Aujourd’hui à Beit al-Hikma : Frantz Fanon, cette voix intemporelle
À l’occasion du centenaire de sa naissance, Frantz Fanon, psychiatre et icône des luttes anticoloniales, est célébré aujourd’hui à Tunis. Une conférence revient sur son héritage intellectuel et son engagement, entre psychiatrie, littérature et décolonisation.
La conférence « Frantz Fanon aujourd’hui : la présence d’une absence » ainsi s’intitule ce rendez-vous prévu, cet après-midi, à 15h00 au siège de l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts.
L’événement sera animé par le professeur de sciences politiques et sociologue Mohamed Kerrou, modéré par l’historien Abdelhamid Henia et discuté par le neuropsychiatre et psychanalyste Seddik Jeddi, ancien chef de service de psychiatrie à l’hôpital Razi et professeur titulaire à la faculté de médecine de Tunis.
Né à Fort-de-France, en Martinique, Frantz Fanon s’engage à 18 ans dans les Forces françaises libres pour combattre le nazisme. Après la guerre, il poursuit ses études de médecine à Lyon, se spécialise en psychiatrie et suit parallèlement des cours de littérature et de philosophie. Auteur de Peau noire, masques blancs (1952), il analyse les effets psychologiques du colonialisme et de l’aliénation raciale. Nommé médecin-chef à l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville en Algérie, il y introduit des méthodes thérapeutiques innovantes, rompant avec les pratiques coloniales.
Fanon publie ensuite plusieurs textes majeurs du mouvement anticolonial, dont « L’An V de la révolution algérienne » (1959) et « Les Damnés de la Terre » (1961), préfacé par Jean-Paul Sartre. Atteint de leucémie, il meurt aux États-Unis à 36 ans, quelques mois avant l’indépendance de l’Algérie. Fidèle à ses convictions, il est inhumé en Algérie, à Ain Kerma, près de la Tunisie, où il a exercé en psychiatrie entre 1957 et 1961, notamment à l’hôpital Razi et à l’hôpital Charles Nicolle de Tunis.
Le nouveau film « The Bird’s Placebo » de Rami Jarboui dans la sélection officielle Festival du film de Sundance (États-Unis)
Le court-métrage d’animation tunisien « The Bird’s Placebo », réalisé par Rami Jarboui, a été sélectionné en compétition officielle au Festival du film de Sundance (États-Unis), qui se déroulera du 22 janvier au 1er février 2026. Le film y sera présenté en première mondiale le 23 janvier, marquant une présence remarquée du cinéma d’animation tunisien sur l’une des scènes cinématographiques internationales les plus prestigieuses.
À travers le parcours de Yahya, un jeune homme en situation de handicap vivant dans un quartier populaire défavorisé, le réalisateur explore des thématiques profondes liées à la jeunesse, à la migration et à la quête d’identité. Porté par le rêve de traverser la Méditerranée, le personnage aspire à se construire un avenir meilleur, entre espoir et désillusion.
En attendant sa présentation à Sundance, « The Bird’s Placebo » figure dans la compétition officielle de est la 36ᵉ édition des Journées cinématographiques de Carthage (13–20 décembre 2025).
Vu aux JCC 2025 : « Le chemin des oranges » de Sami Farah (Syrie) : Entre enfance brisée et mémoire d’une terre blessée
Par Imen Abderrahmani
Dans un village de Lattaquié, le rêve d’un enfant se heurte à la dure réalité économique et aux blessures de la guerre. À travers le destin de Zain et la disparition des orangeraies, Le chemin des orangers livre un récit sensible sur l’enfance, la mémoire et une terre menacée d’oubli.
Il s’appelle Zain. Comme beaucoup d’enfants de son âge, ce petit écolier d’un village de la région de Lattaquié nourrit un rêve simple : participer à un voyage scolaire avec ses camarades. Pour cela, il attend avec impatience que son père lui donne un peu d’argent, espérant que la récolte d’oranges sera enfin vendue. Mais les choses tournent mal. Ni son père ni les autres villageois ne parviennent à écouler leur production. La déception est immense, pour l’enfant comme pour l’adulte, acculé par la colère et le découragement.
Dans un geste brutal, le père choisit la voie la plus radicale : arracher les orangers et couper les arbres pour les remplacer par des oliviers, plus rentables. Un choix économique, certes, mais aussi une rupture symbolique, car les orangeraies font partie intégrante de la mémoire collective du village et de l’identité même de Lattaquié.
À travers des chemins montagneux sinueux bordés d’orangers à perte de vue, le réalisateur syrien entraîne son spectateur dans un voyage visuel saisissant. La caméra se déplace avec douceur, révélant des paysages à couper le souffle, que seules la précarité et les séquelles de la guerre viennent assombrir. Sur une colline, une petite maison modeste apparaît : celle où vit Zain, entourée d’oranges omniprésentes, tandis que ses parents luttent au quotidien pour survivre.
Obsédé par l’idée de participer à cette excursion scolaire, Zain commet l’irréparable : il vole de l’argent à sa sœur. Un secret lourd à porter, qu’il n’ose pas le partager même avec Leen, son amie proche et camarade d’école, qui tente de l’aider à sa manière. À hauteur d’enfant, le film capte avec finesse la culpabilité, la peur et l’innocence fragilisée par les contraintes du monde adulte.
…Sur la terre des oranges tristes
Le réalisateur Sami Farah glisse également un regard critique sur le système scolaire. À travers l’attitude nonchalante du directeur et de l’enseignante, il dépeint un lieu d’apprentissage vidé de son âme, où la relation reste verticale, distante, et où l’enfant n’est jamais réellement écouté.
Court-métrage syrien de 30 minutes, « Le chemin des oranges » résonne comme l’écho d’une crise économique profonde : celle de villageois incapables de vendre leurs produits agricoles, étouffés par les conséquences durables de la guerre. Mais au-delà de cette réalité sociale, le film s’impose comme une œuvre profondément symbolique.
En Syrie, l’orange dépasse en effet sa simple dimension agricole. Fruit emblématique des régions côtières, notamment de Lattaquié et de Tartous, elle incarne l’abondance perdue, la mémoire d’une terre fertile et une douceur arrachée à la violence de l’histoire récente.
Vers la fin du film, Zain, qui a tenté en vain de vendre du jus d’orange à Lattaquié, reprend le chemin de son village. À quelques kilomètres seulement, une fumée épaisse s’élève à l’horizon, bientôt suivie par le bruit sourd d’une explosion. Sa maison a été bombardée. Face à ce choc brutal, les souvenirs affluent : des fragments de vie familiale, des rires, des gestes simples, des oranges omniprésentes, toute une mémoire qui défile en silence devant ses yeux d’enfant. Le film s’achève sur une image poignante : Zain, hébété, rejoint d’autres enfants de son âge, entassés à l’arrière d’une voiture, contraints à un exil forcé. Une fin suspendue, où l’innocence se heurte violemment à la guerre et où l’enfance bascule, une fois encore, sur les routes de l’arrachement.
« Le chemin des oranges », un film marquant bien porté par deux excellents jeunes acteurs, les deux enfants Ahmad Janood dans le rôle de Zain et Mariaa Shabani dans le rôle de Leen.
Imen.A.
Justice fiscale : Corriger un système qui pénalise les revenus précaires
Par Hassan GHEDIRI
Les ménages à faibles revenus, qui consacrent généralement la grande partie de leur budget à la consommation, supportent les charges fiscales les plus élevées…
Dans une nouvelle étude fraichement publiée par l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES), les chercheurs replacent la réforme fiscale au centre des objectifs de développement et d’inclusion sociale définis dans la vision stratégique de la Tunisie à l’horizon de 2035.
L’établissement d’un système fiscal équitable constitue, selon cette étude, une condition sine qua non pour faire aboutir cette vision et ériger un modèle de développement fondé sur la bonne gouvernance, le développement humain, la compétitivité de l’économie et la durabilité environnementale.
En matière de gouvernance, la politique fiscale s’impose ainsi comme instrument de consolidation de la résilience sociale par le biais d’une meilleure transparence, d’une véritable redevabilité et d’une redistribution efficace et équitable des charges fiscales.
Néanmoins, selon l’étude, l’architecture fiscale tunisienne révèle une structure déséquilibrée, héritée de décennies d’ajustements successifs sans vision cohérente. L’analyse de la composition des recettes fiscales sur la période 2023-2025 met, ainsi, en évidence une prédominance des impôts indirects, qui représentent 57,2% du total des recettes fiscales estimées en 2025 à 25 891 millions de dinars (MD), contre 43% pour les impôts directs, soit un peu plus de 19 MD.
Cette structure diffère sensiblement de celle des pays développés. Dans les pays de L’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), les impôts sur la consommation représentent en moyenne 31,6% des recettes fiscales totales, les cotisations sociales 25,2%, les impôts sur le revenu des personnes physiques 23,6%, les impôts sur les sociétés 11,8% et les impôts fonciers 5,4%(3).
La structure tunisienne révèle donc une inversion significative par rapport aux standards OCDE. Tandis que les impôts indirects dominent en Tunisie (57,2% du total), ils ne représentent qu’environ 31,6% dans l’OCDE pour les taxes sur la consommation.
La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) constitue le pilier du système fiscal tunisien, avec 26,6% des recettes fiscales totales en 2025 (12 028 millions de dinars). Cette forte dépendance à la TVA, si elle garantit une certaine stabilité des recettes, présente l’inconvénient d’être régressive socialement, tout comme le droit de consommation. Les ménages à faibles revenus, qui consacrent généralement la grande partie de leur budget à la consommation, supportent la charge fiscale les plus élevée.
Vulnérabilité structurelle
L’impôt sur les sociétés, combinant les entreprises pétrolières (983 millions de dinars) et non-pétrolières (5 595 millions de dinars), représente en revanche 14,5% des recettes fiscales totales en 2025, un niveau inférieur aux standards internationaux et révélant une concentration excessive sur un nombre restreint de grandes entreprises.
L’analyse détaillée révèle que les entreprises pétrolières, bien que peu nombreuses, contribuent significativement aux recettes, créant une vulnérabilité structurelle du système face aux fluctuations des prix énergétiques.
Autre spécificité soulignée par l’étude, le régime forfaitaire qui constitue selon l’ITES une illustration manifeste de l’inégalité du système fiscal tunisien, et ce malgré les efforts consentis pour généraliser le régime réel. Alors qu’il concerne environ 40% des contribuables, l’apport du régime forfaitaire dans les recettes fiscales n’a pas dépassé 0,5% durant les 5 dernières années.
L’étude met par ailleurs en exergue un écart considérable du système fiscal tunisien avec les standards internationaux. Alors que le ratio moyen des recettes fiscales au PIB des pays de l’OCDE s’établit à 33,9% en 2023, la Tunisie présente un ratio de seulement 25,2% en 2024.
Cette contreperformance d’environ 9 points d’écart révèle l’ampleur des défaillances structurelles. Dans une étude consacrée à cette problématique, l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ) a pu estimer l’écart entre les recettes potentielles et les recettes effectivement collectées à environ 4,2% du PIB, soit près de 5,2 milliards de dinars tunisiens.
Pour instaurer un système fiscal équitable, les pouvoirs publics sont aussi appelés à relever un défi majeur qui concerne la perception de la fiscalité par les contribuables. Les chiffres montrent en effet que la déclaration volontaire des revenus se limite à seulement 33% des contribuables. Les deux autres tiers ont tendance à adopter des comportements d’évitement fiscal et une résistance accrue aux réformes destinées à élargir l’assiette fiscale.
Une situation qui n’aide pas à la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale. La perception négative de la politique fiscale se trouve également renforcée par l’inefficacité de l’administration qui n’a pas les moyens nécessaires pour lutter contre la fraude.
H.G.
Editorial : Verra-t-on l’hémorragie prendre fin ? - Kamel ZAIEM
Les chiffres sont effrayants et continuent de l’être davantage. On a l’impression que nous ne sommes pas encore conscients des conséquences qui touchent tout le monde et qui s’accentuent de jour en jour. Ces chiffres concernent le nombre de médecins qui ont choisi de quitter le pays pour aller exercer dans des pays européens, la France et l’Allemagne particulièrement, là où les conditions matérielles sont nettement meilleures en plus de l’infrastructure et la conquête de nouveaux horizons.
Ce qui est plus inquiétant, c’est qu’il ne s’agit pas de simples généralistes puisqu’un grand nombre de médecins spécialistes ont rejoint, à leur tour, les hôpitaux et les cliniques en Europe.
Appelé à énumérer les causes derrière la prolifération du cancer en Tunisie, Mohamed Jemaa, l’un des éminents chercheurs en oncologie a cité, entre autre, le manque de médecins qualifiés pour mettre la main dans la pâte dans la lutte contre le cancer en Tunisie. C’est que bon nombre de ces médecins ont choisi de s’exiler, ce qui est également le cas pour leurs homologues dans d’autres spécialités.
Peut-on évoquer de l’opportunisme et du manque de patriotisme pour ces médecins formés dans nos facultés de médecine au prix fort et que le pays ne va pas en profiter ? Peut-on les blâmer pour avoir choisi de migrer pour des raisons financières en premier lieu ?
Pour Nizar Ladhari, le secrétaire général de l’Ordre des médecins de Tunisie, le problème se pose de manière sérieuse et inquiétante puisqu’il a même appelé les autorités françaises à ne plus recruter des médecins tunisiens car cela peut provoquer, à court terme, une grave crise de santé en Tunisie.
Or, il va falloir chercher les véritables causes chez nous et pas chez ces pays qui accueillent, à bras ouvert, ces médecins qui constituent une manne de Dieu puisqu’ils s’installent là-bas pour servir sanbs avoir coûté un seul euro pour leur formation.
Lâdhari évoque, également, les conditions de travail dans les hôpitaux tunisiens, l’arrestation de médecins dans le cadre de leur exercice professionnel et les violences qu’ils subissent ainsi que les obstacles auxquels sont confrontés les jeunes médecins, privés même de prêts bancaires pour lancer leur carrière et ouvrir leurs cabinets.
Certes, ces médecins migrants ont le droit d’améliorer leur situation financière, mais il est évident qu’après cette hémorragie, l’Etat a pris conscience des dangers de ce fléau. De nouvelles mesures ont été prises pour augmenter les salaires et les primes alors que les autorités compétentes font de leur mieux pour assurer de meilleures conditions de travail dans les hôpitaux et surtout les urgences où les agressions contre les blouses blanches ne se comptent plus.
C’est dire que les choses sont en train de changer dans le bon sens de manière à rassurer une population qui craint de ne plus trouver de médecins dans nos hôpitaux. Verra-t-on, dès lors nos médecins reconsidérer leur position et leurs avis concernant le départ vers l’Europe ?
On l’espère bien, mais il va falloir mettre en exécution toutes ces mesures et redonner au métier de médecin ses lettres de noblesse, aussi bien moralement que matériellement.
K.Z.
Réservez vos places pour le concert du nouvel an
Pour son concert traditionnel, Carthage Symphony Orchestra (CSO) a annoncé son menu: Les incontournables valses, polkas et marches viennoises rythmeront ce rendez-vous qu'accueille le Théâtre municipal de Tunis, le lundi 1er Janvier 2026 (18H00) et le mardi 2 janvier 2026 (20H00). Le concert sera donné par l’orchestrer et chœur dirigé par le chef de choeur Mourad Gaaloul avec la participation du chœur des enfants du Boulevard des Arts.
Les billets (de 30 à 40 dinars) sont disponibles au guichet du Théâtre municipal de Tunis, au centre Le Boulevard des Arts à Mutuelleville et sur teskerti. tn
JCC 2025- « Carthage Pro » et « Chabaka » : Les heureux lauréats de l’édition
Depuis sa création en 2014, la section « Carthage Pro » se consacre au soutien de la création et de la production cinématographique. L’atelier « Chabaka » se concentre sur le développement des projets de films, tandis que l’atelier « Takmil » soutient les films en phase de post-production.
Lors de la 36ème session des JCC, les activités de « Carthage Pro » se sont déroulées du 15 au 18 décembre. Après délibérations du jury composé de Imed Marzouk (Tunisie), Iman Djionne (Sénégal) et Maria Teresa Cavina (Italie), ont dévoilé leur palmarès :
*Prix de l’atelier « Chabaka » :
-Prix du Centre National du Cinéma et de l’Image (CNCI) : Film « Du coeur et du poumon » de Walid Mattar (Tunisie)
-Prix Al Jazeera : Film « Through Thick & Thin » d’Abedalsalam Alhaj (Jordanie)
-Prix RED SEA : Film « Les Noces du Martyr » de Yasir Faiz (Soudan)
-Prix OIF : Film « Land Beyond » de Nadine Salib (Égypte)
-Prix Canal+ Afrique : Film « Dernier Souffle » de Kevin Mavakala (République Démocratique du Congo)
-Prix TV5 Monde : Film « Land Beyond » de Nadine Salib (Égypte)
-Prix IFT : Film « Souad et Lamine » de Mohamed Ali Nahdi (Tunisie)
-Prix Rawiyet : Film « Land Beyond » de Nadine Salib (Égypte)
* Prix de l’atelier « Takmil » :
-Prix du Centre National du Cinéma et de l’Image (CNCI) : Film « Chronicles from the siege » d’Abdallah Al-Khatib (Palestine)
-Prix Al Jazeera : Film « Al Maghara » de Mona Lotfy (Égypte)
-Prix RED SEA : Film « Solo » d’Amine Boukhris (Tunisie)
-Prix MAD Solutions : Film « Du cœur et du poumon » de Walid Mattar (Tunisie)
-Prix Pathé Touch Afrique : Film « You don’t die two times » de Ager Ouesleti (Tunisie)
-Prix Goubantini : Film « Libre » de Tarak Khalladi (Tunisie)
-Film « Souad et Lamine » de Mohamed Ali Nahdi (Tunisie)
-Prix Leyth Productions : Film « You don’t die two times » de Ager Ouesleti (Tunisie)
-Prix DTS : Film « Je mourrai libre » de Mahrez Karoui (Tunisie)
-Prix OIF : Film « Solo » d’Amine Boukhris (Tunisie)
-Prix Canal+ Afrique : Film « WALATA » de Boubacar Gakou Touré (Mali)
-Prix IFT : Film « This is my heaven » de Marwen El Hechkel (Tunisie)
-Prix Mosaïc Post Production Lab: Film « Solo » d’Amine Boukhris (Tunisie)
Coupe Arabe : Le Maroc sacré, au bout du suspense !
Alors que la CAN 2025 au Maroc va démarrer dans quelques jours et que les Lions de l’Atlas y feront office de grands favoris, les Marocains ont déjà un premier titre à célébrer ce jeudi. Le pays du Maghreb défiait ainsi la Jordanie pour cette finale de Coupe Arabe disputée au Qatar. Et il a remporté cette compétition avec une victoire 3-2, en prolongations, au terme d’un match fou.
La rencontre démarrait très bien pour la sélection marocaine, avec un superbe but d’Oussama Tannane depuis sa moitié de terrain dès la 4e minute. Un missile qui a lobé le portier jordanien, un peu trop avancé.
Mais derrière, le Maroc n’a pas pu faire le break malgré quelques situations intéressantes, et la Jordanie a égalisé au retour des vestiaires. Ali Al Olwan a ainsi fait trembler les filets de la tête, bien positionné au second poteau (1-1, 48e). Il a ensuite doublé la mise à la 68e, sur penalty placé sous la barre (2-1).
Et ce n’est pas fini car à quelques minutes de la fin, Abderrazak Hamedallah a égalisé, en renard au deuxième poteau, profitant d’un dégagement du gardien pour l’expédier au fond (2-2, 88e). Durant les prolongations, l’attaquant d’Al-Shabab s’offrait un doublé pour remettre le Maroc devant (2-3, 100e), et le score n’a plus bougé, permettant à sa sélection de s’emparer du titre pour la deuxième fois de son histoire face à une bonne équipe jordanienne qui a payé fort ses errements en défense.
CAN 2025: Naïm Sliti bon pour le service, d’après le staff médical...
Il s’agit d’une bonne nouvelle qu’une source de la Fédération tunisienne de football vient de confier à l'Agence Tunis Afrique Presse : l'attaquant Naïm Sliti est apte à disputer la Coupe d'Afrique des nations 2025 au Maroc.
Selon la même source, le joueur s'est remis totalement de la blessure qui l'a privé de la dernière Coupe arabe au Qatar et sera à la disposition du sélectionneur dès le premier match même si son état nécessite, tout de même, quelques précautions.
Il y a lieu de rappeler que les Aigles de Carthage s'envolent, demain vendredi, pour le Maroc pour prendre part au premier tour de la CAN. Ils débuteront l'aventure mardi prochain face à l'Ouganda à 21h00, heure tunisienne.
K.Z.
Le journal de l’économie
Téléphonie : HONOR dévoile, en Tunisie, le nouveau HONOR X9d
HONOR, l’entreprise spécialisée dans les écosystèmes d'appareils dotés d'intelligence artificielle dans le monde, vient d’annoncer le lancement en Tunisie du très attendu HONOR X9d, dernier-né de sa série X. S'imposant comme le smartphone, de gamme moyenne, le plus performant du marché à ce jour, le HONOR X9d allie une robustesse exceptionnelle, une batterie de 8 300 mAh et des capacités photographiques remarquables. Avec son design léger et ses performances optimisées, ce nouveau smartphone est le choix idéal pour les utilisateurs et fans de technologies IA avancées.
Positionné comme le smartphone le plus résistant du marché, le tout nouveau HONOR X9d offre une résistance totale aux chutes, à l'eau et à la poussière grâce à la certification SGS Triple Resistant Premium Performance, une première dans le secteur. À l'instar de la génération précédente, il bénéficie également de la prestigieuse certification SGS 5 étoiles, garantissant sa résistance aux chutes jusqu'à 2,5 mètres de hauteur sur certaines surfaces. De plus, son boîtier renforcé par la technologie antichute HONOR Ultra-Bounce, un fluide non newtonien et un nouveau verre trempé ultra-épais le protègent contre plus de 10 types de projections de pierres ou d’accidents divers.
Doté d'une structure d'étanchéité à trois couches 2.0 conforme à la norme IP69K, le HONOR X9d offre une protection de pointe, lui permettant de résister aux environnements aquatiques les plus complexes : rinçage, éclaboussures, eau épaisse et sale, eau à haute température (pendant 10 secondes), eau en mouvement et même jets d'eau à très haute pression. Testé pour fonctionner après une immersion de 30 minutes à 1,5 mètre de profondeur, il est un compagnon fiable en toutes circonstances. De plus, grâce aux technologies tactiles AI Heavy Rain Touch et AI Glove Touch, l'utilisation reste fluide même sous la pluie ou avec des gants.
Méditerranée du Sud : Tunis au cœur de la transition verte
Face à l’urgence climatique qui recompose les équilibres économiques mondiaux, Tunis s’apprête à devenir, les 18 et 19 décembre 2025, le carrefour méditerranéen où s’esquissent les nouvelles trajectoires du développement durable.
Tunis accueillera, à l’occasion, une conférence internationale majeure consacrée à l’entrepreneuriat durable en Méditerranée du Sud, un rendez-vous stratégique qui réunira décideurs publics, experts, entrepreneurs et organisations d’appui aux entreprises (BSOs) venus de huit pays de la région. L’événement est coorganisé par MedWaves (Centre d’Activités Régionales pour la Consommation et la Production Durables du PNUE/PAM) et le CITET (Centre International des Technologies de l’Environnement de Tunis), dans le cadre du programme de soutien aux entreprises durables, financé par le PNUE/PAM et le Gouvernement de la Catalogne et du programme Green Forward, financé par l’Union européenne et implémenté au niveau méso par l’organisation non gouvernementale internationale SPARK dans sept pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.
FIPA-Tunisia : Le Groupe allemand LAPP décide d’implanter en Tunisie un centre de R&D
Le Groupe allemand LAPP, leader mondial des câbles, fils et accessoires, a annoncé sa décision d’implanter en Tunisie un centre de Recherche & Développement.
Dans ce cadre, une délégation du Groupe, composée du PDG Michael Seddig et du Vice-Président, Seif Allah Rached a été reçue par le Directeur Général de FIPA- Tunisia accompagné du directeur principal chargé de la promotion des secteurs à forte valeur ajoutée Hatem Essoussi.
Cette implantation confirme la confiance accordée à la Tunisie en tant que plateforme régionale d’innovation industrielle, portée par un climat d’affaires compétitif, des talents hautement qualifiés et un engagement institutionnel solide, lit-on sur la page de l’agence de promotion des investissements étrangers.
FIPA-Tunisia se félicite de cette nouvelle étape et réaffirme sa disponibilité à accompagner les projets à forte valeur ajoutée, dans une logique de partenariat durable et de co-développement en collaboration avec l’ensemble de l’écosystème et des missions diplomatiques à l’étranger (Consulat Général de Tunisie à Munich).
Ce projet illustre la capacité de la Tunisie à attirer des investissements stratégiques dans les technologies de demain.
Quinze ans après : Les Tunisiens toujours attachés à leur révolution...
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Les Tunisiens ont envahi hier l'avenue Habib Bourguiba pour célébrer le quinzième anniversaire de la Révolution tunisienne scandant au passage des slogans en soutien au processus du 25 juillet...Reportage.
"Le peuple veut Said de nouveau" ou encore "Non à l'ingérence étrangère", tels sont les principaux slogans scannés par les manifestants rassemblés hier devant le théâtre municipal à l'avenue Habib Bourguiba pour célébrer le quinzième anniversaire de la Révolution tunisienne.
Pour Rached Mathlouthi, le message est clair : « la Tunisie est l'affaire des Tunisiens et il est impossible de laisser des parties étrangères décider de notre sort. Fini le temps où le destin de la Tunisie est décidé à l'intérieur des ambassades et dans les bureaux des diplomates étrangers. Alors, nous sommes venus exprimer notre soutien à notre patrie que l'on veut indépendante et souveraine ».
Hanene Ben Hedi, mère de famille, nous a également confié : "Cette Révolution s'est déclenchée pour rendre au peuple tunisien sa dignité et au pays sa souveraineté. Malheureusement, ceux qui avaient gouverné au lendemain de la chute du régime de l'ancien président, feu Zine Al Abidine Ben Ali, avaient mis le sort de la Tunisie et des Tunisiens entre les mains des puissances étrangères.
Pis encore, de par leur politique, ils avaient fait sombrer le pays dans le chaos avec son lot de terrorisme et de misère. Alors, nous sommes aujourd'hui là pour revendiquer la rectification de la Révolution qui doit incarner de nouveau les objectifs pour lesquels le peuple tunisien s'était soulevé contre l'ancien régime, à savoir " le travail comme droit, la liberté comme acquis et la dignité comme fondement et base de notre contrat social avec l'Etat ".
Retour sur un rêve...
Drapeaux et banderoles aux mains, les manifestants ne pouvaient pas s'empêcher de se rappeler les moments forts de cette Révolution qui a bouleversé toute la carte politique dans le monde arabe et inspiré d'autres nations comme l'Égypte, la Syrie, le Yémen et la Libye.
En témoigne cette manifestante, une dame quinquagénaire, qui parlait à une autre militante en lui rappelant les vertus et les faux pas de la révolution du jasmin : « La révolution tunisienne du 17 décembre 2010-14 janvier 2011 a marqué un tournant majeur dans l’histoire politique du pays, en suscitant de larges attentes autour des valeurs de liberté, de dignité et de démocratie, symbolisées par la chute du président Zine El Abidine Ben Ali.
La période qui a suivi a été caractérisée par une transition complexe, confrontée à des défis économiques et sociaux, tels que le chômage, l’amélioration des conditions de vie et la lutte contre la corruption, ainsi que par des évolutions institutionnelles et politiques notables.
Malgré certains acquis en matière de libertés et de réformes institutionnelles, la satisfaction des revendications exprimées lors de la révolution, notamment celles liées à l’emploi, à la liberté et à la dignité nationale, demeure un processus en cours. Selon plusieurs analyses, l’expérience révolutionnaire tunisienne est ainsi passée d’une phase d’espoir à une phase de réévaluation, reflétant les attentes et les réalités d’une transition encore en construction», a-t-elle indiqué.
Interrogé en 2021, le directeur de l’Ecole politique de Tunis, Ahmed Idriss, avait justement dit que la révolution tunisienne n’est qu’une grande déception aux yeux des Tunisiens, car presque rien n’a changé après la date du 17 décembre 2010 jusqu'à cette date. La Révolution a perdu sa symbolique qui s’est peu à peu étiolée même si elle demeure un événement phare dans l’histoire de la Tunisie moderne. Une date chargée de souvenirs et de symboles.
Une grande partie du peuple tunisien estime que la dernière décennie n’est qu’une longue décennie bourrée de défaites et de déceptions, notant que la classe moyenne a été gravement touchée après la révolution et s’est de plus en plus appauvrie au fil des années…
M.B.S.M.
Cet après-midi à Tabarka, Tunisie - Botswana à Huis clos : Sami Trabelsi cache son jeu
Par Jamel Belhassen
En stage à Tabarka, depuis une semaine, la sélection tunisienne rencontre cet après-midi en match de préparation à la CAN 2025 qui se jouera au Maroc, son homologue du Botswana, qui se trouve parmi nous pour les mêmes raisons. Sami Trabelsi, qui cherche à cacher son jeu, a programmé ce match à huis clos.
Une décision qui touche aussi les journalistes, tous statuts confondus. Il est clair, que le sélectionneur tunisien ne veut pas divulguer ses schémas tactiques à quelques jours du coup d'envoi de cette joute continentale prestigieuse. De notre côté, nous estimons qu'il aura à balancer entre le 3-5-2 et le 4-4-2 ou même le 4-2-3-1 selon le profil de l'adversaire.
Pour l'heure, toute l'attention est tournée vers le premier match contre l'Ouganda, du mardi 23 décembre. Sur le plan individuel, tout l'effectif se porte comme un charme. Même Sliti a retrouvé une santé optimale et a été maintenu parmi le groupe qui se déplacera à Rabat, vendredi, sur un vol special.
On s'attendra aussi à voir Trabelsi effectuer une large revue d'effectif pour avoir une idée sur l'état de forme des joueurs notamment ceux qui n'ont pas pris part à la Coupe arabe au Qatar ou ceux qui viennent d'être convoqués comme Skhiri, Bronn, Valery, Saad, Arous, Ben Hassen,Tounakti ou Ghandri.
Le Botswana, à la CAN 12 ans après
L'adversaire de cet après-midi, le Botswana vient de se qualifier à la CAN, douze ans après sa dernière participation. Les "Zebras" sont entraînés par le Sud Africain Morena Ramoreboli et comptent sur un effectif riche en individualités, mené par Tumisang Orebonye, la star de l'équipe marocaine des Forces Armées Royales. Lors de cette 35e CAN, le Botswana se trouve logé dans le Groupe D avec le Sénégal, la RDCongo et le Bénin. Au cours de son stage effectué à Tabarka, il a rencontré en matches de préparation, le Stade Tunisien, la semaine écoulée et le B.S. Bouhajla, lundi. Espérons , enfin, que la rencontre d'aujourd'hui sera d'une grande utilité à nos représentants et que Sami Trabelsi et son staff sauront éviter les errements constatés lors de la préparation qui a précédé la coupe arabe de Qatar
J.B.
Prix international de la fiction arabe (IPAF) : Nizar Chakroun porte la Tunisie sur la liste longue
Le roman tunisien en langue arabe « Les jours du Fatimide assassiné » de Nizar Chakroun figure sur la liste longue du Prix international de la fiction arabe (IPAF) 2026, parmi 137 œuvres en lice.
Publié en 2025 par Dar Safsafa pour l’édition, en partenariat avec Dar Miskiliani, le roman s’inscrit à la croisée de l’histoire et de la fiction. À partir d’un meurtre survenu à l’époque fatimide, l’auteur déploie une narration qui interroge les notions de justice, de pouvoir et de légitimité du jugement. En mêlant enquête historique et profondeur humaine, Nizar Chakroun revisite une séquence charnière du passé pour éclairer des questionnements contemporains liés à la violence, à l’autorité et au sens du règne.
Dans un communiqué, Dar Safsafa pour l’édition a salué cette sélection, la qualifiant d’étape marquante dans le parcours créatif de l’écrivain tunisien et d’une reconnaissance de son œuvre romanesque sur la scène littéraire arabe.
Aux côtés du roman tunisien, la liste longue 2026 comprend quinze autres titres, signés par des auteurs issus de dix pays arabes, parmi lesquels figurent notamment des œuvres d’Égypte, d’Algérie, du Liban, d’Irak, du Maroc, de Syrie, d’Oman, d’Arabie saoudite et du Yémen.
Sélectionnés parmi 137 romans, les ouvrages retenus explorent des territoires narratifs variés, allant des civilisations anciennes aux visions dystopiques, et interrogent l’identité, l’exil, la violence sociale et la mémoire collective.
La liste courte des six finalistes sera annoncée en février 2026 à Bahreïn, avant la proclamation du lauréat le 9 avril 2026 à Abou Dhabi. Doté de 50 000 dollars, le Prix international de la fiction arabe demeure l’une des distinctions les plus prestigieuses du monde arabe.
Foire internationale du livre de Tunis (FILT) : ouverture des candidatures pour les prix de la création littéraire et intellectuelle
Le comité directeur de la 40ᵉ édition de la Foire internationale du livre de Tunis, qui se tiendra du 23 avril au 3 mai 2026, a annoncé que les candidatures sont ouvertes jusqu’au 30 janvier 2026 pour les six Prix de la création littéraire et intellectuelle ainsi que pour les deux Prix de l’édition.
Dans le but de valoriser les contributions des créateurs, chercheurs et traducteurs à la culture nationale et d’encourager l’innovation et la création, le comité décernera six prix de la création littéraire et intellectuelle, chacun doté d’une valeur de quinze mille dinars.
Ces prix seront attribués par des jurys composés de créateurs, d’universitaires et de critiques tunisiens.
L’annonce des résultats se fera en deux étapes. Primo, la publication de la shortlist des finalistes sur le site officiel de la Foire et dans la presse tunisienne. Secundo, la cérémonie de proclamation des lauréats, prévue le jeudi 30 avril 2026.
Editorial : Rester concentré sur ses ambitions - Par Hassan GHEDIRI
Avant-hier mardi 16 décembre 2025, la Tunisie s’est dotée de sa plus grande centrale photovoltaïque. Mise officiellement en service avec une capacité qui dépasse les 100 mégawatts, cette installation, implantée à Metbasta dans la zone industrielle de Sbikha au gouvernorat de Kairouan, témoigne de la volonté du pays de rattraper son retard dans la compétition spectaculaire qui se dispute dans le monde autour des énergies alternatives issues du solaire et de l’éolien.
Financé par la Société financière internationale (IFC) et la Banque africaine de développement (BAD), le projet aurait coûté la coquette somme de 250 millions de dinars. Lorsqu’elle atteindra sa capacité de production optimale, cette centrale devrait pouvoir fournir environ 0,5% de la consommation nationale de l’électricité, permettant par le même fait à l’Etat d’économiser chaque année aux alentours de 22 millions de dollars sur les importations du gaz naturel utilisé par la STEG pour générer 95% de son courant.
Investir massivement dans les énergies renouvelables s’impose désormais comme une nécessité économique et stratégique de premier ordre pour notre pays. Dans le monde, des records sont battus au rythme des nouveaux investissements annoncés un peu partout par des pays lancés activement dans la transition énergétique.
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les énergies renouvelables devraient contribuer à plus de 90 % de l’expansion de la capacité électrique mondiale à l’horizon 2027. Alors que les experts internationaux estiment que c’est encore le secteur privé qui conduit actuellement la transition énergétique, fournissant les trois quarts des investissements mondiaux dans les énergies propres. Les projets implantés génèrent déjà dans les économies bénéficiaires assez de croissance, beaucoup d’emplois et suffisamment de sécurité énergétique. Ce dont le monde a pourtant besoin c’est l’engagement des Etats à long terme aligné sur les ambitions nationales.
La Tunisie, qui s’est fixé depuis très longtemps des objectifs très ambitieux sans toujours parvenir à les honorer, devrait rester concentrée sur ses ambitions parce que la révolution des énergies renouvelable est irréversible.
ll suffit d’observer ce qui se fait dans des pays comparables pour mesurer l’ampleur du chemin parcouru ailleurs. Le Maroc, par exemple, a transformé la région de Ouarzazate en un véritable hub énergétique grâce au complexe solaire Noor, aujourd’hui cité comme référence mondiale et capable de couvrir une part significative de la demande nationale tout en exportant de l’expertise.
En Égypte, le parc solaire de Benban, l’un des plus grands au monde, a attiré des dizaines d’investisseurs privés et créé des milliers d’emplois locaux. Ces expériences démontrent que lorsque la vision politique est claire, stable et soutenue par des réformes réglementaires cohérentes, le capital suit et les retombées économiques sont rapides et durables.
En Tunisie, le potentiel est pourtant immense. Avec plus de 3 000 heures d’ensoleillement par an et des couloirs de vent encore largement sous-exploités, le pays dispose d’atouts naturels rares dans le bassin méditerranéen. Mais les lenteurs administratives, l’instabilité du cadre juridique et les difficultés de financement continuent de freiner l’émergence de projets structurants.
De nombreux investisseurs privés, nationaux et étrangers, évoquent encore des délais excessifs pour l’octroi des autorisations ou le raccordement au réseau, autant d’obstacles qui font perdre un temps précieux dans une compétition mondiale impitoyable.
Au-delà des grandes centrales, la transition énergétique doit aussi se décliner à l’échelle locale. Encourager l’autoproduction solaire dans les ménages, les exploitations agricoles et les zones industrielles permettrait de soulager la STEG, de réduire la facture énergétique des citoyens et de créer un tissu de PME spécialisées dans l’installation, la maintenance et le stockage de l’énergie. Des pays comme l’Allemagne ou l’Espagne ont bâti une partie de leur succès sur ce modèle décentralisé, combinant grands projets et initiatives citoyennes.
Mais pour la Tunisie, l’enjeu est à la fois budgétaire et souverain. Chaque mégawatt produit localement à partir du soleil ou du vent permet de combler, ne serait-ce que modestement, le déficit commercial et réduira un tant soit peu la dépendance énergétique du pays aux marchés internationaux imprévisibles.
La centrale de Sbikha doit inciter à de nouveaux investissements d’envergure. Cela exige à l’État de jouer son rôle de locomotive, en fixant une destination claire et en mettant la transition énergétique sur le rail d’un projet de développement national réel et réalisable.
H.G.
















