Demi-finales de la coupe : suspense et spectacle garantis
Par Jamel Belhassen
Aujourd'hui et demain, les ferus de football vivront au rythme des demi-finales de la coupe de Tunisie qui se joueront à Monastir et à Ben Guerdane. Le Stade Tunisien, tenant du trophée, ira cet après-midi défier l'USMonastir chez lui. Les gars du Bardo qui ont éliminé au tour précédent l'Etoile à Sousse, abordent ce match en toute confiance et comptent récidiver face à des Monastiriens qui ont assuré une qualification à la Ligue des champions et qui ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin. C'est dire qu'il faut s'attendre à une empoignade serrée et équilibrée et qui pourrait aller jusqu'aux prolongations. Demain, dimanche, L'Espérance, championne de Tunisie, ira à Ben Guerdane avec l'intention de confirmer sa supériorité sur le plan technique mais aura à composer avec une pelouse difficile et un adversaire coriace et hautement motivé, souvent intraitable dans son antre. Là aussi, les débats s'annoncent disputés, s'agissant d'un match de coupe où les pronostics restent interdits. Il ne reste plus qu'à souhaiter un spectacle de qualité dans les deux stades malgré l'importance de l'enjeu. Qui aura droit à une place en finale? Bien malin celui qui devinera la réponse . Le coup d'envoi des deux rencontres sera donné à 15h30.
J.B.
A la Maison des Jeunes de Sidi Daouad à La Marsa : la création pour tous
« Création pour Tous » ainsi s’intitule la rencontre artistique et participative qu’accueille aujourd’hui à partir de 14h00 la Maison des Jeunes de Sidi Daouad à La Marsa. Ce rendez-vous est organisé en collaboration avec l’Association du Développement Culturel de La Marsa (ACDMA).
L’événement, qui se déroulera au sein de la Maison des Jeunes de Sidi Daouad, vise à mettre en valeur les talents locaux, renforcer le lien social et sensibiliser à l’importance de l’art comme vecteur d’inclusion et de développement personnel, selon la présidente de l’ACDMA, Soumaya Khammar.
Au programme de cette journée : une fresque collective permettant de peindre ensemble, un atelier « Recycl’Art » utilisant des matériaux recyclés, un espace de dessin libre et des activités intergénérationnelles permettant aux familles de créer ensemble. Des animations musicales viendront agrémenter l’événement dans une ambiance conviviale.
« Cette manifestation constitue une opportunité pour encourager la créativité spontanée et célébrer les couleurs de l’art sous toutes ses formes », a déclaré Khammar à l’Agence Tunis-Afrique-Presse (TAP), vendredi 23 mai.
Elle a également fait état de l’engagement de l’association dans l’accompagnement des jeunes par des ateliers artistiques et des rencontres avec des professionnels de différentes régions tunisiennes. L’objectif est de les encadrer et de les sensibiliser au rôle de la culture dans la vie sociale, a-t-elle ajouté.
L’ACDMA, active depuis sa création dans le domaine culturel, se positionne comme un levier de valorisation des talents et de promotion de la créativité en Tunisie. À travers ses activités variées, elle offre un espace dynamique d’expression artistique, sociale et éducative.
Le Quotidien avec TAP
L’ouvrage « Histoire orale des Instituts Pasteur » lauréat du prix Ibn Jazzar 2025
Le prix Ibn Jazzar 2025 est décerné à « Histoire orale des Instituts Pasteur », paru en 2022 en coédition Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain (IRMC)-Nirvana, sous la direction d’Anne-Marie Moulin, médecin et philosophe (SPHERE).
La cérémonie de remise du prix a eu lieu hier à la Faculté de médecine de Sousse.
« En 2012, médecins, laborantins, historiens et sociologues se sont réunis à l’Institut Pasteur de Tunis pour parler de science au Maghreb. À cette occasion, trois questions ont été posées : d’une part, qu’est-ce qu’être « pasteurien » ? D’autre part, comment se transmet la mémoire de la science à travers les générations ? Enfin, quel avenir pour les Instituts ?
Ainsi, cette rencontre inédite donne la parole aux petits et aux grands, et le présent ouvrage redonne vie à ces riches discussions. En plus de faire le lien entre la science arabe du passé et la science globale d’aujourd’hui, il relie les trois pays du Maghreb autour d’enjeux communs et multiples. Le récit, richement illustré, est plus critique et drôle que l’histoire officielle. De fait, le lecteur est admis dans l’intimité des laboratoires où les communautés scientifiques du Maghreb s’activent au sein de la compétition mondiale » précise le résumé publié sur le site de l’IRMC.
Le livre offre à lire une série de récits signés par différentes générations de médecins, laborantins, historiens et sociologues qui ont tenté de dépoussiérer l’histoire de l’Institut Pasteur.
La JSKairouanaise de retour en Ligue 1
Victorieuse de l'OCKerkennah dans un match décisif pour l'accession par 2 à 0, la JSKairouanaise a réussi aujourd'hui à assurer son retour parmi l'élite après des années en Ligue 2 En bas du tableau, le miracle n'a pas eu lieu pour l'ESJerba, battu 2-3 par le SRSport. Il accompagne ainsi l'ASRogba Tataouine en première division amateurs.
J.B.
Ahmed Jaouadi décroche la médaille d'or à Barcelone
Le nageur tunisien Ahmed Jaouadi a réussi à décrocher la médaille d'or en 400 m nage libre dans le Mare nostrum swim Tour à Barcelone avec un temps de 3'44"28. Il s'agit là de la seconde médaille après l'argent remporté avant hier. Ce jeune nageur de 19 ans est en train de se frayer un chemin parmi les meilleurs de la spécialité.
J.B.
Sejnene : Quand la terre modèle l’espoir
Communiqué de presse
Avec Carrefour et l’AMC, des poupées pour briser le tabou du cancer du sein.
Sejnene, Tunisie. Dans les zones rurales de Tunisie, le cancer du sein reste un sujet tabou. Trop peu discuté, il est souvent diagnostiqué trop tard. Mais à Sejnene, village du nord-ouest tunisien, un espoir discret naît entre les mains de femmes potières. Ce savoir-faire ancestral, reconnu par l’UNESCO, est aujourd’hui réinventé au service d’une cause vitale, et devient le cœur battant d’une campagne de sensibilisation inédite, initiée par Carrefour en soutien à l'Association des Malades du Cancer (AMC), dans le prolongement d’un engagement solidaire construit au fil des années. Une campagne où l’artisanat se fait messager d’espoir, de prévention et de solidarité.
Ce savoir-faire va bien au-delà de l’artisanat : il incarne la transmission, la force des femmes, la mémoire vivante d’une communauté. Aujourd’hui, il est réinventé avec une profondeur nouvelle, mis au service d’un combat universel et intime à la fois, celui de la vie face au cancer du sein. Entre les mains de ces potières, l’argile devient langage, message, éveil. Une forme de résistance douce, modelée avec amour, pour éveiller les consciences et protéger les générations futures.
Carrefour Tunisie, en collaboration avec l’Association des Malades du Cancer (AMC), lance une initiative aussi poignante que symbolique : des poupées en terre cuite inspirées de vraies survivantes du cancer du sein. Chacune est façonnée à la main par une artisane de Sejnene, portant un détail presque invisible mais profondément significatif : une petite bosse sur la poitrine, reproduction fidèle de la première alerte qu’ont su détecter, à temps, les femmes qui ont survécu grâce à l’autopalpation.
Ces poupées racontent une autre histoire. Celle d’un savoir transmis de mère en fille, désormais porteur d’un nouveau message : celui de la prévention et du dépistage précoce.
Un film émouvant, dévoilé en ouverture de campagne, suit le geste précis et lent d’une artisane modelant l’argile. Au fil de la création, la bosse apparaît. Discrète. Importante. Elle devient symbole. Ce film est la première étape d’une campagne de sensibilisation nationale. Les poupées symboliques seront par la suite dévoilées aux journalistes, influenceurs et leaders d’opinion, afin de briser le silence autour de la maladie.
Une partie des poupées est également mise à disposition du public, grâce à l’appui logistique de Carrefour, pour collecter des fonds destinés au traitement du cancer du sein. Ainsi, chaque poupée devient un acte de solidarité, un appel à la vigilance, un outil de sensibilisation.
L’Association des Malades du Cancer met l’accent sur l’importance du dépistage précoce, en s’appuyant sur le patrimoine artisanal local comme fil conducteur de cette nouvelle campagne de sensibilisation.
Mme Zarrouk, présidente de l’association, explique :
« Le dépistage précoce du cancer du sein est un geste de vigilance, comparable au travail minutieux des femmes de Sejnene lorsqu’elles façonnent l’argile. Ce savoir-faire ancestral, précis et attentif, peut symboliquement nous inspirer : comme elles prennent soin de chaque détail, nous invitons chaque femme à prendre soin de sa santé. En réalisant régulièrement des examens, elles peuvent prévenir la maladie et éviter bien des souffrances. À travers cette campagne, nous voulons éveiller les consciences pour faire du dépistage un réflexe salvateur. C’est une campagne pour sauver des vies. »
Carrefour, initiateur de cette action, a également tenu à souligner son engagement à travers les mots du responsable marketing de cette opération, Mourad Naili :
« Derrière chaque projet solidaire que nous menons, il y a une conviction profonde : celle qu’une enseigne peut, et doit, jouer un rôle moteur dans les grandes causes sociétales. Ce n’est pas une démarche ponctuelle : Carrefour Tunisie a toujours agi et continuera d’agir pour accompagner les communautés, soutenir les plus fragiles et défendre des causes essentielles. Avec les femmes de Sejnene, nous avons uni nos forces pour que la tradition devienne un levier de sensibilisation.
Chaque poupée créée porte un double message : celui d’un patrimoine vivant et celui de l’espoir face au cancer. C’est un engagement de cœur, que nous assumons avec fierté à travers tout notre réseau. »
À Sejnene, la terre a toujours raconté des histoires. Aujourd’hui, elle sauve des vies.
Editorial : Démonstration de «farces» de très mauvais goût
Par Chokri BACCOUCHE
L’histoire s’est passée il y a quelques jours dans un collège de La Goulette. Un attroupement inhabituel s’est formé, en effet, devant l’établissement scolaire de cette ville balnéaire de la banlieue nord de la capitale où des jeunes élèves, apparemment très remontés, s’étaient ligués dans le cadre d’une expédition punitive qu’ils projetaient d’effectuer. Punir qui et pour quelle raison? S’agit-il d’un règlement de compte entre clans rivaux comme cela se passe dans bon nombre de nos bahuts? Pourquoi cette effervescence et cette colère diffuse, difficilement contenue qui sonne comme un appel à la guerre et suscite à la fois l’étonnement et la crainte de voir la situation échapper à tout contrôle, voire déboucher sur un incident grave ? Renseignement pris, ces jeunes élèves, tout excités et dont l’adrénaline a atteint des sommets, étaient sur le pied de guerre contre leur… enseignante de français. Ils s’étaient jurés de lui réserver un accueil en fanfare à sa sortie du collège pour lui infliger une sévère correction, rendue nécessaire à leurs yeux parce qu’elle leur a donné une mauvaise note lors de la dernière épreuve écrite.
Nos aïeuls disaient que les enseignants ont failli être prophètes. Cela est peut-être valable dans une époque révolue où l’éducateur jouissait de tous les égards et le respect dus à son rôle et sa mission sociale ô combien importante dans l’encadrement des futures générations. De nos jours, malheureusement, la situation a bien changé, dans le mauvais sens s’entend. L’enseignant, pour le triste cas d’espèce, est voué à être transformé en Makiwara, ce poteau de frappe rembourré qui permet aux adeptes des arts martiaux de durcir leurs poings et leurs pieds et d’améliorer leur technique de frappe. Parce qu’ils avaient reçu une mauvaise note à l’examen donc, la meute d’élèves en colère tenait à se venger de leur propre enseignante pour réparer ce crime de lèse-majesté et cet outrage impardonnable. Il y a vraiment de quoi tomber à la renverse et se poser mille et une questions sur la situation affligeante et réellement préoccupante qui prévaut dans la plupart de nos établissements éducatifs où les relations entre les enseignants et les apprenants sont devenues, le moins qu’on puisse dire, exécrables.
Il faut dire que cette situation, intenable et inacceptable, s’aggrave au fil des ans. On avait pensé que la violence et les comportements agressifs dans nos bahuts étaient des phénomènes passagers. On s’est lourdement trompé comme le démontre d’ailleurs la multiplication des incidents survenus ces dernières années dans bon nombre d’établissements scolaires qui rivalisent de gravité. On ne compte plus en effet les agressions verbales sur fond de propos oiseux et injurieux proférés par des élèves déchaînés contre leurs enseignants, le plus souvent pour des raisons futiles. L’appétit venant en mangeant, les agressions physiques et parfois même à l’arme blanche sont entrées petit à petit en scène. Pour un oui ou pour un « gnon », certains n’hésitent pas ainsi à passer à l’acte et sautent le rubicon, sans se soucier le moins du monde des conséquences fâcheuses de leur comportement répréhensible. Il faut reconnaître également que le comportement de certains enseignants en milieu scolaire n’est pas au-dessus de tout reproche non plus et participe à la détérioration des relations avec les élèves.
Pour la petite histoire, lors de l’incident en gestation devant le collège de La Goulette, des badauds formés de pères et de mères de famille qui passaient par hasard par-là avaient voulu s’interposer pour persuader le groupe d’élèves décidés à en découdre avec leur enseignante de revenir à de meilleures intentions. Mal leur a pris, car ils ont été pris illico pour cibles par leurs assaillants dirigés par… une élève, à coups de propos indécents et injurieux. L’individu Alpha, en jupon, de la meute n’a pas manqué, en guise d’échauffement, de déverser tout son fiel sur ces malheureux intermédiaires de bons offices pour leur intimer l’ordre de ne pas se mêler de l’affaire. On aura tout vu et entendu, décidément, dans cette triste histoire, sur fond d’une démonstration de force de ces élèves qui n’hésitent pas à s’en prendre à tout le monde, à savoir aussi bien les cadres enseignants que les pères et mères de famille. Il s’agit en fait d’une démonstration de «farces» de très mauvais goût qui en dit long d’ailleurs sur l’état des lieux déplorable de notre système éducatif, où tout est à reconstruire de la base au sommet de la pyramide. La réforme de ce système qui tombe en désuétude, pour ne pas dire qu’il part en vrille à tous les niveaux, est non seulement un impératif urgent mais également une nécessité de la plus haute importance. La Tunisie, qui a misé depuis l’aube de l’indépendance sur l’éducation, doit tout faire pour sauver ce secteur stratégique qui souffre de mille et un maux et n’est plus aujourd’hui que l’ombre de ce qu’il était naguère. Cette réforme salvatrice réclamée à cor et à cri depuis des années mais qui tarde malheureusement à venir doit nécessairement impliquer tout le monde, c’est-à-dire aussi bien les acteurs du secteur que les élèves et leurs parents. Il est grand temps d’agir en conséquence pour sauver les meubles du secteur avant qu’il ne soit trop tard…
C.B.
800 mille logements inoccupés : Et pourtant les Tunisiens cherchent toujours désespérément un toit ...
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Selon les résultats du dernier recensement, la Tunisie compte 800 mille logements inoccupés. Ce chiffre reflète à lui seul la gravité de la crise qui secoue le secteur de l’immobilier. Que faire pour remettre de l’ordre dans ce secteur stratégique à plus d’un titre?
800 mille, tel est le nombre de logements inoccupés et ni loués ni vendus en Tunisie. Ce chiffré ressort des résultats du dernier recensement opéré en 2024. Tant de questions se posent de fait concernant la situation dans laquelle se trouve le secteur de l’immobilier. Et pourtant, le secteur immobilier tunisien est un pilier important de l’économie tunisienne, s’accordent à dire tous les experts. Représentant 6,6 % du PIB, le secteur est jugé dynamique et comprend des activités de transaction, de gestion et de promotion. Malgré une baisse des transactions en 2024, le marché semble se redresser. Les prix des logements, notamment dans les quartiers populaires, continuent d’augmenter, mais la concentration de la population dans les grandes villes comme Tunis, Sfax, Nabeul et Sousse crée un déséquilibre entre l’offre et la.demande. «D’alleurs, 85 % des logements inoccupés se situent dans ces régions», nous dira l’expert en bâtiment, Rached Ben Hcine.
Selon toujours notre expert : «Nous avons fait de mauvais choix en abandonnant le logement social, privilégiant le standing et le haut standing. A noter que les 800 mille logements inoccupés cités dans le dernier recensement sont en majorité de la catégorie standing ou haut standing. Le reste, ce sont des habitats anciens datant de l’époque coloniale voire arabo-musulmane. Le fait qu’ils ne soient ni loués ni vendus, cela s’explique par le prix qui reste au-dessus de la bourse du Tunisien moyen». Que faire de fait pour sauver le secteur?
Le social ...
Avec des taux d’intérêt exorbitants, il est presque impossible pour le Tunisien moyen d’accéder aux prêts bancaires destinés à l’achat d’un logement. A cet égard, l’expert en bâtiment, Rached Ben Hcine, nous a indiqué : «Un logement acheté à crédit est payé une fois le prêt remboursé deux fois son prix réel. En d’autres termes, pour 100 mille dinars empruntés, vous remboursez 200 mille dinars. A ces taux-là, vous êtes endettés à vie. Alors, devenir propriétaire est un rêve irréalisable en Tunisie». Et d’ajouter : «Nous n’avons plus le choix et orienter nos politiques en matière de logement vers le social devient ainsi une priorité. C’est, d’ailleurs, la volonté du chef de l’Etat qui, en février dernier, a appelé les intervenants dans le secteur de l’immobilier à assumer pleinement leur responsabilité en assurant le rôle social de l’Etat. En effet, le Chef de l’État s’est longuement penché, lors de son entretien avec le ministre de l’Equipement et de l’Habitat, sur le secteur du logement social, soulignant l’importance pour la Société nationale immobilière de Tunisie (SNIT), l’Agence foncière de l’habitat (AFH) et la Société de promotion des logements sociaux (SPROLS) de renouer avec leurs rôles initiaux et d’assumer pleinement les missions pour lesquelles elles ont été créées, selon un communiqué de la Présidence de la République. Il a rappelé que de nombreux quartiers résidentiels et logements décents ont été construits et mis à la portée des ménages à revenus modestes. De plus, le système de location-accession, permettant aux locataires de devenir propriétaires après une certaine période, constitue une solution que la politique sociale de l’État doit adopter pour remédier à la crise du logement et freiner la hausse excessive des loyers».
M.B.S.M.
Performance de l’écosystème tunisien des start-up : Un goût d’inachevé …
Pr Hassan GHEDIRI
La Tunisie a gagné huit places dans le classement de 2025 des écosystèmes de start-up dans le monde. Il n’empêche que de nombreuses anomalies persistent…
En grimpant de la 90è position en 2024 à la 82è place cette année dans le Global Startup Ecosystem Index de 2025 publié par la plateforme internationale StartupBlink spécialisée dans l’analyse et l’évaluation des performances des écosystèmes de start-up à travers le monde, la Tunisie décroche la deuxième place dans la région de l’Afrique du Nord, devancée de très loin par une Egypte dotée d’un écosystème trois fois plus puissant que le nôtre. A l’échelle du continent, notre pays s’impose dans le top 10 en occupant la 7è place alors qu’il arrive 14è dans la région MENA. Cette progression ne peut toutefois camoufler de nombreux handicaps structurels qui ralentissent la dynamique de développement de l’écosystème. Parmi les obstacles auxquels ils se heurtent tous les jours, les jeunes startupeurs citeront à l’unanimité l’accès au financement, les lenteurs administratives et un cadre réglementaire rigide.
En fait, avec un peu plus de 1400 start-up labellisées, la Tunisie affiche un potentiel entrepreneurial assez prometteur. En même temps, c’est l’implication du système de financement qui laisse à désirer. Pilier fondamental du développement des écosystèmes des start-up dans le monde, le financement reste un casse-tête majeur, se limitant à quelques fonds de capital-risque et des investisseurs institutionnels particulièrement réticents face aux secteurs innovants. De plus en plus nombreuses sont alors les jeunes pousses qui peinent à accéder à des fonds suffisants pour assurer leur croissance. A cela s’ajoute une bureaucratie encore lourde et des dispositifs publics peu adaptés, freinant l’accès à des mécanismes de soutien financier. Malgré un climat d’affaires pas tout à fait propice, certaines start-up parviennent quand même à tirer leur épingle du jeu sur des marchés extérieurs. Selon le rapport Partech Africa, les start-up tunisiennes ont levé 24 millions de dollars en 2024, à travers 11 transactions sur le marché africain. Ces performances, bien que prometteuses, restent modestes à l’échelle continentale et doivent être généralisées.
Disparité
Il faut dire que depuis l’adoption en 2018 de la loi sur promotion de l’écosystème des start-up en Tunisie (StartupAct) qui a constitué une avancée législative très importante, des lois archaïques sont encore en vigueur, notamment celles réglementant les transactions en devises censées être rectifiées par la réforme du code de changes qui tarde à voir le jour. Une situation qui décourage beaucoup de jeunes entrepreneurs et limite leurs perspectives de croissance. Face à ces limitations, plusieurs acteurs de l’écosystème appellent à une diversification des modes de financement. Parmi les solutions envisagées figure le financement participatif (crowdfunding), un levier inclusif et innovant, particulièrement utile aux start-up en phase de démarrage. Il faut noter que la Tunisie s’est bel et bien dotée d’une loi encadrant le crowdfunding dès 2020. Cette loi reste, néanmoins, peu appliquée, certainement à cause du manque de communication qui aide à sa promotion auprès des jeunes entreprises et investisseurs.
D’aucuns pointent par ailleurs du doigt la centralisation excessive de l’écosystème des start-up en Tunisie. Plus de 70 % des start-up labellisées sont en effet localisées dans le Grand Tunis, tandis que des régions comme Siliana, c’est le néant. Cette fracture territoriale prive des centaines de jeunes talents d’un cadre propice à l’innovation et freine le développement économique régional. Accélérer les réformes, simplifier l’accès aux financements et assouplir le cadre réglementaire sont des actions indispensables pour stimuler l’entrepreneuriat dans les secteurs innovants et redonner des ailes aux jeunes pousses.
H.G.
Coupe de Tunisie :Les arbitres des demi-finales
La Direction Nationale d'arbitrage qui n'a pas tenu compte de la demande d'arbitres étrangers pour ce penultieme tour de la coupe de Tunisie a désigné les referees tunisiens suivants pour officier les deux demi-finales de ce week-end . En voici les détails :
Samedi 24 mai 2025 - 15h30
USM- ST: Houssem Boulares
VAR: Oussama Ben Ishak
Dimanche 25 mai 2025 - 15h30
USBG- EST; Fraj Abdellaoui
VAR :Naim Hosni
J.B.
Festival international Jean Rouch-Tunis : Du 18 au 22 juin avec à l’affiche « La couleur du phosphate »
La deuxième édition Hors-les-murs à Tunis du Festival international Jean Rouch, et ce, du 18 au 22 juin 2025 au Cinéma Africa – Tunis, avec au programme sept projections.
Le festival est organisé par l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC) avec l’appui du Comité du film ethnographique du Festival Jean Rouch et en partenariat avec le magazine « Screen Arabia », spécialisé en cinéma et en arts visuels en Tunisie et dans le monde arabe.
Sept projections de films sont au programme de cette édition, suivies de débats en présence de leurs réalisateurs et réalisatrices, et accompagné(e)s de chercheurs et chercheuses en sciences sociales. Le réalisateur tunisien Ridha Tlili, dont le film « La couleur du phosphate » est programmé à la clôture du festival, a rejoint l’équipe, assurant une master-class ouverte au public. Il est à rappeler que ce film a remporté le prix du meilleur long-métrage documentaire de la compétition nationale des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) 2024.
Outre les projections, des ateliers d’initiation à l’écriture documentaire et ethnographique, destinés à des étudiants en cinéma et en anthropologie visuelle sélectionnés au Maghreb, en Afrique de l’Ouest et en Europe rythmeront la programmation.
Cette édition s’inscrit dans la continuité de l’édition hors-les-murs Tunis 2024 qui a réalisé un succès inédit au niveau de l’organisation, de la programmation et de l’affluence du public, surtout qu’il s’agissait de la seule et première édition hors-les-murs de ce grand Festival international au Maghreb et en Afrique.
Le Festival international Jean Rouch est l’une des plus importantes manifestations européennes de cinéma documentaire lié aux sciences humaines et sociales. Fondé en 1982 par le Cinéaste et Ethnologue Jean Rouch (1917-2004). Il se poursuit à travers des éditions hors-les-murs, tout au long de l’année en France et ailleurs.
Ce Festival international vise à promouvoir la diversité culturelle à travers les sujets des films projetés, la professionnalisation des jeunes étudiants par le biais des ateliers et la découverte de l’univers du film ethnographique par le public tunisien.
Prix Ibn Khaldoun pour la promotion et la recherche dans les sciences humaines: La remise des prix est pour le 27 de ce mois
La cérémonie de remise du « Prix Ibn Khaldoun pour la promotion et la recherche dans les sciences humaines » pour l’année 2025 aura lieu, mardi prochain, 27 mai, au Centre des Arts, de la Culture et des Lettres, Ksar Saïd, à Tunis.
La Bibliothèque de la Khaldounia, à la Médina de Tunis a abrité les cérémonies des éditions précédente (2016, 2017, 2018, 2019, 2023). La cérémonie de la première édition, en 2015, avait eu lieu à la Bibliothèque Nationale de Tunisie.
Ce prix est organisé par la Chaire ICESCO « Ibn Khaldoun pour la culture et le patrimoine » au Centre des Arts, de la Culture et des Lettres, Ksar Saïd, avec l’association Med21.
Promouvoir les études et les recherches en Sciences Humaines et Sociales en Méditerranée est l’objectif principal de ce prix créé, en décembre 2014, par la Faculté des Lettres, des Art et des Humanités de la Manouba, la Bibliothèque Nationale de Tunisie et MED 21.
La Chaire ICESCO « Ibn Khaldoun pour la Culture et le Patrimoine » au Centre des Arts, de la Culture et des Lettres, Ksar Saïd, fait partie du réseau des chaires internationales de la Pensée, des Lettres et des Arts de l’Organisation du Monde Islamique pour l’Éducation, les Sciences et la Culture (ICESCO) regroupant de prestigieux universités et instituts de recherche. La Chaire est dédiée à l’étude de la pensée d’Ibn Khaldoun et à la promotion de la culture et du patrimoine. Elle organise des événements tels que des conférences et des colloques sur le thème d’Ibn Khaldoun et de son impact sur la culture et le patrimoine.
Le comité d’évaluation composé de trois historiens réunit Abdelhamid Larguèche (président), Latifa Lakhdar et Faouzi Mahfoud.
Les lauréats de cette édition 2025 du « Prix Ibn Khaldoun pour la promotion et la recherche dans les sciences humaines » sont Karima Kim (Corée du Sud), Prix Ibn Khaldoun international, Mehdi Kouirkat (Maroc-France), Prix Ibn Khaldoun Méditerranée, et Moncef M’henna (Tunisie), Prix Ibn Khaldoun du pays hôte.
Deux prix honorifiques seront également décernés à Ahmed Abdessalem et Abou el Kacem Mohamed Kerrou (Tunisie).
Au programme
La cérémonie verra la présentation des œuvres littéraires et académiques réalisées par les lauréats.
L’allocution inaugurale sera prononcée par la ministre des Affaires Culturelles, Amina Srarfi.
L’historien Abdelhamid Larguèche présentera « le projet Ibn Khaldoun dans le registre de « La Mémoire du Monde » et le prix « Ibn Khaldoun du programme MED 21 ».
Des universitaires et des chercheurs tunisiens et étrangers sont au comité du projet visant l’inscription de la Muqaddima, au registre de « La Mémoire du Monde ». Cette œuvre universelle qui était à l’origine de l’émergence de la Sociologie humaine que nous utilisons aujourd’hui pour comprendre le monde.
Le collectif « propose l’inscription conjointe de la Muqaddima sur le registre de la ‘Mémoire du Monde’ par tous les partenaires du Monde qui conservent ses manuscrits, qui les ont traduites, diffusées ou simplement valorisées par un travail critique ou analytique comme patrimoine en partage pour toute l’humanité ».
Le programme MED 21, lancé à Rome en 2010, est un réseau qui regroupe aujourd’hui 22 prix destinés à promouvoir l’excellence et la coopération en Méditerranée et dans le reste du monde.
Les Prix MED 21 distinguent des individus ou organisations ayant contribué de manière significative au renforcement de la coopération méditerranéenne dans des domaines variés tels que : la philosophie, les sciences humaines, l’économie, l’architecture et l’urbanisme, l’environnement, la traduction, la musique, le journalisme, la littérature, les sciences exactes.
Ces prix portent généralement les noms de figures marquantes de l’histoire méditerranéenne, assurant ainsi un lien entre le passé, le présent et l’avenir. Un aspect particulier du programme est que les Prix MED 21 sont généralement décernés simultanément à trois lauréats un du sud de la Méditerranée, un du nord, et un troisième issu du reste du monde.
Actuellement, les Prix MED 21 sont implantés dans 10 pays méditerranéens et accueillis dans plusieurs villes telles qu’Istanbul, Tolède, Casablanca, Palerme, Alger, Tunis, Marseille, Belgrade, Vérone, Gênes et Podgorica.
Djerba accueille le premier Colloque de recherche sur le patrimoine insulaire
À partir d’aujourd’hui, l'île de Djerba sera le théâtre de la première édition du Colloque de recherche et d’études sur le patrimoine insulaire, placée sous le thème : « L’île de Djerba à travers l’Histoire… du local au global ».
Organisé par l’Association pour la Sauvegarde de l’Île de Djerba (ASSIDJE) en partenariat avec le Centre Ibadica, cet événement se poursuit au Centre culturel méditerranéen de Houmt Souk jusqu’au 25 mai 2025.
Riche d’un patrimoine historique et culturel exceptionnel, Djerba constitue un terrain d’étude majeur. Ce colloque vise à approfondir l’exploration de ses multiples facettes, de la préhistoire à l’époque contemporaine.
Le Forum de recherche et d’études sur le patrimoine de l’île de Djerba rassemblera des chercheurs et conférenciers issus de diverses disciplines, offrant ainsi une pluralité d’approches scientifiques. Au programme : dix séances scientifiques où se croiseront expertises et perspectives nouvelles, dans un esprit de dialogue et de collaboration académique.
Les organisateurs invitent chercheurs, passionnés et curieux à prendre part à cet espace d’échange et de valorisation du patrimoine insulaire.
En attendant son inscription sur la liste des géoparcs mondiaux : Geoparc Dahar séduit par sa richesse la délégation de l’UNESCO
L’évaluation du dossier de la Tunisie pour l'inscription du « Géoparc Dahar » au patrimoine mondial, était au centre d’une séance de travail tenue, hier le jeudi 22 mai, au siège du gouvernorat de Tataouine, avec la délégation de l’Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la culture (UNESCO) en visite d’inspection dans la région.
La séance a eu lieu en présence des membres de la commission scientifique nationale, de certains responsables régionaux ainsi que des membres de la société civile.
A cette occasion, une présentation a été faite par Khaled Hachicha, Directeur Général à l’Office de développement du Sud, portant sur le développement, les ressources humaines et les éléments attractifs du patrimoine dans les gouvernorats du Sud-Est, notamment la zone où s'étend le « Géoparc Dahar ». Cette zone couvre trois gouvernorats, de Matmata au nord (Gabès) jusqu’au Dehiba (Tataouine) au sud, en passant par Beni Khedache (Médenine), a-t-il expliqué.
Le responsable régional a souligné les grandes ressources naturelles et les infrastructures dans les divers domaines de développement économique au Sud-Est et l'intérêt indéfectible au développement durable afin de préserver la diversité et la richesse naturelle dans cette région.
Dans leur présentation, le Commissaire régional au Tourisme, Jameleddine Ben Jabeur, et le président de la Fédération du Tourisme Authentique Destination Dhahar (FTADD), Mohammed Dabbabi, ont évoqué les aspects touristiques et patrimoniaux de la zone de Dahar avec ses multiples sites géographiques et historiques et qui abrite des auberges, des pensions et des résidences rurales, composantes essentielles du tourisme alternatif.
Diversité saisissante
Les deux responsables ont fait savoir que la préservation des sites géologiques et patrimoniaux constitue un véritable facteur de richesse pour le tourisme culturel et scientifique dans la région, souhaitant voir se renforcer ce secteur prometteur avec l’inscription future du « Géoparc Dahar » au patrimoine mondial.
Dans une déclaration au correspondant de TAP à Tataouine, le représentant de l’Unesco, Jean Sumon Pages, a exprimé son admiration pour les sites géologiques visités au cours des deux derniers jours, et le patrimoine assez riche et distingué de la zone du Geoparc Dahar.
Le responsable onusien a relevé l’enthousiasme constaté chez la communauté depuis son arrivée et sa volonté de faire réussir la candidature tunisienne, en notant en particulier le patrimoine culturel et géologique, la contribution des femmes artisanes et la haute valeur scientifique des sites se trouvant dans toute la zone du Parc géologique « Géoparc Dahar ».
La délégation de l’Unesco composée de deux experts, un Français et un Belge, est en visite de quatre jours au Sud-Est du pays, du 21 au 25 mai, dans le cadre de l'évaluation du dossier technique présenté par la Tunisie fin novembre 2024, pour l'inscription du Parc géologique « Géoparc Dahar » parmi les géo parcs mondiaux de l'UNESCO.
La visite couvre plusieurs sites géologiques et géographiques dans les régions de Tataouine, Médenine et Gabès. Au Musée de la mémoire de la Terre, composante du Parc géologique, ils ont pris connaissance des précieux fossiles qu’il contient, notamment de dinosaures, qui remontent à plus de 100 millions d'années.
Les experts de l’UNESCO devront soumettre leur rapport d’ici septembre 2025. Le Géoparc Dahar est parmi 11 nouvelles candidatures relatives à la désignation de géo parcs mondiaux UNESCO qui seront évaluées en en 2025.
Bon à savoir
Le Géoparc Dahar est situé dans la partie sud-est de la Tunisie. Le territoire présente des plateaux en gradins séparés par des escarpements, des vallées et des bassins, s'étendant sur les gouvernorats de Tataouine, Médenine et Gabès, et couvrant une grande partie du plateau du Dahar (6 000 km² au total).
Le résumé publié dans le site de l’Uneco présente un site naturel qui s'étend de la région de Remada au sud, à la région de Matmata au nord, en passant par le massif montagneux du Jebel Tebaga de Médenine et douze communes. Collectivement, le géoparc représente une transition entre les plaines côtières méditerranéennes et le désert du Sahara, ce qui lui confère une importance géologique, écologique et culturelle.
Le Géoparc Dahar enregistre les 250 derniers millions d'années de l'histoire de la Terre. Il existe une grande diversité géographique liée aux variations pétrologiques et minéralogiques à travers le territoire, ainsi qu'une richesse remarquable en fossiles, transformations diagénétiques et géomorphologie.
Les Géoparcs mondiaux UNESCO sont des zones géographiques uniques et unifiées où des sites et des paysages d'importance géologique internationale sont gérés selon un concept holistique de protection, d'éducation et de développement durable. Leur approche ascendante, qui combine conservation et développement durable tout en impliquant les communautés locales, est de plus en plus populaire. Il y a actuellement 229 géoparcs mondiaux UNESCO dans 50 pays.
Le Quotidien avec TAP
Tournoi de Roland Garros : Ons Jabeur ouvre contre une Polonaise
La Tunisienne Ons Jabeur, 35e au classement WTA, ouvrira sa participation au tournoi du grand chelem, celui de Roland Garros, à Paris, la semaine prochaine contre une Polonaise, Magdalena Frech, 25e mondiale. Le jour et l'horaire du match restent à déterminer. Rappelons que lors de la dernière édition de ce tournoi, Ons Jabeur a atteint les quarts de finale et a perdu face à Coco Gauff.
J.B.
















