Editorial : L’Iran au cœur du basculement mondial - Par Jalel HAMROUNI
Le monde assiste à une mutation géopolitique d'une ampleur inédite depuis la fin de la Guerre froide. La guerre latente entre l’Iran et l’entité sioniste, avec l’ombre omniprésente des États-Unis, ne se limite pas à un simple conflit régional : elle est le théâtre visible d’un affrontement plus profond entre deux visions du monde. D’un côté, l’Occident, mené par Washington, accompagné inconditionnellement par Israël ; de l’autre, un bloc émergent où Moscou et Pékin se posent en défenseurs d’un équilibre multipolaire. Dans ce contexte, il est de plus en plus évident que ni la Russie ni la Chine ne comptent abandonner l’Iran. Au contraire, leur soutien s’inscrit dans une logique stratégique plus vaste, celle d’un nouvel ordre mondial en gestation.
Loin d’un simple alignement idéologique, la convergence entre l’Iran, la Chine et la Russie est dictée par une lecture commune des enjeux géopolitiques contemporains. L’Iran, cible de sanctions asphyxiantes, de campagnes de déstabilisation et d’attaques israéliennes répétées, s’inscrit comme le front avancé de la résistance à l’hégémonie américaine. Ce positionnement en fait un partenaire naturel pour Pékin et Moscou, qui cherchent, chacun à sa manière, à limiter l’influence américaine en Eurasie et au Moyen-Orient.
La Russie, déjà engagée militairement en Syrie pour défendre ses intérêts et son allié Assad, voit dans l’Iran un acteur clé pour contenir l’expansion atlantiste à ses frontières sud. Quant à la Chine, son initiative pharaonique des Nouvelles Routes de la Soie (BRI) passe nécessairement par la stabilité de la région, et donc par un Iran fort et souverain. En outre, Pékin a récemment signé un accord stratégique de 25 ans avec Téhéran, impliquant des investissements massifs dans les secteurs énergétiques et des infrastructures.
L’un des éléments centraux de ce partenariat est l’énergie. L’Iran dispose des quatrièmes réserves mondiales de pétrole et des deuxièmes de gaz. Un Iran affaibli ou sous tutelle occidentale représenterait une menace directe pour la sécurité énergétique de la Chine et un revers pour les ambitions énergétiques de la Russie. C’est pourquoi les deux puissances font tout pour protéger leur allié perse.
La livraison de technologies militaires, les exercices conjoints en mer d’Oman, les coopérations satellitaires et les échanges de renseignements sont autant de signaux clairs envoyés à Washington et Tel-Aviv : l’Iran n’est plus isolé. Il est désormais un nœud stratégique dans l’architecture du contre-pouvoir mondial.
Face à l’unilatéralisme américain, la Russie et la Chine ont théorisé et concrétisé la notion de multipolarité. Il ne s’agit plus simplement de résister, mais de bâtir une alternative. L’Iran joue ici un rôle clé. Non seulement il est au croisement de plusieurs routes commerciales vitales, mais il est aussi un symbole de résilience face aux tentatives d’imposition de régimes fantoches par l’Occident.
Le soutien de Moscou et de Pékin n’est donc pas seulement tactique : il est stratégique et doctrinal. En aidant l’Iran, ces puissances veulent démontrer qu’aucun État n’est condamné à la soumission. Elles veulent offrir aux pays du Sud global un nouveau modèle de coopération, basé non sur la dépendance, mais sur la souveraineté, le respect mutuel et l’échange équitable.
Ce soutien international n’est pas sans conséquence. Il affaiblit la dissuasion occidentale et réduit la marge de manœuvre des États-Unis et de l’entité sioniste. Chaque frappe contre l’Iran peut désormais entraîner une escalade régionale, voire mondiale. Car frapper l’Iran, c’est risquer de heurter indirectement les intérêts russes et chinois.
La polarisation s’accélère. Les BRICS s’élargissent, les devises alternatives au dollar se multiplient, les forums internationaux échappent de plus en plus au monopole occidental. Le conflit au Moyen-Orient devient ainsi le miroir d’un monde en recomposition : un monde où les alliances ne sont plus dictées par la peur ou la dépendance, mais par la convergence des intérêts.
Alors que l’Occident continue de défendre coûte que coûte l’impunité israélienne et cherche à étrangler la souveraineté iranienne, la Chine et la Russie s’imposent comme les garants d’un nouvel équilibre mondial. Leur soutien à Téhéran n’est pas un caprice géopolitique, mais l’expression d’une volonté plus vaste : faire tomber l’ordre unipolaire établi après la chute de l’URSS. L’Iran, de par sa résilience et sa position stratégique, est désormais l’un des piliers de cette nouvelle architecture. L’histoire s’écrit à Téhéran, à Moscou et à Pékin autant qu’à Washington et Tel-Aviv. Le monde change et l’axe de la résistance s’affirme comme l’un des pôles de ce futur multipolaire.
J.H.
Voyage au cœur de la Chine : Entre traditions millénaires et prouesses technologiques
Par Jalel HAMROUNI
Un voyage en Chine, c’est bien plus qu’un dépaysement : c’est une leçon de résilience, d’innovation et de sagesse.
La Chine, pays aux mille visages, fascine à la fois par la richesse de son histoire et par la fulgurance de son développement technologique. Un voyage dans ce vaste territoire, à la fois antique et futuriste, offre une immersion dans un monde en perpétuelle mutation, où les traditions ancestrales cohabitent harmonieusement avec les innovations les plus audacieuses. Mon séjour en Chine fut une révélation : un périple entre les symboles historiques de Pékin, les merveilles urbaines de Chongqing, et l’audace architecturale de Shanghai.
Pékin : l’âme historique de la Chine
Dès notre arrivée à Pékin, capitale emblématique et cœur politique de la Chine, nous avons été frappés par le contraste entre les vestiges de la grandeur impériale et la modernité ambiante. La visite de la place Tiananmen, l’une des plus vastes places publiques du monde, a été un moment fort. Entourée de bâtiments monumentaux comme le Mausolée de Mao Zedong et le Musée national de Chine, cette esplanade est bien plus qu’un simple espace urbain ; elle incarne l’histoire contemporaine de la nation. L’émotion est palpable lorsqu’on se tient face à la porte de la Paix céleste, ornée du célèbre portrait de Mao, qui mène à la Cité Interdite. Ce lieu, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, révèle les fastes de la dynastie Ming et Qing, avec ses palais, ses jardins et ses milliers de pièces symétriquement agencées.
Malgré le poids de l’histoire, Pékin n’a rien d’un musée figé. Partout, les infrastructures témoignent d’un pays en avance sur son temps : métros ultramodernes, gratte-ciel vertigineux et réseaux 5G omniprésents donnent à la ville une allure résolument futuriste.
Chongqing : quand l’impossible devient réalité
Si Pékin incarne la tradition impériale et le pouvoir politique, Chongqing est le symbole du génie urbain chinois. Cette mégalopole du sud-ouest, construite à flanc de collines et traversée par le fleuve Yangzi Jiang, est célèbre pour son urbanisme unique. Rien n’illustre mieux cette originalité que le monorail de Chongqing, un train suspendu qui… traverse littéralement un immeuble résidentiel ! Ce spectacle surréaliste attire des milliers de curieux du monde entier. Mais loin d’être un simple gadget touristique, cette prouesse technique est une solution innovante à la densité urbaine : optimiser l’espace sans démolir.
Au-delà de cette attraction étonnante, Chongqing est une ville à l’énergie débordante. Ses ponts illuminés, ses marchés nocturnes et ses tours modernes témoignent de l’effervescence économique de cette métropole qui ne dort jamais.
Shanghai : la vitrine du futur
Aucun voyage en Chine ne serait complet sans un passage par Shanghai, la mégapole qui incarne à elle seule la puissance technologique et économique du pays. Dès l’arrivée, on est happé par la skyline de Pudong, dominée par l’emblématique Tour de Shanghai, la deuxième plus haute tour du monde avec ses 632 mètres. Ce colosse de verre et d’acier n’est pas seulement un défi architectural ; il symbolise l’ambition chinoise de devenir un leader mondial en innovation.
Le quartier d’affaires de Lujiazui, avec ses buildings aux formes futuristes, ses centres financiers et ses enseignes internationales, évoque New York ou Dubaï, mais avec une touche asiatique raffinée. La nuit, les lumières dansent sur les façades des gratte-ciel, reflétant dans le fleuve Huangpu un spectacle hypnotique.
Mais Shanghai, ce n’est pas seulement le futur. Sur l’autre rive du fleuve, le Bund témoigne du passé colonial de la ville, avec ses bâtiments néoclassiques du XIXe siècle qui offrent un contraste saisissant avec les tours du XXIe siècle. C’est ce mélange d’époques, cette cohabitation entre modernité et mémoire, qui rend la ville si captivante.
Une harmonie entre passé et avenir
Ce qui rend la Chine si fascinante, c’est cette capacité unique à avancer à une vitesse fulgurante sans renier son passé. Que ce soit à Pékin, Chongqing ou Shanghai, le voyageur est constamment confronté à des paradoxes : entre temples millénaires et trains à lévitation magnétique, entre calligraphie traditionnelle et intelligence artificielle. La Chine est un carrefour temporel, où l’histoire n’est jamais très loin, mais où le futur s’écrit chaque jour sous nos yeux.
En quittant ce pays, on ne peut s’empêcher d’éprouver une profonde admiration. Non seulement pour son développement impressionnant, mais aussi pour son attachement à ses racines. La Chine ne cherche pas à imiter ; elle invente, construit, et réinvente le monde à sa manière.
Un voyage en Chine, c’est bien plus qu’un dépaysement : c’est une leçon de résilience, d’innovation et de sagesse.
J.H.
Guerre contre la corruption : Les dénonciateurs entre l’enclume de la diffamation et le marteau du harcèlement…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Alors que l’on se dirige vers l’adoption d’une loi pour protéger les dénonciateurs, ces derniers sont toujours le maillon faible de cette guerre contre la corruption… Que faire pour mieux protéger les lanceurs d’alerte?
Même si, en Tunisie, la protection des dénonciateurs de corruption est garantie par la loi organique n° 2017-10 du 7 mars 2017, relative au signalement des faits de corruption et à la protection des lanceurs d’alerte, il n’en demeure pas moins que la dénonciation ne draine pas la foule. En cause, les multiples exactions dont ont été victimes ces lanceurs d’alerte, notamment au cours de la dernière décennie.
Justement, la commission parlementaire chargée de l’organisation de l’administration, de la gouvernance et de la lutte contre la corruption a entamé l’examen d’un projet de loi visant à amender la loi organique n°10-2017 relative au signalement des faits de corruption et à la protection des lanceurs d’alerte. Soumis par quinze députés, ce projet vise à «restaurer un cadre juridique fonctionnel pour favoriser le signalement d’abus et garantir aux lanceurs d’alerte une protection effective».
C’est aussi la volonté du chef de l’Etat qui, en rencontrant le 16 juin la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zanzri, a abordé cette question, insistant au passage sur l’importance de la poursuite de la lutte contre la corruption et les corrompus. Le chef de l’Etat a laissé entendre lors de cette rencontre qu’il est important aussi d’assurer aux dénonciateurs et aux lanceurs d’alerte la protection juridique et sécuritaire.
A noter qu’à l’occasion d’un séminaire organisé à Tunis, visant à présenter les résultats des actions du ministère en matière de lutte contre la violence et de promotion des droits humains, le directeur général de la cellule de bonne gouvernance du ministère de l’Intérieur, Sami Hamdi, a insisté sur «la nécessité de réviser et d’améliorer certains aspects de la loi n°10 relative au signalement des faits de corruption et à la protection des lanceurs d’alerte pour renforcer l’efficacité de la protection des dénonciateurs, en adéquation avec les normes internationales».
En effet, des lanceurs d’alerte se sont rassemblés au mois de février dernier devant le Théâtre municipal de Tunis pour dénoncer «le harcèlement et les pressions qu’ils subissent sur leurs lieux de travail». Ces actes de représailles font suite à leur révélation de dossiers mettant en lumière des cas de «corruption» et de «manipulations administratives ou financières».
Paradoxe…
Dans une déclaration à l’agence TAP, Mohamed Ali Ayari, lanceur d’alerte ayant dénoncé des actes de corruption administrative et syndicale au sein de la Société Tunisienne de Sidérurgie (Elfouladh), a témoigné de son expérience. Ayari a confié que «de nombreux dossiers de corruption restent inexploités, les dénonciateurs hésitant à les révéler par manque de confiance en leurs administrations respectives». Et d’ajouter : «Nous subissons des accusations malveillantes, des intimidations, et même des menaces de mort. Mais nous ne reculerons pas. Nous continuerons à soutenir les efforts du pouvoir et du président de la République dans la lutte contre la corruption».
Pour l’activiste Rached Ben Hcine : «En plus des menaces, plusieurs lanceurs d’alerte ont perdu leurs emplois et d’autres ont été poursuivis en justice pour diffamation. Certains responsables qui ont été dénoncés par les lanceurs d’alerte ont ainsi usé de leur pouvoir pour licencier, menacer et même attaquer en justice leurs dénonciateurs. Il est, alors, temps de revoir la loi N°10 afin de mieux protéger les dénonciateurs de la corruption d’autant que lors de la dernière décennie, les noms de certains lanceurs d’alerte ont été divulgués aux suspects eux-mêmes. Cette révision de la loi doit s’inscrire dans un cadre juridique qui vise à établir des procédures de signalement et des mécanismes de protection pour promouvoir la transparence, l’intégrité et la bonne gouvernance, tout en luttant contre la corruption dans les secteurs public et privé ».
M.B.S.M.
Proclamation des résultats du bac… par SMS payant : Rompre avec la «marchandisation» des notes scolaires…
Par Hassan GHEDIRI
Cela fait plusieurs années que la diffusion des résultats des examens nationaux se fait par la voie d’un service de messagerie payant. Une obligation totalement aux antipodes de la gratuité de l’école publique…
Dans un communiqué officiel publié le 17 juin, le ministère de l’Éducation a rappelé à tous les candidats au baccalauréat 2025 que les résultats de la session principale, qui s’est déroulée du 2 au 11 juin, vont être (exclusivement) diffusés par SMS. Cela veut dire que pour les recevoir, les 151 mille candidats doivent obligatoirement s’inscrire au service de messagerie mobile mis à leur disposition, et ce, en envoyant leur numéro d’examen au 85005. Le message coûte 950 millimes, et permet de recevoir un SMS contenant la décision finale ainsi que les moyennes obtenues dans les matières principales dans chaque filière.
Le ministère parle de «service», mais il s’agit en réalité d’une procédure imposée. Les candidats au baccalauréat, comme c’est d’ailleurs le cas pour les élèves qui passent les examens de sixième et de neuvième n’ont aucun autre moyen pour obtenir leur résultat le jour de la proclamation officielle qu’en s’inscrivant à ce service payant. Sinon, ils doivent patienter jusqu’à ce que les résultats soient affichés dans les lycées pour les bacheliers et les collèges et les écoles pour ceux qui passent les examens d’accès aux écoles et lycées pilotes. Le ministère de l’Education, qui a opté pour la diffusion électronique des résultats par voie de téléphone mobile, n’a prévu aucun autre canal numérique gratuit comme l’email ou bien la diffusion sur un site web dédié à cet effet. Pour connaître son sort scolaire, des centaines de milliers de candidats et leurs familles sont donc obligés de payer.
Le tarif unitaire est peut-être symbolique. Mais à l’échelle nationale, la note est lourde. Pour ne compter que les 151 mille candidats au bac, cela représente une facture avoisinant les 150 mille dinars. Si l’on prend en compte les résultats de la session de rattrapage et ensuite les résultats de l’orientation universitaire, également communiqués par voie de SMS payant, et aussi les résultats d’environ 100 mille élèves qui passent les concours d’accès aux collèges et lycées pilotes, l’ardoise finale finit par être très salée d’autant plus que les familles tunisiennes ont tendance à multiplier les inscriptions sur plusieurs numéros pour obtenir le résultats d’un seul candidat.
Une pratique aux antipodes de la gratuité éducative
Cette «marchandisation» des résultats scolaires est une aberration tunisienne. Dans pratiquement tous les pays du monde, excepté un très petit nombre de pays en Afrique subsaharienne et en Asie, l’accès aux résultats scolaires est 100% gratuit. En France, en Italie ou au Maroc, les élèves des classes terminales qui passent des examens nationaux consultent leurs résultats en ligne à travers des applications sécurisées, sans frais. Dans les pays ne disposant pas d’infrastructures numériques assez développées, il y a ceux qui se permettent le luxe de proclamer les résultats du bac par vois de messagerie mobile payante, mais qui reste facultative.
Il est ainsi complètement absurde, dans notre pays, que l’Etat impose aux citoyens un service payant pour obtenir les résultats scolaires alors que l’on prétend lutter pour consacrer le principe de la gratuité de l’école publique. Les résultats scolaires ne doivent aucunement être considérés un produit commercial duquel profitent les opérateurs téléphoniques à travers des contrats de sous-traitance conclus avec le gouvernement. Il est grand temps pour repenser ce système, car les outils existent. Le ministère dispose d’une infrastructure électronique et des ingénieurs et des techniciens hautement qualifiés pour développer des solutions numériques permettant une diffusion instantanée, simple, fluide et gratuite des résultats des examens nationaux. Car l’accès aux résultats scolaires est un service public qui ne doit pas se transformer en une source de revenus.
ba
Coupe du monde des clubs - EST-LAFC (1-0) : Victoire-accordoir
Par Wahid SMAOUI
Nous le trompetions avant le match, qu’aucune autre issue que la victoire n’était envisageable face à un adversaire parfaitement domesticable. Pour continuer d’exister dans cette somptuosité et tutoyer l’Elysée du foot dans toute sa majesté.
C’est connu, dans un tournoi à portée cosmique, réunissant un nombre de clubs pléthorique, le niveau de mise est disharmonique. Allusion au cénacle de pointures à seigneuriale allure telles que Real de Madrid, Bayern, Manchester City, PSG, River Plate, Juventus, etc., et dans une lecture antinomique, une flopée de clubs au flasque acabit, à l’instar des Auckland City, Al Ain, Seattle Sonders… et entre ces deux antipodes, des équipes à la respectable et imposante carrure, dont l’EST fait partie et qui peuvent, sur un match, braver et narguer les plus huppés. Ainsi après avoir eu à constater de visu le fendage footballistique de mise face aux Brésiliens de Flamengo, les Sang et Or se sont-ils mesurés à une formation de leur stature, voire un cran en dessous, Los Angeles FC. Repêchés au dernier moment après un match barrage qui les a opposés aux Mexicains du Club America, pour remplacer une autre équipe de l’Anahuac, le nom antique du Mexique, baptisé la Nouvelle-Espagne pendant la période coloniale, le Club Leon, exclu à cause d’un problème de multipropriété avec l’autre club mexicain, Pachuca, les Américains ne se prévalaient point des moyens à même de rivaliser avec les Tunisiens. Réalisant que leur vis-à-vis était parfaitement amadouable, les Espérantistes, qui troquaient à l’occasion leurs couleurs de naissance, le Vert et le Blanc, arborées lors du match inaugural, contre le Jaune et le Rouge qui leur ont fait par enchantement pousser des ailes, ont sorti le match dont on attendait d’eux, se replaçant ainsi idéalement dans la course à l’accession aux 8es de finale. Un émoustillant challenge dont la comparaison est à soutenir lors du troisième et dernier duel de poule face à l’illustre Chelsea, royalement recadré quelques heures plus tôt par Flamengo (1-3).
Pied à pied vers l’acmé…
Avant de vivre vraisemblablement la plus fantasmagorique émulation de leur histoire, les Sang et Or se devaient de l’emporter aux dépens d’Américains tout aussi exaltés à l’idée de réaliser un haut fait. Fort des enseignements du premier match, et n’ayant d’autre alternative que d’affronter frontalement ses responsabilités, Kanzari a opéré deux changements dans son Onze de départ, quand bien même le large public sportif se serait attendu à plus. Ainsi Konate et Mokwana ont-ils supplanté Jebali et Sasse. En reconduisant à l’entrejeu la paire Ogbelu-Guennichi, le coach espérantiste a trahi une propension à la prudence somme toute légitime pour une entame de match. Ce qui explique la posture relativement attentiste ayant duré quasiment une mi-temps, non dénuée cependant d’occasions de but franches grâce à un déroutant jeu en transition. Edifié sur la véritable valeur foncière de l’adversaire, Kanzari a prodigué à la pause les consignes qui se devaient d’être urgemment appliquées, et ce n’est qu’en toute logique que les Sang et Or prendront enfin les rênes du match pour ne plus les lâcher, le tout traduit par une domination presque sans partage avec comme point d’orgue ce fameux but de l’incontournable Blaïli, un Fennec appelé à discipliner et son comportement et son jeu, allusion à la simulation sur le penalty annulé après consultation de la VAR et qui aurait pu lui valoir une sanction fatale. L’EST aurait pu matérialiser sa mainmise par un score foisonnant n’eut été le ratage monstre de ses avants, un gâchis à un cheveu de lui coûter un déchirant désenchantement suite au penalty concédé à la dernière minute du temps additionnel, soit la 98’, et prodigieusement arrêté par un Ben Saïd admirablement inspiré. Après cette prestation relevée, même si l’antagoniste est un néophyte fondé en 2014 et n’ayant accédé à la Major League Soccer qu’en 2018, truffé de surcroît de joueurs au renom certes reluisant tels les Français Lloris et Giroud, mais bien vieillissants, étant quasiment des quadragénaires, l’EST peut caresser légitimement l’espoir de réaliser le fait d’armes de sa vie, se payer le scalp du grand Chelsea et se qualifier aux 8es de finale. Rendez-vous est donc pris pour mercredi prochain aux premières lueurs du matin. Le rêve poursuit inexorablement sa marche triomphale.
W.S.
Au parc du Belvédère : Enfin, la Bibliothèque Verte respire!
Par Imen ABDERRAHMANI
Une bibliothèque au cœur du Belvédère? Ce n’est pas une fake news ni encore un souhait. C’est à partir d’aujourd’hui, à 10h00, que la Bibliothèque Verte ouvrira généreusement ses portes devant tous les visiteurs sans exception. Détails.
A l’initiative de l’association «Les Amis du Belvédère», la Bibliothèque Verte rouvrira, aujourd’hui, de nouveau ses portes après de longues années de fermeture, portant l’espoir des activistes de cette association de créer une connexion entre les visiteurs, surtout les chercheurs et les écrivains, et le fonds naturel du parc. Plantée au cœur de ce magnifique espace vert, poumon de la capitale et destination privilégiée des familles tunisiennes, la Bibliothèque se veut un lieu d’échange, d’apprentissage et de lecture, avec ses deux parties, la première spécialisée comportant des ouvrages sur la faune et la flore et abordant des questions écologiques alors que la 2è offrant à lire des livres pour enfants, touchant ces mêmes thèmes mais autrement.
Ouverte aujourd’hui au grand public pour la découverte, la Bibliothèque Verte avec sa riche collection n’est accessible qu’avec une carte d’adhésion à l’Association des Amis du Belvédère. Question de préserver cet acquis et surtout la collection et de veiller sur le bon déroulement des activités que proposera cet espace «magique» dans les prochains jours.
Pour cette journée spéciale du lancement de la Bibliothèque, un programme artistique accompagnera la réouverture.
Les visiteurs sont conviés à faire le tour des lieux pour découvrir cette riche collection de livres qui s’est enrichie suite à un appel de don de livres. Lancée depuis quelques semaines par l’association, la nouvelle salle d’exposition qui proposera des œuvres mettant l’accent sur l’art nature et surtout les quelques magnifiques espaces extérieurs aménagés pour lire à l’ombre des arbres et respirer à pleins poumons en feuilletant un livre ou en révisant un document.
Soyons à l’écoute !
Pour le programme d’aujourd’hui, des atelers créatifs autour du livre seront proposés, parmi lesquels «La Balade des mots», un atelier d’écriture bilingue (arabe et français) inspiré par une promenade en nature, «Contes sous les arbres», des lectures animées et des spectacles de marionnettes pour tous les âges, «Signets nature», une activité de fabrication de marque-pages végétaux, et «La chasse aux mots verts», un jeu de piste ludique organisé dans la bibliothèque, lit-on dans le communiqué de l’Association.
Pas loin, toujours au cœur de cette Bibliothèque, le public est convié à 11h00 à découvrir «Murmures zoopoétiques», exposition conçue spécialement à cette occasion, offrant à voir des illustrations, photographies et sculptures s’inscrivant dans la thématique et racontant autrement, d’une vision artistique, la nature dans toute sa splendeur. L’expo comporte des œuvres des artistes de profils différents: Nesrine El Amine, Bader Klidi et Pol Guillard. Dans une démarche poétique, écologiquement engagée, le trio raconte le monde anima, s’interrogeant sur le rapport que maintient l’homme avec la nature. L’exposition est visible jusqu’au 28 juin 2025 dans le siège de l’Association des Amis du Belvédère (AAB). La clôture de cette première journée de présentation et de promotion de la Bibliothèque Verte sera sur des notes musicales avec la talentueuse Yasmine Trabelsi qui, armée de sa guitare, mènera le public dans un beau voyage entre ciel et terre, avec comme trait d’union ces vieilles arbres du Belvédère, témoins de tant d’histoires et d’événements.
I.A.
Editorial : Qui sème le vent…
Quand on a un bon culot, ça suffit, presque tout alors vous est permis, absolument tout, on a la majorité pour soi et c'est la majorité qui décrète de ce qui est fou et de ce qui ne l'est pas, écrivait Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline, dans son fameux ouvrage « Voyage au bout de la nuit ». Les dirigeants sionistes ont, justement, un culot de taille XXXL. Une impertinence indécente de type maniaco-dépressive à forte dose de Calimero, ce syndrome psychiatrique décrivant le comportement d’une personne qui se plaint constamment et se perçoit comme une victime. Parce que l’Iran, prétendent-ils, a bombardé délibérément un de leurs hôpitaux, ils sont dans tout leur état. Ils accusent Téhéran de crime de guerre et qualifient les dirigeants iraniens de tyrans maléfiques, disciples d’Hitler. Sacré nom d’une pipe ! Les pyromanes du Moyen-Orient qui sèment le fatras et la désolation partout où ils passent se disent persécutés. Ils ont déclenché les hostilités contre le pays des mollahs sous des prétextes fallacieux, mais ils jouent à fond la caisse de la victimisation.
A la lecture de ces déclarations, le moins qu’on puisse dire délirantes, toutes les personnes normalement constituées et qui sont au fait de la réalité ne peuvent s’empêcher de faire la moue et d’exprimer leur étonnement par un généreux rictus face à de telles insanités israéliennes. L’entité sioniste commet un effroyable génocide à Gaza. Elle massacre sans discernement femmes, enfants et vieillards par milliers. Son armée détruit sans aucun état d’âme les hôpitaux, les écoles, les crèches, les habitations et toute l’infrastructure dans l’enclave palestinienne sinistrée. Ses soldats tirent à vue sur tout ce qui bouge et prennent délibérément pour cibles les journalistes, le personnel des organisations humanitaires, les médecins, les infirmiers, les ambulanciers et même les civils palestiniens qui cherchent de l’aide humanitaire pour survivre dans cet enfer, au mépris total du droit international et en violation flagrante des conventions planétaires visant la protection des populations civiles en temps de guerre. Le comble c’est que malgré toutes les horreurs qu’ils ont commises, les sionistes ont l’audace de se plaindre et de déclarer qu’ils sont victimes de persécution.
Décidément, le toupet des dirigeants israéliens n’a pas de limite. C’est un mélange de perversion narcissique, fondé sur une sorte de suprémacisme politico-religieux qui place le « peuple élu » au rang de race aryenne sacrée. Tout acte hostile contre ce peuple, fût-il légal et amplement justifié, est considéré par conséquent par les apôtres de l’idéologie sioniste comme un sacrilège. Selon les disciples de cette idéologie raciste, Israël a donc le droit de tuer, de détruire les autres nations et compromettre l’avenir de leurs peuples, violer impunément la légalité internationale, massacrer les Palestiniens pour leur voler leur terre ancestrale, agresser et terroriser tous ses voisins, mais ces derniers ne doivent pas se défendre car ils commettraient un crime de « lèse-majesté ».
Qui sème le vent finit inévitablement par récolter la tempête. L’extrémiste Premier ministre sioniste Netanyahu et la clique de fanatiques de son gouvernement récoltent, en fait, aujourd’hui les fruits amers de leur haine morbide, leur arrogance effrontée, leurs ambitions faussement messianiques démesurées, leur mépris du droit international et leurs interminables crimes contre l’humanité. Aveuglés par leur vanité, ils se disent d’ailleurs qu’ils sont capables aujourd’hui de changer non pas seulement la face du Moyen-Orient mais celle du monde entier. Manque de pot pour eux, ils ont découvert qu’ils sont tombés sur un os dur en s’attaquant à l’Iran, un pays à la civilisation millénaire qui a largement contribué à l’enrichissement de la civilisation universelle. Quand les Perses scrutaient les étoiles pour en percer les mystères, les Européens se contentaient de les contempler pour y lire leur destin, disait d’ailleurs Montesquieu dans les Lettres persanes. Visiblement, le trublion Netanyahu n’a pas lu l’histoire et a commis une erreur grossière en sous-estimant l’ancienne Perse. Une erreur fatale qui lui vaut aujourd’hui bien des déboires venues du ciel sur le dos des missiles hypersoniques qui ont dévasté les plus grandes villes israéliennes et plongé les citoyens israéliens dans la peur et le désarroi. Habitués à la Dolce Vita à l’ombre d’un pouvoir tyrannique et sanguinaire, ces derniers gouttent à leur tour et pour la première fois aux innommables et indicibles souffrances endurées par les Palestiniens depuis voilà plus de 70 ans. L’arroseur est arrosé à son tour et le boomerang de l’injustice et de la mort retourne à l’envoyeur. La logique est implacable car le mal ne peut éternellement triompher. Netanyahu et ses acolytes de l’extrême droite sont tombés en fait dans leur propre piège et ont fini par découvrir à leurs dépens qu’il ne faut jamais tenter le diable et jouer avec le feu. Au risque non seulement de se brûler les doigts, mais de provoquer également un incendie planétaire aux conséquences potentiellement incalculables aussi bien au Moyen-Orient voire bien au-delà ....
C.B.
Guerre entre l’Iran et l’entité sioniste : Des scénarios cauchemardesques ou du bluff...?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La guerre entre l’Iran et l’entité sioniste est en passe de virer vers une guerre de clans, à savoir Israël et ses alliés contre la République islamique d’Iran, la Chine, le Pakistan et la Corée du nord. Se Dirigerons-nous vers un conflit généralisé ou finalement la diplomatie va l’emporter?
L’attaque de grande ampleur d’Israël contre l’Iran est une vraie guerre, appelée à durer long-temps ; elle va avoir des conséquences profondes et redoutables sur les rapports de force et la sécurité au Moyen-Orient. Il est encore trop tôt pour les identifier toutes, mais on peut en retenir trois : les premières ont trait au passé récent de la région, que la campagne israélienne prolonge dans deux dimensions; elle est une guerre préventive, dont la réussite finale est suspendue à un changement de régime à Téhéran; la dernière à l’enfermement d’Israël dans un destin guerrier. Les conclusions du site spécialisé Telos évoquent deux scénarios
il se peut que l’offensive aérienne israélienne provoque la confusion, le désarroi et la chute du régime iranien ; que lui succède un régime décent, qui renonce au nucléaire et choisisse, avec les Émirats et l’Arabie Saoudite, le partenariat avec Israël sous le patronage des États-Unis. Un Moyen-Orient transformé pourrait en résulter, qui rassemblerait les puissances contre les Frères musulmans et le terrorisme sunnite, principales sources de trouble dans la région de-puis 2001.
La deuxième possibilité serait que sa force de résistance, ayant été émoussée par l’efficacité des attaques israéliennes, l’Iran conclut un accord avec les États-Unis selon les lignes que ceux-ci vont proposer, à savoir l’arrêt de tout enrichissement sur le sol iranien, et que, dans la foulée, Trump impose rapidement un cessez-le-feu à Israël. Dans cette hypothèse, ce serait Trump le vrai vainqueur de cette guerre, qui se conclurait par un «deal», alors que Netanyahu, opposé à toute solution négociée avec le régime de Téhéran, serait frustré des fruits de sa victoire. Cela étant, l’Iran pourrait toujours compter sur ses alliés et à leur tête la Russie qui a profité de l’aide irakienne dans sa guerre contre l’Ukraine.
Flou et ambiguë...
Selon l’analyste politique Rafael Poch, plusieurs hypothèses se présentent à ce stade de la guerre, à savoir la Chine et la Russie vont-elles aider l’Iran d’autant que l’Iran a aidé la Russie en Ukraine ? Et d’ajouter: « Il est maintenant dans l’intérêt de la Russie que l’Occident diversifie son action militaire en dehors de l’Ukraine. La Russie entretient une relation ambiguë avec Israël, où vivent plus d’un million d’anciens citoyens de l’URSS. La Russie enverra-t-elle des batteries antiaériennes de pointe qui ont jusqu’à présent été refusées par le Kremlin et dont Moscou a besoin sur son propre terrain, d’autant plus face à la possibilité d’un deuxième front contre les pays de l’OTAN dans la Baltique et le nord de la Russie? Quant à la Chine, elle est le principal destinataire du pétrole iranien. L’Iran est un élément essentiel de la grande stratégie de la Chine d’intégration eurasienne de la Nouvelle Route de la Soie. Les trois pays ont signé des alliances. Vont-ils faire quelque chose ? S’ils ne le font pas, quel avenir alors pour leur alliance, à savoir l’Organisation de sécurité et de coopération de Shanghai et les BRICS? Interrogé à ce sujet, l’analyste politique, Dr Sahbi Khaldi, nous a confié: «On a assiste à un vrai jeu de poker. Il y a, en effet, beaucoup de bluff et celui qui va maîtriser la guerre médiatique va finalement avoir un pas d’avance sur son adversaire».
M.B.S.M.
« Point Doc 2025 » : Le cinéma, l’environnement et les frontières en débat
Par Imen Abderrahmani
La clôture de cette 3ème journée du « Point Doc 2025 » sera avec la projection du film « Casablanca » de Adriano Valerio. Film sur le pouvoir de l’amour et sur la souffrance des sans papier.
La nouvelle édition du « Point Doc » tire aujourd’hui à sa fin après deux journées bien rythmées de débats et où la question écologique et les possibilités de coopération ont été au cœur de plusieurs débats et de rencontres entre les professionnels.
Quelles sont les constructions et les déconstructions de l’image à l’ère contemporaine ? tel est le thème débat sur l’agenda de cette journée de clôture. Prévu entre 10h00 et 11h30, le débat qui sera modéré par Nahla Zid, sera marqué par les interventions de Mohamed Naceur Sardi, Nolwenn Tréhondart et Ahmed Shawky.
Jetant son ombre sur les productions cinématographiques et sur les possibilités de coopération, de programmation et même sur la mobilité des artistes, l’actualité politique et ces conflits et guerres qui déchirent le monde et également la non-stabilité politique que vivent de nombreux pays dans le monde sera le thème d’une 2ème rencontre annoncée, à partir de midi, toujours à la Cité de la culture. « Ondes de chocs géopolitiques : quel avenir pour le documentaire ? » tel est le thème de ce débat qui verra la participation du cinéaste tunisien engagé Ridha Tlili dont les films abordent la question de la marge et explore le quotidien de nombreux Tunisiens qui vivent dans des zones défavorisées et du l’écrivain et critique culturel spécialisé en cinéma, le Palestinien Saleem Elbik. Une master-class portant sur le documentaire et la prise de conscience est au menu de cette journée qui se clôture par « Casablanca » de Adriano Valerio.
Italie, l’amour impossible
Entre documentaire et fiction, ce film s’inscrit dans la continuité avec le film « Mon amour, mon ami », un court-métrage de 15mn, qui met en scène ces deux mêmes personnages Fouad et Daniela. « Casablanca » est ainsi la version développée de l’un des films marquants dans la filmographie de ce cinéaste italien.
Diplômé de Jurisprudence à l’Université nationale de Milan, avec une thèse « Crime d’état et outrage religieux dans le cinéma italien », Adriano Valerio qui s’est tourné vers le cinéma, poursuivant ses études à l’Ecole Internationale de Création Audiovisuelle et de Réalisation (EICAR) et collaborant avec plusieurs institutions a à son actif nombreuses consécrations. Il est lauréat du prix David David de Donatello (2014) et du Prix Spécial du Nastro d’Argento (2014), et également il a eu la Mention Spéciale au Festival de Cannes (2013) pour son court-métrage « Son court-métrage 37°4S ». Il a obtenu une Mention Spéciale au Festival de Venise (2016) pour son court-métrage Son dernier court-métrage « Agosto ». Son premier long-métrage Banat a été présenté à la Semaine de la Critique et au Festival de Venise (2016) et nominé aux David de Donatello en tant que Meilleur Réalisateur Émergent.
Pour « Casablanca », le réalisateur dresse une cartographie des visages et des cultures entre Fouad, immigré marocain, fils d’un imam d’un quartier populaire de Casablanca, en Italie depuis dix ans, sans papier, en attente d’une prise en charge médicale et Daniela, une ancienne toxicomane. Tombant amoureux l’un de l’autre, menant ensemble leur chemin, essayant chacun de sa part de panser les blessures de l’autre, cette histoire d’amour affronte aujourd’hui une grande épreuve. Encore sans papiers, malgré son mariage avec Daniela, Fouad se sent isolé, esseulé, ne cessant de poser la question : que doit-il faire ? Rester en Italie ou rentrer à Casablanca ?
Le film est à découvrir à partir à 19h00, toujours à la Cité de la culture. Un débat suivra la projection.
I.A.
« Leni Africo » de Marouane Labib primé au Festival international du film de Dakhla (Maroc)
Ecrit et réalisé par Marouane Labib, le court-métrage tunisien « Leni Africo » a remporté le Prix de la meilleure réalisation de la 13ème édition du Festival international du film de Dakhla (FIFD 14-20 juin 2025-Maroc).
Ce prix lui a été attribué, dans la compétition des courts-métrages, pour sa « vision cinématographique audacieuse, marquée par une grande maîtrise visuelle et émotionnelle », lit-on sur la page officielle du festival.
Les événements de « Leni Africo », premier film de Marouane Labib, se déroulent à Tripoli en 2013. Le film dont la durée est de trente minutes raconte l’histoire d’un prêtre étranger dont l’église a été détruite. Décidé à venir en aide à un groupe de migrants réfugiés dans une grotte au cœur du vaste désert libyen, il engage Omar, un passeur, pour les retrouver. Après quelque temps, l’un des migrants décide de quitter la grotte pour tenter de rejoindre Tripoli (synopsis)
Ce court-métrage réunit une pléiade d’acteurs chevronnés, à savoir, Mohammad Bakri (Palestine), Khaled Kouka (acteur tunisien basé en Espagne), Amadou Mbow (Sénégal) et Lobna Mlika (Tunisie).
Il est à rappeler que « Leni Africo » a remporté en 2024, le Grand prix « Golden Wihr » du meilleur court-métrage lors de la 12ème édition du Festival international d’Oran du film arabe.
Les quatre musées militaires ouverts demain gratuitement devant le public
Le ministère de la Défense nationale a annoncé, dans un communiqué, que les quatre musées militaires relevant de son autorité ouvriront gratuitement leurs portes au public ce dimanche 22 juin.
Cette décision intervient à l'occasion de la célébration du 69e anniversaire de la création de l'armée nationale, qui coïncide avec le 24 juin de chaque année.
L'initiative vise, selon le ministère, à encourager les citoyens, notamment les enfants et les jeunes, à découvrir les principales étapes de l'histoire militaire nationale à travers les collections de ces musées qui retracent le parcours du soldat tunisien, depuis l'époque carthaginoise jusqu'à l'ère moderne.
Les visiteurs pourront ainsi découvrir les richesses du Musée national militaire à La Manouba, qui conserve plus de 21 000 pièces historiques, parmi lesquelles figurent des équipements militaires, des armes et des uniformes issus de différentes périodes de l'histoire militaire glorieuse de la Tunisie.
Le public pourra également visiter le Musée de la ligne Mareth (gouvernorat de Gabès), situé sur la route de Médenine dans le sud tunisien.
Ce site témoigne des batailles de la Seconde Guerre mondiale sur le sol tunisien, notamment la bataille de Mareth, qui s'est déroulée dans la nuit du 20 au 21 mars 1943 entre l'armée britannique et les forces de l'Axe.
Quant aux visiteurs du Musée de la mémoire commune tuniso-algérienne à Ghardimaou (gouvernorat de Jendouba), ils auront accès à une riche collection d'archives, de photos et de cartes retraçant le soutien de la Tunisie à la révolution algérienne depuis son déclenchement.
Enfin, le Musée maritime de Bizerte permettra à ses visiteurs de découvrir l'histoire de la marine en Tunisie, à travers des maquettes d'unités et d'équipements navals.
Industries culturelles et créatives (ICC): Lancement officiel, demain, du TACIR’Lab Gabès
L’Association du Multimédia et de l’Audiovisuel (AMAVI), en collaboration avec l’association FOCUS Gabès, annonce le lancement officiel du TACIR’Lab Gabès, dans le cadre du programme TACIR. L’événement se tiendra demain, le dimanche 22 juin 2025 à 17h dans les locaux de l’association Focus, à Gabès.
Le programme TACIR s’inscrit dans une démarche de démocratisation de l’accès aux industries culturelles et créatives (ICC), de promotion des usages numériques, et de soutien à l’émergence de projets innovants portés par les jeunes dans les régions. Dans ce cadre, le TACIR’Lab Gabès a été conçu comme un espace d’expérimentation, de formation et d’accompagnement dédié aux jeunes créatifs de la région.
Cette journée inaugurale débutera par une allocution d’accueil prononcée par les représentant(e)s de l’association FOCUS Gabès, partenaire local du programme. Elle sera suivie d’une présentation de l’association et de ses initiatives culturelles. L’équipe de pilotage du programme TACIR prendra ensuite la parole pour présenter les différentes composantes du programme, avant de laisser place à un temps d’échange avec les jeunes de la région autour des enjeux liés aux ICC à Gabès. L’événement se conclura par l’inauguration officielle du laboratoire.
À l’occasion de ce lancement, une première activité de formation sera proposée aux jeunes : un atelier de vidéo mapping animé par Zouhour Saoud et Elyes Rebai. Cette formation marque le point de départ d’un cycle de rendez-vous créatifs et techniques destinés à renforcer les compétences des jeunes et à les accompagner dans la réalisation de leurs projets.
À travers le TACIR’Lab Gabès, l’association AMAVI et ses partenaires entendent encourager la participation active des jeunes dans la dynamique culturelle locale et leur offrir un environnement propice à l’innovation, à la création et à l’engagement.
Coupe du monde des clubs- groupe D : L'Espérance bat méritoirement Los Angeles ( 1-0)
Par Jamel Belhassen
Et ce n'était pas cher payé. Au prix d'une belle prestation, L'Espérance a pris le dessus sur Los Angeles et sa victoire aurait pu être plus large sans quelques ravages en attaque. Le penalty sauvé par Brn Said dans le temps additionnel a rendu justice à l'équipe.
Après que Flamengo eut assuré sa qualification aux huitièmes de finale en battant Chelsea par (3 à 1)quelques heures auparavant, L'Espérance a foulé le gazon du stade de Geodis Park à Nashville avec comme objectif premier: le rachat devant Los Angeles. Les Sang et Or entament bien les débats avec un ratage monstre de Blaili. Seul, l'Algérien voit son tir repoussé par Lloris ( 4e). Puis, Rodrigues , d'une reprise instantanée, tiré sur le poteau (10e). Mais, les Sang et Or, bien décidés, ne lâchent pas prise et cherchent encore la faille en multipliant les essais par Ben Ali, Konate et Mokwana. Derrière, la vigilance est de mise devant Giroud ou Long, qui guettent les opportunités. Après la pause, l'arbitre accorde un penalty pour Blaili avant de l'annuler après recours la VAR (50e). L'Espérance est encore menaçante mais s'expose aux contres des Américains. Sasse et Jabri entrent en jeu pour plus de mordant à l'attaque. Sasse rate le but de près ( 65e). Et c'est dans la logique des choses que Blaili ouvre le score après un bon travail d'approche de Ben Hamida (1-0) à la (70e). Nouvelle donne dans un match que L'Espérance se doit de gagner. Sur un contre de Blaili, Guennichi tire sur la transversale (79e). Et alors que L'EST allait vers une victoire, Los Angeles obtient un penalty à la (98e). Le tir de Bouanga est repoussé par Ben Said sauvant les points de la victoire, amplement mérités, du reste.
Formation de L'Espérance
Ben Said, Ben Ali, Ben Hamida, Toughai, Meriah, Ogbelu, Guennichi, Konate ( Derbali 75e), Mokwana ( Sasse 61e), Rodrigues ( Jabri 61e) et Blaili ( Jelassi 90e ).
Classement
1 Flamengo 6 pts
2 Esperance 3 pts
3 Chelsea 3 pts
4 Los Angeles 0 pt
J.B.
Tournoi de Berlin- 1/4 de finale -Vondrousova- Ons Jabeur (2-0) : Nouvelle désillusion pour la Tunisienne
Par Jamel Belhassen
Après avoir sorti aux huitièmes de finale la 5e mondiale, Jasmine Paolini, on croyait logiquement que la Tunisienne Ons Jabeur ne pouvait se permettre un échec face à la 164e , la Tchèque Marketa Vondrousova. Et pourtant l'inattendu arriva. Les débuts n'étaient pas favorables à Ons qui a mis du temps pour entrer dans le match. Plusieurs fautes directes ont compliqué sa tâche (1-3) puis (2-4) et (4-5). Le jeu est de plus en plus serré et Ons ne prend pas encore son envol. La Tchèque se permet quelques exploits techniques et s'adjuge le set (6-4) en 42 mn. Le second set a vu Vondrousova prendre les devants grâce à des coups droits imparables, menant jusqu'à ( 4-0) devant une Jabeur étrangement passive et incapable de retrouver son meilleur tennis face à la Tchèque, impressionnante de calme et de précision et qui remporte le second set ( 6-1). La différence de classe était évidente. Pour Ons Jabeur, l'eclair des huitièmes à laissé la place à la nuit aux quarts. Dommage.
J.B.
Coupe du monde des clubs : Un oncle Sam au juteux sésame…
Par Wahid SMAOUI
De la Pennsylvanie au Tennessee en termes d’Etats et de la Philadelphie à Nashville en termes de villes, tel est l’itinéraire que suivra l’EST pour les besoins de son deuxième match de poules. Et ce, à l’épreuve d’un LAFC à apprivoiser impérativement.
Après avoir ployé le plus logiquement du monde face aux Brésiliens de Flamengo, le représentant tunisien à cette 21e édition de la Coupe du monde des clubs est tenu impérativement de l’emporter pour sinon continuer à entretenir l’espoir d’une qualification aux 8es de finale, soit les matchs à élimination directe, du moins engranger de substantiels bonis, aussi bien au niveau du renom du club et par extension celui de la Tunisie, qu’au plan strictement pécuniaire, une victoire en phase de poules valant 6 mil-lions de nos dinars ou à un degré moindre, une parité rapportant 3 millions de dinars, outre les 30 mil-lions de dinars qui ont déjà royalement renfloué dans les caisses du club rien qu’au titre de la participation à cette joute planétaire. Cette empoignade face aux compatriotes de l’oncle Sam n’est en aucune façon à vendanger, s’assimilant à un véritable sésame, valant les gratifications les plus juteuses et les plus ragoûtantes. Cela dit, les Sang et Or ont eu à constater d’entrée de jeu le criant hiatus entre le niveau africain et le diapason mondial. Allusion à cette maestria technique des Brésiliens, leur collectif admirablement lubrifié, leur football brillantiné et même quand les solutions venaient à manquer, le possesseur du ballon use de son impressionnant potentiel technique pour «effacer» son ou ses vis-à-vis en un tournemain. C’est dire qu’à la clé de leur match d’ouverture, les «Vert et Blanc», les couleurs qu’ils ont arborées face aux Brésiliens et qui renvoient à celles qu’ils portaient à leur naissance en 1919, n’ont pas à rougir de cette défaite face à plus forts qu’eux mais, pour leur apparition de ce soir, ils n’ont pas droit à l’erreur face à Los Angeles Football Club, un adversaire à sa coupe au vu du niveau de mise dans la Major League Soccer (MLS), créée en 1993 mais qui n’a réellement démarré qu’en 1996. Un rival visiblement de la taille des Tunisiens au regard également de la prestation qu’il a fournie lors de la journée de départ soldée par une défaite (0-2) face à Chelsea tout aussi logique que celle des Sang et Or contre Flamengo, Britanniques et Brésiliens ayant pratiquement joué à l’économie.
S’enhardir franchement devant
Il est unanimement admis que dans ce genre de tournoi donnant à voir une phase de poules, chaque groupe étant composé de quatre équipes, donc trois matchs à disputer, le deuxième se prévaut toujours de la portée la plus décisive. D’où une obligation de résultat d’autant plus impérieuse que la pre-mière confrontation a été soldée par une défaite, un constat valant pour les deux équipes. Concernant le Onze tunisien, Kanzari est appelé à revoir sa copie, chaque match ayant sa vérité propre. Ainsi devrait-on voir des remaniements dans tous les compartiments du jeu comme à titre extrapolatif en défense où Bouchniba, un tantinet plus offensif que Ben Ali, serait titularisé sur le flanc droit, alors que Ben Saïd dans les bois, Ben Hamida sur le côté droit et la paire Meriah-Tougaï dans l’axe seront sans doute solides au poste. C’est bien la ligne médiane qui devrait tarabuster le plus le coach espérantiste. A ce sujet, si Ogbelu se réclame désormais du statut de titulaire en puissance, quelles que soient les données d’avant-match, Guennichi, connu beaucoup plus pour sa vocation défensive céderait sa place à Derbali, plus créatif et davantage tourné vers l’offensive. Par ailleurs, d’épais nuages ombreux entourent la titularisation des deux principaux animateurs offensifs, quatre noms se disputant deux places, à savoir Sasse et Jebali, qui ont débuté la partie face aux Brésiliens, et leurs suppléants en seconde période, Mokwana et Konate. Et quand bien même ces deux derniers auraient laissé de meilleures impressions, rien n’indique qu’ils feront partie du Onze de départ et c’est à Kanzari de mitonner l’assortiment le plus judicieux. Outre un autre achoppement à outrepasser, le poste d’avant de pointe à trancher entre Rodrigues et Jabri, le premier incarnant l’expérience mais dont le rendement est mitigé ces derniers temps, le second manquant certes de vécu au plus haut niveau mais pétant le feu et fringant de pugnacité. Sur un autre plan, le coach sang et or est appelé à trouver la panacée quant au meilleur moyen de tirer profit du potentiel de Blaïli sur qui repose l’essentiel des manœuvres offensives de l’équipe, une donne à lénifier au risque de voir le rendement offensif en grande partie garrotté pour peu que l’Algérien soit muselé. De surcroît, le rôle de principal exécutant de balles arrêtées est à revoir pour un profil de finisseur. Quoi qu’il en soit et quels que soient les noms de départ, il s’agit avant tout d’une question d’équilibre compartimental à concocter et d’un comportement de guerriers à honorer. Une victoire dans un cadre aussi enchanteur que la ville de Nashville, célèbre pour ses sites pittoresques et son surnom de «Music City», est d’autant plus à la portée que l’adversaire américain n’a été créé qu’il y a 11 ans (2014), n’ayant accédé en LMS qu’en 2018. Même si sa sainteté grisbi lui a fait rapidement gravir les marches de la notoriété…
W.S.
















