Festival international de cinéma environnemental de Gabès (FICEG) : Le 7e art pourra-t-il aider Gabès à respirer?
Par Imen ABDERRAHMANI
Suffoquant de la pollution, Gabès, ce petit paradis sur terre qui suffoque jour après jour, ouvrira ses portes généreusement du 31 mai au 3 juin pour la 6e édition du Festival international de cinéma environnemental. Un nouveau cri pour sauver le paradis perdu!
Les initiatives artistiques et écologiques se multiplient à Gabès, appuyant les campagnes de dénonciation de la pollution menées par la société civile. A l’initiative de Gabès Cinéma Fen qui programme des projections au cœur de l’oasis, s’ajoute ce festival dédié essentiellement au cinéma environnemental. Manifestation qui souffle cette année sa 6è bougie et qui se tient avec en toile de fond la récente manifestation du 23 mai menée par un certain nombre d’habitants, d’activistes de la société civile et de groupes sportifs, au cours de laquelle ils ont dénoncé la détérioration de la situation environnementale dans la région.
Le festival qui se tient avec l’appui du ministère des Affaires culturelles vient également tirer la sonnette d’alarme pour résoudre ce problème qui pèse lourdement sur Gabès, semant la mort dans chaque coin, menaçant la vie humaine comme la faune et la flore.
Au total : 17 films seront projetés par les 59 candidatures. La Tunisie y est avec trois films. Pour le reste de la sélection, les films proviennent des pays suivants : Algérie (1), Allemagne (1), Bangladesh (1), France (1), Irak (1), Iran (1), Grèce (1), Libye (1), Maroc (2), Oman (2), Tunisie (3), Turquie (1) et Yémen (1) et qui constituent une belle occasion pour une meilleure prise de conscience de tant de problèmes environnementaux qui menacent de nombreuses régions et villes du monde. Le festival sera également une occasion pour lever la voix, appelant les autorités tunisiennes à préserver Gabès, «unique oasis littorale de la Méditerranée et l’un des derniers exemples d’oasis de ce type dans le monde. Elle constitue aussi un refuge pour une faune riche en petits mammifères, reptiles, mollusques et insectes, et pour une faune associée, peu connue encore, composée pour l’essentiel d’oiseaux transsahariens, migrateurs et hivernants d’intérêt international », selon le site de l’UNESCO.
Au programme
Le coup d’envoi de la programmation sera avec « Closure » de la cinéaste jordanienne Mona Abu Samra.
Projeté lors de la rétrospective au cinéma jordanien, organisée dans le cadre des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) 2024, le film raconte l’histoire d’une jeune géologue qui se retrouve bloquée, perdue, dans le désert après des pluies soudaines causées par le changement climatique. Seule après la mort de ses collègues, elle doit trouver son chemin et avant tout survivre.
Il est à noter ainsi que la Jordanie est l’invitée d’honneur de cette 6è édition et que toutes les projections et les rencontres annoncées auront lieu au complexe culturel de la ville de Gabès. Ainsi, outre les projections, le festival propose une série de master-class et de conférences portant sur quelques aspects artistiques du cinéma.
Le réalisateur et producteur Saleh Jday et l’actrice et poétesse d’origine grecque Hélène Catzaras seront à l’honneur pour l’ensemble de leurs œuvres artistiques.
Et comme il s’agit d’un festival dédié à l’environnement et engagé écologiquement, des ateliers de création de marionnettes à partir des matériaux recyclés sont programmés, incitant jeunes et également pédagogues et animateurs de clubs à opter pour le recycl’art. Cette programmation parallèle sera organisée en partenariat avec le Centre national des arts de la marionnette qui propose à l’occasion quelques spectacles, au grand bonheur des mômes qui viennent d’achever les examens et qui s’apprêtent à accueillir les vacances à cœur joie.
I.A.
Editorial : Le Diable du Moyen-Orient s’habille en Prada…
Par Chokri BACCOUCHE
Il ne se passe un jour sans que des marches de soutien à Gaza ne se tiennent dans de nombreux pays du globe. Ces rassemblements du cœur réunissent, à chaque fois, des milliers de personnes éprises de liberté et de justice qui dénoncent à tue-tête les horreurs sionistes et réclament la fin de la guerre et l’arrêt des massacres contre les Palestiniens. Ces citoyens du monde se lèvent comme un seul homme pour s’opposer à l’un des plus grands génocides de l’histoire, délibérément orchestré par les dirigeants extrémistes israéliens qui cherchent par tous les moyens à exterminer tout un peuple afin d’en finir une bonne fois pour toutes avec sa juste et noble cause et faire main basse sur sa terre historique.
L’humanité dans sa diversité religieuse, ethnique et culturelle plurielle s’unit et fait front commun, dans l’espoir de mettre un terme à une effroyable tragédie et secouer la léthargie et l’ineptie des politiques dont le comportement face à cette crise d’une ampleur incroyable alterne à la fois l’immobilisme calculé, le parti-pris outrancier sur fond d’une insoutenable hypocrisie. Ce qui est valable pour un bon nombre de dirigeants occidentaux l’est certainement aussi pour les «raïs» et autres têtes couronnées arabes qui se sont distingués depuis le déclenchement de cette sordide guerre par leur mutisme honteux et affligeant qui en dit long sur leur aliénation et leur asservissement.
Qu’ils s’appellent Jacques, Helmut, John, Barbara, Selma ou Mohamed, ces manifestants, profondément humanistes qui battent le pavé à longueur de journées dans de nombreuses villes du monde pour crier leur colère et leur indignation en scandant en chœur le slogan «Liberté pour la Palestine», devenu depuis quelque temps l’hymne et le chant de ralliement en vogue à l’échelle internationale, donnent la preuve formelle que l’humanisme n’a pas de religion, ni une couleur distincte de la peau. C’est un état d’esprit et un courant de pensée inné qui puise son sens et son essence des valeurs universelles de liberté, de justice, de démocratie et du droit. Ceux-là mêmes qui sont violés et bafoués par les dirigeants hébreux dans un mépris total de la légalité et des conventions internationales et en toute impunité.
Autant dire que l’ensemble de la planète, à quelques exceptions infiniment minoritaires près, gronde et peste contre les dirigeants israéliens. La guerre à Gaza a, paradoxalement, éveillé la conscience de tous les peuples de la planète sur la véritable nature de l’idéologie sioniste qui anime les dirigeants israéliens, ses ambitions et ses objectifs. Une idéologie raciste, suprémaciste et génocidaire dont les adeptes n’hésitent pas à commettre les pires atrocités pour réaliser leur vil projet expansionniste, faussement messianique mais réellement criminel. Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, c’est la fuite en avant sanguinaire du Premier ministre israélien, Netanyahu, qui a permis aux terriens de découvrir la face cachée et le vrai visage du sionisme. Un visage hideux, horripilant et hors normes qui incarne désormais le mal personnifié. Dans un témoignage poignant publié il y a quelques jours sur les réseaux sociaux, un ancien ambassadeur d’Israël en France, visiblement excédé et exaspéré par les terribles exactions contre les Palestiniens, a qualifié Netanyahu de Diable malfaisant. Le diplomate qui n’a pas mâché ses mots a déclaré que Benjamin Netanyahu est en passe de mener Israël vers l’inconnu et pense que la politique du Premier ministre israélien fait peser désormais une lourde menace pour la pérennité de son pays.
Les confidences de cet ambassadeur qui a eu le courage de rompre les obligations de réserve reflètent à bien des égards une vérité concrète et indiscutable, et pour cause! Le Premier ministre israélien a non seulement échoué dans sa tentative désespérée d’éradiquer le Hamas comme il n’avait cessé de le claironner depuis le début de la guerre, mais son sinistre projet d’exterminer les Palestiniens lui a permis de remporter l’Oscar du plus grand criminel de guerre du 21e siècle et surtout, surtout de ternir encore plus l’image déjà froissée de son pays. Grâce à Netanyahu, Israël tombe en effet de son piédestal artificiel. Il n’est plus «l’unique oasis de démocratie au Moyen-Orient, cernée par des peuples hostiles et barbares», comme le prétend la propagande sioniste, mais l’Etat voyou qui incarne le déni de la justice et du droit international et la source principale du chaos régnant depuis des années dans la région. En cherchant à exterminer les propriétaires légitimes de la terre, Netanyahu a, en fait, replacé la noble Cause palestinienne au-devant de la scène internationale en se mettant, désormais, à dos le monde. Les conséquences politiques du désastre causé dont il a été le principal artisan sont incommensurables aussi bien pour sa carrière finissante que pour l’avenir de son pays…
C.B.
Agriculture : L’anticipation climatique, une nécessité stratégique
Pr Hassan GHEDIRI
Alors que les menaces climatiques s’intensifient, le renforcement du dispositif national de prévision climatique apparaît non plus comme un luxe technologique, mais comme une nécessité stratégique.
Dans un pays aussi exposé que la Tunisie aux aléas climatiques l’anticipation devient une arme vitale pour la survie du secteur agricole et pour la résilience alimentaire. Sécheresses récurrentes, pluviométrie irrégulière, canicule et tempête de grêle sont des phénomènes météorologiques qui affectent grandement le rendement agricole et imposent le renforcement des mécanisme de prévention et de réponse. Et c’est justement dans cette optique que s’inscrit le projet de réhabilitation du dispositif de prévision climatique mis en œuvre dans le cadre du programme ProSol (Protection et réhabilitation des sols dégradés), en partenariat avec la Coopération allemande (GIZ) et le ministère de l’Agriculture.
Ce projet vise à remédier à une lacune de taille, en l’occurrence la fragmentation et le manque d’actualisation du système national de collecte et de diffusion des données climatiques. Un audit effectué par un bureau d’études dans le cadre du projet ProSol,, a fait ressortir que les informations issues d’une trentaine de stations météo disséminées sur le territoire national étaient incomplètes, difficilement accessibles, et souvent inexploitées. Un paradoxe dans un pays où l’agriculture, principale consommatrice d’eau, est particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique.
Un inventaire mené par le même bureau d’études, a révélé par ailleurs que certaines stations étaient hors service et que les données collectées ne bénéficiaient ni de traitement centralisé ni de diffusion structurée. Pour y remédier, un chantier d’automatisation a été lancé, s’appuyant sur deux plateformes numériques exploitant une trentaine de stations climatiques, en l’occurrence la plateforme nationale «ActaCloud» gérée par la direction générale de l’aménagement et de conservation des terres agricoles et la base de données internationale FieldClimate, une plateforme payante à laquelle la Tunisie est abonnée par le biais de la direction générale du génie rurale et d’exploitation des eaux.
Automatisation
Grace au projet ProSol, a été alors entamée le réaménagement du dispositif de collecte et de vulgarisation des données climatiques au profil des opérateurs agricoles. L’objectif consiste à automatiser les opérations de collecte et de diffusion des données climatiques par le bais en développant l’interopérabilité entre les stations climatiques réparties sur l’ensemble du territoire national et la plateforme Agridata qui est le portail de données ouvertes du ministère de l’agriculture. Désormais les données de 27 stations climatiques accessible via ActaCloud et FieldClimate sont rendues accessibles en temps réel sur Agridata. Les données diffusées par cette plateforme incluent la température, l’humidité, la pluviométrie, la pression atmosphérique, ainsi que la vitesse et direction du vent. C’est-à-dire les éléments fondamentaux de toute planification et mise en œuvre des activités agricoles (irrigation, traitement phytosanitaire ou encore la prévention des incendies).
Ce système modernisé de veille climatique ne sert pas uniquement les chercheurs ou les administrations. Il constitue désormais un instrument décisif d’aide à la décision pour les agriculteurs qui peuvent désormais programmer et modifier leur calendrier de semis, le choix des cultures et la mise en place des équipements de conservation de l’eau et des soles en fonction des prévisions climatiques. Il s’agit aussi d’un outil stratégique pour les autorités nationales pour repenser et adopter leurs politiques au climat. À terme, la maîtrise de ces données permettra de renforcer la résilience du pays face aux chocs climatiques et de mieux protéger la sécurité alimentaire des citoyens.
Plusieurs pays comme le Maroc, l’Inde ou le Kenya, ont depuis longtemps investi dans la vulgarisation des données agro-météorologiques pour soutenir leur agriculture, la Tunisie se rattrape dans ce domaine mais beaucoup reste à faire pour garantir la durabilité et l’efficience des données climatiques, notamment à travers l’élargissement du réseau de stations, la formation des utilisateurs, et le renforcement de la coordination entre les différents organismes producteurs de données. Le renforcement du dispositif national de prévision climatique n’est plus un choix, mais comme une obligation stratégique.
H.G.
Marche vers Gaza : Les Tunisiens au rendez-vous le 12 juin prochain…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Des citoyens de 37 pays marcheront le 12 juin prochain vers Gaza avec la ferme volonté de briser le blocus et dénoncer la passivité des Etats face au génocide mené par l’armée sioniste. Les Tunisiens prendront-ils part à cette marche?
Selon le site Blick, qui a été le premier à publier l’information malgré la censure: «Des citoyens de 37 pays» se sont donné rendez-vous au Caire, en Egypte, le 12 juin, pour une marche mondiale vers Gaza. Un convoi les emmènera jusqu’à El-Arich, ville du Sinaï située à la frontière de l’enclave palestinienne. De là, ces marcheuses et marcheurs pacifistes parcourront à pied les 50 kilomètres qui les séparent du poste-frontière de Rafah. Trois jours de marche, à l’aube et en soirée – les températures peuvent grimper jusqu’à 50 degrés dans la région – pour faire entendre leur voix face au silence assourdissant et à l’inaction des gouvernements du monde entier».
Evoquant, justement, la censure, Samuel Crettenand, délégué suisse et porte-parole du mouvement «La Global March to Gaza», a indiqu: «Nous sommes plus de 20’000 à communiquer via nos canaux Telegram. Plus de 300 ONG à travers le monde nous soutiennent. Et quand on voit l’énergie déployée pour bloquer notre site, pirater nos données, infiltrer nos groupes ou nous discréditer, on se dit que le mouvement dérange. Et qu’il pourrait bien contribuer à isoler encore davantage les autorités israéliennes face au génocide qu’elles sont en train de commettre».
En Tunisie, on se mobilise, également, pour prendre part à ce mouvement. En effet, l’Ordre des médecins tunisiens a appelé ses membres à s’engager dans ce mouvement et participer massivement à cette marche. Idem pour l’ONG Médecins Sans Frontières-Tunisie qui a lancé un appel à ses militants pour prendre part à cet élan de solidarité avec les Palestiniens de Gaza. Que pensent, de fait, nos concitoyens de ce mouvement?
Ouvrir les frontières…
Depuis le 7 octobre 2023, date du déclenchement de cette guerre génocidaire contre la Bande de Gaza, les Tunisiens ont pris l’habitude d’organiser chaque vendredi des manifestations de soutien au peuple palestinien. Selon l’activiste Houssine Chalghaf: «Face au silence des gouvernements, exceptés quelques pays comme la Tunisie ou l’Afrique du Sud, la société civile internationale représente aujourd’hui l’éveil de la conscience universelle et humaine face à cette guerre totale menée par l’armée israélienne qui envoie des signes évidents de nettoyage ethnique alors que les Palestiniens ont été déplacés de force, pris au piège et bombardés. Cela correspond également aux descriptions d’un nombre croissant d’experts juridiques et d’organisations qui concluent qu’un génocide est en cours à Gaza. Alors, la moindre chose qu’on puisse faire est de se mobiliser pour stopper ce massacre et permettre aux aides humanitaires d’arriver au peuple palestinien. J’aurais aimé personnellement que cette initiative émane des peuples arabes en exerçant une pression sur les régimes afin d’ouvrir les frontières et permettre aux citoyens de soutenir leurs frères palestiniens par tous les moyens dont ils disposent. Mais, ce sont encore une fois les voix libres dans le monde qui se mobilisent pour briser ce blocus et stopper la génocide».
De son côté, l’universitaire Salem Chérif nous a confié: «Comme le disent les rapports de Médecins sans frontières, aujourd’hui, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 19 janvier 2025, la quasi-totalité de la population de Gaza a été déplacée de force et a besoin de toute urgence de nourriture, d’abris, de matériel médical, de carburant et d’autres biens de première nécessité. Cependant, des obstacles considérables empêchent encore le déploiement de l’assistance humanitaire. De fait, c’est aux libres de ce monde d’intervenir pour lever ces obstacles et permettre à l’aide humanitaire d’entrer».
M.B.S.M.
La traductrice coréenne de la Muqaddima, Karima Kim, lauréate du prix Ibn Khaldoun 2025
« Beaucoup plus qu’un livre d’histoire, la Muqaddima est un projet intellectuel pour une compréhension globale de l’urbanisme, des dynamiques du pouvoir et des transformations sociétales », a déclaré la Sud-coréenne Karima Kim, lauréate, « International », du prix Ibn Khaldoun pour la promotion et la recherche dans les sciences humaines 2025 pour sa traduction de la Muqaddima en langue coréenne.
La professeure coréenne s'exprimait dans une intervention faite à l’occasion de la cérémonie de remise du «Prix Ibn Khaldoun » 2025 organisée, hier, le mardi 28 avril, au Centre des Arts, de la Culture et des Lettres, Ksar Saïd, à Tunis. Ce prix est organisé par la Chaire ICESCO « Ibn Khaldoun pour la culture et le patrimoine » de Ksar Saïd en partenariat avec l’association Med21.
Composé des historiens Abdelhamid Larguèche (président), Latifa Lakhdar et Faouzi Mahfoud, le comité d'évaluation du prix Ibn Khaldoun pour la promotion et la recherche dans les sciences humaines 2025, a attribué deux autres prix au Franco-marocain Mehdi Ghouirgate (Méditerranée) et au Tunisien Moncef M’halla (Pays d'accueil).
Deux prix honorifiques ont été également décernés, à titre posthume, aux Professeurs tunisiens Ahmed Abdessalem et Aboul-Kacem Mohamed Kerrou en présence des membres de leurs familles respectives.
Dans son intervention intitulée « La Muqaddima un pont entre les langues et les civilisations », l’auteure de la traduction de la Muqaddima en coréen, a estimé que « la pensée d’Ibn Khaldoun dépasse son cadre spacio- temporel. Elle propose des outils d’analyse qui demeurent utiles à notre époque ».
Beaucoup plus qu’un historien appartenant au passé, « en Corée, Ibn Khaldoun est aujourd’hui considéré un penseur contemporain porteur d’une vision critique et d’un esprit ouvert sur l'autre ».
La Tunisie, pays d’Ibn Khaldoun, est « un lieu de mémoire mais aussi de pensée vivante et d'innovation ». Elle a évoqué un pays tourné vers l'avenir et largement imprégné par la pensée khaldounienne qui le guide, tel un flambeau, vers de nouveaux horizons.
La Professeure coréenne est revenue sur les conditions ayant entouré la traduction de son ouvrage en coréen, entamée en 2005. Elle dit avoir été poussée par un sentiment de devoir envers le lecteur coréen en vue de transmettre cette vision si profonde chez Ibn Khaldoun auprès de ses compatriotes et dans leur langue.
Cette traduction inédite est le fruit d’un voyage intellectuel et culturel de plusieurs années qu’elle souhaite partager, tout en affirmant une expérience au-delà du cadre académique, qui converge vers un processus assez personnel et profond.
La Professeure de Littérature arabe à l’Université de Hong-Kong des études étrangères à Séoul, Karima Kim est spécialiste en Littérature de la maqâma et Littérature arabe contemporaine de la diaspora.
Après avoir fait des études en langue arabe, depuis sa jeunesse, elle a eu son diplôme de Doctorat autour de l’œuvre du célèbre écrivain, encyclopédiste et polygraphe arabe « al-Jahiz », et son fameux ouvrage « Al Boukhala » (Les avares). Al-Jahiz, de son nom complet Abû Uthmân Amr Ibn Bahr Ibn Mahbûb al-Kinâni al-Fuqaymî al-Basrî, est un érudit de la pensée arabe qui a vécu entre 775/776 et 153/155 en Irak.
L’idée de traduire cette œuvre émane d’une conviction chez l’autrice que « ce projet constitue un pont entre les civilisations et ouvre de nouveaux horizons pour le dialogue entre l'Asie de l'Est et le Monde arabe ».
La traduction est un travail qui n’est pas sans contraintes, a-t- elle avoué, évoquant des contraintes d’ordre linguistique et lexique et en lien avec la construction des phrases assez longues, les noms historiques et les contextes culturels. Pour l’autrice, il a fallu, par souci de précision, trouver un équilibre entre ces divers éléments tout en respectant le texte original.
Cette traduction a pris six longues années, une période qui dépasse celle passée par Ibn Khaldoun pour la finalisation de son fameux manuscrit.
La version coréenne de « la Muqaddima a eu un large écho dans les milieux académiques et culturels en Corée du Sud. Sa parution a été largement médiatisée ce qui a créé un intérêt pour la civilisation islamique et la pensée arabe ».
La Muqaddima sera au cœur d’une conférence filmée prévue cet été dans le cadre des classiques de la littérature mondiale présentés à l’Université nationale de Séoul.
En 2020, cet ouvrage en coréen était parmi les œuvres lauréates du prestigieux prix Qatari « Prix Sheikh Hamad pour la traduction et la compréhension international ». Cette œuvre monumentale a vu le jour au Sud de la Méditerranée est aujourd'hui traduite vers d'autres langues dont la langue coréenne.
Véritable vecteur d’interculturalité, la traduction, selon la professeure coréenne, ne se limite pas à transmettre les mots. Elle est un outil pour comprendre l'autre et construire les ponts entre les esprits et les cultures ».
A travers cette œuvre, elle dit avoir voulu donner un aperçu de la profondeur de la pensée arabe et la richesse de sa civilisation ».
La professeure Karima Kim a souhaité voir cette rencontre jeter les bases d'un « dialogue constant entre l'Orient et l'Occident et entre les langues et les cultures dans le cadre de la compréhension et du respect mutuel ».
Le Quotidien avec TAP
Tournoi de Roland Garros - 1er tour : Ons Jabeur perd devant Frech (0-2) et quitte la scène d'entrée
Par Jamel Belhassen
36e au classement WTA, la Tunisienne Ons Jabeur a ouvert le tournoi de grand chelem , celui de Roland Garros à Paris, la Polonaise Magdalena Frech, 25e.Bien en jambes, Ons Jabeur a tenu tête à son adversaire durant tout le premier set. Des échanges de haute volée avec des coups droits et des amortis imparables des deux côtés. Le score avançait d'une manière serrée et équilibrée jusqu'à atteindre l'égalité de 6 jeux à 6. Au tie break, Frech , plus concentrée, remporta la mise ( 7-6). Au second set, Ons Jabeur connaît une baisse de régime étonnante . Frech allait faire cavalier seul remportant tous les jeux (6-0) et le match 2 sets à 0.
Dommage pour Ons Jabeur mais la Polonaise à été bien supérieure.
J.B.
L'Association tunisienne SOS Villages : Campagne de collecte
L'Association tunisienne SOS Villages d'enfants a annoncé, avoir lancé une campagne de collecte pour l'achat de moutons de sacrifice au profit de 5700 enfants et de leurs familles. L'association a appelé les donateurs à opter pour les moyens de paiement électroniques et ce, dans un souci de transparence. Elle a souligné qu'elle a mis le site web www.sosve.tn pour le paiement en ligne et le numéro suivant 85510 pour recevoir les dons par SMS. SOS Villages d'enfants a, également, précisé que le prix du mouton s'élève à 1000 dinars et que l'association vise un objectif de 1000 moutons pour répondre aux besoins des familles concernées...
Editorial : Chiffrer ses objectifs … - Par Hassan GHEDIRI
Lors du Conseil ministériel présidé samedi dernier par la cheffe du gouvernement, Mme Sarra Zaâfrani Zenzeri, ont été dévoilés les grands axes d’un nouveau programme économique et social adopté par l’Etat. Inspiré, dit-on, de la «vision du président de la république», ce programme se veut très ambitieux. Il vise à concilier croissance économique et justice sociale, renforcer la souveraineté nationale, valoriser le capital humain et dynamiser le développement régional. Derrière cette déclaration d’intention, une interrogation principale reste toutefois en suspens en ce qui concerne la manière par laquelle l’on pourrait juger de la réussite ou de l’échec de ce programme. A cette question fondamentale, il y a une réponse claire, simple, concise et unique: par des objectifs clairs, quantifiables cadrés par un calendrier précis et guidés par un dispositif d’évaluation rigoureux. C’est en respectant cette exigence, et elle seule, qu’un gouvernement est estimé posséder et mettre en œuvre un plan d’actions sérieux et non pas juste brandir des slogans politiques sans aucune suite.
Un programme économique et social, aussi complet et cohérent soit-il, ne peut être jugé crédible s’il ne vise pas des ambitions chiffrées. Dire que l’on souhaite «réduire le chômage», «améliorer le pouvoir d’achat», «renforcer la protection sociale» ou encore «numériser l’administration» est une chose. Dire COMBIEN, COMMENT et dans quels DELAIS en est une autre. Car c’est justement grâce à cette précision que les citoyens, c’est-à-dire le peuple (placé au cœur du modèle politique institué par Kaïs Saïed), sont capables d’évaluer l’action publique et d’identifier les réussites comme les manquements; et par le même fait demander des comptes en connaissance de cause.
La reddition des comptes n’est pas un luxe que les gouvernés hésitent timidement à réclamer aux gouvernants. Cela relève, en effet, des droits essentiels dont disposent les gouvernés supposés vivre dans un Etat de droit et que les gouvernants doivent faire prévaloir. Ceci dit, la reddition des comptes suppose une planification rigoureuse des actions à accomplir avec des indicateurs de performance qui sont régulièrement communiqués et constamment mis à jour. Elle exige également du gouvernement, c’est-à-dire l’ensemble des responsables chargés de l’exécution des politiques publiques, de se soumettre à l’évaluation et d’assumer les résultats du programme. Sans cette démarche, nous demeurerons dans une gouvernance inféconde qui ne fait que mâcher les slogans et multiplier les promesses qui ne seront jamais tenues. D’après le communiqué diffusé samedi, la présidence du gouvernement exprime son intention de mettre en place des outils technologiques qui permettraient de suivre l’exécution des actions prévues dans ce programme économique et social. Ceci est une bonne chose, mais encore faut-il que ce «mécanisme» de suivi soit tangible et concret à même que les spécialistes du domaine peuvent en juger la performance. Trop souvent, un flou absolu plane sur l’exécution des politiques publiques avec une communication officielle se limitant à des communiqués statiques que l’on diffuse machinalement sur les réseaux sociaux des ministères et de la présidence du gouvernement. Une communication qui, à première vue, est dans l’ère du temps, mais qui cache à peine une volonté de se contenter du minimum syndical. Un gouvernement qui se respecte (et qui respecte les contribuables) se doit de communiquer le plus clairement possible sur toutes ses actions. Cela implique la production et la publication des rapports exhaustifs, la tenue des conférences de presse voire l’organisation de dialogues avec les citoyens notamment les jeunes, autour des vraies priorités nationales lors desquelles des comptes sont rendus. La transparence ne fragilise pas un gouvernement mas renforce sa crédibilité et légitime ses choix. En fait, le programme économique et social porté par le gouvernement est assez prometteur. Il couvre tous les secteurs, du social à l’industrie, en passant par l’éducation, la santé, l’énergie et la culture. Mais comment compte-t-on faire pour le réussir? That’s the question!
H.G.
Reprise ce jeudi de la Commission administrative de l’UGTT : Taboubi joue sans va tout… ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Les travaux de la Commission administrative reprendront ce jeudi à Hammamet et avec une infime lueur d’espoir de voir l’UGTT sortir de la crise la plus grave dans l’histoire de l’organisation syndicale. Quels sont les enjeux de cette réunion?
Ni les excuses de Noureddine Taboubi, le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), présentées aux syndicalistes de la région de Sfax lors de la tenue des travaux de la Commission administrative jeudi dernier à Hammamet et encore moins les mises en garde lancées par les ténors n’ont suffi pour aboutir à un compromis synonyme de « sauvetage » de l’organisation syndicale qui vit, depuis 2022, la crise la plus grave de son histoire. De fait, les regards seront orientés vers Hammamet où se poursuivront les travaux de la Commission administrative dont le seul enjeu est de trouver un compromis autour de la date du prochain congrès. Et si le bloc de Noureddine Taboubi tient à ce que ce congrès se tienne à la fin du mandat de l’actuel bureau exécutif, le groupe dit des cinq, qui représente une partie de l’opposition syndicale, tient à ce que la date du congrès soit avancée à 2026. En attendant, les accusations croisées et les actes de violence verbale et même physique se multiplient aggravant davantage la crise qui secoue la centrale syndicale depuis 2022, date du dernier et très contesté congrès de Sfax. En effet, dans un communiqué publié samedi dernier, le bureau exécutif de l’Union régionale du travail à Sfax a condamné avec la plus grande fermeté l’agression verbale et la tentative d’agression physique commises par Mohsen Youssefi, le secrétaire général adjoint chargé des biens de l’UGTT et de l’ économie sociale et solidaire, à l’encontre de Youssef Aouedni, secrétaire général de l’union régionale et représentant de Sfax au sein de la Commission administrative nationale. De fait, la reprise des travaux de la Commission administrative ce jeudi représente, selon les observateurs, la dernière occasion pour mettre fin à la crise…
Des enjeux et des défis …
Si toutes les parties, bureau exécutif comme opposition, ne cessent de réaffirmer leur attachement à l’unité syndicale fondée sur le respect mutuel, on a besoin aujourd’hui de sacrifices et de courage pour mettre fin à cette crise, nous dira le dirigeant au sein de l’opposition syndicale, Habib Jerjir. Et d’ajouter: «Il faut refonder l’organisation de fond en comble, car l’Union générale tunisienne du travail traverse actuellement une période critique qui exige des mesures drastiques. Le départ pur et simple de l’actuelle direction syndicale est la seule et unique solution. Ensuite, nous convoquerons d’urgence le Conseil national pour prendre une série de mesures structurelles de nature à rendre à l’organisation sa notoriété et son prestige».
De son côté, l’autre dirigeant au sein de l’opposition syndicale, Taïeb Bouaïcha, a présenté une feuille de route comportant «une révision en profondeur des statuts et du règlement intérieur de l’UGTT avec pour objectif la fin du pouvoir jugé absolu du bureau exécutif, décentraliser la prise de décision et garantir l’autonomie des secteurs dans leurs actions».
Ce n’est pas, toutefois, l’avis de Sami Tahri, le secrétaire général adjoint chargé de la communication au sein de l’Union générale tunisienne du travail, lequel a, en effet, réaffirmé «l’unité et l’indépendance de l’organisation», dénonçant, en revanche, «les appels lancés hors des structures syndicales, en vue de dissoudre l’actuel bureau». «Ces appels n’ont aucun poids pour nous. Certains de leurs auteurs sont d’anciens syndicalistes, mais ils ne représentent plus l’organisation. Il est inacceptable de vouloir remplacer la direction légitime de cette manière», a-t-il martelé. Qui aura, alors, le dernier mot ?… Attendons pour voir…
M.B.S.M.
Au Théâtre des jeunes créateurs : « Jazz’it », le nouveau-né des festivals
Par Imen Abderrahmani
Cinq spectacles en trois soirées tel est le menu de la 1ère édition du « Jazz’It Festival », nouveau rendez-vous musical, initié par l’artiste Malek Lakhoua et prévu du 29 au 31 mai 2025, à la Cité de la culture.
Pour les passionnés du jazz, voilà un nouveau rendez-vous qui mérite le détour. Trois soirées qui vous feront oublier les tracas de la vie quotidienne et qui sera un bon plan pour les parents comme pour les étudiants pour bien clôturer l’année scolaire et universitaire en beauté. Pour ceux qui s’apprêtent à passer les examens nationaux, le festival ne peut que vous réconforter, vous donner que de « good vibes ».
Initié et organisé par « Jazz’it Records », premier label de jazz en Tunisie lancé officiellement en 2020 par le batteur, compositeur et producteur Malek Lakhoua, cette première édition du festival se tient en partenariat avec l’Institut français de Tunisie (IFT) et la Délégation générale Wallonie-Bruxelles en Tunisie et avec le soutien d’autres parties également.
Annoncé complètement par l’IFT et également par la Délégation générale Wallonie-Bruxelles en Tunisie en ce qui la première soirée, le festival propose au total cinq concerts d’artistes de divers horizons et de différentes expériences qui ont en commun une passion sans faille pour le jazz. Des artistes qui ont voué leurs vies au développement et à l’enrichissement de cette musique.
Le jazz, passionnément
Le coup d’envoi du festival sera donné par l’artiste belge Pierre Vaiana et ce à 19h30 au Théâtre des jeunes créateurs. Saxophoniste soprano, pédagogue et compositeur, Pierre Vaiana est un des spécialistes du saxophone soprano sur lequel il développé une sonorité unique, chaleureuse, immédiatement reconnaissable. Mène de nombreux projets artistiques autour du thème du dialogue entre cultures et de la rencontre. Lors de cette rencontre avec les mélomanes, l’artiste présentera quelques fragments de son nouvel album « Camera Obscura », lancé en novembre 2024.
« La Camera Obscura est une métaphore musicale de l’image inversée du monde qui nous entoure. La musique proposée dans cet album explore plusieurs pistes: le chemin, l’ombre et la lumière. La formule du trio est idéale pour le dialogue entre les musiciens. Le jeu de saxophone soprano est mis en valeur par l’orchestration et par les mélodies chantantes, lyriques, et apparemment simples. Les contrepoints entre le saxophone et le violoncelle, qui évoquent par moments la musique de chambre, sont complétés par la guitare qui a parfois des consonances folk, et parfois proches d’un rock le plus expérimental. Les compositions se déroulent à la manière de la bande son d’un « road movie » qui serait celui d’un voyage intérieur et méditatif », lit-on dans le descriptif de ce projet, publié sur le site de l’artiste.
D’autres artistes de renommée internationale seront présents lors de cette 1ère édition de « Jazz’it Festival ». A l’affiche, le grand pianiste tuniso-suisse Moncef Genoud, le saxophoniste canadien Seamus Blake, le pianiste américain installé en Tunisie Kyle Schafer qui a lancé en novembre 2024 son album « Tunisan Vibes », le batteur franco-tunisien Mourad Ben Hammou et le guitariste américain Mark Whitfield.
« Le jazz, cet art libre, ouvert à toutes les influences, invite à la rencontre et à l'échange. Cette première édition, qui se veut un hommage aux valeurs de solidarité, de liberté et d’ouverture, ne se contentera pas de célébrer la musique. Elle portera un message : celui que, même dans les moments les plus sombres, la culture reste une arme puissante pour construire un avenir plus harmonieux, plus juste et plus pacifique » a écrit Malek Lakhoua Fondateur « Jazz'it Records » et directeur artistique « Jazz'it Festival », dans l’éditorial de cet évènement musical publié sur le site de l’IFT.
Cette édition sera marquée par l’attribution du « ‘Prix Jazz’it Talent’ à un jeune artiste émergeant de la scène jazz tunisienne et qui fera l’objet d’une communication spécifique post festival.» apprends-t-on.
Des workshops au profit des musiciens tunisiens et qui seront assurés par ces artistes de renom qui meubleront la 1ère édition de « Jazz’it » seront organisés à la Cité de la culture.
I.A.
Le programme
- Le 29 mai à 19h30 : Pierre Vaiana (Belgique) - Camera Obscura/ 21h30 : Moncef Genoud (Suisse) & Seamus Blake (Canada)
- Le Vendredi 30 mai à 19h30 : Kyle Schafer (USA, Belgique, Suisse, Tunisie) - Tunisian Vibes/ 21h30 : Mourad Ben Hammou & His Soulful Drums (France)
- Le samedi 31 mai : 21h30 : Mark Whitfield (USA) - Tribute to Wes Montgomery
A la Fondation de la Maison de Tunisie : deux représentations « Pour une dernière chanson »
L’amphithéâtre Habib Bourguiba de la Fondation de la Maison de Tunisie propose les 30 et 31 mai à 20h30 « Pour une dernière chanson » (‘Biridhak’ –titre arabe) de Lassaad Salaani.
Produite par le Théâtre National Tunisien (TNT), cette pièce de théâtre réunit une pléiade d’acteurs chevronnés, une chanteuse lyrique, un chorégraphe, un artiste circassien et des étudiants de l’Institut supérieur d’art dramatique.
Pédagogue, enseignant et metteur en scène, Lassaad Salaani qui mène une carrière artistique entre la France et la Tunisie a choisi dans « Pour une dernière chanson » de placer son histoire dans un lieu hors du temps où quatre personnages privés de paix, de fraternité et d’humanisme puisent au plus profond de leurs souvenirs les plus amers… Exploration qui les mène à poser des questions au vif de l’actualité telles que les relations entre Islam et Occident, la place de l’immigré en France, les causes de l’intégrisme, l’héritage culturel arabo-musulman et aussi la difficulté du bien vivre ensemble.
Interprétés par Bahram Aloui, Aymen Selliti, Manar Tangour, Amen Allah Toukebri, la chanteuse lyrique Amira Loubiri et le circassien Mohamed Athmouni, sous la direction artistique d’Amel El Fargi, avec collaboration chorégraphique de Kais Boulares, une scénographie et création lumière signées Sabri Atrous et une création sonore d’Oussama Saidi, le titre fait référence à une chanson de Oum Kalthoum… « Une dernière chanson » est une réflexion sur l’être et l’autre, l’acceptation et la partage, le rejet et la différence, la violence et l’apaisement.
Géoparc Dahar : la délégation onusienne achève sa visite
La visite de la délégation de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la culture (UNESCO) dans les gouvernorats du Sud-Est a pris fin, samedi, à Matmata, au gouvernorat de Gabès, où s’étend le « Géoparc Dahar ».
La délégation de l’Unesco composée de deux experts, un Français et un Belge, était en visite au Sud-Est du pays, du 21 au 25 mai, dans le cadre de l’évaluation du dossier technique présenté par la Tunisie fin novembre 2024, pour l'inscription du Parc géologique « Géoparc Dahar » parmi les géoparcs mondiaux de l'UNESCO.
Le Géoparc Dahar est situé dans la partie Sud-Est de la Tunisie. La zone de « Dahar » couvre trois gouvernorats, de Matmata (Gabès) jusqu’au Dehiba (Tataouine), en passant par Beni Khedache (Médenine).
Gabès était la dernière étape de la visite d’inspection dans les trois gouvernorats du Sud est où s'étend le « Géoparc Dahar ». La visite étalée sur deux jours, les vendredi 23 et samedi 24 mai, a permis aux membres de la délégation onusienne de se rendre dans la zone montagneuse de Gabès et prendre connaissance de ses sites géologiques et patrimoniaux.
Le premier jour, la délégation a visité les villages berbères de Dekhilet Toujene et Zmertène Kaf N’sour, en prenant connaissance des maisons d’hôtes et unités hôtelières ainsi que le riche patrimoine et les métiers d’artisanat pratiqués dans la région. La deuxième journée était consacrée à la délégation de Matmata réputée pour ses habitations troglodytiques des villages de Tamzret, Beni Aissa et Tijma à la nouvelle Matmata.
Dans une déclaration, lundi, au correspondant de TAP à Gabès, le Commissaire régional du Tourisme à Gabès, Béchir Gdiri, a exprimé son souhait de voir le « Géoparc Dahar » rejoindre la liste des Géoparcs mondiaux. L’inscription de Dahar sur la liste du patrimoine mondial naturel aiderait à dynamiser le tourisme dans la région, a estimé le responsable.
Le tourisme alternatif constitue un vecteur essentiel qui attire « une nouvelle clientèle qui préfère séjourner dans les maisons d'hôtes et les résidences rurales et accorde un intérêt au patrimoine culturel des communautés locales », comme il l’a affirmé.
Lors de leurs visites, les représentants de l’Unesco ont eu des séances de travail avec les membres de la commission scientifique nationale, des responsables régionaux ainsi que des membres de la société civile. Ils ont pris connaissances des divers aspects touristiques et patrimoniaux de toute la zone du « Géoprac Dahar » et ses multiples sites géographiques et historiques abritant des auberges et des résidences rurale, composantes essentielles du tourisme alternatif.
La visite d’inspection a couvert plusieurs sites géologiques et géographiques dans les régions de Tataouine, Médenine et Gabès où ils ont en particulier visité le Musée de la mémoire de la Terre, abritant des fossiles, notamment de dinosaures, qui remontent à plus de 100 millions d'années.
Les experts de l’UNESCO devront soumettre leur rapport d’ici septembre 2025. Le Géoparc Dahar est parmi 11 nouvelles candidatures relatives à la désignation de géoparcs mondiaux UNESCO qui seront évaluées en en 2025.
« Géoparc Dahar » en bref
Le Géoparc Dahar est situé dans la partie sud-est de la Tunisie. Le territoire présente des plateaux en gradins séparés par des escarpements, des vallées et des bassins, s'étendant sur les gouvernorats de Tataouine, Médenine et Gabès, et couvrant une grande partie du plateau du Dahar (6 000 km² au total).
Le résumé publié dans le site de l’Unesco présente un site naturel qui s’étend de la région de Remada au sud, à la région de Matmata au nord, en passant par le massif montagneux du Jebel Tebaga de Médenine et douze communes. Collectivement, le géoparc représente une transition entre les plaines côtières méditerranéennes et le désert du Sahara, ce qui lui confère une importance géologique, écologique et culturelle.
Le Géoparc Dahar enregistre les 250 derniers millions d’années de l’histoire de la Terre. Il existe une grande diversité géographique liée aux variations pétrologiques et minéralogiques à travers le territoire, ainsi qu’une richesse remarquable en fossiles, transformations diagénétiques et géomorphologie.
Les Géoparcs mondiaux UNESCO sont des zones géographiques uniques et unifiées où des sites et des paysages d'importance géologique internationale sont gérés selon un concept holistique de protection, d'éducation et de développement durable. Leur approche ascendante, qui combine conservation et développement durable tout en impliquant les communautés locales, est de plus en plus populaire.
Il y a actuellement 229 géoparcs mondiaux UNESCO dans 50 pays.
Le Quotidien avec TAP
Les trésors d’Ennejma Ezzahra racontés et exposés dans un livre
« Ennejma Ezzahra dévoile ses trésors » est le titre d’un nouvel ouvrage de référence publié par le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes (CMAM) en mai 2025.
Fruit d’un travail collectif, cet opus réunit une série d’articles scientifiques, rédigés en arabe et en français, mettant en lumière diverses facettes de la mémoire culturelle liée aux activités et aux archives du CMAM, l’ancien palais du baron d’Erlanger.
Une partie de l’ouvrage est consacrée à des études approfondies sur les archives historiques du baron Rodolphe d’Erlanger, révélant des documents rares et des pièces uniques qui reflètent la vision du baron et de son équipe en matière de sauvegarde, de conservation et de transcription du patrimoine musical, lit-on sur la page facebook d’Ennejma Ezzhara.
Ces archives permettent également de retracer l’évolution des théories musicales en Tunisie et dans le monde arabe, tout en dévoilant certains événements marquants de l’histoire musicale nationale et régionale.
Un autre chapitre du livre présente une sélection de documents sonores conservés à la Phonothèque nationale, perçus comme la mémoire vivante d’un patrimoine musical, et constituant un champ d’étude prometteur pour les chercheurs de demain, ajoute la même source.
La dernière partie de l’ouvrage est dédiée aux objets patrimoniaux et aux œuvres picturales conservés au sein du palais d’Ennejma Ezzahra, mettant en valeur leur richesse esthétique et leur portée civilisationnelle. A travers ces pièces se dessine un témoignage vivant de la rencontre des arts et de la diversité des influences culturelles ayant traversé ce lieu d’histoire et de mémoire.
Au palais Ennejma Ezzahra : « Le livre face au numérique », le grand débat
La Représentation de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour l’Afrique du Nord (REPAN) organise le 30 mai 2025 de 16H30 à 18H30 au palais Ennejma Ezzahra à Sidi Bou Said une conférence-débat sur « Le livre face au numérique : Quel rôle dans une société connectée? » en vue de débattre de l’avenir du livre à l’ère du numérique, notamment son rôle dans une société de plus en plus connectée.
Quatre panélistes prendront part : Wafa Ghorbel, universitaire, écrivaine, autrice-compositrice-interprète, Mourad Boubaker co-fondateur de Hkeyet Edition, Thouraya Daouas, experte en intelligence artificielle (IA) et en digital learning et Raja Sabta El Amri, autrice et fondatrice de « Dis maman, dis papa », un projet innovant de livres pour enfants visant à offrir aux parents et aux professionnels de l’éducation un support afin de les aider à sensibiliser les enfants tunisiens à des thématiques sociales et sociétales complexes.
Cette conférence s’inscrit dans le cadre des actions de l’OIF en faveur notamment du livre et des auteurs francophones pour la construction d’un savoir-faire francophone, ancré dans les spécificités locales mais ouvert aux innovations globales ainsi que de son engagement à accompagner les dynamiques collectives œuvrant en vue de promouvoir le secteur du livre.
Shluq – Musique en mouvement : Un sirocco sonore soufflera sur Tunis et Hammamet
Musiques contemporaines et identités méditerranéennes sont au cœur du festival musical « Shluq – Musique en mouvement. Trajectoires sonores entre Sicile et Tunisie », qui démarre le 29 mai pour se poursuivre jusqu'octobre 2025 entre Tunis et Hammamet.
Cinq concerts seront donnés par des artistes et collectifs les plus intéressants de la scène musicale contemporaine sicilienne. Ils auront lieu dans différents espaces culturels de la Capitale notamment la station artistique B7L9 (Bhar Lazreg)- La Marsa et à Hammamet, au Cap Bon. Les lieux de certains spectacles, seront annoncés ultérieurement.
Organisé par l’Institut Italien de Culture de Tunis en collaboration avec Chullu, agence créative active entre Milan et Modica (Sicile), villes du Nord et du Sud de l’Italie, l’événement vise à valoriser la musique comme un outil privilégié de rencontre entre les cultures.
« La Méditerranée a toujours été un carrefour de peuples et de cultures, expliquent les organisateurs. Avec ‘Shluq’, nous souhaitons faire dialoguer artistes et publics, en les transportant à travers des sonorités qui racontent des histoires, des racines communes et des innovations musicales contemporaines. »
Le festival « Shluq – Musique en mouvement » propose un voyage sonore entre tradition et innovation. Le mot « Shluq » évoque en effet le sirocco, ce vent chaud qui souffle du Sahara vers la Méditerranée Européenne, métaphore idéale d’un voyage musical entre identité, mémoire et innovation.
Le festival débutera au B7L9 de La Marsa. Le premier concert, prévu le jeudi 29 mai, sera donné par le collectif « LeroLero » avec la participation de la chanteuse tunisienne Nessrine Jabeur, marquant l’ouverture d’un pont artistique et générationnel.
Dirigé par Fabio Rizzo, Alessio Bondi, Donato di Trapani et Giovanni Parrinello, ce collectif explore et réinvente les chants et sonorités de la tradition orale sicilienne à travers un langage moderne et expérimental.
Le deuxième concert, le jeudi 12 juin, mettra en scène Cesare Basile, figure de proue de la musique d’auteur italienne, qui présentera son dernier album « Saracena », un projet entièrement en langue sicilienne inspiré par les diasporas contemporaines et les mouvements migratoires.
Le mercredi 23 juillet, le festival fera escale à Hammamet avec le collectif milanais « Addict Ameba » qui sera accompagné du chanteur et acteur tunisien Rabii Brahim.
Né dans le quartier Casoretto à Milan, le groupe « Addict Ameba » est reconnu pour sa capacité à fusionner, avec maîtrise et naturel, afrobeat, ethno-jazz, psychédélisme et rythmes latins.
Le quatrième concert, le samedi 27 septembre à Tunis, sera assuré par le célèbre percussionniste Alfio Antico, considéré comme un maître et innovateur du tambourin traditionnel (tammorra), dont la musique combine rythmes archaïques, poésie et performance théâtrale.
La clôture de « Shluq », le mardi 14 octobre à Tunis, sera avec une performance de la chanteuse et auteure-compositrice, Anna Castiglia, à la voix personnelle, ironique et poétique, qui est la cofondatrice du collectif féministe « Canta Fino a Dieci ».
Originaire de Catane, deuxième plus grande ville de Sicile après Palerme, la jeune artiste représente une nouvelle génération d’artistes conscientes, ancrées dans leur patrimoine culturel.
















