Le phosphate, moteur de la révolution des véhicules électriques : Le Maroc l’a fait, pourquoi pas la Tunisie?
Par Hassan GHEDIRI
Ressource précieuse mais dramatiquement sous-exploitée, le phosphate tunisien végète encore dans la production d’engrais et manque de tirer profit de la révolution qui s’appelle mobilité électrique.
Longtemps relégué au rang d’intrant agricole, le phosphate est aujourd’hui en train de devenir un composant stratégique dans la fabrication des batteries lithium-fer-phosphate (LFP), qui s’imposent comme le cœur battant de la prochaine génération de véhicules électriques.
Et pendant que la Tunisie reste figée dans un modèle industriel dépassé, le Maroc avance à pas de géant. Grâce à un investissement massif de 2,2 milliards de dollars, le groupe chinois CNGR Advanced Material, en partenariat avec l’Office Chérifien des Phosphates (OCP), a inauguré, avant-hier 26 juin, une méga-usine à Jorf Lasfar. L’objectif: produire à partir de 2027 jusqu’à 40 mille tonnes de matériaux actifs pour batteries LFP, transformant ainsi les ressources locales en un produit à très haute valeur ajoutée.
Cette orientation vers le LFP est un choix stratégique. Contrairement aux batteries lithium-ion classiques à base de nickel et de cobalt, deux métaux coûteux, instables et problématiques sur le plan éthique, les batteries LFP utilisent du fer et du phosphate, disponibles en abondance et à prix stables. Ce modèle séduit de plus en plus les constructeurs automobiles, notamment en Europe, qui cherchent à réduire leur dépendance aux chaînes d’approvisionnement asiatiques tout en sécurisant leur transition énergétique.
Des géants comme Renault ou Volkswagen commencent d’ailleurs de transformer radicalement leur stratégie batterie. Renault, via sa filiale Ampere, prévoit par exemple de produire des véhicules électriques plus abordables en s’orientant vers les batteries LFP dès 2026. De son côté, Volkswagen annonce des investissements dans le LFP pour ses futurs modèles d’entrée de gamme, tandis que le groupe Peugeot, Fiat, Opel envisage une production européenne de batteries LFP pour alimenter son vaste portefeuille de véhicules électriques.
Cette ruée sur le LFP est motivée par la baisse des coûts, une durée de vie plus longue et la sûreté. Des facteurs déterminants pour démocratiser les véhicules électriques.
C’est donc une grande opportunité pour la Tunisie pour redémarrer son industrie de phosphore. Son positionnement à deux heures de vol des grands hubs industriels européens fait d’elle un futur fournisseur potentiel du LFP nécessaire pour équiper le parc électrique des grands constructeurs automobiles. Mais plutôt que d’exporter une ressource brute à bas prix, la Tunisie devrait miser sur la transformation locale, attirer des investisseurs spécialisés et insérer son phosphate dans la chaîne de valeur des batteries LFP destinées aux voitures électriques européennes.
Cette proximité géographique est un atout qui promet une meilleure compétitivité dans ce domaine par rapport au Maroc. Dans un contexte où l’Union européenne est de plus en plus tentée par la relocalisation de ses filières stratégiques, la Tunisie se présente comme une destination idéale pour investir dans la LFP.
Mais encore faut-il que les décideurs prennent conscience de l’enjeu. La CPG (Compagnie des Phosphates de Gafsa) continue à être minée par la mauvaise gouvernance et accablée par ses infrastructures vétustes. Le phosphate tunisien, pourtant reconnu pour sa qualité, dort sous terre, pendant que d’autres bâtissent des écosystèmes entiers autour de cette matière première. Il est urgent de repenser le modèle, structurer une filière industrielle intégrée, créer des partenariats avec les acteurs internationaux du secteur batterie et transformer une richesse géologique en levier stratégique pour le pays. Le Maroc montre que c’est possible. La Tunisie peut aller encore plus loin, si elle décide enfin d’agir. Dans la course mondiale aux batteries, notre place ne doit pas être celle du spectateur, mais un véritable générateur.
H. G.
La Cartographie des politiques publiques du livre dans le monde arabe : Des constats et des recommandations
Les consignes du projet d’étude sur les politiques publiques du livre dans le monde arabe portent sur l’importance de réformer le cadre juridique en matière d’édition, promouvoir la liberté d’expression, consolider la culture de respect de la propriété intellectuelle ainsi que de lutter contre le piratage.
Le soutien aux éditeurs, – en particulier les éditeurs indépendants-, la traduction et l’édition électronique, la réalisation de statistiques officielles fiables et des études ainsi que le renforcement du dialogue entre les acteurs intervenants dans la mise en place de politiques dans le secteur du livre et de l’édition sont également au cœur des recommandations.
Dévoilée à la Cité de la Culture à Tunis, «la Cartographie des politiques publiques du livre dans le monde arabe » constitue un évènement majeur dans l’histoire du secteur du livre et de l’édition dans la région.
Trente maisons d’édition représentant 17 pays ainsi que des institutions publiques et des acteurs et professionnels du secteur du livre du monde arabe et de la francophonie prennent part au lancement de ce projet réalisé sur cinq ans.
Organisé du 23 au 27 juin, cet événement se tient à l’initiative de l’Alliance internationale de l’édition indépendante (AIEI), en partenariat notamment avec le ministère des Affaires culturelles, de l’ALECSO et de l’OIF.
L’Alliance internationale de l’édition indépendante est un collectif professionnel qui réunit plus de 980 maisons d’édition indépendantes présentes dans 60 pays dans le monde. Créée sous forme d’association en 2002, elle s’articule en 6 réseaux linguistiques (anglophone, arabophone, francophone, hispanophone, lusophone et persanophone) et en groupes thématiques. Les membres de l’Alliance sont des maisons d’édition et des collectifs d’éditeurs nationaux.
Contraintes dans la réalisation de la cartographie
La cartographie des politiques publiques du livre dans le monde arabe est présentée par Samar Haddad (Atlas Publishing, Syrie), coordinatrice de ce projet pour le monde arabe et du réseau arabophone de l’Alliance, ainsi que par Hani Altelfah, auteur de l’étude.
L’objectif de la cartographie consiste notamment à fournir des données sur les politiques publiques du livre dans les pays concernés, favoriser le dialogue et le échanges entre les éditeurs et les institutions et renforcer la circulation des livres et des idées. Une partie de cette étude a été consacrée au thème de la propriété intellectuelle en présentant un arsenal de lois locales, d’accords internationaux et des traités relatifs au sujet.
Cette étude de 130 pages fait référence au paradoxe entre les textes de loi et leur application dans la plupart des pays arabes, en particulier les lois relatives à la propriété intellectuelle, la lutte contre le piratage du livre numérique et imprimé ainsi que celles relatives aux droits du traducteur.
L’étude a révélé la faiblesse du système d’enseignement et de la formation professionnelle constitue l’une des grandes lacunes dans l’industrie du livre dans le monde arabe où elle n’est pas enseignée, le plus souvent.
L’éditrice syrienne Samar Haddad a présenté le contexte dans lequel a été réalisé ce projet d’étude entamé en 2017, à partir de la collecte de données via un formulaire en ligne, les bases de données en ligne et des entretiens avec des éditeurs et représentants des institutions publiques intervenantes dans le secteur du livre et de l’édition.
« Cette étude dont l’objectif était de collecter des informations relatives à 18 pays arabes, a permis de collecter des données relatives à 11 pays uniquement, a indiqué la coordinatrice du projet. Elle a expliqué des contraintes qui sont dues au manque de connaissances relatives au cadre juridique par les professionnels du secteur du livre et de l’édition, la divergence entre les lois et leur application aussi bien que le manque d’information sur les données relatives au secteur, en particulier les statistiques officielles ».
Absence de politiques publiques nationales
Son compatriote Hani Talfah, chercheur sur les médias, éditeur et auteur de l’étude a évoqué « le lien étroit entre les politiques publiques en région arabe en matière d’édition et la liberté d’expression, citant à cet effet la censure imposée à certaines institutions arabes, en particulier la censure d’ordre administratif, judiciaire et électronique aussi bien que l’autocensure ».
S’agissant de l’importance des politiques publiques dans le secteur du livre et de l’édition dans le monde arabe, le chercheur a évoqué « des politiques qui sont le plus souvent exclusivement élaborées par des organismes officiels et qui sont en même temps l’autorité définissant les politiques culturelles nationales ».
Il a souligné le cas de certains pays où « les politiques dans le secteur de l’édition sont quasi absentes alors que d’autres pays ne disposent même de politiques culturelles, citant à cet égard des pays comme le Yémen et le Soudan ».
Il ressort de cette étude que « les politiques d’édition concernent l’éditeur et les acteurs directs dans l’industrie du livre aussi bien que toute la chaîne du secteur du livre et de l’édition ».
Ce constat témoigne d’une faible implication des maisons d’édition et de la société civile dans l’élaboration des politiques publiques en matière d’édition et du livre. A cela s’ajoute, des contraintes en lien avec la non- conformité des procédures fiscales et juridiques en vigueur avec la spécificité du secteur, avec notamment la plainte des éditeurs de taux de TVA à l’importation du livre.
Le Quotidien avec TAP
Editorial : Une invulnérabilité dans un camp de nudisme…
Par Chokri Baccouche
Les dirigeants sionistes, qui pensaient dur comme fer que le Moyen-Orient était à leur merci, savent désormais à quoi s’en tenir. En s’attaquant à l’Iran, ils ont découvert que le mythe de l’invulnérabilité, sur lequel ils avaient fondé toute leur stratégie pour asservir les peuples de la région, n’était finalement qu’une illusion. La guerre de douze jours délibérément déclenchée contre le régime des mollahs sous des prétextes fallacieux a mis à nu, en effet, l’extrême vulnérabilité de l’entité sioniste qui s’est révélée finalement un tigre en papier. Passé le choc des premières heures après l’attaque israélienne, les Iraniens ont vite fait de prendre les choses en main, démontrant au passage une capacité de résilience remarquable en un laps de temps extrêmement court. Les hauts gradés des Gardiens de la révolution assassinés par les sicaires-espions à la solde d’Israël ont été remplacés illico sans que le moral du peuple et des troupes iraniennes ne soit entamé. Bien au contraire : la riposte de Téhéran ne s’est pas fait attendre et elle a été, en tout point, aussi efficace que douloureuse. Le premier enseignement qu’on peut tirer de cette guerre c’est que l’Iran a fait montre d’une incroyable avancée technologique, particulièrement dans le domaine des missiles balistiques dont l’apport a été, à bien des égards, déterminant quant à l’issue de ce conflit. C’est grâce justement à ces missiles d’une remarquable précision que l’Iran a pu préserver son intégrité territoriale et casser net l’élan expansionniste de l’entité sioniste. Bien plus, l’Iran, qui est sorti vainqueur de la confrontation qui lui a été imposée, a réussi à ramener Israël à sa juste dimension.
Qui veut aller loin doit ménager sa monture, dit-on. Pour paraphraser ce célèbre adage, on peut dire que pour survivre dans le monde actuel régi malheureusement par la loi de la jungle et la force, il ne faut ménager aucun effort pour protéger ses arrières et ses intérêts. Et à ce titre, il faut reconnaitre que les Iraniens n’ont pas chômé tout au long des dernières décennies. Le fait que les universités iraniennes « produisent » chaque année près de trois mille ingénieurs, toutes spécialités confondues, est révélateur du dynamisme de cette nation qui se savait menacée dans son existence et confrontée, depuis des années, à une menace imminente. Ces têtes bien faites, loin d’être négligées comme c’est le cas dans bien d’autres pays arabes pour des raisons qui échappent à la logique et au bon sens, ont travaillé d’arrache-pied, contribuant ainsi et dans une large mesure à cimenter l’édifice sécuritaire de leur pays et accroître son rayonnement à l’échelle internationale. Le développement spectaculaire des capacités militaires de l’Iran n’est donc pas le fruit d’un simple hasard. Il découle d’une stratégie à long terme, mûrement réfléchie et qui a révélé, très certainement, son efficacité et son bien-fondé.
L’issue de cette guerre, qui a tourné finalement à l’avantage de l’Iran - n’en déplaise au Premier ministre israélien qui crie sur tous les toits le contraire - a permis au pays des mollahs non seulement de rabattre le caquet de ses ennemis israéliens, mais de s’imposer également et surtout comme un acteur clef au Proche-Orient et une puissance militaire à ne pas négliger et sous-estimer. Dans la pratique, l’entité sioniste ne sera plus perçue logiquement comme un ogre qui dicte ses lois et ses desideratas par la terreur et le recours à tout va à la force. Cette nouvelle donne est annonciatrice d’un bouleversement majeur de l’équilibre des forces dans cette région du monde qui fait l’objet d’un enjeu géopolitique de la plus haute importance.
Grand perdant de ce conflit, Benjamin Netanyahu, l’homme par qui tous les heurts et malheurs du Moyen-Orient arrivent, sort encore plus amoindri. Il est désormais confronté à un magma de déboires. Sévèrement tancé par ses propres concitoyens qui le tiennent directement pour responsable du désastre causé par sa « guerre préventive » qui a généré d’énormes dégâts matériels et humains en Israël et forcé des milliers d’Israéliens à l’exil, il est plus que jamais isolé et dos au mur. Ce conflit injustifié n’était, en fin de compte, qu’une énième erreur commise par le va-t-en guerre Netanyahu qui récolte, aujourd’hui, les fruits de son extrémisme génocidaire et ses interminables dérives. Dans l’hypothétique espoir de tirer du pétrin Netanyahu, son complice dans tous les coups fourrés, le président américain, s’est fait ces derniers jours l’avocat du diable. Il réclame, en effet, pince sans rire, l’annulation du procès pour corruption intenté par la justice israélienne à son encontre qu’il a qualifié de «chasse aux sorcières». Le soutien apporté par Trump à son alter-ego sioniste n’est pas une surprise. En mai 2024, le locataire de la Maison Blanche était lui-même devenu le premier président élu des États-Unis condamné au pénal, dans une affaire des paiements cachés à une star de films X pour laquelle il avait été dispensé de peine en janvier dernier, juste avant son retour à la tête de l’Exécutif américain. Comme dans les autres affaires où il était poursuivi, il s’était présenté comme la victime d’une «chasse aux sorcières» orchestrée par ses adversaires politiques.
Chez les magouilleurs, les va-t-en guerre rapaces et les incorrigibles séditieux, la solidarité n’est pas un vain mot. Par cette initiative, Trump cherche à offrir une voix de sortie permettant à son cynique comparse de quitter définitivement la politique sans trop de bobo. Mais ce qui est plus que certain, c’est qu’il ne pourra rien pour éviter l’entrée de Netanyahu au Panthéon des plus grands criminels de guerre de l’histoire. Encore moins la perception dont se font de cet homme des millions de citoyens à travers la planète, à savoir l’incarnation personnifiée du mal dans toute son horreur et son indicible inhumanité…
C.B.
Journées cinématographique Méditerranéen de Chenini 2025: l’appel à films
La 20ème édition des Journées cinématographique Méditerranéen de Chenini (Gabès) « JCMC » vient d’annoncer le lancement d’un appel à films pour sa compétition officielle. La nouvelle édition aura lieu du 15 au 19 octobre 2025 avec comme thème « Le droit au futur ».
L’appel est destiné aux cinéastes des deux rives pour participer à la compétition officielle avec des œuvres qui interrogent l’avenir de l’humain et des sociétés.
« Nous recherchons des films qui parlent au lendemain, qui imaginent, anticipent, construisent ou alertent. Des films qui éclairent le droit des générations futures à un avenir vivable, à travers des thématiques comme : « L’environnement et les changements climatiques », « L’éducation et la connaissance », « La justice sociale » et « L’imaginaire comme outil de résistance et de transformation »… Nous vous invitons à proposer des courts-métrages, porteurs de visions critiques ou alternatives de l’avenir. Le cinéma est ici un espace pour imaginer ce qui n’est pas encore advenu, pour donner la parole à demain », précisent les organisateurs.
Il est à préciser que la date limite de soumission des films est le 15 août 2025.
Pour plus d’informations : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. Les candidats peuvent également visiter la page facebook du festival pour plus de détails.
Festival arabe de la radio et de la télévision : Quatre prix pour la Tunisie
La Tunisie a remporté quatre prix à la clôture de la 25ème édition du Festival arabe de la radio et de la télévision organisée du 23 au 26 juin 2025 par l’Union des radios et télévisions arabes (ASBU).
Le palmarès des compétitions, officielle et parallèle, a été dévoilé lors de la cérémonie de clôture qui s’est déroulée dans la soirée du jeudi au Théâtre de l'Opéra, à la Cité de la Culture Chedly Klibi-Tunis.
L’Etablissement de la télévision nationale tunisienne a remporté deux distinctions : le premier prix dans la catégorie « programmes de débat » pour l’émission « Iradat al-Hayat » (Volonté de vivre), ainsi que le deuxième prix dans la compétition « nouveaux médias » pour la production « La Tunisie et Malte, mémoire de la Méditerranée ».
L’Etablissement de la radio nationale tunisienne a décroché le premier prix dans la compétition principale de la radio dans le registre dramatique (inspiré de la littérature mondiale), pour la production « Les règles de l’amour… en quête de soi ».
La radio privée Diwan FM a, quant à elle, remporté le premier prix dans la catégorie des programmes sportifs (sport féminin), pour l'émission « Championnes d’or ».
Un total de 54 prix, récompensant des productions radiophoniques et télévisées dans les différentes catégories des compétitions, officielle et parallèle, ont été décernés à des productions représentant 15 pays : la Palestine, les Emirats arabes unis, le Qatar, la Chine, la Jordanie, le Sultanat d'Oman, l’Algérie, le Koweït, l’Arabie Saoudite, l’Irak, le Maroc, l’Egypte, le Soudan, le Liban et la Tunisie.
Une sélection 299 œuvres dont 145 œuvres radiophoniques et 154 œuvres télévisées ont participé à la 25ème édition du festival de l’ASBU ayant pour thème « L’espace de convergence et de créativité ». Dans la catégorie radio, 109 stations ont été en lice dans la compétition officielle et 36 dans la compétition parallèle. Dans la compétition TV, 107 chaînes ont été en course dans la compétition officielle et 47 dans la compétition parallèle.
Le tomber de rideau de la 25ème édition du festival a été marqué par un spectacle poético-musical singulier, fusionnant le classique et le contemporain. Intitulée « Le cheval et la nuit », la production signée par l'artiste Karim Thlibi et dirigée par le chef d’orchestre Raçem Dammak, a offert une ouverture puissante et poétique à ce célèbre vers « el Khaylou wa ellaylou wa elbaydaou taarifouni » (Les chevaux, la nuit… et le désert me connaissent) de l'illustre poète arabe Al-Moutanabbi, emportant l’auditoire dans une odyssée poétique et musicale à travers le temps.
Entre poèmes chantés, envolées lyriques et arrangements contemporains, le public a été entraîné dans une véritable traversée aux confins des langues et des sonorités. Une ode à l’identité arabe portée sur scène par des voix venues de Tunisie, de Syrie, du Liban, d’Irak, d’Algérie, du Maroc et d’Egypte, tissant une fresque sonore et visuelle d’une diversité envoûtante, où chaque artiste a livré son souffle, pour faire résonner en musique, une mémoire partagée.
Le Quotidien avec TAP
Festival international du film amateur de Kélibia (FIFAK) : Retenez bien la date : du 16 au 23 août 2025
La 38e édition du festival international du film amateur de Kélibia (FIFAK) aura lieu du 16 au 23 août prochain. Considérée comme la plus ancienne rencontre de jeunes cinéastes, associations tunisiennes de cinéma, étudiants en cinéma, professionnels et invités, outre un grand nombre de cinéphiles, cette manifestation est un haut lieu de découverte artistique et un passage important dans le parcours de nombreux cinéastes et techniciens. La manifestation a vu au fil de son histoire défiler de nombreux jeunes cinéastes devenus aujourd’hui des figures emblématiques de la création cinématographique nationale et internationale. Parmi les célébrités passées par le Fifak figurent notamment Nanni Moretti (Italie), Diego Risquez (Venezuela), Sheila Graber (Royaume-Uni), Ahmed Ben Kamila (Algérie), Salma Baccar, Férid Boughedir ou encore Ridha Béhi (Tunisie).
De nombreuses figures emblématiques ont été invitées au festival, dont le regretté réalisateur égyptien Youssef Chahine, le critique et cinéaste français Alain Bergala, les cinéastes palestiniens Michel Khleifi et Rashid Masharawi, le cinéaste burkinabé Gaston Kaboré, ou encore l’Argentin Pablo César.
Ouverture des inscriptions
Le nouveau rendez-vous portera l’emblème «Free Palestine» et il s’inscrit dans la continuité avec la précédente édition placée sous le signe « Save Gaza ».
Organisé par la Fédération tunisienne des cinéastes amateurs (FTCA), avec le soutien du ministère des Affaires culturelles, du Centre national du cinéma et de l’image (CNCI) et en collaboration avec la municipalité de Kélibia, le festival informe que les inscriptions seront clôturées le 15 juillet 2025 pour les participants étrangers et le 28 juillet pour les participants tunisiens.
La ville de Kélibia (Cap Bon) accueille chaque année des cinéastes amateurs et étudiants en cinéma pour présenter leurs dernières créations (principalement des courts-métrages), échanger leurs expériences avec leurs homologues internationaux et rencontrer des professionnels du secteur.
Outre les compétitions nationale et internationale (fiction, documentaire, animation et film expérimental), la programmation du festival comporte des séances spéciales dédiées à un pays ou à un cinéma invité, des films pour enfants (courts et longs-métrages), des ateliers animés par des spécialistes tunisiens et étrangers, des rencontres-débats et une compétition nationale de scénario et de photographie.
Editorial : Combler les failles électroniques… - Par Hassan GHEDIRI
La Tunisie se soumet, cette année, à l’évaluation de son dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et du financement du terrorisme (LBA/FT). Il s’agit d’un exercice d’évaluation (et de réévaluation) mené par le Groupe d’action financière du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (GAFIMOAN), organe régional du Groupe d’action financière (GAFI). Cet exercice qui obéit au principe de l’évaluation mutuelle débouchera sur un rapport élaboré par les Etats membres du GAFIMOAN dans lequel sera diagnostiqué le système tunisien de LBA/FT et seront identifiées les actions prioritaires qui devaient être engagées pour réparer les éventuels dysfonctionnements par rapport aux 40 recommandations du GAFI.
Plusieurs experts craignent toutefois que la Tunisie ait failli à un nombre d’engagements, malgré une forte volonté de se conformer aux standards. Nombreux sont d’ailleurs les experts qui croient que notre pays est menacé de retomber dans la liste grise du GAFI, voire la liste noire. Leur argument : une recrudescence des transactions en espèces dans l’économie tunisienne, et une prolifération incontrôlable du marché parallèle, où les devises circulent librement en dehors des circuits réglementés.
Au terme de la visite (presque en catimini) effectuée il y a quatre semaines à Tunis, par des experts du GAFI, des médias étrangers, citant des «sources fiables» ont considéré que les gendarmes de la criminalité financière internationale n’étaient pas satisfaits des efforts fournis par la Tunisie. Notre pas serait «soupçonné de ne pas faire assez d’efforts en matière de transparence des flux financiers ou de numérisation des données», avait par exemple souligné «Jeune Afrique» dans un article consacré au sujet publié début juin dans lequel l’auteur pense que la Tunisie pourrait réintégrer la liste des pays «sous surveillance», dont elle est sortie en 2019.
L’obligation de mieux détecter les transactions et activités suspectes et de combler les failles dont profitent les criminels pour blanchir le produit d’activités illicites ou financer des activités terroristes par l’intermédiaire du système financier.
La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme est traditionnellement gérée au niveau national. La digitalisation comme un choix stratégique est une condition sine qua non de développement, dans laquelle la Tunisie s’implique lentement mais sûrement, s’avère aujourd’hui un pilier fondamental dans le dispositif de LBA/FT. L’émergence de nouveaux défis liés à l’innovation technologique, comme les monnaies virtuelles ou les plateformes de financement participatif impose toutefois une nécessité grandissante de maîtriser de nouveaux outils de surveillance.
C’est donc au-delà des dysfonctionnements classiques (coordination interinstitutionnelle insuffisante, lenteur judiciaire, déficits de formation et de moyens) que se manifestent les urgences pour la Tunisie. Le grand défi c’est celui des mutations technologiques. La digitalisation est désormais un impératif. Elle constitue à la fois une opportunité pour renforcer la transparence, tracer les flux financiers, détecter les transactions suspectes, mais également un grand défi pare qu’elle ouvre la voie à de nouvelles vulnérabilités. Dans l’ère de l’IA et du tout numérique, les crimes financiers se transforment radicalement. La Tunisie qui tente d’enclencher sa transition vers une économie digitalisée ne doit pas laisser des failles électroniques par lesquelles peut s’infiltrer l’argent sale.
H.G.
Maisons de vacances par région : Tout ce qu’il faut savoir sur la disponibilité et les prix
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Alors que les séjours à l’hôtel sont de plus en plus chers, les Tunisiens optent depuis quelques années pour les maisons et les appartements pour passer leurs vacances d’été. Combien coûte justement le loyer de ces logements?
Vu que la demande est de plus en plus importante, les maisons et les appartements de vacances poussent comme des champignons et l’offre est variée. Les prix varient également selon les régions et l’emplacement. De fait, les sites spécialisés se sont multipliés pour atteindre aujourd’hui 50 plateformes alors que les pages sur les réseaux sociaux se comptent par centaines.
Même l’intelligence artificielle s’y est mise et on peut lire: « En Tunisie, le marché de la location de maisons de vacances est dynamique, avec une offre diversifiée et un nombre croissant de locations saisonnières. Les locations se concentrent principalement dans les zones touristiques comme Tunis, Hammamet, et les villes côtières. Les prix varient considérablement en fonction de la localisation, de la taille, et des équipements proposés (piscine, espace de travail, etc.) ».
Interrogé, de fait, à ce sujet, le spécialiste de la destination Tunisie en matière de logements particuliers, Anis Hlel, nous a confié: «La Tunisie est depuis quelques années très prisée notamment par les étrangers qui veulent tenter une nouvelle aventure en dehors des circuits classiques, à savoir les hôtels. Au fait, on vise particulièrement les villes côtières comme Sousse, Hammamet et l’Ile de Djerba. Les prix peuvent aller de 1500 à 2000 dinars la nuitée pour des villas avec piscine. Il faut savoir que les Tunisiens sont des clients importants et intelligents. Pour une villa pouvant héberger 10 personnes, la nuitée à 1500 dinars revient moins cher que l’hôtel. Alors, il faut cibler aussi cette clientèle qui constitue une part de marché intéressante».
A la mer comme à la mer...
Selon les données du site Airbnb, il y a environ 2 000 logements disponibles à la location à Tunis et ses banlieues, 3 000 à Sousse, 5 000 dans la région du Cap-bon et 350 à l’île de Djerba. Ces logements incluent des maisons adaptées aux familles, des locations avec piscine et des espaces de travail. Selon notre interlocuteur du jour, à savoir le spécialiste Anis hlel :» L’essor des plateformes de location en ligne a contribué à la croissance du marché. En résumé, le marché de la location de maisons de vacances en Tunisie est en expansion, offrant une variété d’options aux voyageurs, tout en étant influencé par les tendances touristiques et les préférences des visiteurs «.
Et d’ajouter : «Le marché local varie selon les clients. La majorité des Tunisiens optent toutefois pour les négociations directes avec les propriétaires. Les clients tunisiens préfèrent alors des villes comme Kelibia ou encore Sousse voire Tabarka et Hammamet. Certains loyers peuvent atteindre les 500 D la nuitée alors que la majorité des clients louent en semaine et là il faut compter 1000 D pour 7 jours. Pour les bourses plus modestes, les tarifs varient entre 80 DT et 150 DT pour les appartements, 180 DT et 290 DT pour les villas sans piscine, et 350 DT à 750 DT pour les maisons d’hôtes».
M.B.S.M.
«La nuit des idées» à l’Institut français de Tunisie (IFT) : Réfléchir le patrimoine autrement
Par Imen ABDERRAHMANI
Pour cette nouvelle édition de «La nuit des idées», prévue demain, comme toujours à l’IFT, quelques structures actives dans le patrimoine seront présentes à travers leurs créations et leurs projets innovants.
«Pouvoir agir», tel est le thème de ce nouveau rendez-vous dédié à l’échange, prônant la créativité au-delà des sentiers classiques, traditionnels. Rendez-vous annuel organisé par les Instituts français en France et sur les cinq continents, «La nuit des idées» est une sorte de plateforme permettant aux acteurs culturels, associatifs et académiques de débattre librement, dans la convivialité de certaines idées et initiatives «insolites», et de faire circuler non seulement des idées mais également des expériences et des savoirs.
La version tunisienne de ce rendez-vous prendra des couleurs et des notes artistiques avec le slogan «PouvoiART d’agir», illustrant «une conviction profonde : l’art et la culture sont des leviers puissants pour affirmer notre citoyenneté, libérer notre créativité, renforcer les mécanismes de solidarité qui nous unissent. Nombreux sont celles et ceux qui contribuent à cet élan. Engagée et résiliente, leur action mérite d’être mise en lumière: elle est un moteur du «vivre ensemble», du rêve, de la transformation».
Intéressant, intelligent et également amusant, le programme de cette année fuit les sentiers battus et le déjà-vu et écouté, présentant des structures et des modalités différentes ayant une vision culturelle aussi spécifique.
Des performances artistiques, des expositions, des ateliers, des concerts et des débats rythmeront cette nuit spéciale de juin à l’IFT et dont le coup d’envoi sera donné par l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen à 17h00.
« Chute » est le 1er spectacle au programme de cette nuit. Produite par l’association Hypodiaritus de théâtre et du Piccolo Teatro di Bizerta, deux structures culturelles actives à Bizerte, cette performance artistique réunit une pléiade d’artistes chevronnés qui ont choisi de raconter autrement et artistiquement leur quotidien.
Le programme de cette nuit comportera une série de rencontres-débats avec des associations qui œuvrent pour une meilleure citoyenneté à travers la culture, sur le premier livre de la collection «Dis maman, dis papa», intitulé «Le consentement», sur la nouvelle génération du cinéma engagé… et un atelier de découverte du patrimoine tunisien en réalité virtuelle. Deux expériences seront ainsi présentées : «Takrouna, mémoire amazighe» avec l’association «Innovative Citizenship» et «Neapolis-x Academy» (Nabeul) avec CREATEC.
Expériences innovantes
Les artisans du Centre culturel de Djebel de Semmama seront bel et bien présents à ce rendez-vous qui s’inscrit au cœur du programme et des objectifs de création de cette structure. Une exposition des créations de ce centre dédié aux métiers de l’artisanat de djebel ponctue cette nuit d’idées. Les visiteurs pourront ainsi apprécier des tableaux de Khaled Khayati, Oumaïma Boularès et Marwa Gdima, des sculptures de Yamen Ebdelli, des poupées de Zineb Ben Ahmed… Créées de Halfa, de la céramique et du métal récupéré. Un texte racontant la saga de djebel signé par Adnen Helali, la tête pensante du Centre, accompagne cette exposition qui sera rehaussée par un atelier de démonstration et initiation du tissage de la halfa, assuré par quatre artisanes de djebel, à savoir : Imen Missaoui, Zineb Ben Ahmed, Khadija Omri et Ounissa Helali. Un spectacle musical réunissant les musiciens de Djebel avec d’autres espagnols rythmera ce rendez-vous.
Des fragments du patrimoine soufi de Sfax et également du patrimoine musical du sud seront présentés à l’occasion, mettant des notes spirituelles sur cette « Nuit d’idées ».
I.A.
Coupe du monde des clubs : Bilan sportif et financier de l'EST : résultats logiques, gains financiers fabuleux
Par Jamel Belhassen
L'aventure des Sang et Or dans cette coupe du monde des clubs dans sa nouvelle version s'est arrêtée en toute logique au stade du premier tour avec deux défaites devant deux grands clubs , Flamengo et Chelsea et une victoire face à Los Angeles. Les responsables esperantistes qui ont décidé de ne pas se renforcer avant le déplacement aux États-Unis avaient bien raison car il fallait compter sur le même effectif qui a permis à l'équipe de faire partie de l'élite mondiale. Mais, si l'équipe n'a pu faire mieux sur le plan sportif, elle a réalisé par contre une participation lucrative en empochant pas moins de 11 millions de dollars, l'équivalent de 34 millions de dinars. Une somme inédite dans l'histoire du foot tunisien. Et ce n'est pas tout. L'Espérance a réussi à travers la ferveur des supporters à installer une ambiance festive à New-York, Philadelphie ou Nashville, présentant une image éclatante du doyen de nos clubs. Voilà qui est de nature à ouvrir une nouvelle ère dans la vie du champion de Tunisie au niveau de l'infrastructure et de la valeur de l'effectif avec des recrutements de haut niveau. Autrement dit, la participation des Sang et Or à cette joute mondiale est à marquer d'une pierre blanche. Elle a permis aussi à toutes les composantes de notre football de mesurer l'écart qui sépare le niveau de nos clubs de celui des grosses écuries brésiliennes, anglaises, espagnoles ou allemandes. A méditer.
J.B.
Le C.A reprend les entraînements : sept joueurs hors liste
Après l'assemblée générale élective de samedi dernier, le Club Africain a repris les entraînements, cet après-midi, sous la conduite de Mohamed Sahli, le nouveau coach des seniors. La reprise a enregistré l'absence de sept joueurs qui sont en fin de contrat et qui n'ont pas été retenus pour la nouvelle saison. Il s'agit des Moez Hassan, Ahmed Khalil, Hamdi Labidi, Srarfi, Rami Bedoui, Laajimi et Adam Garreb alors que le contrat de l'Algérien Klalech ne sera pas racheté par le CA. Et c'est bien Mohamed Sahli qui a décidé de se passer de leurs services.
J.B.
EST-Chelsea : 0-3 : La réponse du berger à la bergère…
Par Wahid SMAOUI
En se colletant avec le grand Chelsea, l’EST nourrissait d’autant plus légitimement l’espoir de réaliser un haut fait que la gageure était circonscrite à 90’ de jeu seulement. Mais la réponse des Londoniens a mis ostensiblement à nu la tranchée multidimensionnelle.
Que ce dernier match de poule s’appréhende comme l’évasure menant aux 8es de finale ne relevait pas tant du suprasensible. Mais qu’il s’éprouve face à une aussi pyramidale pointure, voilà qui procédait de l’astronomique et qui conférait à l’entreprise espérantiste des contours oniriques. Et la vérité du terrain de le corroborer dans toute sa dimension marmoréenne, comme l’explicitent les statistiques et leur glaciale éloquence : possession de la balle (25%/75%), tirs (3/16), tirs cadrés (0/7), passes (235/683), corners (1/4)… C’est dire que le hiatus de mise s’est vérifié dans tous les registres du jeu, technique, physique, mental… A ce propos, les Sang et Or auraient pu s’offrir un tout autre canevas d’avant-match, de nature à lénifier un tant soit peu la tendance générale, devant s’en mordre les doigts pour n’avoir pas infligé aux Américains de Los Angeles FC, une équipe quelconque en dernier ressort, truffée plutôt de quadragénaires à l’instar des Lloris et autres Giroud, une déculottée à leur portée. Auquel cas, les Tunisiens, main dans la main au classement avec les « Pensioners », les auraient dépassés au goal-différence, et se seraient contentés d’une parité. Antinomiquement aux Anglais qui, obligation de résultat oblige, auraient pâti d’une certaine pression inhibitrice et se seraient enhardis davantage devant, se risquant, ce faisant, à concéder plus d’espaces dont raffolent les Espérantistes. Prêchi-prêcha que tout cela ? Cela en a tout à fait l’air, les Blues ayant administré une bien placide leçon de pragmatisme et de professionnalisme, nonobstant toutes données de départ, dans la gestion de tous les moments, faibles (y en a-t-il eu à leur passif ?) ou forts d’un match ayant tourné au final à un non-match. Comme justement les fameux temps additionnels et leurs retombées aussi cruelles que «mortelles».
Béants écarts de standards!
D’aucuns déplorent que l’EST n’ait ployé que dans les temps additionnels des première et seconde périodes, tenant « illusoirement » la dragée haute à son illustre antagoniste. Il ne s’agit surtout pas de se leurrer, attendu qu’il n’y a pas plus aisé en football que de prôner la défensive à outrance, une option qui finit toutefois par être ruineuse, si elle s’assimile à une fin en soi et non à une stratégie dictée certes par les moyens de bord mais préconisant le jeu en transition et le redéploiement offensif subséquents à un monumental travail de récupération. Or, comme le trahissent impassiblement les chiffres, on n’a rien vu de tel, même en termes de velléités. Ayant réalisé dès les premiers échanges que l’adversaire était loin d’être grand capitaine, les Britishs ont mis sereinement le siège dans la moitié de terrain espérantiste, s’adonnant à un flegmatique jeu de patience et d’insistance. Jusqu’à ce fameux temps additionnel au cours duquel un grand pan de différence de culture footballistique s’est donné à voir. Et « badaboum », coup sur coup deux buts des Blues ayant illustré l’inentamable présence d’esprit des uns et la répréhensible crédulité des autres. Même si sur le premier but, une balle arrêtée, les Tunisiens ont eu le temps de s’organiser mais la supériorité dans le duel aérien d’Adarabioyo au détriment de Tougai a fait la différence. Alors que la notoire prééminence technique de Delap sur le deuxième but, traduite par un dribble ayant mis Meriah dans le vent, a dit éloquemment son mot. La suite, on la connaît, à savoir une mainmise totale des Londoniens qui se sont contentés de gérer à leur guise le match, se ménageant en prévision de leur âpre belligérance contre les Portugais de Benfica en 8e de finale, manquant d’alourdir la note sans le brio de Ben Saïd, dont le seul bémol tout au long des trois matchs qu’il a fournis a trait au troisième but concédé. Qu’aurait été le rendement de l’EST si Blaili, son attaquant vedette, avait été de la partie ? Objectivement parlant, la physionomie du match n’aurait pas été trop dissemblable, rien qu’au vu de la nette supériorité physique des Anglais, intraitables dans les duels, un registre dans lequel l’Algérien n’aurait pu soutenir la comparaison et qu’il aurait édulcoré par quelques gestes techniques qui auraient pu indisposer l’arrière-garde angliche, sans plus. L’impression dominante chez les supporters qui, soit dit en passant, ont volé à l’occasion la vedette à leurs favoris, le match ayant beaucoup plus valu par le flamboyant spectacle qu’ils ont offert au monde entier, que par la prestation des joueurs, du moins pour le compte de cette dernière sortie, est que le Fennec les a une nouvelle fois trahis. Récidiviste impénitent, désespérément inéducable, l’Algérien s’est non seulement auto-flagellé mais a également brimé et frustré aussi bien son équipe que le large public espérantiste. Cela dit, il est bien entendu des plus sensés de positiver la participation de l’EST à ce Mondial des clubs, à condition d’apprendre de ce côtoiement du haut niveau et d’arrêter de se confondre en discours louangeurs quant au credo cher à Pierre de Coubertin, relatif à la participation pour la participation. Car prendre part à une coupe du monde dans sa nouvelle version n’a plus rien d’un exploit au vu du nombre élevé des équipes conviées et du déséquilibre de mise entre la plupart d’entre elles. Et on retrouvera sûrement les Sang et Or à pareille fête en 2029, 2033, 2037… Il suffit d’être champion à l’échelle nationale, un couronnement érigé en « tradition bien établie » en Tunisie pour les Espérantistes pour que tout s’enchaîne, entendons les tours les plus avancés en Ligue des champions africaine, désormais domestiqués. Si seule la gratification financière, certes irréductiblement appréciable, mais ne devant aucunement s’assimiler à une sacro-sainte finalité, est prise en compte, on peut dire adieu à jamais au saut qualitatif, footballistiquement parlant, après lequel les Tunisiens languissent tant. A l’ouvrage!
W.S.
Locations de vacances-été 2025 : Les TRE contribuent à une envolée spectaculaire des prix
Par Hassan GHEDIRI
En attendant d’en finir avec les examens, les bulletins et les orientations pour les futurs bacheliers, beaucoup de familles tunisiennes ont déjà les yeux rivés sur le marché de location estivale…
La pluie, la fraîcheur et la grisaille qui ont bouleversé la météo, avant-hier dans le nord du pays, n’étaient qu’une courte saute d’humeur de Dame Nature qui ne risque certainement pas de retarder l’heure de l’été. D’ailleurs, l’effervescence commence d’ores et déjà de monter dans les secteurs prisés pendant l’été. La plateforme immobilière en ligne Mubawab, qui vient de dévoiler son guide de location estivale de 2025, a pu identifier les régions qui seront particulièrement convoitées par les vacanciers mais aussi d’estimer l’évolution des prix dans un marché de location qui semble profondément influencé par l’affluence des Tunisiens résidant à l’étranger.
Mubawab, qui passe au peigne fin plus de 42 mille offres de vente et de location, dresse son nouveau guide qui reflète un appétit fort et toujours croissant pour la location estivale qui confirme l’expansion du marché de l’hébergement alternatif en Tunisie. La tendance confirme l’attraction des zones traditionnellement prisées par les vacanciers tunisiens et étrangers et qui permet déjà d’affirmer que les villes balnéaires vont vivre un été 2025 très animé.
Accaparant environ 70% des demandes de location émanant des vacanciers locaux, le Cap-Bon demeure la destination incontournable et indétrônable en matière de location de courte durée pendant l’été. Dans cette région, Hammamet-Nord draine, à elle seule, une part considérable des recherches sur la plateforme Mubawab, avec une préférence affichée pour les appartements. Cette station balnéaire est directement concurrencée par la ville de Kélibia, autre destination très convoitée pour ses plages paradisiaques.
D’après le baromètre, ce sont, par ailleurs, les appartements S+1 et S+2 qui dominent l’offre dans la majorité des régions et ce notamment en raison des prix jugés plus adaptés au budget et aux préférences des jeunes couples, des petites familles et des groupes d’amis. Dans ce segment, les loyers se situent autour de 135 dinars pour un S+1 pour osciller entre 260 et 375 dinars la nuitée dans un S+2 selon le standing de l’appartement et sa proximité de la mer dans la plupart des régions du Cap-Bon.
Pour ceux parmi les vacanciers qui préfèrent les villas, ils sont très nombreux à chercher celles équipées d’une piscine privée. Une commodité devenue indispensable pour une large partie des vacanciers appartenant à la diaspora qui cherchent à la fois intimité, confort et proximité avec la mer. L’engouement pour ce type de location enflamme la location de courte durée à Hammamet où le prix d’une villa avec piscine peut atteindre 1 500 dinars la nuitée, et dépasser ce seuil durant le mois d’août. À El Kantaoui, des villas de très haut standing affichent même à 1 750 dinars… la nuitée. Dans la région du Sahel, c’est dans des villes comme Monastir ou Mahdia que les prix restent beaucoup plus abordables, notamment pour les appartements S+1 proposés, pour l’été 2025, à partir de 170 dinars la nuit.
Un peu plus loin au sud, c’est sans surprise sur l’île de Djerba où afflue le plus grand nombre de vacanciers en quête d’expériences typiques. L’île des rêves occupe la troisième place en termes de location estivale avec plus de 11% des demandes, toujours selon le baromètre de la plateforme immobilière. C’est dans la zone touristique que se con-centre plus de 60% de la demande avec une préférence marquée pour les villas avec piscine qui s’y louent autour de 620 dinars la nuit, un prix qui peut être doublé pour les propriétés plus luxueuses et mieux desservies. Midoun se montre plus abordable, et offre une bonne alternative pour les vacanciers au budget plus modéré.
Grosso-modo, le guide de location estivale de 2025, édité par la plateforme Mubawab, permet de constater le rôle que joue la diaspora dans l’évolution d’hébergement de vacances. Les Tunisiens résidant à l’étranger, en particulier ceux établis en France, en Algérie et dans les pays du Golfe représentent désormais une part importante de la de-mande étrangère. Bénéficiant d’un taux de changes très avantageux, cette clientèle (à côté des Algériens) est plus disposée à payer pour le confort et la proximité de la mer dans les villes balnéaires particulièrement prisées pendant l’été, contribuant à l’envolée spectaculaire des prix.
H.G.
Coupe du monde des clubs -Espérance- Chelsea (0-3 ) : Supériorité manifeste des Blues
Par Jamel Belhassen
Face aux Britishes, les Sang et Or ont payé cher leur mutisme en attaque et la déconcentration à la fin de la première période devant des Anglais aguerris et efficaces. Kanzari a choisi la titularisation de Konate , Jabri et Mokwana en l'absence de Blaili, suspendu. Les débuts sont équilibrés avec deux corners pour les Blues et deux contres mal ponctué pour les Tunisiens. A la (20e), Meriah sauve le but après une tête de Delap. Devant, Sasse et Mokwana se donnent à fond pour créer le danger. La possession de la balle est plutôt anglaise, mais la défense de l'Espérance tient le coup. Enzo voit son tir rater le cadre ( 45e). Et c'est dans le temps additionnel que Chelsea marque coup sur coup deux buts par Tosin puis par Delap au milieu d'une défense quelque peu perdue ( 2-0) à la (45+3e). Une déconcentration payée cash. Après la pause, le rythme baisse sensiblement suite aux différents changements. Chelsea gère tranquillement son avance. L'animation offensive de l'Espérance est encore cahotante . Quelques tentatives sans conviction de Konate ou Rodrigues n'inquiètent nullement la défense anglaise. Et encore une fois dans le temps additionnel , Ben Said encaisse un troisième but sur un tir de Tyrique George ( 90+7e).L'Espérance quitte la scène après deux défaites logiques contre Flamengo et Chelsea et une victoire méritée devant Los Angeles.
Formation de l'Espérance
Ben Said, Ben Ali, Ben Hamida, Toughai, Meriah, Ogbelu, Guennichi ( Bouchniba 72e), Konate, Sasse ( Jebali 83e), Jabri( Rodrigues 57e) et Mokwana ( Derbali 46e).
Groupe D- classement
1) Flamengo 7 points
2) Chelsea 6 points
3) Espérance 3 points
4) Los Angeles 1 point
J.B.
La facturation électronique obligatoire dès le 1er juillet 2025 : Mission : récupérer 6,5 milliards de dinars qui échappent aux caisses de l’État
Par Hassan GHEDIRI
L’essentiel de la fraude fiscale s’effectue en Tunisie à travers de fausses factures. D’ailleurs, tous les experts-comptables pensent que la vraie fraude fiscale est la TVA...
Dans le monde de l’économie en Tunisie, toutes les discussions devraient tourner ces derniers jours autour de la TVA et du fisc. Car, à compter du 1er juillet 2025, prendra effet la nouvelle disposition de la Loi de finances 2025 relative à la facturation électronique. Il s’agit d’une réforme majeure, inscrite dans le programme de digitalisation du système fiscal tunisien, et visant à lutter contre la fraude et à garantir une meilleure traçabilité des transactions commerciales.
Face à la prolifération de la fraude fiscale, les autorités fiscales du monde entier adoptent de plus en plus la facturation électronique comme mesure stratégique pour combattre ce fléau, qui représente un manque à gagner incalculable pour leurs économies. De nombreux pays mettent ainsi en œuvre des modèles de contrôle continu des transactions, permettant un traitement et une vérification en temps réel ou quasi réel. C’est le cas notamment de l’Union européenne à travers le projet «TVA à l’ère numérique», qui vise à dématérialiser totalement le système de taxe sur la valeur ajoutée. Rien qu’en 2024, la fraude à la TVA dans l’UE a été estimée à 89 milliards d’euros.
La Tunisie, elle, s’est engagée dans cette voie depuis 2016, en reconnaissant pour la première fois à la facture électronique la même valeur légale et fiscale qu’une facture papier. La loi de finances 2025 vient donc consolider cette orientation en rendant la facturation électronique obligatoire à partir du 1er juillet 2025 pour plusieurs secteurs, notamment ceux jugés à haut risque en matière de dissimulation fiscale.
Un manque à gagner colossal
D’après les chiffres officiels, le PIB de la Tunisie en 2024 a été de 180 milliards de dinars (MD). Pourtant, les recettes fiscales provenant de la TVA, qui est l’un des principaux piliers du système fiscal tunisien, n’ont atteint que 7,1 MD, alors qu’elles auraient dû rapporter beaucoup plus. En se référant à une estimation réalisée en 2015 par La Revue comptable et financière (une publication spécialisée dans les domaines de la comptabilité et de la finance en Tunisie), l’écart entre la TVA théorique et la TVA effectivement encaissée permet de mesurer la fraude réelle. Ainsi pour l’année 2024, et en tenant compte des exportations (63 MD), des importations (88 MD), des investissements déductibles (15 MD) et de la part du PIB exonérée (estimée à 30 %), la base taxable avoisinerait les 136 MD
En appliquant le taux moyen de TVA de 13%, la recette théorique nette aurait, donc, dû être de 13,64 MD. Cela laisse apparaître un manque à gagner de 6,54 milliards de dinars, soit près de 48% de la TVA théoriquement due. Ce taux de fraude est trois fois supérieur à la moyenne européenne, et reflète l’ampleur du recours aux ventes sans factures, aux fausses déclarations, ou encore à la sous-déclaration du chiffre d’affaires. Il traduit également le poids écrasant de l’économie informelle, qui représente plus de 40% de l’activité économique du pays, selon certains experts.
En rendant la facturation électronique obligatoire, l’État tunisien adopte une mesure décisive susceptible de réduire la fraude, d’élargir l’assiette fiscale réelle et de rééquilibrer la charge entre contribuables honnêtes et fraudeurs.
Mais pour que cette réforme porte ses fruits, elle devra s’accompagner de moyens techniques et humains suffisants, À l’heure où le pays cherche à redynamiser l’investissement et à consolider ses finances publiques sans alourdir davantage la pression fiscale, la lutte contre la fraude à la TVA constitue une piste très prometteuse. Et l’obligation de facturation électronique, si elle est bien appliquée, marquera une étape décisive dans l’instauration de la justice fiscale.
H.G.
















