Mohamed Mahjoub et Maher Kanzari devant le conseil de discipline
La cérémonie de la remise de la coupe de Tunisie à l'Espérance, dimanche, a connu un épisode qui a choqué tous les présents ainsi que les téléspectateurs, entre Mohamed Mahjoub, le président du Stade Tunisien qui a refusé de serrer la main à Maher Kanzari, le coach de l'Espérance, dépité, et qui a réagi aussi par un geste déplacé. Face à ces deux réactions, la commission de discipline de la FTF a vite fait de convoquer les deux personnes en question, cet après-midi. Nous y reviendrons.
J.B.
Editorial : Prescrire les bons remèdes - Par Hassan GHEDIRI
Plus de 150.000 élèves entament cette semaine le marathon du baccalauréat en Tunisie, un rendez-vous national chargé de stress, d’espoirs et de projections vers l’avenir. Mais au-delà des chiffres et des épreuves, une tendance inquiétante se dessine: la désaffection grandissante des jeunes pour les filières scientifiques, et en particulier pour les mathématiques.
Cette année encore, alors même que le nombre total de candidats a augmenté de plus de 10 mille par rapport à 2024, la filière mathématiques ne compte que 5 % des élèves. Il y a quelques années à peine, ils étaient 20 %. Cette fonte spectaculaire devrait alerter bien au-delà des cercles éducatifs. Elle traduit une fracture croissante entre notre système scolaire et les réalités du monde contemporain.
Un rapport de l’Unicef publié en 2021 soulignait déjà que trois quarts des enfants tunisiens âgés de 7 à 14 ans présentaient de graves lacunes en calcul. Ce déficit de base, loin d’être corrigé en amont, s’aggrave au fil des années, nourrissant un désintérêt croissant pour les mathématiques et les sciences. Beaucoup de spécialistes croient que cette désaffection est la conséquence de réformes pédagogiques successives qui, au fil du temps, ont affaibli les filières scientifiques, sans jamais bâtir une véritable stratégie d’orientation fondée sur les aptitudes, les besoins du pays et les mutations du monde. Or, nous vivons à l’ère de l’intelligence artificielle, de la science des données, des technologies quantiques, de la robotique et de la cybersécurité. Tous ces domaines ont un socle commun : les mathématiques devenues un passeport indispensable pour comprendre et bâtir le monde numérique dans lequel nous évoluons.
Reculer sur ce terrain, c’est se priver de toute souveraineté technologique. C’est exposer nos futurs diplômés à un marché du travail de plus en plus exigeant, où les compétences scientifiques sont la clé d’accès aux emplois les plus porteurs. Il ne s’agit pas ici d’opposer les filières, mais de rappeler la nécessité de consolider les disciplines fondatrices de l’innovation.
Repenser l’orientation devient donc une urgence. Elle ne peut en aucun cas être réduite à une simple formalité administrative mais une étape charnière de laquelle dépendent le cursus éducatif et l’avenir professionnel de millions d’élèves, mais aussi le progrès du pays entier. Il faut donc en finir avec l’idée que la filière scientifique est réservée à une élite. Il faut réconcilier les élèves avec les mathématiques en les reconnectant à leur utilité concrète, à leur potentiel de transformation sociale, économique et même écologique.
La Tunisie a formé de brillants ingénieurs, chercheurs et universitaires qui ont rayonné bien au-delà de ses frontières. Ce capital humain ne demande qu’à être renouvelé. Mais cela passe par une volonté politique claire, des investissements ciblés, une refonte des programmes, un soutien massif à la formation des enseignants, et surtout une redéfinition de la place des mathématiques dans notre projet éducatif. Chaque année, le bac met en lumière les succès et les maux de notre école. Il est temps que cette grande messe annuelle de l’éducation soit aussi l’occasion pour prescrire les bons remèdes.
H.G.
Nouveau prix pour « Mandat » de Samir Harbaoui
Le court-métrage tunisien « Mandat » réalisé par Samir Harbaoui d’après un texte de l’autrice tunisienne Balkis Khelifa vient de remporter le prix de la meilleure réalisation à la 5ème édition de l’ « International Film Festival en Migratie Nederland ».
Au casting, Béchir Drissi, Hélène Catzaras, Ayoub Ich, Riadh Hamdi et Rahma Kéfi, le film peint la souffrance d’un couple septuagénaire qui attend la pension de retraite pour acheter des médicaments… Dans l’attente, c’est le désarroi.
Il est à rappeler que le film a figuré, depuis sa sortie en 2020, dans plusieurs festivals notamment les Journées cinématographiques de Carthage (JCC) et a remporté plusieurs prix.
Point Doc 2025 : Une édition écologiquement engagée
La cinquième édition de la rencontre annuelle des professionnels du documentaire « Point Doc » aura lieu du 19 au 21 juin 2025 à la Cité de la culture Chedly Klibi à Tunis.
Organisé par Doc House-Tunisie, « Point Doc 2025 » revient avec une édition engagée, placée sous le signe du dialogue entre cinéma documentaire et écologie.
Avec une affiche qui illustre la diversité des regards, l’esprit critique et l’ouverture au monde — autant de valeurs qui enrichissent le documentaire — ce rendez-vous, annonce « Doc House », est un appel à l’engagement collectif pour la préservation de notre planète, à travers un focus sur le documentaire. En réunissant cinéastes, experts et institutions, cette édition propose une réflexion approfondie sur les liens entre environnement et société, tout en mettant en lumière des récits qui rappellent l’urgence d’agir pour un avenir commun et durable.
« Point Doc » est une rencontre annuelle qui vise à renforcer l’écosystème de la production documentaire en Tunisie et au Maghreb. Pendant trois jours, professionnels, festivals, chaînes de télévision, mécènes, organisations et institutions tunisiennes, régionales et internationales se retrouvent pour explorer ensemble les enjeux majeurs du documentaire, dans un monde en constante évolution.
Fondée en 2018, l’association Doc House-Tunisie s’engage à promouvoir la production, la diffusion et le réseautage professionnel autour du documentaire en Tunisie et en Afrique du Nord.
Bac 2025 - Session principale (jour 1) : L’épreuve de philo fait d’ores et déjà débat …
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La session principale session du bac 2025 a démarré, hier, avec au menu pour toutes les sections l’incontournable épreuve de philo et une matière optionnelle. Mais à la sortie des centres d’examen, un seul mot revenait sur les lèvres, à savoir «difficile pour les uns, facile pour les autres»…
Même les universitaires tunisiens se sont mêlés au débat, tellement les sujets proposés pour l’épreuve de philo comportaient certaines difficultés. L’universitaire et enseignant à l’Institut de presse et des sciences de l’information, Slaheddine Dridi, a, en effet, qualifié dans un statut posté sur sa page Facebook de «flous, non aérés et dénués de tous sens critique», notamment les sujets proposés pour cette épreuve phare des examens du baccalauréat version 2025, à savoir la philosophie. Idem pour les candidats eux-mêmes, qui considèrent, pour les sections scientifiques, que les sujets étaient plus ou moins faciles, alors que pour les littéraires les avis étaient mitigés.
De fait, les scientifiques du bac informatique et du bac technique avaient à traiter un texte de Jean-Paul Sartre et son Cogito, alors que pour les littéraires, l’art et Heidegger étaient au menu. Pour Lobna Ouertani: «Les sujets sont à la portée et peuvent être traités facilement par un candidat d’un niveau moyen». De son côté, Nizar Hdhiri a indiqué: «L’art occupe une place majeure dans le travail de Martin Heidegger. Au cours du développement de son œuvre, l’art apparaît effectivement comme un thème central de sa philosophie, thème qui prend une importance croissante. Dans ce texte, le philosophe essaie de définir l’approche qu’il préconise dans son étude de ces phénomènes. À cet effet, la démarche heideggerienne ne s’inscrit pas dans la tradition voulant que les études philosophiques sur l’art relèvent de l’esthétique. Ainsi, étant donné l’omniprésence de la conception esthétique de l’art dans la pensée moderne, nous devrons, dans un premier temps, bien saisir ce qui motive ce refus de l’esthétique chez Heidegger pour ensuite mieux comprendre l’approche qu’il adopte dans son œuvre quant à la question de l’art.
Fuite…?
Selon le site Attilmith attounsi, le sujet de l’épreuve de philo pour les sections Bac technique et Bac info a été fuité juste une minute après le démarrage de l’épreuve. Cette information a suscité plusieurs réactions sur le site dont les auteurs se sont indignés de cette pratique frauduleuse qui nuit à la réputation de ces examens nationaux. Concernant les fraudes, aucune information n’a filtré du moins au moment où cet article a été rédigé concernant la détection de cas de triches.
A noter qu’ils sont, selon les chiffres officiels, 151.000 candidats qui passent cette année les examens du baccalauréat répartis entre 125.515 candidats qui proviennent du secteur public, 18 351 du privé, tandis que 7.942 se présentent en tant que candidats libres. Les filles représentent une majorité nette avec 62% des inscrits, contre 38% pour les garçons. Par sections, le nombre des candidats pour l’Economie et gestion est de l’ordre de 49 229 candidats, la section Sciences expérimentales: 30.496, la section Lettres: 27.079, la section Sciences techniques: 20 455, la section Sciences de l’informatique: 14.594, la section Mathématiques: 8.231 et celle du Sport: 1.724. A noter que le candidat le plus âgé a 74 ans (section Sport) et le plus jeune, âgé de 17 ans, passe les épreuves dans la section Sciences de l’informatique. Le ministère a, en outre, mobilisé un dispositif logistique constitué de 590 centres d’examen, 30 centres de correction, 27 centres de dépôt et 4 centres de transcription en braille.
M.B.S.M.
Adieu Samiha Ayoub
La mort a emporté, ce mardi matin 3 juin 2025, l’une des figures emblématiques du théâtre arabe, l’artiste égyptienne Samiha Ayoub, à l’âge de 93 ans. Elle laisse derrière elle un riche héritage artistique et une longue carrière marquée par une contribution exceptionnelle qui a profondément enrichi la scène théâtrale et l’écran arabes pendant des décennies.
Née dans le quartier de Choubra, au Caire, le 8 mars 1932, Samiha Ayoub a entamé sa carrière artistique très jeune pour devenir l’une des plus grandes figures du théâtre arabe, avec la plus longue carrière de l’histoire du cinéma arabe. Diplômée de l’Institut d’art dramatique en 1952, elle a brillé dans de nombreuses pièces de théâtre qui ont marqué les annales du théâtre égyptien et arabe, telles que Phèdre, Sekket el-Salama, El-Sabbansa, Maqaleb Atteyat et El-Nass Elli Taht.
Actrice talentueuse et généreuse, Samiha Ayoub s’est également illustrée au cinéma et à la télévision, avec des rôles marquants dans des films tels que Ardh an-Nifaq (La Terre de l’Hypocrisie), Fajr al-Islam (L’Aube de l’Islam), Bayna al-Atlal (Parmi les Ruines), ainsi que dans des séries dramatiques majeures comme Ad-Daw' ash-Sharid (La Lumière Fugitive), Awan al-Ward (Le Temps des Roses) et Al-Masrawiya (Les Égyptiens). Son jeu se distinguait par sa puissance, sa profondeur et sa remarquable capacité à incarner une grande diversité de personnages, faisant d’elle une véritable icône artistique.
Avec la disparition de Samiha Ayoub, la scène artistique arabe perd l’une de ses plus grandes figures, une femme qui a voué sa vie à l’art et a su toucher le cœur de millions de spectateurs à travers le monde arabe. Sa mémoire et son illustre parcours resteront une source d’inspiration pour les générations futures d’artistes et de créateurs.
Tunisie- Burkina Faso ( 2-0) : La bonne seconde mi-temps des Aigles de Carthage
Par Jamel Belhassen
La Tunisie a commencé sa série de rencontres de préparation en fin d'après-midi face au Burkina Faso devant un public restreint. La première periode a été d'un niveau tout juste moyen avec quelques essais de part et d'autre. Dahmen a été l 'auteur d'une parade (11e) avant que Haj Ali ne tente sa chance (18e). Dans l'autre camp, Simpore voit son tir rater de peu la cage (21e). Belarbi, de son côté, s'est illustré sur un coup franc direct , arrêté par le gardien burkinabe. Après la pause le jeu est devenu plus intense. Le score changera à la (60e) avec un but de Topsoba contre son camp suite à un retrait de Ben Slimene ( 1-0). Les Burkinabe deviennent plus menaçants après quelques changements. Traore, rate l'egalisation à trois minutes de la fin en tirant de peu à côté dans un face àface avec Dahmen. Et c'est Mastouri qui va doubler la marque en exploitant pleinement la bevue du gardien adverse (2-0) à la ( 90e). .Formation de la Tunisie: Dahmen, Valery, Talbi, Ghram, Cherni ( Ben Ouannes (61e), Sassi, Belarbi ( Snana 80e), Haj Ali ( Abdi (61e)., Letaief ( Laidouni 80e), Khadhraoui ( Ben Slimane 55e), Chawat ( Mastouri (80e).
J.B.
L'Espérance rafle trois doublés dans les sports collectifs : fruit d'une gouvernance modèle
Par Jamel Belhassen
Dimanche, L'Espérance a bouclé la boucle en remportant la coupe de Tunisie de football qu'elle joint au championnat remporté depuis trois semaines. Avant-hier, samedi , elle leva haut la main, la coupe de Tunisie de handball qui s'ajouta au titre de champion, tout comme le doublé remporté aussi en volley Ball pour la huitième année consécutive. Excusez du peu ! Autant de trophées pour une seule saison et pour une seule équipe ne peut être que le fruit d'un travail de longue haleine, de professionnalisme et de don de soi. Bien sûr, dans le monde professionnel, l'aisance matérielle est nécessaire mais pas toujours suffisante. La bonne gestion administrative et sportive, le dévouement aux couleurs du club et les bonnes décisions aux bons moments sont nécessaires pour atteindre les objectifs fixés au départ. En football, cette saison, l'équipe a connu des moments difficiles mais n'a jamais paniqué. Changement d'entraîneur, recrutement cibles au mercato hivernal et très vite la machine a retrouvé sa vitesse de croisière . Des victoires contre les adversaires directs et un finish époustouflant avec au final un doublé amplement mérité offert à un public qui a toujours cru en ses favoris. Un second titre de champion successif, le huitième en neuf ans et le 34e de son histoire .De quoi faire rougir les envieux. Maintenant que le doublé en football repose à Bab Souika, l'attention des Sang et Or se tourne vers la coupe du mondes clubs aux États-Unis d'Amérique. Nouveau palier, nouvrneau challenge. Décidément,il n'y a pas de limites aux ambitions dévorantes des Esperantistes.
J.B.
En amical à Rades à 18h30 : Tunisie- Burkina Faso: un test de valeur
Par Jamel Belhassen
Maintenant que la saison 2024-2025 a vécu hier avec le sacre de L'Espérance de Tunis qui a remporté le doublé coupe et championnat, tous les yeux seront tournés vers la sélection nationale qui commence sa préparation aux prochaines échéances internationales à savoir les éliminatoires de la coupe du monde 2026, la coupe arabe des nations et la coupe d'Afrique des Nations programmées pour décembre 2025 et janvier 2026. Le premier match de cette étape aura lieu cet après à Rades avec la rencontre face au Burkina Faso.avant de se déplacer au Maroc. Un rendez-vous des plus sérieux face à un adversaire robuste et qui a souvent constitué un dur morceau pour les Aigles de Carthage. Sami Trabelsi qui a convoqué de nouveaux éléments pour ce match dans les trois compartiments aura l'occasion de voir de près le degré de forme de ses joueurs après une fin de saison éprouvante pour la majorité. Rappelons que laTunisie rencontrera le 6 juin le Maroc et le 10 juin la Zambie.
J.B.
L’historien tunisien Abdeljelil Témimi lauréat du prix culturel Al Owais pour les études humaines et des études prospectives
L’historien et penseur tunisien Abdeljelil Témimi a remporté le Prix culturel Al Owais pour les études humaines et des études prospectives lors de sa 19ᵉ édition.
Les noms des lauréats du Prix culturel Sultan Bin Ali Al Owais pour cette année ont été annoncés hier. Le poète irakien Hamid Saïd a remporté le prix de la poésie, la romancière irakienne Inaam Kachachi a reçu le prix de la nouvelle, du roman et du théâtre, et le critique marocain Hamid Lahmidani a obtenu le prix des études littéraires et critiques. Abdeljelil Témimi a, quant à lui, été récompensé dans la catégorie des études humaines et des études prospectives.
Dans un communiqué de presse publiée par la Fondation culturelle Al Owais, le jury du prix a décidé de récompenser ce groupe d’écrivains et de penseurs arabes pour l’excellence de chacun dans son domaine, ainsi que pour leurs œuvres ayant contribué au développement de la littérature et de la culture dans le monde arabe.
La même source ajoute que le comité « a décidé d’attribuer le prix des études humaines et des études prospectives au chercheur Abdeljelil Témimi, l’un des historiens arabes contemporains les plus éminents. Ses travaux représentent une recherche historique conforme aux évolutions de la pensée contemporaine, en plus de la diversité de ses champs d’intérêt historiques. Ses recherches ont porté sur l’histoire des Morisques en Andalousie, l’histoire des provinces arabes à l’époque ottomane, et l’histoire contemporaine de la Tunisie. Ses œuvres constituent un modèle de documentation historique basé sur les nouvelles règles de l’écriture historique », lit-on dans le communiqué de presse
Musée du quai Branly-Jacques Chirac, à Paris : Focus sur la tradition vestimentaire tunisienne et ses broderies en fils d’or et en cannetille
Dans un hommage inédit à l’art du textile doré à travers les siècles et les civilisations, la Tunisie rayonne par ses broderies en cannetille et ses costumes en fils dorés au Musée du quai Branly-Jacques Chirac, à Paris, dans le cadre de l’exposition temporaire « Au fil de l’Or. L’art de se vêtir de l’Orient au Soleil-Levant » (11 février-6 juillet 2025) qui invite à parcourir l’histoire et les traces de ce métal précieux qui a fasciné l’Humanité depuis des millénaires, en osmose avec les arts textiles.
Fruit d’un savoir-faire ancestral, ce mariage subtil entre fibres précieuses et lames d’or, a été façonné par des générations de tisserands, à travers cinq grandes régions culturelles : le Maghreb, le Moyen-Orient, la péninsule Arabique, l’Asie du Sud et du Sud-Est, et l’Asie orientale.
La Tunisie est mise à l’honneur dans le parcours « Costumes de lumière des pays du soleil couchant », où une collection de costumes traditionnels richement brodés illustre le raffinement de son patrimoine vestimentaire. Le texte de présentation, signé Leila Temime Blili, professeure émérite en histoire moderne et contemporaine à l’Université de La Manouba, figure dans le prestigieux catalogue de l’exposition, un ouvrage de plus de 300 pages qui présente les contributions de trente-quatre spécialistes qui dévoilent la richesse des costumes d’une vaste région s’étendant du Maghreb au Japon.
Ce catalogue, à la fois guide et livre d’art, est riche d’une abondante iconographie photographique et documentaire, pour accompagner le visiteur et le lecteur à travers les civilisations : « Des bords de la Méditerranée aux confins du Pacifique, l’exposition propose de partir sur les traces de ces sociétés au sein desquelles orfèvres et tisserands conjuguent leurs talents pour produire à la fois des œuvres textiles de prestige et des témoignages historiques de traditions parfois très anciennes...et qui rappellent que ce patrimoine vestimentaire se revigore sans cesse et inspire toujours autant la créativité » lit-on dans l’éditorial d’Emmanuel Kasarhérou, président du Musée du quai Branly.
Une épopée de l’or du Maghreb au Japon
Depuis la découverte de ce métal il y a 7 000 ans, les artisans, de la Chine à l’Inde, du Moyen-Orient au Maghreb, ont rivalisé de prouesses techniques pour orner vêtements et costumes de fils d’or. Dès le cinquième millénaire avant notre ère, l’or pare les étoffes de luxe destinées aux élites. Les siècles suivants, des artisans chevronnés -romains, byzantins, chinois, perses et musulmans- déploient les techniques les plus raffinées pour entremêler soie, lin et lames d’or dans des créations textiles d’exception.
L’exposition rend hommage à cette tradition universelle, en présentant entre autres des pièces de trois pays du Maghreb -Tunisie, Algérie, Maroc- aux côtés de kimonos de l’époque Edo et de soieries du Proche-Orient et d’Asie. Elle illustre ainsi une histoire partagée où création artistique, héritage et innovation se rencontrent.
Djebbas, qoftans, farmlas... fils d’or tunisiens qui livrent leur lexique
Dans le parcours dédié aux costumes du Maghreb, la Tunisie se distingue par ses tenues d’apparat somptueusement brodées. Qoftans, djebbas, tuniques, pantalons et gilets dévoilent une virtuosité artisanale influencée par l’héritage andalou et l’expansion ottomane. Parmi les pièces exposées, certaines remontent à la fin du XIXème et au début du XXème siècle. La « kiswa tarayoun » (costume de mariée) de Tunis, réalisée en velours, soie, fil d’argent doré, paillettes et cannetilles, incarne cette élégance intemporelle.
A ses côtés, d’autres pièces emblématiques : une « qmejja qsira » de Sousse, une « koufia » de Moknine, une « kmejja » de Sfax, un gilet de cérémonie « farmla » de Raf-Raf, une robe « kadrûn » de Hammamet, une tunique de mariée « shushâna », de Raf-Raf et tant d'autres témoignent de la vitalité toujours vive de cette tradition précieuse. Ces vêtements, brodés d’or ou de vermeil illustrent la richesse du costume féminin tunisien dont l'origine remonterait à l’Antiquité carthaginoise et romaine.
Leila Temime Bellili : Une histoire millénaire du textile doré en Tunisie
Dans ce voyage dans la matière, le temps et les géographies, Leila Temime Blili, spécialiste d’histoire sociale et d’histoire de la famille retrace, dans le catalogue de l’exposition, l’histoire des broderies traditionnelles nées dans les différentes villes tunisiennes. Elle montre comment cet artisanat a évolué, nourri par les échanges culturels rendus possibles grâce à la position centrale de la Tunisie au cœur de la Méditerranée.
Les étoffes, bien que simples dans leur coupe, se parent de riches ornements. Les hommes tissent la soie et les étamines de laine, préparées par les femmes, qui en assurent ensuite la broderie. Aussi riches que variées les pièces brodées de fils d'or reflètent un savoir-faire transmis, qui fait du vêtement un signe de distinction sociale et un capital financier sûr que les femmes peuvent vendre pendant les moments difficiles.
Faute d'iconographie ancienne, les chercheurs ont retrouvé les descriptions de pièces telles que la qmejja ou la djebba dans les contrats de mariage, où quatre tenues saisonnières étaient exigées. Au XIXème siècle, le caftan disparaît peu à peu, sauf dans certaines régions, remplacé par la djebba dont la coupe rappelle les vêtements antiques.
Après la première guerre mondiale, un nouveau vêtement apparaît : le tarayoun, constitué d’un pantalon large et d’une blouse courte, inspiré de l’uniforme des tirailleurs d'Afrique. Ces costumes, considérés comme patrimoine immatériel, font l’objet d’un intérêt soutenu et de recherches menées par les jeunes modélistes
Traversant les âges et les civilisations, les broderies en fils d'or continuent d’émerveiller, devant et avec ces fragments de soleil éclaté mis en valeur lors de cette exposition organisée par le musée du quai Branly-Jacques Chirac, avec la collaboration de l’une des premières créatrices de haute couture chinoise, la styliste Guo Pei dont les somptueuses créations contemporaines, inspirées de l’Himalaya et de son imaginaire, révèlent une fascination intemporelle pour le métal le plus convoité : l’Or… Ce matériau qui serait, selon les récentes recherches scientifiques d'origine stellaire, et d'où l’Homme a tiré le fil des merveilles, tissant, entre ses doigts, l’éclat du ciel dans la trame des étoffes.
Le Quotidien avec TAP
« Call Center Tragedy » : Au-delà d’une simple chronique du mal-être contemporain, une interrogation d’une mémoire collective
La salle du 4ème Art à Tunis a accueilli, samedi 31 mai 2025, la première de « Call Center Tragedy », titre anglais de la pièce tunisienne Jacaranda. Il s’agit de la toute nouvelle création du Jeune Théâtre National, rattaché au Théâtre National Tunisien (TNT). Le texte et la dramaturgie sont signés Abdelhalim Messaoudi. La mise en scène a été assurée par Nizar Saidi. Cette production marque leur deuxième collaboration artistique, après Dark Side, présentée en 2021.
Pendant près de deux heures, « Jacaranda » explore les méandres d’un centre d’appel devenu théâtre de l’absurde et de la douleur : un espace où les lignes téléphoniques se croisent avec des lignes de vie brisées. Les personnages, interprétés notamment par de jeunes diplômés de l’École de l’Acteur, incarnent une jeunesse à la dérive, issue d’une génération qui, selon les mots du texte, « n’a pas hérité d’un pays, mais d’une impasse ».
Le metteur en scène façonne un univers visuel oppressant, où la lumière tamisée et les jeux d’éclairage renforcent le sentiment d’enfermement.
Abdelhalim Messaoudi propose, de son côté, une dramaturgie minutieusement structurée, qui confère au récit un souffle continu tout en ouvrant des brèches vers la mémoire, la douleur et les confessions intimes. Les dialogues sont nourris d’un lexique cru et direct. Ils traduisent, ainsi, une destruction intérieure profonde, faisant de chaque personnage le théâtre de son propre effondrement.
La jacaranda — cet arbre aux fleurs mauves dont la beauté fragile dissimule une profonde vulnérabilité — prête son nom à la pièce, métaphore filée incarnant des êtres traversés par un malaise existentiel profond. « Call Center Tragedy » va au-delà d’une simple chronique du mal-être contemporain : elle interroge une mémoire collective que le théâtre cherche à réhabiliter.
En invitant le spectateur à s’interroger sur sa propre quête de sens dans un monde désenchanté où les voix résonnent en un écho vide, Jacaranda, riche en symboles, se dresse comme un miroir d’une réalité sociale en crise. La pièce soulève cette question lancinante : peut-on réellement surmonter les séquelles d’un passé tragique, ou ne s’agit-il que d’une lueur passagère dans un tunnel sans fin ?
Le Quotidien avec TAP
Prix Abou El Kacem Chebbi : La BT lance un concours pour un trophée innovant
La Banque de Tunisie (BT) annonce l’ouverture d’un concours pour choisir un trophée innovant pour les lauréats du Prix Abou El Kacem Chebbi et pour les personnalités du monde de la culture et des arts qui se sont distinguées par leur apport et leur contribution.
Conditions de participation :
*Le concours est ouvert à tous les artistes tunisiens professionnels et amateurs
* Chaque participant ne peut pas soumettre plus d’une maquette
*Chaque maquette soumise doit respecter les conditions techniques stipulées, le propriétaire de maquette précisant le matériau dans lequel il propose de réaliser son modèle (cristal taillé, métal plaqué, bronze, etc.).
Spécifications requises des modèles participants :
• Le trophée devant symboliser la vie et l’œuvre de l’illustre poète Abou El Kacem Chebbi,
La hauteur du modèle ne doit pas excéder 25 cm, et son socle (base) doit être proportionné à sa hauteur.
Un prix de trois mille dinars (3000 dt) sera attribué à la maquette gagnante par un jury constitué à cet effet. Les maquettes participantes doivent être déposées au siège de l’administration du Prix Abou El Kacem Chebbi au 35, avenue Habib-Bougatfa, 1005 Bab Saadoun, Tunis. Tél: 70 025 029
La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 30 juin 2025. Les résultats du concours seront annoncés dans la presse et sur le site Internet du Prix Abou El Kacem Chebbi/Banque de Tunisie.
N.B. : les maquettes participantes ne seront pas retournées à leurs propriétaires
Institut national du patrimoine (INP) : Fin de la 7ème campagne des fouilles archéologiques du site de Thuburbo Majus
L’Institut national du Patrimoine (INP) a annoncé, dimanche 1er juin, la fin de la septième campagne des fouilles archéologique tuniso-italiennes consacrées au site de Thuburbo Majus, près de la ville d’El Fahs, au gouvernorat de Zaghouan.
La septième campagne de fouilles archéologiques sur le site de Thuburbo Majus, menée dans le cadre du projet tuniso-italien « Thuburbo Majus et sa région dans l’Antiquité », s’est achevée avec des résultats qualifiés de « remarquables » par l’Institut National du Patrimoine (INP).
Conduit en partenariat avec l’Université de La Manouba (Tunisie) et l’Université de Bologne (Italie), ce projet a mobilisé des équipes de chercheurs et de techniciens et une cinquantaine d’étudiants issus des universités de La Manouba, de Tunis, de Carthage et de Bologne. Les travaux ont été complétés par des recherches en laboratoire, en Tunisie et en Italie.
Les investigations se sont concentrées sur plusieurs zones stratégiques du site, notamment la Palestre des Petronii, où un dossier préliminaire a été constitué en vue d’un futur projet de restauration. Ce monument emblématique fait partie d’un ensemble remarquable comprenant un forum, un capitole, des temples, des thermes, des habitations et un amphithéâtre.
Dans un communiqué publié, dimanche 1er juin, l’INP a annoncé que trois axes de recherche structurent désormais les travaux : la verdure urbaine, la gestion de l’eau et l’étude des zones périphériques. Ces thématiques seront au cœur de la prochaine campagne prévue du 19 octobre au 16 novembre 2025.
Situé à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Tunis, près de la ville d’El Fahs, le site de Thuburbo Majus — également connu sous le nom de Henchir Kasbat — couvre une superficie de 120 hectares, dont seulement 7 hectares ont été explorés à ce jour. Ancienne cité prospère de la vallée céréalière de l’Oued Miliane, elle se distinguait par son rôle de carrefour stratégique à l’époque romaine.
La ville antique comptait à l’origine quatre portes monumentales, dont trois ont été identifiées sur le terrain : la porte de Carthage au nord, une à l’est et la porte de Dougga au sud-ouest. Deux d’entre elles ont conservé leurs structures en élévation, construites en calcaire jaune, témoignant du raffinement architectural de la cité.
L’Art Rue propose une formation dans la médiation culturelle
Un 2ème module de formation est lancé en 2025, proposant une approche pratique et immersive de la médiation culturelle dans le contexte d’un festival en espace public. Ce module s’inscrit dans la continuité de la première formation consacrée aux « concepts et enjeux de la médiation culturelle », initiée par la fabrique d’espaces artistiques « L’Art Rue » en 2024, dans le cadre du programme « Massari-Consolider sa trajectoire professionnelle culturelle ».
Prenant comme terrain d’étude le festival « Dream City 2025 », ce nouveau module invite, entre juin et septembre 2025, les participants à explorer en profondeur les rôles, les défis et les dynamiques de la médiation au sein d’un événement artistique profondément inscrit dans son territoire.
L’objectif de cette formation est de permettre aux futurs médiateurs culturels d’appréhender les spécificités de la médiation en espace public et lors d’un festival tel que « Dream City » et les accompagner dans la conception et l’expérimentation de dispositifs de médiation innovants et inclusifs, qui seront testés en conditions réelles lors de la 10e édition du festival prévue du 3 au 19 octobre 2025.
Les participants pourront développer des outils concrets et engager une réflexion approfondie sur les interactions entre art et société.
Ils pourront, ainsi, expérimenter des approches de co-création avec les publics tout en analysant les enjeux sociaux, politiques et culturels qui façonnent les pratiques de médiation contemporaine. Cette formation cible des profils curieux, sensibles aux dynamiques collectives et désireux de nourrir leur pratique en lien étroit avec les territoires. Le module sera animé par deux figures engagées du monde culturel : Aurélie Machghoul, anthropologue et historienne de l’art, forte de vingt ans d’accompagnement de projets à fort impact social, et Hedi Khelil, artiste visuel, universitaire et consultant en management culturel et innovation sociale.
















