Vol de cuivre et de lits médicaux à Mahdia : Pourquoi tant d’acharnement contre les biens publics ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Alors que la Tunisie a fait de la guerre contre la corruption une priorité, les affaires des malversations et de détournement des biens publics se sont multipliées ces derniers temps. Que faire pour stopper cette hémorragie ?
Quatre agents hospitaliers et un commerçant ont été arrêtés en milieu de cette semaine par les auxiliaires de la justice relevant du commissariat de police de Mahdia suite à la disparition d’une quantité importante de cuivre et de 50 lits médicaux usagers. L’enquête a révélé que les quatre agents hospitaliers s’étaient emparés de ces équipements avant de les vendre à un commerçant de ferraille.
Presqu’au même moment, des ouvriers en maçonnerie ont été arrêtés dans la région de Carthage, Banlieue nord de Tunis, pour avoir volé des matériaux de construction destinés au cimetière de la localité. Ces affaires sont survenues pendant que les procès de grandes personnalités impliquées dans des affaires de corruption s’enchainent dans les tribunaux avec des condamnations records. Certains hommes d’affaires ont, en effet, écopé de plus de 100 ans de prison. «Apparemment, ces peines lourdes n’ont pas dissuadé certains corrompus qui continuent à dilapider l’argent et les biens publics», nous dira l’universitaire Salem Chérif.
En chiffres et selon le dernier rapport de l’Indice de perception de la corruption (IPC) publié par l’ONG Transparency International, la Tunisie a obtenu le score de 40/100, contre 39/100 en 2023. La Tunisie a perdu cinq places au classement mondial, passant de la 87è à la 92è position sur 180 pays évalués. Pour la majorité des Tunisiens, la corruption a beaucoup augmenté depuis la révolution. En effet, 87,2% de nos concitoyens pensent que la corruption a augmenté contre uniquement 3,1% qui pensent qu’elle a diminué. Et ce selon une enquête publiée en 2022. La même enquête nous apprend que les domaines les plus exposés à la corruption sont le secteur de la sécurité (69%), la douane (53,2%), les administrations publiques (40,2%) et le secteur de la santé (39,8%).
Que faire ?
Pour l’expert en économie et en finances Mohamed Salah Jennadi : « Même s’il n’existe pas de remède magique pour éradiquer ce phénomène, d’autres actions ayant montré leur efficacité en matière de lutte contre la corruption dans d’autres pays peuvent être recommandées. Il est question de passer à la gestion électronique du cycle complet des marchés publics, assurer la digitalisation totale de toutes les procédures administratives et la dématérialisation complète de toutes les démarches avec le recours à l’identifiant unique du citoyen et au code QR, renforcer les mécanismes de surveillance de l’information financière des entreprises publiques à travers la mise à jour des informations budgétaires et comptables du secteur public sur des plateformes ouvertes et facilement accessibles, veiller à la bonne gouvernance, œuvrer pour la restructuration des entreprises et établissements publics et poursuivre la réforme de la fonction publique, adopter la liste négative des autorisations et développer la gouvernance des institutions de régulation et des comités d’octroi des autorisations et incitations pour faciliter l’accès au marché, procéder à une meilleure sensibilisation et une formation en éthique et aux bonnes pratiques de lutte contre la corruption et veiller à l’application stricte des textes de loi et règlements et renforcer les systèmes de contrôle». Et d’ajouter : «Des réformes délibérées en faveur de l’amélioration du climat des affaires doivent être également opérées comme la consécration du principe de liberté d’investissement et de l’accès au marché, l’adoption de plusieurs mesures portant facilitation et encouragement à l’investissement dans le cadre du programme d’urgence économique, des feuilles de route sectorielles et de la stratégie nationale d’amélioration du climat des affaires décrétées en 2022 et 2023 et la simplification des procédures administratives portant création d’entreprises et de projets moyennant la suppression des autorisations ou leur remplacement par des cahiers de charges ».
M.B.S.M.
Gestion de déchets industriels en Tunisie : Former, oui, mais traiter où ?
Par Hassan GHEDIRI
Alors que se succèdent les formations sur la gestion des déchets industriels et dangereux, dans la pratique la Tunisie accuse un lourd retard dans la mise en place d’une véritable filière nationale de dépollution.
C’est un exemple d’absurdité hors pair qui illustre le fossé entre la théorie et la pratique. Le Centre international des technologies de l’environnement (CITET) compte organiser les 23 et 25 juin prochain une session de formation sur la gestion des déchets industriels et dangereux. L’objectif visé par cet établissement est de doter les cadres de l’administration, des bureaux d’études et des entreprises industrielles des compétences nécessaires pour mieux gérer les déchets industriels. Un objectif est sans doute très louable étant de réduire l’impact environnemental et sanitaire des rejets industriels. Mais au vu de la réalité des choses avec une infrastructure de traitement quasi inexistante ou à l’abandon, la portée pratique de telles initiatives reste, malheureusement, limitée.
Le cas emblématique de l’unité de traitement des déchets industriels de Jradou, dans le gouvernorat de Zaghouan, témoigne de cet échec structurel. Mise hors service depuis 2011 à la suite des protestations des riverains, inquiets pour la qualité de leurs terres agricoles et de leurs nappes phréatiques, cette unité constituait pourtant l’unique centre opérationnel capable de traiter les déchets industriels dangereux du pays. Depuis sa fermeture, aucune solution n’a été mise sur pied, laissant les industries polluantes se débrouiller avec leurs déchets.
Echec
Selon les estimations officielles, plus de 250 mille tonnes de déchets industriels dangereux sont produits chaque année en Tunisie. Faute de traitement adéquat, ces déchets sont souvent stockés sur site, enfouis illégalement, ou, pire, déversés directement dans la nature, aggravant la pollution des sols, des cours d’eau et des nappes phréatiques. Cette situation engendre un risque sanitaire majeur pour les populations locales et compromet durablement l’intégrité des écosystèmes. La pollution industrielle en Tunisie est devenue un problème de santé publique qui fait déjà des ravages avec une prévalence alarmante des cancers. Dans des zones industrielles comme Gabès, Sfax, Radès ou Bizerte, les mesures de la pollution atmosphérique révèlent une concentration anormalement élevée de particules toxiques dans l’air, sans oublier les terres agricoles impropres à la culture, et eaux souterraines contaminées. En l’absence d’un système intégré de collecte, de tri, de traitement et d’élimination des déchets industriels, la situation ne peut que s’aggraver.
L’unité de Jradou, inaugurée en 2007, était censée constituer l’épine dorsale de cette filière de dépollution, en assurant le traitement centralisé des déchets industriels produits à travers le pays. Sa paralysie est une preuve de l’échec de l’État et prouve son incapacité à répondre à l’une de ses missions fondamentales qu’est garantir un environnement sain aux citoyens.
Parallèlement aux formations techniques et les programmes d’initiation aux bonnes pratiques de gestion et d’élimination des déchets toxiques dirigés par des institutions spécialisées telles que le CITET, la remise en service et la modernisation de l’unité de traitement de Jradou et la création de nouveaux centres de traitement sur l’ensemble du territoire doivent être une priorité dans le cadre d’une politique nationale de gestion des déchets industriels.
H.G.
Editorial : Cette fois ou jamais…
Par Chokri Baccouche
La capitale irakienne s’apprête à accueillir le 36è Sommet de la Ligue arabe, initialement prévu le 17 mai. A l’ordre du jour de cette réunion qui verra la participation de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement, les questions d’actualité d’intérêt commun et plus particulièrement la cause palestinienne. La rencontre revêt une importance cruciale dans le contexte tragique qui sévit au Moyen-Orient où la population civile de Gaza est victime d’un génocide sioniste sans nul autre pareil depuis voilà plus de seize mois environ. Aux bombardements massifs et en continu, les Gazaouis sont soumis à un blocus à l’aide humanitaire cruel et impitoyable, imposé par l’entité sioniste, qui les expose à un risque croissant de famine, de maladies et de décès.
Sans avoir à recourir forcément à un sondage d’opinions savant, les peuples arabes attendent beaucoup de ce 36è Sommet et gardent l’espoir d’un réveil de la conscience arabe et ce, malgré les innombrables et amères désillusions qui ont marqué les différentes conclaves arabes des dernières décennies. Plus concrètement, les dirigeants arabes sont appelés à faire preuve de réalisme et de courage en adoptant une position unifiée concernant la question palestinienne, sans ambages ni détour. Une position commune qui dénonce de manière claire et directe le génocide israélien. Les dirigeants arabes n’ont plus le droit en effet de se voiler la face et se dérober à leur devoir moral et historique envers les Palestiniens, surtout que l’écrasante majorité de la communauté internationale ainsi que l’ONU et la Cour pénale internationale admettent et reconnaissent l’existence d’une épuration ethnique en règle perpétrée par les responsables sionistes à Gaza et dans l’ensemble des territoires occupés.
Ils doivent exorciser les démons de la peur et briser les chaines de la servitude et de la soumission qui les ont empêchés jusque-là d’agir sur le cours des événements et faire entendre leurs voix. L’émancipation, on le sait, ne se donne pas mais s’arrache, tout comme d’ailleurs la liberté. Et à ce titre, les « raïs » et autres têtes couronnées arabes doivent impérativement se départir de leurs égoïsmes, paradoxes et autres petits calculs étriqués servant d’infinitésimaux intérêts strictement personnels qui ne font que les embourber davantage dans le marécage de l’incertitude et la dépendance. Un assujettissement aussi frustrant que mortel, particulièrement dans ce nouvel ordre mondial de prédateurs qui ne fait aucun cas pour les faibles et les vulnérables.
Ironie de l’histoire, ce 36è Sommet arabe va se tenir en Irak, le pays qui a goûté dans sa chair les effets pervers de cet ordre mondial inique et éminemment agressif. Un pays qui a été dévasté par une guerre injuste et injustifiée, lancée par l’Amérique de Bush junior contre le régime de Saddam Hussein sous des prétextes fallacieux et des mobiles inventés et créés de toutes pièces et ce, malgré le refus catégorique de l’ONU et la désapprobation de l’écrasante majorité des pays membres. Cette terrible tragédie qui a généré des séquelles irréversibles dans l’ancienne Mésopotamie doit inciter logiquement les pays arabes à renforcer leur unité afin de jeter les bases d’une action commune servant leurs intérêts et accentuant leur chance de relever avec succès les innombrables défis présents et à venir dans un environnement régional et international instable marqué par la montée des périls.
A Bagdad, les pays arabes sont appelés surtout à sortir de leur léthargie et leur regrettable ineptie pour être en phase avec les exigences de l’heure. L’avenir de Gaza est entre leur main et, à ce titre, ils peuvent et doivent imposer leur propre plan de reconstruction de l’enclave palestinienne sinistrée qui refuse la déportation des Gazaouis comme le projettent le président américain Donald Trump et son alter ego israélien, Benjamin Netanyahu. Par de voir moral et acquit de conscience, tous les pays qui ont pris part à la sordide guerre à Gaza, de manière directe ou indirecte, en fournissant des armes à l’entité sioniste, doivent participer à la reconstruction de l’enclave afin d’atténuer les souffrances et rendre justice au peuple palestinien. La reconnaissance par ces pays de l’Etat palestinien s’inscrit dans cette même perspective et s’impose également comme une responsabilité morale et historique à la charge de tous ceux qui croient réellement aux valeurs universelles de liberté et des droits de l’homme. Croisons les doigts pour que ce 36è Sommet de la Ligue arabe ne soit pas, comme les précédentes éditions, une réunion pleine de «samalecs» mais de sens et d’essence où les décisions courageuses ne sont jamais au rendez-vous, au grand dam des peuples arabes qui subissent depuis plusieurs décennies un interminable cortège de désillusions et de frustrations…
C.B.
Vient de paraître - «Bled Khmir, entre nature et société» : Au-delà de ces «clichés» de la brume et de la verdure
Par Imen Abderrahmani
Au-delà de son aspect écologique et économique, «Bled Khmir, entre nature et société» mène son lecteur dans une douce et fascinante balade dans les forêts de la Kroumirie, l’invite à découvrir la longue histoire d’une région souffrant encore de la marginalisation.
Que savons-nous sur Bled Khmir? Excepté quelques «clichés» où verdure et brume s’entremêlent pour faire de cette région la terre des mystères, nos idées restent vagues. Et pourtant, il y a beaucoup à découvrir.
Paru récemment aux Editions de l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts «Beït Al-Hikma», l’ouvrage «Bled Khmir, entre nature et société» ( Potentialités, contraintes à l’aménagement et stratégies d’adaptation) résulte des actes du colloque qu’a organisé cette institution en mars 2023.
Mais avant de se lancer dans la lecture de cet important ouvrage, savez-vous l’origine de cette appellation «Bled Khmir» et sa signification?
«Le ‘bled’ est ‘une étendue limitée de territoire dont la personnalité est si claire qu’on le différencie aisément’ (Atlas des paysages de la Tunisie, 2009). En Tunisie, le bled prend souvent le nom d’un saint patron (bled sidi Makhlouf) ou d’une ville fondatrice (bled Béja ou bled Kairouan) ou même d’une grande entité géographique bien délimitée dans l’espace, à l’image du bled ‘el-Waten-el-Guebli’ (Cap-Bon) ou ‘bled Friguia’ (Nord-ouest). Il peut prendre aussi le nom d’une tribu comme c’est le cas du bled Khmir Ben Amor, patron des khmiria unis par le sentiment d’appartenance à un saint, une tribu (khmir) et un lieu qui évoque pour les habitants des sensations très fortes et des souvenirs lointains», lit-on dans le prologue du Pr. Mongi Bourgou, géographe et professeur des universités, membre permanent de l’Académie tunisienne «Beït Al-Hikma», qui a également dirigé cet ouvrage collectif.
Pour mieux savoir...
«Bled Khmir» propose aux lecteurs au fil de ses 372 pages une lecture approfondie non seulement de l’économie de la région et de ses potentialités économiques mais une lecture dans son histoire et ce à travers un bouquet de communications.
«Bled Khmir: le poids de l’histoire et de la géographie», «Potentialités naturelles et organisation de l’espace», «Pratiques agricoles et stratégies paysannes» et «Bled Khmir: gestion et valorisation des ressources» sont les quatre parties qui meublent cet ouvrage, proposant des communications bilingues (en arabe et en français) et des résumés des communications en français, en anglais et en arabe, facilitant l’accès à l’information et invitant les lecteurs et surtout les chercheurs à aller encore loin dans l’exploration des thématiques abordées.
Soigneusement documenté avec une bibliographie riche, des photos d’époque et d’autres récentes, des cartographies et des statistiques, l’ouvrage, qui s’ouvre par une introduction situant la région et présentant les origines de cette appellation, invite le lecteur à regarder autrement cette région très fertile et aux potentialités uniques. Territoire fertile qui réunit forêts (un cinquième des forêts de la Tunisie), montagnes, plages et stations thermales, la région de Kroumirie, malgré ses vertus, demeure marginalisée. Principal réservoir d’eau du pays grâce à une forte pluviosité annuelle, la région souffre souvent de la coupure continue des eaux potables. Quel contraste!
Le livre, en présentant les données économiques, sociales, culturelles, en dépoussiérant l’histoire de la région, se veut un appel pour voir autrement la question du développement durable et pour penser à mieux exploiter la région.
De la pratique des lièges et des savoir-faire liés à cette activité, du tissu industriel minier, du travail du rotin et d’autres métiers d’artisanat, de la structure hôtelière, de la cession en 1540 du gouvernement de Tunis aux Gênois l’exploitation du corail dans une île près de Tabarka, du contenu de certains vieux accords et de plusieurs correspondances couvrant différentes périodes notamment moderne et contemporaine, l’ouvrage nous parlera.
I.A.
La nouvelle direction de l’Allemagne hérite une conjoncture économique défavorable
Après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne a longtemps incarné la puissance économique de l’Europe. Toutefois, au cours des deux dernières décennies, des vents contraires fondamentaux ont commencé à s’accumuler : des tendances démographiques défavorables, une réglementation et une fiscalité excessives, ainsi qu’un retard dans la modernisation des secteurs clés face à l’ère numérique et à un paysage mondial en mutation rapide. En conséquence, l’économie allemande a sous-performé, avec un PIB réel qui est resté inchangé au cours des cinq dernières années — une évolution peu flatteuse comparée à la croissance de 12,2 % aux États-Unis ou même à celle de 5 % dans le reste de la zone euro sur la même période.
Croissance du PIB réel en Allemagne et dans la zone euro
(% annuel, données historiques et prévisions)
Source: Haver Analytics, IMF WEO, Bloomberg, QNB Economics
L’arrivée au pouvoir du Chancelier Friedrich Merz pourrait marquer un tournant en matière de politique économique et de performance. Pendant des décennies, l’Allemagne s’est consacrée à la rigueur budgétaire et à l’austérité. En revanche, le nouveau gouvernement arrive avec un vaste plan de relance budgétaire qui pourrait atteindre 1 000 milliards d’euros, incluant des investissements dans les infrastructures et la défense, ainsi que des projets de réformes fiscales et du marché du travail.
Ce programme économique constitue un changement de paradigme par rapport au conservatisme budgétaire traditionnel de l’Allemagne et devrait stimuler la croissance à moyen terme. Toutefois, la nouvelle administration hérite de défis majeurs qui exigent des réformes profondes pour relancer durablement une économie stagnante. Cet article explore trois facteurs clés qui illustrent ces défis et étayent notre analyse.
Premièrement Des défis structurels majeurs qui sapent la compétitivité et la productivité
Le Rapport mondial sur la compétitivité offre une évaluation utile de cette dimension. Il y a dix ans à peine, l’Allemagne occupait le 6e rang mondial ; elle est aujourd’hui tombée à la 24e place, en raison des lourdeurs réglementaires, d’une fiscalité contraignante, de lois rigides sur l’emploi et d’une complexité administrative excessive.
La bureaucratie coûte jusqu’à 146 milliards d’euros par an à l’économie allemande. La perte de compétitivité se reflète clairement dans les statistiques de productivité : depuis 2017, la production par travailleur a chuté de 2,5 %. Les chefs d’entreprise dénoncent une administration tentaculaire et une transition numérique trop lente. Ce ralentissement nuit particulièrement aux start-ups, pour lesquelles les retards administratifs peuvent décider du succès ou de l’échec d’un projet. Par conséquent, de plus en plus d’entreprises transfèrent leurs activités vers d’autres pays européens comme les Pays-Bas, la Suède, le Portugal ou la Pologne. Ces problèmes structurels continueront donc à freiner la croissance, et devront être traités par des mesures allant au-delà d’un simple stimulus fiscal.
Deuxièment la modernisation des infrastructures, un impératif pour la croissance future
Si l’Allemagne veut relancer sa croissance économique, elle doit impérativement moderniser ses infrastructures vieillissantes. Sa politique budgétaire ultra-conservatrice a conduit à une sous-finance chronique dans des domaines clés. En 2023-2024, l’investissement public représentait en moyenne 2,8 % du PIB, contre 4,3 % en France.
Faute d’investissements suffisants, les infrastructures de transport et d’énergie vieillissent, et les technologies numériques restent à la traîne, ce qui freine la croissance à long terme. Il est donc crucial de procéder à des mises à niveau massives. Dans le passé, les délais de planification et de passation de marchés ont souvent excédé ceux de la construction elle-même. En 2023, 76 milliards d’euros de ressources budgétaires sont restés inutilisés, en raison d’obstacles administratifs et réglementaires. La modernisation des infrastructures doit ainsi figurer en tête des priorités du nouveau gouvernement.
Par ailleurs, une réforme visant à réduire l’impôt sur les sociétés ne serait appliquée que progressivement, à partir de 2028.
Troisièment l’industrie manufacturière poursuit sa dégradation, pesant sur la croissance globale
Secteur clé de l’économie allemande, l’industrie manufacturière traverse une période prolongée de déclin, affectant la croissance générale. Entre 2000 et le pic de 2017, la composante industrielle du PIB réel augmentait de 1,9 % par an. Depuis, cette dynamique s’est brusquement inversée, sous l’effet de nombreux chocs : tensions commerciales mondiales, ralentissement de l’économie mondiale, pandémie de Covid, crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, et déclin du secteur automobile.
Depuis son pic en 2017, la production industrielle allemande a reculé de 18 %. En 2025, les nouvelles guerres commerciales lancées par l’administration Trump, conjuguées à l’incertitude géopolitique élevée, exerceront une pression supplémentaire sur les industries tournées vers l’exportation. Même si le secteur manufacturier devrait bénéficier des investissements dans les infrastructures et la défense, le nouveau gouvernement devra assurer un environnement plus stable pour compenser ces vents contraires majeurs.
Production industrielle en Allemagne
(données corrigées des variations saisonnières, indice 2021 = 100)
Source: Federal Statistical Office (Germany), QNB Economics
En conclusion, Le gouvernement hérite d’un lourd passif qui pèse sur les perspectives de croissance. Le changement de paradigme en matière de politique budgétaire devrait permettre une mise à niveau essentielle des infrastructures et amorcer une reprise, stimulant ainsi la croissance à moyen terme. Toutefois, des réformes structurelles plus profondes seront nécessaires pour garantir une relance durable de l’économie allemande..
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Volleyball L'Espérance bat l'Etoile 3-0 et remporte sa 23e coupe et le 8e doublé de suite
Rien d'original. L'Espérance qui domine outrageusement le volley tunisien depuis des années vient de remporter sa 23e coupe de Tunisie et le huitième doublé de rang, cet après-midi face à l'Etoile du Sahel par 3 sets à 0 ( 25-18), ( 25-21) et (25- 20) . Hichem Kaabi avec son armada de joueurs Nagga, Karamosli ou encore Belkadhi et Ben Othman. En face, les camarades de Ridene, Samoud et H. Hfaiedh n'ont pu résister à plus fort qu'eux. Il faut avouer aussi, que les joueurs Sang et Or possèdent une longue expérience et sont pétris de qualité. Sur le plan individuel, Hamza Nagga été élu meilleur joueur de la finale.
Jamel Belhassen
Figure emblématique de la scène rap post-révolution, Kafon tire sa révérence
La scène musicale tunisienne vient de perdre l'une de ses voix, suite au décès du rappeur Ahmed Laabidi, alias Kafon, survenu ce samedi 10 mai 2025 à l’âge de 43 ans.
Artiste emblématique, Kafon s’est imposé par son style authentique et ses chansons engagées, touchant un large public à travers des titres devenus cultes tels que "Houmani", "Les Jours" ou encore "Ma3lich". Elle l'a bien introduit à la scène musicale, "Houmani" a connu un franc succès avec plus de 50 millions de vues sur YouTube et reste l’un des hymnes les plus puissants du rap tunisien post-révolution.
Il s’est également illustré en revisitant le patrimoine musical tunisien avec des reprises marquantes comme "Sga3 Ellil", "Jit Naoum" ou "Maygouda". Il a à son actif quelques expériences sur le petit écran, jouant dans des séries à succès telles que "Nouba", "Kane Ya Makanesh", "Ragouj" ou encore le sitcom "Qisma w Khiyana".
La ministre des Affaires culturelles a exprimé, sans un faire-part, au nom de son département, ses condoléances les plus attristées à la famille du défunt ainsi qu’à toute la communauté artistique tunisienne. Paix à son âme.
Ligue 1 - 29e journée- 1ère partie : EGSGafsa et l'USTataouine retrogradent en Ligue 2
La première tranche de la 28e journée a dévoilé les noms des deux relégués en Ligue 2. Il s'agit de l'USTataouine qui a perdu ses dernières illusions à domicile face au Stade Tunisien (1-2). Atoui et Bonheur ont marqué pour les Stadistes et Guezmir à réduit le score pour les locaux. A Gafsa, El Gawafel a mordu la poussière devant l'ASGafsa ( 0-1) après avoir raté un penalty de Ben Mbarek. Le but des Gabesiens était inscrit par Selmi à la 79e. Un resultat qui condamne aussi les Gafsiens. La JSOmrane a réalisé une belle opération en battant au Zouiten l'SBGuerdane (2-1). Enfin, l'ASSoliman et l'ESZarzis ont fait match nul (1-1). Demain, les clubs du haut du tableau auront à disputer des matches de grande importance avec comme enjeux les trois premières places.
- Classement provisoire
EST 62 ( 28matches)
USM 60 ( 28)
ESS 58 (28)
CA 53. (28)
ESZ. 51(29)
ST 49. ( 29)
ESM 39 (28)
CSS 38. ( 28)
CAB 32. (28)
OB 29. (28)
USBG 28 ( 29)
ASS 28. (29)
JSO 26 (29)
ASG 25 (29)
EGSG. 22 (29) ( relégué)
UST 19.(29) ( relégué)
J.B.
Cinéma - « Mirage » de Mondher Ben Brahim : La liberté est-elle un mirage ?
Par Imen ABDERRAHMANI
Enfant du désert. Mondher Ben Brahim a choisi pour son nouveau court-métrage de raconter le Sahara tunisien, en explorant la mémoire de trois étudiants tunisiens, qui dans les années 80, ont été condamnés à l’exercice militaire forcé à Rjim Maatoug.
L’histoire racontée n’est ni des illusions ni des hallucinations, comme l’indique le tire du film. L’histoire de ces trois étudiants perdus dans le désert est une de nombreuses histoires dont le scénariste et le réalisateur Mondher Brahim a été témoin.
Né dans le désert, précisément à Rjim Maatoug, région située aux portes du désert et aux frontières de l’Algérie, Mondher Ben Brahim, enfant, s’est familiarisé avec la scène de cette jeep militaire qui poursuit, jour ou nuit, l’un des fugitifs du camp militaire de Rjim Maatoug. Enfant, alors que la plantation des palmiers-dattiers se poursuivait et la transformation de cette région déserte et coupée en un oasis, le réalisateur avait enregistré dans sa mémoire de nombreuses scènes et histoires. Des histoires que les quelques familles qui habitaient, à l’époque, la région échangeaient sur les nouveaux recrues de l’armée nationale, sur lesquels on comptait pour faire de cette zone un petit paradis, et qui tentaient très souvent de s’évader.
Au-delà des résultats positifs enregistrés à Rjim Maatoug et des efforts déployés pour faire fleurir cette partie du désert, devenue aujourd’hui une zone verte, produisant des légumes, des fruits et même de l’huile d’olive, il y a tant d’histoires à raconter, à partager… Rjim Maatoug n’a pas encore révélé tous ses secrets et ceux qui ont été là, à cette période, n’ont pas encore sorti de leur silence…
En quête de liberté…
« Mirage » est-il un film politique ? Jamais. Alors, un film écologique ? Encore non plus. « Mirage » est tout simplement l’histoire de trois étudiants Jamel, Helmi et Salem de différente appartenance politique, de diverses idéologies, qui se sont retrouvés dans l’obligation de partager la même tente, la même assiette, à obéir aux ordres, à passer le jour à fixer des feuilles des palmes sur les dunes et le soir à surveiller les pousses des palmiers…
Coupés de leurs familles, chacun d’eux rêve du jour où il pourrait reprendre sa vie loin du désert, tranquillement, et surtout poursuivre ses études universitaires.
Tourné fin avril, le film actuellement en post-production, propose une galerie de portraits à la fois des étudiants et des militaires qui ont été tous dans cette grande prison à ciel ouvert. Le film est également un portrait du Sahara, de ce désert qui a vu tant de rêves s’évaporer, tant de vies se briser et qui a été arrosé par les larmes…
Jamel, Helmi et Salem qui viennent de trois différentes villes tunisiennes (Kébili, Béja et Tunis) et également qui sont porteurs de différentes idéologies ont choisi de poursuivre leur rêve jusqu’au bout et de risquer leurs vies, quittant le camp et tentant de traverser ce désert à multiples visages, affrontant les vipères, les loups… Perdus dans le désert, le désaccord s’installe et cette union qui fait la force s’est évaporée avec les dernières gouttelettes d’eau qu’avaient ces trois fugitifs… « Le plus difficile, dans le désert, c’est de trouver la sortie », disait un sage.
Porté par le rêve de liberté, Helmi a tenté de traverser Chott El- Jérid mais il a échoué pour mourir de soif. Quant au Salem, craintif, peureux, il décide de s’arrêter et attendre que la patrouille militaire le trouve pour le ramener de nouveau au camp…Seul Jamel parvient à son objectif.
Pour Mondher Ben Brahim, « Mirage » raconte l’homme dans le désert, face au désert… Le film s’inscrit dans toute une stratégie tracée par le réalisateur pour raconter le désert non seulement en tant qu’espace poétique mais en tant que théâtre de plusieurs histoires et aventures humaines.
I.A.
Tournoi de Rome- 1/16e de finale : Ons Jabeur perd devant Paolini ( 0-2)) et quitte la scène prématurément
Par Jamel Belhassen
Après une qualification par forfait au tour précédent, la Tunisienne Ons Jabeur , désormais 36e au classement WTA, a rencontré aujourd'hui l'italienne Jasmin Paolini , 5e. Un match annoncé difficile pour Ons qui n'a pas encore retrouvé son meilleur tennis. Et comme attendu, l'italienne a pris le dessus sur son homologue tunisienne au premier set ( 6-4) en 41 minutes. La différence s'est faite au niveau des coups droits et des services. Au second set, la musique n'a pas changé et Paolini, dominatrice et bien en jambes , a géré le jeu en toute quiétude et c'est dans la logique des choses qu'elle remporta le set ( 6-3). Ons Jabeur quitte encore une fois un tournoi d'une manière prématurée. Dommage !
J.B.
Injustices sociales : En finir une fois pour toutes
Par Hassan GHEDIRI
Sujet de prédilection du président de la république, l’injustice sociale a été encore une fois à l’ordre du jour du Conseil des ministres tenu avant-hier au palais de Carthage
Revenant comme un leitmotiv dans presque tous les discours du chef de l’Etat, les disparités et les injustices se présentent comme étant des handicaps majeurs qui entravent l’édification d’un Etat où règnent progrès économique et paix sociale. Avant-hier, en présidant un Conseil ministériel, Kaïs Saïed à une nouvelle fois insisté sur la nécessité d’instaurer une véritable justice sociale en Tunisie estimant qu’elle passe nécessairement par une rupture radicale avec les injustices et les inégalités qui ont privé des générations entières de Tunisiens d’un accès équitable aux richesses du pays. Pour le chef de l’Etat, seules de nouvelles visions et des approches innovantes peuvent permettre d’atteindre de tels objectifs.
Nombreux sont toutefois les spécialistes qui croient que les réformes programmées doivent aller au-delà du cadre purement sectoriel et viser un changement radical. D’aucuns sont en effet convaincus de la nécessité d’un bouleversement du modèle de développement économique tunisien dans sa globalité. Cela fait des années en effet que l’économie tunisienne est restée sous l’emprise d’un système fondé sur la rente, les privilèges et le monopole des richesses par des groupes familiaux puissants qui ont fait mainmise sur les différents secteurs moyennant les lois d’autorisation, les concessions et de permis, empêchant la concurrence et bloquant l’initiative privée. Une situation qui n’a pas cessé d’alimenter un sentiment d’exclusion de marginalisation et d’injustice de plus en plus profond. Des secteurs particulièrement juteux qui parviennent à tirer leur épingle du jeu dans un contexte de crise économique et financière très rude tels que les banques, l’agroalimentaire ou la grande distribution sont entre les mains d’un cercle très restreint d’investisseurs. Cette situation a abouti à une concentration de la richesse entre les mains d’une minorité au détriment du développement économique et social équitable
Ceci étant dit, la réforme du modèle économique est alros perçue comme une priorité absolue. Cela implique de libérer les initiatives privées en simplifiant drastiquement les procédures administratives, de rompre avec le clientélisme qui a parasité la vie économique mais auss lutter contre l’économie parallèle qui représente aujourd’hui plus de 30 % de l’économie tunisienne
Les experts sont en effet unanimes quant à la nécessité de revoir le rôle de l’État non pas pour qu’il se retire totalement de l’économie comme le prônent certains libéraux mais pour qu’il assume un rôle régulateur fort garantissant la libre concurrence, la transparence et l’égalité des chances. L’État doit aussi rester un pilier dans les secteurs stratégiques comme l’énergie, le transport et les infrastructures de base sans quoi la souveraineté économique nationale serais fragilisée. L’un des axes fondamentaux de cette nouvelle approche de développement doit être l’intégration des régions intérieures longtemps marginalisées. La fracture régionale, rappelons-le, est l’une des principales causes de l’instabilité politique et sociale post-révolution. Investir dans les régions, encourager la création d’entreprises locales, développer des pôles d’innovation sur tout le territoire national sont autant de pistes pour réduire les écarts et renforcer la cohésion nationale. Les entreprises publiques, dont beaucoup d’entre elles sont aujourd’hui en situation déficitaire, doivent être modernisées et soumises à des standards de bonne gouvernance. Non pour être bradées mais pour retrouver leur rôle de leviers du développement.
Enfin, de nombreux spécialistes insistent que l’édification d’une véritable justice sociale repose aussi sur une réforme du système fiscal; il s’agit d’élargir l’assiette fiscale, de lutter contre l’évasion et d’instaurer une fiscalité progressive qui n’écrase pas les plus pauvres au profit des plus riches Pour dire que la justice sociale que revendique le président de la République et à laquelle aspirent la majorité des Tunisiens ne saurait être atteinte sans un nouveau contrat social fondé sur la liberté d’entreprendre l’égalité réelle des chances, la transparence économique et surtout une volonté politique forte pour démanteler les groupes d’intérêts qui s’enrichissent illicitement sur le dos des contribuables
H.G.
A l’approche de la saison chaude : Les nouvelles technologies pour lutter contre les Incendies
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Alors que les météorologues prévoient cet été des hausses records des températures, les incendies demeurent le principal cauchemar pour les autorités. Que faire pour épargner nos forêts du feu?
A l’approche de l’été, les campagnes se multiplient pour sensibiliser le grand public contre les risques des incendies. En témoignent les derniers communiqués diffusés par la Direction générale de la Protection civile appelant les citoyens à «la vigilance et à la responsabilité environnementale, notamment face au danger de départs de feu liés à des comportements imprudents». La Protection civile indique également qu’«avec le dessèchement des herbes et la montée des températures, le risque d’embrasement rapide devient plus élevé, en particulier dans les zones rurales et boisées». En rappelant, en outre, «la nécessité de protéger les forêts, les terres agricoles et la richesse végétale du pays», la Protection civile insiste également sur «l’importance de corriger certains gestes à risque, souvent à l’origine des incendies».
Représentant aussi l’un des gouvernorats les plus exposés aux incendie, compte de la superficie de ses forêts, le gouvernorat de Ben Arous a décrété l’interdiction de toute activité de camping dans les forêts relevant de la région, ainsi que l’allumage de feux à l’intérieur ou à moins de 500 mètres de ces zones et des terrains agricoles. Cette mesure vise à prévenir les risques d’incendies durant la saison estivale. Dans un communiqué publié le mercredi 7 mai, le gouvernorat précise que cette décision entre en vigueur à compter du 1er mai et restera applicable jusqu’au 31 octobre 2025. Les autorités appellent les citoyens à faire preuve de vigilance et à respecter scrupuleusement ces consignes afin de préserver les espaces forestiers et les cultures avoisinantes. Qu’en est-il, alors, de la Direction générale des forêts ?
Drones et radars …
Dans une interview accordée à la Radio nationale, l’ingénieur général à la direction générale des forêts et des pâturages, Zouheir Ben Salem, a appelé à une réforme législative concernant l’utilisation des drones et des radars pour lutter contre les incendies. Ben Salem a, en outre, indiqué qu’un nouveau dispositif doit être mis en place pour mieux prévenir et lutter contre les incendies, «les drones et les radars doivent être au cœur de ce dispositif», a-t-il martelé. Et d’ajouter : «Les résultats positifs obtenus ces dernières années qui ont vu le nombre des incendies baisser entre 2022 et 2024, passant de 729, encouragent à moderniser notre logistique en s’appuyant sur les nouvelles technologies et les campagnes de sensibilisation». A noter que 9 feux de forêt sur 10 sont d’origine humaine, dont la moitié du fait d’une imprudence. Un mégot de cigarette jeté, un barbecue organisé à proximité de la végétation, des combustibles stockés trop près d’une habitation… De nombreux gestes, anodins en apparence, peuvent, alors, provoquer un départ de feu de végétation. Lorsque la végétation est asséchée par un manque de pluie, un départ de feu devient possible et il peut se propager rapidement, «les citoyens peuvent contribuer à la prévention des feux de forêt et de végétation en adoptant des gestes de vigilance», nous rappelle l’ingénieur général à la direction générale des forêts et des pâturages, Zouheir Ben Salem. A rappeler que 43 % des incendies survenus en 2024 ont affecté des surfaces inférieures à un hectare. On note également qu’entre 2016 et 2023, la Tunisie a perdu environ 56 000 hectares de forêts, dont 22 000 ont été régénérés naturellement. Cependant, 16 000 hectares nécessitent encore des interventions humaines pour assurer leur régénération.
M.B.S.M.
Maroc – Fès : L’effondrement d’un immeuble fait 9 morts et 7 blessés
Le drame survenu dans le quartier El Hassani, à Fès, au Maroc a pris une tournure encore plus tragique. Le bilan provisoire de l’effondrement d’un immeuble résidentiel dans cet arrondissement de la ville s’élève désormais à neuf morts, dont huit personnes décédées à l’hôpital Al Ghassani et une à l’hôpital Ibn El Khatib. Par ailleurs, sept blessés ont été recensés, parmi lesquels trois enfants et quatre adultes.
Le sinistre s’est produit dans la nuit de jeudi à vendredi, lorsqu’un immeuble de six étages, déjà fragilisé, s’est entièrement effondré dans l’arrondissement des Mérinides, provoquant un choc profond au sein de la population locale.
Par mesure de précaution, les autorités locales ont procédé à l’évacuation des habitants des immeubles avoisinants, craignant d’éventuels effondrements supplémentaires qui pourraient mettre d’autres vies en danger.
Les services compétents poursuivent actuellement leurs efforts pour sécuriser les abords du site et ont ouvert une enquête approfondie afin de déterminer les causes exactes de cet effondrement dramatique. Des opérations de recherche et de fouille minutieuses se poursuivent sous les décombres pour s’assurer qu’aucune personne ne reste ensevelie.
Ce drame a provoqué une onde de choc dans le quartier, où l’émotion et l’inquiétude sont palpables. Les habitants, sous le choc, suivent avec angoisse l’évolution de la situation et espèrent que les recherches n’aboutiront pas à de nouvelles victimes.
Nouvelle découverte archéologique à Jebel Salloum (Kasserine)
La directrice de recherche à l’Institut national du patrimoine (INP) et responsable du département de l’inventaire général et des recherches Samira Souheili a annoncé hier, le vendredi 9 mai, la découverte d’un nouveau site archéologique, baptisé « Henchir Dhrawya », dans la région de Jebel Salloum (gouvernorat de Kasserine).
Cette découverte a été réalisée dans le cadre d’une mission de terrain menée par l’INP. Le site, qui s’étend sur environ cinq hectares, remonte à la période romaine, entre le IIIᵉ et le VIIᵉ siècle après J.-C.
La responsable a précisé que le site renferme plusieurs structures remarquables : un pressoir à huile d’olive complet, une nécropole dotée d’un mobilier funéraire bien conservé, un bain romain, ainsi qu’un ancien village.
Le site comprend également un réseau sophistiqué d’installations hydrauliques — canaux d’acheminement et de drainage — ainsi que deux inscriptions majeures. La première atteste de l’existence d’un atelier d’architecture, mentionnant le nom du propriétaire du domaine et de l’architecte, ce qui confirme une construction planifiée sur des bases scientifiques. La seconde inscription constitue un message d’accueil destiné aux visiteurs.
La chercheuse a souligné que la région de Kasserine était réputée, dans l’Antiquité, pour sa production et son exportation d’huile d’olive, jouant un rôle de premier plan dans l’économie du monde romain. Le site, désormais recensé sur les cartes topographiques et archéologiques, est encore en phase d’exploration. Un programme de fouilles approfondi est à l’étude, a ajouté Souheili, précisant qu’il nécessitera une analyse scientifique préalable.
Bizerte célèbre demain « Le Retour des Phéniciens »
La deuxième édition de la manifestation culturelle « Le Retour des Phéniciens » se déroulera demain, 11 mai 2025, au vieux port de Bizerte, a annoncé le Commissariat régional des Affaires culturelles de Bizerte.
Événement phare organisé dans le cadre de la 34ème édition du Mois du patrimoine, sous la supervision du ministère des Affaires culturelles, cette édition sera placée sous le thème : « Les Phéniciens et la mer ».
Le programme comprend une visite guidée des monuments historiques de Bizerte, notamment la Médina, le Musée océanographique Sidi Henni et le vieux port. Cette nouvelle édition prévoit également plusieurs ateliers axés sur l’écriture phénicienne, les costumes traditionnels et les bijoux d’époque, ainsi que des scénographies en langue phénicienne. Une performance artistique intitulée « Les couleurs de la nacre mauresque » figure aussi au programme.
Cette initiative s’inscrit dans une démarche de valorisation du riche héritage culturel phénicien présent sur le territoire tunisien. Elle vise à sensibiliser le grand public à cette ancienne civilisation méditerranéenne, reconnue pour son savoir-faire maritime et artisanal, tout en renforçant le lien entre les générations actuelles et leur histoire millénaire.
















