Coupe de Tunisie - Quarts de finale : Que des morceaux de bravoure !
Par Wahid SMAOUI
Le championnat plié, enduré dans une durabilité ointe tantôt d’effluves, tantôt de relents, place à dame coupe où chaque tour s’exécute en deux temps trois mouvements sur fond d’envoûtement. Au menu de ces quarts, trois duels, l’un aussi subjuguant que l’autre.
La quatrième empoignade entre l’USBG et EGSG s’étant disputée hier, nous sommes conviés cet après-midi à trois belligérances footballistiques d’autant plus prométhéennes qu’elles mettront aux prises dans des nez-à-nez croisés les six premiers du classement, soit 1/5, 2/4 et 3/6. Chaque compétition ayant toutefois ses particularismes, l’épreuve coupe se gausse volontiers et fait des gorges chaudes de la hiérarchie de mise en championnat. Ce que les antagonismes de tout à l’heure peuvent fort bien nous valoir, à commencer par l’alléchant plateau de Radès où le champion fraîchement intronisé, une EST qui vient de fêter en grande pompe son 34e titre, sera en rude opposition avec la principale révélation du défunt exercice, son pendant du Sud, l’Espérance zarzissienne. Experts en matière de gestion des triomphes, les Sang et Or de Tunis devraient avoir tourné la page « Championnat » et rassemblé au pas de charge toutes leurs forces pour s’employer à développer leur jeu habituel, c’est-à-dire dérouler leur increvable rouleau compresseur jusqu’à avoir raison à l’usure de leur adversaire. Une projection qui risque d’achopper toutefois sur des enclouures que seule dame coupe a le pouvoir de mettre en œuvre. Comme par exemple des réminiscences qui feront sans conteste pousser des ailes aux Akkaras, celles du seul blason qui enjolive leur galerie de trophées, la coupe de Tunisie de 2005, moissonnée justement aux dépens de leur pair tunisois, presque jour pour jour (le 22 mai), sur le score de (2-0), œuvre de Ghariani (64e) et Bouzommita (90’). Outre leur valeur foncière du moment, capable de faire ployer n’importe quel antagoniste bien taillé, allusion à leur redoutable jeu en verticalité que leur a inculqué Anis Boujelbène avant son départ sous d’autres cieux et que Ghazi Ghraïri n’a eu qu’à entretenir et peaufiner. Comme corroboration à la délicatesse de la tâche du champion, l’une des deux seules défaites essuyées tout au long de la saison par l’EST le fut justement face à ces mêmes Zarzissiens.
En quête d’absolution …
Au même titre qu’au «Hamadi Agrebi», d’authentiques morceaux de bravoure devraient gratifier les puristes aussi bien au « Ben Jannet » qu’à l’Olympique de Sousse. Avec un double dénominateur commun, le statut d’ « Africains » pour les hôtes, l’USM ayant décroché la timbale de la LDC et l’ESS celle de la CAF, et celui d’inassouvissables aspirants pour le CA et le ST qui jouent pratiquement leur saison sur ce match. Même si pour les Clubistes, la quatrième place rocambolesquement engrangée peut encore, au prix d’un concours de circonstances favorable, leur offrir un « strapontin » africain. Mais au-delà de tout, il s’agira pour les Clubistes et autres Stadistes de consacrer l’expiation à l’adresse de leurs supporters pour la piètre copie qu’ils ont rendue, les protégés de Bettoni pour le compte de leur calamiteuse fin de saison, ceux de Kanzari d’abord puis Khatoui, pour leur désastreuse phase retour, subséquente à un illusoire titre de champion d’automne. Donc pour les uns et pour les autres, c’est soit s’absoudre et poursuivre l’aventure, soit tomber en disgrâce. Les Bleus et les Etoilés ne sont pas vraiment mieux lotis ou nantis, les premiers ayant niaisement raté le plus grand rendez-vous de leurs 102 ans d’existence avec l’histoire. C’est que leur épilogue de championnat contre l’EST aurait pu être celui du sacre, celui de leur premier titre aux reflets aussi dorés que mordorés. Quant aux Sahéliens, en plein envol et après l’une des plus spectaculaires remontadas au classement de l’histoire de notre football, ils furent abruptement refrénés, dilapidant ingénument une participation en LDC qui leur tendait câlinement les bras. A l’issue de leur revers non seulement dans leurs murs mais contre un adversaire ne courant aucun lièvre, quand bien même il s’appellerait CSS et qui est à féliciter pour son sens de la loyauté, Mohamed Mkacher argua, entre autres prétextes, de la «distraction» de ses joueurs qui avaient l’esprit plutôt obnubilé par ce match de coupe. Un argument vétilleux, sachant qu’une qualification à une LDC vaut tout autant sinon plus qu’un tour de coupe à l’issue, en sus, incertaine. A ses fantassins d’entériner pareille légitimation.
W.S.
Comar d'or 2025: Le palmarès
Le rideau est tombé, ce soir, lors d'une prestigieuse cérémonie sur la 29ème édition du Comar d'or avec l'annonce des noms des heureux lauréats de cette édition. Détails.
Ils sont nombreux à postuler pour ce prestigieux prix littéraires, qu'attendent les auteurs comme les éditeurs. Comme le veut la tradition, un appel à candidatures a été lancé ciblant les auteurs de nationalité tunisienne, publiés en Tunisie ou à l'étranger et dont les oeuvres ont été publiées entre le 1er avril 2024 au 31 mars 2025. La composition du jury a été également annoncée en avance, dans la transparence totale, également pour la valeur des prix décernés.
Le jury du prix du roman en français est composé de Ridha Kefi, Mokhtar Sahnoun, Azza Filali, Amina Chenik et Mohamed Harmel.
Quant au jury du prix du roman en arabe, il réunit Mohamed El Khadi, Neziha Khelifi, Saadia Ben Salem, Ahmed Gasmi et Hafedh Mahfoudh.
Pour cette édition, voici le palmarès:
Prix Comar d’or 2025 en français : "Ecris, tu seras aimé des dieux" de Mahdi Hizaoui
(Edition : Arabesques)
Prix Comar d’or 2025 en arabe : "Liman tajmaou wardak ya Makrem" (Pour qui tu ramasses tes roses Makrem" de Chafik Targui (Edition: Mayara)
Prix spécial du jury 2025 en français : "Le vert et le bleu" de Abdellatif Mrabet (Edition: Contraste)
Prix spécial du jury 2025 en arabe : "Ashab Al-hodhod" (Les amis de la huppe) de Sofiene Rejeb (Edition Masciliana)
Prix Découverte 2025 en français : "Ecoute-moi ma fille" de Houda Mejdoub (Edition: Arabesques)
Prix Découverte 2025 en arabe : "Nafidha la chams" (Une fenêtre sur le soleil) de Balkis Khalifa (Edition : Mayara)
Imen.A.
Coupe de Tunisie: USBGuerdane premier qualifié aux demi-finales
L'USBGuerdane est le premier qualifié aux demi-finales de la coupe de Tunisie. Il a battu cet après-midi EGSGafsa(2-2) après prolongations et. aux TAB (8-7) EGSG a marqué deux buts de Ben Hassine sur penalties 31e et 104e contre un but de Souissi à la 90e avant que Yacoubi n'égalise à la 109e. Aux tirs aux buts et après un suspense insoutenable, la chance a souri aux locaux 8-7 mais les Gafsiens n'ont pas démérité et tombent avec les honneurs.
Jamel Belhassen
Editorial : Gaza saigne… Bagdad doit agir - Par Jalel HAMROUNI
À l’heure où le fracas des bombes sionistes continue de résonner dans la bande de Gaza, les dirigeants du monde arabe s’apprêtent à se réunir à Bagdad pour un sommet crucial. Ce rendez-vous diplomatique, au-delà de ses aspects protocolaires, doit être une tribune de vérité, un moment de lucidité collective et surtout une opportunité historique de réaffirmer la centralité de la cause palestinienne dans l’agenda arabe.
Depuis des mois, Gaza subit un déluge de feu dans une guerre asymétrique où la population civile paie le plus lourd tribut. Le silence, les demi-mesures ou les condamnations tièdes ne suffisent plus. Le sommet de Bagdad doit rompre avec l’inaction et se transformer en plateforme offensive pour une diplomatie arabe unie, audacieuse et efficace. Le contexte géopolitique, pour une fois, offre une brèche que le monde arabe ne peut se permettre d’ignorer : le désaccord croissant entre Benyamin Netanyahou et Donald Trump.
En effet, après des années de complicité stratégique entre le président américain et le Premier ministre sioniste, les tensions récentes entre les deux figures marquent un tournant inattendu. Trump critique désormais ouvertement la gestion israélienne du conflit à Gaza, pointant du doigt les conséquences humanitaires désastreuses et le coût politique de la guerre. Netanyahou, lui, s’accroche à une ligne dure, de plus en plus isolée même parmi ses alliés traditionnels. Cette divergence constitue une fenêtre diplomatique que les pays arabes doivent exploiter avec intelligence et fermeté.
Dès lors, que doivent être les priorités du sommet arabe de Bagdad?
L’imposition d’un cessez-le-feu immédiat à Gaza est l’urgence absolue. Les États arabes doivent, de manière coordonnée, exercer une pression maximale sur la communauté internationale, notamment sur les États-Unis, pour obtenir un cessez-le-feu. La division au sein du camp occidental sur le soutien à Netanyahou est une opportunité à saisir pour renforcer la voix arabe sur la scène onusienne. L’Arabie Saoudite, l’Égypte, le Qatar et les Émirats, qui entretiennent des canaux ouverts avec Washington, ont un rôle déterminant à jouer.
Au-delà du cessez-le-feu, il est impératif de mettre en place un mécanisme arabe de protection des civils palestiniens. Cela pourrait passer par une mission humanitaire conjointe, un fonds spécial pour la reconstruction, ou même une initiative juridique collective pour documenter les crimes de guerre commis par l’entité sioniste et saisir la Cour pénale internationale.
Les pays ayant entamé des processus de normalisation avec l’entité sioniste doivent reconsidérer leurs engagements. Il ne s’agit pas de rompre pour rompre, mais de redonner du poids au levier diplomatique arabe. Tant que l’occupation persiste et que les Palestiniens sont bombardés, toute forme de normalisation devient moralement intenable.
Le sommet de Bagdad doit aussi être un moment de vérité sur l’état du monde arabe. Trop souvent, les divergences internes paralysent toute action collective. Il est temps de construire une vision stratégique partagée, qui repose sur les principes de souveraineté, de solidarité et de justice. Gaza, aujourd’hui, doit être la boussole morale de cette union retrouvée.
Les dirigeants arabes doivent comprendre que la guerre de Gaza se joue aussi dans l’opinion publique mondiale. Il faut investir dans une diplomatie médiatique efficace, coordonnée et professionnelle pour faire entendre la voix des victimes et dénoncer l’impunité israélienne. Les images de Gaza doivent cesser d’être confinées aux réseaux sociaux et être portées sur les tribunes diplomatiques et médiatiques des grandes capitales du monde.
Le sommet de Bagdad pourrait bien être l’un des derniers sommets arabes capables d’infléchir réellement le cours des événements à Gaza. Si les dirigeants se contentent de discours creux et de déclarations convenues, ils perdront non seulement une opportunité historique, mais aussi le peu de crédit qui leur reste auprès de leurs peuples. À l’inverse, une parole forte, unie et suivie d’actes concrets peut inverser la tendance.
Il est temps de faire de Bagdad une capitale de la dignité arabe retrouvée. L’histoire ne retiendra pas les hésitations, mais les décisions. Et Gaza, meurtrie mais debout, attend un signal.
J.H.
Tourisme : Ces hôtels qui sortent de terre pour rajeunir la destination Tunisie
Par Par Hassan GHEDIRI
Le secteur du tourisme a vu émerger de somptueux nouveaux hôtels qui placent la Tunisie parmi les destinations les plus dynamiques en Afrique…
Les professionnels du tourisme en Tunisie ont de beaux jours devant eux. Car, en effet, tout laisse croire que la reprise observée ces deux dernières année s’emble bel t bien à s’inscrire dans la durabilité. Outre les chiffres qui montrent que la destination Tunisie est en train de remonter la pente en renouant progressivement avec les performances d’avant 2011, l’effervescence dans le tourisme a d’autres signes qui ne trompent pas. Nombreux sont en effet les indicateurs qui confirment le regain de vitalité.
Le dernier en date est un rapport annuel «Hotel Chain Development Pipelines in Africa», publié par le cabinet de conseil Ethiopien W Hospitality Group, reconnu par les professionnels du tourisme africain comme une des principales références en matière de suivi du développement du secteur hôtelier sur le continent. Dans son dernier rapport, ledit cabinet a classé la Tunisie au 7e rang africain avec 17 nouveaux projets hôteliers réalisés ou qui sont en cours de réalisation, totalisant 4 336 chambres.
Remporter une place au top 10 sur 41 pays africains récompense les efforts consentis pour redynamiser un secteur stratégique de l’économie tunisienne. Quand des chaînes hôtelières internationales de premier plan, telles que Marriott, Hilton, Hyatt ou Westin, décident d’investir à Tunis, Hammamet, Sousse, Djerba et Monastir, cela ne peut que renforcer l’attractivité et le rayonnement de la destination. Les nouvelles unités, ayant une capacité d’accueil moyenne dépassent les 250 chambres, témoignent d’une orientation ciblant à la fois le tourisme balnéaire et les séjours d’affaires.
Une dynamique axée sur la qualité, un atout à travers lequel la Tunisie espère consolider ses acquis et améliorer ses performances au cours de 2025. L’objectif serait d’accroître le nombre de nuitées et faire progresser les recettes touristiques, qui ont atteint 7,5 milliards de dinars l’an dernier.
L’effort d’investissement vise aussi à diversifier l’offre au-delà des modèles traditionnels. Des hôtels haut de gamme sur le bien-être doivent enrichir et diversifier l’offre hôtelière longtemps dominée par des établissements standardisés. Alors que la concurrence s’intensifie en Méditerranée, notamment avec la reprise dynamique du Maroc, de la Grèce et de la Turquie, la Tunisie mise, en effet, sur la combinaison de ses atouts pour fidéliser ses marchés classiques, conquérir de nouveaux marchés et se positionner comme étant une destination incontournable.
Malgré une conjoncture internationale marquée par des incertitudes économiques et géopolitiques, la Tunisie semble mieux préparée à répondre aux attentes des touristes de plus en plus exigeants et toujours en quête d’authenticité et de confort. La saison estivale 2025 devrait ainsi constituer une occasion pour confirmer le repositionnement du pays et promouvoir la transformation et la diversification de son offre touristique.
H.G.
Obésité : 46% des Tunisiens en surpoids d’ici 2035 …
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Près de 26% des Tunisiens souffrent déjà d’obésité et ce taux pourrait s’élever à 46% de la population d’ici 2035.
De fait, les spécialistes tirent la sonnette d’alarme et appellent à la généralisation des centres spécialisés dans le traitement de l’obésité… C’est le fondateur du Centre tunisien de l’obésité et du diabète, Dr Mourad Adala, qui l’a révélé dans une déclaration donnée à radio Mosaïque fm. Un quart de la population tunisienne est atteint d’obésité et un Tunisien sur cinq souffre de diabète. Pis encore, si rien n’est fait, la Tunisie comptera, en 2035, 46% d’obèses. Comment, en-sommes nous arrivés là et que faire pour renverser cette tendance?
Interrogé à ce sujet, Dr Ahmed Fouad Fkih nous a indiqué : «Il faut noter de prime abord que la Tunisie est sur la bonne voie. En effet, le communiqué rendu public le 4 mars dernier par le ministère de la Santé, à l’occasion de la Journée mondiale pour la lutte contre l’obésité, nous fait savoir que les autorités médicales considèrent l’obésité une maladie à part entière. Une action collective est, alors, nécessaire pour lutter contre ce danger croissant pour la santé. Outre, par ailleurs, les facteurs psychologiques ou génétiques, une alimentation trop riche et une activité physique faible constituent les principaux facteurs à l’origine de l’obésité. Les habitudes alimentaires des Tunisiens ont changé et avec des troubles nutritionnels. Au lieu des plats traditionnels préparés à base d’ingrédients sains, on opte aujourd’hui pour une cuisine rapide à base d’aliments transformés accompagnés souvent de sodas, de jus de fruits et d’alcool qui favorisent la prise de poids. D’autres facteurs comportementaux jouent un rôle important dans cette prise excessive de poids tels que la consommation abusive de boissons alcoolisées, d’aliments riches en matières grasses et le fait de ne pratiquer que peu ou pas d’activité physique». Que faire, de fait, pour mieux lutter contre l’obésité?
Hygiène de vie…
Selon Dr Ahmed Fouad Fkih: «La prise en charge de l’obésité repose sur la mise en place de mesures diététiques qui doivent s’inscrire dans la durée, la pratique régulière de l’activité physique et, dans certains cas, sur des médicaments ou une chirurgie destinée à réduire le volume de l’estomac ou à accélérer le passage des aliments dans l’intestin». Et d’ajouter : «Une étude récemment publiée par Vidal, qui est l’une des principales sources d’informations médicales dans le monde, a montré que les objectifs de la prise en charge sont non seulement la perte de poids (avec un objectif adapté et raisonnable), mais également la réduction des facteurs de risque associés et l’amélioration de la qualité de vie et de la mobilité. La prise en charge, pluridisciplinaire, est centrée sur le ou les patientes, coconstruites avec lui/elle en fonction de son vécu et de ses conditions de vie, permettant ainsi une mise en place progressive et durable. Ainsi, la principale stratégie indiquée pour lutter contre l’obésité consiste à corriger les erreurs et les mauvaises habitudes alimentaires : ne pas sauter de repas, prendre le temps de manger, modifier les habitudes d’achats d’aliments et le mode de préparation des repas, respecter le rythme alimentaire et les signaux de faim et de rassasiement. L’activité physique est aussi importante pour maîtriser le surpoids. La marche constitue l’un des meilleurs sports pour baisser son poids. Il faut, alors, que les autorités aménagent des parcours spécialisés et sécurisés surtout pour les enfants et les femmes. Il est, en effet, nécessaire d’augmenter ses dépenses énergétiques. Si l’on est réfractaire au sport, on peut préférer les escaliers aux ascenseurs, se garer à distance pour s’obliger à marcher, jardiner, faire des balades en fin de semaine, par exemple. Un léger regain d’activité tout au long de la journée augmente facilement les dépenses énergétiques. Les activités sportives sont un moyen efficace pour les plus courageux de brûler leurs calories».
Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Cinéma - Festival de Cannes 2025 : La Gazaouie Fatima Hassouna, l’absente-présente
Par Imen ABDERRAHMANI
Elle a été pour de longs mois le trait d’union entre la cinéaste iranienne Sepideh Farsi et les Gazaouis. Tuée dans une frappe israélienne, le lendemain de l’annonce de la sélection de son film à Cannes, Fatima Hassouna a réussi à faire parler d’elle et de son peuple.
Elle aurait pu être à Cannes, suivant la projection du film auquel elle a adhéré, et répondant aux questions des journalistes sur la situation à Gaza. Elle aurait peut-être défilé avec une tenue traditionnelle palestinienne et être l’invitée de tant d’émissions. Elle aurait peut-être pour une fois pu prendre un café sans se soucier des bruits des avions militaires… Elle aurait peut-être témoigné avec sa caméra des ambiances cannoises, surtout de l’accueil des films palestiniens et de différents programmes proposés dans le pavillon palestinien, notamment la présentation le 19 mai 2025, dans le cadre de «Cannes Docs» du «Palestine Showcase», une sélection de quatre longs-métrages documentaires en cours de réalisation et qui constitue une belle occasion pour que ces cinéastes échangent avec la communauté cinématographique internationale et tentent d’avoir le soutien nécessaire pour accomplir leurs projets.
Fatima Hassouna est partie brusquement, barbarement, comme des milliers de civils palestiniens. Un départ triste mais impactant. La jeune Gazouie est l’héroïne d’un documentaire où elle a, durant de longs mois, témoigné de ce qu’endurent les Gazaouis, racontant leur quotidien triste et leur résistance héroïque face à la barbarie sioniste.
Fatima est partie mais sa voix et son sourire ont bien résonné à Cannes, lors de deux projections. Pour Fatima, elle a bien accompli sa mission. Et c’est le tour des spectateurs d’agir, des cinéastes, du grand public d’agir.
Ainsi a commencé l’histoire
«Put Your Soul on Your Hand and Walk» ainsi s’intitule ce documentaire et dont le titre pourrait être traduit « mets ton cœur sur ta main et marche », témoignant d’une vie pénible, chaotique.
Signé par la cinéaste iranienne Sepideh Farsi, le film repose sur des échanges avec la photoreporter palestinienne Fatima Hassouna, tuée par une frappe israélienne au lendemain de l’annonce de la sélection au festival de Cannes du documentaire dont elle fait l’objet, dont elle est le personnage principal. Fatima Hassouna, en acceptant de collaborer dans ce projet, n’a jamais pensé qu’elle sera une héroïne et que son parcours fera la une des journaux et soit sur toutes les langues à Cannes.
Tout a commencé il y a presqu’une année quand Sepideh Farsi a voulu témoigner des massacres à l’intérieur. L’accès à Gaza barré, interdit. Alors, elle a choisi, après avoir filmé des réfugiés palestiniens à Gaza, de trouver quelqu’un qui pourrait être ses «yeux» à Gaza. Ainsi, Fatima Hassouna est devenue le cœur battant de ce film et le lien de la cinéaste Sepideh Farsi avec les Gazaouis et avec Gaza. Le film a été pour la jeune palestinienne sa fenêtre sur le monde, et sa caméra a été son arme pour dénoncer ce qui se passe à Gaza et pour faire entendre les voix des Gazaouis. Les deux femmes n’ont jamais pensé que le film sera sélectionné dans cette section parallèle de Cannes «ACID» (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) et que le vœu de Fatima soit exaucé aussi rapidement, dans l’une des plus prestigieuses manifestations réservées au7è art. Et c’est cette relation entre les deux femmes, ce va-et-vient entre deux mondes, entre Gaza et le reste du monde, que raconte le film et qui se clôture avec la scène de l’annonce de la cinéaste iranienne à la jeune photoreporter la bonne nouvelle : le film sera à Cannes.
Mais les happy ends sont devenus de plus en plus rares aujourd’hui. Fatima Hassouna, qui n’avait que 25 printemps, a été tuée avec dix membres de sa famille dans une frappe israélienne sur leur maison dans le quartier d’Al-Tuffah, au nord de Gaza, le mercredi 16 avril.
Le Festival de Cannes a exprimé le 23 avril «son effroi et sa profonde tristesse» suite à la mort de la jeune photoreporter. Il est à rappeler que lors de la cérémonie d’ouverture, Juliette Binoche a pour sa part prononcé quelques mots en mémoire de Fatima Hassouna.
La sortie du film - le treizième pour la cinéaste iranienne - est annoncée au 25 septembre dans les salles françaises.
I.A.
Ligue 1 - En marge de la 30e journée : Entre heurs et pleurs
Par Wahid SMAOUI
Les dés jetés depuis la pénultième journée, seule la place de dauphin consacrant à son apprivoiseur la gratification LDC était encore en jeu, avec à la clé, un accessit mérité pour l’USM. Sinon, c’était la liesse à Radès où l’EST a fêté avec magnificence son 34e titre.
Au «Hamadi Agrebi», il y avait tout, en guise d’épilogue à un exercice de toutes les épices, plutôt immondices que délices, sauf la confection d’un football à la hauteur du champion et son dauphin. Il est vrai que le match s’est déroulé dans une ambiance tellement exubérante, sur fond de ferveur, de jubilation et d’allégresse, galvanisée par un public qui a « brûlé les planches » que parler purement football est devenu vain et infaisable. Mais, acerbe désappointement, comme tout ne peut se faire dans nos amènes contrées sans extravagances ni étrangetés, la bamboula a été gâchée par une bande de forcenés et de possédés. Certes, les rivalités, voire inimitiés parmi les ultras aux diverses sensibilités d’un même club sont connues mais pousser la stupidité, l’incongruité et le défaut d’odeur de sainteté le jour où la priorité des priorités est de cristalliser l’osmose et la complémentarité est un tissu d’insanités. La flamme de la fidélité et l’ardeur de la loyauté des supporters étaient toutefois tellement plus claironnantes que ces piteux trublions ont échoué à éclabousser une java de tous les éclats. Et l’USM dans tout ce tralala ? Les Bleus se sont battus comme ils ont pu et, tout en étant les premiers à ne pas s’y attendre, ils ont, grâce à un souffreteux zéro à zéro, décroché la timbale de la LDC. Avec leur salut le plus diligemment exprimé au CSS qui a réussi la prouesse de battre une ESS pourtant sur son trente-et-un depuis un bon bail et qui concourait pour cette affriolante deuxième place. Que s’est-il passé au juste?
La tête dans les nuages…
Les Etoilés avaient-ils la tête au quart de finale de coupe à disputer demain contre le ST? Ce qui serait bouché à l’émeri, le challenge de la LDC étant autrement émoustillant. Ont-ils jeté délibérément du lest, convaincus que cette LDC est pour l’heure un dessein tout aussi songe-creux que ruineux, une coupe de la CAF étant autrement accostable ? Toujours est-il que le mérite des Sfaxiens demeure inentamable.
Quant au CA, il termine la saison quasiment sur les genoux, face à un ASG enjoué à souhait pour avoir échappé à l’impitoyable temps d’épreuves qui le menaçait. Au même titre que les Sahéliens, les Rouge et Blanc étaient-ils obnubilés par leur monumental match de coupe à Monastir ? Tout comme un ST qui, quand bien même il serait à son tour taraudé par son architecturale expédition à Sousse, n’a pas le droit d’abréger sa saison au Bardo, de surcroît face à un relégable en puissance quelques jours auparavant, sur une défaite mortifiante pour ses inconditionnels, avec bien entendu tout le mérite dont peut légitimement se prévaloir l’ASS? Les autres rencontres ont donné à voir chez la plupart des protagonistes une irréfrénable envie d’en finir avec une saison esquintante à l’envi, qui pour quand même conclure en beauté comme le CAB, l’ESM et l’USBG, qui pour couper court à un supplice qui n’a que trop duré à l’instar de l’UST et d’EGSG, les deux équipes qui ont malencontreusement emprunté l’escalier des gémonies, sportivement parlant, et à un degré moindre la JSO, qui n’a ratifié son salut que dans le «temps additionnel de la saison» et… l’OB qui, le présent exercice se serait-il prolongé un tantinet qu’il aurait fait le saut fatidique dans la géhenne du football. Adieu 2024-2025, de bonne foi sans regret, rien qu’en songeant à l’arbitrage et à cette VAR et tous ses délictuels avatars.
W.S.
Les artistes plasticiens résidents dans les régions intérieures seront à l’honneur le 14 juin à Dar El Founoun
Dans le cadre de la valorisation des talents artistiques au-delà de la capitale et du renforcement de la présence des créateurs issus des régions intérieures, le ministère des Affaires culturelles s’apprête à lancer une nouvelle exposition consacrée aux arts plastiques. Intitulée « Expo d’Arts Plastiques : Empreintes et Diversités », cette exposition se tiendra le samedi 14 juin 2025 à la Maison des Arts du Belvédère à Tunis (Dar El Founoun).
Pensée comme un espace d’expression et de reconnaissance, cette initiative entend mettre en lumière les parcours singuliers d’artistes confirmés et émergents, œuvrant dans des contextes souvent éloignés des circuits classiques de diffusion. L’appel à participation qui s’est clôturé, hier, le 16 mai, a été ouvert à tous les artistes plasticiens, sans restriction de techniques ni de supports.
Cet événement qui consiste en l’organisation une exposition collective deux fois par an, vise à accompagner les artistes plasticiens dans leur parcours, à offrir une opportunité aux jeunes talents et à rendre hommage aux figures artistiques confirmées dans les régions. En parallèle de l’exposition, un catalogue et un guide de présentation des artistes participants seront réalisés, afin de constituer un outil de référence et de contact entre les créateurs et les différents acteurs du secteur des arts plastiques en Tunisie.
Accès gratuit, demain, aux musées et sites
A l’occasion de la célébration de la Journée internationale des musées (le 18 mai), l’Agence de Mise en Valeur du Patrimoine et de Promotion Culturelle (AMVPPC) informe le grand public que ce dimanche le 18 Mai 2025, l’accès aux sites, monuments et musées ouverts et dépendant de l’Agence de mise en valeur du Patrimoine et de Promotion Culturelle sera gratuit.
L’Agence rappelle que tous les Tunisiens ainsi que les personnes étrangères résidentes en Tunisie sur présentation de la carte d’identité nationale ou de la carte de séjour bénéficient de la gratuité d’entrée durant les jours suivants : Le premier dimanche de chaque mois, le 18 avril (Journée internationale des sites et monuments), le 18 mai (Journée internationale des musées) et les jours fériés.
La liste des musées et des sites accessibles lors de cette journée exceptionnelle est à consulter sur le site : https://tunisiepatrimoine.tn/accueil/...
France : Après ses horreurs sur l’Algérie, Marine Le Pen soutient le génocide à Gaza !
On savait que la patronne de l’extrême droite, Marine Le Pen, au nom de son “ennoblissement”, a renié tous les débordements de son papa, moult fois condamné pour ses débordements racistes, islamophobes et judéophobes. Mais que la cheffe de file du Rassemblement national (RN) pousse le copinage avec Israël jusqu’à valider les horreurs insoutenables commises par Tsahal à Gaza depuis plus de 19 mois, personne ne s’y attendait…
Même Trump est choqué, pas Mme Le Pen
Il y a des limites à ce qu’on peut dire et faire pour plaire à l’Etat hébreu et au président américain, qui avait humilié Mme Le Pen quand elle était venue le voir en 2017 à New York. Mais même Donald Trump a fini par prendre ses distances avec Benjamin Netanyahu, il a d’ailleurs fait part de son émotion – c’est vous dire – face à la famine orchestrée par l’armée israélienne depuis le 2 mars dernier. Ces souffrances Mme Le Pen ne les voit pas.
Le monde entier est horrifié par le «risque de génocide» à Gaza, pas la cheffe du RN. Nourriture, eau, électricité, médicaments… Tout est bloqué dans l’enclave palestinienne, mais la favorite des sondages pour la prochaine élection présidentielle ne le voit pas. La députée du Pas-de-Calais et présidente du groupe RN au Parlement est d’avis que l’entité sioniste «fait ce qu’elle peut dans une situation extrêmement difficile».
Elle a tenu ces propos ce jeudi 15 mai sur la chaîne I24NEWS, dont le soutien à la politique de Netanyahu est notoire. Mme Le Pen assume son soutien à «l’objectif» d’Israël «d’éradiquer le Hamas (…). Il ne faut pas mettre Israël face à des injonctions contradictoires (…). Quand Israël veut déplacer des populations, on lui dit que c’est horrible et honteux. Mais j’imagine que ces déplacements servent à éradiquer le Hamas sans avoir une population civile qui sert de bouclier», argue-t-elle.
Pas un mot sur les dizaines de civils tués quotidiennement, sur les hôpitaux et les écoles pulvérisés par les bombes de Tsahal, rien de tout ça, comme si ça n’existait pas. Rien à voir avec les propos du président Emmanuel Macron, en direct le 13 mai 2025 sur TF1. Il avait dénoncé fermement la stratégie militaire de Netanyahu, la qualifiant de «honte» et de riposte «inacceptable». Il a ajouté que ce qu’il a vu à la frontière égyptienne était «l’une des pires choses qui (lui) aient été données à voir»…
Le chef de l’Etat français s’en est pris à la confiscation de l’aide alimentaire pour punir collectivement les Gazaouis. Reprenant à son compte la réplique musclée de l’exécutif sioniste, Mme Le Pen a dit que «cette déclaration est indigne». Elle a accusé Macron «multiplier les critiques à l’égard d’Israël» et d’être «incapable d’apporter une solution pour lutter contre le fondamentalisme islamiste». Selon elle, la France est devenue une «catastrophe diplomatique» et le gouvernement devrait plutôt aider davantage l’État hébreu. C’est presque mot pour mot les accusations portées par Tel-Aviv après la dernière sortie du président français.
Mme Le Pen a fait dernièrement l’apologie de la colonisation française en Algérie, en dépit de tout ce qu’on sait de ce douloureux passé que les deux pays et leurs enfants traînent encore. Ce qu’elle propose c’est l’implosion de la France, ce qu’elle propose c’est une gestion conflictuelle de la nation qui mènera à sa dislocation.
La LNFP décide: seuls les abonnés assisteront au match E.S.T.-E.S.Z.
Lors de sa réunion tenue aujourd'hui, la Ligue Nationale de Football Professionnel a infligé 1) un match à huis clos au CABizertin assorti d'une amende de cinq mille dinars. 2) interdiction à l'Espérance de Tunis de vente des billets lors de ses trois prochains matches et seuls les abonnés auront droit d'accès au stade plus une amende de cinq mille dinars. 3) l'Etoile du Sahel et le Stade Tunisien devront s'acquitter respectivement d'une amende de 7500 dinars et de 5000 dinars . 4) L'ESZarzis devra s'acquitter d'une amende de 1500 dinars.
J.B.
Coupe de Tunisie : les arbitres des quarts de finale
Maintenant que le rideau est tombé sur le championnat de la Ligue 1 avec le sacre de l'Espérance de Tunis, les yeux seront tournés ce week end vers les quarts de finale de la coupe de Tunisie. Un tour dominé par la rencontre USMonastir- Club Africain sans oublier le non moins intéressant Etoile - Stade Tunisien. La commission nationale d'arbitrage qui a décidé de faire confiance aux arbitres tunisiens pour cette compétition, a désigné les referees suivants pour officier les quatre matches au programme :
samedi 17 mai 2025 - 14h30
USBG- EGSG :Amir Loussif
Dimanche 18 mai 2025
14h30
USM- CA :Nidhal Letaief
EST- ESZ :Walid Mansri
17h00
ESS -ST :Haythem Trabelsi
J.B.
Editorial : Divorce express…
Par Chokri BACCOUCHE
Le projet de loi qui donnerait aux huissiers-notaires, et non plus aux tribunaux, le pouvoir d’enregistrer les divorces consensuels, alimente ces derniers jours un débat assez houleux et fait couler beaucoup d’encre et de salive. Le sujet, très sensible il faut le reconnaître, divise les opinions et donne lieu à des discussions byzantines entre les pour et les farouchement contre. Signée par 101 députés, la proposition, actuellement examinée par la commission de législation générale à l’Assemblée des représentants du peuple, se propose de modifier l’article 32 du Code du statut personnel de 1956, considéré comme la pierre angulaire des droits civils en Tunisie. Les partisans de ce projet estiment que la mesure vise à simplifier les procédures et alléger la charge des tribunaux conformément à une réforme de la profession notariale. Mais ce point de vue discutable subit une véritable volée de bois vert de la part notamment de la société civile et plus particulièrement les organisations féministes. L’Association des femmes démocrates est montée au créneau et a fermement critiqué ce texte en le qualifiant de «dangereux pour les droits des femmes». L’Union nationale de la femme tunisienne lui a emboîté le pas, en réclamant, dans une lettre adressée aux députés, le retrait immédiat de ce projet de loi au motif qu’il «porte atteinte à un équilibre laborieusement construit depuis près de 70 ans». Le Barreau national a rejeté, pour sa part, cette réforme considérée comme une «régression juridique» et susceptible de donner lieu à des «divorces éclairs» sans garanties. C’est la raison pour laquelle l’ordre professionnel envisage de recourir à «tous les moyens de protestation» pour faire avorter ce projet qui porte atteinte à leurs intérêts et menace de leur casser la baraque.
A question sensible donc sur laquelle repose d’une certaine façon l’équilibre sociétal dans nos murs depuis l’indépendance du pays, un débat musclé s’installe entre partisans et opposants d’un projet de loi qui est loin de faire l’unanimité. Le tout sur fond d’intérêts professionnels diamétralement opposés. D’un côté, les huissiers-notaires soutiennent avec force cette réforme qui va leur permettre d’élargir leur domaine d’intervention et de gagner donc plus d’argent. Et de l’autre, les avocats refusent que les huissiers-notaires marchent sur leur plate bande et deviennent leurs concurrents directs dans un segment de la profession qui leur rapporte gros, au regard du nombre des divorces en constante augmentation depuis quelques années. Au-delà des frictions des uns et des autres à caractère purement pécuniaire, ladite réforme est-elle vraiment nécessaire? L’objectif visé par ce projet de loi, à savoir la simplification des procédures et le désengorgement des tribunaux, est non seulement peu convaincant mais risque également de faire beaucoup de mal que de bien.
Il faut admettre que les divorces, fussent-ils à l’amiable, sont des choses trop sérieuses pour être prises à la légère. Le risque que présente ce projet de loi c’est qu’il peut rendre une dissolution d’un mariage une opération expéditive en négligeant d’une certaine façon des aspects fondamentaux liés à cette question sensible. Jusqu’à présent, tout divorce, qu’il soit consensuel ou faisant l’objet d’un contentieux entre les deux conjoints, requiert un jugement établi sur la base d’une ou de plusieurs audiences et une homologation. Dans le cadre de ces audiences, le juge prête une oreille attentive aux justifications du couple et essaie, généralement, de trouver autant que faire se peut un terrain de réconciliation avant de donner son verdict. Cette procédure qui prévaut depuis des décennies et qui a révélé, malgré tout, son bien-fondé ne peut et ne doit pas être remplacée, logiquement, par une méthode expéditive susceptible de rendre les divorces comme une simple formalité qui peut s’effectuer en un clin d’œil, comme cela se fait dans de nombreux pays arabes où la répudiation est toujours de rigueur.
Les réformes, on le sait, sont bonnes et nécessaires mais à la condition qu’elles améliorent en mieux des situations problématiques et résolvent réellement des problèmes récurrents. Pour la question du jour, force est de reconnaître que ce n’est pas du tout le cas. Les architectes de ce projet de loi auraient été bien inspirés de trouver d’autres alternatives plus constructives et très certainement plus convaincantes aussi pour alléger la charge des tribunaux. La simplification des procédures est une bonne chose bien sûr, particulièrement dans le domaine économique mais il est des secteurs où la pondération est non seulement utile mais également nécessaire. La question sensible du divorce en fait certainement partie…
C.B.
Imposition des revenus des TRE : Quand le gouvernement manque de dissiper les doutes
Par Hassan GHEDIRI
Une avalanche de commentaires déferle depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux dans lesquels des expatriés mécontents expriment leur refus de se faire imposer des charges fiscales supplémentaires en Tunisie…
Beaucoup de bruit court ces derniers jours sur les réseaux sociaux sur une présumée «nouvelle» mesure adoptée par le gouvernement qui consiste à soumettre à l’impôt sur le revenu l’argent transféré en Tunisie par la diaspora. En l’absence de clarification officielle, la rumeur enfle et risque de compromettre la principale source de devises pour la Tunisie.
Pourtant, il s’agit d’une fausse alerte. Parce qu’il n’y avait tout simplement aucun changement des dispositions réglementant les transferts d’argent ou de fonds effectués par les expatriés depuis l’étranger vers la Tunisie. En effet, et jusqu’à preuve du contraire, l’Exécutif n’a pas touché au Code de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et de l’impôt sur les sociétés, à même d’amender l’article ou les articles portant imposition des revenus de source étrangère. Rien n’a toutefois empêché les rumeurs de se propager sur les réseaux sociaux sur ce qui est supposé être un excès de zèle de l’administration fiscale au détriment de Tunisiens résidant à l’étranger (TRE). Une avalanche de commentaires déferle depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux dans lesquels des expatriés mécontents expriment leur refus de se faire imposer des charges fiscales supplémentaires sur l’argent transféré à leurs proches et familles installés en Tunisie. Dans une vidéo massivement partagée sur Facebook, un jeune TRE, très en colère, a juré de ne plus jamais envoyer aucun millime par les canaux de transferts conventionnels tels que Western Union ou MoneyGram, affirmant qu’il optera dorénavant pour d’autres «moyens», faisant allusion au marché noir. Une aberration qui aurait pu être évitée si les autorités, qui ont laissé les rumeurs faire boule de neige, avaient assumé leur responsabilité pour clarifier les choses. Mais malheureusement, les responsables brillent encore une fois par leur mystérieux manquement au devoir de communication.
Joint par ‘’Le Quotidien’’ pour interagir sur cette question, Mohsen Hassan, analyste économique et ancien ministre du Commerce, exprime sa grande stupéfaction face au silence des autorités vis-à-vis de ces rumeurs. Notre interlocuteur explique que ce que l’on raconte sur les réseaux sociaux est complètement dénué de toute logique, mais dont les conséquences risquent d’être néfastes. Il note qu’aujourd’hui, chaque Tunisien résidant à l’étranger participe en moyenne à raison de 120 dollars au volume de transferts mensuels de devises vers la Tunisie, soulignant que la moyenne mondiale est de 200 dollars, soit l’énorme marge de progression s’offrant à notre pays dans ce domaine et les grandes opportunités de développement auxquelles peuvent contribuer de telles ressources sur le plan social et économique.
Manne
A titre d’exemple, durant les huit premiers mois de 2024, les transferts de fonds des Tunisiens résidant à l’étranger ont atteint 5,32 milliards de dinars. Sur l’ensemble de l’année, ces transferts ont représenté environ 30 % des réserves de change de la Tunisie, soit l’équivalent de 6,5 % du produit intérieur brut (PIB). Ce flux financier vital a permis à la Banque centrale de Tunisie de renforcer ses avoirs en devises et de faire face aux échéances de la dette extérieure, soulageant ainsi une pression croissante sur les finances publiques.
S’agissant de la polémique sur l’imposition des fonds transférés par les TRE, Hassan explique que la Tunisie a des conventions de non double imposition conclues avec beaucoup de pays. Ceci stipule que lorsqu’un Tunisien réside dans l’un de ces pays, ses revenus étrangers ne sont soumis à aucune imposition lorsqu’ils sont transférés en Tunisie. Ainsi, l’on peut affirmer que les TRE, formant une diaspora de plus de 1 million d’émigrés, résident presque à 100 % dans des pays avec lesquels la Tunisie a éliminé les doubles impositions. Plus clairement, les revenus générés par les TRE dans leur pays de résidence ne sont pas imposés en Tunisie. Mais étant citoyen tunisien, qu’il soit résidant en Tunisie ou bien à l’étranger, salarié ou non salarié, il doit obligatoirement déclarer ses revenus annuels à l’administration fiscale. Un devoir qui tarde malheureusement à entrer dans les habitudes des Tunisiens. Notre interlocuteur tient, toutefois, à souligner une chose très importante : dans cette déclaration annuelle doivent être mentionnés les revenus à l’étranger sans qu’ils soient imposables. Tout autre revenu pouvant être généré en Tunisie au profit d’un citoyen résidant à l’étranger est cependant automatiquement soumis aux règlements d’imposition en vigueur.
H.G.















