À l’occasion du centenaire de sa naissance, Frantz Fanon, psychiatre et icône des luttes anticoloniales, est célébré aujourd’hui à Tunis. Une conférence revient sur son héritage intellectuel et son engagement, entre psychiatrie, littérature et décolonisation.
La conférence « Frantz Fanon aujourd’hui : la présence d’une absence » ainsi s’intitule ce rendez-vous prévu, cet après-midi, à 15h00 au siège de l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts.
L’événement sera animé par le professeur de sciences politiques et sociologue Mohamed Kerrou, modéré par l’historien Abdelhamid Henia et discuté par le neuropsychiatre et psychanalyste Seddik Jeddi, ancien chef de service de psychiatrie à l’hôpital Razi et professeur titulaire à la faculté de médecine de Tunis.
Né à Fort-de-France, en Martinique, Frantz Fanon s’engage à 18 ans dans les Forces françaises libres pour combattre le nazisme. Après la guerre, il poursuit ses études de médecine à Lyon, se spécialise en psychiatrie et suit parallèlement des cours de littérature et de philosophie. Auteur de Peau noire, masques blancs (1952), il analyse les effets psychologiques du colonialisme et de l’aliénation raciale. Nommé médecin-chef à l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville en Algérie, il y introduit des méthodes thérapeutiques innovantes, rompant avec les pratiques coloniales.
Fanon publie ensuite plusieurs textes majeurs du mouvement anticolonial, dont « L’An V de la révolution algérienne » (1959) et « Les Damnés de la Terre » (1961), préfacé par Jean-Paul Sartre. Atteint de leucémie, il meurt aux États-Unis à 36 ans, quelques mois avant l’indépendance de l’Algérie. Fidèle à ses convictions, il est inhumé en Algérie, à Ain Kerma, près de la Tunisie, où il a exercé en psychiatrie entre 1957 et 1961, notamment à l’hôpital Razi et à l’hôpital Charles Nicolle de Tunis.

