Forum des droits culturels : Une nouvelle escale du CinéLab à Douz
Par Imen Abderrahmani
Avec au programme des ateliers spécialisés en cinéma et des projections de films documentaires, la 4ᵉ édition du CinéLab s’ouvre aujourd’hui à Douz, offrant aux jeunes l’opportunité de pénétrer l’univers magique du 7ᵉ art.
Ce rendez-vous, qui se poursuivra jusqu’au 3 juin, insufflant une belle dynamique artistique à cette ville du sud tunisien, se veut une initiative visant à démocratiser la culture et à faciliter l’accès de la population au cinéma. À Douz, comme d’ailleurs dans de nombreuses villes tunisiennes du nord au sud, l’accès au cinéma demeure limité en raison de l’absence non seulement de salles de projection, mais aussi d’une culture de l’image et d’initiatives en la matière. C’est précisément là qu’intervient le CinéLab, un programme ciblant les jeunes et proposant une série de formations dans les différentes spécialités de la création cinématographique.
Le CinéLab est ainsi « un espace ouvert à l’expérimentation et à la création, une opportunité pour les jeunes d’exprimer leurs préoccupations à travers l’image, de développer leurs compétences artistiques dans un cadre collaboratif qui encourage le travail d’équipe et la pensée critique », explique le cinéaste Abdallah Chamekh, initiateur de ce programme et de ce forum défendant l’égalité des chances dans l’accès à la culture.
Débat d’idées et d’images
Pour cette journée d’ouverture, le programme propose la projection du film Sur les traces de lettres de Mohamed Salah Argui. Long-métrage documentaire tourné à Douz, ce film célèbre la poésie populaire, composante essentielle du patrimoine immatériel et de la mémoire collective des habitants de Douz, où tout le monde est poète et où la vie semble être un recueil de poèmes aux sensibilités variées. Document historique et ethnographique, le film met en lumière la pratique de la poésie et la place qu’occupe le poète dans sa société.
Portail du Sahara et l’un des fiefs les plus importants de la poésie populaire, Douz y est représentée à travers une série de portraits croisés de poètes considérés comme de véritables écoles, dont la renommée a dépassé les frontières de Kébili. Parmi les poètes dont le réalisateur a exploré l’héritage, on cite Salem Ben Omrane, Ali Lassoued Merzougui et Al-Aïdi Belghith, avec comme fil conducteur le poète Ayoub Ali Lassoued Merzougui, qui raconte sa vie par et pour la poésie.
La projection de ce film sera suivie d’un débat autour du thème : « Le patrimoine oral dans le cinéma documentaire ». Une belle opportunité pour souligner le rôle majeur du cinéma documentaire dans la préservation et la transmission du patrimoine.
Parmi les autres films à l’affiche de cette 4ᵉ édition, citons La couleur du phosphate de Ridha Tlili. Réalisé en 2024, d’une durée de 90 minutes, et projeté dans la Compétition nationale des JCC 2024, ce film raconte l’histoire d’Aïd, employé à la mine de phosphate de Redeyef, en Tunisie, et chauffeur d’un gros engin transportant la matière extraite. Il tente de fuir la marginalisation en s’adonnant au théâtre. Ce film se veut une lueur d’espoir, une lumière éclairant les esprits et le quotidien dans une ville engloutie par la poussière. Il est à noter que ce film a remporté le prix du meilleur long-métrage documentaire aux JCC 2024, toujours dans le cadre de la Compétition nationale.
« Les droits économiques, sociaux et culturels à travers le film documentaire » est le thème du débat prévu après la projection de La couleur du phosphate. Le débat se poursuivra le 1er juin, avec la projection du film « Matula » d’Abdallah Yahia.
Ce long-métrage documentaire, tourné à Hay Hlel, s’inscrit dans une démarche cinématographique centrée sur les quartiers populaires et marginalisés en Tunisie. Il relate le combat d’un jeune Tunisien issu de l’un des quartiers les plus défavorisés du pays pour échapper à la marginalisation et à la délinquance. Le rêve de Rayan, alias Matula, est de retrouver ses parents, son frère et sa sœur, qui ont quitté clandestinement le pays pour s’installer en Italie.
Relève
Outre ces projections, le programme de cette 4ᵉ édition du CinéLab comporte une série d’ateliers permettant aux jeunes participants d’acquérir des connaissances de base pour réaliser leurs premiers films. Ces ateliers sont animés par des professionnels : photographie avec Sami Kacem, techniques du film d’animation avec Chaker Kalai, écriture et réalisation avec Ridha Tlili et Abdallah Yahia. Ces formations ouvrent certainement les portes du rêve à ces jeunes dont l’accès à l’enseignement artistique reste limité.
Un ciné-concert en hommage à Yasser Jeradi, artiste engagé et fervent défenseur de l’égalité culturelle et des droits de tous les Tunisiens à la culture, est prévu le 3 juin. Pour la clôture, le programme prévoit la projection des projets réalisés dans le cadre des ateliers, ainsi que des rencontres-débats autour des thèmes : « Les droits culturels et le rôle du cinéma dans la construction de la conscience collective » et « L’importance du cinéma comme outil d’autonomisation culturelle ».
I.A.
Festival de la musique et de la gastronomie du Pakistan à Ksar Saïd
Une soirée culturelle et artistique intitulée « Festival de la musique et de la gastronomie du Pakistan » a été organisée, mercredi soir, au Centre des Arts, de la Culture et des Lettres, Ksar Saïd, à Tunis.
Des diplomates, des artistes, des représentants des médias et des membres de la communauté pakistanaise en Tunisie étaient réunis lors de cette soirée exceptionnelle organisée par l’ambassade du Pakistan à Tunis. Cet événement s’inscrit dans le cadre de la célébration du 67ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Pakistan et la Tunisie.
« Le festival de la musique et de la gastronomie du Pakistan » célèbre les relations entre Tunisie et le Pakistan à travers les arts culinaires pour un dialogue inédit entre les sens et les âmes. Cette manifestation vise à renforcer les échanges culturels entre les deux pays et leurs relations bilatérales basées sur les valeurs partagées, la bonne volonté mutuelle et les affinités culturelles profondément enracinées.
A cette occasion, l’ambassadeur du Pakistan à Tunis, Javed Ahmed Umrani, a prononcé une allocution dans laquelle il a souligné la fraternité durable entre les deux pays et l’engagement à renforcer les relations bilatérales, sous la direction du président de la république Kaïs Saïed et du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.
Une belle performance musicale qui transcende la langue et la culture a été donnée par le groupe de rock soufi pakistanais « Sawaal Band », venu de Lahore, suivie d’une prestation de Haythem Lahdhiri, chanteur d’opéra qui excelle également dans le répertoire tunisien et arabe.
Le répertoire de Sawaal Band comprend des compositions originales et des interprétations puissantes de la musique soufie qawalis. Ce groupe met en vedette du rock avec du soufi grâce à sa chanteuse talentueuse Iqra Arif avec son partenaire multi-instrumentiste le guitariste Faraz Siddiqui.
Fondé en 2015, Sawal band est assez populaire au Pakistan et à l’étranger pour sa musique fusion de pop et rock soufi. Ce groupe est dirigé par les musiciens Faraz Siddiqui, Muhammad Nadeem et Iqra Arif, tous diplômés du prestigieux National College of Arts (NCA) du Pakistan.
Les deux performances ont offert une ballade sonore dans la musique arabe et méditerranéenne et le qawali, un genre musical assez populaire au Pakistan.
Ce voyage artistique et culinaire a pris fin par une dégustation des plats présentés par le célèbre chef cuisinier Muhammad Razzaq. Basé à Athènes, en Grèce, où il dirige trois restaurants, le chef Razzaq est un grand spécialiste de la cuisine pakistanaise authentique.
Les invités ont eu droit à une variété de plats du riche patrimoine culinaire pakistanais dans le cadre d’une soirée placée sous le signe du partage et de la diversité culturelle et artistique.
Le Quotidien avec TAP
La Xylella fastidiosa est de retour : Que faire pour barrer la route à la bactérie tueuse d’oliviers?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Responsable de la destruction de quelque 20 millions d’oliviers en Italie, la bactérie Xylella fastidiosa vient s’ajouter à la longue liste de ces maladies qui menacent l’agriculture dans plusieurs pays dont la Tunisie. Que prevoient les autorités pour lutter contre ces bactéries?
Selon le ministère de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques, «la bactérie Xylella fastidiosa, transmise et véhiculée par des insectes vecteurs, s’attaque à un très large spectre de végétaux: vignes, oliviers, arbres fruitiers (Prunus), agrumes, caféiers, chênes, luzerne, etc. La gravité de ses impacts varie selon la souche, le végétal et l’écosystème concerné. Ainsi, on constate une grande diversité de situations dans le monde». Alors en Tunisie, on se prépare pour lutter contre cette bactérie qui vient s’ajouter à la longue liste des bactéries qui menacent la production agricole. Selon l’expert agricole, Faouzi Zayani: «Face à la situation actuelle et à la guerre autour de l’huile d’olive que l’on observe à l’échelle internationale, il est impératif de rester vigilants. Dans un contexte de concurrence déloyale, nous pourrions être victimes d’une catastrophe», a-t-il conclu, en rappelant l’exemple du criquet-pèlerin, qui s’était propagé dans cinq gouvernorats avant que les autorités ne réagissent». Et d’ajouter: «Il faut rappeler qu’en 2013, lorsque le feu bactérien a touché le nord de la Tunisie et a été détecté chez le poirier, nous n’avons rien fait. Vous voyez encore aujourd’hui les conséquences, toujours visibles», Dans sa déclaration relayée par Business news, l’expert a mis en garde contre toute forme de négligence en rappelant: «Nous avons vu les conséquences des réactions tardives, notamment face à la cochenille du cactus, qui a gravement affecté les figues de barbarie», appelant à «anticiper les risques et à renforcer les contrôles aux frontières». Il a également mis en garde «contre d’éventuelles tentatives délibérées de nuire à la récolte tunisienne», qu’il qualifie de véritable terrorisme agricole, «Il faut intensifier les contrôles et utiliser des machines capables de détecter cette maladie, qui pourrait provoquer des ravages», a-t-il poursuivi. Que faire, alors, pour éviter le pire?
Anticipation...
Pour contourner ce danger, un exercice grandeur nature a été réalisé lundi dernier en Tunisie. Selon, en effet, la directrice générale de la santé végétale et du contrôle des intrants agricoles au ministère de l’Agriculture, Naïma Mahfoudhi: «Cette initiative vise à renforcer la préparation de la Tunisie face à la menace de la bactérie Xylella fastidiosa». Cet exercise s’inscrit, par ailleurs, «dans le cadre d’une stratégie proactive de prévention et de sensibilisation». A noter que cet atelier a été organisé par l’Organisation européenne et Méditerranéenne pour la Protection des plantes (OEPP) en partenariat avec son homologue jordanienne, en présence d’experts et spécialistes issus de 21 pays. La directrice à, en outre, indiqué: «L’xylella fastidiosa est une menace pour un nombre impressionnant de végétaux. Plus de 400 espèces sont répertoriées comme sensibles à cette bactérie. Elle touche aussi bien des cultures agricoles que des plantes ornementales ou des espèces sauvages. Dans les champs, des arbres emblématiques comme la vigne, l’olivier ou l’amandier sont particulièrement exposés. Des espèces fruitières, telles que le prunier, le pêcher, le figuier, l’abricotier ou le cerisier, peuvent également être affectées. Les agrumes sont également touchés. Tout comme certaines plantes fourragères comme la luzerne ne sont pas épargnées».
Face à cette menace, Xylella fastidiosa est classée comme organisme de quarantaine au sein de l’Union européenne. Cette classification impose une vigilance accrue de la part des autorités et des professionnels. La réglementation en vigueur prévoit des inspections régulières des plantes sensibles, ainsi qu’une surveillance renforcée des importations de végétaux susceptibles d’être contaminés. La sensibilisation des acteurs agricoles et des jardiniers est également primordiale pour freiner la propagation de la bactérie.
M.B.S.M.
Exposition-hommage à Foued Zaouche
La Galerie Saladin, en collaboration avec le Rotary Club El Manar, propose à partir de demain, le 31 mai à 17h00, un voyage riche en couleurs et en émotions avec les œuvres de l’artiste-peintre Foued Zaouche, figure majeure de la scène artistique tunisienne. Cette exposition rétrospective offre à voir une bonne sélection d’œuvres racontant des scènes de la vie quotidienne et immortalisant les ambiances tunisiennes.
Né à Tunis le 26 juin 1944 et décédé le 25 mars 2015, Foued Zaouche a exploré au fil de son long et riche parcours le portrait, la scène du genre, le patrimoine tunisien et la peinture d’histoire. Ecrivain également, Foued Zaouche a à son actif de nombreuses publications parmi lesquelles nous citons : «Regards» (1999), «L’Affrontement» (2001), «La Fiancée de Amor» (2002, en français et en arabe), «Mensonges» (2003), «Le Maître du jeu» (2004), «L’Homme, ce Cro-Magnon de la conscience» (2007) et «Chroniques» (2008).
L’exposition qui se poursuivra à la galerie Saladin (Sidi Bou Said) jusqu’au 22 juin se veut une fenêtre ouverte sur le monde d’un artiste qui raconte la Tunisie à sa façon, passionnément.
Journées culturelles et économiques tunisiennes à Toulouse
La septième édition des Journées culturelles et économiques tunisiennes démarre aujourd’hui pour se poursuivre jusqu’au 4 juin 2025 sur les Ramblas, allées Jean-Jaurès, en plein cœur de Toulouse.
Organisé par le Consulat de Tunisie à Toulouse, en partenariat avec la Mairie de Toulouse et l’association JCETT, cet événement est devenu au fil des années comme un rendez-vous incontournable célébrant la richesse et la diversité de la culture et du patrimoine tunisiens.
L’édition 2025 mettra à l’honneur l’un des fleurons de la production agricole tunisienne : l’huile d’olive, reconnue mondialement pour sa qualité exceptionnelle. Autour de ce produit vedette, un programme éclectique viendra animer le village tunisien : concerts en plein air, spectacles d’animation, projections de films, expositions d’artisanat, ateliers pour petits et grands et des rencontres culturelles et économiques.
La gastronomie tunisienne sera en effet au menu de cette immersion vivante au cœur de la culture tunisienne avec une farandole de mets typiques qui raviront les papilles des visiteurs.
Critique cinématographique en Tunisie : expériences et perspectives
L’Association Tunisienne pour la Promotion de la Critique Cinématographique (ATPCC) et l’École Supérieure de l’Audiovisuel et du Cinéma de Gammarth (ESAC) organisent un séminaire-atelier sur la critique cinématographique, les 30 et 31 mai 2025 à Gammarth.
Ce séminaire réunira critiques, journalistes et chercheurs pour échanger sur les défis du secteur et former une nouvelle génération de critiques engagés.
Selon la page officielle de l’ATPCC, cet événement vise à promouvoir une critique rigoureuse et engagée, loin des simples comptes- rendus promotionnels, dans un contexte où le cinéma tunisien se positionne comme espace de mémoire, de dialogue et de résistance.
Des discussions, master-class, débats et présentations d’ouvrages permettront d’aborder les enjeux actuels de la critique en Tunisie, ses obstacles, ses espaces d’émergence et son rôle dans le dialogue entre œuvres et société.
Un atelier intitulé « Écrire la critique cinématographique » offrira aux participants des exercices pratiques encadrés par des experts, autour de 15 courts-métrages tunisiens produits entre 2010 et 2024.
Les textes issus de cet atelier feront l’objet d’une publication, contribuant ainsi à enrichir le paysage critique tunisien.
L'assemblée générale élective du C.Africain en juin
Le comité des sages a annoncé dans un communiqué que L'assemblée générale élective du club se tiendra le samedi 21 juin et le Bureau Directeur provisoire démissionnaire aura à préparer ladite assemblée ainsi que le rapport financier du dernier exercice. Celui-ci devra être livré au plus tard le 31 mai courant.
Oussama Ben Ishak, arbitre de la finale
La Direction Nationale d’Arbitrage a désigné les arbitres qui vont diriger la finale de la coupe de Tunisie qui opposera ce dimanche à partir de 16 heures l’Espérance de Tunis au Stade Tunisien.
En voici les détails :
Arbitre central : Oussama Ben Iskah
Arbitres assistants : Mohamed Trabelsi, Wissem Boughattas
Arbitre de la VAR : Fraj Abdellaoui, Majdi Bellagha et Khaled Souayah
J.B.
Ce dimanche finale de la coupe EST-ST : La meilleure attaque contre la meilleure défense
Par Jamel Belhassen
Toute la Tunisie sportive vivra ce dimanche au rythme de la finale de la coupe de Tunisie de football qui opposera la Stade Tunisien, détenteur du trophée et désigné comme club recevant, et L'Espérance de Tunis, championne de la saison 2024-2025 et recordman des coupes avec 15 trophées à son actif. Autant dire que ce match sera une occasion pour assister à une belle empoignade avec deux équipes au styles de jeu différents mais possédant toutes les deux des qualités indéniables. Le Stade Tunisien compte une défense hermétique avec Sami Hlel dans la cage, fort d'un vécu impressionnant et d'une présence remarquable. Il aura comme défenseurs Sahraoui, Arous, Laifi et Khalfa. La ligne médiane ne manque pas de robustesse avec Toure, Bonheur et Ndaw..En face, les Sang et Or présenteront une ligne d'attaque redoutable avec les Blaili, Sasse, Jabri et Rodrigues qui créent beaucoup d'occasions de buts à chaque match. Derrière eux, Jebali, en verve ces derniers temps, Ogbelu et Guenichi qui assurent l'équilibre entre la recuperation et la liaison. Qui aura le dernier mot? Tout dépendra de le forme du moment, de l'inspiration et de la capacité de chacun à s'adapter aux différents scénarii de la rencontre. Il ne reste plus qu'à souhaiter un match de bonne qualité et que le meilleur gagne.
J.B.
Editorial : Vaincre cette mauvaise et dangereuse frilosité - Par Hassan GHEDIRI
L’information a récemment occupé les premiers titres de l’actualité high-tech en Tunisie. D’après un rapport publié par l’entreprise technologique kenyane Qhala, spécialisée dans l’accélération de la transformation numérique en Afrique, la Tunisie se classe à la deuxième place dans un index évaluant la préparation de 54 pays africains en matière de formation et valorisation des compétences en intelligence artificielle (IA).
Ce classement, baptisé AI Talent Readiness Index (indice de préparation des talents en IA), repose sur un cadre d’évaluation conçu spécialement pour le continent africain. Selon cette étude, la Tunisie dispose de nombreux atouts qui peuvent lui permettre de jouer un rôle de premier plan dans le développement de l’IA à l’échelle continentale. Juste derrière l’Afrique du Sud, et à égalité avec l’Égypte, la Tunisie affiche de bonnes performances en matière de formation numérique et de préparation des infrastructures. Elle se distingue particulièrement par un taux élevé de développeurs dans le domaine de l’IA, atteignant 4.120 développeurs par million d’habitants, l’un des meilleurs ratios en Afrique.
La Tunisie, qui a lancé depuis 2020 sa Stratégie nationale pour l’intelligence artificielle et adopté une législation encadrant l’hébergement des données numériques (cloud computing) – un pilier clé de la transformation numérique – reste toutefois en retrait sur le plan de la gouvernance publique des opportunités offertes par l’IA. En effet, notre pays souffre de faiblesses dans la promotion de l’investissement et la qualité réglementaire, avec une efficacité gouvernementale jugée modérée, ce qui lui a valu des scores moyens dans l’indice de Qhala. Ce rapport s’inscrit dans une série d’évaluations internationales qui s’intéressent à l’intégration des pays dans la révolution numérique, portée aujourd’hui par une IA en plein essor. Dans plusieurs de ces classements, la Tunisie parvient à se hisser à des rangs honorables à l’échelle africaine.
Dans son Government AI Readiness Index 2024, l’agence britannique Oxford Insights, experte en politiques publiques et transformation numérique, a attribué à la Tunisie un score de 43,68 sur 100. Ce rapport, publié en début d’année, indique toutefois un recul de 11 places dans le classement mondial par rapport à l’année précédente. La gouvernance constitue ici le point faible du pays, avec un score de 28,6/100, le plus bas de ses composantes.
Quant à l’Agence française de développement (AFD), elle a récemment lancé son propre indicateur : l’Indice de potentiel d’investissement en intelligence artificielle (AIIPI). Destiné à guider les décideurs financiers et les gouvernements africains dans leurs stratégies d’investissement en IA, l’AIIPI attribue à la Tunisie un score supérieur à 53 sur 100 et la 7e place en Afrique dans sa première édition. L’AFD souligne que la Tunisie, à l’instar d’autres pays africains à fort potentiel, pourrait accroître considérablement son attractivité à travers la création de pôles locaux dédiés à l’IA (hubs IA), le renforcement des compétences numériques et la multiplication des partenariats internationaux.
Il ne fait désormais aucun doute que le monde a pleinement entamé la quatrième révolution industrielle, portée par l’intelligence artificielle qui transforme en profondeur l’économie mondiale. Malgré un potentiel humain prometteur, notamment en matière de compétences numériques, la Tunisie risque de rester en marge de cette révolution technologique, si elle ne parvient pas à surmonter une certaine frilosité politique que l’on perçoit clairement dans le discours officiel de l’État.
H.G.
Vague de licenciements dans le secteur du tourisme : Effets domino du nouveau Code du travail?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
L’adoption de la loi portant sur la suppression de la sous-traitance a provoqué une vague de licenciements dans le secteur du tourisme. D’autres secteurs sont également menacés. Que faire pour rassurer les employeurs et garantir les droits des employés?
Dans une déclaration à Echaâb News, relayée par Business news, le secrétaire général adjoint de la Fédération générale du tourisme, de l’artisanat et du commerce (UGTT), Mohamed Baraketi, a indiqué qu’«une vague importante de licenciements a récemment touché le secteur du tourisme». Selon M. Baraketi, dans une déclaration à Echaâb News, plusieurs régions et établissements hôteliers sont concernés. Ces licenciements auraient été décidés en prévision des amendements attendus du Code du travail, notamment en ce qui concerne les contrats et la titularisation des employés.
À Sousse, entre 400 et 500 employés d’hôtels ont ainsi été remerciés dès le début des discussions autour de ces amendements, avant même leur adoption par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Les employeurs auraient anticipé les nouvelles règles en écartant les travailleurs non titularisés. Le même phénomène a été constaté à Médenine et Djerba, avec environ 250 licenciements, ainsi qu’à Nabeul, où entre 400 et 500 travailleurs ont également perdu leur emploi.
Face à cette situation, Mohamed Baraketi a appelé le ministère des Affaires sociales et les inspections du travail à réagir en publiant un communiqué officiel. Il a insisté sur l’urgence d’une intervention, estimant que plusieurs établissements cherchent à éviter la régularisation de leurs contractuels avant l’entrée en vigueur du nouveau Code du travail. Selon, par ailleurs, plusieurs observateurs, la même tendance pourrait affecter d’autres secteurs. D’ores et déjà, l’Union générale tunisienne du travail s’est, par le biais, attaquée au gouvernement lui reprochant d’avoir élaboré l’amendement du code du travail unilatéralement et sans consultation préalable des partenaires sociaux, notamment du Conseil national du dialogue. «Le projet a été préparé sans consultation de la partie sociale la plus représentative des travailleurs», peut-ton lire dans ce communiqué. Que faire, de fait, pour rassurer les employeurs et garantir les droits des employés?
Exceptions…
Interrogé à ce sujet, l’expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi, nous a déclaré: «Au vu de l’état de santé de notre économie et la vulnérabilité de la majorité des entreprises, la nouvelle loi portant sur la suppression de la sous-traitance pourrait aggraver davantage la situation et augmenter le taux de chômage, notamment dans les secteurs des services. L’on sait déjà que les 300 sociétés d’intérim en activité en Tunisie sont spécialisées dans le nettoyage et le gardiennage. Leurs clients sont en majorité des entreprises étatiques comme la Société tunisienne d’électricité et du gaz ou encore la Société nationale de distribution des eaux. Alors, c’est l’Etat qui devrait récupérer et titulariser ces employés embauchés en sous-traitance par ces sociétés d’intérim». Et d’ajouter : «Il faudrait peut-être alors faire des exceptions en épargnant certains secteurs comme le tourisme ou l’agriculture voire le bâtiment. Dans ce cas-là, l’’intérim peut, en effet, jouer un rôle important pour aider les entreprises à redémarrer pleinement leur activité en les rassurant et en leur proposant une approche à la fois dynamique et maîtrisée. De nombreuses entreprises risquent en effet de faire preuve de prudence et décaler des recrutements nécessaires à leur bon fonctionnement. Il faut rappeler aussi que l’intérim joue ainsi un rôle d’amortisseur dans un contexte de conjoncture économique difficile, mais aussi de filtre de sélection de la main-d’œuvre avant la phase d’embauche lors d’une situation économique plus favorable. En contrepartie, le législateur pourrait promulguer des lois de nature à protéger les droits employés intérimaires».
M.B.S.M.
Des notes de l'Inde à l’Institut français de Sousse
L’Institut français de Sousse accueille, aujourd’hui à 18h00, l’artiste Heikel Ben Mlouka qui a choisi d'explorer le Dhrupad, la plus ancienne tradition de musique classique Indienne encore pratiquée de nos jours. Actuellement en résidence à la Villa Salammbô -Sousse (relevant de l'Institut français), l'artiste partagera avec le public les fruits de son projet et des bribes de sa passion pour cette musique de l'Inde du Nord, née il y a plus de 3000 ans. Ayant passé quatre ans d'apprentissage et de formation intensive auprès des maîtres reconnus en Inde, Heikel Ben Mlouka a pu toucher à l'essence de cette musique d'origine sacrée. Accompagné par son tanpura, instrument de musique indien à cordes, tentera "d'amener musiciens et auditeurs dans un état de contemplation où la perception du temps et de l'espace est altérée et les notes deviennent sensations, couleurs et émotions". Si vous êtes à Sousse, n'hésitez pas à faire l'expérience.
Imen.A.
Ciné-Montagne à Aïn Draham: C'est parti!
Le festival "Ciné-Montagne" de Aïn Draham vient d'être relancé après des années d'éclipse. Le festival qui s'étend sur quatre jours et dont l'ouverture officielle est aujourd'hui propose pour sa 6ème édition un programme à la fois cinématographique et écologique, permettant primo aux habitants de découvrir un bouquet de films tunisiens et arabes et secundo aux visiteurs d'assouvir l'âme par la beauté de cette région, poumon de la Tunisie grâce à ces étendues forets. En avant-goût de l'ouverture et en guise d'annonce de ce grand retour, le comité d'organisation présidé par Akram Karoui a programmé hier une sélection de films tunisien, palestinien et algérien, annonçant l'orientation de la manifestation. Un hommage à Feu Mondher Jebabli, l'une des voix majeures du chant populaire au nord-est, a marqué cette journée.
Le programme de cette 6ème édition qui se poursuivra jusqu'au 31 de ce mois comporte un atelier d'écriture cinématographique, une exposition d'artisanat, la projection des films tunisiens parmi lesquels nous citons "A moitié d'âme" de Marouane Trabelsi, "War reporter" de Amine Boukhris et "Mouvma" de Ines Ben Othman, une exposition photographique, une rencontre-débat sur le cinéma et son impact sur le quotidien et une série présentation-dédicace des romans et de livres de Anouar Rachid (Kuweït), Lassaad Ben Hessine (Tunisie) et Mohamed Daboussi (Tunisie).
Des projections des films réalisés par des jeunes de la région rythmeront les différentes journées de la manifestation. La journée de la clôture sera marquée par la projection du film "Farha" de Darin J. Sallam (Palestine) et "Matula" de Abdallah Yahia (Tunisie). Un débat sur la prochaine édition est sur l'agenda du comité d'organisation.
Imen.A.
« Le manteau », nouvelle création de marionnette pour adultes
Après « Black-out » de Mounir Argui, le Centre National d’art de la marionnette présente cet après-midi et en avant-première à partir de 19h00, sa nouvelle création de marionnette pour adultes.
« Le manteau » ainsi s’intitule cette création qui porte la signature de Amir Ayouni et qui s’inspire d’une nouvelle éponyme de Nicolas Gogol, publiée pour la première fois dans les « Œuvres complètes » de Gogol, en 1843, parmi les nouvelles du recueil intitulé « Les Nouvelles de Petersburg ».
L’histoire est celle d’Akaki Akakievitch Bachmatchkine, un petit fonctionnaire, qui passe sa journée à faire des copies, évidemment manuellement. C’était son unique source de joie. Objet de moqueries de ses collègues, Akaki a reçu un coup dur qui lui chamboulé sa vie : son manteau, son cher manteau usé a été volé…
Imen.A.
TICDCE : Finale de son programme d’incubation de projets est pour aujourd’hui
Sous le patronage du ministère des Affaires culturelles, le Centre international de Tunis pour l’économie culturelle numérique (TICDCE) organise la finale annuelle de son programme d’incubation de projets, le Demo Day 2025, dans le cadre de sa cinquième édition, pour cette année.
L’événement se tiendra aujourd’hui, à partir de 10h00 au pôle de créativité et des arts numériques « Makan », au centre Fadhel Ben Achour pour la culture et l’art à La Marsa.
Ce programme met à l’honneur une sélection des meilleurs porteurs de projets dans le domaine des industries culturelles créatives et numériques. Ces jeunes start-ups ont été accompagnées pendant six mois par le Centre, qui les a soutenues dans le développement de leurs idées innovantes, l’adoption des technologies numériques de pointe et la concrétisation de leurs projets.
Leurs initiatives seront présentées devant un public composé d’investisseurs, de partenaires et de décideurs, dans une perspective de mise en réseau, d’échange d’opportunités et d’ouverture de nouveaux horizons.
















