Ouverture, ce soir, des Journées Cinématographiques de Carthage: Au-delà du divertissement, le cinéma une prise de position
Par Imen Abderrahmani
Avec une sélection dense de documentaires et de fictions venus des quatre coins du monde, les Journées cinématographiques de Carthage (JCC) promettent aux cinéphiles des moments inoubliablesoù chaque film explore à sa manière les strates de la mémoire individuelle et collective.
Pour cette 36ᵉ édition, le comité d’organisation, présidé par Tarek Ben Chaabane, a choisi de revenir aux racines et de raviver l’héritage des fondateurs. Fidèles à leur identité, les JCC réaffirment leur engagement envers les causes justes et le cinéma d’auteur. Loin des paillettes, le festival demeure avant tout une idée, un esprit : un regard tourné vers la Palestine qui continue à saigner, vers le Soudan meurtri par la guerre, vers un monde en plein chaos. Mais il reste aussi une lueur d’espoir dans la nuit…
Le rideau se lève, ce soir, sur cette nouvelle édition qui porte les espoirs non seulement des organisateurs mais aussi des cinéphiles (public et professionnels). Une importante sélection de films de haute qualité rythme l’édition qu’il s’agit des sections officielles compétitives ou également d’autres sections (panorama du cinéma tunisien, hommages, focus…).
Pour ce soir, outre la cérémonie officielle d’annonce de démarrage de l’édition et qui dont l’une de ses parties sera une plongée dans l’univers fabuleux de ZiadRahbani, disparu le 26 juillet 2025 à l’âge de 69 ans, le public découvrira « Palestine 36 », un film qui ne cesse de faire parler de lui, depuis sa sortie.
Long-métrage de fiction de 120 mn, le film porte la signature de la scénariste et réalisatrice palestinienne AnnemarieJaciret il réunit une distribution internationale : l’acteur oscarisé Jeremy Irons, la star de « Game of Thrones » Liam Cunningham, l’acteur tunisien Dhafer L’Abidine, ainsi que les talents palestiniens HiamAbbass, Yasmine Al-Massri, Kamel El Basha et Saleh Bakri. Le film revient sur la révolte des agriculteurs en 1936 contre la domination coloniale britannique, mettant en lumière des événements décisifs dans l’histoire de la Palestine et dans sa lutte pour la liberté.
Le film sera projeté également le 14 décembre au Cinémadart-Carthage et à la salle « Le 4ème art », le jeudi 18 décembre. Il sera également à l’affiche de la maison de la culture Sidi Bouali (Sousse) et à la maison de la culture Slimane (Nabeul) et au Complexe culturel Ibn Mandhour à Gafsa et ce dans le cadre de la section « JCC dans les régions ».
La mémoire dépoussiérée
Outre l’hommage rendu au cinéaste et homme de théâtre FadhelJaziri (1948-2025) et Claudia Cardinalefigure légendaire du monde du cinéma, née à Tunis et dont la carrière a traversé six décennies, les JCC mettront en avant la carrière de deux figures de proue cinéma africain, deux artistes qui ont marqué de leurs empreintes, avec leurs œuvres, l’histoire du cinéma africain. Ainsi, le centenaire de la naissance de Paulin SoumanouVieyra (1925-1987), réalisateur béninois de naissance et sénégalais d’adoption, ne passera pas sous silence aux JCC. Une exposition documentaire et une projection d’un bouquet de ses films marquants rythmeront cette 36ème édition. Considéré comme le précurseur du cinéma africain, Vieyra sera raconté aux nouvelles générations de cinéastes africains à travers trois œuvres cultes « C’était il y a 4 ans » (1954), « En résidence surveillée » (1981) et « Vieyra, le précurseur innovant » (2025). Dans ce même ordre d’idée, par reconnaissance au rôle majeur qu’il a joué, les JCC célébreront une autre voix majeure du cinéma africain, le cinéaste malien Souleymane Cissé (1940-2025), considéré comme l’un des pères du cinéma africain. Artiste hors-pair, auteur d’une quinzaine de films, il a été primé à deux reprises aux JCC. La première fois avec son film « Baara » (le travail) qui lui a valu, en 1978, le Tanit d’argent. Alors que la 2ème fois, a été avec « Finyé » (le vent), lauréat en 1982 du Tanit d’or.
Cet hommage rendu à cette figure emblématique du cinéma africain sera marqué par la projection de trois de ses œuvres majeures, à savoir, « Den Muso » (1975), considéré comme le premier long-métrage de fiction malien, « Finyè » (1982) et « Yeelen » (1987), récompensé par le prix du jury du festival de Cannes en 1987. A ces trois films, s’ajoute un 4ème qui porte la signature de sa fille, la cinéaste FatouCissé, qui présentera à l’occasion son film « Hommage d’une fille à son père » (2022). Une ode d’amour et de reconnaissance où elle se raconte, ouvrant son album de souvenirs, retraçant des moments de l’enfance, la jeunesse et de l’œuvre de Souleymane Cissé, le cinéaste et le père.
A suivre !
Imen.A.
Opportunités d’étude à l’étranger l’année prochaine : Plus de 250 bourses offertes par l’Autriche et la Hongrie
Par Hassan GHEDIRI
Tenter des expériences inédites et explorer des destinations d’études et de recherche jusqu’ici peu fréquentées par les étudiants tunisiens…
Les titulaires du baccalauréat 2025 qui suivent leurs études supérieures depuis septembre dernier dans des universités tunisiennes qui sont pourtant tentés par l’idée de rejoindre les bancs d’une université de l’autre côté de la Méditerranée auront l’occasion de franchir le pas.
Un menu riche et très varié sera en effet disponible et qui ne concerne pas les destinations classiques et considérées incontournables pour le plus grand nombre d’étudiants tunisiens, telles que la France, l’Italie, l’Allemagne, la Roumanie et la Russie, mais des pays du nord de l’Europe qui devaient susciter la curiosité des futurs étudiants expatriés tels que l’Autriche et la Hongrie.
Ces deux pays figurent en effet dans l’agenda 2026/2027 de la coopération internationale établi par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Ainsi et d’après une note publiée par la direction générale de la coopération internationale, le gouvernement autrichien met à la disposition des étudiants et chercheurs tunisiens des bourses d’études dans des établissements universitaires en Autriche au titre de l’année universitaire 2026/2027.
Les intéressés qui veulent tenter le coup auront tous les renseignements relatifs aux spécialités concernées par les bourses et les conditions de candidatures disponibles sur la plateforme électronique Grants.at. Il s’agit de la plus grande base de données autrichienne de bourses et de subventions de recherche couvrant tous les domaines académiques.
Le soutien financier proposé par le gouvernement de ce pays de l’Europe centrale destiné aux étudiants, aux diplômés et aux chercheurs étrangers comprend des bourses et des subventions classiques ainsi que des programmes de financement des recherches.
LMD
Pour ce qui est de la Hongrie, l’offre de bourses proposée à la Tunisie s’inscrit dans le cadre d’un mémorandum d’entente conclu entre la Tunisie représentée par le ministère chargé de l’enseignement supérieur et l’Etat hongrois par le biais de son ministère des Affaires étrangères et du Commerce.
Il porte sur le programme de bourses d’études le plus prestigieux du gouvernement hongrois, en l’occurrence le Stipendium Hungaricum, offrant aux élèves et étudiants étrangers l’opportunité de suivre des études supérieures en licence, master et doctorat dans les universités hongroises avec des frais de scolarité couverts, une allocation mensuelle et une contribution à l'hébergement et aux frais médicaux.
Ce programme lancé en 2013 vise à attirer les têtes bien faites du monde entier. Au total, 250 bourses sont destinées aux candidats tunisiens désirant poursuivre des études supérieures dans des universités hongroises au titre de l’année universitaire 2026/2027 et qui doivent y postuler avant le 15 janvier 2025. Au menu des licences dans des disciplines très variées (éducation artistique, TIC, ingénierie, sciences politiques…), des masters et des doctorats en médecine, architecture, art et multimédia et des sciences économiques.
Tous les candidats doivent obligatoirement soumettre leur dossier de candidature à la fois sur le site du programme hongrois (Stipendium Hungaricum ) et au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Parallèlement aux programmes autrichien et hongrois qui vont certainement intéresser beaucoup de jeunes désirant étudier à l’étranger, il y aura également des bourses offertes par le Collège d’Europe toujours au titre de la prochaine année universitaire. C’est un programme destiné aux diplômés de l’enseignement supérieur des pays adhérant à la Politique Européenne de Voisinage (PEV).
La Tunisie étant partenaire dans ce programme de voisinage pourra ainsi permettre à ces étudiants répondant aux conditions requises de poursuivre des études post-universitaires au Collège d'Europe, campus de Bruges (Belgique), campus de Natolin (Varsovie - Pologne).
H.G.
Instagram, TikTok et Snapchat interdits pour les mineurs en Australie : Et si on faisait de même en Tunisie ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
L'Australie a mis en place une législation pionnière pour la protection numérique des jeunes, notamment une interdiction d'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, entrée en vigueur le 10 décembre 2025. Et si on fait de même en Tunisie ? Les moins de 16 ans d’Australie sont officiellement interdits d’accès à de nombreux réseaux sociaux depuis mercredi dernier.
Une démarche pionnière sur le plan mondial qui vise à protéger la jeunesse des algorithmes addictifs d’Instagram, TikTok ou encore Snapchat. Des centaines de milliers d’adolescents se sont ainsi réveillés déconnectés des applications sur lesquelles ils pouvaient passer plusieurs heures par jour. Sans mesures « raisonnables » prises pour faire respecter la loi, les plateformes concernées risquent des amendes pouvant atteindre 28 millions d’euros (45 millions de dollars canadiens).
L’Australie devient ainsi un des premiers pays à imposer les mesures les plus radicales dans le monde face aux géants de la tech, parmi lesquels les américains Meta et Google. « Les réseaux sociaux sont utilisés comme une arme par les harceleurs et qui sont vecteurs d’anxiété, constituent un outil pour les escrocs et, pire que tout, sont un outil pour les prédateurs en ligne », a justifié le premier ministre travailliste Anthony Albanese, à la veille de l’entrée en vigueur de la mesure, dans une déclaration relayée par le journal canadien, Le Devoir.
Addiction aux écrans, harcèlement en ligne, violence et contenus sexuels, les parents du monde entier y compris en Tunisie appellent à limiter l’accès à ces applications voire les interdire pour leurs enfants mineurs. Que pensent justement, les parents tunisiens et est-il possible d’imiter l’exemple australien ? Le cas tunisien…
Même s’il n'y a pas d'interdiction générale de ses applications en Tunisie, les autorités judiciaires ont renforcé la lutte contre les contenus jugés immoraux ou contraires aux bonnes mœurs, entraînant des poursuites et des peines de prison pour des influenceurs ayant diffusé des vidéos indécentes. Le ministère de la Justice a ouvert des enquêtes et ordonné des actions légales pour contrer la prolifération de contenus inappropriés qui affectent négativement les jeunes utilisateurs, menant à des condamnations pour des créateurs de contenu.
Pour l’activiste, Rached Ben Hcine, : « Ce qu’a fait la Tunisie est bien, mais c’est peu au regard de l’impact de ces plateformes sur les jeunes et les moins jeunes. A mon avis, il faut faire comme l’Australie. Pour rappel, plusieurs pays ont interdit ou restreint par exemple TikTok pour des raisons de sécurité nationale (Inde, États-Unis, Canada, Australie, Taïwan), de protection des données et de sécurité des jeunes (Népal, Albanie, Jordanie, Pakistan), ou pour des raisons culturelles/politiques, avec des bans complets (Inde, Afghanistan) ou sur les appareils gouvernementaux (Europe, Australie, Canada). Ces mesures incluent des interdictions totales, des restrictions d'âge, ou des blocages sur les téléphones officiels, reflétant des craintes d'espionnage par la Chine, de désinformation et d'impact sur la santé mentale ».
Idem pour, Hanene Ben Hédi, parente, qui nous a confié : « A voir le nombre des téléphones qui circulent entre les mains des enfants et des mineurs, il y’a de quoi s’inquiéter non seulement pour leur santé, mais aussi pour leur éducation et leur équilibre mental. Il faut, alors, faire quelques choses quitte à interdire l’accès à ces plateformes qui façonnent la personnalité des futures générations à leur manière.
Toutes les études le disent et le confirment, les réseaux sociaux présentent des menaces sérieuses pour les mineurs, incluant le cyber harcèlement, l'exposition à des contenus inappropriés (violence, pornographie), les risques de sextorsion et de rencontres avec des prédateurs, ainsi que des impacts négatifs sur la santé mentale (anxiété, dépression, troubles du sommeil) liés à une utilisation excessive et à une image corporelle irréaliste. Les pouvoirs publics ont, alors, le devoir d’intervenir en promulguant des lois interdisant aux mineurs l’accès à ces réseaux sociaux ».
Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Editorial : A l’extrême droite toutes…
Par Chokri Baccouche
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a jamais été confrontée à un nombre aussi considérable de problèmes en tout genre. La récession économique frappe en effet de plein fouet le vieux continent, l’inflation y galope à bride abattue mettant à mal le pouvoir d’achat des citoyens européens qui peinent de plus en plus à joindre les deux bouts. La guerre en Ukraine, financée en bonne partie par les pays européens, rajoute une bonne couche à ce magma de pépins qui génèrent beaucoup de tensions sociales.
Bref, la crise enfle en Europe et les perspectives ne s’annoncent pas de tout repos dans un contexte international sous haute tension marqué par la montée des défis et des incertitudes aux relents géopolitiques et stratégiques.
Et pour couronner le tout, les mouvances politiques d’inspiration extrémiste ont gagné du terrain un peu partout en Europe. Si dans de nombreux pays membres de l’U.E les partis politiques d’extrême droite ont enregistré ces dernières années une progression spectaculaire, dans d’autres les formations nationalistes ont même accédé au pouvoir pour la première fois en prenant part à des coalitions gouvernementales.
C’est le cas notamment de l’Italie, la Pologne, la République tchèque, la Hongrie, la Belgique, la Finlande, la Slovaquie, les Pays-Bas, l’Autriche et la Suède. On peut dire que nos voisins du Nord mettent de plus en plus le cap vers l’extrême droite à toute allure. Les sociologues qualifient cette tendance inédite de repli identitaire.
Quand la crise s’installe, comme c’est le cas actuellement, les peuples deviennent introvertis et se renferment sur eux-mêmes. Cette période de vaches maigres est du pain béni pour les mouvements nationalistes qui exploitent la peur du lendemain de leurs concitoyens à des fins bassement politiques en désignant bien évidemment le parfait bouc émissaire, l’émigré en l’occurrence, qui devient ainsi la cause principale de tous les problèmes.
Depuis les premières grandes vagues de l’émigration, les travailleurs étrangers nés au-delà des frontières européennes sont, en effet, considérés comme des trouble-fêtes identitaires et culturels. Par temps de crise, ils sont carrément accusés de constituer une menace pour la cohésion sociale, une concurrence sur le marché du travail, voire un péril pour la patrie.
Ces expatriés, qui ont pourtant largement contribué à la reconstruction de l’Europe, deviennent la cible privilégiée d’actes racistes et discriminatoires, comme cela s’est passé il y a quelques jours en Suède lors de la manifestation organisée par un mouvement néo-nazi à Stockholm, la capitale de ce pays scandinave, naguère réputée pour sa tolérance et son ouverture sur les autres cultures.
Il y a quelques jours, une commission du Parlement européen a approuvé une première liste de « pays d’origine sûrs ». La Tunisie y figure, aux côtés d’autres États considérés, dans le jargon bruxellois, comme ne présentant pas de risque généralisé de persécution pour leurs ressortissants.
Sans trop rentrer dans les détails, cette classification pourrait se traduire et c’est là l’hypothèse la plus plausible par un renvoi massif des Tunisiens qui seront déboutés de l’asile politique et peut-être même aussi les migrants d’autres nationalités ayant transité par la Tunisie. Pour faire plus simple donc, le classement de la Tunisie en « pays d’origine sûr » ouvre une phase nouvelle.
Sur le papier, il « permet aux États européens de traiter plus vite les dossiers de demandeurs d’asile tunisiens. Dans la pratique, il signifie surtout des refus plus rapides, des renvois facilités et la possibilité de faire de la Tunisie un point de chute pour des migrants dont l’Europe ne veut plus», souligne l’ancien député Mejdi Kerbaï.
Bien qu’ils aient été validés en commission par les ministres européens de l’Intérieur, les textes ne seront définitivement adoptés qu’après avoir reçu le feu vert du Parlement européen lors d’une plénière qui devrait se tenir en principe au début de l’année prochaine. Une chose est sûre en revanche : l’Europe se barricade, durcit comme jamais vu auparavant sa politique migratoire et vire à l’extrême droite à toute vitesse.
Un virage inquiétant qui n’est pas sans rappeler d’ailleurs la période sombre ayant précédé la montée au pouvoir en Allemagne du Parti national-socialiste des travailleurs allemands d’un certain Adolf Hitler, de triste et sinistre mémoire. En attendant de voir plus clair dans cette affaire qui n’incite pas du tout à l’optimisme, on serait bien inspiré, chez nous, de bien se préparer pour parer à toutes les éventualités.
La Tunisie, qui joue un rôle central sur la route migratoire vers l’Europe, dispose en fait d’une carte maitresse lui permettant de faire entendre sa voix et imposer ses points de vue pour protéger ses arrières et ses intérêts et non point subir sans broncher les décisions prises par l’U.E. Et peu importe si cette Europe, aujourd’hui dans une mauvaise passe et qui se veut plus adroite, effectue un virage très risqué vers l’extrême droite...
C.B.
Justice : Report de l’affaire Ghannouchi au 16 janvier
La Chambre criminelle près le Tribunal de première instance de Tunis a décidé de reporter l’examen de l’affaire visant le président du parti Ennahdha, Rached Ghannouchi, ainsi que nombre de dirigeants du mouvement, à l’audience du 16 janvier prochain.
Cette décision a été prise en réponse à la demande de certains accusés laissés en liberté, afin de leur permettre de mandater un avocat pour assurer leur défense, tandis que Ghannouchi et un autre accusé détenu ont refusé de se présenter à l’audience.
La Chambre d’accusation près la Cour d’appel de Tunis avait déféré Rached Ghannouchi le dirigeants d’Ennahdha concernés devant la Chambre criminelle pour répondre des accusations portées contre eux, à savoir la planification d’un attentat visant à changer la régime de l’État, ainsi que d’autres charges.
Transition écologique : Appui européen pour verdir les mécanismes de financement
Par Hassan GHEDIRI
Les acteurs de l’écosystème entrepreneurial tunisien impliqués dans l’accompagnement des porteurs de projets s’offrent une opportunité de contribuer efficacement au verdissement de l’investissement.
Confrontée à plusieurs défis environnementaux liés à la détérioration des ressources et à un manque flagrant de solutions, la Tunisie tente comme elle peut de réduire les préjudices à travers la promotion des investissements écologiquement corrects. En fait, cela fait plusieurs années que l’on parle de la transition vers l’économie verte qui constitue désormais dans le monde un modèle de développement résilient face aux multiples crises auxquelles se confronte les pays.
Plusieurs programmes ont été en effet lancés au cours des deux dernières décennies en Tunisie, pour la promotion des techniques de production conformes aux exigences de protection et de préservation des ressources naturelles.
C’est dans cette même perspective qu’a été créé le centre international des technologies de l’environnement de Tunisie (CITET) ayant pour mission de développer les expertises en matière de gestion durable des ressources et de faciliter le transfert des technologies écologiques au profit des acteurs économiques.
C’est par le biais du CITET et dans le cadre des programmes de coopération internationale que la Tunisie bénéficie de plusieurs mécanismes d’accompagnement destinés à accélérer la transition vers une économie verte. C’est justement dans ce cadre que s’inscrit le programme de soutien de l’entrepreneuriat vert en Tunisie financé par l’Union européenne à l’ordre de 12 millions d’euros, soit environ 40 millions de dinars.
Ce projet baptisé Greenovi, lancé en 2023 et s’étalant jusqu’à 2028, se veut un mécanisme d’accompagnement et d’appui à la transition écologique de la Tunisie à travers le soutien financier direct au profit des investisseurs pour l’adoption des modes de production propres et durables.
Pour l’année 2026, un appel à manifestations vient d’être lancé dans le cadre du même projet et qui vise à accompagner les institutions de financement de l’écosystème entrepreneurial en Tunisie pour les aider à «verdir» leurs investissements.
Les bénéficiaires qui vont être sélectionnés (fonds d’investissement, société de microfinances, associations de développement…) seront ainsi accompagnés pour intégrer les critères environnementaux dans les modèles de financement. L’objectif étant d’encourager les investissements durables et à soutenir les nouveaux entrepreneurs à créer des emplois « verts ».
Il s’agit d’acquérir les outils nécessaires pour l’élaboration des plans d’affaires et la transformation des contraintes environnementales en des opportunités de croissance grâce au développement de pratiques de production écologiquement correctes. Il s’agit essentiellement d’adopter des stratégies de développement à faible émission à travers l’intégration dans le processus de production des méthodes susceptibles d’améliorer l’efficacité énergétique grâce à l’utilisation des énergies propres.
H.G.
La CTN se prépare pour la prochaine saison estivale : 149 traversées sur les lignes Gênes et Marseille au programme
La Compagnie Tunisienne de Navigation (CTN) a programmé 149 traversées sur les lignes Gênes et Marseille pour la prochaine saison estivale, qui débutera le 15 juin 2026, selon ce qu’a déclaré aujourd’hui, jeudi 11 décembre 2025, le Directeur central du transport de passagers de la compagnie maritime, Omar Massaoudi.
Massaoudi a indiqué, dans une déclaration aux médias, que la compagnie a programmé 83 voyages sur la ligne de Marseille et 67 voyages sur la ligne de Gênes, en plus de la ligne de Zarzis qui assure actuellement 7 traversées.
Il a précisé que la compagnie prévoit de transporter 433 000 passagers et 126 500 véhicules au cours de la prochaine saison, soulignant l’engagement à œuvrer pour offrir les meilleures conditions de retour aux Tunisiens résidant à l’étranger.
Concernant les prix et les billets, M. Massoudi a déclaré que la compagnie met à la disposition de la communauté tunisienne à l’étranger plusieurs tarifs préférentiels, tels que le tarif Famille, le tarif Corail (Marjane) et le tarif Bienvenue (Marhaba).
Il a expliqué que le tarif de « Réservation Anticipée » permet aux passagers de bénéficier de réductions allant de 25 % à 39 %. Il a également noté que la compagnie s’efforce d’offrir des prix abordables et d’appliquer des réductions lors de diverses occasions, en fonction de la demande.
Le porte-parole a rappelé que les opérations de réservation pour les lignes Gênes et Marseille commenceront le mardi 16 décembre prochain à 10h00 du matin. Le processus de réservation s’effectuera via le site web de la CTN www.ctn.com.tn, auprès des agences de la compagnie réparties dans plusieurs régions du pays, ou par l’intermédiaire des agences de voyages partenaires de la compagnie maritime.
Les Aigles de Carthage en stage à partir d'aujourd'hui à Tabarka : Match contre le Botswana, le 18 décembre
Par Jamel Belhassen
En guise de préparation à la CAN 2025 qui se déroulera au Maroc, la sélection tunisienne a choisi pour veillée d'armes à Tabarka, loin des bruits de la capitale. Ce rassemblement se poursuivra jusqu'au 19 du mois courant, date du grand départ pour Rabat.
Auparavant, les Protégés de Sami Trabelsi croiseront le fer en amical le 18 décembre avec leurs homologues du Botswana. Sami Trabelsi espère disposer d'un effectif au complet le 15 de ce mois quand tous les joueurs évoluant loin du pays seront tous libérés par leurs clubs comme l'a exigé la FIFA.
Espérons que cette fois-ci, la préparation sera bien menée pour éviter les ratés qui ont précédé la dernière coupe arabe des nations au Qatar. Rappelons que la délégation officielle quittera le territoire tunisien à destination de Rabat le 19 décembre et que le premier match de cette CAN est programmé pour le 23 à 21h30 h au stade Moulay Abdallah à Rabat contre l'Ouganda.
J.B.
40% des victimes d’accidents en Tunisie sont des motocycles : Les motos chinoises sur le banc des accusés
Par Hassan GHEDIRI
Dans certains hôpitaux de Tunisie, des espaces en urgence semblaient se forger la triste réputation d’être exclusivement destinés aux victimes des accidents impliquant la Forza chinoise.
Un grave accident de la route a coûté la vie à quatre personnes, mardi soir, sur la route RN17 reliant les gouvernorats du Kef et de Kasserine. Trois jours plus tôt, un autre accident survenu sur la RN4 entre Gafsa et Sfax a fait deux morts et quatre blessés graves. Deux drames qui ont endeuillé six familles à quelques heures d’intervalle et qui soulèvent beaucoup de questions sur les raisons d’une hausse spectaculaire de la mortalité routière en Tunisie.
Le dernier bilan donné par l’Observatoire national de la sécurité routière (ONSR) donne la chair de poule, avec une moyenne de trois décès et pas moins d’une vingtaine de blessés recensés tous les jours sur les routes du pays et ce depuis le début de l’année en cours.
La Tunisie, qui continue malheureusement à être classée parmi les pays enregistrant les mauvais résultats en matière de sécurité routière, trouvet du mal ces dernières années à juguler le fléau. Car malgré le durcissement de la législation et le renforcement du contrôle, les autorités se trouvent confrontées à beaucoup de défis posés par les comportements à risque.
Malgré une baisse de 10% du nombre d’accidents constatées entre le 1er janvier et le 30 novembre 2025, le nombre de décès à en même temps bondi de 5%. Une flambée qui incombe en grande partie aux usagers des deux-roues motorisées qui regroupent les motos, les scooters et autres types de cyclomoteurs très répandus dans le pays et dont le nombre est estimé à 2 millions de véhicules. Selon les statistiques de l’ONSR, 40% des décès déplorés dans des accidents de la route cette année seraient des motocyclistes.
L’explosion de la mortalité des accidents impliquant les deux roues motorisées est un phénomène préoccupant non pas seulement parce que les motards sont considérés comme les usagers qui s’exposent le plus aux dangers de la route, mais aussi à cause de leur tendance à enfreindre le plus souvent le code de la route. Anis Ben Hassoun, expert en sécurité routière, souligne au ‘’Quotidien’’ l’importance de prendre en compte certains facteurs socio-économiques qui font qu’aujourd’hui on constate une hausse de gravité des accidents de la route et par ricochet une augmentation du nombre de décès imputés aux motocycles.
La détérioration de la qualité du transport en commun et la dégradation du pouvoir d’achat des Tunisiens qui trouvent beaucoup de difficultés pour acquérir une voiture poussent bon nombre d’entre eux à recourir aux deux roues.
2%
Le problème c’est que le parc des motocycles impliqué dans plus du tiers des accidents mortels dans le pays semble échapper complètement au contrôle et ne pas être en conformité aux normes en matière de sécurité. Seulement 2% des motocycles qui circulent aujourd’hui dans nos villes sont immatriculés, selon les chiffres officiels. Pour beaucoup de ménages modestes, la moto fait office du véhicule familial que l’on n’hésite pas à utiliser pour transporter trois voire quatre personnes.
Il faut souligner également l’émergence du phénomène de transport public par moto. Dans la capitale, les autres grandes villes du pays, on constate au cours des deux dernières années le nombre grandissant des motos stationnées des gares routières proposant un service de transport clandestin. Le phénomène, devenu un véritable problème de sécurité publique, doit inciter les autorités à prendre à son encontre des mesures drastiques.
Le hic c’est que le parc national des deux roues motorisées à l’image des motos-taxis qui roulent impunément dans nos villes au su et au vu des autorités est majoritairement composé de véhicules importées de Chine et qui trouvent un grand engouement à cause de leur coût abordable.
Notre interlocuteur note dans ce sens que certaines marques de scooters chinoises réputées par leur vitesse posent toutefois problème de puissance non conforme, car elles sont parfois homologuées et commercialisées avec une puissance déclarée inférieure à la réalité.
La fameuse moto Forza, particulièrement prisée par les Tunisiens, est par exemple supposée avoir une puissance de cylindre de 49 centimètres cubes (CC) alors que réellement elle est beaucoup plus puissante. D’ailleurs, dans certains hôpitaux de Tunisie, des espaces en urgence semblaient se forger la réputation d’être exclusivement destinés à la prise en charge des victimes des accidents impliquant la Forza chinoise.
H.G.
Crise de l’UGTT : Qui peut sauver l’organisation syndicale de l’effondrement… ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Un mercredi noir pour l’UGTT qui a vécu avant-hier une journée houleuse et tendue sur fond d’un bras de fer entre Tabboubi et Ben Gaddour. Quel avenir, justement, pour l’organisation syndicale au vu de cette crise qui dure depuis 2020 ?
Jamais l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) n’a été aussi vulnérable comme elle l’est maintenant. La crise qui perdure depuis 2020, date de la tenue du Conseil national à Hammamet, a pris mercredi dernier une tournure dramatique avec un bras de fer entre le secrétaire générale, Noureddine Tabboubi, et son secrétaire adjoint, Anouar Ben Gaddour.
Un bras de fer qui tombe au mauvais moment et quelques jours avant la grève générale prévue le 21 décembre. Pis encore, certaines informations parlent même de démissions, de voitures de fonction rendues et d’échanges verbaux assez violents entre les deux blocs qui forment le bureau exécutif actuel. Quel avenir, de fait, pour l’organisation syndicale ?
Pour Habib Jerjir, dirigeant au sein de l’opposition syndicale : « Ce qui a été fondu sur un faux est faux par nature. Alors, on assiste là à l’effondrement de tout un système qui a vu le jour lors du Conseil national tenu en 2020 à Hammmet et qui a ouvert la voix vers les deux congrès illégitimes de Sfax et de Sousse avec l’élection d’un bureau exécutif putschiste. Trois ans après, ces mêmes putschistes s’entretuent entre eux et n’arrivent pas à trouver un compromis concernant le partage du gâteau.
Et lorsque le secrétaire général adjoint, Anouar Ben Gaddour brandit la menace de la démission en hypothéquant son soutien à la grève générale du 21 décembre par la fixation d’une date précise pour le prochain congrès extraordinaire n’est qu’une manœuvre pour rester à la tête de l’organisation syndicale. Or, la principale revendication de l’opposition syndicale et de la base en général est la dissolution de l’actuel bureau exécutif et le départ de tous ses membres ».
Fuite en avant …
Selon plusieurs observateurs, la grève générale décidée par la Commission administrative réunie le 5 décembre n’est qu’une fuite en avant et une tentative d’exporter la crise profonde qui secoue l’Union générale tunisienne du travail depuis les deux congrès de Sfax et de Sousse à une date ultérieure.
A cet effet, l’activiste Salem Chérif nous a confié : « Certes, la Commission administrative et derrière le bureau exécutif ont expliqué que cette grève a été décidée en raison de la fermeture totale des canaux de concertation » et l’annulation de tous les corps civils, sociaux et syndicaux, réduisant toute possibilité de dialogue constructif, mais, en réalité, il ne s’agit, en effet, qu’une fuite en avant…
L’UGTT sous le règne de l’actuel bureau exécutif a perdu de sa notoriété et de son prestige au sein même de sa propre base syndicale. Les divisions ont même atteint le bureau exécutif actuel avec la constitution de deux blocs connus sous les noms du groupe des six conduis par le secrétaire général, Noureddine Tabboubi, et le groupe des cinq ayant comme tête de file le secrétaire général adjoint, Anouar Ben Gaddour.
D’ailleurs, ce qui s’est passé mercredi dernier à la Place Mohamed Ali montre bien la nature de ce conflit entre les deux blocs avec des échanges verbaux violents et des menaces de démission de part et d’autre.
Ajouter à cela les revendications de l’opposition syndicale qui appelle à la dissolution pure et simple de l’actuel bureau exécutif et vous avez tous les ingrédients d’un effondrement éminent de l’organisation syndicale, du moins dans sa configuration actuelle. Alors, l’avenir reste flou et le destin de l’Union générale tunisienne du travail ne peut être sauvé que par la voix de la sagesse ».
M.B.S.M.
Inscrit sur la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO : Dans le noir du Khôl, la Tunisie écrit son histoire
Par Imen Abderrahmani
Voilà une bonne nouvelle. « Le khôl » vient d’être inscrit sur la liste du patrimoine immatériel de l’humanité de l’UNESCO, affirmant la place de choix qu’occupe ce produit de beauté, qui a traversé le temps, dans les sociétés arabes aujourd’hui.
C’est la saison des inscriptions et de belles annonces pour de nombreuses institutions du patrimoine qui ont déposé des dossiers pour inscrire certaines pratiques ancestrales sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO.
Parallèlement au dossier de Sidi Bou Saïd, et d’autres dossiers en cours comme celui de la Jebba traditionnelle tunisienne et de l’habit traditionnel de Mahdia, la Tunisie, dans le cadre d’une candidature arabe conjointe, a réussi à inscrire « Le Khôl », lors de la 20ème session de l’Unesco. Une inscription qui certes donnera un coup de pouce à ces artisanes qui détiennent ce savoir-faire ancestral qui continue à embellir les yeux des Tunisiennes.
Soumise le 2 avril 2024, cette candidature arabe conjointe réunit neuf pays : la Syrie, l’Irak, la Jordanie, la Libye, Oman, la Palestine, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Tunisie.
Cette reconnaissance mondiale salue un savoir-faire qui allie artisanat, esthétique, médecine traditionnelle et identité culturelle.
Fabriqué à partir d’ingrédients naturels, transmis principalement par les femmes au sein des familles, le khôl constitue un symbole d’expression, notamment féminine, un lien intergénérationnel et un élément central des routines quotidiennes comme des grands événements de la vie.
Sa diffusion dans l’ensemble du monde arabe en fait un pont culturel entre communautés, régions et nations, renforçant le dialogue et le partage de pratiques millénaires, lit-on sur le site de l’Unesco.
« Présent dans la vie quotidienne, les occasions spéciales et les rituels religieux, il est fabriqué à partir d’ingrédients naturels, la préparation variant en fonction des environnements locaux et des modes de vie. Le khôl est fabriqué à la maison ou lors de rassemblements, principalement par des femmes qui transmettent les connaissances et les savoir-faire associés à leurs filles et petites-filles », lit-on encore sur le site de l’UNESCO qui rappelle également qu’ « outre le fait qu’il est un symbole de l’identité des communautés et un élément clé des routines de beauté quotidiennes, le khôl est utilisé comme remède de guérison physique et spirituelle…Les yeux maquillés à l’aide du khôl constituent également une forme forte d’expression féminine, en particulier dans les sociétés où seuls les yeux sont visibles en raison de la dissimulation du visage ».
L’ancien art du Khôl en Tunisie
La réalisation du dossier tunisien a été assuré par le Centre des arts, de la culture et des lettres (CACL – Ksar Saïd) et ce suite à un inventaire national qui a permis de localiser géographiquement cette pratique et de suivre de près les différentes étapes permettant d’obtenir cette poudre fine qui ne sert pas seulement pour embellir les yeux mais également pour les protéger des sables et du vent.
En Tunisie, l’usage du khôl est très répandu dans la vie quotidienne comme dans les cérémonies de mariage ou de naissance. Outre son apport esthétique, on lui attribue plusieurs vertus thérapeutiques Il présent dans toutes les régions et transmis entre générations. Selon toujours les informations collectées pour l’inventaire, la fabrication traditionnelle est en régression. Il ne reste que quelques artisanes dans les zones rurales qui continuent à fabriquer du Khôl. Le sud du pays demeure toutefois le principal bastion de cette pratique, notamment pour ses rituels masculins spécifiques (se protéger des maladies oculaires et des tempêtes de sable).
Sa préparation, bien qu’elle semble être facile, elle nécessite un savoir-faire permettant de réussir les différentes étapes dont la première et la plus basique à la purification et le broyage de la pierre d’antimoine. A laquelle sont ajoutées des noyaux de dattes grillés. Ils sont ensuite broyés jusqu’à l’obtention d’une poudre fine, tamisée et conservée dans des récipients traditionnels en verre, en cuivre et même en bois du palmier, dits « Mak’hala ». L’application se fait à l’aide du « mirwed », petit bâtonnet en cuivre ou en bois.
En véritable résistant, le khôl a réussi à affronter l’épreuve du temps et a survécu aux bouleversements économiques, aux changements socioculturels, à l’évolution des normes de beauté et surtout à l’explosion des produits de beauté industriels. Voilà des siècles plus tard, le Khôl est encore vedette. Il a même fait son entrée dans l’industrie des cosmétiques. Le crayon du Khôl dans sa forme moderne est l’indispensable de millions de passionnés de maquillage.
Alors qu’attendez-vous pour sortir vos crayons, qu’ils soient noir dans la pure tradition ou ayant d’autres couleurs, pour dessiner vos yeux ? Ou encore pour le demander de certains vendeurs dans les souks traditionnels ou de vos grands-mères, certes, elles connaissent le secret ? Du « Khôl arbi » ou du Khôl industriel ? A vous de choisir !
Imen.A.
Un appel à projets pour la 3ᵉ édition du Festival Jean Rouch Hors-les-murs Tunis
L’Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain (IRMC) organise, en collaboration avec le Festival international Jean Rouch du Comité du film ethnographique, la troisième édition du Festival Jean Rouch Hors-les-murs-Tunis, qui se tiendra du 14 au 19 avril 2026.
Dans le cadre de cet événement, un appel à participation est lancé pour les ateliers destinés aux étudiants. La date limite d’envoi des candidatures est fixée au 6 février 2026 inclus, et l’annonce des dossiers retenus est prévue pour le 27 février 2026.
L’appel est ouvert aux étudiants (master ou doctorat) en sciences sociales, en anthropologie visuelle et en cinéma. La formation proposée est entièrement gratuite et constitue une opportunité pour celles et ceux qui souhaitent s’initier au film documentaire et aux approches des sciences sociales, et réfléchir à un projet de réalisation documentaire encadré par des professionnels de la recherche et du cinéma.
Au cours des ateliers, un suivi individualisé sera proposé, accompagné de discussions sur les projets de chacun, ainsi que d’enseignements d’analyse filmique.
Depuis 1982, le Festival international Jean Rouch du film ethnographique, animé par son ambition d’allier art visuel et sciences humaines et sociales, est devenu un rendez-vous incontournable pour les cinéastes, les chercheurs et les passionnés de cinéma venus de divers horizons.
Le programme, qui sera annoncé prochainement, proposera chaque après-midi ou soirée des projections suivies de débats avec un discutant et le réalisateur. Une master-class ouverte à un large public sera également animée par un cinéaste du festival. Les matinées seront quant à elles dédiées aux ateliers, organisés en petits groupes et réservés aux étudiants sélectionnés. Ceux-ci visent à encourager les échanges entre étudiants en sciences sociales, anthropologie visuelle et cinéma, ainsi qu’avec de nombreux professionnels du film documentaire.
Editorial : Une arme à double tranchant …
Par Chokri BACCOUCHE
Aux grands maux, les grands remèdes : le gouvernement australien vient de prendre une mesure radicale pour protéger sa jeunesse du danger du numérique. Entrée en vigueur mercredi 10 décembre 2025, la mesure en question, une première historique, oblige désormais les réseaux sociaux tels qu’Instagram, Tik Tok ou Snapchat de supprimer les comptes des utilisateurs de moins de 16 ans.
Pour contraindre ces géants du numérique et réduire "les pressions et les risques" auxquels les plus jeunes sont confrontés sur internet, les autorités australiennes ont pris deux décisions majeures. D’une part, c’est aux plateformes elles-mêmes de se charger de vérifier l’âge des utilisateurs.
De l’autre, en cas d’infractions graves ou répétées, Meta, Tik Tok et compagnie, s’exposent à une amende pouvant atteindre 32 millions de dollars, soit l’équivalent de 96 millions de dinars. Un pactole qui démontre qu’au pays des kangourous on prend l’affaire très au sérieux et on ne badine pas avec les moyens pour prémunir les jeunes contre les effets pervers du numérique auxquels ils sont exposés au quotidien.
Il est établi scientifiquement que l'usage excessif des écrans impacte les apprentissages fondamentaux chez l’enfant et les jeunes adolescents. Cela se traduit par des troubles du langage, des problèmes de concentration et de mémorisation, des troubles du sommeil ainsi qu’une hyper agressivité et des difficultés sociales et relationnelles. A cela s’ajoute, bien évidemment, l’accoutumance qui devient morbide à la longue.
Les jeunes ne peuvent plus en effet se détacher de leur Smartphone et finissent par devenir l’esclave de ce gadget high-tech qui les déconnecte au fur et à mesure de la réalité. Tout ceci sans compter bien sûr les contenus et les publications fort peu recommandables qui pullulent sur les réseaux sociaux et qui ont surtout un impact désastreux sur la psychologie des enfants et des jeunes adolescents.
Certes, les technologies numériques peuvent présenter d’énormes possibilités pour améliorer les vies des gens, mais elles comportent également des inconvénients voire des risques et génèrent des problèmes de surveillance et de sécurité.
La régulation de l’usage des réseaux sociaux semble être à la mode depuis quelque temps un peu partout dans le monde et plus particulièrement dans les pays dits développés. Ainsi, dès l’an prochain, le Danemark, l’Italie, la Grèce, l’Espagne et la France vont tester l’identité numérique européenne, une application qui permet de vérifier les identités numériques des utilisateurs.
En Amérique, huit Etats ont déjà adopté des interdictions et en Asie l’addiction des plus jeunes aux écrans est devenue un réel problème de société. Si la Chine interdit depuis 2023 l’accès à internet aux mineurs la nuit et impose des temps de connexion limités en fonction de l’âge, une ville japonaise va encore plus loin. La municipalité de Toyoake, au centre du pays, a instauré une limite de deux heures d’écran par jour à tous ses habitants.
Chez nous malheureusement, il n’y a rien de tout cela. Aucune restriction n’est, en effet, à l’ordre du jour dans un pays, pourtant très connecté et où le numérique, avec ses avantages et surtout ses inconvénients et ses nombreux vices et sévices, règne en maitre sur les perceptions et influence le comportement de bon nombre de nos concitoyens tous âges et sexes confondus.
Bref, c’est une véritable «jungle numérique» qui prévaut dans nos murs jusqu’à nouvel ordre avec ses codes, ses harangueurs, ses rabatteurs, ses colporteurs de fausses nouvelles, ses pervers et ses obsédés. Toute une faune de drôles de zèbres trouve dans ce méli-mélo invraisemblable un terrain de prolifération idoine où ils distillent tous les fantasmes et les intox possibles et imaginables.
Il importe aujourd’hui, par conséquent, de prendre le train en marche, car il y a urgence de protéger, nous aussi, nos jeunes des effets pervers du numérique. Arme à double tranchant, l’immersion précoce des jeunes dans le monde virtuel façonne aussi leur comportement et leur émotion et les rend vulnérables à toutes sortes de dérives en ligne.
Il importe donc aujourd’hui de mettre bon ordre dans ce fatras, en commençant par les jeunes. Il n’est jamais trop tard pour faire bien les choses. A la condition de s’y prendre bien évidemment à temps et sérieusement. Le plus tôt serait certainement le mieux…
C.B.
AMVPPC : Suivi des projets de rénovation du musée de Chemtou et de valorisation des sites archéologiques à Jendouba
La directrice générale de l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (AMVPPC), Rabiaa Belfguira, a effectué jeudi une visite de terrain au musée de Chemtou et au site archéologique de Bulla Regia, dans le gouvernorat de Jendouba, pour suivre l’avancement des projets de rénovation et de valorisation des collections et infrastructures muséographiques, destinés à renforcer l’attractivité culturelle et touristique de la région.
Accompagnée d’une équipe administrative et technique, ainsi que du délégué régional des Affaires culturelles, la responsable a inspecté les travaux en cours et échangé avec les équipes locales sur les mesures à prendre pour améliorer l’accueil des visiteurs et la sécurité des sites, indique un communiqué de l’Amvppc publié en fin d’après-midi.
Bulla Regia, fondée probablement avant le Ve siècle avant J.-C., est célèbre pour ses prestigieuses demeures à étages souterrains, uniques en Tunisie. La ville, progressivement romanisée après 46 av. J.-C., conserve un forum, des basiliques, des thermes, une bibliothèque, un marché, un théâtre, un amphithéâtre, un capitole et plusieurs temples, dont ceux d’Apollon, d’Isis et de Saturne. Des fouilles récentes ont également révélé des églises et un vaste cimetière chrétien datant de l’époque byzantine.
Le musée de Chemtou, ouvert en 1997, retrace l’histoire du marbre numidique et de la ville antique de Simitthus. L’ouverture de ce complexe muséographique est le fruit d’une fructueuse collaboration qui a vu le jour en 1965 entre l’Institut National du Patrimoine de Tunis et l’Institut Archéologique Allemand de Rome.
Le complexe de 10.000 m² combine une voie romaine, une ancienne marbrerie industrielle et le musée, où sont exposées les collections archéologiques et une reconstitution grandeur réelle de la façade orientale d’un monument cultuel numide. Le musée dispose aussi d’un théâtre de poche pouvant accueillir environ 200 spectateurs pour des événements culturels et éducatifs.
Reçue au siège du gouvernorat par le gouverneur de Jendouba, la délégation a participé à une séance de travail portant sur les axes prioritaires de développement et de valorisation des sites, indique l’Agence. Parmi les points abordés figuraient le renforcement de la sécurité et de la protection des lieux, la création d’un centre d’interprétation destiné à enrichir l’expérience des visiteurs, le suivi technique des chantiers de restauration afin d’assurer leur conformité aux normes internationales, ainsi que la résolution des obstacles logistiques et budgétaires pour optimiser la valorisation touristique.
Ces initiatives s’inscrivent dans un programme national de valorisation du patrimoine, destiné à moderniser les grands sites archéologiques et muséographiques tunisiens et à renforcer leur attractivité culturelle et touristique. Selon l’Agence, l’objectif est de préserver l’héritage historique tout en le rendant accessible au public, à travers la création de centres d’interprétation, la rénovation des infrastructures et le développement d’activités éducatives et culturelles.
L’Agence souligne l’importance de ces projets pour stimuler le développement régional, tout en assurant la durabilité et la transmission du patrimoine aux générations futures.
Au palais Ahmed Bey de La Marsa : L’influence italienne dans l’architecture tunisienne en exposition
L’événement a lieu ces jours-ci, du 9 au 12 octobre courant, dans un lieu sublime et symbolique, le palais Ahmed Bey, à La Marsa. C’est là où l’exposition itinérante «Italianisances» est proposée au grand public. Il s’agit d’un voyage dans la mémoire architecturale tuniso-italienne, qui est loin d’une simple rétrospective, car «Italianisances» propose une plongée dans l’histoire croisée des cultures tunisienne et italienne, rappelant que les patrimoines se nourrissent toujours de complicité historique et d’innovations partagés.
Organisée par l’association Nous Tous, les Archives de la mémoire des Italiens de la Tunisie (Amit), le Laboratoire d’archéologie et d’architecture maghrébines (Laam) et le Centre culturel Dante Alighieri de Tunisie, avec le soutien de la Fondation Rosa Luxemburg, l’exposition ambitionne de sensibiliser un large public à l’influence italienne dans l’architecture de Tunis et de ses environs.
Au cours de la conférence de presse, organisée le premier jour de cet événement, les organisateurs de cet événement ont insisté sur le fait que l’exposition met en relief l’histoire croisée des cultures tunisienne et italienne et rappelle que si la présence italienne dans l’architecture tunisienne remonte au XVIe siècle, elle a surtout connu son apogée à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, avec les grandes vagues de migration italienne. Les quartiers dits « francs » ou « européens » de Tunis, marqués par l’Art nouveau, l’Art déco et l’éclectisme, en sont des témoins éloquents.
Dans un palais royal qui vient d’être rénové, l’exposition nous propose quatre volets thématiques : Novecento et la ville européenne du XIXe siècle, l’influence baroque et rococo dans les édifices religieux de la médina, les palais beylicaux et leurs décors italiens, et enfin la mémoire des villages ruraux de la Medjerda. On y croise un peu de tout : des photographies d’édifices, des détails décoratifs et textes de chercheurs qui révèlent une archive visuelle vivante où se rencontrent rigueur architecturale, polychromie des matériaux et finesse des compositions.
Reste à rappeler que cette exposition fera un petit tour tunisois. Après son escale inaugurale à La Marsa, l’événement se déplacera à l’École nationale d’architecture et d’urbanisme de Tunis (13-19 octobre), puis à la galerie El Teatro à Tunis (21-31 octobre).
Kamel ZAIEM















