Editorial : Avant les plans, les bilans … - Par Hassan GHEDIRI
La planification des politiques de développement en Tunisie ne se fera plus comme avant. Fini le temps où les programmes de développement économique et social sont concoctés dans les bureaux des ministères par des planificateurs totalement déconnectés de la réalité des régions. Pendant des décennies, l’on avait l’impression que l’Etat confectionnait ses plans de développement, en catimini, que l’on dévoilait comme le fait un illusionniste faisant jaillir un pigeon de son chapeau magique. Des plans desquels les régions bénéficient selon leur proximité du centre et des côtes et qui, au fil des ans, n’ont fait qu’accentuer les disparités régionales engendrant de graves fractures Nord/Sud et Est-Ouest.
Un changement de cap est évident d’autant plus que, déjà, depuis bientôt quatre ans l’Etat ne raisonne plus comme avant. Lorsqu’il a décidé d’opérer le revirement du 25 juillet 2021, Kaïs Saïed avait au moins une motivation assez pressante qui légitime son œuvre : réparer les inégalités et rendre justice à des populations et des régions marginalisées et fortement défavorisées. Rompre avec les causes ayant engendré ces disparités est une condition sine qua non pour mettre sur pied une vraie politique de développement durable solidement ancrée dans chaque région qui se décline en des projets de proximité visant le bien-être des populations locales et leur prospérité économique et sociale. Cette rupture avec le modèle de planification hérité depuis l’indépendance devenu archaïque et inadapté aux attentes des Tunisiens, Saïed cherche d’emblée à la concrétiser à travers son projet politique qui repose sur la logique de gouvernance ascendante. Une nouvelle approche qui se veut une réponse aux revendications populaires exprimées durant le soulèvement du 17 décembre 2010/14 janvier 2011. C’est, donc, une rupture qui vise à remplir un objectif primordial, celui de faire émerger les politiques de développement à partir de la base, c’est-à-dire depuis les régions formant la première entité de l’organisation territoriale de notre pays.
Déjà, c’est à un niveau «très local» que sont en passe d’être définies les politiques publiques en matière de développement économique. Entamés mi-avril dernier, les préparatifs du nouveau plan de développement quinquennal 2026/2030 vont bon train avec l’implication des conseils locaux qui passeront ensuite la relève aux conseils régionaux avant de parachever le processus au niveau du Conseil national des régions et des districts. Le plan 2026/2030 se veut ainsi une illustration concrète du projet porté par le président de la république consistant à placer les citoyens, les territoires et les structures de gouvernance locale au cœur du processus décisionnel en matière de planification et de mise en œuvre des politiques publiques de développement.
Pour rompre avec les échecs du passé et faire de ce nouveau plan quinquennal une réussite, il faut savoir partir de bon pied. Mais avant le plan, il faut faire le bilan, qui est un pas essentiel. Or, le gouvernement a donné le coup d’envoi d’un nouveau plan quinquennal sans dire un mot sur quoi aurait finalement débouché le plan triennal 2023/2025 qui est aussi supposé respecter la même logique de gouvernance promue par le président de la république. Annoncé en grandes pompes, fin décembre 2022, lors d’un Conseil ministériel présidé par l’ancienne cheffe du gouvernement, Nejla Bouden, le plan de développement 2023/2025 avait défini «les priorités, les politiques et les programmes de développement sur les plans sectoriel et régional, dans le cadre des grandes orientations inscrites dans la vision stratégique de la Tunisie pour l’année 2035 et le programme national de réformes structurelles pour le période à venir», lit-on dans une note publiée à la même occasion par La Kasbah. Quel était le bilan de ce plan triennal ? Personne ne sait. Avait-on atteint les objectifs escomptés? Hélas, nul ne peut le dire.
H.G.
Sur l’écran d’El –Hamra aujourd’hui : « 1958 » de Ghassan Salhab
Par Imen Abderrahmani
Né en 1958 à Dakar, où il a passé son enfance, Ghassan Salhab est retourné au Liban à l’âge de 13 ans, pour traverser la double guerre des années 1970-1980… De ce passage pas facile d’une culture à une autre, d’un continent à un autre, il parle dans son « 1958 ».
Poursuivant l'exploration des « Nouveaux territoires », le Ciné- Club El Hamra invite aujourd’hui ses adeptes, à partir de 18h00, à découvrir ou redécouvrir une œuvre phare du parcours du cinéaste libanais de renommée internationale Ghassan Salhab.
Sorti en 2009, « 1958 » est un film où le réalisateur se raconte, partage avec son public son histoire pour s’interroger sur le changement des territoires, sur l’enracinement, le déracinement et leur impact sur le vécu de l’être. Peut-on être plus attaché au pays d’accueil plus qu’au pays d’origine ? Peut-on s’adapter facilement au changement ? Comment peut-on convaincre un enfant qui a passé une vie paisible au Sénégal d’admettre de vivre dans un Liban déchiré par la guerre ? d’affronter au quotidien la mort et la peur ?
« 1958 » est l’année de la naissance de Ghassan Salhab au Sénégal, sa terre d’accueil et d'où le titre du film est tiré.
Arrivé au Liban en 1970 avec sa famille, à l’âge presque de 13 ans, il s’y sent profondément étranger. A cette époque, le Liban, son pays d’origine, plonge dans le chaos politique pour sombrer dans une triste et affreuse guerre civile.
En 1975, en partance pour le Sénégal, il fait escale à Paris et s’y installe ensuite pour un séjour de plusieurs années tout en faisant des voyages réguliers vers le Liban, donnant le jour, après de nombreux courts-métrages parmi lesquels « Après la mort » (1991), « Afrique fantôme » (1994) et « La Rose de personne » (1998), à son film emblématique « Beyrouth fantôme ».
Essai cinématographique de soixante- six minutes, « 1958 » s'inspire de deux événements marquants de la vie du réalisateur Ghassan Salhab: sa naissance au Sénégal et les troubles au Liban durant la présidence de Camille Chamoun et la guerre civile qui a déchiré son pays.
Le film est alors une médiation où s’entrelacent les strates du passé et du présent, où se croise l'intime avec le collectif et où résonnent tant d'interrogations mais aussi de réflexions sur le géopolitique, l'appartenance ...
« 1958 », un film qui s'inscrit dans la continuité de tout un projet mené par le réalisateur libanais où il raconte Beyrouth, cette ville dont il est à la fois si proche et si distant et qui vit en perpétuelle destruction et reconstruction.
Auteur de neuf longs-métrages ainsi qu’une poignée d’essais, figure emblématique du cinéma libanais, arabe et internationale, Ghassan Salhab a été à l'honneur au Festival International de La Rochelle et aux Journées Cinématographiques de Carthage (JCC). En 2025, il a été également l'invité du festival Cinéma du réel pour partager sa réflexion sur le cinéma, lors de séances participatives.
Orchestrée par l'association culturelle « Sentiers » (« massarib » en arabe) en partenariat avec Ciné-club El Hamra, cette nouvelle rencontre sera également une occasion pour relire le parcours du réalisateur libanais en se référant à quelques récits et détails du film.
I.A.
Nouveaux contrats de travail : Six mois d’essai et puis la titularisation…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Amendé finalement par le Parlement, le nouveau Code du travail vise à rompre avec le travail précaire. Quelles sont les nouvelles dispositions portant sur les droits des travailleurs, notamment au niveau des contrats de travail?
Avec 121 voix pour, quatre abstenions et aucune voix contre, avec un seul amendement portant sur l’article 8, a été adopté hier par l’Assemblée des Représentants du Peuple, alors que les autres propositions de modification ont été rejetées, maintenant la version initiale du gouvernement.
Présenté, en effet, par le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, lors de la séance plénière qui a démarré mardi dernier, ce projet s’inscrit dans le cadre d’une réforme législative visant à mieux encadrer les relations professionnelles entre employeurs et salariés et à mettre fin à toutes les formes d’emploi précaire. La nouvelle loi vient, par ailleurs, limiter le recours aux contrats à durée déterminée (CDD) à des cas exceptionnels et justifiés et fixe la période d’essai à six mois, renouvelable une seule fois. Pour l’avocat Me Houssem Eddine Ben Atia : «Il s’agit-là d’un pas vers l’instauration d’une vraie justice sociale en matière d’emploi puisqu’il rompt avec l’aspect contractuel à durée déterminée. A noter, en outre, que la législation tunisienne en matière d’embauche propose, jusqu’ici, une variété de contrats de travail qui répondent aux besoins spécifiques des employeurs et des employés. Chaque type de contrat a ses propres avantages et conditions, ce qui permet en apparence une flexibilité dans la gestion des ressources humaines. Il s’agit de cinq principaux types de contrats de travail, à savoir le CDI, le CDD, le contrat de stage, le contrat CIVP et le contrat Karama. Malheureusement, ces types de contrats, sauf le CDI, ont contribué à la prolifération du phénomène du travail précaire. De fait, il était temps de revoir ces types de contrats afin d’assurer plus de justice en matière d’embauche». Que prévoit, justement, la nouvelle réforme ?
Justice et dignité …
Interrogé à ce sujet, Me Houssem Eddine Ben Atiya nous a indiqué : «Non seulement les rapports entre salariés et employeurs vont changer, mais aussi les nouvelles dispositions adoptées dans le cadre de la réforme du Code du travail, prévoient des sanctions contre les contrevenants. En effet, un nouvel article, le 234 ter, a été introduit pour encadrer strictement l’usage des contrats à durée déterminée (CDD) et des contrats de prestation interdits. Toute infraction à ces règles sera désormais sanctionnée par une amende allant de 100 à 300 dinars par salarié, avec un plafond fixé à 10 000 dinars. Bien entendu, le législateur vise par-là à lutter contre la précarité de l’emploi et à garantir un cadre légal clair pour les relations de travail, en mettant fin aux pratiques abusives qui fragilisent les travailleurs. Aussi, une période d’essai, ne dépassant pas six mois et renouvelable une seule fois, pourra toutefois être incluse dans le contrat, selon l’article 6 du projet de loi. Passé ce délai, la résiliation du contrat ne pourra se faire qu’avec un préavis de 15 jours avant la fin de la période d’essai. L’article 17 de cette loi stipule également que si un salarié continue à travailler après la fin d’un CDD, son contrat sera automatiquement converti en CDI, en conservant son ancienneté et sans être soumis à une nouvelle période d’essai. Concernant la sous-traitance, l’article 6-4 (nouveau) stipule qu’il est interdit de conclure un contrat à durée déterminée, sauf dans des cas exceptionnels bien définis, liés à l’exécution de travaux occasionnels dont la nature ou le volume nécessitent un tel recours, ou dans les cas de remplacement temporaire d’un travailleur absent ou suspendu».
M.B.S.M.
A l’IFT : Rendez-vous, demain, avec « Vincent, François, Paul… et les autres »
L’Institut français de Tunisie (IFT) propose, demain, le 23 mai aux passionnés du cinéma classique français la projection du film « Vincent, François, Paul... et les autres » de Claude Sautet. La projection est prévue à 18h.
Sorti en 1974, d’une durée presque de deux heures, le film est un portrait d’une bande, des amis d’enfance aujourd’hui à la cinquantaine. « Vincent, François, Paul… et les autres » est le récit « d’un petit groupe de bons amis : Vincent (directeur d’entreprise), François (médecin), Paul (écrivain) et les autres, Jean, mécanicien apprenti-boxeur, et puis leurs femmes. Tous se retrouvent le dimanche à la campagne, mais ne s’ignorent pas durant la semaine.
Vincent, quitté par sa femme Catherine, abandonné par la jeune Marie, doit vendre son entreprise. Il ne réussit pas à reconquérir Catherine; pendant ce temps, François, dévoré d’ambition, néglige sa femme Lucie qui finit, après maintes aventures, par s’enticher de Jacques, un ami italien.
Paul travaille tant bien que mal à un roman qui ne veut pas s’achever, il demeure, malgré tout, le plus heureux du lot. Jean abandonne la boxe pour se consacrer à son métier et à sa future famille. Vincent, victime d’une crise cardiaque, devra s’accrocher à ses amis pour ne pas perdre espoir en l'avenir, mais celui-ci leur sera-t-il favorable ? ».
L’histoire de ces amis et également ce film marquant du parcours de Claude Sautet sont à découvrir à l’IFT.
A La BNT : Un hommage à Cheikh Uléma Mohammed Chadli Enneifer
Une conférence intellectuelle en hommage à Cheikh Uléma Mohammed Chadli Enneifer sera organisée, cet après-midi à 17h, à la salle Taher Haddad, au siège de la Bibliothèque nationale de Tunisie (BNT) à Tunis.
Ce colloque aura lieu à l’occasion de la réception d’une bibliothèque composée de 300 manuscrits et 13 400 ouvrages imprimés, don de la famille du Cheikh Uléma Mohammed Chadli Enneifer (1911-1997).
Le transfert d’une partie du don s’est déroulée un jour après la signature, le jeudi 17 avril dernier, de la convention de donation au cours d’une cérémonie organisée à la BNT qui a qualifié une richesse qui s’ajoute à sa collection de manuscrits, de périodiques tunisiens rares, d’ouvrages imprimés et documents et supports variés.
Une salle de la Bibliothèque nationale sera baptisée au nom Cheikh Uléma Mohammed Chadli Enneifer, en hommage à ce savant tunisien né Tunis où il fait ses études à la Grande-mosquée, à récemment annoncé la BNT.
Issu d’une famille de théologien de renom, il avait fait l’essentiel de sa carrière dans l’enseignement secondaire, d’abord à la Zitouna puis dans l’enseignement secondaire après la suppression de l’enseignement zitounien avant de rejoindre l’université tunisienne à partir de 1968 en qualité de maitre-assistant, de maître de conférences puis de professeur, peut-on lire, dans une courte biographie, sur le site du journal en ligne Leaders qui présente un auteur prolifique, auteur de nombreux ouvrages religieux et littéraires.
La vie et le parcours de Cheikh Uléma Mohammed Chadli Enneifer sont au centre de nombreuse études « ce qui démontre la richesse de cette personnalité comme étant le dernier maghrébin qui s’est intéressé au « Sahih » de l’imam Muslim, le faqih malékite en hadith s’intéressant à la littérature et l’histoire et l’activiste qui a participé à la lutte nationale », peut-on également lire dans la présentation du livre « Cheikh Uléma Mohammed Chadli Enneifer 1911-1997 » (Actes d’une journée d’études, organisée le 12 mai 2008) de l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts, Beit al-Hikma.
L’œuvre du cheikh (ses écrits en fiqh, oussouls, hadith, histoire, littérature, ainsi que ses nombreux établissements de textes de manuscrits) trouve son couronnement dans l’institution de sa fameuse bibliothèque en 1992, indique le site de l’Académie.
BNT : une riche collection de manuscrits
Selon des données publiées sur son site, la BNT abrite une riche collection de manuscrits qui se trouvaient dans les mosquées, les mausolées et les bibliothèques personnelles dont elle assure la protection et leur mise à la disposition des chercheurs. Le contenu de ces manuscrits couvre toutes les sections de la culture arabe et islamique, à l’instar des sciences, de la jurisprudence, de la linguistique, de la littérature et des arts. La bibliothèque dispose aussi d’une importante collection de manuscrits du Coran, de hadiths dont l’enluminure traduit les spécificités de l’école tunisienne dans l’art de la calligraphie et de l’ornementation.
Le fonds des manuscrits contient vingt-quatre mille (24000) volumes (aux environs de quarante-trois mille titres).
La Bibliothèque nationale conserve d’importantes collections de périodiques tunisiens rares qui remontent au dix-neuvième siècle(XIXe). Elles se distinguent par la variété des langues (arabe, français, italien, hébreu…), des contenus (politiques, littéraires, scientifiques, humoristiques, régionales…), ainsi que par la variété de ses orientations de pensées et ses tendances politiques.
Le fonds est composé de seize milles (16000) collections et comprend, essentiellement: les collections des périodiques tunisiens, de 1860, date de publication du “Er-râ’id et-tounsi” (Journal Officiel de la République Tunisienne, JORT).
Le fonds de la Bibliothèque nationale est constitué d’une importante collection d’ouvrages anciens et rares. L’impression de certains de ces ouvrages remonte au début du seizième siècle (XVIe). Ce fonds a été enrichi progressivement, depuis la date de la création de la bibliothèque, en 1885, grâce aux achats, aux dons et aux échanges. Ce fonds est composé, aujourd’hui, d’environ un million de volumes. Il intègre, non seulement des titres en langues arabe et française, mais aussi en hébreux, en langage juif tunisien, en anglais, en allemand, en italien et en d’autres langues… le nombre des langues recensées dans ce cadre avoisine la cinquantaine.
Le fonds des ouvrages est composé essentiellement : de la production nationale qui bénéficie de la priorité dans la politique de dépôt légal et des acquisitions de l’institution, compte tenu du fait qu’elle est considérée comme une agence Bibliothéconomie nationale ; les nouvelles acquisitions qui couvrent tous les domaines relevant de l’inscription géopolitique (le Maghreb arabe, le monde arabo-islamique, la Mer méditerranée, l’Afrique…) ; les documents obtenus par le biais des échanges établis entre la bibliothèque et plus de trois cent-cinquante (350) institutions documentaires à travers le monde. Ces institutions représentent l’une des sources importantes pour l’enrichissement de ses collections.
La BNT possède également une collection importante de documents et de supports classiques et non classiques dont des cartes, des plans, des modèles et des cartes postales, des documents audio-visuels et électroniques ainsi que des microfilms ; des documents numérisés.
La Bibliothèque nationale est une institution publique à caractère administratif, placée sous la tutelle du ministère des Affaires culturelles.
Le Quotidien avec TAP
Coupe de Tunisie : L'Espérance et l'USBGuerdane réclament des arbitres étrangers
Alors que la Direction Nationale d'arbitrage a annoncé avant les quarts de finale que tous les matches de coupe seront dirigés par des arbitres étrangers, voilà que l'Espérance de Tunis puis l'USBGuerdane réclament des referees étrangers pour la demi-finale qui les opposera ce dimanche à Ben Guerdane à partir de 15h30.
Quelle sera la position de la DNA? Attendons voir.
J.B.
Célébration du 150e anniversaire de la naissance de Maurice Ravel : Le violoncelliste Sébastien Hurtaud en tournée en Tunisie
Par Imen Abderrahmani
Le 150e anniversaire de la naissance du compositeur français Maurice Ravel sera bien célébré en Tunisie avec à l’affiche trois concerts du violoncelliste français de renommée internationale Sébastien Hurtaud.
L’artiste français aura trois rendez-vous sur son agenda: Le 24 mai au Théâtre des Régions (Théâtre de l’Opéra de Tunis), le 29 mai au Palais Ennejma Ezzahra et le 30 mai au Théâtre Municipal de Sousse.
Sébastien Hurtaud sera accompagné par l’Orchestre Symphonique de Tunis (OST), sous la direction de Fadi Ben Othman. Le violoncelliste sera en duo avec la pianiste française Pamela Hurtado, et en duo Jazz avec Omar El Ouaer pour les deux autres rendez-vous.
L’hommage à Maurice Ravel sera marqué par la présentation de trois différents programmes : «Ravel – Saint-Saëns», le 24 mai, pour le premier concert, «Mosaïque du Monde» pour le 2e rendez-vous, celui d’Ennejma Ezzahra et «Sous les cieux de Tunisie», un concert Jazz & Violoncelle de Sébastien Hurtaud en duo avec le pianiste tunisien Omar El Ouaer pour le 3e concert, celui de Sousse.
Artiste souvent comparé à des légendes du violoncelle, «L’âme d’un Rostropovich, la virtuosité d’un Feuerman, le grand son d’un André Navarra» (BBC Mag, New-Zealand Herald, Strad Magazine), Sébastien Hurtaud est professeur de violoncelle à l’Ecole normale Alfred Cortot à Paris, et est invité comme soliste dans de nombreux pays par des orchestres prestigieux, explique le communiqué de presse.
Cette série de concerts est organisée par l’ambassade de France en Tunisie et l’Institut français de Tunisie, le ministère des Affaires culturelles en Tunisie, le Théâtre de l’Opéra de Tunis, le Palais du Baron d’Erlanger, et le Théâtre municipal de Sousse.
Programme copieux
Le programme de la première soirée, placée sous le thème «Ravel – Saint-Saëns» comportera des œuvres de Maurice Ravel, incluant la Sonate posthume, la Pavane et le célèbre Boléro et un Concerto de Camille Saint-Saëns pour violoncelle et orchestre N°1.
Intitulée «Mosaïque du monde», la 2e soirée proposera «inspiration», œuvre de Kadour Srarfi, une pièce contemporaine tunisienne, arrangée pour mettre en valeur la richesse expressive du violoncelle seul. Le programme comporte également «Le Chant des oiseaux» de Pablo Caslas, «Sonate pour violoncelle et Piano» de Claude Debussy, une « Suite italienne » de Igor Stravinsky, «Chant pour violoncelle et piano» de Amine Bouhafa, «Savilla» de Isaac Albéniz, «Medley West Side Story» de Leonard Bernstein, « Rituel du feu » de Manuel de Falla, « Sonate Op. Posthume » de Maurice Ravel, « Carmen » de Georges Bizet et « Le patient anglais » de Gabriel Yared (extrait pour violoncelle et piano).
Lors de ce 2e concert, Sébastien Hurtaud sera accompagné par le piano de l’artiste française Pamela Hurtado.
«Pamela Hurtado, pianiste soliste, chambriste et pédagogue d’origine multiculturelle, est reconnue pour son jeu lyrique et virtuose. Elle s’est produite sur diverses scènes médiatiques, notamment NHK, France Musique et France Inter. Lauréate de plusieurs prix internationaux (Fulbright, Zaleski, San Sebastian, Sante Fe), elle a également étudié auprès de maîtres tels que Joaquim Achucarro et Rena Scherecheskaya, bénéficiant par ailleurs de l’enseignement de grands pianistes tels que Philippe Entremont et Menahem Pressler. Son jeu allie la puissance russe et la finesse du répertoire français», lit-on sur le site de l’Institut français de Tunisie.
Placée sous le signe du dialogue entre le piano et le violoncelle, intitulée «Sous les cieux de Tunisie», cette soirée fera également converser musicalement Sébastien Hurtaud et Omar el Ouaer qui présenteront à l’occasion un programme différent et bien rythmé.
I.A.
Consommation : Ouverture, demain, du premier «marché paysan» en Tunisie …
Par Hassan GHEDIRI
Briser l’interminable chaine d’intermédiaires qui gonflent les prix et prennent en otage les consommateurs, tel est l’objectif inavoué de cette initiative…
Demain, au siège de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) sis à la Cité El Khadhra à Tunis, sera ouvert le premier «marché du paysan» en Tunisie qui sera par la suite dupliqué à travers la création d’autres marchés dans toutes les régions du pays. Le concept est nouveau bien qu’il rappelle la fameuse expérience des points de vente du producteur au consommateur aménagés chaque année à l’occasion du mois de ramadan à Tunis et dans beaucoup de villes par l’Office des terres domaniales. Le «marché du paysan» a émergé en Italie et est aujourd’hui très en vogue aux quatre coins de la planète. Fruit d’un partenariat avec la coalition internationale des marchés paysans (World Farmers Market Coalition- WFMC) basée en Italie, l’UTAP vise par ce projet à faire prévaloir les intérêts des producteurs agricoles en leur permettant de mieux valoriser leurs produits et se réapproprier une partie de la valeur ajoutée de leur production en s’adressant directement au consommateur. De l’autre côté, «le marché du paysan» répond à une demande de plus en plus croissante en produits frais, particulièrement dans les villes. En Italie, en France et dans beaucoup d’autres pays où ont pu être développés de cette forme innovante de commercialisation, les consommateurs ont tendance à fuir les commerces conventionnels dans lesquels les produits sont rendus complètement hors de portée par la multiplicité des intermédiaires, pour s’approvisionner dans les marchés paysans qui vendent des produits de saison frais à des prix abordables.
En espérant créer un réseau durable de marchés paysans dans toutes les régions, l’UTAP n’a pas caché de souligner dans un communiqué diffusé à cet effet qu’elle œuvre pour permettre aux agriculteurs et aux pêcheurs de vendre leurs produits à leur juste prix, sans intermédiaires. Il est aussi question de soutenir les efforts de l’Etat pour une meilleure rationalisation «des circuits de distribution» sur lesquels le président de la république ne cesse de tirer à boulets rouges.
C’est donc demain qu’ouvrira au public le premier marché paysan dans les locaux de l’UTAP à Tunis. Un événement auquel doivent prendre part les ministres chargés de l’agriculture et du commerce ainsi que l’ambassadeur de l’Italie en Tunisie. Il faut dire que l’Italie accompagne depuis deux ans notre pays dans l’élaboration du guide de bonnes pratiques pour la mise en place des marchés paysans. Il s’agit d’un cahier des charges qui régit la création, la gestion et la pérennisation des marchés paysans. En 2023, lors d’une conférence organisée à Tunis sur le rôle des marchés paysans dans la garantie d’un système alimentaire local. M. Carmelo Troccoli, le secrétaire général de la coalition internationale des marchés paysans (WFMC), s’est engagé à accompagner notre pays dans la mise en place d’un système de marchés paysans. Il avait estimé que la Tunisie a tous les atouts qui permettent de créer un réseau de marchés paysans favorisant un modèle de consommation plus sain pour le consommateur et qui aide les agriculteurs à améliorer leurs revenus en évitant l’interminable chaine d’intermédiaires. Grâce à la coalition créée après la pandémie du Covid qui a fait des ravages dans la péninsule, l’Italie a pu se doter d’un réseau de plus de 1200 marchés paysans tous placés sous le label «Campagna Amica» (campagne amicale), une fondation créée en 2008 pour défendre les agriculteurs italiens.
H.G.
EDITORIAL : Insoutenable et dangereuse partialité
Par Chokri Baccouche
Le martyre de Gaza incarne à lui seul le summum de la barbarie et l’apothéose du cynisme et de la décadence morale. Barbarie de l’entité sioniste qui a donné, plus de dix-neuf mois de guerre durant, la pleine mesure de son indicible cruauté et sa propension naturelle à commettre les pires atrocités contre les populations civiles, au mépris le plus total et absolu du droit international. Cynisme et décadence morale de l’Occident qui prend une part active aux crimes génocidaires en cours, en armant et en soutenant à bras-le-corps, le bourreau sioniste, plus que jamais décidé à décimer les Palestiniens jusqu’au dernier pour s’emparer de leur territoire et en finir une bonne fois pour toutes avec leur cause légitime. Il ne fait pas l’ombre d’un doute que les pays occidentaux, à quelque très rares exceptions près, s’acharnent contre les Palestiniens par Israël interposé. Un acharnement vicieux et pernicieux visant à leur permettre, d’une part, de se dédouaner pour les atrocités passées commises, de triste et sinistre mémoire, notamment dans les camps de concentration d’Auschwitz- Birkenau durant la Seconde guerre mondiale, mais également à rappeler aux pays du Sud global la puissance de leurs armes. L’objectif, inavoué mais clair, recherché à travers cette intimidation guerrière de bas étage étant bien évidemment de persuader ces pays de ne pas tenter le diable si d’aventure ils décideraient de s’émanciper.
De ce qui précède, on peut affirmer sans le moindre risque de se hasarder que les valeurs universelles de liberté et de démocratie qui reviennent comme un leitmotiv dans les discours des dirigeants occidentaux ne sont que foutaise. Des prétextes fallacieux imposés aux autres peuples pour mieux asseoir leur hégémonie. Un monument de mensonges tout juste bon pour berner les crédules et les esprits naïfs. La réalité est beaucoup plus amère en fait, car le monde n’est pas régi par le droit comme on le pensait à tort mais uniquement par les rapports de force. Pour faire plus simple, les puissants imposent aux vulnérables la marche à suivre qu’ils se doivent d’appliquer sans broncher et gare à ceux qui sortent des rangs ou qui s’avisent à remettre en cause d’une manière ou d’une autre les oukases des maitres du monde.
Les pays occidentaux savent pourtant que les attaques du 7 octobre 2023 ne sont pas la cause du conflit comme le prétend la propagande sioniste, bien relayée par les médias occidentaux de droite à la solde des lobbies juifs. Ils sont au fait des tenants et aboutissants de cette tragédie qui perdure depuis plus de 70 ans. Qu’on le veuille ou non, ils auraient pu contribuer à rendre justice aux Palestiniens et réparer les erreurs commises à leur encontre dont ils ont été quelque part les principaux artisans. Faute et lieu de cela, ils continuent à armer sans retenue les jusqu’au-boutistes sionistes dans une fuite en avant unique et inique dans l’histoire qui en dit long sur leurs intentions douteuses. En fait, l’Occident est beaucoup plus qu’un simple complice des crimes de guerre perpétrés par le Premier ministre israélien et sa clique d’extrémistes sanguinaires contre le peuple palestinien. Il est le nerf moteur de cette terrible tragédie car, sans l’appui que lui accordent les gouvernements occidentaux, Benjamin Netanyahu n’est rien. Il est loin d’être en tout cas un foudre de guerre à la tête de l’armée « la plus morale du monde ». Il n’est ni plus ni moins qu’un tyran fanatique et assoiffé de sang, apôtre d’une idéologie raciste et suprémaciste qui s’attaque à des femmes et des enfants sans défense. La résistance héroïque des Palestiniens qui lui tiennent la dragée haute depuis plus de dix-neuf mois de combat, l’a rendu fou de rage au point de le pousser à envisager la Solution finale dans l’espoir hypothétique d’éradiquer comme il le dit ce brave peuple. La dernière trouvaille du Néron du Moyen-Orient qui a dépassé les limites de la bestialité et l’inhumanité est d’affamer ses victimes pour les obliger à abdiquer et accepter le fait accompli. Le recours par Netanyahu à la famine comme arme de guerre trahit non seulement la nature profonde de cet homme affranchi de tout sentiment humain, mais également et surtout son incapacité à réaliser les sombres objectifs qu’il s’était fixés. Comble de l’absurde et de l’hypocrisie, c’est ce même tyran sanguinaire que les pays occidentaux continuent à soutenir aujourd’hui à bras-le-corps et contre vent et marées pour expier leurs péchés passés qu’ils renouvellent, paradoxalement, sur le dos des Palestiniens. Le monde a beau changer, mais il est malheureux de constater que les mauvais réflexes ont la peau dure. Les pays occidentaux sont pourtant bien placés pour savoir que l’injustice, associée à la brutalité et la force ne mènent à rien si ce n’est qu’elles rendent le monde beaucoup plus instable qu’il ne l’était auparavant. Les horreurs indicibles qui se passent actuellement à Gaza poussent en fait la planète au seuil de l’abime du chaos et de l’incertitude où tout le monde sera finalement perdant. Quand la loi de la jungle est banalisée et acceptée comme elle l’est aujourd’hui, le pire est à craindre. Elle est porteuse de lendemains qui déchantent pour l’ensemble de l’humanité…
C.B
Projet de loi portant sur l’interdiction de la sous-traitance : Quel impact aura la réforme sur le marché de l’emploi
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
1,6 million de salariés concernés…
La sous-traitance est dans le collimateur du législateur qui, par le biais d’un projet de loi, vise à lutter contre l’emploi précaire. Quelles sont les retombées de cette réforme aussi bien sur les conditions du travail que sur les équilibres financiers des entreprises?
Le texte en question faisant partie d’un projet de loi visant à amender le Code du travail, avec pour objectif encadrer davantage les contrats de travail et interdire la sous-traitance de la main-d’œuvre. Les nouvelles dispositions proposées par ce projet de loi stipulent que le contrat de travail est conclu pour une durée indéterminée. Une période d’essai, ne dépassant pas six mois et renouvelable une seule fois, pourra toutefois être incluse dans le contrat. Le même texte précise, selon l’agence TAP que les contrats de travail à durée déterminée ne seront autorisés que dans des cas exceptionnels, tels que l’exécution de travaux justifiés par une augmentation temporaire de l’activité, le remplacement d’un salarié absent ou la réalisation de travaux saisonniers. En outre, le projet de loi prévoit une conversion automatique des contrats à durée déterminée en contrats à durée indéterminée pour tous les cas ne relevant pas des exceptions mentionnées. Il permet également la conclusion de contrats de prestation de services ou d’exécution de travaux entre entreprises, mais sous des conditions strictes. A noter que 20% des ouvriers en sous-traitance opèrent dans le secteur public et le reste dans le secteur privé d’où cette volonté de renforcer le rôle social de l’État, garantir la dignité du travailleur et promouvoir l’accès à un emploi stable et équitablement rémunéré, nous dira l’expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi. Quelles sont, de fait, les retombées de cette réforme aussi bien sur les conditions du travail que sur les équilibres financiers des entreprises ?
Travaillant beaucoup, gagnant peu …
Selon les données de l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES), rattaché à la présidence de la République, 1,6 million de Tunisiens occupent des emplois précaires. Des chiffres qui ont des conséquences lourdes aussi bien sociales qu’économiques. A titre d’exemple, «cette précarité a coûté cher à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), avec des pertes estimées à 1,4 milliard de dinars en 2020». Interrogé à ce sujet, l’expert en économie et en fiances, Mohamed Salah Jennadi, nous a confié : «Selon le recensement opéré par les experts en ressources humaines, la Tunisie compte 300 sociétés de sous-traitance – déclarées ou non – embauchant environ 230 000 ouvriers, dont 167 000 œuvrant dans les services de nettoyage et de gardiennage. Alors, une fois soumis au régime de la cotisation sociale et l’imposition fiscale, l’Etat fait là d’une pierre deux coups, à savoir assurer une protection sociale à plus de 230 mille travailleurs et renflouer ses caisses avec un peu plus de 1 milliard de dinars de recette fiscale. Côté entreprises, la facture sera lourde pour les équilibres financiers. On craint, alors, un ralentissement au niveau des recrutements, ce qui engendrera une hausse du taux du chômage». Selon, également, le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle : «42% des employés âgés de 20 à 24 ans travaillent d’une manière informelle, sans couverture ni protection sociale. Une situation qui pose problème, à cause de son impact négatif sur les caisses, pilier de la sécurité sociale en Tunisie. L’informalité de l’emploi figure parmi les problématiques majeures auxquelles la population active jeune est désormais confrontée. Elle compte également parmi les principales causes de vulnérabilité de la protection sociale en Tunisie, l’un des rares systèmes de sécurité sociale dans la région Mena, quasi-complet à couvrir la majorité des catégories socioprofessionnelles, et ce, en se rapportant aux normes minimales de la sécurité sociale établies par l’Organisation internationale de travail». Mais pourquoi le travail informel pose-t-il autant de problèmes, au niveau de la sécurité sociale?
Il est convenu de définir le travail informel en tant qu’ensemble d’emplois, salariés ou non, qui ne bénéficient pas d’une couverture sociale et qui possèdent les mêmes caractéristiques de l’emploi occupé. Autrement dit, le travail informel englobe l’emploi dans le secteur informel et celui hors du secteur informel (c’est-à-dire dans le secteur formel et dans les ménages, travailleurs domestiques). En 2015, le taux du travail informel estimé s’élève à 32,2% de la population active occupée, soit 1.092.000 travailleurs informels, selon une étude réalisée par le Centre de recherches et d’études sociales en collaboration avec la Banque africaine de développement. Il est notoire que ce taux a connu une hausse continuelle après la révolution ; ainsi il est passé de 28% en 2010 à 32% en 2015. En dépit de sa valeur élevée, ce taux reste le plus faible parmi les taux enregistrés dans les pays du Nord de l’Afrique.
M.B.S.M.
Au pavillon tunisien à Cannes : les recommandations pour une belle présence du cinéma tunisien à l’international
« L’élargissement de la présence du cinéma tunisien à l’international requiert d’investir dans l’archivage et la numérisation pour protéger la mémoire cinématographique nationale », ont recommandé certains participants à une table ronde autour du cinéma tunisien, organisée, lundi, au Pavillon de la Tunisie à la 78ème édition du Festival de Cannes.
Intitulée «Le cinéma tunisien entre passé et présent», cette rencontre est organisée par le Centre National du cinéma et de l’image, dans le cadre de ses évènements programmés au Pavillon tunisien à la 78ème édition du Festival de Cannes qui se déroule du 13 au 24 mai 2025 dans la ville de Cannes, en France.
La visibilité du cinéma national sur la scène internationale passe également par la mise en place des stratégies dédiées au volet de la formation des professionnels et au réseau de distribution pour les productions nationales, ont encore préconisé les participants.
Selon un communiqué publié, lundi soir, sur la page facebook du CNCI, la rencontre a également permis de souligner « le rôle des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) en tant que plateforme inclusive et stimulante pour la créativité et l’innovation ».
Cette rencontre animée par Tarek Ben Chaabane, directeur de la 34ème édition des JCC prévue Tunis du 13 au 20 décembre 2025, a permis de revenir sur l’histoire du cinéma tunisien étalée sur des décennies marquées par la créativité et les défis.
Des professionnels du cinéma tunisiens et étrangers ainsi que des cinéphiles ont assisté à cet évènement qui a jeté la lumière sur les évolutions du cinéma national qui « se caractérise par la diversité des visions et présentant des contenus audacieux », selon le texte du communiqué.
La rencontre a passé en revue les expériences pionnières des cinéastes tunisiens ayant jeté les bases du 7e art sur le plan national et contribué à la visibilité du cinéma national au niveau international, indique le CNCI sans mentionner les expériences évoquées et les principaux participants.
La spécificité de l’expérience tunisienne, à la fois ouverte sur l'autre et ancrée dans la réalité locale, était au cœur des discussions, a-t-on encore noté.
Le débat a également porté sur le rôle croissant de la nouvelle génération de cinéastes tunisiens qui traitent les questions de l'époque à travers des productions indépendantes avec tous les défis de financement et de distribution qui se posent.
Cette dynamique cinématographique bénéficie du soutien du CNCI qui joue un rôle primordial, a-t-on précisé, en contribuant au financement des films produits et leur promotion dans les festivals d'envergure internationale.
Ce rendez-vous a permis de lever le voile sur la réalité du cinéma tunisien avec « la richesse de son passé et la vivacité de ses productions émergeantes de cinéastes affrontant les défis tout en étant tournés vers un avenir meilleur ».
Cette année, la Tunisie est représentée à dans la sélection officielle du Festival de Cannes par deux films de réalisatrices franco-tunisiennes, « La petite dernière » de Hafsia Herzi et « Promis le ciel » d’Erige Sehiri.
« Promis le ciel » (Promised Sky) deuxième long-métrage d'Erige Sehiri est soutenu par le ministère des Affaires culturelles, le Centre National du Cinéma et de l'Image (CNCI)
Cette fiction sur le phénomène migratoire qui met en scène trois jeunes femmes ivoiriennes vivant en Tunisie, a fait sa première mondiale à l'ouverture de "Un Certain Regard", section de la sélection officielle du Festival de Cannes.
La petite dernière, troisième long- métrage de Hafsia Herzi, actrice et réalisatrice, est sélectionné dans la compétition officielle. Ce film est adapté du roman éponyme de Fatima Daas. « La Petite dernière » (192 pages, 2020) est le premier roman de l’autrice française d’origine algérienne.
Le pavillon de la Tunisie au Festival de Cannes est placé sous la direction du Centre National du cinéma et de l'image relevant du ministère des Affaires Culturelles.
Le CNCI affiche annuellement sa présence au village International Riviera installée sur la Croisette et abritant plusieurs centres nationaux présents au festival de Cannes.
Le pavillon a pour but principal de promouvoir le cinéma tunisien auprès des professionnels du 7ème art qui fréquentent ce grand rassemblement mondial annuel.
Le Quotidien avec TAP
Festival international du cinéma Al Awdah (Palestine) : Quatre films tunisiens primés
Quatre films tunisiens ont été primés à la 9ème édition du Festival international du cinéma Al Awdah, a annoncé, hier, le mardi 20 mai 2025, le ministère des Affaires culturelles.
« Emna » de Bousslama Chamki, coproduction tuniso-suisse a eu le « prix Al Awdah » du meilleur film de fiction. Le réalisateur et acteur Mouldi Khlifa a eu le prix de la meilleure interprétation masculine dans son film « El Boussir ». Ce prix lui a été attribué ex-æquo avec l’acteur irakien Assaad Abdelmajid pour son rôle dans le film « Transit ».
Le prix baptisé « Clé d’Al Awdah » a été attribué au film « The Bus » de Malek Mahjoub qui a eu le prix de la meilleure photographie, et au film « Before the Snow Falls » qui a eu le prix de la meilleure interprétation féminine attribué à Chadha Jemli pour le rôle d’une fillette.
Une sélection de 333 films représentant 43 pays était au menu de la 9ème édition du Festival international du cinéma Al Awdah organisée au Centre de Solidarité des Journalistes à Dir El Balah à Ramallah (Palestine). Le festival est organisé par le « Palestinian Film Forum » en partenariat avec « Talae3 Channel Palestine » et la « Campagne de solidarité avec le peuple palestinien » (Sheffield Palestine Solidarity Campaign, PSC) à Sheiffield au Royaume-Uni.
Cet évènement annuel se tient à l’occasion de la commémoration de la déclaration de Balfour, datant du 2 novembre 1917. Cette date constitue l’une des étapes marquantes dans l’histoire de la Palestine ayant précédé la Nakba de 1948.
La Tunisie compte 17.3% d’analphabètes : En cause: la faillite d’un système scolaire trop archaïque…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le taux d’analphabétisme serait de 17,3% en Tunisie. Un taux qui interpelle les experts d’autant que l’enseignement est gratuit. Comment expliquer ce recul et comment renverser la courbe?
Ce sont les résultats du recensement de l’année 2024 qui l’ont révélé. Le taux d’analphabétisme s’est élevé en Tunisie à 17,3% (22,4 % chez les femmes et 12 % chez les hommes), soit une baisse de 2% par rapport au taux de 19,3% enregistré en 2014. Un taux qui interpelle les experts d’autant que l’enseignement est gratuit. Comment expliquer ce recul et comme aussi renverser la courbe ? Pour l’universitaire Chiheb Boughedir: «Le taux d’analphabétisme serait de 17,3% en Tunisie. Alors, si le conditionnel est de rigueur, c’est parce que ce que l’on entend aujourd’hui par analphabétisme ne correspond pas à la définition désuète de nos statisticiens. Ne pas savoir lire et écrire ne définit pas correctement la personne analphabète, c’est une réduction du sens qui doit être élargi à l’absence d’autres compétences nécessaires pour être considérée comme une personne alphabétisée. Si vous êtes incapables de construire un raisonnement structuré, vous êtes analphabètes. Si vous êtes également incapables de tenir un discours cohérent, vous êtes analphabètes. Si vous ne savez pas argumenter, vous êtes analphabètes. Si vous ne savez pas utiliser les gadgets électroniques, informatiques et technologiques, vous êtes analphabètes. Si vous faites un mauvais usage des mots, vous êtes analphabètes. Si ce que vous maîtrisez réellement est lié uniquement à la profession que vous exercez, vous êtes analphabètes. Si vous vous contentez de ce que l’école vous a appris, vous êtes analphabètes. Si votre compréhension des choses se limite à la répétition mécanique de ce que vous lisez ici et là, vous êtes analphabète. Si vous confondez prose et poésie, vous êtes analphabètes. Si vous vivez de poncifs, de préjugés, de commérages et que cela constitue votre culture, vous êtes analphabètes. En somme, le taux d’analphabétisme en Tunisie avoisine les 70% et je suis optimiste». Que dire, de fait, de ceux qui ne savent ni lire ni écrire…?
L’injustice scolaire …
Si au lendemain de l’indépendance, la Tunisie a décidé d’investir massivement dans la modernisation de son système éducatif, ce même système est aujourd’hui, et ce selon les experts, la principale cause de l’alphabétisation. Selon l’enseignante Samia Jelassi : «La principale raison qui réside derrière ce taux élevé d’alphabétisation est purement sociale. La pauvreté, les disparités entre les régions et le temps scolaire expliquent la prolifération de l’abandon scolaire. De fait, nous avons tous les ans des milliers d’élèves qui abandonnent les bancs de l’école sans qu’ils n’acquièrent les outils nécessaires pour lire et compter et tenir un discours cohérent. En effet, le lieu ou la région semble également jouer un rôle important dans la détermination du niveau de scolarité. En effet, l’échec scolaire touche surtout les régions du Nord-ouest, ainsi la moitié des effectifs scolaires, dans des gouvernorats comme Jendouba et Béja, abandonne les bancs de l’école. Les facteurs responsables de cet échec sont multiples : école éloignée, obligation de rester à domicile et fournitures scolaires très chères… Dans l’ensemble, les raisons qui poussent les élèves à quitter définitivement les bancs d’école sont diverses, elles peuvent être d’ordre économique, socioculturel, et même parfois politique, et pour lutter contre ce phénomène, le gouvernement doit faire de l’éducation et de la formation, et plus particulièrement l’abandon scolaire, l’une de ses priorités majeures en fixant des cibles à atteindre et en s’engageant à réduire le décrochage surtout dans les régions les plus touchées ».
M.B.S.M.
Editorial : Un recensement et des enseignements … - Par Hassan GHEDIRI
L’Institut national de la statistique a rendu publics, samedi 17 mai, les résultats du treizième recensement général de la population et de l’habitat de Tunisie, mené en septembre dernier. Parmi les principaux enseignements à retenir figure l’évolution préoccupante de la structure d’âge de la population tunisienne. Le rapport souligne un affaiblissement progressif de la tranche active, composée des 15 à 59 ans, qui représente aujourd’hui 60,3% de la population totale. Ce pourcentage, bien qu’encore majoritaire, tend à diminuer sous l’effet combiné du vieillissement démographique et de la baisse de la natalité. Depuis le dernier recensement de 2014, la part des personnes âgées de 60 ans et plus est passée de 11,6% à près de 17%, traduisant une dynamique silencieuse mais puissante de transformation démographique. Cette évolution est également confirmée par la chute marquée de la fécondité, illustrée par la proportion désormais très faible des enfants de moins de cinq ans, qui ne représentent plus que 6% de la population. La pyramide des âges s’inverse peu à peu. L’âge médian des Tunisiens a doublé en l’espace de quelques décennies, passant de 17,3 ans en 1966 à 35 ans en 2024, tandis que l’âge moyen atteint aujourd’hui 35,5 ans. Ces chiffres traduisent un vieillissement certain qui, bien qu’encore contenu, annonce des bouleversements à venir dans de nombreux secteurs de la vie nationale. L’indice de vieillissement, qui mesure le rapport entre les plus de 60 ans et les moins de 15 ans, atteint désormais 73,9% contre 49 % en 2014. Etant une question d’un phénomène pratiquement irréversible, l’accroissement rapide de cet indice résonne comme une sonnette d’alarme que les décideurs publics ne peuvent ignorer.
Le vieillissement de la population appelle une révision urgente et profonde des politiques publiques. La Tunisie ne peut faire l’économie d’une nouvelle vision stratégique prenant en compte les conséquences multiples de cette mutation démographique. Le système de retraite, déjà sous tension, risque de devenir insoutenable à moyen terme si aucune réforme structurelle n’est engagée. Le secteur de la santé devra faire face à une demande accrue de soins spécifiques liés au grand âge dans un contexte où les infrastructures et les compétences spécialisées sont insuffisamment développées. Le pays manque cruellement de structures adaptées aux besoins des personnes âgées, que ce soit en matière d’hébergement, d’assistance à domicile ou d’accompagnement médical et social.
Mais la situation est d’autant plus critique que la Tunisie subit simultanément une fuite massive de ses jeunes compétences. L’émigration croissante des jeunes hautement qualifiés, notamment dans les domaines de la santé, de l’ingénierie, de la recherche et des technologies, fragilise considérablement les capacités du pays à assurer son propre développement. Cette hémorragie de talents, souvent formés aux frais de l’État, se traduit par une perte nette de capital humain, sans perspectives réelles de retour. Elle prive le pays non seulement de forces de travail indispensables, mais aussi de son potentiel d’innovation, de relève et de transformation. Le contraste est saisissant entre une jeunesse qui fuit et une population qui vieillit. L’une part, l’autre reste, et entre les deux, c’est toute l’architecture économique et sociale du pays qui vacille. Face à cette double pression démographique et migratoire, l’Etat doit s’engager sans plus tarder dans une reconfiguration de ses politiques sociales, économiques, éducatives et sanitaires.
H.G.
L’UPICA, nouveau syndicat du cinéma et de l’audiovisuel présidé par Mohamed Ali Ben Hamra
L’Union Professionnelle de l’Industrie Cinématographique et Audiovisuelle (UPICA), est le nom d’un nouveau syndicat professionnel dédié au secteur du cinéma et de l’audiovisuel en Tunisie présidé par le producteur Mohamed Ali Ben Hamra.
Ce nouveau syndicat « regroupe des institutions économiques ainsi que des personnes physiques soumises au régime fiscal et actives dans le secteur de l’industrie cinématographique et audiovisuelle », indique un communiqué de l’UPICA parvenu lundi à l’agence TAP.
L’Union Professionnelle de l’Industrie Cinématographique et Audiovisuelle dont la décision de création est parue au Journal officiel de la République tunisienne (JORT) en date du 14 mai 2025, aura pour siège Cinéma Amilcar, à el Manar 1, Tunis.
L’Union a annoncé sa vision stratégique en faveur du secteur du cinéma et de l’audiovisuel en présentant les principaux objectifs pour la promotion du secteur et sa restructuration en collaboration étroite avec le secteur public.
L’UPICA a également dévoilé la liste des membres de son bureau exécutif. Lors de l’Assemblée générale constitutive, les membres du bureau exécutif national de l’UPICA ont été élus, indique l’Union.
Le bureau exécutif national de l’UPICA est composé de 13 membres. Son président Mohamed Ali Ben Hamra est entouré de deux Vice-Présidents, les cinéastes Hicham Ben Ammar (premier Vice-Président) et Ihsen Debbich (Deuxième Vice-Président).
Le bureau exécutif a entamé la mise en place de groupements professionnels sectoriels spécialisés au sein de ses structures. Dans les prochains jours, les membres des bureaux exécutifs de deux groupements -l’un dédié à l’industrie cinématographique, l’autre à l’industrie audiovisuelle -seront élus.
À l’occasion de la première réunion du Conseil Administrative, la composition du Conseil Scientifique de l’UPICA sera également annoncée.
L’Union Professionnelle de l’Industrie Cinématographique et Audiovisuelle a annoncé qu’elle œuvrera à atteindre les objectifs suivants :
- Rassembler les institutions économiques opérant dans le secteur cinématographique et audiovisuel, dans leurs différentes spécialités, pour unir les efforts en vue de faire du secteur un levier de développement et un contributeur à l’économie nationale.
- Coordonner et dialoguer avec les structures de l’État ainsi que les autorités de tutelle pour assurer une représentation adéquate des professionnels de l’industrie cinématographique et audiovisuelle dans toutes les commissions sectorielles et consultatives, en particulier les conseils du Centre National du Cinéma et de l’Image (CNCI).
- Exprimer les positions des institutions membres de l’Union à propos des enjeux cruciaux liés à l’avenir du secteur du cinéma et de l’audiovisuel.
- Participer activement à toutes les plateformes de dialogue et aux différentes négociations avec les autres syndicats ainsi que les entités sociales concernées, en vue d’instaurer un climat propice aux relations professionnelles et sociales entre toutes les parties.
- Contribuer au développement du réseau de relations des institutions membres de l’Union en vue de promouvoir la création d’entreprises économiques performantes, efficaces et respectueuses de l’environnement.
- Organiser des ateliers de réflexion, des journées d’étude et mettre en place des laboratoires de recherche permettant à l’Union de proposer des recommandations pour améliorer le climat des affaires et stimuler l’investissement dans ce secteur.
- Élaborer des propositions de révision des textes législatifs et réglementaires encadrant le secteur et suggérer des mécanismes pour améliorer le fonctionnement du Centre National du Cinéma et de l’Image, renforcer sa gouvernance, sa gestion et améliorer la qualité de ses services.
- Établir des programmes de coopération, d’échange d’expertises et de projets avec les organisations homologues des pays frères et amis, ainsi qu’avec les organisations internationales spécialisées.
Liste complète des membres du bureau exécutif national de l’UPICA
– Président : Mohamed Ali Ben Hamra
– Premier Vice-Président : Hicham Ben Ammar
– Deuxième Vice-Président : Ihsen Debbich
– Trésorier : Ahmed Kéfi
– Vice-Président chargé de l’information et de la communication : Nizar Trabelsi
– Vice-Président chargé des producteurs cinématographiques : Chaker Bouajila
-Vice-Président chargé des exploitants de salles de Cinéma : Abdelmajid Housseini
– Vice-Président chargé des sociétés de distribution et des plateformes de diffusion : Yahia Mgarrech
– Vice-Président chargé des réalisateurs-producteurs : Heifel Ben Youssef
– Vice-Président chargé des sociétés de services de production : Karim Darragi
– Vice-Président chargé des sociétés de production audiovisuelle et télévisuelle : Abderraouf Aissaoui
– Vice-Président chargé des sociétés de services techniques : Fahem Ben Zaida
– Vice-Président chargé des relations avec les techniciens et les professionnels : Nassim Rejichi
Le Quotidien avec TAP
















