Festival International des Arts du Cirque : des performances éblouissantes envahissent les rues de Tunis
L’avenue Habib Bourguiba, au cœur de la capitale tunisienne, s’est transformée, dans la soirée d’hier, le jeudi 12 juin, en un théâtre à ciel ouvert à l’occasion du lancement de la 8e édition du Festival International des Arts du Cirque et des Arts de la Rue. L’événement, organisé par « Paparouni pour les arts du cirque », se poursuivra jusqu’au 29 juin avec le soutien des ministères des Affaires culturelles, et du Tourisme et de l’Artisanat.
Pendant deux heures, la principale artère de la capitale a vibré au rythme des familles et des enfants, enthousiastes après une année scolaire marquée par les examens. Couleurs éclatantes, musiques entraînantes, clowns semant des sourires, marionnettes géantes saluant les enfants : tout concourait à créer une atmosphère de fête et d’émerveillement.
Alors que le soleil s’apprêtait à se coucher, les lumières ont commencé à danser au-dessus de la foule, marquant le coup d’envoi d’une série de spectacles de cirque. Des artistes venus de Tunisie d’Italie,
D’Espagne du Mexique d’Argentine du Chili et du Kenya ont transformé l’avenue en une scène d’expression visuelle spectaculaire.
Des corps souples ondulaient dans les airs suspendus à de longues étoffes, arrachant des soupirs d’admiration au public. Acrobaties aériennes et au sol, numéros d’équilibre, de légèreté et de rotation rapide sur cerceaux suspendus ou posés au sol ont émerveillé les spectateurs.
Après cette ouverture haute en couleur, le festival s’apprête à entamer une tournée à travers différentes villes tunisiennes, portant la joie et le spectacle dans l’espace public. Il fera escale, demain, le 14 juin devant la Maison de la Culture de Mateur (gouvernorat de Bizerte), avant de continuer à Sfax le 21 juin, à Sidi Bouzid le 22 juin, à Sousse le 26 juin, pour se conclure à Zaghouan le 29 juin.
Parmi les moments forts de cette édition, des villages artistiques seront installés dans les rues, transformant l’espace urbain en scènes vivantes. Des ateliers de formation spécialisés en arts du cirque et en danse seront également proposés dans le cadre du programme de formation artistique, permettant aux participants d’affiner leurs compétences et de se préparer à intégrer de grandes écoles dans le domaine.
Par ailleurs, la Maison de la Culture Ibn Rochd à Mohamdia (gouvernorat de Ben Arous) accueille jusqu’au 15 juin, une résidence artistique intitulée « Compte sur moi », encadrée par Claudia Franco, représentante du cirque italien Cometa, avec la participation d’artistes et d’élèves tunisiens.
Décès de l’acteur et réalisateur Mohamed Ali Belhareth
La scène artistique tunisienne vient de perdre l’acteur et le réalisateur au sein du service de la dramaturgie de l’Établissement de la Radio tunisienne, Mohamed Ali Belhareth. L’artiste est décédé, aujourd'hui, et ce, suite à un malaise, selon un communiqué du ministère des Affaires culturelles.
L’artiste a participé à plusieurs productions théâtrales et séries télévisées, parmi lesquelles, nous citons : « Ghalia », « Jari Ya Hamouda », « Noujoum Ellil », ainsi que de nombreuses autres productions.
Il a également réalisé un certain nombre de séries radiophoniques produites par l'Établissement de la Radio tunisienne, notamment « Mahboub al-Shaab », « Bay Echaab » et « Khatem Yaqout », qui ont été diffusées sur les ondes de la radio nationale.
La direction de la SNCFT « ne peut rien faire » : Les cheminots débraient, la capitale s’étrangle
Par Hassan GHEDIRI
Des milliers de voyageurs livrés à leur sort, des embouteillages monstres, des goulots d’étranglement partout et des pertes qui se chiffreraient par des centaines de millions de dinars…
En fait, ce que vous lisez ci-dessus ne résume que dérisoirement le calvaire vécu hier, sans exagération, par des centaines de milliers de Tunisiens, obligés de supporter les caprices des syndicats des chemins de fer, qui ont décidé de suspendre pendant 48 heures le trafic des trains sur l’ensemble du réseau ferroviaire de la SNCFT. Décalé d’un jour pour permettre aux candidats du baccalauréat d’achever les épreuves de la session principale qui a pris fin mercredi 11 juin, ce nouveau débrayage était bel et bien évitable. Selon le PV publié à l’issue de la dernière réunion de conciliation tenue le 09 juin 2025, les deux parties, en l’occurrence le syndicat des cheminots et la direction générale de la SNCFT, n’avaient pas épuisé toutes les possibilités de s’entendre sur les points de discorde. Leur différend demeure surmontable d’autant plus que l’autorité de tutelle dit se pencher sur des points primordiaux des revendications du syndicat, notamment celui relatif à la révision du statut des agents de la SNCFT. Sur ce point, la partie administrative affirme que la deuxième version du projet dudit statut a été transmise à la présidence du gouvernement depuis le 10 février 2025 afin de finaliser les procédures nécessaires. Pour ce qui est de l’autre point qui constitue une revendication fondamentale pour les cheminots et qui concerne la régularisation de la situation des agents exerçant des fonctions supérieures à leur grade et des agents diplômés, l’administration explique, toujours selon le PV, que des commissions créées à cet effet «s’attachent à finaliser l’étude des dépenses soumises» indiquant que les listes définitives devant être établies dans les meilleurs délais conformément aux conditions et procédures définies.
Le mot d’ordre de la grève a été tout de même lancé et il semble avoir été unanimement suivi par tous les cheminots laissant dans l’embarras des centaines de milliers de passagers réguliers et occasionnels qui n’ont vu aucun train rouler, hie, sur les grandes lignes et les lignes des banlieues de Tunis et du Sahel. Sur sa page officielle du réseau social Facebook, le syndicat des cheminots n’a d’ailleurs pas manqué de célébrer la «réussite» du mouvement de grève qui a été suivi par 100% des agents de la SNCFT et de la Société des Travaux des Chemins de Fer (SOTRAFER).
Ce débrayage, il faut le dire, qu’on n’arrive plus à répertorier, tellement les grèves des cheminots transformées en une démonstration de force, sont incalculables. Sans aucun doute, le droit de grève demeure un droit fondamental. L’on ne peut toutefois s’empêcher de s’interroger, en permanence, sur le coût de ces grèves qui paralysent des secteurs vitaux et privent des centaines de milliers voire parfois des millions de personnes de leur droit de bénéficier de certains services fondamentaux tels que le transport.
Des milliards
Ce mouvement de grève, qui a débuté mercredi 11 juin à minuit et se terminera aujourd’hui vendredi 13 juin à la même heure, est synonyme de deux jours d’anarchie, de laisser-aller laisser-faire dans le transport. Tentant d’apaiser la colère des usagers qui ont commencé à exprimer leur ras-le-bol sur les réseaux sociaux dès le lancement du mot d’ordre de la grève par le syndicat des cheminots, la direction de la SNCFT s’est contentée d’un bref communiqué dans lequel elle « exprime ses regrets concernant l’échec des négociations avec les représentants du syndicat privé des chemins de fer ». La société affirme, toutefois, avoir « pris toutes les mesures nécessaires pour assurer le transport des citoyens ». Chose qui n’a pas manqué de provoquer l’ire et la moquerie des internautes qui ne voient pas comment la direction de société compte procéder pour assurer le déplacement des centaines de milliers de personnes malgré la grève de ses conducteurs de trains. La direction générale de la SNCFT n’a finalement pu rien faire parce que les usagers réguliers des trains ont dû se débrouiller, hier, et devraient le faire encore une fois aujourd’hui, au grand bonheur des taxis et autres transporteurs qui n’attendent que ce genre d’occasion pour profiter des passagers abandonnés à leur sort en imposant des prix exorbitants. Sur plusieurs kilomètres du trajet séparant Tunis et ses banlieues sud, des embouteillages non-stop se sont formés hier dès les premières heures de la journée, après que des centaines de nouveaux automobilistes, qui étaient jusqu’ici des usagers assidus des trains, sont venus prolonger l’enfer des embouteillages et généraliser les bouchons dans les routes. Un ras de marrée de véhicules qui a déferlé sur le centre de la capitale conduisant à une saturation inédite des parkings et des places de stationnement payant.
Ce climat de pagaille généralisée n’est cependant que l’un des aspects visibles de l’impact de cette grève. L’autre, plus discret mais autrement plus coûteux, touche de plein fouet le secteur économique, notamment celui du transport de marchandises. La SNCFT n’assure pas uniquement le transport de passagers : elle est également un maillon essentiel de la logistique nationale, en particulier pour l’acheminement du phosphate depuis les sites miniers du centre vers les ports d’exportation. Or, chaque jour de grève signifie des trains immobilisés, des cargaisons bloquées, des chaînes de production à l’arrêt et des engagements commerciaux mis en péril. Selon des estimations préliminaires issues du ministère du Transport, une grève de deux jours pourrait coûter à la collectivité entre 18 et 25 millions de dinars en pertes directes et indirectes. Une somme colossale qui englobe les pertes liées aux retards dans les exportations de phosphate, l’augmentation des coûts de transport pour les entreprises contraintes de recourir à la route, la désorganisation des zones industrielles, sans oublier le préjudice économique infligé aux travailleurs du quotidien. Un chiffre qui donne la mesure d’un conflit social dont les conséquences débordent largement le simple cadre syndical.
H.G.
Editorial : Les atomes crochus du chaos…
Par Chokri Baccouche
C’est un fait indéniable : la cause palestinienne est devenue ces derniers temps une cause universelle. Par terre, air et mer, les manifestations de soutien à Gaza la martyre se multiplient, en effet, aux quatre coins de la planète dans une synchronisation et un engagement de bon aloi qui en disent long sur le ras-le-bol et l’indignation de la communauté internationale face aux massacres perpétrés par l’armée sioniste dans les territoires occupés. Jamais dans l’histoire une cause juste n’a fait l’objet d’un ralliement aussi massif et spontané des citoyens du monde qui se sont levés comme un seul homme pour défendre un peuple palestinien victime d’une effroyable épuration ethnique. Cette mobilisation planétaire met encore plus à mal l’entité sioniste et accroît son isolement sur la scène internationale. Principal architecte du pogrom palestinien, le Premier ministre israélien Netanyahu cumule les revers, les déboires et les critiques acerbes qui fusent de toute part, y compris au sein de l’opinion publique de son propre pays. Il y a quelques jours et au prétendu motif qu’il était souffrant, celui par qui tous les heurts et malheurs du Moyen-Orient arrivent a refusé de se rendre au tribunal de Tel-Aviv pour répondre des graves accusations de corruption, fraude et abus de confiance portées à son encontre dans le cadre d’un procès fleuve qui perdure depuis des années. Visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, Benjamin Netanyahu a maille à partir également avec la justice de son pays qui tient à lui faire répondre de ses tours de passe-passe frauduleux. Le dernier détenteur de l’Oscar du plus grand criminel de guerre du 21è siècle enrichit ainsi son curriculum vitae qui n’a rien à envier aux sagas des plus grands despotes sanguinaires qui ont marqué l’histoire tourmentée de l’humanité.
Fidèle à ses sinistres habitudes, le Premier ministre israélien se prépare à déclencher une nouvelle guerre, considérée comme l’unique solution qui lui reste pour se maintenir au pouvoir et détourner l’attention de l’opinion publique israélienne. Au prétendu motif que l’Iran est à deux doigts de fabriquer sa bombe atomique, Benjamin Netanyahu envisage d’attaquer les installations nucléaires du pays des mollahs au risque de provoquer un embrasement généralisé de toute la région. Les tensions sont d’ailleurs montées de plusieurs crans ces derniers jours suite à la récente décision prise par les Etats-Unis de réduire les effectifs de leur ambassade à Bagdad par «mesure de sécurité», faisant craindre l’éventualité d’une probable frappe militaire américano-sioniste en gestation contre l’infrastructure nucléaire iranienne. Signe que le volcan du Moyen-Orient s’apprête à rentrer de plus belle en éruption, l’Iran a averti, mercredi, qu’il ciblerait les bases militaires américaines déployées dans la région en cas de conflit avec les Etats-Unis, dont le président Donald Trump, lui-même confronté à des troubles à Los Angeles, dit se sentir «moins confiant» de parvenir à un accord avec Téhéran pour encadrer son programme nucléaire.
Cette escalade dans le ton et les préparatifs en cours ne prédisent rien de bon et on peut dire que les événements de ces derniers jours prennent une tournure le moins qu’on puisse dire inquiétantes surtout avec un Benjamin Netanyahu qui ne cesse de souffler sur la braise et jeter de l’huile sur le feu afin d’inciter son fidèle allié américain à privilégier l’option militaire contre son ennemi juré iranien.
Qu’adviendra-t-il si la coalition américano-sioniste venait à attaquer les installations nucléaires iraniennes ? Dans ce cas de figure, il faut s’attendre à ce que Téhéran réponde par de dures représailles contre Israël ainsi que les bases militaires américaines au Moyen-Orient. Il n’est pas exclu également que l’Iran décide de fermer le détroit d’Ormuz, ce passage stratégique à travers lequel transite 21% de la consommation mondiale de pétrole. Le pays des mollahs, qui a fait la démonstration de sa puissance militaire en menant, avril 2024, une attaque aux missiles contre l’entité sioniste en représailles au bombardement par Israël de son consulat à Damas, dispose d’atouts non négligeables qui lui permettent de peser lourd sur le cours des événements. L’annonce faite par l’Iran il y a quelques jours selon laquelle ses services de renseignements ont réussi à obtenir des informations sensibles et confidentielles sur le programme nucléaire israélien rajoute une bonne couche au suspense ambiant. Qu’elle soit fondée sur des preuves formelles ou un simple coup de bluff tactique, cette révélation est non seulement une carte maîtresse aux mains des Iraniens mais également un facteur de pression déterminant, à même de semer le trouble en tout cas dans l’esprit du trublion Netanyahu qui serait bien inspiré d’ailleurs de ne pas tenter le diable, surtout après l’échec cuisant de ses services de renseignements face à l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Par souci d’équité et de salubrité planétaire, aussi bien l’Agence internationale de l’énergie atomique que la communauté internationale ont tout intérêt à soumettre le nucléaire israélien à un contrôle strict. Il s’agit d’une nécessité urgente et impérieuse, car l’arme nucléaire aux mains d’un gouvernement sioniste extrémiste, au pouvoir actuellement, fait peser une lourde menace pour la sécurité de la région, voire au-delà…
C.B.
Encore une grève des jeunes médecins : Pourquoi les autorités continuent-elles à faire la sourde oreille aux revendications des blouses blanches?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La crise des jeunes médecins s’aggrave avec cette grève qui a débuté hier pour durer cinq jours. Pourquoi les autorités ne font rien pour répondre aux revendications de nos jeunes blouses blanches?
Les jeunes médecins ont entamé, à partir du jeudi 12 juin, une grève présentielle de cinq jours, accompagnée d’un boycott total du choix des centres de stages, pour revendiquer l’amélioration de leurs salaires et le paiement de leurs primes de gardes.
L’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) a précisé, dans un communiqué publié mercredi 11 juin, que la grève se tiendra les 12, 13, 16, 17 et 18 juin, et concernera l’ensemble des activités hospitalières et universitaires, y compris les activités académiques telles que les cours de formation complémentaire inclus dans le programme académique, à l’exception des gardes et des services d’urgence, afin de garantir un minimum de continuité des services de première ligne.
La présence à la faculté de Médecine de Tunis est obligatoire pour tous les médecins résidents et internes durant les jours de grève, ajoute l’organisation. Concernant le boycott du choix des centres de stages, il se fera de manière totale, sans aucune exception. L’Organisation des jeunes médecins a réitéré son appel à une révision radicale des procédures d’exemption et de report de l’année de service civil. Elle a également réclamé le paiement de l’ensemble des primes de garde, ainsi qu’une revalorisation de leur montant.
La liste des revendications comprend également la révision des textes régissant le secteur, ainsi que l’augmentation de la prime mensuelle, notamment à travers l’instauration d’une prime de risque de contagion et l’amélioration de la prime de résidanat. L’organisation a conclu en affirmant que la grève des jeunes médecins n’est pas seulement une réaction à une situation financière dégradée, mais une position de principe pour défendre l’avenir professionnel et un système de santé public équitable qui préserve la dignité du médecin et du patient à la fois. C’est ce que nous apprend une dépêche relayée par l’économiste. Et voilà comment par exemple la presse étrangère décrit la situation de nos jeunes médecins : « Salaires dérisoires, pénurie de personnel et de matériel, retards de paiements… Face à une situation jugée «intenable», certains étudiants menacent de se mettre une nouvelle fois en grève cet été «. Pourquoi alors les autorités tardent à mettre f8n au calvaire de nos jeunes médecins ?
Silence douteux..
Face à ce silence, le président de l’Association tunisienne des jeunes médecins, Wajih Dhakhar, a dénoncé dans une déclaration à Webdo «l’absence de volonté réelle de la part du ministère de tutelle pour résoudre la crise des jeunes médecins, engager des négociations sérieuses autour de leurs revendications et améliorer leurs conditions matérielles afin de les retenir dans le système public». Et d’ajouter: «Le ministère de la Santé a exprimé sa compréhension de leurs demandes qu’il juge «légitimes», mais se dit incapable d’ouvrir la discussion sur tout volet financier en raison de blocages juridiques et administratifs». Dhaker a souligné que «le ministre de la Santé considère que le système de travail complémentaire pourrait améliorer la situation financière des médecins, mais nous travaillons déjà 120 heures par semaine, nous n’avons tout simplement pas le temps pour y recourir». Face à cette situation, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins a décidé d’entrer en grève de cinq jours à partir du 12 juin. Wajih Dhaker a précisé que le service dans les services d’urgence de tous les hôpitaux se poursuivra normalement, tandis que les autres services continueront à fonctionner grâce aux autres médecins. Il a dénoncé une forme de mépris de la part du ministre, qui a estimé que les jeunes médecins, étant encore en formation, leur grève n’aurait pas d’impact majeur sur le fonctionnement des hôpitaux. Il a également contesté les déclarations du ministre affirmant que les jeunes médecins en Tunisie perçoivent les salaires les plus élevés du Maghreb, les qualifiant de «fausses et infondées». Concernant les départs à l’étranger, Wajih Dhaker a rappelé que le nombre de médecins ayant émigré était de 266 en 2010, contre 1 590 en 2023, une évolution qu’il considère comme le reflet direct de la dégradation de leurs conditions de travail.
M.B.S.M.
Festival international du film d’Amman – Awal Film (AIFF) : Trois films tunisiens en compétition
« Red Path » de Lotfi Achour, « Têtes Brûlées » de Maja-Ajmia Yde Zellama et « Casting » de Youssef Sanheji figurent dans la compétition officielle du Festival international du film d’Amman – Awal Film (AIFF), prévue du 2 au 10 juillet 2025.
Dans sa newsletter du mardi 10 juin, le festival a annoncé une sélection exceptionnelle de 60 films représentant 23 pays est au programme de cette sixième édition placée sous le thème « A World Unscripted » (Un Monde non Scénarisé).
Des longs- métrages de fiction et documentaires arabes et internationaux, ainsi que des courts métrages arabes sont au programme du cette édition avec une sélection de « 23 premières régionales dont 16 premières mondiales et plusieurs histoires exclusives puissantes du cœur de Gaza en sang », a annoncé le festival.
« Red path » (Les enfants rouges, titre en français) de Lotfi Achour et « Têtes Brûlées » de Maja-Ajmia Yde Zellama sont dans la course pour le « Black Iris », la plus haute distinction, de la compétition des longs métrages de fiction arabes composé de 9 films.
« Casting » de Youssef Sanheji a été sélectionné dans la compétition des courts- métrages arabes composée de 19 films.
« Red Path » (Les enfants Rouges) est le deuxième long-métrage de Lotfi Achour. Le film s’inspire de faits réels datant de 2015, celle des deux bergers attaqués par des Jihadistes au moment où ils font paître leur troupeau dans la montagne de Mghilla, région extrêmement pauvre et isolée du Nord-Ouest tunisien, en novembre 2015. Nizar 16 ans, est tué tandis qu'Achraf, 14 ans, doit rapporter un message macabre à sa famille. « Les Enfants rouges » est une plongée onirique dans la psyché blessée d’un enfant et son incroyable capacité à surmonter le traumatisme.
Long- métrage de fiction (84’), « Têtes brûlées » est écrit et réalisé par Maja-Ajmia Yde Zellama. La réalisatrice et scénariste belgo-tuniso-danoise est née à Bruxelles, en Belgique, où elle vit aujourd’hui. En 2020, elle est diplômée de la LUCA School of Arts. Elle est co-fondatrice et directrice de l’ASBL Bledarte, une association bruxelloise qui promeut l’expression et l’autonomisation des jeunes immigrés à travers l’art et la culture depuis 2017. « Têtes Brûlées » est son premier long- métrage.
Le casting est composé de Safa Gharbaoui (Eya), Mehdi Bouziane (Younès), Mounir Amamra (Yamine), Adnane El Haruati (Reda), Saber Tabi (Saber), Nicolas Makola (Othman), Mehdi Zellama (Baba Maher) et Monia Taïeb (Mama Warda).
Ce film relate l'histoire de Eya, 12 ans, ayant grandi dans une famille tunisienne à Bruxelles. Elle entretient une relation étroite avec son frère Younès, âgé de 25 ans. Eya passe ses journées à ses côtés, entourée d’un groupe d’amis qui la considèrent comme l’une des leurs. Lorsque Younès meurt soudainement, le monde d’Eya s’effondre. Plongée dans un processus de deuil marqué par des rituels codifiés, elle est consciente à la fois de la solidarité de sa communauté qui se rallie autour de sa famille et du silence qui isole chacun dans son chagrin. Eya doit trouver sa propre voie pour surmonter cette épreuve. Elle est soutenue par sa créativité, les liens qu’elle tisse avec les amis de son frère et, surtout, sa foi. Un portrait tendre et nuancé d’une jeunesse multiculturelle et unie, lit-on dans le synopsis. Le film a fait sa première mondiale à la Berlinale, Festival international du film de Berlin tenue dans 75ème édition du 13 au 23 février 2025.
« Point Doc » à la Cité de la culture : les films retenus
Huit projets de films documentaires en post-production, représentant la Tunisie, le Maroc, l’Algérie et l’Egypte sont à l’affiche de la 5ème édition de la rencontre annuelle des professionnels du documentaire « Point Doc », annoncée du 19 au 21 juin 2025 à la Cité de la Culture, à Tunis.
La liste des projets retenus pour les sessions de pitch comporte quatre films tunisiens dont « Brahim Ksontini, le sculpteur de la Mémoire » de Ons Kamoun, « Sur ce tableau » de Younes Ben Hajria, « Je mourrai libre » de Mahrez Karoui et « This is my heaven » de Marwen El Hechkel.
Les autres projets sélectionnés sont « A Butterfly Hug » de Ayatallah Yusuf (Egypte), « Safe Memories » de Salma Saad Helmy (Egypte), « My Father’s War » de Khalid Zairi (Maroc) et « Face à Soi-même Chantant » de AbdelHakim Mohamedi (Algérie).
La rencontre annuelle des professionnels du documentaire « Point Doc » est dédiée aux réalisateurs issus des pays de l’Afrique du Nord : Tunisie, Algérie, Égypte, Maroc, Mauritanie et Libye.
Il s’agit de trois journées pendant lesquelles, professionnels, festivals, chaînes de TV, mécènes, organisations et institutions de film tunisien(ne)s, régional(e)s et international(e)s se rencontrent dans le but de mettre sous la loupe les problématiques urgentes et importantes liées au documentaire dans un contexte mondial en perpétuel changement.
Fondée en 2018, par un collectif d’artistes et d’opérateurs culturels, Doc House-Tunisie est une ONG qui œuvre à promouvoir la production, la distribution et le réseautage professionnel liés au documentaire en Tunisie et en Afrique du Nord.
Science… Et, … Conscience
C'est à la cité des sciences que s'est tenu les 26 et 27 mai 2025 le Forum International "sciences et société : partenariat et horizons pour un développement durable."
Les termes sciences et horizons au pluriel
Oui, car en fait la connaissance...
Le savoir...
L'instruction...
Soit donc la culture, le bagage de la capacité, du savoir-faire...
Bref, cet acquis est le catalyseur des facultés cognitives de l'humain... !
Mais, au fait qu'est-ce que le cognitif ?!
En psychologie c'est ce qui se rapporte aux processus par lesquels un être vivant acquiert des informations sur notre environnement. Donc grâce à la cognition. Cette faculté de connaître.
Mais aujourd'hui l'utilisation à outrance de la technologie informatique de la communication, des T.I.C, altère le cognitif de l'humain.
Cette addiction aux T.I.C a engendré des troubles obsessionnels de la communication à savoir des T.O.C .
Et prendre son temps pour apprendre...
Lire...
Analyser... Et rédiger devient une gageure.
Et de par sur croit...
Et en outre... De plus le facteur époque : la consommation donc de la rentabilité économique entra en jeu.
Il fallait impérativement tenir en laisse la raison.
Horizons.
Oui à travers un écran d'ordinateur ou de téléphone portable ouvrir de nouvelles étendues...
De vue originale au moyen des T.I.C. Du virtuel assis face à l'appareil. Or, la société bouge, le partenariat est un miroir qui renvoie l'image du vivant et afin d'être durable il ne faut pas le situer dans... Ou... Et par autrement... Par le virtuel.
Mais c'est également le rôle de l'esprit... De la lucidité, de la connaissance et de l'entendement qui triomphe, et viennent à bout de l'intelligence artificielle des T.I.C.
Celle de l'I.A. Banque de données... Outil et instrument de l'accès à, et, de disposer de l'information.
C'est les 26 et 27 Mai 2025 m'ont accordé :
Le privilège de vivre la continuité du concept de la banque des données dans tous les domaines. Concept initié par Yakout Al Hommaoui au 11eme siècle après JC grâce à ses travaux colossaux des dictionnaires reprenant : la géographie, la faune dans toute sa diversité et classes, la flore également, les métiers, les habitudes culinaires et vestimentaires bref, la gestion sociale des pays qu'il avait traversé et où il avait séjourné. Bref de quoi couper le souffle d'étonnement et d'admiration
Le bonheur de retrouver Abou Rayhan Al Biruni 11eme siècle après JC et la présence effective d'une jeune équipe d'ingénieurs Tunisiens dans les nano satellites agissants, en activité dans le monde de l'agriculture.
Technologie Tunisienne présente en Europe en Arabie Saoudite, en Afrique, aux Emirats Arabes Unis et aux USA.
Abou Rayhan.. Ils suivent tes pas.. Leurs intelligences opérant avec les données du concept Data de Yakoub Al Hamaoui : l'histoire c'est hier
Mais aujourd'hui
Et voilà demain...
Dans un partenariat de l'altérité cassant la culture de la colonialité et imposant la reconnaissance que le soleil d'Allah brillera encore sur l'Occident
Cherifa Ammar née Baouab
Membre honoraire de la Société Tunisienne d'Histoire de la Médecine et de la Pharmacie
Le corpus instrumentarum tunisien en débat à Beït al-Hikma
Le département des arts de l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts Beit al-Hikma organise le vendredi 20 juin 2025 à 10H00 une conférence sur le thème « Instruments de musique : le corpus instrumentarum tunisien »
La conférence qui sera donnée par le professeur Anis Meddeb propose une analyse des méthodologies scientifiques mobilisées pour l’étude et la classification des instruments de musique, en mettant l’accent sur le corpus instrumentarum tunisien.
Il s’agit d’en interroger les origines, d’en identifier les spécificités culturelles et d’en explorer les représentations locales dans leur inscription historique et régionale.
Les instruments de musique traditionnels constituent, selon la note de présentation, des objets culturels complexes, relevant d’un patrimoine à la fois matériel et immatériel, où se conjuguent des dimensions acoustiques, symboliques et sociales. Leur étude dépasse le cadre strict de la musicologie pour intéresser d’autres disciplines telles que l’anthropologie, l’histoire sociale ou encore la muséologie. En effet, ces instruments ne se réduisent pas à leur fonction sonore : ils sont porteurs de significations, révélateurs des systèmes de valeurs, de l’imaginaire collectif et des rapports que les sociétés entretiennent avec l’espace, le temps et le sacré.
L'Espérance est arrivée ce matin aux États-Unis
Partie de Tunis, hier matin, la délégation esperantiste est arrivée aujourd'hui aux États-Unis après une escale à Paris. Tous les joueurs sont bien portants y compris le trio qui a dû passer par le Maroc car ils n'avaient de visa pour Paris. Tous les Sang et Or se sont installés à Detroit. Pour rappel, l'équipe de Bab Souika jouera son premier match à Philadelphie, le mardi 17 juin à partir de 2 heures du matin (heure tunisienne) au stade de Lincoln Financial Field.
J.B.
Editorial : Jusqu’à quand payer pour les erreurs du passé? - Par Hassan GHEDIRI
En recevant, lundi dernier, la ministre des Finances , le président Kaïs Saïed a réitéré un message qui, pour lui, tient presque de la conviction profonde : la Tunisie qui a toujours respecté ses engagements financiers à l’international, bien que, souvent, cela ait été fait au détriment de la volonté du peuple. Car, selon lui, bon nombre de ces dettes n’ont jamais bénéficié aux Tunisiens. Des propos qu’il ne cesse de marteler, soutenu, dit-il, par les constats de plusieurs organisations internationales. Des prêts contractés sans transparence, parfois sans contrepartie réelle, pour lesquels «nous payons les intérêts sans en tirer de bénéfice». Cette position suscite des réactions très controversées, mais elle pose un vrai problème: la Tunisie doit-elle continuer à porter le fardeau d’une dette héritée de décennies de mauvaise gouvernance, de corruption et de régimes autoritaires? Pouvons-nous continuer à vivre avec cette fatalité budgétaire comme si elle allait de soi?
Depuis l’indépendance, la dette extérieure tunisienne n’a cessé de croître. Un premier crédit est contracté auprès du FMI en 1964-1965, marquant l’entrée du pays dans le cercle des débiteurs mondiaux. En 1967, la dette atteignait 5,8 milliards de dinars. Aujourd’hui, elle dépasse les 123 milliards. En 1986, un crédit structurant est accordé pour initier des réformes économiques – des réformes qui, faut-il le rappeler, n’ont jamais réellement profité à la majorité des Tunisiens.
Mais c’est surtout après la révolution de 2011 que la question des dettes odieuses revient au cœur du débat. Des fonds contractés par l’ancien régime de Ben Ali, souvent sans transparence ni respect des procédures, auraient servi à alimenter un système clientéliste et répressif. Deux pistes avaient alors été mises sur la table : la suspension du remboursement des dettes jugées illégitimes, et leur reconversion en investissements productifs. Douze ans plus tard, ces pistes sont restées lettre morte.
Pendant ce temps, la dette extérieure du pays a presque été multipliée par cinq. La Tunisie ne s’endette plus pour se développer, mais pour rembourser ses dettes passées, tombant dans un cercle vicieux qui étouffe toute marge de manœuvre budgétaire. Et les échéances à venir ne laissent guère de répit : en 2025, c’est encore plusieurs milliards qui devront être versés aux créanciers internationaux, pendant que les hôpitaux manquent de médicaments, les écoles d’enseignants et les jeunes d’avenir. Les générations futures ne nous toléreront jamais de les avoir fait subir le fardeau des dettes dont ils n’en avaient jamais profité. Jusqu’à quand allons-nous payer pour les erreurs du passé?
Des pays comme l’Équateur ou l’Afrique du Sud, dans des contextes similaires, ont ouvertement remis en cause la légitimité de certaines dettes contractées sous des régimes autoritaires. Ils ont plaidé, parfois avec succès, pour leur annulation partielle ou totale, sur la base du droit international et de la notion de dette odieuse. La Tunisie, pays en transition démocratique, ne devrait-elle pas, elle aussi, revendiquer ce droit à la justice financière?
Évidemment, la question est sensible. Elle touche à la crédibilité de l’État tunisien sur les marchés, à sa diplomatie économique, à sa relation avec les bailleurs de fonds. Mais peut-on vraiment faire l’impasse sur un débat aussi fondamental, quand l’État s’effondre sous le poids de remboursements qui ruinent ses capacités d’action?
Il ne s’agit pas de plaider pour un défaut de paiement sauvage ou un isolement international. Il s’agit de porter, avec sérieux et courage, une réflexion nationale sur la nature de notre dette, ses origines, sa légitimité. D’ouvrir ce débat avec toutes les forces vives du pays – société civile, partis, économistes, syndicats – et de le porter sur la scène internationale avec l’appui d’une diplomatie habile et déterminée.
H.G.
Les clubs d’été sont de plus en plus à la mode en Tunisie : Des prix exorbitants, mais….
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
A chacun son plan pour passer les vacances d’été et pour certaines familles, les clubs d’été sont l’espace parfait pour permettre à leurs enfants de jouer et apprendre à la fois. Que proposent ces clubs comme activité et combien coûtent leurs prestations?
Les clubs d’été ne sont plus réservés aux quartiers huppés dans les grandes villes de la Tunisie. Ces clubs poussent depuis quelques années comme des champignons et s’installent un peu partout dans les différentes régions du pays. Selon le site spécialisé « Info maman », on compte plusieurs centaines de clubs d’été en Tunisie avec une grande concentration dans la capitale Tunis et les villes côtières. Ils proposent des activités allant de la lecture, les sciences, le Coran, l’informatique, les langues aux activités culturelles comme la danse, la peinture, le théâtre, la musique en passant par le sport et les Echecs.
De fait, à chaque club de mettre en valeur les activités qu’il propose comme par exemple le club SY Future qui se veut un espace conçu pour les enfants de tous âges et offre une variété d’activités stimulantes qui mettent l’accent sur l’apprentissage et la découverte. A l’instar des autres clubs dont nous avons visité les sites, ce club offre une variété d’activités éducatives et ludiques pour stimuler l’esprit des enfants. Les animateurs proposent, en effet, des cours de calcul mental pour améliorer les compétences mathématiques, des cours d’anglais et de français pour développer les compétences linguistiques, des cours de robotique et de sciences pour encourager la curiosité scientifique, des cours de chess pour améliorer les compétences en stratégie et des cours de jeux de concentration pour encourager la patience et la concentration.
Pour la spécialiste Mariem Letaiem : «Les clubs de vacances sont extrêmement bénéfiques, tant pour le bien-être des familles que pour la santé des enfants. Reste à ce que ces dispositifs deviennent accessibles au plus grand nombre, pour que tous les enfants, même les plus défavorisés, puissent en profiter ». Justement, combien coûtent ces clubs ?
A chacun sa facture…
Même si une étude britannique a montré que pour les enfants les bénéfices de clubs sont multiples, et tous améliorent in fine leur état de santé général voire abandonner l’ordinateur, la console de jeux et le Smartphone, c’est le prix de ces clubs qui pose un problème pour les parents. Selon notre interlocutrice du jour, en l’occurrence la spécialiste Mariem Letaiem : « Il faut compter entre 200 et 400 dinars par mois et pour certains clubs on doit payer en plus les activités qui se déroulent en dehors du club comme les excursions et les sorties. A l’étranger, l’Etat intervient pour prendre en charge une partie de ces dépenses. En Tunisie, les parents ne reçoivent aucune aide financière, ce qui rend l’accès à ces clubs presque impossible pour la majorité des enfants issus de familles modestes». Que faire, alors, pour démocratiser ces clubs d’été ?
A ce sujet, la spécialiste Mariem Letaiem nous a confié : « Il faut peut-être redonner plus d’importance aux organisations nationales comme les colonies des vacances ou les scouts qui jouaient avant un rôle important dans l’encadrement des enfants et des jeunes en leur permettant de passer des vacances à moindre coût tout en joignant l’utile à l’agréable, à savoir s’amuser et apprendre. Ces organisations doivent adapter leurs activités aux besoins de l’enfant d’aujourd’hui en privilégiant notamment l’épanouissement personnel, l’interaction sociale, le développement des compétences et l’exposition à de nouvelles expériences. Bien évidement, il ne faut pas que ces clubs prennent la place de l’école. De nombreuses études ont, en effet, prouvé que le plaisir est essentiel au développement des enfant, car il contribue à leur bien-être cognitif, physique, social et émotionnel ».
M.B.S.M.
Le Prix Mahmoud Darouiche pour la poésie les lettres et les arts décerné à titre-posthume au poète tunisien Sghaier Ouled Ahmed
Le prix de la première session du « Prix Mahmoud Darouiche pour la poésie, les lettres et les arts » a été décerné à titre posthume, au grand poète tunisien d'expression arabe Sghaier Ouled Ahmed « pour l'ensemble de son œuvre poétique et littéraire et son parcours créatif, patriotique et plein de valeurs humanistes ».
La cérémonie de remise du prix et d'hommage aux deux géants de la poésie arabe, le Palestinien Mahmoud Darouiche (1941-2008) et le Tunisien Sghaier Aouled Ahmed (1955-2016), aura lieu demain, le vendredi 13 juin à partir de 15h, à la librairie Al-Kitab, à Mutuelleville, à Tunis, a annoncé, à l’agence TAP le président du jury Abdelhamid Larguèche.
La cérémonie aura lieu en présence de la femme de Ouled Ahmed « Zouhour » et de leur fille « Kalimet ». La poésie et la littérature arabe en général seront au cœur de cet évènement qui sera ponctué de lectures de poèmes de Ouled Ahmed et Darouiche interprétés par la chanteuse et musicienne Aida Niati.
Le prix Mahmoud Darouiche pour la poésie les lettres et les arts est organisé par la Chaire ICESCO "Ibn Khaldoun pour la Culture et le Patrimoine" au Centre des Arts, de la Culture et des Lettres, Ksar Saïd et la Faculté des Lettres, des Art et des Humanités de la Manouba.
La Chaire ICESCO "Ibn Khaldoun pour la Culture et le Patrimoine" fait partie du réseau des chaires internationales de la Pensée, des Lettres et des Arts de l'Organisation du Monde Islamique pour l'Éducation, les Sciences et la Culture (ICESCO) regroupant de prestigieux universités et instituts de recherche.
Présidé par Abdelhamid Larguèche, historien universitaire, le comité scientifique du prix Mahmoud Darouiche pour la poésie les lettres et les arts » réunit également Latifa Lakhdar, historienne et ancienne ministre de la Culture, et Faouzi Mahfoudh, historien et Président de la Chaire Ibn Khaldun. Le trio d'historiens fait partie du jury du Prix Ibn Khaldoun pour la promotion et la recherche dans les sciences humaines » 2025 dont les lauréats ont été récemment dévoilés.
Entre Ouled Ahmed et Darouiche
Abdelhamid Larguèche présente Ouled Ahmed comme un « poète bohémien par excellence ». Ouled Ahmed était « le plus populaire et le plus aimé parmi les élites intellectuelles de Tunis et dans une large partie du Monde arabe et surtout palestinien », indique l'historien.
« Par sa maîtrise exceptionnelle des traditions poétiques arabes, son admiration sans limites pour les maîtres de la littérature, son génie verbal alliant précision et beauté, et son engagement humaniste, Sghaier Ouled Ahmed s'est imposé comme un poète accompli, figure incontournable de la poésie contemporaine », souligne le président du jury.
« Son amitié avec le poète palestinien Mahmoud Darouiche est devenue légendaire et justifie amplement ce prix », a déclaré Larguèche. « En 1995 Lorsque Ouled Ahmed était directeur de Beit Al-Chi'ir » (maison de la poésie), il a rendu un vibrant hommage au poète palestinien et s'est considéré comme son disciple », a-t-il rappelé.
Né le 4 avril 1955 et décédé le 5 avril 2016, Mohamed Sghaier Aouled Ahmed est originaire de la région de Sidi Bouzid, ville où avait éclaté la première étincelle de la révolution de 2011. Ce poète avait dédié sa vie à la lutte contre la dictature et a longtemps combattu l'extrémisme idéologique. Il était un fervent défenseur des libertés individuelles, de la femme et des idées modernistes et progressistes.
Certains de ses poèmes sont devenus de véritables hymnes mis en musique et chantées dont « Femmes de mon pays », « Mon dieu aidez-moi contre eux » et « Le poème du dimanche ».
Selon Larguèche, « la plupart de ses recueils sont édités à fonds propres. Ce n'est qu'après la révolution de 2011 qu'il a eu quelques honneurs surtout sous la présidence de l'ancien président de la république Mohamed Naceur qui l'avait décoré de l'ordre National du mérite ».
Parmi ses principaux recueils de poèmes on cite Cantiques des six jours (Editions Demeter, 1988), Je n'ai pas de problème (Editions Cérès, 1989), Détails (Editions Bayram, 1989), Le Sud de l'eau (Editions Cérès, 1991), Testament (éditions Manshurât Aouled Ahmed, 2002), États de route (2013), Conduite poétique de la révolution tunisienne (2013).
Certains sont traduits en langue française. Les éditions Nirvana ont publié un recueil de poèmes Choisis en 2016 pour honorer sa mémoire.
"Brouillon de patrie - Ouled Ahmed" est une anthologie poétique en français de l'œuvre d'Ouled Ahmed, traduite par Aymen Hacen et préfacée par Moncef Mezghanni avec un avant-dire d'Adonis. Cet ouvrage de 108 pages est paru en avril 2021 aux Editions Manifeste en coédition avec le Merle Moqueur (France).
"Contrairement à la plupart des poètes arabes de sa génération, Ouled Ahmed ne s'est pas engagé poétiquement en politique, mais il s'est engagé en poésie politiquement, lit-on dans la description de cette anthologie.
Mahmoud Darouiche (1941-2008) demeure la voix de la Palestine. Les recueils de ce grand poète arabe qui a forgé les chants de l'exil sont traduits dans plusieurs langues.
Il est auteur de recueils de poésie comme : « Feuilles d'olivier » (1964), Son premier recueil, marqué par la résistance et l'amour de la terre palestinienne, « Un amant de Palestine » (1966), Poèmes d'exil et de nostalgie, « Je t'aime ou je ne t'aime pas » (1972), « Pourquoi as-tu laissé le cheval seul ? » (1995), « Murale » (2000), « Ne t’excuse pas » (2004), « Une mémoire pour l’oubli » (1987), « En présence de l’absence » (2006), « Comme des fleurs d'amandier ou plus loin » (2007)
Dans un extrait de son fameux poème « Sur cette Terre », Darouiche dit « Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : l'hésitation d'avril, l'odeur du pain à l'aube, les opinions d'une femme sur les hommes, les écrits d'Eschyle, le commencement de l'amour, l'herbe sur une pierre, des mères debout sur un filet de flûte et la peur qu'inspire le souvenir aux conquérants… ».
Le Quotidien avec TAP
A l’Institut français de Tunisie : Focus sur la première anthologie de la poésie féminine palestinienne
Par Imen Abderrahmani
Dans leurs textes écrits sous l’ombre des oliviers, résonnent les mélodies d’amour, de résistance, de colère… Première anthologie de la poésie féminine palestinienne, « Palestine en éclats » sera présentée cet après-midi à l’IFT, à 18h30.
Elle a été sur le calendrier de l’exposition « Trésors sauvés de Gaza : 5000 d’histoire » que présente l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris depuis le 3 avril et qui se poursuivra jusqu’au 02 novembre 2025. La première anthologie de la poésie féminine palestinienne fera cet après-midi vibrer l’Institut français de Tunisie (IFT), brisant le blocus culturel sur Gaza et sur la Palestine, mettant en avant des voix poétiques de différentes générations.
Née d’une volonté commune de donner la voix à ces auteures qui restent presque méconnues par les lecteurs et même par les éditeurs, cette anthologie est un panorama de voix, de voies, de styles, de thèmes.
Conçue par la poétesse palestinienne Nida Younis et traduite par Mohamed Kacimi, cette anthologie « réunit pour la première fois les voix des poétesses palestiniennes contemporaines. Ces auteures viennent de différentes régions de la Palestine historique – Territoires de 48, Gaza, Cisjordanie – ainsi que de la diaspora causée par le tragique exode palestinien de 1948, la Nakba. Elles représentent un courant littéraire novateur et audacieux. Traduites en français, leurs œuvres offrent une diversité et une richesse culturelle remarquables à un large public international », lit-on sur les notes de présentation de cette anthologie qui constitue un acte de résistance contre l’oubli, contre la marginalisation, contre la mort qui guette les Palestiniens, contre le désespoir… L’anthologie est aussi un hommage à ces femmes-poétesses, symbole de grâce et de courage, une ode à leur force, à leur intelligence, à leur éloquence.
Un cri d’indignation, un chant d’amour
« À travers leurs poèmes, ces femmes s’élèvent contre les interdits et tabous d’une société patriarcale et conservatrice. Elles utilisent la poésie comme un espace de liberté et de défi. Leur écriture, intimement liée au corps féminin, apporte un regard unique et différent de celui des hommes. Elles explorent des thèmes comme l’oppression personnelle et politique, notamment la violence de l’occupation israélienne qui les prive de leur terre, de leur mémoire et du contrôle sur leur propre corps », peut-on encore lire dans l’introduction de cet ouvrage référentiel et essentiel réunissant des poèmes d’une vingtaine de poétesses de différentes générations. Des poèmes qui racontent le quotidien palestinien et qui sont les échos des récits intimes sur la mort et l’amour, l’espoir et le désespoir, la maternité, la terre, l’exil, la solitude… Des jeunes voix poétiques telles que Hind Jouda, Mona Al-Masdar, Enass Sultan résonnent ainsi avec d’autres voix majeures comme Fatena Al-Ghorra, Maya Abu Al-Hayyat, Sheikha Helawy, Nida Younis ou Jadal Al Qassem racontant et chantant la Palestine. Chacune selon sa vision, son vécu, qu’elle soit à l’intérieur de la Palestine chérie ou à l’extérieur, condamnée à l’exil et à la solitude. Les textes qui meublent cet ouvrage viennent de Ramallah, de Gaza, de Haïfa, de Beyrouth, de la Norvège, des Etats-Unis d’Amérique… affirmant l’attachement de ces poétesses à leur terre, à leur identité, aux racines, témoignant de leur courage.
La présentation de cette anthologie sera marquée par une lecture de poèmes en arabe par Sabrine Ghannoudi et en français par Ons Ben Youssef, accompagnés au oud par Mariem Azizi. Suite à cette lecture qui donnera à ces poétesses palestiniennes une nouvelle voix et leur ouvrira une nouvelle voie dans les universités tunisiennes (sujet d’étude et d’analyse), le public est invité à une rencontre avec Mohamed Kacimi, écrivain, dramaturge et traducteur de l’anthologie, engagé depuis de nombreuses années en Cisjordanie et à Gaza aux côtés des artistes, écrivains et acteurs culturels palestiniens. Mohamed Kacimi qui été en Tunisie en décembre dernier animant une série de rencontres et un atelier portant sur le thème « Comment écrire la guerre ? », lors des Journées théâtrales de Carthage.
Il est à noter que l’illustration de cette anthologie est signée par la peintre française de renom Colette Deblé et qu’une deuxième rencontre autour de cet ouvrage est annoncée demain, le vendredi 13 juin, à 18h00, à l’Institut français de Sousse, en présence également de Mohamed Kacimi.
I.A.
L’appel à films pour la 1ère édition du « Docu’Sport » est ouvert
Le Festival francophone du documentaire sportif (Docu’Sport) lance un appel à films dédié aux réalisateurs tunisiens et franco-tunisiens, en vue de sa prochaine édition, qui se tiendra du 23 au 25 janvier 2026 à Hammamet (Tunisie).
Destiné aux réalisateurs tunisiens et franco-tunisiens, ce nouveau rendez-vous cinématographique vise à soutenir les talents émergents et les nouvelles productions audiovisuelles de l’espace francophone, en mettant en lumière les meilleurs documentaires sportifs du monde francophone.
Organisé par les associations Activ’Citoyens de Vincennes et Carthage de Tunisie, œuvrant à la promotion des échanges culturels entre l’Europe et l’Afrique, en partenariat avec la société de production audiovisuelle K’L IMAGE et Jean-Philippe Lustyk, journaliste sportif et producteur de documentaires spécialisés dans la boxe en France et à l’international, ce Festival vient de lancer l’appel à films ouvert aux réalisateurs tunisiens et franco-tunisiens ayant réalisé un documentaire (court, moyen ou long) autour du sport, de ses enjeux, de ses histoires humaines ou de récits puissants. Le dernier délai de dépôt des candidatures est fixé au 15 novembre 2025.
Les œuvres doivent être en lien avec le thème du sport et peuvent appartenir à différents genres, qu’il s’agisse de documentaire, de reportage, d’animation ou autres formes audiovisuelles. Elles doivent avoir été produites après le 1er janvier 2023. Une attention particulière sera accordée aux œuvres des auteurs émergents. Seuls les films n’ayant pas été primés dans des compétitions internationales antérieures seront éligibles à cette première édition du Festival Docu’ Sport.
« Le festival du « Docu’ Sport » se veut être aussi un carrefour d'échanges entre créateurs et les publics. Le festival sera l'occasion, grâce à différentes tables-rondes, d'échanger sur des thématiques comme le sport et l'inclusion, le sport au féminin, le sport et le handicap animées par des personnalités du monde sportif », lit-on sur le site de l’événement.
Six prix seront décernés : le prix du meilleur documentaire sportif, le prix du meilleur court- métrage, le prix du meilleur film d'écoles, le prix de la meilleure réalisation, le prix des jeunes talents et le coup de cœur du jury.
















