Tourisme médical : Un filon en or qui attire plus de 30 mille patients par an
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La Société tunisienne de chirurgie esthétique et le Syndicat tunisien de médecine esthétique organiseront du 22 au 24 mai le congrès de la chirurgie plastique et de la médecine esthétique. Quelle place pour la Tunisie sur le marché international du tourisme médical?
Selon les organisateurs de ce congrès, il s’agit d’un événement incontournable où l’innovation rencontre l’expertise en médecine et chirurgie esthétique. Organisé par la Société tunisienne de chirurgie esthétique et le Syndicat tunisien de médecine esthétique, ce congrès proposera, en effet, des chirurgies en direct et des démonstrations vidéo présentant des techniques de pointe, des interventions de chirurgiens plasticiens et de médecins esthétiques de renommée mondiale et des connaissances avancées et des conseils pour aider les spécialistes à élever leur pratique au niveau supérieur. Quelle place, justement, pour la Tunisie sur le marché international du tourisme médical, notamment la chirurgie esthétique ?
En chiffres, le président de l’Association tunisienne de chirurgie esthétique, Nabil Jelassi, a révélé récemment que la Tunisie attire chaque année plus de 30 000 visiteurs étrangers venant spécifiquement pour des interventions de chirurgie esthétique. Jelassi a, en outre, indiqué que la chirurgie esthétique en Tunisie connaît une croissance annuelle de la demande, tant nationale qu’étrangère. Contrairement, par ailleurs, à certaines idées préconçues, le président de l’Association tunisienne de chirurgie esthétique a aussi mis en évidence le fait que la chirurgie esthétique n’est pas uniquement un luxe, mais qu’elle inclut également des interventions visant à corriger des malformations congénitales ou des séquelles d’accidents, dans le but d’améliorer la qualité de vie des patients. Tout en admettant que la chirurgie esthétique comporte des risques, tout comme toute autre profession médicale, il a insisté sur l’importance pour les praticiens de fournir à leurs patients des informations complètes sur les éventuels effets secondaires des interventions, soulignant qu’il est impossible de garantir à 100 % l’efficacité de toute intervention esthétique avant sa réalisation. Comment, de fait, renforcer la position de la Tunisie comme une destination privilégiée en matière de tourisme médical, notamment au niveau de la chirurgie esthétique?
Hub continental…
Alors que la Tunisie est un hub médical pour l’Afrique, le gouvernement a récemment annoncé une réforme destinée à la refonte du système de santé du pays et à renforcer sa position en tant que destination médicale. Pour Dr Ahmedh Fouad Fkih : «Si la Tunisie est devenue une destination prisée pour le tourisme médical, c’est en raison de sa proximité avec l’Europe, de la qualité de ses établissements d’hébergement, des hôpitaux et des centres de convalescence ainsi que la grande expérience de ses spécialistes». Et d’ajouter : «Il faut, de fait, mettre en valeur le haut niveau d’expertise parmi les médecins et les infirmiers tunisiens, qui est reconnu par des organisations internationales telles que l’Organisation mondiale de la santé afin de renforcer la place de la Tunisie sur le marché international. La Tunisie propose, en effet, des prix avantageux par rapport à d’autres pays comme la France ou l’Allemagne et bénéficie d’une accréditation internationale qui a permis d’améliorer les normes cliniques et la réputation des établissements de santé. L’autre point fort réside aussi en les performances réalisées par les agences médicales en ligne qui sont de plus en plus nombreuses à promouvoir la destination Tunisie, notamment au niveau des seniors qui sont devenus la nouvelle cible du tourisme médical».
A noter enfin que la Tunisie s’est imposée comme un acteur majeur du tourisme médical en Afrique, avec un leadership incontesté dans la demande et l’offre de soins, générant environ 3,5 milliards de dinars annuels (soit plus d’un milliard d’euros). Cette position de premier plan est soutenue par des infrastructures modernes et un personnel médical qualifié.
M.B.S.M.
Mois du patrimoine 2025 :Une édition sans vision
Par Imen ABDERRAHMANI
Encore quelques jours et la 34e édition du mois du patrimoine tire à sa fin. Tant d’activités et de festivités ont été annoncées ici et là pour accompagner cet événement spécifique qui, ces dernières années, a perdu son charme ou plutôt la boussole.
Pourquoi le mois du patrimoine ? Que voulons-nous de ce mois ? Qui cible-t-on ? Comment peut-on atteindre les objectifs tracés (si bien sûr les responsables ont des objectifs clairs) ? Et qui est censé mettre le programme et également la stratégie pour ce mois ? Nombreuses sont les questions relatives à cette manifestation colossale du calendrier culturel national mais qui demeure sans grand impact.
Dans un communiqué précédant le démarrage de cette manifestation, publié suite à une réunion de la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, avec son département, il a été question de passer «du caractère festif à un caractère plutôt stratégique». Mais les bonnes intentions ne suffisent pas. Pour que ce «souhait» prenne forme et pour pouvoir tracer un programme stratégique, il faut des têtes pensantes, créatives, capables de fuir les sentiers battus et d’aller au-delà du déjà-vu. Il faut penser grand et surtout il faut une équipe bien soudée, capable de surmonter toutes les difficultés, avec un sens d’organisation aigu et une vision pointue. Et avant tout, il faut commencer bien avant, des mois avant, pour pouvoir voir clairement et régulariser le programme au fur et à mesure, selon plusieurs facteurs.
A la recherche d’une valeur perdue
Cette année, d’ailleurs comme les années précédentes, rien n’a changé ou presque. Des activités sont annoncées ici et là par quelques délégations régionales des Affaires culturelles sans pour autant avoir un grand impact ou de la valeur, la vraie. Les organisateurs se sont contentés de meubler leur calendrier sans se poser la question : comment peut-on intéresser le jeune public ? On se demande, également, où sont les étudiants en arts et métiers, d’histoire, etc. ? Où sont ces documentaires réalisés durant de longues années par différentes générations de cinéastes tunisiens ? Une vraie banque de films qui abordent différentes composantes du patrimoine matériel et immatériel et dont la majorité a bénéficié du soutien du ministère des Affaires culturelles. Pourquoi cet abandon ? Où sont ces œuvres d’art inspirées du patrimoine tunisien et relatant des scènes de la vie quotidienne ? Pourquoi nous n’avons pas pensé à une exposition de calligraphie impliquant ces maîtres tunisiens qui ont voué leurs vies à la transmission de ce savoir-faire ?
Le mois du patrimoine est aussi l’occasion pour redonner de l’âme à nos musées, pour séduire un public «nonchalant» et «distrait», pour éblouir les visiteurs étrangers, à travers des performances en live avec une scénographie étudiée. Où sont passés les poètes populaires ? Pourquoi on n’a pas pensé à des soirées revisitant le patrimoine oral du sud, comme celui du sahel ou encore du nord-ouest ? Où sont ces voix de Semmama ? Ces hommes et femmes qui gardent passionnément la mémoire orale ?
Où sont nos chercheurs et leurs livres?
Le mois du patrimoine est aussi l’occasion pour rendre hommage et célébrer les parcours de tant d’hommes et de femmes qui ont contribué à la valorisation de nombreux sites et ont aidé avec leurs écrits à l’encouragement de la recherche scientifique, académique, archéologique. Figure emblématique de l’archéologie et de l’histoire en Tunisie, M’hamed Hessine Fantar est l’un des grands absents du mois du patrimoine, et surtout de la cérémonie d’ouverture du mois du patrimoine organisé au site de Kerkouane. Lui qui a passé sa vie à étudier ce site et lui a réservé un ouvrage géant en trois tomes. Comme M’hamed Hessine Fantar, nombreux sont les oubliés du mois du patrimoine, événement censé célébrer la mémoire et prôner la reconnaissance.
Sur le plan académique, côté édition, les chercheurs tunisiens et également les maisons d’édition tunisiennes ont enrichi la bibliothèque nationale et même internationale par de nombreuses précieuses publications qui malheureusement ne trouvent pas une place de choix dans le calendrier du mois du patrimoine. Pourquoi? De l’indifférence? De l’ignorance ? Manque de vision et de suivi ? Personne ne le sait.
Pour certains, on n’a pas marqué notre présence et nous voilà continuer tranquillement le chemin. Le mois du patrimoine ne peut être qu’une manifestation parmi d’autres. Alors à la suivante !
I.A.
Le Québec accueillera la 5ème Conférence des ministres de la Culture de la francophonie
L’avenir des cultures dans l’espace francophone et de la langue française à l’ère numérique est au cœur de la 5ᵉ Conférence des ministres de la Culture de la Francophonie qui aura lieu du 22 au 24 mai 2025, à Québec, au Canada.
Huit ans après la dernière édition organisée à Abidjan en 2017, c’est un rendez-vous essentiel qui a lieu, au croisement de la diplomatie culturelle et des politiques publiques francophones, a annoncé l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Co-organisée par le gouvernement du Québec et l’OIF, cette conférence constitue ainsi un moment clé pour penser ensemble les enjeux culturels globaux du monde francophone. L’objectif est de réfléchir à des solutions pour renforcer la visibilité, la diversité et la vitalité des expressions culturelles en français à l’ère du numérique, indique le communiqué de la Conférence.
Il s’agira également de faire le point sur les avancées communes pour la reconnaissance des industries culturelles comme moteur de croissance économique et continuer les efforts pour soutenir l’employabilité des jeunes.
Les ministres de la Culture de la Francophonie réfléchiront à l’avenir de leurs cultures et de la langue française à l’ère du numérique et du développement de l’intelligence artificielle, afin notamment : de définir un plaidoyer commun concernant la découvrabilité des contenus culturels francophones; d’échanger sur les expériences et les meilleures pratiques en matière de politiques culturelles ; et d’affirmer la souveraineté culturelle des gouvernements pour préserver la langue française et les cultures nationales.
Notons que l’OIF compte 93 États et gouvernements dont 56 membres, 5 membres associés et 32 observateurs.
●La Francophonie, un marché en devenir pour les industries culturelles
Avec plus de 321 millions de locuteurs, la Francophonie représente un marché encore peu exploité pour les biens et services culturels. Ainsi, l’augmentation et la valorisation de la production culturelle francophone permettrait de toucher un public plus large tout en alimentant les algorithmes, devenus aujourd’hui un élément incontournable dans le mode de consommation.
Espace de concertation et de mise en commun, cette conférence permettra de partager les expériences afin de mieux identifier les leviers d’action pour garantir un équilibre dans les échanges des biens et services culturels, Sud-Sud et Nord-Sud, et s’assurer d’une juste rémunération des artistes, notamment dans l’environnement numérique.
Alors que les plateformes numériques tentent d’imposer une hégémonie, la Francophonie a son rôle à jouer dans la protection et la promotion de la diversité culturelle. Pour répondre à ce défi, la conférence réunira les différentes parties prenantes (artistes, secteur privé et partenaires techniques) pour accompagner les Etats et gouvernements sur les stratégies de découvrabilité à mettre en œuvre.
●Employabilité et contribution économique
Les industries culturelles affichent aujourd’hui dans le monde le taux de croissance le plus rapide, créant par conséquent le plus d’emplois. Si, selon les chiffres de l’UNESCO (2022), elles ne représentent que 3,1 % de la production mondiale, elles génèrent néanmoins deux fois plus d’emplois que les autres secteurs. Sur le continent africain par exemple, 8,2 % des emplois sont fournis par les industries culturelles. Cette statistique confirme l’importance de ces industries en tant que catalyseur du développement économique et de la cohésion sociale.
Au lendemain du XIXe Sommet de la Francophonie au cours duquel les Etats et les gouvernements ont reconnu « l’urgence d’agir dans l’environnement numérique » et appelé « à mettre en œuvre des solutions, en faveur de l’accessibilité, de la diversité linguistiques et de la découvrabilité des contenus culturels », cette conférence permettra de construire un plaidoyer commun pour le développement des industries culturelles et créatives dans l’espace francophone.
Le Quotidien avec TAP
L’artiste Slim Gomri partage « ses impressions tissées »
Le parcours riche en expériences et en couleurs, bien rythmé de rencontres et de récits, Slim Gomri a choisi cette fois-ci de partager avec le grand public et surtout avec les passionnés de la tapisserie artistique sa nouvelle expérience intitulée « Impressions tissées ».
L’exposition est visible à partir de cet après-midi (vernissage entre 16 et 19h30) et jusqu’au 30 mai au siège delLa société de promotion immobilière EDIFIA (Immeuble la lune du lac, 1053, Les Berges du lac 2, Tunis). L’exposition est accessible, quotidiennement du 9h00 à 17h00 et ce du lundi au vendredi.
L’artiste propose au total six œuvres qui ont été réalisées entre 2024 et 2025. Il s’agit d’une série de trois pièces intitulée « Poisson » et d’autres trois œuvres « Le bigaradier », « L’assiette rouge » et « Poisson ». Pour la technique, l’artiste nous précise qu’il s’agit pour toutes les œuvres de la laine sur chaîne coton.
Auteur, réalisateur et artiste visuel, Slim Gomri multiplie les expériences. De formation scientifique, "il a initié sa pratique artistique par la photographie, en migrant vers d’autres matériaux et modes d’expression. Les recherches photographiques sur l’altération volontaire de l’image sous l’effet des solvants appliqués au papier photo, le mènent vers la gravure.
Interpellé par l’effet du temps, sur les choses, et affectionnant les matériaux bruts, Slim Gomri va faire une incursion durable en milieu industriel pour transformer des tôles brutes et oxydées en sculptures monumentales, parfois associées à l’architecture.
Si sa pratique de la photographie reste le pivot de sa démarche artistique, il ne s’interdit pas quelques expériences concluantes de vidéaste. Le champ de l’expérimentation scientifique se mêle à sa démarche plastique.
Il expose régulièrement, depuis 2007, proposant les fruits de ses recherches artistiques où il fait dialoguer différents disciplines artistiques et matériaux".
Slim Gomri a été chargé de programmation et communication au Musée Safia Farhat- Centre des Arts Vivants de Radès, entre 2017 à 20024.
I.A.
Ligue 1- dernière journée : L'Espérance fête son titre de champion, l'USMonastir en Ligue des champions, l'ESS en coupe de la CAF
Par Jamel Belhassen
L'histoire d'amour entre L'Espérance et les titres se poursuit . Le Stade de Rades a été le théâtre d'un spectacle en rouge et jaune à l'occasion de la remise du trophée de champion de Tunisie au club de Bab Souika. Il s'agit -là du 34e titre de son histoire et du huitième lors des neuf dernières saisons. Excusez du peu! Après la dakhla d'usage, le match contre l'USMonastir, qui vise une place en Ligue des champions, a débuté sans quelques absences des deux côtés, ménagés en prévision des matches de coupe de ce dimanche. La première mi-temps n'a pas été d'un niveau élevé avec très peu d'opportunités dans un camp comme dans l'autre. Après la pause, le rythme est encore lent. Les fumigènes causent un arrêt de plusieurs minutes. La domination des Sang et Or reste stérile. Les 14 minutes de temps additionnel e changent pas la donne. La fête des Esperantistes pouvait commencer.
A Sousse, l'Etoile a été menée au score à la pause suite à un but du Sfaxien Baccar à la (26e). En seconde période, un but étoilé est refusé pour hors jeu. Le score en reste là. L'Etoile se contentera d'une participation à la coupe de la CAF. Le CSSfaxien remporte ainsi une victoire pour l'honneur. Ailleurs, l'ASSoliman a surpris le Stade Tunisien au Bardo ( 1-0) et à Bizerte, le CAB a surclassé l'O.Beja (3-0).
Classement final
EST 66 pts (champion)
USM 62 (Ligue des champions)
ESS. 61 (coupe de la CAF )
CA. 54
ESZ 54
ST 49
CSS 44
ESM 43
CAB 35
ASS 31
USBG 30
OB 29
ASG 26
JSO 26
EGSG 22 (Ligue 2)
UST 19. (Ligue 2)
J.B.
Editorial : Assez de tergiversations et vite agir… - Par Hassan GHEDIRI
24 longs mois, quatre gouvernements, des nominations et des limogeages se succédant à la tête des ministères et des établissements en charge du domaine scolaire et universitaire et voilà que les acteurs du milieu éducatif en Tunisie attendent désespérément que sonne enfin l’heure de la réforme. Annoncée pour la première fois au mois d’avril 2023, cette réforme supposée être des plus urgentes ne bouge pas. Certes, s’agissant d’un chantier colossal impliquant pas moins de cinq ministres avec leurs vastes réseaux d’établissements et gigantesques ressources humaines, le processus devient long, lent et très compliqué. Le hic, c’est que face à la gravité des défaillances et à la multitude des exigences, ceux auxquels est confiée la fastidieuse tâche de la mise sur rail de cette réforme semblent complètement déboussolés, ne sachant plus par où commencer. Entre temps, c’est environ trois millions d’élèves et étudiants - soit le quart de la population - qui se voient forcés de poursuivre un cursus d’apprentissage entaché de carences et de lacunes fondamentales. Le vœu de Kaïs Saïd de rendre ses lettres de noblesse à ce qui fut pendant des décennies la condition unique et exclusive de la réussite sociale est, à force d’être réitéré, devenu une véritable promesse. Une promesse (non déclarée) qui consiste à bâtir une nouvelle Ecole (avec un grand E) capable de fabriquer des compétences adaptées aux exigences de l’économie nationale et mondiale, et forger de bons citoyens, hommes et femmes. Une merveilleuse œuvre qui demeure néanmoins invisible voire utopique.
Il y a bientôt deux ans qu’a été lancée la fameuse consultation nationale électronique sur la réforme du système éducatif. Ce sondage d’opinion de grande envergure mené par claviers interposés à l’échelle du pays a fait office d’un «grand débat national» sur l’avenir de l’école. L’opération a, souvenons-nous, mobilisé quelque 560 mille Tunisiens et, logiquement, autant de contributions nécessitant un dépouillement et une synthèse méticuleux. Il reste quand même complètement absurde qu’après tous ces mois passés, l’on omet de divulguer le moindre petit détail sur les orientations et les choix ayant éventuellement été pris pour l’avenir de l’éducation dans le pays. Si, d’emblée, le mot d’ordre était «prudence», la réalité impose l’urgence. Car, à voir comment le monde de l’éducation évolue aujourd’hui avec ces transformations radicales des outils et des domaines d’apprentissage, peut-on encore croire en la possibilité de réformer l’école en restant accablé par l’hésitation ? Réformer, c’est savoir s’adapter tout de suite pour ne pas rester à la marge d’une révolution mondiale qui est en passe de modeler fondamentalement l’école pour des décennies à venir. Il faut sortir de l’hésitation et prendre vite des décisions. Ce qui manque aujourd’hui, ce n’est ni l’expertise, ni les moyens, bien qu’insuffisants, mais bien une forte volonté d’engager un processus véritablement transformateur. Les acteurs éducatifs, qu’ils soient enseignants, étudiants, syndicats et parents attendent une orientation et des choix clairs et cohérents.
Or, le projet semble encore confiné dans les tiroirs des ministères, pris dans les engrenages de la bureaucratie. Pendant ce temps, les inégalités territoriales s’accentuent, le décrochage scolaire prend des proportions alarmantes et l’université continue de former des diplômés en inadéquation avec les besoins réels du marché. Peut-on se permettre encore une année blanche de plus en matière de réforme, quand chaque rentrée scolaire ou universitaire ajoute une couche supplémentaire à une crise déjà chronique?
À l’heure où les nations les plus avancées font de l’intelligence, de la créativité et de l’innovation leurs principaux moteurs de développement, nous ne pouvons continuer à naviguer à vue. La réforme de l’école ne peut plus consister en un simple slogan mais en une urgence nationale.
H.G.
Tabboubi serait prêt pour la tenue d’un congrès électif anticipé : Les raisons d’une volte-face
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La crise interne dans le rétroviseur?
Le secrétaire général de l’UGTT serait prêt pour la tenue d’un congrès moyennant une sortie honorable pour l’actuel bureau. Que pensent l’opposition syndicale?
Contrairement à la déclaration du secrétaire général adjoint chargé de la communication au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Sami Tahri, faite à l’occasion de la Fête du travail le 1er mai, le secrétaire général, Noureddine Taboubi, serait prêt à la tenue d’un congrès moyennant une sortie honorable pour l’actuel bureau. En effet, Sami Tahri avait, en effet, réaffirmé «l’unité et l’indépendance de l’organisation», dénonçant «les appels lancés hors des structures syndicales, en vue de dissoudre l’actuel bureau». «Ces appels n’ont aucun poids pour nous. Certains de leurs auteurs sont d’anciens syndicalistes, mais ils ne représentent plus l’organisation. Il est inacceptable de vouloir remplacer la direction légitime de cette manière», a-t-il martelé.
Selon certaines sources, le secrétaire général aurait changé de position et serait même prêt à la tenue d’un congrès électif moyennant une sortie honorable pour l’actuel bureau. Interrogé, par ailleurs, sur ce sujet, l’activiste et universitaire Salem Chérif nous a confié : «Officiellement, aucun communiqué n’a été publié dans ce sens. Des tractations sont toutefois menées depuis quelques semaines pour trouver un consensus en vue de tenir un congrès synonyme de la fin de crise au sein de la Centrale syndicale. L’on sait d’ores et déjà que l’ancien secrétaire général, Houssine Abbassi, a mené des négociations entre Noureddine Taboubi et son clan et l’opposition appelée communément le groupe des 5. Et lors de ces négociations, Taboubi aurait proposé la tenue d’un congrès électif moyennant une sortie honorable pour l’actuel bureau». Est-ce pour autant la fin de la crise au sein de l’Union générale tunisienne du travail ?
Refonte générale ...
Si cette proposition est jugée positive par le groupe des 5, pour l’autre bloc formant l’opposition syndicale, la solution est dans une refonte générale. Justement, Habib Jerjir, membre de l’Union de l’opposition syndicale, avait déclaré en janvier dernier sur les ondes de Jawhara fm que l’UGTT vit une période de chaos et d’irresponsabilité depuis 2020. Dans cette déclaration relayée par l’économiste, Jerjir a souligné que si l’UGTT avait fait preuve de sérieux et de responsabilité en 2021, elle n’aurait pas tenu le congrès controversé de Sfax. Il a également affirmé que de nombreuses débordements et dérives syndicaux ont terni l’image de l’organisation, notamment des violations des lois internes et un gaspillage des ressources, précisant que la dette de l’union dépasse les 40 millions de dinars. Il a ajouté que le renversement de l’article 20 est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, résultant des abus et des dérives sur les lois de l’organisation, ainsi que du contrôle exercé au profit de certaines personnes. Il a qualifié la demande du syndicat régional de Sfax (qui a joué un rôle majeur lors du congrès) demandant la démission du secrétaire général d’ «absurde», appelant les dirigeants à démissionner. De fait, cette sortie honorable souhaitée par le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail, Noureddine Taboubi, n’est pas à l’ordre du jour pour l’opposition syndicale.
M.B.S.M.
L’académicien Ali Baklouti remporte le Prix Pfizer 2024 de l’Académie Royale Britannique
L’Académie Royale Britannique vient de décerner le Prix « Royal Society Pfizer Prize 2024 », au Professeur tunisien Ali Baklouti. Ce prix, plus connu sous le nom de « Royal Society Africa Prize », récompense les chercheurs scientifiques qui apportent une contribution innovante et significative dans leurs domaines de recherche. L’académicien Ali Baklouti recevra cette prestigieuse récompense le mardi 20 mai 2025, au siège de l’Académie Royale britannique.
Ligue 1 - 30e journée : Pour qui la timbale de la LDC?
Par Wahid SMAOUI
Qui de l’USM ou de l’ESS aura l’heur de moissonner la place de dauphin, la deuxième qualificative à la Ligue des Champions africaine? Tel est l’enjeu majeur de ce baisser de rideau dans lequel l’EST et le CSS ont un épineux rôle d’arbitre à honorer.
Il n’y a pas longtemps, le duel de cette journée-épilogue entre l’EST et l’USM, alors leaders paume contre paume, était annoncé cérémonieusement et en grande pompe comme la babylonienne finale du championnat. Mais à trois marches seulement du dénouement, et alors que les Sang et Or, placides et impavides, poursuivaient inexorablement leur marche vers l’avant, les Bleus chancelleront et plieront le genou, d’abord au Bardo puis dans les murs de leur propre «Ribat» qui, cette fois-ci, n’avait rien d’une forteresse inexpugnable puisque l’ES Métlaoui, jouant superbement franc-jeu à l’instar des Stadistes, les acculera à une parité synonyme de glas du championnat et de nuages bas agitant le spectre d’une spectaculaire dépossession du rang de dauphin. Ironie du sort : les Usémistes seront tout à l’heure toujours tenus à l’impératif de résultat mais non plus pour la cueillaison du titre mais pour sauver une place en LDC, qui passait il y a peu de temps pour acquise. Qu’en pense le champion ? En toute logique, rien de plus ni de moins que jouer, au nom de la culture de la gagne dont il s’est toujours légitimement enorgueilli, pour la victoire. Outre le puissant aiguillon qui fouettera son ardeur conquérante, le trophée du championnat que les Sang et Or recevront à la fin du match et que pour rien au monde ils n’accepteront de fêter dans une ambiance empestée des relents d’un faux pas. En cas de nouveau mécompte monastirien, il ne restera à l’ESS qu’à l’emporter pour ravir au nez et à la barbe des Usémistes cette fameuse deuxième place tant convoitée. Au même titre que l’EST, le CSS a un devoir de rectitude morale à honorer et sur un seul match, les Bianconeri sont capables de narguer n’importe quel antagoniste, comme d’ailleurs ils l’ont fait face aux Espérantistes tout récemment, sans toutefois la réussite ambitionnée. Quoi qu’il en soit, les Etoilés sont avertis et le scénario du Ben Jannet il y a quatre jours, ayant donné à voir une ESM à l’implacabilité bien établie, est encore vivace.
En villégiature…
Les deux derniers matchs de cette journée d’adieu n’auront d’enjeu que l’aspiration à terminer avec le meilleur classement possible. Ainsi au Bardo, outre cette postulation toujours bonne à cristalliser, les Vert et Rouge s’escrimeront à faire d’une pierre deux coups, renflouer leur besace et cimenter davantage la cohésion du groupe et les automatismes à même de leur valoir une prestation pyramidale à Sousse pour le compte de l’imminent quart de finale qui les attend face au fringant Onze étoilé. L’AS Soliman, de son côté, en quête également de points requinquants, désormais soustrait à l’asphyxiante pression du purgatoire, a les moyens d’incommoder les Bardolais dans leurs propres murs. A Bizerte enfin, les Requins du Nord ont les coudées franches pour avoir raison d’une équipe béjaoise désespérément amorphe et qui, grâce à un exorde de championnat exceptionnel, a pu échapper au chant pernicieux des sirènes, celui qui frappe d’anathème, sans rémission.
W.S.
Le film d’Erige Sehiri projeté, hier, à l’ouverture de « Un Certain Regard » à Cannes
« Promis le ciel » (Promised Sky), deuxième long-métrage de la réalisatrice franco-tunisienne Erige Sehiri sur le phénomène migratoire qui met en scène trois jeunes femmes ivoiriennes vivant en Tunisie, a fait sa première mondiale, mercredi 14 mai à l’ouverture de « Un Certain Regard », section de la sélection officielle du Festival de Cannes.
Révélée à la 54ème Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2022 avec son premier long-métrage de fiction, « Sous les Figues », la réalisatrice de « Promis le ciel » est de retour à Cannes avec une fiction (92 mn) projetée à 19h30, à la salle Debussy qui accueille les films en compétition dans « Un Certain Regard ».
L’équipe sera à l’honneur, aujourd’hui, à 17h00, au cours d’une cérémonie prévue au pavillon de la Tunisie au village international Pantiaro. Et ce, en marge de la 78ème édition du Festival de Cannes qui se déroule du 13 au 24 mai 2025 dans la ville de Cannes, en France.
« Promis le ciel » est coécrit par Erige Sehiri, Anna Ciennnik et Malika Cécile Louati, sur une musique originale de Valentin Hadjadj et la direction photo de Frida Marzouk. Il est soutenu par le ministère des Affaires culturelles, le Centre National du Cinéma et de l’Image (CNCI).
Le film est porté par un casting composé de Aïssa Maïga (actrice, réalisatrice et autrice française d’origine sénégalaise et malienne), Laetitia Ky (artiste, actrice et activiste ivoirienne née en 1996 à Abidjan en Côte d’Ivoire) et Debora Lobe Naney (ivoirienne, 28 ans, qui fait ses premiers pas au cinéma avec « Promis le Ciel ») et la petite Estelle Kenza DOGBO, en plus des acteurs tunisiens Mohamed Grayaa (Ismaël) et Foued Zaazaa (Foued).
Synopsis
« Marie (Aïssa MAÏGA), pasteure ivoirienne et ancienne journaliste, vit à Tunis. Elle héberge Naney (Debora Lobe Naney), une jeune mère en quête d’un avenir meilleur, et Jolie (Laetitia Ky), une étudiante déterminée qui porte les espoirs de sa famille restée au pays. Quand les trois femmes recueillent (Estelle Kenza Dogbo), 4 ans, rescapée d’un naufrage, leur refuge se transforme en famille recomposée tendre mais non tranquille dans un climat social de plus en plus préoccupant. » (Synopsis).
La migration vue autrement
Interrogée sur la genèse du film, Erige Sehiri a déclaré, dans une interview sur le site du festival de Cannes, avoir « voulu aborder la migration autrement. Trop souvent, elle est racontée uniquement à travers le prisme du départ vers l’Europe. Or, en réalité, près de 80 % des migrations ont lieu à l’intérieur du continent africain ».
« La frontière entre réalité et fiction était constamment floue sur le tournage », a encore dit la réalisatrice, qualifiant « des moments émouvants et marquants ».
Elle a conclu en s’interrogeant sur l’avenir de « cette génération d’enfants rescapés, orphelins, se demandant qui en porte désormais la responsabilité : le pays où ils ont survécu ou la communauté qu’ils ont quittée? ».
Qui est Erige Sehiri?
Erige Sehiri est une réalisatrice et productrice franco-tunisienne dont le travail oscille entre réalisme documentaire et fiction narrative. Elle débute sa carrière cinématographique avec « La voie normale » (2018), un documentaire salué par la critique qui met en lumière les luttes quotidiennes des cheminots tunisiens.
En 2022, elle écrit, réalise et produit son premier long métrage de fiction, « Sous les figues », un portrait sensible de la jeunesse rurale. Le film est présenté à la 54ème Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2022 et devient la candidature officielle de la Tunisie aux Oscars 2023.
Depuis, il a été projeté dans les plus grands festivals internationaux et distribué dans plus de vingt pays. Au-delà de son travail de cinéaste, Erige Sehiri défend la liberté d’expression et l’éducation aux médias. Elle est cofondatrice du média indépendant ‘Inkyfada’ et de l’ONG tunisienne Al Khatt. Elle est également membre fondatrice du collectif Rawiyat – Sisters in Film, qui soutient les femmes cinéastes du monde arabe et de sa diaspora.
« Promis le Ciel » est une production de 2025 entre la Tunisie (Henia Production, Erige Sehiri), la France (Maneki Films de Didar Domehri) et le Qatar (Doha Film Institute). Il est coproduit par Canal+, en association avec « Mad Solutions » et « Pathé Touch Afrique » et avec la participation de TV5 Monde.
En plus du ministère des Affaires culturelles et du CNCI, le film est soutenu par d’autres partenaires étrangers (Aide aux Cinémas du Monde, Centre National du Cinéma et de l’Image Animée (CNC, France), Institut français, Hubert Bals Fund + Europe, programme of International Film Festival Rotterdam, Red Sea Fund, Creative Europe Media, Fonds Image de la Francophonie, Cofinova, Developpement 19, Procirep/Angoa et Impact Film).
Le Quotidien avec TAP
Biennale des Imaginaires Numériques-France 2026 : ouverture des appels à projets
Les appels à projets d’œuvres en création pour la Biennale des Imaginaires Numériques 2026, en France, sont ouverts pour tous les artistes de tous horizons et de toutes nationalités, a annoncé l’Institut français de Tunisie.
Créée en 2018 et organisée par la plateforme CHRONIQUES, la Biennale des Imaginaires Numériques est le temps fort des arts et cultures numériques de la région Sud, notamment à Aix-en-Provence et à Marseille.
En explorant les arts visuels, les arts sonores et le spectacle vivant, la Biennale s’intéresse à la présence et l’usage des nouvelles technologies dans l’art, investit l’espace public et donne la parole aux artistes nationaux et internationaux d’horizons différents.
Le calendrier des appels à projets Créations (« Créations toutes disciplines », « Créations émergentes et « Créations numériques en espace public ») est ouvert jusqu’au dimanche 15 juin 2025. L’annonce des lauréats aura lieu au mois d’octobre de la même année.
Un appel à projets pour proposer des œuvres existantes à la programmation de la Biennale est également ouvert jusqu’au 25 juillet 2025 et l’annonce des projets retenus se fera au mois de janvier 2026.
L’appel à projets «Créations toutes disciplines» est destiné aux artistes nationaux et internationaux pour la production d’une œuvre originale utilisant ou interrogeant les pratiques numériques sous diverses formes possibles : art visuel (installation, vidéo, installation immersive,…) spectacle vivant, création sonore, réalité virtuelle ou augmentée, intelligence artificielle…
L’appel à projets «Créations émergentes» est destiné aux artistes de moins de 35 ans et de toutes provenances, pour la production d’une œuvre originale utilisant ou interrogeant les pratiques numériques sous diverses formes possibles (art visuel, installation, vidéo, installation immersive, spectacle vivant, création sonore, réalité virtuelle ou augmentée, intelligence artificielle…). Avec cet appel à projets, il est également proposé aux artistes de renforcer leurs pratiques et de les encadrer afin de mieux appréhender leur environnement professionnel.
L’appel à projets «Créations numériques en espace public» est destiné aux artistes nationaux et internationaux pour la production d’une œuvre originale utilisant ou interrogeant les pratiques numériques qui sont pensées et écrites pour l’espace public.
L'ATB récompensée pour son engagement exemplaire en faveur de la biodiversité et de l'éducation environnementale
L'Arab Tunisian Bank (ATB) vient d’être honorée pour sa contribution remarquable à la protection du patrimoine naturel tunisien. Cette prestigieuse distinction lui a été décernée lors de la 6ème Conférence Internationale de l’Association Tunisienne de Taxonomie (ATUTAX). L'événement s'est tenu récemment sous le thème « Biodiversité: Enjeux & Menaces ».
Le prix a été remis directement au Directeur Général de l'ATB, Monsieur Riadh Hajjej, par la Présidente d’ATUTAX, la Professeure émérite Dr. Charfi. Cette reconnaissance vient saluer un leadership inspirant et l'engagement concret de la banque. Elle met en lumière les actions de l'ATB en faveur de la biodiversité et de l'éducation environnementale, des piliers de sa stratégie.
Ces efforts sont au cœur de la vision stratégique de la banque, impulsée par son Directeur Général. L'engagement primé de l'ATB s'inscrit dans une démarche globale de Responsabilité Sociétale d'Entreprise (RSE) et d'engagements Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG). Dans ce cadre, la banque soutient activement les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies. Son action cible notamment les ODD 11 (Villes et communautés durables), 13 (Lutte contre les changements climatiques), 14 (Vie aquatique) et 15 (Vie terrestre).
Au-delà de la protection directe de la biodiversité, l'ATB accorde une importance cruciale à l'éducation environnementale. Elle la considère comme un levier essentiel. Cet axe permet de bâtir une société résiliente, consciente des enjeux écologiques. Pour ce faire, la banque multiplie les initiatives : partenariats stratégiques, sponsoring d'événements scientifiques et actions citoyennes. L'objectif est d'éduquer, de sensibiliser et d’impliquer activement les jeunes générations face aux défis environnementaux.
En intégrant pleinement ces dimensions à son modèle d'affaires, l'ATB se positionne comme un acteur bancaire innovant et responsable. Elle démontre ainsi sa capacité à anticiper les enjeux écologiques. Simultanément, elle renforce son ancrage sociétal au service du développement durable en Tunisie.
« La durabilité ne se décrète pas, elle se construit activement et collectivement », a souligné Monsieur Riadh Hajjej. « C’est une responsabilité partagée où chaque acteur, et particulièrement les institutions financières, a un rôle déterminant à jouer. Nous sommes résolument attachés à une vision bancaire qui conjugue performance économique avec éthique, équité et impact positif durable. »
Les récits migratoires de la Méditerranée à l’Amérique Latine au Centre d’art B7L9
L’Association d’Amitié Tuniso-Cubaine (CUBATÚN), en partenariat avec le centre d’art B7L9, propose, demain, le16 mai, à partir de 18h00, une rencontre ayant pour thème « D’une rive à l’autre : Les récits migratoires de la Méditerranée à l’Amérique Latine ». Cette conférence vise à explorer ces dynamiques, à travers deux histoires migratoires singulières mais complémentaires.
Cette conférence à deux voix sera donnée par Nabila Hamza et Alfonso Campisi.
Le phénomène migratoire est une réalité constitutive de l’épopée humaine. Il est fait de départs et de recommencements, d’arrivées parfois douloureuses et d’adaptations inventives. Il traverse les siècles et les frontières, façonne les cultures et réinterroge les appartenances.
Nabila Hamza revient sur l’émigration arabe vers l’Amérique latine, et sur les processus d’intégration réussie de ces diasporas, qui ont su préserver leurs héritages tout en contribuant activement à la vie des sociétés d’accueil.
Pour sa part, Alfonso Campisi propose une lecture en miroir, en retraçant l’histoire de l’immigration sicilienne en Tunisie aux XIXe et XXe siècles, puis celle de l’émigration tunisienne vers l’Italie d'aujourd'hui. En croisant ces deux mouvements, il met en lumière la réversibilité des logiques d’accueil et les tensions récurrentes autour de l’intégration.
Dans un contexte où les migrations deviennent le théâtre de surenchères politiques qui exacerbent les replis identitaires, cette rencontre entend dégager un chemin pour la réflexion sur ce sujet hypothéqué par les passions. Elle se tient à contre-courant du brouhaha idéologique ambiant, où les discours populistes instrumentalisent l’exil et alimentent la montée des extrêmes à travers le monde.
L’écrivain Abderraouf Medelgi raconte son « Papillon de nuit » à la Bibliothèque diocésaine de Tunis
La Bibliothèque diocésaine de Tunis (Médina de Tunis) abritera ce samedi 17 mai, une rencontre avec l’écrivain Abderraouf Medelgi pour présenter son dernier recueil de nouvelles « Papillon de nuit » paru en 2024 chez l’éditeur tunisien « AC Éditions ».
La rencontre prévue à 10h sera animée par Samia Kassab Charfi, professeure de littérature française et francophone à l’Université de Tunis.
« Papillon de nuit » est un recueil de 120 pages réunissant onze récits de femmes d’âge, de milieu et de condition différentes, plonge dans les tensions sociopolitiques de la Tunisie contemporaine.
« À travers une narration fluide et incisive, Raouf Medelgi interroge, les fractures sociales et les dilemmes identitaires du pays. L’auteur, se glisse dans la peau des narratrices afin qu’elles racontent elles-mêmes des événements marquants de leur vie.
Ecrites sous forme de confidences ou de journal intime, les nouvelles ne sont que fiction. L’auteur prête sa plume à ses personnages et disparaît derrière leur trait. Légères et le plus souvent émouvantes, les nouvelles sont drôles et denses à la fois.
De la petite fille à l’arrière-grand-mère, en passant par l’adolescente ou la femme d’âge mûr, les histoires s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Le lecteur entre dans l’intimité des narratrices et dans la plus secrète de leur pensée. »
Universitaire, écrivain et journaliste, spécialiste en littératures francophones, principalement antillaises, Raouf Medelgi est également auteur d’une biographie intitulée « Bonjour Monsieur Bussac : Itinéraire d’un écrivain des deux rives » parue chez Arabesques Editions en 2023.
Qui est Haruo Kawakami qui a été sur la scène Théâtre de l’Opéra de Tunis ?
Le ténor japonais Haruo Kawakami a interprété le rôle d’Alfredo, dans la nouvelle production tuniso-italienne de « La Traviata » de Giuseppe Verdi, présentée pour la deuxième fois, dimanche soir, au Théâtre de l’Opéra de Tunis, à la Cité de la Culture.
«La Traviata» est une production du Théâtre de l’Opéra de Tunis réunissant l’Orchestre Symphonique Tunisien, le Chœur de l’Opéra de Tunis, les solistes de l’opéra de Tunis et le Ballet de l’Opéra, qui a été réalisée avec le soutien du ministère des Affaires culturelles et l’Institut Culturel Italien de Tunis.
La première de cette version tunisienne de l’opéra « La Traviata » a eu lieu vendredi 9 mai avec le ténor tunisien Hassen Doss, dans le rôle d’Alfredo.
Le baryton Haythem Lahthiri et la soprano Sana Ben Chikha jouent pour la deuxième fois dans ce chef-d’œuvre largement reproduit dans les théâtres de par le monde depuis sa création en 1853.
Nesrine Mahbouli, Maram Bouhlel, Gaith Saad, Henda Ben Chaaban, Hatem Nassri, Montasser Bezzez, Mohamed Ali Zuch, Sadok Ben Hassouna et Dhia Rais sont également au casting de la Traviata.
L’histoire d’amour entre Violetta Valéry, jeune courtisane parisienne, et Alfredo Germont, jeune bourgeois, a été interprété par le ténor Haruo Kawakami et la soprano Lilia Ben Chikha. Le baryton Haythem Lahdhiri a interprété le rôle du père d’Alfredo, Giorgio Germont, qui persuade Violetta de quitter son fils.
« La Traviata » (« La dévoyée » en référence à Violetta) est un spectacle d’opéra en italien, sur- titré en français. Sa mise en scène présente de véritables fresques vivantes entre scènes de fête et autres plutôt intimes et parfois tragiques autour sur le destin d’un amour inachevé.
Kawakami, le parcours
Le ténor japonais, Haruo Kawakami, est un habitué des spectacles d’opéra en Europe notamment en Italie. Il a auparavant interprété le rôle d’Alfredo dans La Traviata, à l’Auditorium Rho, à Milan, et dans le cadre d’une tournée en Espagne organisée par l’agence « Opera 2001 », en 2019.
Il a également interprété Don Ottavio dans l’opéra Mozart, Ferrando dans Così fan tutte, Comte d’Almaviva dans Le Barbier de Séville de Rossini, Hancel dans Haänsel und Gretel de E. Humperdinck et Rodolfo dans La Bohéme de Puccini.
Le jeune ténor a étudié le chant à l’Université d’Art de Tokyo, sous la direction du Maestro Hiroshi Kawakami, où il a brillamment obtenu le Master d’Arts en chant lyrique. En 2017, il rejoint le Conservatoire GB Martini de Bologne pour perfectionner son étude interprétative de l’opéra italien avec le Maestro Nicoletta Conti et le chant avec le Maestro Roberto Coviello.
En 2014, il fait ses débuts à l’Université de Ocianumizu où il tient le rôle de Hexe dans l’opéra Hansel et Gretel. En 2016, il interprète le rôle de Ferrando dans Cosi Fan Tutte, de Mozart, à l’Université de Tokyo et intervient comme soliste de la 9e symphonie de Beethoven. Il chante le Messiah de Handel dans la prestigieuse salle Bunka Kaikan (Japon).
Il a remporté le premier prix du concours MOA COMPETITION 2018 à Montecatini Terme, en Italie. De décembre 2021 à mars 2022, il a fréquenté l’académie du Teatro Pavarotti-Freni de Modène, puis est passé à l’École d’Opéra de Bologne.
Il est lauréat de plusieurs prix dont le 1er Prix Absolu au Concours MOA 2018 à Montecatini Terme, le 3e Prix au Concours International Elsa Respighi 2021 pour Duo de Musique Vocale de Chambre Italienne des XIXe et XXe siècles. Il est également lauréat du XIVe Concours « Luciano Di Pasquale » (2022).
Rappel
« La Traviata » est un spectacle issu de de résidences artistiques étalées sur quatre mois, dirigées par le directeur d’opéra italien Stefano Vizioli, un spécialiste du répertoire baroque et contemporain qui se distingue par sa vision scénique innovante.
Le metteur en scène de renommée mondiale a signé des productions dans les plus grands théâtres internationaux, de la Scala de Milan à la Fenice de Venise, de l’Opéra Lyrique de Chicago au Teatro Colón de Buenos Aires.
Cet opéra d’une durée de 1h50 est composé de quatre actes, était placé sous la direction musicale de sa compatriote la Maestro Nicoletta Conti, figure de proue de la scène symphonique et lyrique.
« La Traviata » est un opéra en quatre actes du compositeur italien Giuseppe Verdi inspiré de « la Dame aux camélias», roman d’Alexandre Dumas fils. Ce drame se déroule dans la Capitale française, Paris, vers l’an 1850.
La nouvelle production tunisienne de "La Traviata" s’appuie sur le livret de Francesco Maria Piave dans l’édition Ricordi de 1964.
















