il faut savoir également que l’utilisation des réseaux sociaux de manière responsable inclut également la protection de vos données personnelles. Soyez, justement, vigilant en réglant vos paramètres de confidentialité et en limitant les informations que vous partagez publiquement et évitez de publier des détails sensibles comme votre localisation en temps réel ou des informations financières ».
M.B.S.M.
Surtaxe américaine de 25% sur les exportations du made in Tunisia : Préoccupation principale : protéger la compétitivité des dattes et de l’huile d’olive…
Par Hassan GHEDIRI
La Tunisie se verra infligée des droits de douanes supplémentaires de 25% à compter du 1er août prochain sur tous ses produits exportés vers le marché américain...
Une correspondance officielle signée par Donald Trump a été adressée, lundi, au président Kaïs Saïed pour justifier ce durcissement tarifaire inédit à l’encontre des exportations tunisiennes. Une décision prise dans le cadre de la politique commerciale de la nouvelle administration américaine destinée à rééquilibrer les relations commerciales jugées trop avantageuses pour les partenaires des USA au détriment des intérêts des Américains.
Dans la lettre adressée à Saïed faisant partie d’un courrier adressé simultanément aux autres pays concernés par cette décision, le président américain dénonce ce qu’il considérait comme des barrières commerciales et des politiques tarifaires et non tarifaires appliquées par la Tunisie et qui ont contribué à des déficits importants aux dépens des USA. Pour rectifier la situation et rendre la relation commerciale avec la Tunisie plus équilibrée, Donald Trump note dans sa correspondance que les échanges vont désormais être plus équilibrés à travers l’application des droits de douanes supplémentaires de 25% qui devraient prendre effet le 1er août 2025. La Tunisie pourrait cependant bénéficier d’un traitement privilégié et éventuellement épargnée de ce durcissement tarifaire américain si elle « ouvre davantage son marché » devant les marchandises américaines et « incite les entrepreneurs tunisiens à investir directement sur le sol américain », lit-on, en substance, dans la lettre de Trump.
Il y a lieu de rappeler que début avril, Trump, qui, quelques semaines plus tôt avait prêté serment pour un nouveau mandat à la Maison blanche, a provoqué une onde de choc en annonçant une hausse drastique des droits de douane à l'encontre du reste du monde. Une surtaxe oscillant entre 10% et 50% était alors solennellement annoncée à l’encontre des pays qui, selon la justification de l’administration républicaine, exportaient plus vers les États-Unis qu'ils n'importent. La Tunisie s’est, en effet, vue figurer sur le tableau brandi le 4 avril 2025 par le président américain lors d’un discours prononcé à la Maison Blanche considéré par les observateurs comme une déclaration officielle de la guerre commerciale par les USA au reste du monde. Malgré son maigre échange avec le pays de l’Oncle Sam, notre pays est directement affecté par cette guerre en se voyant infliger des droits de douanes cumulés de 28%., cachant que la Tunisie impose jusqu’ici des tarifs douaniers de 55% aux produits importés des USA, chose qui a poussé l’admiration américaine à exiger le principe de réciprocité.
3%
Il est important de souligner que les relations commerciales entre la Tunisie et les USA s’inscrivent dans le cadre de ce que l’on appelle le Système de Préférences Généralisées (SPG) des Etats-Unis d’Amérique qui bénéficie à 119 pays dans le monde. Ainsi, pour notre pays, ce programme s’applique à près de 3500 produits et il est aujourd’hui le 13è fournisseur du marché américain grâce à des exportations principalement agricoles tels que l'huile d'olive et les dattes, ainsi que certains produits des industries électriques et mécaniques et du textile (jeans). Les exportations tunisiennes vers le marché américain sont en fait dominées par les produits agricoles (environ 80 %). La Tunisie est, d’ailleurs, le premier fournisseur de dattes sur le marché américain, et les dattes de la Tunisie sont jusque-là totalement exonérées de droits de douane.
C’est justement au profit de deux filières d’huile d’olive et des dattes ainsi que l’industrie textile que l’Etat tunisien est aujourd’hui appelé à intervenir pour amortir les effets du durcissement tarifaire américain, estime Ridha Chkoundali, analyste et professeur universitaire d’économie. Joint par ‘’Le Quotidien’’ pour commenter la correspondance adressée par Trump à Kaïs Saïed, Chkoundali a souligné que les échanges commerciaux avec les Etats-Unis ont un poids presque insignifiant ne dépassant pas 3% du commerce extérieur global de la Tunisie. Il demeure toutefois essentiel pour notre pays de préserver la compétitivité de l’huile d’olive et des dattes tunisiennes sur le marché américain et de faire de sorte que les nouvelles barrières tarifaires n’entrainent pas une régression des exportations. Sur ce point, notre interlocuteur suggère que l’Etat supporte provisoirement les charges supplémentaires engendrées par les nouvelles taxes pour garantir que le produit tunisien reste compétitif sur le marché américain. Parallèlement, il faut diversifier les marchés pour multiplier les débouchés aux exportations qui risquent d’être compromises par le durcissement tarifaire américain, estime Chkoundali qui appelle également les autorités à accélérer les réformes destinées à assouplir les procédures administratives et à rendre le climat d’affaires plus attractif pour les investissements étrangers.
H.G.
La peur au cinéma racontée à Bizerte
Le coup d’envoi de la 11ème édition des Rencontres cinématographiques de Bizerte a été donné hier avec au programme « Les enfants rouges » de Lotfi Achour et « True story » de Amine Lakhnech, deux films qui abordent la peur de différentes visions. Peur, angoisse, panique, horreur… des émotions qui résonneront tout au long du festival qui se poursuivra jusqu’au 12 juillet, avec à l’affiche des films et des ateliers qu’accueilleront majoritairement la salle de cinéma « Majestic » et le « Piccolo Teatro Bizerte ». Une ouverture sur les maisons de la culture Jarzouna et Menzel Jemil est annoncée avec au menu quelques projections.
Organisées par l’Association Bizerte cinéma, cette 11ème édition propose une sélection de films de différentes nationalités. Au programme : « Mother of the unborn » de Nadine Salib (Egypte), « Valerija » de Sara Jurincic (Croatie), « Leila et les loups » de Héni Sourour (Palestine), « Beyrouth Fantôme » de Ghassan Salhab (Liban), « Sh’hili » de Habib Ayeb, « Agora » de Ala Eddine Slim, « My memory is full ghosts » de Anas Zawahri (Syrie), « From Ground Zero » de Rashid Masharaoui (Palestine) et « Ashkal » de Youssef Chebbi (Tunisie).
Outre les projections, une série d’ateliers portant sur la photographie documentaire, la réalisation, l’analyse cinématographique… est au menu de l’édition qui propose également un atelier d’écriture d’une chanson abordant le thème de la peur. Cet atelier s’inscrit dans la continuité avec le projet mené par la jeune artiste Salima Terras. Ainsi, en mêlant mots et musique, les participant(e)s seront invité(e)s à explorer et à exprimer leurs peurs et leurs espoirs.
Le festival dans cette édition s’ouvre également sur d’autres espaces tels que le Complexe culturel Cheikh Idriss, la maison des jeunes de Bizerte et Dar Jallouli. Un bulletin quotidien faisant le suivi du festival est envisagé et une chanson abordant le thème de la peur et des courts-métrages explorant le même sujet sont à découvrir, lors de la soirée de clôture.
Imen.A.
















